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LES CARNETS METAPHYSIQUES & SPIRITUELS

A PROPOS

La quête de sens
Le passage vers l’impersonnel
L’exploration de l’être

L’intégration à la présence


 

CARNETS PUBLIES

L'expérience du monde 
Récit (1997-1999)

Solitudes 
Récit (2001)

Le petit chercheur Livre 1  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 2  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 3  
Conte (2004)

Quêteur de sens  
Essai anthologique (2005)

Traversée commune  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 1  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 2  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 3  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 4  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 5  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 6  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 7  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 8  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 9  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 10  
Livre expérimental (2007)

Tourbillon(s) 
Journal & récit (2008-2013)

Le goût d'autre chose 
Journal (2013-2016)

Un homme simple et sage 
Récit (2014)

Une âme sensible Vol 1  
Journal (2016-2019)

Une âme sensible Vol 2 
Journal (2016-2019)

Entre le rêve, le monde... Vol 1  
Journal (2019-2020)

Entre le rêve, le monde... Vol 2  
Journal (2019-2020)

Quelque chose du sang...  
Journal (2020-2021)

En plein cœur Vol 1 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 2 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 3 
Journal (2021-2022)

Si près de nos lèvres... Vol 1 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 2 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 3 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 4 
Journal (2022-2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 1 
Récit (2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 2  
Récit (2023)

Une destinée sans certitude Vol 1 
Journal (2023-2024)

Une destinée sans certitude Vol 2 
Journal (2023-2024)

Entre Dieu et la pierre Vol 1
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 2
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 3
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 4
Journal (2024-2025)

Quelques jours... Vol 1  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 2  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 3  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 4  
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 1
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 2
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 2 partie 1
Journal (2025-2026)

En son for intérieur Vol 2 partie 2
Journal (2025-2026)

 

CARNETS BRUTS

Carnet n°1
L’innocence bafouée

Récit / 1997 / La quête de sens

Carnet n°2
Le naïf

Fiction / 1998 / La quête de sens

Carnet n°3
Une traversée du monde

Journal / 1999 / La quête de sens

Carnet n°4
Le marionnettiste

Fiction / 2000 / La quête de sens

Carnet n°5
Un Robinson moderne

Récit / 2001 / La quête de sens

Carnet n°6
Une chienne de vie

Fiction jeunesse / 2002/ Hors catégorie

Carnet n°7
Pensées vagabondes

Recueil / 2003 / La quête de sens

Carnet n°8
Le voyage clandestin

Récit jeunesse / 2004 / Hors catégorie

Carnet n°9
Le petit chercheur Livre 1

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°10
Le petit chercheur Livre 2

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°11 
Le petit chercheur Livre 3

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°12
Autoportrait aux visages

Récit / 2005 / La quête de sens

Carnet n°13
Quêteur de sens

Recueil / 2005 / La quête de sens

Carnet n°14
Enchaînements

Récit / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°15
Regards croisés

Pensées et photographies / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°16
Traversée commune Intro

Livre expérimental / 2007 / La quête de sens

Carnet n°17
Traversée commune Livre 1

Récit / 2007 / La quête de sens

Carnet n°18
Traversée commune Livre 2

Fiction / 2007/ La quête de sens

Carnet n°19
Traversée commune Livre 3

Récit & fiction / 2007 / La quête de sens

Carnet n°20
Traversée commune Livre 4

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°21
Traversée commune Livre 5

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°22
Traversée commune Livre 6

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°23
Traversée commune Livre 7

Poésie / 2007 / La quête de sens

Carnet n°24
Traversée commune Livre 8

Pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°25
Traversée commune Livre 9

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°26
Traversée commune Livre 10

Guides & synthèse / 2007 / La quête de sens

Carnet n°27
Au seuil de la mi-saison

Journal / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°28
L'Homme-pagaille

Récit / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°29
Saisons souterraines

Journal poétique / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°30
Au terme de l'exil provisoire

Journal / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°31
Fouille hagarde

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°32
A la croisée des nuits

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°33
Les ailes du monde si lourdes

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°34
Pilori

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°35
Ecorce blanche

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°36
Ascèse du vide

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°37
Journal de rupture

Journal / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°38
Elle et moi – poésies pour elle

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°39
Préliminaires et prémices

Journal / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°40
Sous la cognée du vent

Journal poétique / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°41
Empreintes – corps écrits

Poésie et peintures / 2010 / Hors catégorie

Carnet n°42
Entre la lumière

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°43
Au seuil de l'azur

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°44
Une parole brute

Journal poétique / 2012 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°45
Chemin(s)

Recueil / 2013 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°46
L'être et le rien

Journal / 2013 / L’exploration de l’être

Carnet n°47
Simplement

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°48
Notes du haut et du bas

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°49
Un homme simple et sage

Récit / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°50
Quelques mots

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°51
Journal fragmenté

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°52
Réflexions et confidences

Journal / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°53
Le grand saladier

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°54
Ô mon âme

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°55
Le ciel nu

Recueil / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°56
L'infini en soi 

Recueil / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°57
L'office naturel

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°58
Le nuage, l’arbre et le silence

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°59
Entre nous

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°60
La conscience et l'Existant

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°61
La conscience et l'Existant Intro

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°62
La conscience et l'Existant 1 à 5

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°63
La conscience et l'Existant 6

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°64
La conscience et l'Existant 6 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°65
La conscience et l'Existant 6 (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°66
La conscience et l'Existant 7

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°67
La conscience et l'Existant 7 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°68
La conscience et l'Existant 8 et 9

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°69
La conscience et l'Existant (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°70
Notes sensibles

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°71
Notes du ciel et de la terre

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°72
Fulminations et anecdotes...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°73
L'azur et l'horizon

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°74
Paroles pour soi

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°75
Pensées sur soi, le regard...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°76
Hommes, anges et démons

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°77
La sente étroite...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°78
Le fou des collines...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°79
Intimités et réflexions...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°80
Le gris de l'âme derrière la joie

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°81
Pensées et réflexions pour soi

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°82
La peur du silence

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°83
Des bruits aux oreilles sages

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°84
Un timide retour au monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°85
Passagers du monde...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°86
Au plus proche du silence

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°87
Être en ce monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°88
L'homme-regard

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°89
Passant éphémère

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°90
Sur le chemin des jours

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°91
Dans le sillon des feuilles mortes

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°92
La joie et la lumière

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°93
Inclinaisons et épanchements...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°94
Bribes de portrait(s)...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°95
Petites choses

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°96
La lumière, l’infini, le silence...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°97
Penchants et résidus naturels...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°98
La poésie, la joie, la tristesse...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°99
Le soleil se moque bien...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°100
Si proche du paradis

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°101
Il n’y a de hasardeux chemin

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°102
La fragilité des fleurs

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°103
Visage(s)

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°104
Le monde, le poète et l’animal

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°105
Petit état des lieux de l’être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°106
Lumière, visages et tressaillements

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°107
La lumière encore...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°108
Sur la terre, le soleil déjà

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°109
Et la parole, aussi, est douce...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°110
Une parole, un silence...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°111
Le silence, la parole...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°112
Une vérité, un songe peut-être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°113
Silence et causeries

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°114
Un peu de vie, un peu de monde...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°115
Encore un peu de désespérance

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°116
La tâche du monde, du sage...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°117
Dire ce que nous sommes...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°118
Ce que nous sommes – encore...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°119
Entre les étoiles et la lumière

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°120
Joies et tristesses verticales

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°121
Du bruit, des âmes et du silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°122
Encore un peu de tout...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°123
L’amour et les ténèbres

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°124
Le feu, la cendre et l’infortune

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°125
Le tragique des jours et le silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°126
Mille fois déjà peut-être...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°127
L’âme, les pierres, la chair...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°128
De l’or dans la boue

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°129
Quelques jours et l’éternité

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°130
Vivant comme si...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°131
La tristesse et la mort

Récit / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°132
Ce feu au fond de l’âme

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°133
Visage(s) commun(s)

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°134
Au bord de l'impersonnel

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°135
Aux portes de la nuit et du silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°136
Entre le rêve et l'absence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°137
Nous autres, hier et aujourd'hui

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°138
Parenthèse, le temps d'un retour...

