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LES CARNETS METAPHYSIQUES & SPIRITUELS

A PROPOS

La quête de sens
Le passage vers l’impersonnel
L’exploration de l’être

L’intégration à la présence


 

CARNETS PUBLIES

L'expérience du monde 
Récit (1997-1999)

Solitudes 
Récit (2001)

Le petit chercheur Livre 1  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 2  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 3  
Conte (2004)

Quêteur de sens  
Essai anthologique (2005)

Traversée commune  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 1  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 2  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 3  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 4  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 5  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 6  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 7  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 8  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 9  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 10  
Livre expérimental (2007)

Tourbillon(s) 
Journal & récit (2008-2013)

Le goût d'autre chose 
Journal (2013-2016)

Un homme simple et sage 
Récit (2014)

Une âme sensible Vol 1  
Journal (2016-2019)

Une âme sensible Vol 2 
Journal (2016-2019)

Entre le rêve, le monde... Vol 1  
Journal (2019-2020)

Entre le rêve, le monde... Vol 2  
Journal (2019-2020)

Quelque chose du sang...  
Journal (2020-2021)

En plein cœur Vol 1 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 2 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 3 
Journal (2021-2022)

Si près de nos lèvres... Vol 1 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 2 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 3 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 4 
Journal (2022-2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 1 
Récit (2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 2  
Récit (2023)

Une destinée sans certitude Vol 1 
Journal (2023-2024)

Une destinée sans certitude Vol 2 
Journal (2023-2024)

Entre Dieu et la pierre Vol 1
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 2
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 3
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 4
Journal (2024-2025)

Quelques jours... Vol 1  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 2  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 3  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 4  
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 1
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 2
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 2 partie 1
Journal (2025-2026)

En son for intérieur Vol 2 partie 2
Journal (2025-2026)

 

CARNETS BRUTS

Carnet n°1
L’innocence bafouée

Récit / 1997 / La quête de sens

Carnet n°2
Le naïf

Fiction / 1998 / La quête de sens

Carnet n°3
Une traversée du monde

Journal / 1999 / La quête de sens

Carnet n°4
Le marionnettiste

Fiction / 2000 / La quête de sens

Carnet n°5
Un Robinson moderne

Récit / 2001 / La quête de sens

Carnet n°6
Une chienne de vie

Fiction jeunesse / 2002/ Hors catégorie

Carnet n°7
Pensées vagabondes

Recueil / 2003 / La quête de sens

Carnet n°8
Le voyage clandestin

Récit jeunesse / 2004 / Hors catégorie

Carnet n°9
Le petit chercheur Livre 1

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°10
Le petit chercheur Livre 2

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°11 
Le petit chercheur Livre 3

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°12
Autoportrait aux visages

Récit / 2005 / La quête de sens

Carnet n°13
Quêteur de sens

Recueil / 2005 / La quête de sens

Carnet n°14
Enchaînements

Récit / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°15
Regards croisés

Pensées et photographies / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°16
Traversée commune Intro

Livre expérimental / 2007 / La quête de sens

Carnet n°17
Traversée commune Livre 1

Récit / 2007 / La quête de sens

Carnet n°18
Traversée commune Livre 2

Fiction / 2007/ La quête de sens

Carnet n°19
Traversée commune Livre 3

Récit & fiction / 2007 / La quête de sens

Carnet n°20
Traversée commune Livre 4

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°21
Traversée commune Livre 5

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°22
Traversée commune Livre 6

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°23
Traversée commune Livre 7

Poésie / 2007 / La quête de sens

Carnet n°24
Traversée commune Livre 8

Pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°25
Traversée commune Livre 9

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°26
Traversée commune Livre 10

Guides & synthèse / 2007 / La quête de sens

Carnet n°27
Au seuil de la mi-saison

Journal / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°28
L'Homme-pagaille

Récit / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°29
Saisons souterraines

Journal poétique / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°30
Au terme de l'exil provisoire

Journal / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°31
Fouille hagarde

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°32
A la croisée des nuits

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°33
Les ailes du monde si lourdes

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°34
Pilori

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°35
Ecorce blanche

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°36
Ascèse du vide

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°37
Journal de rupture

Journal / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°38
Elle et moi – poésies pour elle

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°39
Préliminaires et prémices

Journal / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°40
Sous la cognée du vent

Journal poétique / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°41
Empreintes – corps écrits

Poésie et peintures / 2010 / Hors catégorie

Carnet n°42
Entre la lumière

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°43
Au seuil de l'azur

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°44
Une parole brute

Journal poétique / 2012 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°45
Chemin(s)

Recueil / 2013 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°46
L'être et le rien

Journal / 2013 / L’exploration de l’être

Carnet n°47
Simplement

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°48
Notes du haut et du bas

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°49
Un homme simple et sage

Récit / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°50
Quelques mots

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°51
Journal fragmenté

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°52
Réflexions et confidences

Journal / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°53
Le grand saladier

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°54
Ô mon âme

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°55
Le ciel nu

Recueil / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°56
L'infini en soi 

Recueil / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°57
L'office naturel

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°58
Le nuage, l’arbre et le silence

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°59
Entre nous

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°60
La conscience et l'Existant

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°61
La conscience et l'Existant Intro

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°62
La conscience et l'Existant 1 à 5

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°63
La conscience et l'Existant 6

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°64
La conscience et l'Existant 6 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°65
La conscience et l'Existant 6 (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°66
La conscience et l'Existant 7

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°67
La conscience et l'Existant 7 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°68
La conscience et l'Existant 8 et 9

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°69
La conscience et l'Existant (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°70
Notes sensibles

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°71
Notes du ciel et de la terre

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°72
Fulminations et anecdotes...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°73
L'azur et l'horizon

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°74
Paroles pour soi

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°75
Pensées sur soi, le regard...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°76
Hommes, anges et démons

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°77
La sente étroite...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°78
Le fou des collines...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°79
Intimités et réflexions...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°80
Le gris de l'âme derrière la joie

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°81
Pensées et réflexions pour soi

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°82
La peur du silence

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°83
Des bruits aux oreilles sages

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°84
Un timide retour au monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°85
Passagers du monde...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°86
Au plus proche du silence

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°87
Être en ce monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°88
L'homme-regard

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°89
Passant éphémère

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°90
Sur le chemin des jours

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°91
Dans le sillon des feuilles mortes

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°92
La joie et la lumière

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°93
Inclinaisons et épanchements...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°94
Bribes de portrait(s)...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°95
Petites choses

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°96
La lumière, l’infini, le silence...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°97
Penchants et résidus naturels...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°98
La poésie, la joie, la tristesse...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°99
Le soleil se moque bien...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°100
Si proche du paradis

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°101
Il n’y a de hasardeux chemin

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°102
La fragilité des fleurs

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°103
Visage(s)

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°104
Le monde, le poète et l’animal

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°105
Petit état des lieux de l’être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°106
Lumière, visages et tressaillements

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°107
La lumière encore...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°108
Sur la terre, le soleil déjà

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°109
Et la parole, aussi, est douce...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°110
Une parole, un silence...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°111
Le silence, la parole...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°112
Une vérité, un songe peut-être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°113
Silence et causeries

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°114
Un peu de vie, un peu de monde...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°115
Encore un peu de désespérance

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°116
La tâche du monde, du sage...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°117
Dire ce que nous sommes...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°118
Ce que nous sommes – encore...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°119
Entre les étoiles et la lumière

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°120
Joies et tristesses verticales

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°121
Du bruit, des âmes et du silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°122
Encore un peu de tout...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°123
L’amour et les ténèbres

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°124
Le feu, la cendre et l’infortune

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°125
Le tragique des jours et le silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°126
Mille fois déjà peut-être...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°127
L’âme, les pierres, la chair...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°128
De l’or dans la boue

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°129
Quelques jours et l’éternité

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°130
Vivant comme si...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°131
La tristesse et la mort

Récit / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°132
Ce feu au fond de l’âme

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°133
Visage(s) commun(s)

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°134
Au bord de l'impersonnel

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°135
Aux portes de la nuit et du silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°136
Entre le rêve et l'absence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°137
Nous autres, hier et aujourd'hui

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°138
Parenthèse, le temps d'un retour...

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°139 
Au loin, je vois les hommes...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°140
L'étrange labeur de l'âme

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°141
Aux fenêtres de l'âme

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°142
L'âme du monde

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°143
Le temps, le monde, le silence...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°144
Obstination(s)

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°145
L'âme, la prière et le silence

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°146
Envolées

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°147
Au fond

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°148
Le réel et l'éphémère

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°149
Destin et illusion

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°150
L'époque, les siècles et l'atemporel

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°151
En somme...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°152
Passage(s)

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°153
Ici, ailleurs, partout

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°154
A quoi bon...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°155
Ce qui demeure dans le pas

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°156
L'autre vie, en nous, si fragile

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°157
La beauté, le silence, le plus simple...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°158
Et, aujourd'hui, tout revient encore...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°159
Tout - de l'autre côté

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°160
Au milieu du monde...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°161
Sourire en silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°162
Nous et les autres - encore

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°163
L'illusion, l'invisible et l'infranchissable

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°164
Le monde et le poète - peut-être...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°165
Rejoindre

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°166
A regarder le monde

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°167
Alternance et continuité

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°168
Fragments ordinaires

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°169
Reliquats et éclaboussures

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°170
Sur le plus lointain versant...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°171
Au-dehors comme au-dedans

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°172
Matière d'éveil - matière du monde

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°173
Lignes de démarcation

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°174
Jeux d'incomplétude

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°175
Exprimer l'impossible

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°176
De larmes, d'enfance et de fleurs

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°177
Coeur blessé, coeur ouvert, coeur vivant

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°178
Cercles superposés

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°179
Tournants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°180
Le jeu des Dieux et des vivants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°181
Routes, élans et pénétrations

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°182
Elans et miracle

Journal poétique / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°183
D'un temps à l'autre

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°184
Quelque part au-dessus du néant...

