Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer la page Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
LES CARNETS METAPHYSIQUES & SPIRITUELS

A PROPOS

La quête de sens
Le passage vers l’impersonnel
L’exploration de l’être

L’intégration à la présence


 

CARNETS PUBLIES

L'expérience du monde 
Récit (1997-1999)

Solitudes 
Récit (2001)

Le petit chercheur Livre 1  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 2  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 3  
Conte (2004)

Quêteur de sens  
Essai anthologique (2005)

Traversée commune  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 1  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 2  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 3  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 4  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 5  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 6  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 7  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 8  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 9  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 10  
Livre expérimental (2007)

Tourbillon(s) 
Journal & récit (2008-2013)

Le goût d'autre chose 
Journal (2013-2016)

Un homme simple et sage 
Récit (2014)

Une âme sensible Vol 1  
Journal (2016-2019)

Une âme sensible Vol 2 
Journal (2016-2019)

Entre le rêve, le monde... Vol 1  
Journal (2019-2020)

Entre le rêve, le monde... Vol 2  
Journal (2019-2020)

Quelque chose du sang...  
Journal (2020-2021)

En plein cœur Vol 1 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 2 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 3 
Journal (2021-2022)

Si près de nos lèvres... Vol 1 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 2 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 3 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 4 
Journal (2022-2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 1 
Récit (2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 2  
Récit (2023)

Une destinée sans certitude Vol 1 
Journal (2023-2024)

Une destinée sans certitude Vol 2 
Journal (2023-2024)

Entre Dieu et la pierre Vol 1
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 2
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 3
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 4
Journal (2024-2025)

Quelques jours... Vol 1  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 2  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 3  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 4  
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 1
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 2
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 2 partie 1
Journal (2025-2026)

En son for intérieur Vol 2 partie 2
Journal (2025-2026)

 

CARNETS BRUTS

Carnet n°1
L’innocence bafouée

Récit / 1997 / La quête de sens

Carnet n°2
Le naïf

Fiction / 1998 / La quête de sens

Carnet n°3
Une traversée du monde

Journal / 1999 / La quête de sens

Carnet n°4
Le marionnettiste

Fiction / 2000 / La quête de sens

Carnet n°5
Un Robinson moderne

Récit / 2001 / La quête de sens

Carnet n°6
Une chienne de vie

Fiction jeunesse / 2002/ Hors catégorie

Carnet n°7
Pensées vagabondes

Recueil / 2003 / La quête de sens

Carnet n°8
Le voyage clandestin

Récit jeunesse / 2004 / Hors catégorie

Carnet n°9
Le petit chercheur Livre 1

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°10
Le petit chercheur Livre 2

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°11 
Le petit chercheur Livre 3

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°12
Autoportrait aux visages

Récit / 2005 / La quête de sens

Carnet n°13
Quêteur de sens

Recueil / 2005 / La quête de sens

Carnet n°14
Enchaînements

Récit / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°15
Regards croisés

Pensées et photographies / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°16
Traversée commune Intro

Livre expérimental / 2007 / La quête de sens

Carnet n°17
Traversée commune Livre 1

Récit / 2007 / La quête de sens

Carnet n°18
Traversée commune Livre 2

Fiction / 2007/ La quête de sens

Carnet n°19
Traversée commune Livre 3

Récit & fiction / 2007 / La quête de sens

Carnet n°20
Traversée commune Livre 4

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°21
Traversée commune Livre 5

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°22
Traversée commune Livre 6

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°23
Traversée commune Livre 7

Poésie / 2007 / La quête de sens

Carnet n°24
Traversée commune Livre 8

Pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°25
Traversée commune Livre 9

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°26
Traversée commune Livre 10

Guides & synthèse / 2007 / La quête de sens

Carnet n°27
Au seuil de la mi-saison

Journal / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°28
L'Homme-pagaille

Récit / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°29
Saisons souterraines

Journal poétique / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°30
Au terme de l'exil provisoire

Journal / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°31
Fouille hagarde

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°32
A la croisée des nuits

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°33
Les ailes du monde si lourdes

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°34
Pilori

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°35
Ecorce blanche

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°36
Ascèse du vide

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°37
Journal de rupture

Journal / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°38
Elle et moi – poésies pour elle

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°39
Préliminaires et prémices

Journal / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°40
Sous la cognée du vent

Journal poétique / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°41
Empreintes – corps écrits

Poésie et peintures / 2010 / Hors catégorie

Carnet n°42
Entre la lumière

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°43
Au seuil de l'azur

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°44
Une parole brute

Journal poétique / 2012 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°45
Chemin(s)

Recueil / 2013 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°46
L'être et le rien

Journal / 2013 / L’exploration de l’être

Carnet n°47
Simplement

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°48
Notes du haut et du bas

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°49
Un homme simple et sage

Récit / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°50
Quelques mots

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°51
Journal fragmenté

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°52
Réflexions et confidences

Journal / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°53
Le grand saladier

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°54
Ô mon âme

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°55
Le ciel nu

Recueil / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°56
L'infini en soi 

Recueil / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°57
L'office naturel

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°58
Le nuage, l’arbre et le silence

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°59
Entre nous

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°60
La conscience et l'Existant

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°61
La conscience et l'Existant Intro

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°62
La conscience et l'Existant 1 à 5

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°63
La conscience et l'Existant 6

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°64
La conscience et l'Existant 6 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°65
La conscience et l'Existant 6 (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°66
La conscience et l'Existant 7

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°67
La conscience et l'Existant 7 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°68
La conscience et l'Existant 8 et 9

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°69
La conscience et l'Existant (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°70
Notes sensibles

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°71
Notes du ciel et de la terre

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°72
Fulminations et anecdotes...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°73
L'azur et l'horizon