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°139 
Au loin, je vois les hommes...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°140
L'étrange labeur de l'âme

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°141
Aux fenêtres de l'âme

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°142
L'âme du monde

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°143
Le temps, le monde, le silence...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°144
Obstination(s)

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°145
L'âme, la prière et le silence

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°146
Envolées

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°147
Au fond

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°148
Le réel et l'éphémère

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°149
Destin et illusion

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°150
L'époque, les siècles et l'atemporel

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°151
En somme...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°152
Passage(s)

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°153
Ici, ailleurs, partout

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°154
A quoi bon...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°155
Ce qui demeure dans le pas

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°156
L'autre vie, en nous, si fragile

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°157
La beauté, le silence, le plus simple...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°158
Et, aujourd'hui, tout revient encore...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°159
Tout - de l'autre côté

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°160
Au milieu du monde...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°161
Sourire en silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°162
Nous et les autres - encore

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°163
L'illusion, l'invisible et l'infranchissable

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°164
Le monde et le poète - peut-être...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°165
Rejoindre

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°166
A regarder le monde

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°167
Alternance et continuité

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°168
Fragments ordinaires

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°169
Reliquats et éclaboussures

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°170
Sur le plus lointain versant...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°171
Au-dehors comme au-dedans

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°172
Matière d'éveil - matière du monde

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°173
Lignes de démarcation

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°174
Jeux d'incomplétude

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°175
Exprimer l'impossible

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°176
De larmes, d'enfance et de fleurs

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°177
Coeur blessé, coeur ouvert, coeur vivant

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°178
Cercles superposés

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°179
Tournants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°180
Le jeu des Dieux et des vivants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°181
Routes, élans et pénétrations

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°182
Elans et miracle

Journal poétique / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°183
D'un temps à l'autre

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°184
Quelque part au-dessus du néant...

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°185
Toujours - quelque chose du monde

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°186
Aube et horizon

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°187
L'épaisseur de la trame

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°188
Dans le même creuset

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°189
Notes journalières

Carnet n°190
Notes de la vacuité

Carnet n°191
Notes journalières

Carnet n°192
Notes de la vacuité

Carnet n°193
Notes journalières

Carnet n°194
Notes de la vacuité

Carnet n°195
Notes journalières

Carnet n°196
Notes de la vacuité

Carnet n°197
Notes journalières

Carnet n°198
Notes de la vacuité

Carnet n°199
Notes journalières

Carnet n°200
Notes de la vacuité

Carnet n°201
Notes journalières

Carnet n°202
Notes de la route

Carnet n°203
Notes journalières

Carnet n°204
Notes de voyage

Carnet n°205
Notes journalières

Carnet n°206
Notes du monde

Carnet n°207
Notes journalières

Carnet n°208
Notes sans titre

Carnet n°209
Notes journalières

Carnet n°210
Notes sans titre

Carnet n°211
Notes journalières

Carnet n°212
Notes sans titre

Carnet n°213
Notes journalières

Carnet n°214
Notes sans titre

Carnet n°215
Notes journalières

Carnet n°216
Notes sans titre

Carnet n°217
Notes journalières

Carnet n°218
Notes sans titre

Carnet n°219
Notes journalières

Carnet n°220
Notes sans titre

Carnet n°221
Notes journalières

Carnet n°222
Notes sans titre

Carnet n°223
Notes journalières

Carnet n°224
Notes sans titre

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La danse secrète

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Ce qui veille au fond de l'âme

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Dans l'écume du mystère

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Vers l'indéchiffrable

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Des choses et d'autres

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Epigraphes associées aux carnets

© Les carnets métaphysiques & spirituels

QUELQUES JOURS EN MA COMPAGNIE (VOLUME 4)

JOURNAL 2025

 

Vendredi 18 juillet

 

En quête

Le cœur un peu sauvage

rôdant sur ces rives trop peuplées

cherchant un lieu propice

à la solitude et à la prière

 

 

Une impossible fin

En ce monde, rien ne peut être achevé. Tout toujours continue ou recommence...

 

 

Petit bréviaire à l'usage de l'homme

Face à l'inconnu, il faut tout oublier.

 

 

Appétit

Sans autre faim que celle de l'Absolu...

 

 

Une impossible fin (bis)

En apparence, tout – en nous – est soumis à la finitude. Mais il nous manque, sans doute, l'envergure, la perspective et la profondeur nécessaires pour approcher l'éternité et l'éternel retour des choses.

 

 

Hors-piste

Sans trace

Sans indice

Le chemin

A se demander

s'il en est un

 

 

Nouvelle aporie

Le monde et la vie sont à la fois une jungle et un refuge. Mais il n'y a, en vérité, rien à craindre ni nul abri...

 

 

Omission

Dieu oublié

dans le geste

et dans la voix

en ce monde

où tout est poussière

et pourrissement

 

 

La mort transformée

La mort n'est pas cet effroyable sommeil qui terrifie la plupart des hommes mais un passage vers d'autres possibles...

 

 

Toujours à dire

Au-delà du dicible ; quelque chose encore...

 

 

Geai des chênes

A travers la fenêtre, j'aperçois un geai des chênes qui creuse des trous avec son bec pour y enfouir – je le suppose – des glands. Lui, en général, si méfiant* ne m'a pas vu. Et je me félicite de vivre dans cette roulotte qui s'avère un précieux poste de guet pour observer la faune sauvage...

 

* comme tous les corvidés d'ailleurs...

 

 

Refuge

Au fond de la forêt

Là où il est encore possible d'échapper

à la folie des hommes

 

 

Quelques chiffres sur la biomasse

Les animaux sauvages (oiseaux et mammifères) représentent un peu moins de 0,4% de la biomasse animale alors que la part de l'homme et des animaux domestiques (essentiellement les animaux dits de rente) s'élève à 7%*. Ce sont les arthropodes qui tiennent le haut du pavé pour la biomasse animale (avec environ 40%). Mais il faut bien garder en tête que la biomasse animale représente à peine plus de 0,3% de la biomasse totale. Le champion toutes catégories : les plantes (près de 85% de la biomasse totale) suivies par les bactéries (presque 13%). Le reste n'est que du menu fretin...

 

* Ce chiffre a considérablement augmenté ces dernières décennies, preuve que la population humaine a connu une croissance exceptionnelle mais a aussi intensifié la pratique de l'élevage...

 

 

Récréation studieuse

Hier, après avoir fait d'instructifs calculs sur les différentes catégories du vivant, je me suis amusé à élaborer une petite fresque pour retracer la genèse de la vie terrestre et l'histoire de l'homme.

 

 

Les périodes géologiques et historiques

13,7 milliards d'années : création de l'univers

4,6 milliards d'années : l'Hadéen (les enfers)

création de la terre (et du soleil)

3,8 milliards d'années : l'Archéen

(le commencement) – apparition de la vie terrestre

2,5 milliards d'années : le Protérozoïque

(premières formes de vie)

1,2 milliard d'années : apparition des algues

540 millions d'années (à aujourd'hui)

le Phanérozoïque (formes de vie visibles)

qui se décompose lui-même en paléozoïque

(vie ancienne), Mésozoïque (vie du milieu)

et Cénozoïque (vie récente)

380 millions d'années, apparition des arbres

240 millions d'années, apparition des dinosaures

220 millions d'années, apparition des mammifères

4,2 millions d'années, australopithèque

3,3 millions d'années : le paléolithique

(pierre ancienne)

2,4 millions d'années, homo rudolphensis

2,3 millions d'années, homo habilis

2 millions d'années, homo ergaster

450 000 ans, Néandertal

400 000 ans, domestication du feu

400 000 ans, homos sapiens – Afrique

120 000 ans, homos sapiens – Moyen Orient

70 000 ans, homos sapiens – Asie du sud est

50 000 ans, homos sapiens – Australie

45 000 ans, homos sapiens (et Cro-Magnon) – Europe

40 000 ans, homos sapiens – Amérique

10 000 ans, le Mésolithique (pierre du milieu)

6000 ans avant notre ère, le Néolithique

(pierre nouvelle)

3300 ans avant notre ère, l'Antiquité

476, le Moyen âge

1492, l'Époque moderne

1789, l'Époque contemporaine

Et dans environ 5 milliards d'années, le soleil explosera !

 

Cette petite fresque des âges de la terre a le mérite de replacer notre époque dans son contexte (à l'échelle terrestre, il me semble difficile de trouver un cadre plus large). Il est courant de dire que si l'on réduisait à 24 heures la durée qui sépare la naissance de la terre à aujourd'hui, l'homme n'apparaîtrait qu'aux toutes dernières secondes de la journée...