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°185
Toujours - quelque chose du monde

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°186
Aube et horizon

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°187
L'épaisseur de la trame

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°188
Dans le même creuset

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°189
Notes journalières

Carnet n°190
Notes de la vacuité

Carnet n°191
Notes journalières

Carnet n°192
Notes de la vacuité

Carnet n°193
Notes journalières

Carnet n°194
Notes de la vacuité

Carnet n°195
Notes journalières

Carnet n°196
Notes de la vacuité

Carnet n°197
Notes journalières

Carnet n°198
Notes de la vacuité

Carnet n°199
Notes journalières

Carnet n°200
Notes de la vacuité

Carnet n°201
Notes journalières

Carnet n°202
Notes de la route

Carnet n°203
Notes journalières

Carnet n°204
Notes de voyage

Carnet n°205
Notes journalières

Carnet n°206
Notes du monde

Carnet n°207
Notes journalières

Carnet n°208
Notes sans titre

Carnet n°209
Notes journalières

Carnet n°210
Notes sans titre

Carnet n°211
Notes journalières

Carnet n°212
Notes sans titre

Carnet n°213
Notes journalières

Carnet n°214
Notes sans titre

Carnet n°215
Notes journalières

Carnet n°216
Notes sans titre

Carnet n°217
Notes journalières

Carnet n°218
Notes sans titre

Carnet n°219
Notes journalières

Carnet n°220
Notes sans titre

Carnet n°221
Notes journalières

Carnet n°222
Notes sans titre

Carnet n°223
Notes journalières

Carnet n°224
Notes sans titre

Carnet n°225

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A l'orée du plus intime

Juin 2024

 

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Au bord du monde – la lumière

Juillet 2024

 

Carnet n°310
Derrière les mots

Août 2024

 

Carnet n°311
Allant sans savoir

Septembre 2024

 

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Un œil au cœur de la fable

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Un manteau d'étoiles et de sang

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Là où l'on s'incline

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Carnet n°315
Devant un Dieu invisible

Janvier 2025

 

Carnet n°316
Ecoutant ce qui demeure

Février 2025

 

Carnet n°317
Et si le monde était l'exil

Mars 2025

 

Carnet n°318
La danse secrète

Avril 2025

 

Carnet n°319
Le cœur engagé dans l'aventure

Mai 2025

 

Carnet n°320
Ce qui veille au fond de l'âme

Juin 2025

 

Carnet n°321
Dans l'écume du mystère

Août 2025

 

Carnet n°322
Vers l'indéchiffrable

Septembre 2025

 

Carnet n°323
Dans l'épaisseur du réel

Octobre 2025

 

Carnet n°324
Entre l'étoile et la boue

Novembre 2025

 

Carnet n°325
Tant qu'il y aura des jours

Décembre 2025

 

Carnet n°326
Des choses et d'autres

Janvier 2026

 

Carnet n°327
Entre les mains de l'invisible

Février 2026

 

Carnet n°328
A hauteur de la soif

Mars 2026

 

Carnet n°329
Quelque chose de l'infini en soi

Avril 2026

 

Carnet n°330
Tout n'est que ciel et silence

Mai 2026

Epigraphes associées aux carnets

© Les carnets métaphysiques & spirituels

20 novembre 2017

Carnet n°16 Traversée commune - Présentation générale

Livre expérimental / 2007 / La quête de sens

Traversée commune est une série d’ouvrages, présentée sous forme de journal existentiel aphoristique, anecdotique et encyclopédique subjectif qui retrace les étapes singulières et ordinaires de l’existence humaine - de l’obscurité vers la lumière - en mêlant, dans une forme scripturale originale, plusieurs genres : le récit, le roman, le journal, la chronique quotidienne, le recueil philosophique, poétique et spirituel.

Par sa forme organisationnelle particulière et la dimension protéiforme de ses fragments, cette série d’ouvrages, modestes et magistraux, ambitionne d’initier un nouveau mouvement littéraire, l’essentialisme* et de poser les linéaments d’une discipline nouvelle - la spiriposophie* (l’esprit poétique ordinaire* de la sagesse) - au carrefour de la philosophie existentielle*, de la poésie et de la spiritualité (non dogmatique et non ésotérique).

Afin de guider le lecteur à travers les multiples fragments, le dernier ouvrage de la série (le livre 10) propose plusieurs itinéraires de lectures et de nombreux angles d’approche : accès par genres littéraires, par thèmes (évolutifs), par catégories (existentielles) identitaires, par degrés de cheminement, par états émotionnels (avec itinéraire de désembourbement psychique). 

 

 

PRESENTATION DES LIVRES 1 à 10

LIVRE 1 MONDES OBSCURS

SOMBRE IGNORANCE.

Traversée de l’Homme commun*. L’Homme ordinaire* et sa conscience obscure du monde. Existence inconsciente. Existence insatisfaite et résignée marquée par l’ignorance, la peur, l’aveuglement, l’illusion, le désir, l’égoïsme, la lutte, la rivalité, l’instrumentalisation* du monde, l’immobilité, l’étroitesse, l’horizontalité, l’inconséquence, l’orgueil, l’insatisfaction et la solitude (plus ou moins avouées) et l’espoir…

 

QUÊTE DESESPEREE.

Traversée de l’homme singulier. L’Homme aux marges du monde. Son rejet et sa haine du monde obscur. Et sa quête aveuglée du sens. Existence désespérée marquée par le dégoût du monde, la colère, l’incessant questionnement, la solitude, la tristesse, le mal-être et l’espoir d’un horizon plus lumineux…

 

LIVRE 2 L’ESPRIT AVENTUREUX

LA FUITE DE L’HOMME.

Conduite coutumière de l’Homme commun (et de l’esprit ordinaire) soumis à l’inextinguible (et inconscient) besoin d’échapper à l’insoutenable pesanteur du réel. De se dérober à l’éternel inconfort des jours. De se soustraire à l’ennui, à l’embarras, à la douleur, à la souffrance. D’esquiver le malaise, le mal-être, la plus infime des insatisfactions pour chercher, à travers d’innombrables possibilités, la tranquillité de l’esprit.

 

HEMISPHERES.

La fuite singulière d’un homme ordinaire. A travers le voyage, le sexe, le rêve, les fantasmes, l’alcool, la drogue, les délires, les souvenirs, l’écriture. La quête désespérée (et désespérante) de l’Homme prêt à suivre les méandres de son esprit, ses caprices, ses soubresauts, ses volte-faces, ses embardées absurdes (et déconcertantes) pour échapper à l’obscurité, à l’intolérable exercice des jours. Dans l’espoir d’accéder à l’île de la Paix.

 

LIVRE 3 L’EPOPEE SPIRITUELLE

EBLOUISSEMENT TENEBREUX.

La quête de lumière de l’Homme commun. Décontenancé par l’absurdité du monde obscur, accablé par son incontournable voyage à travers les hémisphères, l’Homme commun amorce une douloureuse traversée du désert. Terrifiante traversée à l’issue de laquelle il s’enquiert d’un éclairage sur le monde afin d’échapper à la misère, à l’insignifiance et à la solitude de sa condition. L’Homme commun part en quête de son salut. Et qu’importe la lumière pourvu qu’elle lui offre les promesses d’un sort meilleur.

 

ULTIME IMPASSE.

La quête de lumière de l’Homme singulier. Après ses errances et sa déconcertante traversée des hémisphères, l’Homme singulier est anéanti, incapable de se résigner à l’absurdité et à la désespérance du chemin. Au cœur du néant, il n’entrevoit d’issue qu’à travers la mort. En s’enfonçant dans ses profondeurs, il découvre une lueur inespérée, lointaine et profonde qui le détourne du geste fatal. Ce mince espoir initie ses premiers pas sur le chemin intérieur. Chemin qui lui semble (de toute évidence) la seule issue possible. Au sortir de cette effroyable traversée du néant, l’Homme singulier part en quête de cet espoir lointain (de cette lueur entrevue en ses profondeurs) à la surface du monde. Et cette quête le mène au cœur de l’ultime impasse. Eclairé par une sombre lanterne (découverte en chemin), ses pas le précipitent au cœur de l’obscurité paroxystique où il découvre, après une éprouvante et déstabilisante mise à nu, la porte étroite, unique point de passage vers les horizons clairs.

 

LIVRE 4 L’ENTRE-DEUX

OSCILLATIONS & DE PART ET D’AUTRE

La quête de lumière de l’Homme commun singulier. Derrière la porte étroite, unique point de passage vers les horizons clairs, l’Homme commun devient naturellement singulier. L’opposition (établie au cours des phases précédentes) entre le singulier et le commun s’efface pour laisser place à un affrontement - et à une alternance - entre les dimensions obscures et lumineuses de l’Homme qui marche seul sur son chemin entre la pénombre et les éclaircies au gré des phases sombres et lumineuses.

 

LIVRE 5 LA VOIE

QUINTESSENCE

Rappel synthétique du chemin universel de l’Homme ordinaire (de l’Homme commun) qui marche de l’obscurité vers la lumière… Initiation à la spiriposophie* (l’esprit poétique ordinaire de la sagesse).

 

LES LOGES DU QUOTIDIEN

Quelques exercices préparatoires singuliers pour apprendre à goûter pleinement la saveur des jours. A retrouver le sens sacré de l’ordinaire.

 

LE CHEMIN ORDINAIRE

Aperçu du chemin de l’être éveillé.

 

LIVRE 6 EXERCICES JOURNALIERS

LE SENTIER DE SCRIBE & DU CÔTE DE CHEZ SOI

Ces triviales pensées et ces modestes évènements personnels ont pour principal intérêt d’éclairer - de l’intérieur - les fragments des Livres 1 à 5 (notamment le livre 1 Mondes Obscurs et le livre 4 L’entre-deux). Ils permettent de suivre la lente et difficile progression de celui qui franchit les étapes (avec ses incontournables allers et retours) et de mettre en lumière l’inévitable décalage entre la vérité fragile et momentanée des éclaircies - ressenties dans l’espace solitaire - et leur difficile exercice quotidien dans l’espace du monde…

 

LIVRE 7 BAS CÔTES

FADAISES DEFAUSSES.

Cocasseries et autres absurdités.

Traversée du non-sens et de la déraison.

 

PISTES LUDIQUES.

Déchiffrages langagiers. Bêtes rebus rebutants à défricher.

Mauvais jeux de mots et autres calembredaines. 

 

TRACES DEROUTES.

Empreintes de vent et herbes foulées. De la très mauvaise poésie.

Entre simplisme dépouillé (et plat), lyrisme pompeux et emphase exagérée.

 

LIVRE 8 SEMELLES D’APLOMB

Fragments lourds et denses mêlant réflexions, intuitions, perceptions et expériences ayant trait à la quête existentielle*, à la conscience et aux prémices du développement spirituel. Processus réflexif nécessaire (sans doute) pour poser les fondements de la verticalité.

 

LIVRE 9 PAS PERDUS

Florilège de fragments non intégrés aux livres 1, 4 et 6 exposés ici comme épaisseur supplémentaire, redondance, développement des items abordés dans les volumes précédents et nouvel éclairage sur les étapes du chemin qui mène à la lumière.