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°74
Paroles pour soi

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°75
Pensées sur soi, le regard...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°76
Hommes, anges et démons

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°77
La sente étroite...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°78
Le fou des collines...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°79
Intimités et réflexions...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°80
Le gris de l'âme derrière la joie

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°81
Pensées et réflexions pour soi

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°82
La peur du silence

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°83
Des bruits aux oreilles sages

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°84
Un timide retour au monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°85
Passagers du monde...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°86
Au plus proche du silence

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°87
Être en ce monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°88
L'homme-regard

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°89
Passant éphémère

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°90
Sur le chemin des jours

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°91
Dans le sillon des feuilles mortes

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°92
La joie et la lumière

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°93
Inclinaisons et épanchements...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°94
Bribes de portrait(s)...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°95
Petites choses

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°96
La lumière, l’infini, le silence...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°97
Penchants et résidus naturels...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°98
La poésie, la joie, la tristesse...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°99
Le soleil se moque bien...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°100
Si proche du paradis

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°101
Il n’y a de hasardeux chemin

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°102
La fragilité des fleurs

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°103
Visage(s)

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°104
Le monde, le poète et l’animal

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°105
Petit état des lieux de l’être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°106
Lumière, visages et tressaillements

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°107
La lumière encore...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°108
Sur la terre, le soleil déjà

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°109
Et la parole, aussi, est douce...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°110
Une parole, un silence...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°111
Le silence, la parole...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°112
Une vérité, un songe peut-être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°113
Silence et causeries

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°114
Un peu de vie, un peu de monde...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°115
Encore un peu de désespérance

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°116
La tâche du monde, du sage...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°117
Dire ce que nous sommes...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°118
Ce que nous sommes – encore...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°119
Entre les étoiles et la lumière

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°120
Joies et tristesses verticales

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°121
Du bruit, des âmes et du silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°122
Encore un peu de tout...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°123
L’amour et les ténèbres

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°124
Le feu, la cendre et l’infortune

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°125
Le tragique des jours et le silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°126
Mille fois déjà peut-être...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°127
L’âme, les pierres, la chair...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°128
De l’or dans la boue

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°129
Quelques jours et l’éternité

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°130
Vivant comme si...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°131
La tristesse et la mort

Récit / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°132
Ce feu au fond de l’âme

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°133
Visage(s) commun(s)

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°134
Au bord de l'impersonnel

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°135
Aux portes de la nuit et du silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°136
Entre le rêve et l'absence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°137
Nous autres, hier et aujourd'hui

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°138
Parenthèse, le temps d'un retour...

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°139 
Au loin, je vois les hommes...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°140
L'étrange labeur de l'âme

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°141
Aux fenêtres de l'âme

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°142
L'âme du monde

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°143
Le temps, le monde, le silence...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°144
Obstination(s)

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°145
L'âme, la prière et le silence

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°146
Envolées

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°147
Au fond

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°148
Le réel et l'éphémère

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°149
Destin et illusion

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°150
L'époque, les siècles et l'atemporel

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°151
En somme...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°152
Passage(s)

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°153
Ici, ailleurs, partout

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°154
A quoi bon...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°155
Ce qui demeure dans le pas

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°156
L'autre vie, en nous, si fragile

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°157
La beauté, le silence, le plus simple...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°158
Et, aujourd'hui, tout revient encore...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°159
Tout - de l'autre côté

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°160
Au milieu du monde...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°161
Sourire en silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°162
Nous et les autres - encore

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°163
L'illusion, l'invisible et l'infranchissable

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°164
Le monde et le poète - peut-être...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°165
Rejoindre

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°166
A regarder le monde

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°167
Alternance et continuité

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°168
Fragments ordinaires

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°169
Reliquats et éclaboussures

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°170
Sur le plus lointain versant...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°171
Au-dehors comme au-dedans

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°172
Matière d'éveil - matière du monde

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°173
Lignes de démarcation

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°174
Jeux d'incomplétude

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°175
Exprimer l'impossible

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°176
De larmes, d'enfance et de fleurs

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°177
Coeur blessé, coeur ouvert, coeur vivant

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°178
Cercles superposés

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°179
Tournants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°180
Le jeu des Dieux et des vivants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°181
Routes, élans et pénétrations

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°182
Elans et miracle

Journal poétique / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°183
D'un temps à l'autre

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°184
Quelque part au-dessus du néant...

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°185
Toujours - quelque chose du monde

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°186
Aube et horizon

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°187
L'épaisseur de la trame