 

Autre élément : une génération équivaut à 20 ans*. On peut donc dire que 400 générations nous séparent du Néolithique, 600 du mésolithique, 2350 du « premier européen » et 20 000 du premier homos sapiens...

 

* Il y a toutes les raisons de penser que ce chiffre est valable quelle que soit la période de l'histoire car même si l'espérance de vie a considérablement augmenté depuis quelques décennies et que les êtres humains mourraient « plus jeunes » autrefois1, il est peu probable que « l'âge de fécondité » ait connu de grandes variations...

1. L'espérance de vie bien moins élevée autrefois s'explique essentiellement par un taux de mortalité infantile très important...

 

Bref, on n'est pas grand-chose... Et dans quelques années (5 milliards tout de même !) et peut-être même avant, tout ça n'existera plus... et s'inscrire dans cette perspective nous amène, je crois, à relativiser nos vies, nos œuvres et notre mort...

 

 

Passage transitoire

Avant et après l'homme

Ce que nous étions

Et ce que nous serons

 

 

Invariant

Si ancien

le labeur de l'homme

Et pourtant rien

(à peu près rien)

n'a changé

 

 

Issa

« Rosée que ce monde

Rosée que ce monde-ci

Oui, sans doute et pourtant »

 

 

Vacuité et disponibilité

Suffisamment vide et disponible pour accueillir et expérimenter ce qu'offre la vie et être emporté là où elle voudra...

 

 

Petit bréviaire à l'usage de l'homme

Laisser le cœur et la tête se vider à chaque instant afin de pouvoir goûter la vie avec une âme et un œil neufs.

 

 

Accessoire

Autour de nous

Tant de territoires

et de frontières

Tant de pièges

et de remparts

Tant de paroles inutiles

Comme si le monde

était le lieu du superflu

 

 

Petit bréviaire à l'usage de l'homme

Lorsque le cœur et la tête sont habités, envahis ou submergés par une pensée, une émotion, un sentiment, une douleur, une souffrance etc etc, se laisser habiter et traverser (de bout en bout), permettre à cette chose de se déployer (autant que l'on en est capable) et lui laisser faire « son travail ». Et lorsqu'elle aura achevé ce pour quoi elle est venue, elle se résorbera naturellement...

 

 

Christiane Singer

« Il est bon et juste d'accompagner jusqu'au bout tout ce qu'on ressent, d'aller au plus aigu de la pointe. »

 

 

Petit bréviaire à l'usage de l'homme

Être

Et se laisser faire

Se laisser porter

 

 

Quelque chose en soi

Ce qui veille

au fond de l'âme

et qui sait

ce que nous ne savons pas

ce que nous ne pourrons jamais savoir

 

 

Unique abri

Reposer en l'être, voilà notre seul refuge...

 

 

Si peu de chose(s)

Être, vivre et faire (presque) rien. Comme une feuille dans le vent...

 

 

Samedi 19 juillet

 

Exil

A l'écart du monde. Toujours à l'écart du monde.

 

 

Vulnérabilité

Exposé au ciel et au monde. Sans défense. A la merci de ce qui passe...

 

 

Équanimité

Le cœur bleu

Écoutant le monde et le silence

Sans distinction

 

 

Compagnons

Bien davantage parmi les arbres que parmi les hommes.

 

 

Alexis Jenny

« Une fois acceptée la solitude fondamentale, la fraternité est ce qui vient de surcroît. »

 

 

Derniers pas

Seul ; et, sans doute, plus si loin du secret...

 

 

Collé à la vie

Sans idéologie. A l'instar du réel

Dans le sens (toujours dans le sens) des circonstances

 

 

Harcèlement

Pas de pause aujourd'hui. Dès que je m'arrête, je suis assailli par les moustiques.

 

 

Cécité

A ce point obscur et aveugle ; l’œil des préludes

 

 

Rien n'est parfait

A chaque saison, ses « fléaux ». Au printemps, le pollen et les allergies. En été, les touristes, les insectes, les kermesses et les fêtes villageoises. Et en automne et en hiver, les chasseurs, la neige et l'humidité.

 

 

Sans protection

Contrairement aux moines, l'ermite (et plus encore l'ermite séculier) est exposé à l'adversité de l'existence et du monde. Pour lui, ni clôture, ni communauté, ni Père Abbé pour protéger, prévenir ou réconforter. A la merci de ce qui passe, à la merci des individualités qui peuplent le monde, à la merci du premier venu...

 

 

Hors d'atteinte

A écouter ce que rien ne peut blesser

Pas même le sable qui s'écoule

Pas même le vent qui emporte tout

 

 

Assise et lâcher prise

Je crois qu'il faut une assise verticale solide pour ne pas tomber dans le confort et la facilité que propose ce monde. Quelque chose en soi de profondément ancré. Des prédispositions, une inclination, une vocation peut-être...

 

 

Petit bréviaire à l'usage de l'homme

Il ne s'agit pas (il ne s'agit jamais) de lutter contre soi ou contre ses penchants ou de refuser les tentations du monde (qui n'en sont pas d'ailleurs...). Il s'agit seulement de suivre sa pente et s'il existe des affinités avec ce que propose la société des hommes, comme pour le reste, il faut se laisser guider...

 

 

Encore des pas

Le voyage et la danse

Sans que rien nous retienne

 

 

Ambivalence

Je n'ai plus d'ami chez les hommes. Parfois (assez rarement) cela me pèse. Et d'autres fois (l'essentiel du temps) cela me réjouit.

 

 

Issa

« Peu d’humains

une feuille tombe ici

une autre là »

 

 

Se libérer

Au pied de la clarté

Cette solitude dérivante

Comme si l’origine se libérait de ses rails

Et qu'apparaissait quelque chose d'incorruptible

Une sorte d'abandon propice

à la destruction des miroirs

Un peu plus de lumière

au fond de l'âme

 

 

Une ascension énigmatique

Un lézard qui monte à la verticale (et à une vitesse folle) sur le clocher d'une petite chapelle. Ah ! L'appel du Divin ! Et je ris in petto...

 

 

Détachement

Il me semble que « le travail spirituel » (je l'appelle ainsi à défaut de pouvoir le nommer autrement) consiste simplement en une longue succession de « choses » qui se détachent progressivement. Ces « choses » peuvent être des idées, des désirs, des croyances, des êtres, des rituels, des objets, des activités etc etc. Mais soyons clair ! On ne renonce à rien. On cesse simplement d'y croire ou d'en être dépendant. Et lorsqu'il ne reste plus rien, demeure l'être et « les fondamentaux » de notre individualité...

 

 

A la lisière

Au bord de l'enfance

 

 

Singularité individuelle, écoute et obéissance

Tous les goûts, dit-on, sont dans la nature. Et pour s'en rendre compte, il suffit de le constater autour de soi. Certains* aiment vivre en ville, d'autres à la campagne et d'autres encore dans la forêt. Certains sont sédentaires, d'autres nomades ou voyageurs. Certains sont casaniers, d'autres aiment sortir et « voir du monde ». Certains aiment travailler avec leurs mains et d'autres avec leur tête. Certains ont des prédispositions pour la peinture, d'autres pour l'écriture et d'autres encore pour la musique ou le jardinage. Certains apprécient les livres et la littérature et d'autres préfèrent les sciences (les 2 ne sont, bien sûr, pas incompatibles). Bref, chacun est guidé par ce qui l'habite profondément. Et il n'y a, en la matière, ni règle, ni principe, ni hiérarchie. Aucune chose n'est mieux qu'une autre. Il n'y a rien à préférer, ni rien à rejeter. Il convient seulement d'écouter et d'obéir – écouter la vie et ce qu'il y a en soi, puis faire ce que l'on ressent, ce qui s'impose, ce qui a « le plus de force en nous ». Et à la manière d'un slogan, on pourrait dire : « écoute, ressens et « laisse-toi agir ». Et que l'on en ait conscience ou non, qu'on le fasse délibérément ou non, c'est toujours ce que nous faisons. La vie est donc parfaite ainsi...

 

* pour se limiter aux êtres humains...

 

 

Indifférence

Qu'importe ce que le destin dessine...