 

LIVRE 10 FILS ROUGES

Afin de faciliter la lecture des fragments des livres précédents, FILS ROUGES (dixième et dernier ouvrage de Traversées communes) propose plusieurs itinéraires de lecture, un index thématique identitaire (par degré de cheminement existentiel), un index thématique général, plusieurs pistes de lectures (thématiques émotionnelles, bio-sociales…), un glossaire et un appendice : TRAVERSEE SYNTHETIQUE (qui retrace le chemin, les étapes, les moteurs et les portes de la traversée).

 

 

AVERTISSEMENT

La tournure actuelle de l’humanité précipite le monde dans l’impasse. Impasse nécessaire sans doute à un sursaut de conscience futur.

Les générations à venir (et très lointaines peut-être…) s’offusqueront (sans doute) de l’archaïsme et de la myopie de leurs ascendants. L’ignorance et l’obscurité gouvernent encore la très grande majorité de l’humanité. Elles semblent si profondément inscrites dans nos consciences (et dans nos comportements individuels) qu’elles affectent collectivement l’espèce humaine, son évolution et la survivance de toutes les formes de vie sur terre.

Afin de participer modestement (très modestement) à l’émancipation et au développement de notre émergente et vacillante humanité, il m’a semblé essentiel et dérisoire de retracer, dans cet humble et ambitieux ouvrage, mon expérience singulière et commune du monde. Exposer les intuitions, les idées, les pensées, les émotions et les sentiments que ce monde (où ce que je crois en percevoir) a fait naître en moi.

Ne t'attends pas, lecteur, à un noble et digne récit, ne t'attends pas à une belle et grande histoire ! Ne t'attends à rien ! Voilà sans doute la meilleure façon de cheminer dans ce livre !

 

 

AVANT-PROPOS

On ne peut écrire la vie que par bribes, laissant ou occultant des pans entiers de l’existence (de l’existence simultanée de toutes les parcelles de la vie, de toutes les formes du Vivant). Tout livre est une re-construction du réel (au mieux une restitution).

J’ai souhaité un livre sans faux-semblant, un livre sans censure où l’on montrerait le beau et le laid, le noble et l’ignoble, le réussi et le raté, le cohérent et le paradoxal, l’achevé et l’inabouti, un livre où chaque fragment dévoilerait un aspect particulier de la vie sans parvenir à révéler le mystère de l’ensemble.

Ces pages tentent de retracer l’itinéraire de cette quête désordonnée. Traces éparses et patiemment construites. Pages brouillonnes et ordonnées, répétitives et inattendues, joyeuses et désespérées, éclairantes et sombres, évidentes et sibyllines, riches et futiles, constantes et décousues, déroutantes et sages, graves et drôles, déconcertantes et merveilleuses, obscures et lumineuses, ennuyeuses et intéressantes, surprenantes et routinières, foisonnantes et épurées, ludiques et austères, exhaustives et incomplètes, inutiles et essentielles. Des pages où l’on puise et où l’on s’épuise. Un ouvrage que j’aimerais à l’image de la vie… ou à défaut, à l’image de la vie qui m’a traversé… et (bien sûr) il me plairait  (de toute évidence) que le lecteur y trouve la vie-même…

 

 

FRAGMENTS LIMINAIRES

Portrait d’un quêteur de sens

Ce livre retrace l’itinéraire commun et singulier d’un Homme à la recherche de la vérité et de la sagesse.

 (L.1)

Interrogations préalables adressées au  lecteur

A quoi ressemble ton parcours ? Qu’as-tu appris de tes années ? Quelles leçons as-tu tirées de cette longue (et courte) traversée de l’existence ? Où en es-tu ? Quels chemins te reste-t-il à explorer ? Quels horizons seras-tu amené à découvrir ? De quoi es-tu aujourd’hui à peu près certain ? Quel est ton regard sur le monde, les Hommes, le temps, l’amour, la solitude, la mort ? Ta vie intérieure s’est-elle transformée ? Quels sont encore tes doutes ? S’il te semble vain de répondre à ces questions et de comprendre ton cheminement, inutile de poursuivre cette lecture.

 (L.2)

De l’intérêt de la lecture… 

Toute recherche s’inscrit dans une dynamique, un processus lent et long et souvent peu linéaire. Quels intérêts dès lors à lire cet ouvrage ? Les idées véhiculées dans ces pages pourront (peut-être) aider le lecteur à plusieurs égards. A chacun de trouver les fragments appropriés à ses recherches…

(L.3)

De l’auteur…

Les fragments présentés dans cet ouvrage sont issus du seul champ expérientiel* de leur auteur, être de transition (à l’heure où il a écrit ses pages), homme de l’Entre-deux* dont les idées sembleront sans doute ordinaires, incomplètes et tendancieuses, voire immatures à un être plus en avant sur le chemin, mais qui peuvent présenter un intérêt - en comparaison des idées habituelles et communément véhiculées à l’aube du 3ème millénaire (et sans doute depuis la nuit des temps) sur les thèmes abordés - pour un être désireux d’appréhender l’existence humaine et de progresser sur sa propre voie

 (L.4)

 

29 novembre 2017

Carnet n°36 Ascèse du vide

Poésie / 2009 / Hors catégorie

 

 

Infini

 

Pays sans frontière

Où s’éteint la pensée

 

Présence lointaine

A l’horizon immédiat

Où règne la conscience

Sans voile

 

 

 

 

Jonction

 

L’instant éternel

Où se brise l’écho

 

La faille du temps

Où s’enfonce

L’appel incessant des songes

 

L’espace

Où bruissent les vents

Où s’évanouissent les formes

Où se tisse le silence

La présence exulte

Horlogerie

 

Orfèvres du temps

Aux instants comptés

A la gloire venue

Eblouissant le regard

De leurs tourments sans prise

Où la joie s’élance

 

Orfèvres des heures

Se faufilant sans bruit

La semelle plantée

A la frontière

Des pas effleurant

Les surfaces accumulées

Qui gisent au fond des heures

Aux confins

De l’appui sans socle

Posé à l’horizon

 

Orfèvres des intervalles

Au creux de l’inspir qui s’essouffle

Et de l’expir naissant

Posant le regard momentané

Sur la surface profonde

Où s’étend l’éternité

 

Orfèvres des failles

Où s’enlise le commun

Dans l’anfractuosité où pénètre

Le temps

Ils marchent funambules

A la surface du néant

 

Fils de joie

A la constance immuable

Sur le fil d’équilibre avancent

Toujours agiles dans le vent

Immobiles au seuil permanent de

L’imminence

 

 

 

 

Cadre

 

Ecrin des tornades

A la course furtive

 

Surface des formes passagères

 

Rencontres des astres

Au tracé mouvant

 

Vaste interstice de l’intervalle

Où se tisse la toile illusoire

 

 

 

 

Révélation

 

Visage vertical

En attente du ciel

 

Regard décharné

Au bol tendu

 

Présence oublieuse

Des bruits déclinants

 

Silence ouvert

Au mélange des confins

 

Appellent l’ample étendue

Lentement se révèle

L’horizon sans limite

 

 

 

 

Réunification

 

Dans la confusion des frontières

S’assemblent paresseusement

Les parcelles

Les fragments illusoires

 

Dans l’union des espaces

Resplendit l’Être insécable

Aux multiples visages

 

 

 

 

L'ascèse du vide

 

Infime espace de l’être

Au cœur magnanime

Au corps desserré

A l’esprit apaisé d’exigence

A la présence sans visée

Soutenue à l’ouverture

Au regard déchargé

 

Retrouve sa substance

Happé sans force

Dans le vide salvateur

Voit se lever les seuils

Advenir la réconciliation

 

 

Jeu

 

Légère caresse de l’âme

Aux jours éphémères

 

Fraîche gorgée

A la coupe éternelle

 

La présence nue enlacée

Derrière la transparence

Le vide

 

 

Périssables

 

Mots

Sons illusoires

Bruits silencieux

Ombres dans l’espace

Au sens dépourvu

 

Traces

Fumées

Souillures qui s’estompent

Dans l’espace inaltéré

 

 

Derrière

 

Au loin

Derrière les voiles diaphanes

Les sombres arc-en-ciel

Sous la brume des jours

 

L’aveuglante pâleur des larmes

Emportées par le vent

 

La coulée pourpre des êtres

Qui palpite sous la peau

 

Les masses grises

Enveloppées par la nuit

 

L’éclat ténébreux des songes

Dispersés dans l’espace

 

Le reflet bleu des heures

Sur le tertre isolé

 

Dans le regard vide

Se découvrent les nuances

S’évanouissent

Les couleurs tenaces

 

Au fond du cadre

Derrière l’ombre confuse

Se dévoile la lumière

13 novembre 2017

Carnet n°1 L'innocence bafouée

Récit / 1997 / La quête de sens

Le samedi est un jour de liesse, un jour de labeur et de joie où vous partez aux champs les outils à la main et le cœur léger comme un paysan heureux de retrouver la terre de ses pensées, libre de débuter votre ouvrage où bon vous semble, libre d’écouter le chant des oiseaux, libre enfin de laisser à demain vos travaux pour aller flâner sur les chemins alentour contempler la beauté du monde et y cueillir quelques idées comme un bouquet de fleurs sauvages.

 

 

École buissonnière

La fin du colloque achève la matinée. Midi vient de sonner. Vous sortez, la tête embuée, le regard éteint. Impatient de quitter cette écorchure à vos jours. Vous reprenez votre bicyclette. La plupart de vos déplacements, vous les effectuez ainsi, les cheveux au vent et le cœur libre. C’est le seul moyen de vous déplacer qui vous réjouisse. Vous ne pouvez en imaginer un autre.

 

En repartant, vous prenez soin d’éviter la grande route que vous avez empruntée ce matin. Vous préférez déambuler dans les ruelles désertes du centre-ville, heureux d’y retrouver votre solitude. Mais vous connaissez mal cette partie de la ville et le dédale du vieux quartier vous tourne la tête. Vous finissez par vous égarer. Confiant, vous suivez votre monture. Mieux que vous, elle connaît le chemin comme si elle avait lu dans votre égarement une invitation à l’abandon, un appel à l’oubli du monde. Et elle vous emmène loin de la ville, près des berges désertes du grand fleuve.

 

Docile, vous posez votre bicyclette, trop heureux de ralentir la marche forcée de cette journée ordinaire où vous courez d’un rendez-vous à l’autre, les cheveux au vent mais le cœur prisonnier de la course stérile. Vous vous asseyez sur un coin d’herbe, face au fleuve, le regard posé sur les eaux tranquilles. Et, soudain, vous ressentez ce que vous éprouviez lorsque vous suiviez le chemin de l’école buissonnière avec ce goût de liberté volée dans la bouche. Vous tirez de votre poche une cigarette et vous rallumez le goût de celles que vous fumiez à l’école, caché au fond de la cour derrière les buissons.