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°188
Dans le même creuset

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°189
Notes journalières

Carnet n°190
Notes de la vacuité

Carnet n°191
Notes journalières

Carnet n°192
Notes de la vacuité

Carnet n°193
Notes journalières

Carnet n°194
Notes de la vacuité

Carnet n°195
Notes journalières

Carnet n°196
Notes de la vacuité

Carnet n°197
Notes journalières

Carnet n°198
Notes de la vacuité

Carnet n°199
Notes journalières

Carnet n°200
Notes de la vacuité

Carnet n°201
Notes journalières

Carnet n°202
Notes de la route

Carnet n°203
Notes journalières

Carnet n°204
Notes de voyage

Carnet n°205
Notes journalières

Carnet n°206
Notes du monde

Carnet n°207
Notes journalières

Carnet n°208
Notes sans titre

Carnet n°209
Notes journalières

Carnet n°210
Notes sans titre

Carnet n°211
Notes journalières

Carnet n°212
Notes sans titre

Carnet n°213
Notes journalières

Carnet n°214
Notes sans titre

Carnet n°215
Notes journalières

Carnet n°216
Notes sans titre

Carnet n°217
Notes journalières

Carnet n°218
Notes sans titre

Carnet n°219
Notes journalières

Carnet n°220
Notes sans titre

Carnet n°221
Notes journalières

Carnet n°222
Notes sans titre

Carnet n°223
Notes journalières

Carnet n°224
Notes sans titre

Carnet n°225

Carnet n°226

Carnet n°227

Carnet n°228

Carnet n°229

Carnet n°230

Carnet n°231

Carnet n°232

Carnet n°233

Carnet n°234

Carnet n°235

Carnet n°236

Carnet n°237

Carnet n°238

Carnet n°239

Carnet n°240

Carnet n°241

Carnet n°242

Carnet n°243

Carnet n°244

Carnet n°245

Carnet n°246

Carnet n°247

Carnet n°248

Carnet n°249

Carnet n°250

Carnet n°251

Carnet n°252

Carnet n°253

Carnet n°254

Carnet n°255

Carnet n°256

Carnet n°257

Carnet n°258

Carnet n°259

Carnet n°260

Carnet n°261

Carnet n°262

Carnet n°263
Au jour le jour

Octobre 2020

Carnet n°264
Au jour le jour

Novembre 2020

Carnet n°265
Au jour le jour

Décembre 2020

Carnet n°266
Au jour le jour

Janvier 2021

Carnet n°267
Au jour le jour

Février 2021

Carnet n°268
Au jour le jour

Mars 2021

Carnet n°269
Au jour le jour

Avril 2021

Carnet n°270
Au jour le jour

Mai 2021

Carnet n°271
Au jour le jour

Juin 2021

Carnet n°272
Au jour le jour

Juillet 2021

Carnet n°273
Au jour le jour

Août 2021

Carnet n°274
Au jour le jour

Septembre 2021

Carnet n°275
Au jour le jour

Octobre 2021

Carnet n°276
Au jour le jour

Novembre 2021

Carnet n°277
Au jour le jour

Décembre 2021

Carnet n°278
Au jour le jour

Janvier 2022

Carnet n°279
Au jour le jour

Février 2022

Carnet n°280
Au jour le jour

Mars 2022

Carnet n°281
Au jour le jour

Avril 2022

Carnet n°282
Au jour le jour

Mai 2022

Carnet n°283
Au jour le jour

Juin 2022

Carnet n°284
Au jour le jour

Juillet 2022

Carnet n°285
Au jour le jour

Août 2022

Carnet n°286
Au jour le jour

Septembre 2022

Carnet n°287
Au jour le jour

Octobre 2022

Carnet n°288
Au jour le jour

Novembre 2022

Carnet n°289
Au jour le jour

Décembre 2022

Carnet n°290
Au jour le jour

Février 2023

Carnet n°291
Au jour le jour

Mars 2023

Carnet n°292
Au jour le jour

Avril 2023

Carnet n°293
Au jour le jour

Mai 2023

Carnet n°294
Au jour le jour

Juin 2023

Carnet n°295
Nomade des bois (part 1)

Juillet 2023

Carnet n°296
Nomade des bois (part 2)

Juillet 2023

Carnet n°297
Au jour le jour

Juillet 2023

Carnet n°298
Au jour le jour

Août 2023

Carnet n°299
Au jour le jour

Septembre 2023

Carnet n°300
Au jour le jour

Octobre 2023

Carnet n°301
Au jour le jour

Novembre 2023

Carnet n°302
Au jour le jour

Décembre 2023

Carnet n°303
Au jour le jour

Janvier 2024


Carnet n°304
Au jour le jour

Février 2024


Carnet n°305
Au jour le jour

Mars 2024

 

Carnet n°306
Au jour le jour
Avril 2024

 

Carnet n°307
Comme à la pointe du rêve
Mai 2024

 

Carnet n°308
A l'orée du plus intime

Juin 2024

 

Carnet n°309
Au bord du monde – la lumière

Juillet 2024

 

Carnet n°310
Derrière les mots

Août 2024

 

Carnet n°311
Allant sans savoir

Septembre 2024

 

Carnet n°312
Un œil au cœur de la fable

Octobre 2024

 

Carnet n°313
Un manteau d'étoiles et de sang

Novembre 2024

 

Carnet n°314
Là où l'on s'incline

Décembre 2024

 

Carnet n°315
Devant un Dieu invisible

Janvier 2025

 

Carnet n°316
Ecoutant ce qui demeure

Février 2025

 

Carnet n°317
Et si le monde était l'exil

Mars 2025

 

Carnet n°318
La danse secrète

Avril 2025

 

Carnet n°319
Le cœur engagé dans l'aventure

Mai 2025

 

Carnet n°320
Ce qui veille au fond de l'âme

Juin 2025

 

Carnet n°321
Dans l'écume du mystère

Août 2025

 

Carnet n°322
Vers l'indéchiffrable

Septembre 2025

 

Carnet n°323
Dans l'épaisseur du réel

Octobre 2025

 

Carnet n°324
Entre l'étoile et la boue

Novembre 2025

 

Carnet n°325
Tant qu'il y aura des jours

Décembre 2025

 

Carnet n°326
Des choses et d'autres

Janvier 2026

Epigraphes associées aux carnets

© Les carnets métaphysiques & spirituels

EN PLEIN COEUR (VOLUME 1)

EXTRAITS DU JOURNAL DE L'AUTEUR (2021-2022)

 

Le cours des choses – comme réel miroir de l’ineffable…

 

 

En présence du ciel – toujours – en sa propre compagnie…

 

 

Un gisement de lumière à l’abri des âmes et des mains trop enfantines

Il faudrait fouiller dans ce qui respire pour pouvoir découvrir une vérité vivante

 

 

La clé du mystère – en soi

 

 

Vagabond des bois ; au milieu des arbres et des bêtes ; la besace pleine de baies ; en guenilles – comme aux origines ; privilégiant le travail de la main plutôt que celui de la tête ; discret et respectueux – dans la parfaite continuité du silence qui règne sous les feuillages ; en accord avec toutes les lois en vigueur derrière les fourrés épais ; le cœur et le geste – si proches du merveilleux