 

 

Christiane Singer

« Il n'y a que perdre sa vie qui ait toujours le même visage : ne pas oser parier sur « l'homme intérieur », sur l'immensité qui nous habite. Ne pas oser l’Élan fou, l'Eros fondateur, ne pas plonger vers l'intérieur de soi comme du haut d'une falaise. J'ai plongé. J'ose le dire, oui, cul par-dessus tête, j'ai plongé ! »

 

 

Terra incognita

Le visible peu à peu déserté

pour une contrée encore inconnue

Peut-être l'Amour

Peut-être le silence

Peut-être l'infini

Ce qui se laissera explorer

 

 

Insuffisance de l'âme ?

Quel étrange besoin que celui d'écrire ? Comme si vivre ne suffisait pas et qu'il était nécessaire de témoigner de la vie – de sa vie peut-être... Serait-ce dû à une insuffisance de l'âme ?

 

Pas de frontière

Au-dedans ; aussi seul qu'au-dehors...

 

 

Un pas de côté

Les bruits du monde ; la vie peut-être alors que notre âme entière aspire au silence...

 

 

Ambiance bohémienne

Tourbillons de braises et de mots

Autour du feu des gitans

A célébrer on ne sait quoi

A veiller on ne sait quoi

Jusqu'au petit jour

La danse, la fête, le secret

 

 

Cocon douillet

Je regarde l'intérieur de la roulotte, les livres de la petite bibliothèque, les papiers punaisés sur le mur devant moi, le coin salon, la minuscule cuisine, la salle d'eau attenante ; le lit suspendu au plafond, la table sur laquelle j'écris et prends mes repas. Tout mon univers qui tient dans 6 mètres carrés.

 

 

Hygiène corporelle

J'éprouve un réel plaisir à prendre ma douche à l'extérieur (même si je pourrais la prendre à l'intérieur en débarrassant chaque soir la salle de bain de tous les objets qui l'encombrent). Mais je suis heureux (vraiment heureux) de la prendre dehors. Qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il neige, qu'il fasse 30° ou -10°C, je verse un peu d'eau dans un pulvérisateur de jardin, je prends une serviette et un savon muni d'une ficelle – que j'accroche à la porte – et me voilà équipé pour mes ablutions quotidiennes ! La douche extérieure est devenue un rituel que je ne manquerais pour rien au monde. Il y a pour le corps quelque chose de profondément naturel et vivifiant ! Et, chaque jour, l'esprit se réjouit non seulement de ce minimalisme mais aussi de se doucher la tête sous les étoiles...

 

 

Recouvrement

Le bleu

En tous sens

Recouvrant tout

Jusqu'à la douleur

Jusqu'à la misère

Jusqu'à l'horizon

 

 

Ce qu'il faut dire

Témoigner de ce qui nous entrave comme de ce qui nous libère...

 

 

Effacement

Des paroles comme des pierres

qu'on lancerait dans l'eau

pour le plaisir de les voir disparaître

et s'enfoncer dans les profondeurs

 

 

Mauvais songe

La chair et l'esprit soumis au même rêve...

 

 

Apparent paradoxe

Quelque chose du silence à même les mots...

 

 

Signes organiques

Au plus profond de l'encrier

Le sang encore

 

 

Désert

Là où il ne reste pas même une main tendue...

 

 

Disproportion

Comme un regard trop grand pour les choses de ce monde...

 

 

Trémulation

Quelque chose qui tremble au fond de l'âme. On ne sait pas très bien quoi...

 

 

Influences

A mesure que la parole s'épuise

L'âme et la main s'accordent

deviennent inséparables

puisent l'une dans l'autre

donnent leur couleur

au geste et au fond des yeux

 

 

Indépendance

Il y a chez moi le fantasme de l'esprit et de la vie autarciques. Se suffire à soi-même. Satisfaire ses propres besoins. Il y a, je trouve, une certaine jouissance (une jouissance non orgueilleuse) dans cette autonomie et cette forme d'auto-suffisance. Être relié à la vie, au monde, à tout le reste mais ne pas nourrir de dépendance et d'asservissement (qu'on l'impose ou qu'on le subisse) si répandus dans les relations humaines...

 

 

Éternelle métamorphose

Interminable la transformation

Perpétuelle sans doute

 

 

Inclinaison

Sur la pente bleue

 

 

Changement climatique

Jour caniculaire. Toute activité pèse et pétrifie. Il est peu dire que le climat influe sur l'humeur et le mode de vie ; sur le rythme des pas et des journées. Je crois que l'on aime l'hiver et le froid ou la chaleur et l'été comme on dit qu'on est plutôt du matin ou du soir. Moi, j'aime la nuit – les heures vespérales plus exactement – et les jours frais et légèrement pluvieux de l'automne.

 

Hauteur

Le cœur immobile

Au-dessus du monde et des chemins

 

 

Au gré de ce que l'on se raconte...

La vie tantôt comme un jeu, tantôt comme une épreuve, tantôt comme une villégiature, tantôt comme un voyage, tantôt comme un exercice, tantôt comme une initiation. Se prêtant à toutes les fantaisies de l'esprit...

 

 

Hauteur (bis)

Hissé là où la nuit s'est retirée...

 

 

Dimanche 20 juillet

 

Des nœuds bien utiles

Depuis que je suis nomade, j'ai appris à réaliser quelques nœuds qui me servent régulièrement (et avec lesquels je peux presque tout faire) : le nœud de cabestan, le nœud de chaise, le nœud coulant, le nœud de Dufour, le nœud d'écoute, le double nœud de huit, le nœud de pêcheur, le brêlage carré et un nœud pour faire un trépied.

 

 

Sans limite

Aujourd'hui

Au-dedans

Infiniment

 

 

Un peu de métaphysique

Tout ce qui existe est notre corps. Et la conscience est Une...

 

 

Christiane Singer

« Un seul corps. Une seule couronne. Une seule racine. »

 

 

Une chose après l'autre

Geste après geste. Mot après mot. Un pas après l'autre. Instant après instant. J'aime cette temporalité-là. Lentement la vie, l’œuvre et le chemin qui se déroulent...

 

 

Plénitude

Moments de présence pleine. Sans rien faire. Sans la moindre activité.

 

 

Question de perspective

Le regard plutôt que les yeux...

 

 

Saveur du geste méditatif

Le quotidien s'imprègne de plus en plus de l'état méditatif. L'esprit détendu et attentif. Présence simple et légère. Pas d'attente, pas de précipitation. Les activités et les gestes se réalisent ainsi. Dans le déroulement naturel des choses. Et il est peu dire que vivre de cette manière est extrêmement savoureux...

 

 

L'équilibre parfait

Rien à ôter. Rien à ajouter.

 

 

Pas d'histoire à raconter

La terre et le ciel sans légende

 

 

Sans rien dire

Les lèvres, les mains et le cœur silencieux.

 

 

Buson

« Cheminant par la vaste lande

les hauts nuages

pèsent sur moi »

 

 

Ce qui ne se voit pas

Le plus essentiel, en cette vie, se réalise intérieurement et de manière invisible. Au-dehors, il ne se passe rien... C'est au-dedans, bien sûr, que la perception et la sensibilité se transforment...

 

 

Inconsistant

en songe

Sur cette terre

Ce qui existe

Tout ce qui existe

Y compris ce qui regarde

Y compris ce qui témoigne

 

 

Seulement être

Être avec tant d'intensité que rien n'est nécessaire...

 

 

Pause sylvestre

Devant moi, quelques pins entourés d'une multitude de chênes. Quelques genévriers communs et, ici et là, des psoralées bitumineuses (dont les feuilles froissées empestent le goudron). Au loin, des collines boisées derrière des prés et des champs d'orge qui viennent d'être fauchés. Sous un ciel bleu parsemé de petits nuages cotonneux. Voilà le paysage aujourd'hui !

 

 

Hors-sol

La danse rayonnante de l'âme au milieu des fleurs

Des pas comme des soleils au milieu des étoiles

 

 

La plus efficiente transmission

Comment dire – et partager – le plus intime (et le plus précieux) ? Être encore...

 

 

Instants extatiques

Ce qu'offrent ces heures si pleines ? Un parfait sentiment de complétude.

 

 

Mode de vie

Des collines

La forêt

Du silence

Des livres

Un peu de poésie

Des chemins à arpenter

Et une roulotte pour se mettre à l'abri

 

 

Un très riche nuancier

Rien jamais n'est pareil ! Mille – dix-mille – nuances pour un même geste. Et déclinées sans fin les infinies possibilités du regard et du cœur...