 

Vous vous surprenez de tant d’enfance, comme si vous n’aviez pas grandi, amusé de rejoindre ce temps passé où vous vous laissiez entraîner par vos humeurs fantaisistes, insoucieux du joug des adultes. Aujourd’hui, cette petite frasque résonne comme une invitation à la désobéissance. Comme si vous aviez redécouvert les leçons gaies de l'oisiveté et de l'insouciance. Alors vous vous faites la promesse d’y revenir – à cette école buissonnière – comme le gage d’un avenir meilleur, aussi joyeux que futile, aussi clair que l’enfance, aussi riche d’inutilité. En attendant, vous reprenez votre bicyclette pour rejoindre le cours fastidieux des rendez-vous à l’école austère de vos journées. Demain peut-être…

 

 

 

Elle

Elle est là, près de vous, à quelques mètres à peine, assise à la grande table du salon. Elle écrit. Vous la regardez. Et vous la trouvez belle, belle comme une fleur, une fleur à peine éclose qui attend le soleil qui l’épanouira. Depuis que vous la connaissez, elle vous surprend, toujours elle vous a surpris, insoucieuse de la grâce qui la touchait.

 

Elle, elle ne vous regarde pas, trop absorbée par les sentiments qui la bousculent. Sa main fébrile allume une cigarette. Vous la sentez tourmentée, chavirée par les idées qui l’assaillent et qu’elle ne peut contenir. Sa main court sur la page blanche qui aspire l’encre de son tumulte. Pourtant, au-dehors, elle a l’air calme, sereine, presque heureuse. Elle aspire une longue bouffée de cigarette, comme une halte dans cette marche vers elle-même, comme un bref retour vers le réel. Puis son feutre reprend sa danse furieuse comme s'il était aspiré par un tourbillon invisible. Mais quelques instants plus tard, elle pose sa plume... effrayée, peut-être, de s'égarer, de se perdre à tout jamais dans cet univers inconnu sans pouvoir – sans savoir – revenir parmi nous. Et je la vois aspirer une bouffée de réel comme si elle remontait à la surface de la vie, abandonnant définitivement ces terres de brume et de rêves. Et dans un ultime effort pour sortir d’elle-même, elle tourne la tête et vous regarde, encore hébétée, presque absente et vos regards se touchent comme se frôlent deux corps ensommeillés le matin au réveil, encore emplis des songes de la nuit.

 

 

 

Naissance

Vous avez 27 ans et le sentiment d’une enfance encore inachevée, une enfance qui repousse la frontière des contrées sérieuses, affolée peut-être par les rêves qui la quittent. 27 années d’une enfance désordonnée qui ne réussit pas à aller au bout d’elle-même.

 

Les premières années ; une enfance claire, étincelante comme la neige sur la cime des rêves, douce comme un bouquet d’innocences exubérantes. Puis s’achève la candeur joyeuse des premières années et, avec elle, la gaieté lumineuse de l’enfance. Vous êtes à l’aube de la conscience.

 

A l’âge de la raison naissante, vous apprenez le monde et ses richesses infinies. Vous êtes l’explorateur fasciné de territoires inconnus, avide de découvertes et de voyages lointains. Vous vous nourrissez du réel qui ne parvient guère à rassasier votre insatiable curiosité. La raison se construit ainsi, jour après jour, promenade après promenade. Et, autour d’elle, vous bâtissez une forteresse infranchissable où vos rêves prisonniers ne peuvent s’évader, enchaînés aux fers du raisonnable. Les années passent ainsi jusqu’à l’âge où la raison se fissure, où la raison délaisse son cocon de fausses évidences pour s’envoler en lucidité, distante et lumineuse, comme pour mieux vous faire apparaître la pâleur du monde et l'étroitesse de la pensée. Période de clair-obscur où votre cœur se balance, hésitant entre la lueur de vos rêves – trop longtemps enfermés – et la pénombre du réel.  

 

Aujourd’hui, vous avez 27 ans et le sentiment d’une naissance prochaine, impatient de mettre au monde l’adulte qui tarde à venir, comme après un trop long accouchement de vous-même. Ce petit bout d’homme, vous le sentez au fond du ventre endolori de votre enfance, vous attendez ses premiers cris, vous l’attendez comme une délivrance, comme une mère pleine d’espoir et d’inquiétude.

 

 

 

Saisons

Février, déjà. Et bientôt le printemps. L’hiver vous a à peine effleuré cette année. Vos journées passent comme les saisons, allant l’une après l’autre, en poursuivant leur terrible ronde. Avec les beaux jours, votre cœur endormi se réchauffe paresseusement aux rayons encore pâles de l’espérance. Le ciel lourd et bas de l’hiver a disparu comme s’est soulevé l’épais couvercle gris de vos amertumes. Les bourgeons de joie, encore timides, tardent à percer l’écorce endolorie de vos émotions. Effrayés par un imprévisible retour du gel qui compromettrait leur floraison, ils n’osent se montrer. Ils attendent que monte la sève comme le sang neuf de la belle saison apporte au vieil arbre meurtri par l’hiver un sursaut d’amour, réchauffant son cœur alangui. Puis viendra l’été et la chaleur réconfortante s’évaporera. L’écrasant brasier prendra place, pétrifiant le vol léger des désirs. Il inondera les corps de son sang épais et rouge, aspirant notre âme vers les cieux abrupts de la volupté. Et à l’été, saison des paroxysmes brûlants, succédera l’automne, douce saison où nos cœurs gonflés de cette suffocante brûlure s’épancheront en délicieuses mélancolies. L’arbre triste de nos émotions pleurera ses feuilles qui se détacheront une à une, emportées par le vent léger de nos désirs en partance. Nous nous préparerons à la grande hibernation, à la triste saison où les morts désirs accompagneront notre longue retraite solitaire.

 

 

 

Mauvaise pièce

Depuis 6 mois vous vivez dans cette ville. Vous y êtes venu pour travailler. Votre premier vrai travail. 6 mois d’ennui et d’apprentissage du monde. Ce que vous avez appris ? Cela tient en quelques mots : « si peu de chose(s) ». Des choses que l’on peut découvrir n’importe où, que l’on peut voir chez n'importe qui ; l'égoïsme, l’hypocrisie, la bêtise, la mesquinerie. Était-ce si important de connaître cela ? Vous ne le savez pas. Pas encore, il est trop tôt.

 

Ce « si peu », vous l’aviez déjà aperçu dans le monde, mais jamais vous ne vous étiez approché aussi près de la médiocrité humaine. Et aujourd’hui, ce « si peu », vous avez du mal à l’avaler, des arêtes d’indignation plein la bouche et cet arrière-goût d’amertume qui vous brûle la gorge. Ce que vous avez vécu ? 6 mois de faux-semblant et de simulacre. 6 mois d’une mauvaise pièce où les acteurs ânonnent leurs répliques médiocres sur une immense scène d’ennui. Ce que vous avez vu ? La peur qu’ont les acteurs de perdre leur beau rôle, la crainte qu’on leur vole le haut de l’affiche.

 

Il n’y a pas de place ici pour vous, dans cette troupe d’acteurs sans éclat, aux représentations si fades, si conventionnelles. Il est temps, à présent, de regagner votre loge, de laisser les artistes à leur mauvaise farce et à leurs jeux en bonne société. L’heure est venue de baisser les rideaux du monde, loin du cirque et de ces pantomimes ridicules, de ranger votre costume et vos accessoires pour reprendre la route, votre chemin d’étoiles. 6 mois pour comprendre que vous brûlez d’envie de rejoindre la troupe des clowns solitaires qui parcourent le monde, la troupe des clowns tristes qui s’arrêtent ici et là pour donner quelques représentations, quelques misérables spectacles qu’ils ne jouent que pour eux-mêmes et qui poursuivent leur chemin en versant des larmes de rire sur leurs joues blanches. 

 

 

 

Dispute

Une dispute, rien de grave. L’incompréhension de l’autre comme une gifle à l’amour, comme une offense à l’intelligence. L’harmonie pulvérisée par la colère et la foudre qui s’abat. Et le cœur douloureux qui se brise, mille fragments d’amour éparpillés sur le sol. A l’origine, une parole malheureuse, une parole exaspérée. Un mot acéré qui vous a échappé. Mais il est trop tard pour retirer la flèche qui a déjà meurtri les chairs. La blessure est profonde et le cœur saigne à l’intérieur, des larmes d’amour déçu qu’on ravale, un orage de colère qu’on réprime.

 

Alors vous décidez d’avancer vers l’orage, insoucieux de l’averse de mots qu’elle vous jette à la figure. Et vous expliquez. Mais vous expliquez mal ; la journée harassante, l’énervement, la fatigue… de médiocres excuses en vérité. Alors les mots s’emmêlent et vous perdez pied, vous tombez. Vous ajoutez quelques mots encore. Vous vous enlisez dans cette parole superflue. Elle, elle ne vous entend pas. Elle ne vous entend plus. Elle a refermé son cœur. Elle se terre derrière la parole vraie, derrière les remparts de l'âme. Elle se cache au fond du silence. Rien ne pourrait plus désormais abattre les murs de fierté qui protègent son cœur meurtri. Elle a rejoint sa tour inaccessible, inatteignable, trop lointaine, trop élevée pour vous, lourdaud que vous êtes. Alors vous repartez plus lourd encore de cette impuissance vous engouffrer dans votre terrier d’écriture, à l’abri du ciel noir, en attendant le retour du printemps, la renaissance des beaux jours, la visite prochaine de l’amour envolé.

 

 

 

Taedium vitae

Taedium vitae ; deux mots ramassés au hasard d’une page. Une page de votre dictionnaire qui accompagne, si souvent, vos instants d’égarement comme l’ami silencieux de votre solitude, comme l’ami irremplaçable qui vous aide à débroussailler la végétation épaisse de vos pensées pour mieux vous confier et éclaircir votre chemin de vérité. 

 

Ce jour-là, vous n’y cherchiez rien de précis, sans doute, la définition d’un mot découvert dans un livre trop vite parcouru. De ce dernier, plus aucun souvenir, plus aucune trace. Une lecture hâtive, très vite enfouie au cœur de l’oubli. Mais ces deux mots-là résonnent encore aujourd’hui... comme un écho infini qui ne cesse de rebondir contre les murs de votre esprit. De ces deux mots-là, l’empreinte reste vivace, encore profonde et presque douloureuse comme la marque indélébile de vos années.