 

 

Derrière l’œil – l'âme, la prière et la foi – sans prêche – sans église – sans croyance

 

 

Sur cette terre sans soleil – la tentative des mots pour égayer l’air – donner au vide une vibration particulière

 

Une manière d’apprivoiser la noirceur du monde – de défricher des voies nouvelles – de vivre sans trop de tristesse au milieu des hommes – au milieu des ombres – au milieu des tombes

 

 

Des hurlements

Face à la mort

Face aux vivants

Et la vérité qui passe – sans équivoque

 

 

Un peu de transparence

Comme la course du vent

Le monde émergeant de la buée –

de la brume – de l’obscurité

Comme un avant-goût de liberté

 

 

Condamné(s) au rêve et à l’évasion qui se transforment, quelques fois (très rarement), en voyage – mais qui se limitent, chez la plupart, à un peu de ciel peint sur une planche – à un soleil inventé – purement imaginaire – pour égayer (un peu) la couleur de l’air que l’on respire

 

 

Au cœur de l’histoire – les joues rougies par les larmes et les coups

Le cœur et la matière lacérés à force de refus

 

 

Le regard libre sur le monde et la nuit

Comme une lucarne posée au milieu du vide

 

 

La perfection à l’œuvre à travers l'imperfection apparente

 

 

Le bleu – quelle que soit la couleur du ciel et de l'âme

Une fête – ce silence et cette main attentive – amicale – sur notre épaule

Le cœur ému et rassuré

 

 

La langue au seuil de la lumière ; et le pas encore dans l'ombre

 

Avec la volonté farouche de résoudre toutes les énigmes grâce à la parole – puis, d’habiter le mystère à travers le geste

 

L’existence-lecture avant l’existence-vérité

 

Les mains qui apprennent, peu à peu, à sortir des poches ; le cœur de plus en plus engagé

 

 

Du côté des bêtes avant le basculement de l’âme vers le regard qui contemple

 

 

Nos vies – nos âmes – de la même couleur que le voyage

 

 

Sourire aux lèvres ; soleil au cœur ; le pas assuré

 

 

Au cœur de la terre – l’haleine chargée de soif et de poussière

 

 

Au bord de ce que nous sommes – face au vide – sans angoisse

 

 

Entre la pierre et le silence

Le cœur dénudé – comme d’autres portent la croix ou le turban

 

 

A travers le monde – le dessin si singulier de la lumière

 

 

Le voyage comme une marche ; et, à chaque pas, la possibilité du recommencement

 

 

Au-delà des légendes – au-delà des masques et des chimères – la vérité brute – sans trépied – sans enluminure

 

Et mille manières de se laisser cueillir

 

 

Au-dessus de la lie du monde – au-dessus de la lie du temps

 

 

Le ciel révolutionnaire au-dessus des patries simplifiées – des territoires parcellisés – de tous les périmètres inventés

 

Au-delà des croyances et des communautés ; au-delà de cet étrange besoin de se circonscrire – en allant au bout de soi – jusqu'à la plus complète appartenance

 

 

Gravées dans le granit et les yeux ouverts – d'infimes traces de lumière

 

 

Ce qui surpasse toutes les gloires ; l’anonymat et l’effacement...

 

 

A voix basse – l’écriture

La même ligne – longue et libre – à l’écart du monde – au détriment de tout

Quelque chose du souffle et, peut-être aussi, de la dérobade

 

 

Nous ; allant vers le plus sombre – là où la lumière est supportable

 

 

Sans idole – sans personne – sans la moindre image – sans le moindre rêve

 

En sa propre compagnie – réfractaire à toutes les compensations ; n'appréciant que l’Absolu et la joie (naturelle)

 

 

Au cœur de la solitude ; la communauté fraternelle à l’intérieur

 

 

Sur la pierre – l’esprit qui s’aiguise ; le bleu qui se cherche – et qui, peu à peu, se précise

 

 

Toute une vie (et des milliards d’autres) pour apprendre à se rejoindre – à incarner, le plus simplement du monde, le mystère ; une longue marche ; et des épreuves – assurément

 

 

Là où commencent la claudication et le besoin de nudité – les premiers pas sur la sente secrète et silencieuse...

 

 

Un océan de sable et de misère – sans phare – sans embarcation

Des existences de vagabond assoiffé – sans île – sans oasis – sans archipel

Le salut – dans le pas – seulement ; et notre manière de vivre et de voyager

 

 

La vie à l’ouvrage

Et les hommes qui se pâment ; eux qui ne chérissent que l’ambition et la conquête...

 

 

L’étrangeté du monde aménagée en (petits) sentiers praticables

 

 

Une terre favorable à tous les destins – à toutes les étrangetés

Et le malheur en chemin au lieu de la félicité

 

 

Tant de fièvre et de tourments – l'âme et la chair jamais épargnées par l'esprit et le monde

 

 

Le monde – tel qu’il est – à travers nos yeux

 

 

La seule réalité du monde ; notre inexistence

 

 

Là – au milieu de la douleur – obstinément ; quelque chose de la lumière

 

 

La mort penchée sur nos ténèbres – ce trou au fond duquel nous nous affairons en criant et en comptant les jours

 

Et haut – très haut – le ciel – insensible à cette misère

 

Et les visages tournés vers plus haut encore

 

 

L’aventure ; à travers le bruissement léger du papier – le frémissement de l’âme qui s’aiguise au contact du monde

 

Le jouet d’ardentes turbulences

 

Du feu – des eaux vives – des courants – et ce vent (fabuleusement) subversif – capable de renverser les plus lourdes charges – toutes les gravités