 

 

Paradis

Au milieu de tant de merveilles...

 

 

Un regard d'Amour

Pour aimer, il faut toute l'envergure d'un regard bienveillant ; que nos yeux se posent sur nous-mêmes ou sur le monde...

 

 

Ce que nous sommes

Mais, au fond, ne sommes-nous pas le monde ?

 

 

Présence importune

Durant la période estivale, trouver un lieu sylvestre sans insectes piqueurs ou vibrionnants relève de la gageure. Et lorsqu'on a la chance d'en trouver un, on y passe plusieurs heures, on savoure cette quiétude et on remercie en silence.

 

 

A la merci

S'offrant sans rien dire

Laissant au reste – et à ce qui passe –

le soin de décider

 

 

Écrire est une étrange activité

En général, on n'y prête guère attention mais écrire – aligner d'étranges signes sur un support – est une très étrange activité qui place le visible et l'invisible au rang du réel et qui donne à voir de manière codifiée ce qu'il y a dans le monde et au fond de l'âme.

 

 

Tout dire

A travers le chant

l'âme et l'homme

ses prières

et ses excréments

ce qui nourrit la terre

et ce que l'on abandonne au ciel

La beauté et la misère des lieux,

des existences et des liens

 

 

Petit bréviaire à l'usage de l'homme

Sur le plan collectif, l'âme humaine a encore bien souvent besoin d'un cadre, mais à titre individuel, il convient de vivre sans règle, sans loi, sans exigence ; cela offre la possibilité de goûter ce qui vient et au fond de l'âme de se révéler...

 

 

Nature et énergies naturelles

Chaque jour, j'ai besoin de m'asseoir par terre, de sentir le sol – et ses énergies – les laisser traverser le corps et l'irriguer. Il y a là quelque chose à la fois de guérisseur et de revigorant. La terre est un véritable remède, une médecine comme dirait les chamanes...

 

Il en est de même pour les balades sylvestres quotidiennes. Lorsqu'il m'arrive (pour une raison ou pour une autre) de ne pouvoir marcher au milieu des arbres, je ressens un manque comme si le corps se sentait carencé et réclamait « sa dose de nature ». Dans notre monde très largement artificiel et urbain, nous avons tendance à oublier que le corps est composé des mêmes éléments que ce que nous appelons la nature (qui pourrait d'ailleurs être considérée comme sa matrice). Et cette connexion journalière lui permet, en quelque sorte, de retrouver ce lieu racine, de se relier avec ce que l'on pourrait appeler « sa maison organique ».

 

 

Christiane Singer

« Ce que je ne pouvais soupçonner pourtant, c'était que je puisse être encore baignée d'une telle vitalité ! »

 

 

Renouveau

Ici

En soi

Au milieu du monde

Comme si tout commençait

 

 

La trinité du corps, du cœur et de l'esprit

De la même manière que le corps a besoin d'être en contact avec la terre, je crois que le cœur – qui est amour – a besoin d'être relié à l'infinie tendresse de « l'espace divin qui nous habite » et que l'esprit – qui est lumière (au sens littéral, l'esprit éclaire !) – ressent la nécessité de se connecter de mille façons à la connaissance*. Ainsi, nature (ou connexion avec le vivant), Amour (ou sensibilité) et lumière (ou curiosité) sont un peu notre petite trinité informelle et non religieuse...

 

* Quant aux savoirs, ils ne constituent bien souvent que de grossiers et imparfaits éclairages...

 

 

Outils

Le cœur si vaste

Le regard si vif

 

 

Vie, naissance et mort

Dans le langage courant*, on a tendance à opposer la vie et la mort. Peut-être, pourrait-on (à la rigueur) opposer la naissance et la mort car celui qui naît doit mourir. En ce sens, la mort fait intégralement partie de la vie...

 

* et qui vient, peut-être, de l'esprit encyclopédique du XVIIIe siècle qui définissait la vie comme le contraire de la mort...

 

 

Aiguillon

La mort encore

La mort toujours

Au cœur de la vie

Au cœur du vivant

pour bousculer

les habitudes et l'inertie

 

 

A qui la faute ?

Sans coupable(s) la catastrophe ?

En êtes-vous si sûr(e) ?

 

 

Infamie

Quel monstre se cache sous nos paupières pour qu'il y ait tant de gestes barbares ?

 

 

 

Sombre somnolence

De la nuit et du sommeil

Qu'importe que les yeux soient ouverts

 

 

Depuis le dedans

De l'intérieur ; cette main qui agit...

 

 

Présence

Silencieusement

Sans rien attendre

 

 

Présents

Ce qui nous échoit ; en plus du silence...

 

 

Ce qui se savoure

Sans même les mots, le plus délectable...

 

 

Lundi 21 juillet

 

Bivouac

Un étroit accotement sur une minuscule piste forestière. Au milieu des pins.

 

 

Amour et asservissement

J'ai toujours aimé les chiens mais je ne peux m'empêcher de blâmer la façon dont on les infantilise et les asservit en les empêchant de se nourrir par leurs propres moyens. Les milliers d'années de domestication ont façonné cet assujettissement et l'environnement humain moderne l'a renforcé. Et je n'évoquerai pas même ici l'instrumentalisation éhontée des canidés réduits un peu partout dans le monde à de simples outils (chien de garde, chien de trait, chien de chasse, chien de troupeau etc etc) ni le sort bien plus terrible encore des animaux dit de rente, des animaux utilisés comme moyen de locomotion ou de ceux qui sont élevés pour leur fourrure...

 

 

Résidus

Le monde

au bout des ongles

à force de gratter le sol

 

 

Une sensibilité singulière

Dire ce qu'expriment les yeux des bêtes

Leur âme et leurs tremblements

Et leur plainte digne et silencieuse

Sous la main assassine

et le rire indifférent des hommes

 

 

Être vivant

Être vivant, c'est avoir le cœur qui bat et respirer. Ça n'a l'air de rien – et ça a même l'air idiot dit ainsi – et pourtant... Combien de fois sentons-nous battre notre cœur et le mouvement de notre poitrine et de notre abdomen dans une journée ? Combien de fois sommes-nous envahis par des larmes de gratitude ? Combien de fois remercions-nous la vie – la nature ou Dieu – pour la chance* (et le privilège) de pouvoir, chaque jour, expérimenter ce miracle ?

 

* en dépit des difficultés et des épreuves...

 

 

Au cœur

Dans les trémulations de la lumière

 

 

Un peu d'humanité

Hier alors que j'achevais ma promenade sur une petite route et qu'il commençait à pleuvoir*, un automobiliste s'est arrêté à ma hauteur et m'a proposé de me conduire jusqu'à la roulotte posée sur le parking d'un village avoisinant. Après quelques instants d'hésitation, j'ai grimpé dans la voiture en me disant qu'il existait encore en ce monde un peu d'altruisme et des êtres humains attentifs aux autres.

 

* Une pluie battante et un vent très fort qui annonçaient l'imminence d'un orage

 

 

Fatalité

On a beau avoir une hygiène de vie irréprochable, lorsque la maladie décide de frapper, elle frappe. Et lorsqu'il est l'heure de mourir, on meurt...

 

 

L'âge que l'on a...

55 ans ; pour certains, c'est un âge canonique. Pour d'autres, c'est encore jeune. Et nous, comment nous sentons-nous à l’intérieur ? Se sent-on jeune ? Se sent-on vieux ? Ou cela nous indiffère-t-il ?

 

 

Issa

« Lorsqu'on est vieux

même la longueur du jour

est cause de larmes »

 

 

Souvenir d'antan

Face aux ruines d'une grande bâtisse isolée dans la forêt. Un arbre de bonne taille s'est invité au centre de ce qui devait être la pièce principale. Et me voilà à imaginer l'existence de celui (ou ceux) qui vivai(en)t là ! Le bonheur et la rudesse de la vie d'autrefois... Eh bien ! dis-je en moi-même, j'ai l'âme bien nostalgique aujourd'hui...