 

Au départ, poussé par une simple curiosité, votre regard s’est attardé sur cette étrange locution latine, charmé sans doute – envoûté peut-être – par les notes gaies qui la composent. Taedium vitae. Ce jour-là, la musique de ces deux mots vous a imploré de poursuivre. Alors vous vous êtes attardé sur la définition donnée en pâture à votre curiosité. Et là, en pleine lecture, vous avez été touché, touché en plein cœur, par la force inébranlable de la langue et du hasard, par l’implacable vérité de ces deux mots qui accompagnent depuis si longtemps la marche triste de vos années.

 

Examiner votre existence à la lumière des idées et des mots, voilà votre façon de cheminer vers vous-même. Voilà aussi pourquoi vous êtes si avide de livres et de savoirs. Mais jamais vous ne vous en servez pour habiller votre culture décharnée ou cacher la misère de votre ignorance. Non, ces connaissances, vous les avalez pour apaiser votre faim de famélique, trop longtemps resté l’estomac vide, qui éprouve l’irrépressible besoin d’assouvir sa faim de lui-même.

 

 

 

Amitié

Vous rentrez chez vous. Vous revenez de Paris où vous êtes allé voir une amie. Depuis plusieurs années, vous faites ainsi le voyage chaque semaine. Toujours avec la même joie, le même plaisir, le même engouement. Avec, à chaque fois, les mêmes mots, les mêmes paroles échangées à l’infini. De mille manières et toujours différentes. A chaque fois. Plusieurs années d’amitié sans nuage, sans irritation ni agacement, sans l’ombre d’un ressentiment, ni même la silhouette d’une colère retenue. A chaque fois, une parole claire et franche qui s’envolait de pensée en idée, de commentaire en éclairage pour toucher l’autre en plein cœur. Des nuits entières, vous avez ainsi partagé vos peines, vos misères et vos espoirs. Durant des heures, vous avez partagé vos secrets et vos amertumes, heureux de voir l’autre recueillir les pelures de votre cœur cisaillé, panser votre plaie de vivre et recoller, un à un, les morceaux éparpillés. Vous alliez l’un vers l’autre sans masque, sans faux-semblant, sans ambiguïté, sûrs de vos sentiments tournés vers la plénitude de l’amitié. De cette relation, vous avez accumulé une montagne d’or, construite pièce après pièce, de confidence en confidence...

 

Mais en quittant cette amie aujourd'hui, vous sentez que la complicité et l'envie de partager ces longs moments d'intimité sont devenus moins vifs ces derniers temps... comme s'ils s'étaient effilochés au fil des rencontres. Comme si quelque chose, entre vous, s'était usé avec les années... Et vous avez le sentiment (presque la certitude) que cette amitié ne pourra désormais plus rien offrir à l'un et à l'autre. Et vous vous sentez triste de la voir s'effacer ainsi comme si l'on était condamné, tôt ou tard, à abandonner ceux qui nous ont donné la force et le courage de poursuivre notre route... de continuer notre voyage solitaire.

 

 

 

Pages de vie

Ce soir, vous peinez à écrire comme si chaque mot ravivait votre plaie de vivre ; comme une brûlure sur votre joie. Depuis quelques jours, vos journées sont vides et vous êtes incapable de remplir la page blanche du soir.

 

Depuis toujours, vous allez ainsi, dans la vie comme dans l’écriture, d’un mot à l’autre, d’une histoire à l’autre, avec peine, en cherchant vos mots, en cherchant votre vie, poussé par cet impérieux désir d’en venir à bout. Mais cette recherche est sans espoir car les mots et la vie filent entre vos doigts, insaisissables, comme un ruisseau de liberté qui refuserait d'achever sa course dans l’océan noir de vos pensées. 

 

Depuis quelque temps, la vie ne nourrit plus vos jours et les mots n’apaisent plus votre faim de vie. Pour vivre des mots, vous avez oublié les mots à vivre. Et vous vous égarez dans les mots comme dans la vie. Alors, sur la page blanche, vous rayez les mots comme des amis inutiles, incapables de vous réconforter. Avec eux, vos rencontres s’espacent puis s’estompent. Et vous restez ainsi cloîtré dans l’absence, dans votre chambre de solitude, au seuil de la vie, au seuil de l’écriture.

 

Puis, un jour, d’autres mots, d’autres amis surgissent. L’écriture revient et la vie réapparaît comme si elles refaisaient surface, comme si elles remontaient des abîmes de l’absence, l’absence qui nourrit l’oubli. Puis, vous oubliez l’oubli. Et, de nouveau sur la page, vous écrivez quelques mots pour témoigner de votre vie. Ainsi, jour après jour, vous poursuivez votre chemin de vie en noircissant vos pages de mots.  

 

 

 

Papillon

Aujourd’hui le ciel s’est assombri. Et votre joie de vivre s’est envolée. Elle s’était posée quelques instants sur vos jours, puis comme un papillon volage, elle vous a quitté pour d’autres fleurs aux pétales plus attrayants. Avec elle est partie la lumière des beaux jours. Peut-être a-t-elle deviné le ciel gris de vos pensées, senti l’inéluctable retour de l’orage ? Alors elle a préféré vous abandonner à votre tristesse, soucieuse de protéger ses ailes délicates. Et elle s’est éloignée, trop fragile pour affronter le grondement sourd de votre désespoir.

 

A présent, les nuages sombres de la mélancolie sont proches, menaçants, comme annonciateurs d’une averse de désespérance. Mais vous ne savez lire dans ce ciel si vaste et si changeant. Vous êtes à sa merci, résigné à vous plier à la fureur du déluge comme une fleur délicate incapable de se protéger de la pluie cinglante de la douleur. Alors inquiet, vous attendez que s’éloigne la tourmente. Et dans votre attente impatiente et anxieuse, vous priez pour que reviennent les rayons de la joie, le ciel clair de l’espérance comme un ultime appel à votre joie de vivre papillonnante.

 

 

 

Livres

Au plus profond du doute, toujours vous allez vers les livres. Vous allez à leur rencontre y trouver le salut de votre âme. Dans ces instants d'errance, souvent vous prenez un livre au hasard dans votre bibliothèque. De tous ces livres, votre vie s’est nourrie. Et presque tous ont marqué votre esprit au fer rouge de leurs vérités. L’empreinte y est encore gravée comme la marque d’une appartenance, la seule qu’il vous soit possible de revendiquer.

 

Du plus loin qu’il vous souvienne, vous êtes toujours entré en lecture comme l’on entre en religion, avec foi et renoncement, en ouvrant chaque livre comme si vous poussiez la porte d'une petite chapelle et en effleurant les mots comme les grains d’un chapelet de vérités infini.

 

Chaque livre vous offre ainsi sa force, la force de poursuivre votre chemin de vie et la lecture de vos années. Chaque livre imprime en vous ses lettres de noblesse, vous livrant ses mystères et vous divulguant, au fil des pages, vos propres secrets. Par chaque livre vous êtes touché, touché par la grâce de ses vérités qui réchauffent votre âme frigorifiée par la froideur cinglante du monde.

 

En général, vous ouvrez un livre au hasard, vous laissant guider par les phrases qui s’offrent à vous. Et, souvent, les premiers mots suffisent à ranimer votre foi chancelante. Vous les laissez pénétrer votre cœur, espérant qu’ils s’y agrippent pour le remplir de l’amour qu’il vous manque. Il arrive pourtant qu’aucune phrase ne parvienne à gravir votre souffrance, à se hisser jusqu’au cœur du mal, à franchir les portes de votre foi vacillante. Avec l’habitude, d’un seul regard, vous savez si une phrase sera assez généreuse pour vous réconforter et vous laisser puiser en elle le sang qui fera renaître votre foi agonisante comme la promesse d'un avenir plus clair.

 

Mais, parfois, vos livres sont impuissants à apaiser l’incertitude, alors vous les quittez pour aller vous réfugier dans une petite librairie du centre-ville, découverte par une après-midi pluvieuse, une de ces journées sombres où votre âme, dans son égarement, cherchait une petite église déserte pour y retrouver la force de croire. Dans cette librairie, vous y entrez avec respect et recueillement. Vous en poussez la porte avec précaution en prenant soin de la refermer sans bruit derrière vous. Vous aimez à y déambuler à votre aise, aux heures où les fidèles, trop fiers de leur foi ostentatoire, l’ont désertée. Vous avez toujours détesté ces bigots prêchant aux infidèles, leur missel sous le bras. Vous avez toujours préféré les impies à la foi hésitante qui blasphèment de temps à autre, incertains du Christ et des Évangiles et qui s’égarent de religion en athéisme, de certitude en défaillance. Vous vous sentez si proche de ces compagnons de souffrance, de ces frères de misère qui avancent avec tant de maladresse sur leur chemin de vérité. Une fois entré dans cette librairie, dans ce havre de lecture, vous laissez votre regard contempler ces murs fragiles, construits dans la foi, mot après mot, phrase après phrase, dans un mélange de doute et de certitude, vous regardez avec ferveur ces murs bâtis dans la quête de soi comme une recherche éternelle de Dieu. Vous pouvez y passer des heures entières entre la prière et la méditation examinant ici un ornement, là une œuvre magistrale car ici, comme dans toutes les librairies et les bibliothèques du monde, dans tous ces temples sacrés, il n’y a pas un Dieu unique et tout puissant, mais des milliers, des millions crucifiés sur la croix de l’ignorance, abandonnés à l’indifférence et à la bêtise des hommes et offerts à ceux qui recherchent la vérité. Ici, comme dans tous les panthéons du monde, reposent des milliers, des millions de Bibles, toutes semblables dans leur recherche du divin et pourtant, à chaque fois, uniques, irremplaçables, différentes par les chemins célestes qu’elles empruntent. Dans ces cathédrales de l'esprit et de la pensée, vous aimez à vous recueillir en livrant votre âme à la prière. Ainsi, de livre en livre, vous poursuivez votre chemin de croix comme une longue route vers vous-même.

 

 

 

Promenade

Vous êtes en promenade non loin de chez vous. Ce sont vos rares espaces de solitude, vos rares instants de liberté. Vous marchez. La journée s’étire et refuse de mourir, de céder sa place à la nuit naissante. De ses dernières lumières, elle lutte contre les rideaux sombres du soir. Les deux astres se font face. Depuis la nuit des temps, la lune et le soleil s’affrontent ainsi chaque jour dans un corps à corps singulier. Et ce soir, vous êtes là, attentif, heureux spectateur de cette éternelle rencontre. Vous vous arrêtez, ébloui par cette bataille où percent les derniers feux du soleil absorbés par la toile obscure du crépuscule. Et, devant ce spectacle grandiose, vous êtes émerveillé, heureux d’être le témoin de cette étreinte ancestrale, de cet étrange enlacement du jour et de la nuit. 