 

Et, un jour – sans crier gare – la beauté et l’Amour – en plein cœur

 

 

Allant – sans à-coup – sans paresse – vers l’intensité et la lumière

Vers la possibilité (enfin) d’une absence vivante

 

 

Comme un consentement – un chemin qui s’ouvre – le monde à perte de vue

 

 

Un chant – un poème – pour compenser la prière (si plaintive) de ceux qui espèrent

 

 

A la fois trame et lumière – matière et possibilité

La terre et le ciel aussi rugueux qu’étincelants

 

 

Roches – plantes – bêtes et hommes – empêtrés dans leur douleur muette ; et dans leurs croyances et leurs gémissements pour les moins dignes – pour les moins valeureux

 

A peine un peu de vie – comme quelque chose qui aurait glissé dans la nuit

 

 

L’encre folle – en fête ; au milieu des étoiles – des lignes transparentes

 

Le monde et l’invisible serrés l’un contre l’autre – à tout confondre – à s’y méprendre

 

Porté par une plume – légère – si légère – dans le vent qui emporte tout – après avoir tant creusé – après avoir tant pesé – comme si le passé n’existait plus...

 

 

Un trou – quatre murs – quatre planches – puis, à nouveau, un trou ; l’existence humaine (à quelques vétilles près)

 

 

Loin de toutes ces têtes –

derrière leurs barreaux

de tous ces ventres qui rêvent de vivres

Seul – pour jouir du jour

 

 

Choisi – en quelque sorte – par cette manière de vivre

 

 

L’âme – dans son coin – à l’abri des Autres

 

Quelque part – là où la solitude parvient à courber le temps – à déchiffrer le silence – comme une oasis au milieu du monde

 

 

Un monde de distance et de destination – où chacun se cantonne à la gestion de l’écart

 

Des manœuvres et des manigances ; des compromissions et des alliances – au détriment de la tendresse ; ni Amour – ni fraternité – l’existence réduite à de simples stratagèmes

 

 

L’esprit à la manœuvre

Le jour à tout prix

Puis, en son heure, la débâcle

La dureté des choses

Ce devant quoi il faut s’agenouiller

Comme acculé dans l'un des plus sombres recoins

de la nuit

 

 

La réception de la joie ; le cœur battant à tout rompre

La paume ouverte – sans spectateur – sans spéculation

Dans l’air – un parfum d’éternité ; et sur la joue – quelques larmes de gratitude

 

 

A la lisière de l’absence ; à travers la terre – au milieu du ciel – le chemin poétique – qui s’enfonce dans l’âme – qui rejaillit sur la page – comme une eau vive – une danse folle – sans retenue – sans interdit – la plume trempée dans la sagesse et les excès – magistralement vivante – traçant, sans application, la ligne (mouvante) du partage ; le dessus et le dessous du silence

 

 

Ce que dissimule – très précisément – le secret ; la signification du manque ; la vie qui s’entre-tue ; l’édification du dédale ; la mort au cœur de notre courage ; et, en définitive, ce qu’il nous sera possible d’expérimenter

 

 

Quelque chose du monde

Des murs devant soi – des portes fermées que l’on imaginait ouvertes

La danse – des danses (toute une série de danses étranges et variées) et l’œil ensommeillé

L’espoir écrasé à coup de masse – à coup de caresses – à coups de souliers

Ici – comme les Autres – à glisser vers sa fin

 

 

Le monde malgré lui – presque rien...

 

 

Dehors – comme s’il n’y avait de dedans

Des hurlements – comme s’il n’y avait de langage

Des coups – comme s’il n’y avait d’Amour

Des bêtes et des hommes ; des bêtes – partout – des bêtes – comme s’il n’y avait que cela

Et, de temps à autre, un arbre – un poète – quelques feuilles froissées –

pour le dire avec plus ou moins d'élégance et de légèreté

 

 

Un jour – un chemin – le même depuis la naissance du monde

Un étrange périple où l’on prend garde, bien sûr, de glisser parfaitement sur sa pente

 

 

Ligne de crête et ligne de vie – sur le même livre – tracées à l’encre noire

 

Au-delà des signes – au-delà des plis – libres de se transmuter en langage – en possibilité – en métamorphose de l’âme – des âmes – du monde

 

Une manière de réunir la terre et les hauteurs – d’essayer de faire de nous des hommes ; et de faire vivre à quelques-uns (trop rares) une pleine humanité

 

 

Des lignes tracées jusqu’à l’infini ; offertes à ce qui passe

 

 

Quelques traces

Sous la lampe – sous le ciel

Comme des empreintes dans le sable

Le jour – contre soi – au plus près du cœur

Un peu de bleu

sur nos instincts et notre sauvagerie

 

 

Le silence et l’âme joyeuse – dansante – proche des origines ; proche des Dieux

Ce que peu de vies – ce que peu de lignes – célèbrent – osent célébrer

Un mélange d’absence et de mort – terriblement vivant

Une déchirure dans les tranchées défaillantes de la mémoire et du monde

 

 

La chair des mots pour guérir le monde – les âmes ; ce si peu de vie

 

 

Trait pour trait – notre visage – notre existence ; ce qui nous sauvera, peut-être, des fissures du temps

 

 

Ni tien – ni mien – nôtre seulement ; le cœur – la main – l’enfer – le labeur – la sagesse – quoi que nous mettions dans la balance ; la terre et le ciel – le même visage

 

 

Au bord de l’Amour – déchiré

 

 

Demain ou la nuit

Le gisement ou la fleur

La muraille ou l’éboulis

Qu’importe nos rires et nos grimaces

La vie – cette vie – sans lumière

 

 

Pêle-mêle – la joie et le cauchemar – l’horreur et l’étreinte ; ce mélange d'origine et d’instincts ; ce qui cohabite – en nous – de manière si parfaite – si incisive ; le recommencement permanent du monde et du silence

 

 

Au commencement du poème – le souffle vital

Le besoin de lumière

Ce qui nous sépare de la rencontre

 

 

La tête décollée du temps

Le monde oublié et la lumière nue

Les mains pleinement agissantes

De moins en moins lourdement vivant

 

 

Le cri que l’on parvient, parfois, à convertir en poème ; manière d’affronter le monde et le temps – de nous affranchir du joug ancestral – de transmuter la douleur en espoir de voir le jour

 

 

Un chemin qui serpente – qui invite à l’errance – au désert – à la confusion ; loin des rêves et des terres brûlées

 

 

Ni Dieu – ni vérité ; la parfaite absence de l’homme...