 

 

Itinéraire

La main qui trace

son petit sillon d'encre sinueux

Une route peut-être

Un itinéraire imprécis

vers la lumière

la fin du jour

la fin du monde

Une délivrance – sans doute

 

 

Déboires et nécessités intérieures

En cette vie, j'aurai à peu près tout raté. Je dirais même mieux : tout ce que j'ai entrepris a magistralement échoué. Pas un seul domaine n'a échappé à l'insuccès ! Amitié, amour, famille, travail... Rien vous dis-je ! Sans même parler de mes livres ou de « ma progression spirituelle »... Mais que serais-je devenu si j'avais rencontré quelque succès ? Cela m'aurait-il détourné de ma vocation de chercheur d'Absolu ? J'en ai bien peur... Je n'ai connu que des échecs mais je n'en ressens aucune tristesse car j'ai toujours scrupuleusement écouté mes nécessités intérieures... et il faut croire que cela contente l'âme...

 

 

Sénescence

Être sans douleur. Vient tôt ou tard un âge où cela n'est plus qu'un souvenir. Le corps s'use et, un jour, il peut arriver aussi qu'il en vienne à dysfonctionner...

 

 

Notre manière d'être vivant

Les pieds dans l'écume

Le cœur en plein ciel

Et l'âme qui danse avec le vent

Notre façon d'être au monde

 

 

Réchauffement climatique

Cette année, j'ai l'impression que la végétation a un mois et demi d'avance. Depuis une quinzaine de jours, les ronciers offrent une foison de mûres ; et les pruniers et prunelliers croulent déjà sous le poids de leurs fruits.

 

 

Très ordinaire

Jour et pensées très prosaïques aujourd'hui. Et je me mets à rire car nous sommes cela aussi...

 

 

Au bout du compte...

Si dérisoires ces lignes qui ne s'adressent à personne...

 

 

Félicité

Des larmes de joie. Et ce sentiment d'infinie tendresse devant la beauté du ciel et des arbres. La roulotte posée dans cette vaste clairière. Le cœur aussi silencieux que les lieux.

 

 

Mardi 22 juillet

 

Michel de Montaigne

« Il faut se réserver une arrière-boutique toute nôtre, toute franche, en laquelle nous établissons notre vraie liberté et principale retraite et solitude. »

 

 

Tout est méditation

La marche est méditation. Mais tout, bien sûr, est méditation lorsque l'esprit est calme, silencieux et attentif et que les gestes sont naturels et spontanés...

 

 

Voir

Si clair

Ce qui est vu

Ce qui est donné

Comme un miracle

 

 

Tout est Divin

En définitive, tout est divin. Et tout pointe vers Dieu même ce qui en paraît le plus éloigné...

 

 

Conversation en langue étrangère

Cet après-midi, j'ai passé un long moment à converser avec les corneilles. Crouahhh ! Crouahhh ! Crouahhh ! Je crois que mon fort accent humain ne les a pas trop dérangées...

 

 

Issa

« Comme si rien n'avait eu lieu

la corneille

et le saule »

 

 

Le fantasme du châtelain

Dès que j'aperçois une île1 ou un château2, je ne peux m'empêcher de laisser vagabonder mon esprit. Je crois que j'ai bien accroché au fond de l'âme quelques rêves de robinsonnade mais aussi le « fantasme du châtelain ». Bref, tout en moi aspire à vivre dans un lieu à l'écart et en hauteur séparé du monde et des hommes par une vaste étendue déserte... Mon Dieu ! Quel enfantillage ! Et si j'aspirais plutôt à devenir le châtelain de mon âme ! Une phrase que n'aurait sans doute pas reniée Thérèse d'Avila...

 

1. même sur un étang ou une rivière...

2. même minuscule pourvu qu'il y ait une tour...

 

 

Silence

Parfois

Au lieu de dire

Se taire et sourire

 

 

Lorsque la vie s'acharne...

Pause auprès d'un âne et de 2 chevaux harcelés (les pauvres ! ) par des centaines de mouches et de taons. A devenir dingue ! Je me suis installé à leurs côtés. Et ai partagé pendant une partie de l'après-midi leur existence intranquille et résignée. A la merci des insectes.

 

Cet harcèlement me fait penser aux longues séries d'épreuves et de déconvenues que la vie nous fait parfois subir jusqu'à ce que nous capitulions... jusqu'à ce que nous reconnaissions de gré ou de force notre impuissance face à sa vitalité et à ses mouvements, face à sa souveraineté et à ses lois. Ah ! Pauvres de nous ! Et, pourtant, rendre les armes, admettre son insignifiance et accepter d'être aux mains de « forces qui nous dépassent » constituent sans doute l'essentiel de notre travail en ce monde...

 

 

Alternative

Devant nos yeux

le monde

Sans savoir

s'il nous faut rire ou pleurer

 

 

Un spectacle grandiose

Magnifiques nuages aujourd'hui dans un ciel aux belles nuances de gris (du plus clair au plus sombre) qui se détache du vert des collines qui ressemblent à des grosses vagues arrondies. Devant moi, du millepertuis, de la verveine, des centaurées noires et de la folle-avoine chahutés par le vent.

 

 

Shadô

« Tous les divers

les difficiles noms

des herbes folles du printemps »

 

 

Inestimable et labile

Sentir à quel point la vie est fragile et précieuse et que tout peut basculer en un instant (oui, bien sûr, tout le monde le sait !). Mais n'avons-nous pas tendance à l'oublier lorsque la vie nous semble monotone, triste ou pesante ou lorsque l'esprit repeint tout de sa morosité ?

 

 

Ce qui s'offre

Rien qu'un peu d'ombre

pour ces mains mendiantes

et ces cœurs tremblants

Rien qu'un peu de ciel

pour ces âmes passantes

 

 

Quelque chose qui manque...

A trop vouloir ; comme si l'on aspirait à autre chose ; comme si être – être ce que l'on est – ne suffisait pas...

 

 

Inlassable compagnie

Le cœur amoureux de ce rire entêté – en nous – qui ne veut ni se taire ni mourir...

 

 

Un étrange sentier

Sans autres traces que les siennes sur cet étrange chemin. Et puis, au pas suivant, tout s'efface, tout disparaît comme s'il n'y avait ni passé ni marcheur...

 

Ce qui est l'espace seulement d'un instant

 

 

Cadeau personnalisable

Offert à ce qui est là ; comme instrument, outil, piste, chantier, marchepied, réceptacle, déversoir, garde-manger. Qu'importe à vrai dire...

 

 

Christiane Singer

« Porteur de lumière, Serviteur de vie. »

 

 

Ce qu'il ne faut pas oublier

Le plus essentiel ; ce que l'on ne peut soustraire à l'âme...

 

 

Toujours humain

Avec encore quelques rêves accrochés à la poitrine...

 

 

Mercredi 23 juillet

 

Jour de pluie

Il pleut aujourd'hui. La pluie est si forte que l'on doit rester dans la roulotte. J'en profite pour « mettre un peu d'ordre » dans mes papiers et corriger quelques pages de l'ouvrage en cours d'écriture.

 

 

Silencieusement

Traversant en silence ces siècles si bruyants...

 

 

Partition

L'âme qui joue humblement – et en silence – la partition écrite par la vie...

 

 

Alimentation

C'est la beauté du monde qui nous nourrit. Et, parfois, sa laideur aussi...

 

 

Anonymement

En secret

Celui qui va

Celui qui offre

Celui qui sait

 

 

Empêchement

On se cache parfois comme si le monde des hommes était encore un obstacle à notre joie...

 

 

Réceptacle permanent

Se laisser traverser par tout ce qui s'invite ou s'impose ; l'autre, le monde, les circonstances. Les laisser se faufiler par toutes les tuyauteries au milieu des viscères et des pensées. Les laisser offrir leur texture et leurs couleurs et recouvrir l'espace de leurs déguisements pour enrichir le cœur et l'expérience...

 

 

Quiétude vespérale

Assis à ma table

Le feutre à la main

Devant la grande baie vitrée

Un œil posé sur les grands arbres

Et l'autre sur le sentier qui serpente dans les collines

J'écoute la pluie tomber sur le toit de la roulotte

La nuit est lentement en train d'arriver

L'esprit serein et le cœur tranquille

 

Compagnie nocturne

Au loin le cri de la chouette

dans la forêt sombre

Et ce temps suspendu

au-dedans de la roulotte

Et le silence joyeux

de celui qui est là

L'oreille attentive

Et le cœur reconnaissant

d'être l'hôte passager de ces lieux

 

 

Jeudi 24 juillet

 

Halte ombragée

Pause au milieu des fragons épineux et des cornouillers sanguins. A l'ombre d'un jeune érable de Montpellier. Sur un large chemin de pierres.