 

 

 

Frugal repas

L’après-midi touche à sa fin. Vous rentrez chez vous après avoir passé la journée à l’extérieur, trop loin de vous-même. Toutes ces heures, vous les avez employées à être là-bas avec eux, ces autres dont la présence, à chaque instant, vous encombre. Toute la journée, vous avez dû vous résoudre à rester parmi eux, à entendre leurs bruits, leurs rires, leurs bavardages. Eux, ce sont vos collègues. Et toute la journée, il vous a fallu trouver le courage, le courage un peu lâche, de ne pas vous enfuir. Et ce soir, en les quittant, la nausée vous prend. Dans votre tête, les bruits de la journée s’entrechoquent en résonnant à l’infini comme un écho démultiplié.

 

A présent, vous êtes chez vous. Les bruits se sont dissipés, lentement remplacés par le vide et le silence. La soirée est maintenant avancée et vous avez le sentiment qu’il ne vous reste que quelques miettes, quelques miettes de temps. Et vous avez faim de vivre, vous avez faim de vous-même. Mais comment apaiser cette faim avec quelques miettes ?

 

Votre esprit ne peut ignorer que vous ne lui accordez que les restes d’un mauvais plat. Alors pour le contenter, vous vous mettez à chercher, à fouiller dans les tiroirs de votre âme. Vous les sortez, vous les retournez, vous les secouez. Et que trouvez-vous ? Le silence et un amas de bruits inutiles, échos agonisants de cette journée si mal employée. Alors, vous faites l’inventaire et vous rangez, vous séparez les bruits du silence pour découvrir, caché derrière cet amoncellement écœurant, un ravissement savoureux recroquevillé sur lui-même.

 

Depuis longtemps la nuit est tombée lorsque vous vous asseyez à votre bureau. Vous avez pris soin auparavant de disposer une belle nappe à carreaux sur la table de vos rancœurs. Tout est prêt. Votre repas sera frugal, frugal mais d’une exquise saveur. Ce soir, vous dînerez de rêves retrouvés que vous déposerez sur l’assiette blanche de votre cahier.

 

 

 

Solitudes

Vous êtes dans un café. Vous y êtes entré par hasard avec la vague envie de faire une halte, de vous couper du monde pour un instant. Vous vous êtes assis face à la grande baie vitrée. Au début, vous ne voyez rien, vos yeux regardent au-dedans, y cherchant, sans doute, la force de poursuivre votre chemin. Le café est désert. Vous êtes seul à contempler votre solitude. Au-dehors, le monde vaque à ses occupations. Sur le trottoir, beaucoup de personnes marchent seules. Certaines traînent un caddie chargé de victuailles en affichant un air de bonheur tranquille. D’autres traînent les pieds et leur mélancolie en poussant leur carcasse dans le flot informe des passants. Parfois deux personnes se croisent, échangent un bref salut, une rapide poignée de main, quelques nouvelles, puis chacun tourne les talons et retrouve sa marche solitaire. De temps à autre, deux amoureux marchent au même rythme en se tenant par la main, le regard souvent triste et absent où ne sourd que leur solitude. Les couples poursuivent ainsi leur route à deux, aussi seuls que les autres comme si, en définitive, le monde n’était que l’addition de toutes les solitudes... 

 

 

 

Week-end

Un samedi après-midi. Premier jour du week-end, premier espace de temps libre où les heures s’étirent, interminables, comme un long soupir d’ennui, un immense bâillement de paresse. Mais il ne faut pas se fier aux apparences, le samedi est le premier jour de votre semaine, celle qui compte, celle qui vous permet d’exister entre deux longs week-ends de travail inactif. Le week-end, c’est 5 jours pour rien, juste de quoi vivre – juste de quoi assurer le vivre – une misère de jours, un gaspillage inepte du temps.

 

Pour les sans-travail, ces pestiférés du monde, la plaie est différente, la souffrance est ailleurs, dans l’abondance de temps, dans cet excès de temps désœuvré qu’ils vivent jusqu’à l’écœurement. Ceux-là souhaiteraient sûrement voir leurs journées asservies par la contrainte, par le poids d’une activité, n’importe laquelle, mais qui leur redonnerait le leurre d’une place – même minuscule, même infime – dans le regard du monde.

 

Mais pour vous, comme pour bien d’autres, ces frères solitaires, ces chercheurs de contrées radieuses, le samedi est un jour de liesse, un jour de labeur et de joie où vous allez aux champs les outils à la main et le cœur léger comme un paysan heureux de retrouver la terre de ses pensées, libre de débuter son ouvrage où bon lui semble, libre d’écouter le chant des oiseaux, libre enfin de laisser à demain ses travaux pour aller flâner sur les chemins alentour, contempler la beauté du monde et y cueillir quelques idées comme un bouquet de fleurs sauvages. Le samedi est pour vous un jour de labeur paresseux, un jour de paresse laborieuse où vous laissez filer le temps, votre filet à papillons sur l’épaule pour attraper les idées légères qui traversent votre vie. Vous les attrapez encore avec maladresse, soucieux, pourtant, de ne pas meurtrir leurs ailes fragiles. Vous les regardez un instant puis vous les relâchez. C’en est assez pour les croquer sur votre petit carnet. Voilà votre travail ! Vous êtes paysan, collectionneur de papillons, laboureur de pensées et croqueur d’idées futiles. Et le reste de vos jours, vous vous reposez à votre bureau en rêvant à ces terres promises, à ces baisers volés aux fiancées volages de vos semaines.

 

 

 

Pension austère

Absent, sans inspiration devant la copie blanche du jour. 8 heures d’examen quotidien depuis de longues années. Et cela fait bien longtemps que vous n’apprenez plus vos leçons ; vous n’avez plus rien à dire, plus rien à écrire.

 

Aujourd’hui, c’est au-dessus de vos forces de rester là, assis la tête sur votre cahier à attendre la récréation, à attendre ainsi, l’esprit ensommeillé, près du radiateur qui brûle votre impatience.

 

Aujourd’hui, vous êtes un cancre et vous ne craignez plus d’être expulsé du lycée triste des affaires du monde. Vous n’avez qu’une envie ; être renvoyé à votre école de liberté.

 

Aujourd’hui, vous êtes las de voir tous ces élèves appliqués autour de vous, tous ces élèves consciencieux toujours prêts à lever le doigt dans l’espoir d’une récompense, d’un bon point ou d’une image, et qui jettent à la ronde le regard satisfait de ceux qui ont compris, un œil sur vous, méprisant et arrogant, et l’autre, si doux si mielleux, vers le maître d’école ravi. Aujourd’hui vous êtes fatigué d’écouter des heures durant tous ces vieux professeurs ennuyeux qui déchiffrent avec peine leurs notes délavées par l’ennui et déchirées par les années perdues. Vous êtes fatigué de toutes ces conversations sur les cours, les notes, les devoirs à rendre pour le lendemain, de toutes ces simagrées embarrassées et inutiles.

 

Vous ignorez les raisons de votre présence ici, dans cette pension austère où chacun s’engage pour l’éternité, cloué toute la journée dans cette salle d’étude et obligé de se mettre au lit la soirée à peine commencée au lieu d’aller jouer au-dehors. Il n’y a pas de place ici pour les enfants indociles, rebelles à l’autorité du maître, qui ne pensent qu'à faire le mur pour aller courir après les étoiles. Vous avez toujours détesté votre métier d’élève. Vous avez toujours préféré rester chez vous, seul dans votre chambre, avec vos jouets, vos billes de rêves et vos poupées d’ennui. Vous avez toujours aimé jouer avec des riens. Une feuille et un peu d’encre, et vous partez pour un long voyage au pays des songes, dans le monde infini et mystérieux des mots. Et même si vos jeux n’amusent personne, et même si les adultes vous trouvent encore trop enfant, ce n’est pas grave parce que vous y croyez, vous, à ces histoires, à ces aventures enfantines où vous êtes le héros sans peur qui saute de monde en monde, de mot en phrase, toujours invincible, toujours vivant.

 

 

 

Comme les enfants

Comme les enfants, vous vous étonnez de chaque chose ; les pavés sur lesquels vous marchez, ce chemin que vous empruntez chaque jour depuis des mois, ces gens que vous rencontrez chaque matin, ces champs qui entourent les hautes tours grises de la ville en contre-bas.

 

Comme les enfants, vous êtes curieux du monde, émerveillé par tant de richesses, par tant de diversité. Pour les hommes, ces choses sont sans importance. Ils passent leur chemin sans les regarder, vaquant à leurs affaires sérieuses. Pour eux, la richesse est ailleurs. Mais les choses sérieuses et la richesse des hommes n’ont aucun intérêt à vos yeux. Pour vous, la richesse est partout, partout où se pose votre cœur, partout où l’argent est impuissant à imposer sa loi, partout où les hommes ne font que passer. Comme les enfants, vous, vous y trouvez des trésors, des trésors de rien, des trésors de joie, des trésors de vie inépuisables.

 

 

 

Temps

Vous avez quelques jours devant vous, quelques jours pour vous, pour faire ce que vous avez envie de faire, rien de plus, pour avoir le temps, suffisamment de temps pour être libre de ne rien faire. Cela fait des mois que vous attendez ces quelques jours. Et, aujourd’hui, vous y êtes, c’est le grand jour ! Alors vous restez encore quelques instants au lit ! Ce matin, vous avez le temps. A travers la fenêtre, vous apercevez le soleil qui est déjà haut dans le ciel. Le temps passe si vite, mais vous ne vous en souciez guère, le temps est infini ce matin. Aujourd’hui l’éternité vous attend. Et, soudain, votre journée se dessine avec l’envie naissante de fixer le bonheur de ces instants. Vous vous levez. Vous allez chercher votre vieux cahier, fidèle et discret confident de vos longues absences, et vous vous mettez à votre table de travail. Vous ouvrez votre cahier et vous commencez à écrire ; écrire le temps de vivre, écrire le temps d’écrire, écrire le temps d’oublier, écrire le temps… avant de mourir.   

 

 

 

Écriture et réalité

Jamais il ne vous faudra confondre l’écriture et la réalité. L’écriture n’est que l’arrière-cour du réel où vous tirez des leçons des jours. L’écriture n’est que la cave sombre de vos journées.