 

 

A la place de l’invisible – le clinquant et le péremptoire ; des galeries où l’on s’expose sans jamais rien creuser...

 

 

Des traits de silence ; l’évidence même ; notre généalogie et notre géographie – exposées devant nos yeux fermés

 

 

Deux bras ouverts dans la nuit – tel qu’un jour sera le monde

 

 

Dans nos pensées – tant de possibilités ; et sur la pierre – si peu de choix

 

 

Ce que l’on invente – au fond du sommeil ; le monde rêvé – le ciel en songe – que l’on perpétue

 

 

La tête dans la lie qui s’imagine maîtresse du récit ; libérée des viscères et des battements de cœur qui la soutiennent ; à proximité de la lumière alors que la nuit règne – sans rivale – alors que tout, dans l’âme, est obscurci

 

 

Un désordre aux innombrables conséquences

Ce que cachent, au fond, toutes les apparences

Derrière le sourire et la bonhomie – l’ombre –

le vide intérieur – le cœur en perdition

 

 

L'humanité ; un peuple suspendu à ses propres rêves – créés par l'incroyable fabrique à récits installée sous le front – mythes – légendes – histoires  – chimères ; l’axe central, sans doute, de notre civilisation ; ce qui, bien sûr, corrompt le regard et travestit la réalité

 

L'existence et le monde – entre fiction et croyances ; quelque chose d'improbable sur lequel on essaie de greffer une vérité inventée

 

 

Des trappes – des cordes – des cris – à même la trame

De la poussière qui vole dans le vide – emportée par mille tourbillons

Ce qui dure et recommence ; jusqu'à faire exploser la tête

 

 

Nous – comme un trou – où seraient jetées – sans ménagement – sans distinction – des choses plus ou moins blessantes – plus ou moins bouleversantes

 

Comme une succession de flèches décochées pour meurtrir l'âme et la chair

 

Une expérience pour éprouver la vie – le cœur battant – l'esprit incrédule qui s'étonne de se retrouver en ce monde

 

 

Un monde plongé dans le noir et la cécité ; et qui s’imagine lucide et clairvoyant

 

 

Les yeux grands ouverts ; le cœur accordé, de manière (presque) inespérée, au cours des choses et à la lumière

 

 

Là où porte l’élan – tantôt pas – tantôt parole ; et tous les gestes nécessaires (bien sûr)

 

 

Sous le poids (si léger) de la nécessité ; fidèle à l'âme et au monde ; et obéissant aux circonstances

 

 

La vérité plutôt que le confort des (fausses) certitudes...

 

 

Paroles-étreinte ; sa propre voix mêlée à la tendresse et à la lumière – profondément réparatrices

 

 

Comme à travers un rêve ; le monde – nos vies – ce que nous en percevons

 

 

Ce que révèle le poème ; bien plus qu’un langage ; les tréfonds de l'âme ; une manière d'être au monde

 

 

Enfermé(s) derrière les grilles de la liberté

 

 

Rien – derrière les visages ; l’arrière-cour de la solitude ; ce grand désert balayé par les vents et la peur

 

 

Condamné(s) à être à perpétuité – à moins que cela ne soit une farce ; et qu’un rire puisse éclater au milieu de nulle part – pour tout faire exploser – au-dedans

 

 

Rien d’autre que cette lumière dans notre nuit

 

 

Un rayon de lune échappé de sa cage

Un livre ouvert

Un poème tatoué sur la peau

Le cœur cinglant – sanglant – sanglotant

L'irréalité du monde

 

 

Condamné à comprendre, puis, à se transformer en pan de lumière capable de détourner le vent

 

 

L’Absolu intact en dépit des drames

 

Et la part secrète du monde qui – peu à peu – retrouve sa place – au fond du cœur – dans nos gestes – partout où cela est possible – partout où cela lui est permis

 

 

La bouche sèche ; face à notre soif

 

 

La mort – devant et derrière soi ; la mort – partout – au-dedans et alentour

Des destins brisés avec effronterie – avec indifférence – avec soulagement

 

 

L’élan de comprendre et de témoigner – avant de mourir ; quelque chose (peut-être) de l’expérience humaine

 

 

Nous – inépuisablement

Avec la lumière et la mort à nos trousses

 

 

Comme une ombre sous le règne du soleil

 

Très loin de ce temps où nous faisions tourner sur le bout de notre doigt la pyramide du monde à l’envers ; le souffle coupé par notre audace et notre insolence

 

Recroquevillé – à présent ; les mains sur les yeux pour échapper aux monstres qui nous poursuivent

 

Redevenu enfant – en quelque sorte ; derrière des grilles – face à des crocs féroces et imaginaires

 

Et, en cela, obéissant, d’une parfaite manière, à l’ordre cyclique des choses – à l’ordonnancement saisonnier de ce qui est enfanté

 

En attendant – bien sûr – l’étape suivante ; la suite du voyage

 

 

Un monde sans histoire

Au cœur de sa propre géographie

 

 

Sur chaque jour qui passe – nos initiales (inutilement) gravées...