 

 

Un nomade heureux

J'aime tous ces changements de lieux pour bivouaquer, passer l'après-midi ou me promener. A peu près toujours les mêmes activités, mais jamais au même endroit !

 

 

En chemin

Combien de rives nous faudra-t-il visiter ?

Combien d'obstacles nous faudra-t-il franchir ?

Combien de pièges nous faudra-t-il éviter ?

Combien d'étoiles nous faudra-t-il apprivoiser ?

Pour nous sentir vivant et en paix

Et retrouver l'innocence et la joie du premier jour

 

 

Soustractions

De moins en moins ; tels pourraient être mon credo et ma trajectoire. Ou, pour le dire autrement, de plus en plus rien...

 

 

Jugement et condamnation

Nous sommes, bien souvent, nos propres bourreaux...

 

 

Reflets

L’œil si lourd

sous ce ciel sans charme

sur cette terre pierreuse

au milieu des yeux qui ne sont que des miroirs

 

 

Une parole honnête

Comme rien ne peut être exclu de la vie, rien non plus ne peut être exclu de l'écriture ; je m'efforce à un témoignage aussi authentique que possible...

 

 

Besoin scriptural

Ces pages

tantôt caresses

tantôt poing levé

parfois épreuve

parfois rencontre

Sourire et lucarne sans pudeur

presque toujours

Appel irrésistible

et absolue nécessité

invariablement

 

 

Tellurique et ardent

La terre et le feu. J'aime les roches magmatiques1 et métamorphiques2. Puiser son énergie dans les entrailles de la Terre. Le cœur brûlant et les profondeurs de l'âme. Dense, vaste et incandescent.

 

1. et, en particulier, les roches plutoniques comme le granite

2. comme, par exemple, le gneiss et le schiste

 

 

Dans l'ordre

Comment pourrait-on habiter le monde si l'on ne sait habiter son corps...

 

 

Affranchissement

La joie immuable de celui

qui se laisse mener par le vent

Qu'importe les lieux, les paysages,

les difficultés du voyage

Le cœur clair et lumineux

 

 

Chez soi

Le blanc de la roche. Le vert des feuillages et le bleu du ciel. En ces lieux, je me sens chez moi. Pas âme qui vive. Pas un bruit à la ronde sinon le chant des cigales et là-haut (très haut) le cri d'une buse qui tourne au milieu des nuages. Et cette joie tranquille au fond du cœur.

 

 

Un rien suffit !

2 papillons qui batifolent autour de moi. Et me voilà aux anges...

 

 

Garaku

« Même poursuivi

le papillon

jamais ne semble pressé »

 

 

Qu'est-ce que la poésie ?

Non pas des signes à déchiffrer. Non pas un message à décrypter. Non pas un mystère à élucider. Ce n'est pas cela la poésie. Plutôt une résonance au fond du cœur. Et, mieux encore, la reconnaissance d'une fraternité...

 

 

Sur la table du poète

L'encre bâtisseuse ; à sa manière

Édifiant les possibles

Invitant la lumière

à se déployer dans la pénombre

Imprimant sur la page

le rêve des hommes

Œuvrant à l'exercice intime

Visant – peut-être – le plus précieux ;

et le plus lointain aussi – sans doute

 

 

I have a dream...

Si chacun pouvait reconnaître en l'autre sa propre humanité, le monde se porterait mieux (beaucoup mieux). Et si l'on étendait cette fraternité à l'ensemble du vivant (et soyons fous ! à l'ensemble de l'Existant) la Terre deviendrait un vrai paradis !

 

 

Modeste fanal

Deux étoiles à la place des yeux

Au fond de cette nuit trop noire

 

 

Poids

Dans ces pages, les mots pèsent moins (beaucoup moins) que l'âme...

 

 

Quelque chose en nous

Qu'importe les échecs, les succès, le voyage, les visages, les poèmes ; quelque chose est là qui nous invite et qui se cache derrière notre folle envie de savoir – derrière notre folle envie de comprendre ; et qui nous appelle ; et que nous ne savons ni voir ni entendre...

 

 

Asile

A l'abri des rêves et de l'écho du monde

Par-dessus les blessures et le sang

L'âme délicate et silencieuse

Dans son refuge de terre

 

 

Spectacle

Dans le silence du soir

Le chant de la lune

Et la danse des fleurs

 

 

Quelque part

Quelque part

Au cœur du monde

Au milieu des prières silencieuses

Parmi ceux qui n'ont besoin ni de mots ni de mains

A nous emplir de la joie et de la beauté

que l'humanité n'a pas encore réussi à souiller

 

 

Vendredi 25 juillet

 

Terre à terre

Qui que nous soyons – maître du monde, quidam ou va-nu-pieds – tant que nous serons sur cette terre, il nous faudra boire, manger, dormir, pisser et chier, satisfaire nos besoins de mammifère...

 

 

Sans manière

L'âme simple et joyeuse en ces lieux sans cérémonie

 

 

Ascèse

Il y a quelque chose en moi du pénitent (et peut-être aussi quelque chose du sacrifice) ; une manière d'aller dans le monde avec austérité et mortification. A contre-courant de cette société qui prône le plaisir, le confort et l'agrément.

 

 

S'effacer

Sans même un visage

Sans même un nom

auquel se raccrocher

 

 

Halte quotidienne

Assis sous les frondaisons. A contempler le monde autour de moi, à sentir la caresse du vent sur mon visage et mes jambes nues, à égrainer les heures entre lecture, méditation et quelques pensées notées sans empressement sur mon carnet. C'est ainsi que j'ai passé l'après-midi aujourd'hui... presque comme chaque jour même si, bien sûr, aucun jour ne se ressemble...

 

 

Notre labeur

Rien que ces mots

Et ce sourire au-dessus des âmes

Au-dessus du monde

Et notre main –

et notre cœur – besogneux

 

 

Lapalissade

Ce que j'écris tient parfois de l'évidence ; la tête dit : « bien sûr ! Tout le monde le sait ! ». Mais lorsque ce qui s'écrit vous a traversé l'âme jusqu'à la moelle, cela résonne avec force comme une vérité vivante (et devient bien plus qu'une simple idée) que les mots sont bien en peine d'exprimer...

 

 

Progression

De seuil en seuil

Jusqu'à la pleine liberté

 

 

Un merveilleux parfum

Ah ! Cette odeur enivrante d'encre séchée lorsque l'on enfoui son nez entre les pages d'un livre neuf ! Lire est d'abord une expérience sensorielle ; visuelle, tactile et olfactive avant d'être un délicieux moment d'intimité et une rencontre avec un texte et un auteur...

 

 

Un geste de partage

Il y a tant d'amour partagé dans la compagnie d'un bon livre. Cela vous redonne foi en l'homme et en l'humanité...

 

 

Terre promise

Quelques rêves

déposés sur la pierre ;

abandonnés par celui qui s'avance

le front bas et l'âme inclinée

vers ce lieu où chaque pas fait naître une fleur

où chaque mot est un oiseau qui s'envole

au-dessus des malheurs et des cris

 

 

Demi-sommeil

Une torpeur parfois me saisit. Une brume tendre et enveloppante qui donne à l'esprit une texture cotonneuse et au monde l'apparence d'un rêve...

 

 

Là-haut

L’œil rivé au peuple des étoiles

Comme si notre destin en dépendait

 

 

Une immense communauté

Tous ces amis de papier. Disponibles. Partageant leur existence, un peu de leur âme et de leur voyage. Les écrivains constituent une sorte d'immense communauté fraternelle affranchie de l'espace et du temps.

 

 

Inclination

A notre place

Hors de l'édifice

Loin de l'épaisseur du temps

Allant penché

Par-dessus le rêve

 

 

Évanescence

Traces éphémères quoi que nous fassions ; quoi que nous laissions derrière nous... Même les personnalités publiques de « première importance », évidemment... Qui se souvient de ceux qui ont fait l'actualité (et ce quel que soit le domaine) 1 an, 10 ans, 20 ans après leur disparition ? Et même les icônes historiques (les Léonard de Vinci, les Gandhi, les Mère Thérésa, les Einstein) quel est leur véritable héritage ? Une image, un mot, un geste, une formule... Quel poids ont-ils dans nos vies ? Quelle influence ont-ils sur nos gestes quotidiens ? Rien. A peu près rien...