 

Entre l’écriture et votre vie d’occultes transactions s’opèrent qui les enrichissent l’une et l’autre mais chacune doit conserver son rang et sa place. Et il vous faudra vivre votre vie et votre écriture com-me si la première était l’actrice du monde, la grande joueuse devant l’éternel et comme si la seconde n’était que sa spectatrice et sa confidente, sa chroniqueuse mondaine en quelque sorte.

 

Aujourd’hui, vous sentez que votre écriture s’est transformée, qu’elle s’est muée en une activité nécessaire (presque vitale). Mais il vous faudra maintenir l’écriture à distance et ne lui accorder plus de prestige ni d’autorité qu’elle ne voudrait s’en donner car l’écriture n’est pas la vie. La vie – la vraie vie – est ailleurs. Elle habite, sans doute, une région encore inaccessible pour vous. Vous devrez donc poursuivre votre chemin hors de l’écriture, regarder avec plus d'attention le monde qui vous entoure et partir à la découverte d'autres rives plus lointaines et plus difficiles d'accès... La vraie vie s’y trouve sûrement. Et il vous faudra, sans doute, marcher longtemps avant de la rencontrer…

 

Jamais l’écriture ne pourra vous servir de corde pour vous hisser jusqu’à la vie, ne voyez en elle qu’une façon de trouver une meilleure prise pendant l’ascension. L’alpinisme est un sport à haut risque. Et l’existence comme la haute montagne recèle mille dangers. A chaque instant, au moindre faux pas, la chute vous guette. La chute abyssale, la longue glissade vers le gouffre du désespoir et, sûrement, la mort au fond du gouffre.

 

L’écriture n’est qu’une façon de mettre en scène votre vie, qu’une façon supplémentaire de vous envelopper dans votre égotisme. D’ailleurs ce que vous écrivez, cent fois, mille fois, des millions de fois peut-être, d’autres avant vous l’ont déjà écrit… alors, au fond, quelle importance ce que vous écrivez ?  Il n’y a aucun crédit à accorder à l’écriture. Vous écrivez, c’est un fait, vous éprouvez l’impérieux besoin d’écrire, mais, au fond, est-ce qu’écrire a quelque importance ? Au diable donc ce que vous écrivez ! Fuyez comme la peste ce sentiment absurde et pernicieux que développent bon nombre de ceux qui écrivent. Et promettez-moi de ne jamais vous sentir écrivain ! Promettez-moi de ne jamais espérer appartenir un jour au cercle étroit des auteurs reconnus. Je vous en conjure, ne vous livrez pas à cette mascarade. Ne prenez jamais plaisir à jouer au martyr de la page blanche, ne vous enchaînez pas aux délices perfides de l’inspiration, prenez soin de ne jamais vous enfermer dans l’écriture car vous vous couperiez de l’essentiel ; vous négligeriez la vie, la vraie. Alors, je vous en prie, levez-vous, éloignez-vous de vos phrases, écartez-vous de cette quête pesante du mot juste, refermez votre carnet et rejoignez le monde, retrouvez la vie ! Pour bien écrire, il vous faudra d’abord bien vivre, non une vie pleine d'événements et d’aventures, mais une vie intense où vous serez capable de saisir chaque seconde qui passe pour en extraire l’entière substance, non dans le dessein dérisoire de l’écrire mais afin de comprendre la vie et de mieux vivre votre existence. Parce que la vie et votre existence méritent qu’on les empoigne ainsi, tout en elles nous invite à recueillir leur saveur. Une existence simple pourra vous combler de bonheur et de joie pour peu que vous sachiez entendre le souffle de la vie. Alors, je vous en conjure une dernière fois, oubliez vos ombres d’écriture, quittez votre table et vos crayons et regagnez le monde, rejoignez la terre des hommes, retrouvez la vie, retrouvez votre vie ! Construisez votre existence et vos livres, croyez-le, se bâtiront d’eux-mêmes. Vivez ! Et la vie vous donnera matière à vivre et à écrire !

 

29 novembre 2017

Carnet n°37 Journal de rupture

Journal / 2009 / Hors catégorie

 

 

Prologue

Près de 15 années de vie commune. Lente période de distension. Alternance d’éloignements et de rapprochements. Elle te reproche ton esprit critique, tes jugements (incessants), ton insatisfaction, ton goût pour la complexification du réel (et du quotidien). Ta fâcheuse propension à la déstabiliser. A la dévaloriser. Depuis quelques mois, ce comportement lui est insupportable. Toute parole provoque de violentes réactions (épidermiques). Une sensibilité à fleur de peau. Dramatisation systématique. Crises récurrentes. Tu lui reproches son inertie, sa négligence, ses velléités. Son manque d’enthousiasme. L’absence de constructions et de projets communs. Tu sens chez elle une progressive réticence à vos partages. A tes étreintes. A répondre à tes désirs de rapprochement. Elle le sent aussi chez toi (sûrement).

 

 

Début juillet 2009

Elle t’annonce, au cours d’une conversation, qu’elle aimerait faire une retraite. Et vivre une expérience chamanique. Désirs flous. Sans argument précis. Une simple intuition. La survenance d’un lent mûrissement peut-être ? Etonnement. Tu approuves (plutôt). Depuis 1 an, elle s’essouffle, entreprend mille projets qu’elle abandonne quelques temps plus tard. Elle se sent vide de désirs.

 

 

Mi-juillet

Tu la questionnes sur l’avancée de son projet. Réponses vagues. Evitement. Evincement (de toute évidence). Après plusieurs sollicitations, elle finit par te confier – du bout des lèvres – qu’elle part dans l’Aveyron. Dans un monastère de bénédictines.

 

 

20 juillet 2009

Jour du départ. Tristesse et ressentiment. ½ heure après ton lever vers 13h30 (tu travailles la nuit). Pas de mot. Pas d’adresse. Aucune information. Elle part, te dit-elle. Analyse rationnelle du départ.

 

 

20 juillet 2009

Attente de l’appel du soir (pour savoir si elle est bien arrivée). Elle t’a promis de téléphoner vers 19-20 h. Pas d’appel. Inquiétude. Tu l’appelles (vers 22 h). Boîte vocale. Elle rappelle quelques instants plus tard. Prétexte un ennui technique avec son téléphone. Suspicion. Tu vocifères. Tu blâmes. Mille reproches liés à son départ.

 

 

21 juillet 2009

Colère. Sentiment de duperie.

 

 

21 juillet 2009

Tu appelles pour t’excuser. Aplanir le ressentiment. Lui permettre de réaliser son expérience, vivre son isolement le cœur plus serein. Boîte vocale.

 

 

21 juillet 2009

Au retour de promenade, tu roules par inadvertance sur la patte de l’un de vos chiens (son chien préféré). Désir inconscient de briser le départ ? D’écraser la liberté de se mouvoir ? Symbole de piétinement ? Tu lui téléphones, catastrophé. Boîte vocale. 3 appels successifs.

 

 

22 juillet 2009

Etonnement devant l’absence de réaction. Pourquoi ne rappelle-t-elle pas ? N’a-t-elle pas lu tes messages ? Vive inquiétude.

 

 

23 juillet 2009

Tu attends. Sans impatience. Peut-être son téléphone ne fonctionne-t-il (vraiment) plus ? Doute. Pourquoi a-t-elle (alors) réussi à te joindre le premier jour ?

 

 

24 juillet 2009

Premières angoisses. Incessants questionnements. Où est-elle ? Besoin de lui parler. Besoin d’éclaircissement. Et d’explications. Tu cherches des indices de son départ. Et de sa destination.

 

 

25 juillet 2009

Le questionnement vire à l’idée fixe. Obsédante. Nuit d’insomnie. Tu essayes de comprendre. Pourquoi ne téléphone-t-elle pas ? Où est-elle ? Avec un autre ? Seule ? Où ? Tu veux savoir. Tu cherches des indices. Tu regardes dans son ordinateur (pour trouver une adresse, un mail éclairant). Inaccessible. Elle a (sciemment quelques jours avant son départ sans doute) changé le mot de passe. Surcroît d’inquiétude. Ce geste (en apparence anodin) conforte ta première intuition : le secret. Elle ne souhaite pas que tu saches où elle se trouve. Grand chamboulement dans la tête.

 

 

25 juillet 2009

Tu réfléchis aux causes de son départ. 2 options. 1ère option : elle est partie pour régler ses obstacles personnels, ses propres entraves, ses peurs. Le besoin de se retirer en soi-même. 2ème option : elle ne supporte plus tes critiques et tes reproches. Une 3ème voie se dessine : les interactions entre les options 1 et 2 : tes critiques accentuent son sentiment de disgrâce.

 

 

26 juillet 2009

L’absence de l’autre. L’idée obsédante de sa présence. De sa présence qui manque. La possibilité du non retour. Tu échafaudes mille scénarios. Mille hypothèses sur les causes du départ. Option 1, option 2, option 3… lente construction d’un faisceau tentaculaire. Pléthore de fondements à la séparation. La longue usure. Le lent éloignement. Tu piétines. Tu tournes en rond.

 

 

26 juillet 2009

Partager son inquiétude. Et son désarroi. Avec les amis proches. Téléphone, visite. Besoin de trouver des alliés. D’écouter une voix neutre. Besoin de réconfort. De comprendre (surtout).

 

 

 

27 juillet 2009

Besoin de certitude. Tu veux en avoir le cœur net. Tu cherches avec frénésie toutes les communautés monastiques dans le département qu’elle t’a (vaguement) indiquées avant de partir. Tu leur téléphones. Premier, deuxième, troisième… jusqu’au huitième. Aucune trace. Aucun passage. Affolement. Quelques monastères dans les départements limitrophes. Rien.

 

 

27 juillet 2009

Une semaine sans nouvelle. La colère se dissipe. Fait place à la peur. Peur panique. Un fort besoin de comprendre. Et d’agir. Agir pour ne plus penser. Agir pour comprendre. Le besoin de savoir. Où est-elle ? Pourquoi ce départ ? Reviendra-t-elle ? Crispation. Affolement. Idée fixe. Folle cogitation. Option 1, option 2, option 3, option 4, option 5, option 6… est-elle dans une chambre d’hôtel ? Seule pour réfléchir ? Accompagnée ? Est-elle morte ? Veut-elle mettre fin à ses jours ? Est-elle partie dans un autre monastère pour se sentir libre (véritablement libre de ses attaches) ? Est-elle partie rejoindre un autre ? Où ? A l’étranger ? Veut-elle refaire sa vie incognito ? Ne voit-elle pas d’issue avec moi ? Ne voit-elle pas d’issue pour elle ? Reviendra-t-elle ? Terrible angoisse.