 

 

Au fond du piège – sans aide – sans douceur – sans personne ; à gesticuler dans son trou – à l’ombre des géants dont la tête côtoie le ciel – les Dieux – les étoiles ; cette partie du monde (apparemment) inaccessible aux hommes

 

 

Rien qui ne puisse (véritablement) entamer le silence et la joie

 

 

La solitude au milieu des vivants

 

 

Exhumer la lumière là où l’oubli domine

 

 

Ceux qui peuplent la terre – comme ceux qui peuplent notre vie – aveugles à notre monde – à nos expériences et à nos malheurs ; partageant (seulement) notre faim et notre misère ; et le pain lorsqu’il y en a ; et les larmes qui coulent – trop souvent

 

 

A travers nos yeux – nous regardant ; et se laissant contempler...

 

 

Nous – devenant, peu à peu, notre allié le plus loyal

 

 

Seul – le vent – dans notre chant

 

 

Pendant si longtemps – resté au seuil ; et lentement les membres qui se désengourdissent ; la vie interne qui se ressaisit et se redresse ; les yeux qui s’ouvrent comme après un trop long sommeil ; ce qui ranime l’ardeur – l’attrait pour le jeu – pour le chant et le mystère – ce long voyage vers les hauteurs ; tout un monde – involontairement – ressuscité

 

 

Ce qu’il nous faut abandonner ; jusqu’à la plus radicale des nudités

 

 

Un autre âge que le sien

Des apparences multiples

Ce qui nous fit naître – cent fois –

mille fois – une infinité de fois

Ce que le monde connaît par cœur

Cet escalier invisible –

au milieu de nulle part – en tous lieux –

qui mène jusqu’aux portes de l’immensité

 

 

Seul au seuil de la vérité ; comme une brûlure qui efface les Autres – le monde – toute forme de généalogie ; tous les rêves – en somme (plus ou moins utiles – abstraits – nébuleux)

 

 

Ce que l’on voit en ce monde – le brouillon des analphabètes ; et cachée, l’œuvre virtuose qui s’écrit sans personne – mue par sa propre puissance – par son propre silence – par sa propre beauté

 

 

Le vide sous le sable sur lequel on traîne (à peu près) tous les pieds

 

 

Cette vie ; si proche, parfois, de l’infini...

 

 

Tout qui dévale ; le temps – les êtres – les choses – sur leur pente

Ce qu’il faut édifier et défaire

Et ce nécessaire inventaire intérieur avant le retournement

 

 

Le verbe comme un geste

Et dans l’âme ; le poids des Autres et de l’univers

 

 

Le monde ; terrain de jeu du Divin et des vivants

 

 

Ce que l’on échafaude –

en quête de son ascendance

Des marches sans retenue

Des embarcadères pour contempler l’immensité –

le ciel où l’on aurait grandi – autrefois –

avant la création du monde et du temps

L’époque d’avant les mots

où ne régnaient que le silence et la poésie

 

 

La douleur démesurée du monde ; le reflet du cri dans tous les yeux ; et une larme qui coule sur notre joue – face à l’obstination du vide à demeurer

 

 

Des coups et des maux à mesure que l’on quitte l’enfance – que l’on s’éloigne du point d’origine

 

Et cette part (inévitable) de sommeil

 

A gesticuler dans notre désarroi – au milieu de nos incertitudes et de nos incompréhensions

 

Parfaitement homme(s) – en quelque sorte ; un feu vif – brûlant – dénué de clarté et de discernement

 

 

Un passage entre nos limites et le ciel ; avec – au-dedans – toute une géométrie avec ses angles et ses pentes naturelles...

 

 

La tête et le monde ; le lieu de toutes les croyances – le lieu de la pensée et des gestes mécaniques

 

Quelque chose de l’étendue aménagée en dédale

 

 

Tout un continent à explorer derrière les portes des apparences

 

 

Condamné à vivre seul entre le ciel et le monde

 

 

La tête et l’âme – soumises à tous les délires – à toutes les illusions

Sans secours ; et sans autre recours que la fuite ou l'asservissement

 

 

L’œil encore sur la carte et les pieds sur le sol fangeux

 

 

L’infini – de la taille de notre âme...

 

 

Dieu dans les gestes et le cœur ; ici autant qu'ailleurs ; partout – en vérité

 

 

Qu’importe nos croyances et notre réponse face au mystère ; tout se mesure au silence et à la tendresse mise en œuvre

 

Comme condamnés à demeurer captifs – à nous débattre au fond du piège

 

 

A travers l’invisible – notre chemin sur les pierres...

 

 

Une incompréhension que l’on transporte de lieu en lieu – de vie en vie – comme un viatique – notre seul bagage – au lieu de la lumière – au lieu de la nudité – au lieu de la poésie

 

 

Sans église – au cœur même du ciel descendu

Sans croix – sans péché – sans déluge

Sans enfer ni paradis

Ce qui – sans cesse –

en nous et à travers nous, se crée

 

 

La part (sans doute) la plus inquiétante du monde ;

sous le front – dans l’arrière-cour de chacun

Ce qui se trame dans l’âme – maladroitement guidé par la peur et la psyché

La folie et le sommeil sous les paupières

L’absence d'horizon ; et cette ardeur irrépressible qui anime les vivants

 

 

Parfois – la douleur – comme un renversement de l’axe vertical – une dislocation de l’âme – une désagrégation du monde

 

Le jour qui s’enterre ; la lumière soudain assombrie

 

Quelque chose de l’écartèlement et de l’asphyxie

 

On vit – on glisse – comme roulent les pierres ; et l’on s’immobilise de la même manière – pour des siècles de voyage ou de sommeil...