 

Peu importe donc qui l'on est, il convient de faire « ce que nous avons à faire » pour la joie que cela procure sans jamais se soucier de ce qu'il en restera...

 

 

Kitô

« Brume du soir

pensant aux choses du passé

comme elles sont loin ! »

 

 

A chacun son rôle

Le cœur est voué à aimer ; l'esprit à connaître ; et l'âme à relier...

 

 

 

Conversion

Lentement

Le plus lointain

A travers cette longue absence –

peu à peu – convertie en silence

 

 

Samedi 26 juillet

 

Sans intérêt

Toutes les idées trop éloignées de la vie et du vivant me semblent sans intérêt. Du verbiage souvent sophistiqué. Une parole morte dont le souffle et l'envergure font défaut...

 

 

Un manque de curiosité

Ici ; sans jamais s'interroger sur ce qui relève du rêve et ce qui relève du réel...

 

 

Face au réel

Sans rien imaginer

Entre mirage et merveilles

Au cœur de l'écume

Les yeux, le bleu, la blessure

Ce qui glisse lentement vers l'invisible

 

 

Le long de la ripisylve

Aujourd'hui, balade le long d'une rivière. Les plantes rivulaires sont abondantes ; des salicaires, des reines des prés, des angéliques des bois. Et un peu en hauteur sur le bord du chemin, du lotier corniculé, du sureau hièble, des cardères et quelques cirses communs.

 

 

Si près

Le cœur posé

contre les flancs de la terre

si proche que l'on sent la respiration du monde

si proche que l'on voit danser ensemble

la vie et la mort

 

 

Sans halte

Pas de pause cet après-midi. Le sol est détrempé par une petite pluie fine et tenace.

 

 

Issa

« Où peut-il aller

dans la pluie

cet escargot ? »

 

 

Un peu de vaillance

Le courage d'aller seul vers le silence...

 

 

Toujours à la merci

Aux mains du monde

Comme si nos vies et notre sang

n'appartenaient à personne

Comme s'il nous fallait obéir

aux impératifs des morts et des vivants

 

 

Inclinaison

Au milieu des rêves (presque) sans jamais succomber...

 

 

Disparition

Effacer consciencieusement ses traces. Suspendre la parole. Et s'en remettre à la lumière.

 

 

Reflet

Le cœur assis

au cœur des saisons

sur la pierre qui reflète le ciel

 

 

Horizon

Les yeux posés par-delà ce qui se voit. Entre le monde et l'ineffable.

 

 

Toujours plus loin

Aller encore dans cette saine fatigue sans très bien savoir pourquoi...

 

 

Malgré tout

Le cœur silencieux

Comme un ciel au-dedans

affranchi de la nuit

En dépit du monde si proche

 

 

Naturellement

De plus en plus simple...

 

 

Mystère

Sous la lune et le vent

Quelque chose de fragile

Un reflet peut-être

Le secret de la nuit

qui passe au loin

Comme une énigme

qui refuserait sa résolution

 

 

Dimanche 27 juillet

 

Au cœur de la forêt

A courir les bois comme un vagabond heureux...

 

 

Hélène Dorion

« Aucun chemin

Juste quelques pas

A la lisière de l'aube »

 

 

Wilderness

S'enfoncer dans le sauvage – le plus sauvage de ces contrées. Corps et âme. Dans l'érème du cœur et de la géographie...

 

 

Le plus naturel

Cette joie douce et tendre

qui mêle la gratitude et l'émerveillement

face aux choses du monde

face aux visages qui échappent au sommeil

Loin des injures et des offenses

Loin des brimades et des cris

 

 

Le substrat de tout

Là où la tendresse est la seule substance...

 

 

Immuable

Au cœur de la forêt dense. Quelque chose de l'éternité. Le jeu perpétuel du vivant.

 

 

John Muir

« Encore une de ces magnifiques journées de la Sierra, au cours desquelles on a l'impression de se dissoudre et d'être absorbé, puis envoyé tout palpitant on ne sait trop où. La vie ne semble ni longue ni courte, et nous ne songeons pas plus à gagner du temps ou à nous dépêcher que les arbres et les étoiles. Voilà la véritable liberté, voilà une excellente et pratique sorte d'immortalité. »

 

 

Halte forestière

Ah ! Qu'il est doux de se laisser bercer par les heures tranquilles de ce début d'après-midi ! La tête plongée dans un livre ou les yeux scrutant le ciel. L'esprit collé au réel ou vagabondant au pays de l'imaginaire. Chassant de temps à autre, une mouche un peu insistante ou changeant de posture pour éviter les fourmillements. La belle vie, quoi !

 

 

Atermoiement

La peau et l'âme contre l'arbre

La chair si près de l'humus

Le cœur si près du ciel

La tête entre les nuages et la poussière ;

entre la terre et la rosée

Encore (un peu) hésitante

 

 

Volupté

La douce étreinte de ce qui nous habite...

 

 

Pudeur

Ce qui ne peut être dit, on le conserve par devers soi – comme un trésor caché au fond de l'âme...

 

 

Ce qui est donné

Le cœur bleui par la lumière

Comme de l'or entre les mains de Dieu

Devinant notre plus secret désir

Offrant le feu et le ciel ;

un peu de poésie et d'éternité

 

 

Rituel

Lorsque je quitte un endroit où j'ai passé une partie de l'après-midi, j'ai toujours un petit geste de gratitude* – mains jointes à hauteur de la tête et le buste incliné – pour remercier les lieux et les arbres qui m'ont accueilli. Puis, d'un pas tranquille, je prends le chemin du retour...

 

* avec, souvent, un peu d'eau versée aux plantes près desquelles j'étais assis...

 

 

Quelques notes

La petite musique de l'âme...

 

 

En ces lieux

Au loin

Le murmure

Le léger bruissement de la source

Caché au cœur des vivants

Par-dessous l'effervescence

Et par-dessous les cris

Entre la chair et l'âme

Et que les yeux reflètent quelques fois

 

 

Trésor

Porté par un élan de tendresse ; vers le plus fragile et le plus précieux...

 

 

Tonitruant

Du sable entre les mains. Et ce rire (à peine croyable) qui résonne au fond de la poitrine – une hilarité irrépressible, incompréhensible, incontrôlable, (presque) monstrueuse – comme si l'intérieur s’agrandissait, devenait l'espace – le monde et ses créatures – la vie et la mort...

 

 

Entremêlement

L'écho et le secret

enchevêtrés

dans la même parole

déguisée tantôt en cri

tantôt en murmure

tantôt en silence

 

 

Au-delà des peurs

Précipité vers ce qui terrifie les hommes ; vers ce qui réduit tout à néant ; vers cette joie de n'être plus rien...

 

 

Comme un songe

L'incroyable irréalité de ce monde...

 

 

Sacre

Couronné du tremblement des humbles

Sans trône

Sans légende

Assis au-dessus du sommeil

Les lèvres si près du feu

Et le visage pas même étonné

devant les fantaisies du monde

 

 

Comme un parfum d'enfance

Dans l'air

Comme un parfum d'enfance

Ciel et soleil des premières fois

Lorsque le cœur frémissait devant l'inconnu

Lorsque l'âme savait jouer avec légèreté

Lorsqu'il n'y avait ni peur ni mémoire

Lorsque les joues se coloraient de bleu

rien qu'à respirer

 

 

Érosion

Au terme du récit – peut-être

Comme si la nécessité du témoignage

s'était érodée au fil des pages

 

 

Fin de l'aventure

Peut-être que ce seront là les derniers mots, les dernières lignes, les dernières pages d'une longue aventure* commencée il y a près de 30 ans...

 

* j'ai commencé à écrire lorsque j'avais 27 ans

 

 

Christiane Singer

« Le voyage – ce voyage-là du moins – est pour moi terminé. A partir de demain, mieux : à partir de cet instant, tout est neuf. Je poursuis mon chemin. »

 

 

Sans fin

De ce pas peut-être

Comme si un autre voyage m'attendait...

 

 

Tout continue

Ce qui s'écrit

la fin de l'histoire

Les premiers pas dans l'infini

 

 

Chuchotement

A la nuit tombée

Le vent qui murmure

à travers les frondaisons –

le silence et la pluie

Quelque chose d'une parole

que très peu savent écouter