 

 

27 juillet 2009

Tu réfléchis. Tu tentes de réfléchir avec calme. Impossible. Tu songes à son départ. A son départ longuement mûri. Préparation discrète. Sinon secrète. Comme si elle avait verrouillé les indices. Pas de traces pour l’autre quand adviendra la (véritable) conscience de l’absence. Cette absence de trace est déjà la marque du départ. De la séparation. Nouveau message sur sa boîte vocale. Implorant. Voix émue la suppliant de me faire un signe, un geste. Entendre sa voix. Sentiment flou du temps. Comme si elle était partie depuis 1 an.

 

 

27 juillet 2009

Tu fouilles. Partout. Toute la journée. Les papiers. Le mot de passe de l’ordinateur. Le code (secret – secret toujours adroitement dissimulé) pour accéder à son compte bancaire. Pour savoir si elle a effectué des paiements. Quels genres de paiement ? Et (surtout) dans quelle ville ? En vain.

 

 

27 juillet 2009

Le soir, avant de partir travailler, tu continues de chercher. Jusqu’à la dernière minute. Tu tombes sur un petit carnet. La première page d’un petit carnet à spirales placé (négligemment ?) au fond d’un sac à main. Tu lis les quelques paragraphes. Une phrase t’empale : ma vie affective est un fiasco. Cloué à vif. Immense douleur.

 

 

27 juillet 2009

Sentiment d’inéluctable. Doute. Persistance du doute. Vomissement. Incertitude. Comme si une bête rongeait tes chairs, ton énergie, tes pensées. Te dévorait de l’intérieur. Dévastateur. Un déchiquetage méthodique. Tu en sors en pièces. Une horreur.

 

 

27 juillet 2009

Tu commences ton Journal de rupture. Sentiment de libération. Se libérer par l’écriture ? Aspiration à transcender la douleur. Vite balayée par le sentiment de la perte. La cassure du fil. Un grand vide. Une grande impuissance. Une souffrance oppressante. Et l’espoir désespéré du retour. Impensable (sûrement).

 

 

28 juillet 2009

Etrange ambivalence. Prêt à lui pardonner si elle rentre. Prêt à la blâmer si elle revient vers moi (avec moi). Sentiment d’abandon. De terre qui tourne. Du sol qui se dérobe. L’éternité coutumière qui se dissout. Qui disparaît. Peur de ne plus la voir. Grosse fatigue. Le fiasco martèle ton crâne. Tu fumes cigarette sur cigarette. Depuis 4 jours, tu n’as quasiment pas mangé. Si peu dormi.

 

 

28 juillet 2009

Sentiment de vivre un drame. En direct. D’être un acteur impuissant. Incapable de tenir, de jouer son rôle. Quel est ton rôle dans cette pièce ? Tu n’as jamais su jouer la comédie. Cette malheureuse authenticité qui te cloue sur les planches.

 

 

28 juillet 2009

Cherche partout des signes symboliques de son possible retour. De son probable non-retour. Une phase lue dans un livre ouvert au hasard. Un extrait de dialogue dans un film. Un mot sur une affiche publicitaire. Cherche désespérément une certitude. Comme un enfant. Sentiment de survie impossible (sans elle).

 

Je me souviens d’un rêve : elle partait en secret pour raisons médicales. Au réveil, je le lui avais confié (désagréablement). Elle avait haussé les épaules. Il est vrai que je ne peux me fier à mes intuitions.

 

 

28 juillet 2009

Au fond de moi, une voix me dit qu’elle reviendra. Une autre me dit l’inverse. Et je ne sais laquelle croire. Regain de confiance. Apaisement. Et (dans le même temps) projection d’une issue tsunamiesque.

 

Estime intuitivement les chances qu’elle revienne (vivre en ma compagnie) et la probabilité qu’elle confirme la rupture. Equilibre incertain. Et fluctuant. Je penche tantôt d’un côté. Tantôt de l’autre. Grands (et rapides) mouvements d’oscillation.

 

Me revient (en mémoire) le souci incessant – presque insistant – de son corps (ces derniers temps). Sa hantise du vieillissement. A-t-elle rencontré un jeune bellâtre – un beau métis – délicat, sensible, joyeux et attentionné ? Crise passagère de la quarantaine ? Ou profond et inéluctable effritement de notre relation ?

 

 

28 juillet 2009

Avant de rejoindre ton poste de nuit, tu téléphones à son père (2 fois déjà, tu l’as appelé). Il te répond avec froideur (presque avec indifférence). Sa réponse est laconique : elle est en route… elle t’expliquera. Mille interrogations. Pourquoi ne t’a-t-elle pas prévenu, toi ? Tu lui laisses un mot sur la table : si tu souhaites me dire quelque chose, je t’en prie, appelle-moi.

 

 

28 juillet 2009

Coup de téléphone (vers minuit). Enfin… Elle est visiblement agacée. Le ton est froid, distant, réprobateur. Tu lui demandes (avec le moins d’hostilité possible) une explication. Pourquoi tous ces secrets qui entourent ce départ ? Réponse abrupte. Remise en cause de ton discours. De ton angoisse. De ton comportement. Comme si tu l’enchaînais. Elle souligne (implicitement) son sentiment d’emprisonnement. Tu raccroches. Sentiments ambivalents. Soulagement de son retour. Et crainte des retrouvailles. De l’avenir. De ton besoin de comprendre. Comment taire ta nécessité de comprendre ?

 

29 novembre 2017

Carnet n°35 Ecorce blanche

Poésie / 2009 / Hors catégorie

 

 

Bruits

 

Destins sans faiblesse

Qui défaillent

Déambulant

La démarche fière

 

Gloire éphémère

Au destin dérisoire

Qui peuplent la terre

 

Sans écho demeure

La voix du poète

 

 

Obscurs

 

Mine de plomb

Feuilles d’automne

Le poète s’ensommeille

Au crépuscule des jours

 

La mort survenue

Fauché au cœur

Du travail incessant

Ouvrage sans gloire

A la sente tragique

 

Fumerolles oubliées

Poussières sous les pas du monde

S’achève l’œuvre

Aux heures fameuses

Autrefois éclairée

A la lueur vacillante d’une chandelle

Côtoyant parfois l’éclat sans obscur

Gît à présent anonyme

Au cœur du tombeau

Pour l’éternité

 

 

Silence

 

Au bord du monde

Pleure le poète

Dont l’œuvre

Aux ailes maladroites

Ne touche aucun ciel

 

Une présence incertaine

Au cœur

Il décèle

 

S’élance la plume

Effleure l’écorce blanche

 

D’un geste

D’une attention

Ecoute

L’empreinte du souffle

Extrait la sève sans nuance

Le passage d’éternité

Retrouve enfin son socle

 

Sur la feuille

La parole muette

Le chemin tracé

Gisent inertes

Glissant

Sur l’âme du monde

 

Voix anodine

Traces dérisoires

Dans les mémoires indemnes

 

 

 

 

Murmure

 

Obscure étoile

Dans le ciel dévasté de lumière

 

Etincelle

Dans la nuit sombre

 

La veille du poète

S’éternise

 

Dans un murmure

Un éclair

Balbutie

Ecoute le verbe

La voix hésitante

 

Bruissements inaudibles

Paroles silencieuses

Au cri déchirant

 

Clameurs lointaines

Pour la foule impassible

Pour les âmes

A l’inquiétude oubliée

 

Bruits que l’on terre

Sous le ciel morose

Sanglot

 

Goutte de rosée

Dans l’écume des jours

Sous le ciel ombragé

Au creux des vagues

Se perd

Noyé de larmes

Dans l’abysse du monde

Le cri du poète

 

 

Parole

 

Le visage penché sur l’abat-jour

La main posée

Sur le seuil encombré

Le poète écoute

La voix sibylline

Guider la plume

Dicter la parole silencieuse

 

 

Barreaux

 

Au cœur de la sinistre geôle

Rangée parmi les clapiers

La petite cage solitaire

Du poète

Enfermé le jour

D’où s’élèvent la nuit

L’angoisse

Les pleurs, l’infortune

Les cris d’agonie

Et les larmes noires

Qui s’envolent dans le vent

 

 

Attente

 

Dans la modestie des jours

Le poète célèbre l’éphémère

Le ciel qui embrase la nuit

L’indicible douleur qui irradie

Les heures blafardes

Dans l’attente de l’étroit sentier

Déserté par la foule

Qui déambulent

Dans le faste des jours

 

 

Insigne

 

Sur la table bancale

Un écriteau gris

Accumule les signes

Echo des profondeurs

Appel du ciel

Clameurs lointaines

 

Hiéroglyphes invisibles

Sur la surface ombrée

 

Se pose chaque nuit

Une lourde pile de pièces d’or

En équilibre

Qui s’efface à l’aube

 

Vil labeur

A l’horizon inestimable

Gratifiante besogne mésestimée

Œuvre le poète

Chaque nuit

Edifie lentement

La tour sans fin

L’infime cathédrale

Aux allures misérables

Modeste masure

Devant l’éternité

Sous la lumière solitaire

Bâtit l’ascension

Au cœur de la nuit montante

Vers les sommets abrupts

 

 

 

Substance

 

Sur les lettres griffonnées

A la substance aride

Pleure le poète

Qui rêve de paroles fécondes

Qui nourriraient la terre

Abreuveraient les hommes

Eclaireraient les pas

Vers le territoire mystérieux

 

 

 

Brûlure

 

Poète des jours sombres

A la terre dévastée

Où brille le soleil

Qui glace les âmes frileuses

 

 

A l'ombre de l'albatros

 

Dans le noir hiver

Aux brises parcourues

L’hirondelle attend

L’agonie d’un ciel incertain

 

Sous l’aile de l’albatros

L’espoir d’une terre

A l’orée du monde

Où battissent les hommes

 

Un antre fermé

Aux fonds des entrailles

D’un ventre sans pudeur

 

Sous les nuages gris

Un tertre aux mille lunes

Où étincellerait la nuit

 

Une béance sans faille

Où se perdrait l’écho

Et le reflet des visages creusés

Par le sillon des horloges

 

Mille paysages

Aux vacarmes secrets

Tirés d’une œuvre

Sans tâche

 

Un abîme d’égarement

Aux interstices mystérieux

Enveloppé de l’invisible sphère

Où dorment les prophètes

Sous le ciel grimaçant

A l’ombre de l’albatros

A jamais demeure l’hirondelle

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