 

 

Quelque chose qui s’obstine – condamné à se dé-ployer jusqu’à l’épuisement – jusqu’à la rupture – jusqu’à la mort

 

Ainsi sommes-nous fait(s) ; davantage chose – force brute et souterraine – tête absente – qu'initiative et intention...

 

 

Un chemin de joie et de poésie ; un permanent va-et-vient entre le monde et l’infini...

 

 

Rien en sa possession

Ni souffle – ni corps – ni âme

Pas même un emprunt

Nous n’existons pas

Visages et choses de personne

 

 

De la terre et du ciel – quelques récoltes –

quelques espoirs ; pas grand-chose – en vérité

Un peu d’Amour désemparé

 

 

L’invention du monde et du Divin – comme si l’essentiel nous manquait...

 

 

Le ciel si vide – si énigmatique – si silencieux – que les fronts le remplissent de choses – de couleurs et de voix ; de figures joyeuses censées contrebalancer le poids de l'incompréhension – de la douleur et du chagrin

 

 

Des destins à la chaîne que l’on enfile sur le même anneau – déjà paré de l’essentiel

 

 

A l’autre bout de soi – quelque chose d’inconnu – l’extrémité des profondeurs – peut-être...

 

 

Rien qu’une route – ce voyage invisible

Et tous les pas à la suite du premier cri

 

 

Le même ciel au-dessus des mondes que chacun peuple à sa manière

 

 

Dieu – jamais très loin de ceux qui vivent humblement – tremblants de peur ou de joie ; fidèles à la couleur que la vie leur impose

 

 

Sur ces rives où le sang coule ; où l'on mastique et digère la chair

 

Comme les bêtes ; rien qu’un ventre ; la pièce centrale que l’on a, peu à peu, entourée de quelques éléments annexes – secondaires…

 

Condamné(s) – et détenu(s) par la matière – jusqu’à la mort

 

 

Ce que précise la lumière à mesure qu’elle croît...

 

 

Le cœur pétrifié – au cœur des tueries – au milieu des assassins ; et une route à construire – un espace à débroussailler peut-être – pour espérer se retrouver, un jour, en un lieu qui ne nécessitera ni la fuite – ni la consolation

 

 

L’âme sans clôture – sans commerce – sans appui ; au-delà même des exigences (éthiques) les plus hautes

 

Sans pouvoir – ni autorité

 

Une manière de déchirer tous les drapeaux et toutes les bannières que les hommes ont l’habitude de dresser devant eux

 

 

Le silence – l’invisible – l'infini – l’Absolu – autant qu'il nous est possible de les expérimenter

 

 

A présent – sans même le besoin d’exister – sans même l’envie de prolonger la vie ou de précipiter la mort

 

 

Rien entre les tempes ; rien entre les parois du cœur – sinon l’ineffable – ce qu’aucun homme ne peut – ne sait – mesurer

 

 

Ici – errant au milieu des siècles et des âmes insecourables

Le sommeil blotti contre nous – au plus près du cœur qui hiberne

Sous notre couverture de terre

 

 

Nous – visité(s) et visitant – traversé(s) et traversant ; sans aucun doute – la seule expérience qui soit...

 

 

Qu’importe ce qui s’impose – obéissant

 

 

Simple dans nos contours ; et complexe à l’intérieur et dans nos liens avec les Autres – dans nos liens avec le reste

 

 

Au-delà des traits et des tremblements

A contempler sa figure dans l’immensité

 

 

La douleur – comme un mur – une terre déchirée ; le cœur du voyage

 

 

Le sort suspendu à un fil – enchevêtré à tous les fils – au cœur de la même trame

 

 

Hors des cercles étroits ; libre – sans appartenance

 

 

Le ciel en face – démesuré

Et en soi – (bien) plus accessible

 

 

L’on vit comme l’on marche –

comme l’on imagine

Le bleu ou l’orage – en tête

Le souffle court ou l’ardeur endurante

Et l’on se tient face au monde

comme face à la soif

Effacé ou pétri de certitudes

L’existence déchirée ou infamante

Le cœur libre ou incarcéré

Avec, sans doute, mille fragments

d’existence en commun

 

 

Notre manière de vivre la solitude – (très) fraternellement…

 

 

Qu’importe vers quoi l’âme se tourne – qu’importe la pente empruntée – puisque tout demeure errance et incertitude ; que l'on ait le pas frileux ou vagabond...

 

 

Sous l’ombre retournée – parfois – le miracle ; la lumière creusée par l’attente

 

 

Ailleurs – hors de soi – impossible ; aussi inexistant que le monde

 

 

Le cœur posé sur la pierre –

au-dessus du visage

Au sommet des possibles – au ras du sol

Sur la pente sans pourquoi

 

 

Au cœur de tout

Et, parfois, pointé(e) hasardeusement par le doigt

L’évidence ; ce qui nous porte et qui n’est, pourtant, perceptible qu’en filigrane

 

 

Le cœur incandescent

Ce qui brille au fond de l’œil

Ce que le fond de l’âme éclaire

Davantage qu’un chemin –

l’invisible – sur son itinéraire

 

 

L'encre noire qui hurle en silence

Comme un feu – un soleil – une source

Qui traverse le monde sans laisser de trace

 

 

Comme une évidence – l'effacement

Et la figure du plus haut qui (ré)apparaît

 

 

Les yeux creusés par l’habitude – deux trous noirs aux paupières collées

La bouche – une galerie bavarde – des mots comme l’on respire –

des paroles en cascade – des traces de rien – le temps qu’il fait – le temps qui passe

Une béance – à la place du cœur – encerclée de grilles

L’âme inerte – exsangue – blafarde – qui s'éteint à petit feu

De l’écume et du néant – le sommeil en étendard – la figure millénaire de l’homme

 

 

La bouche muette

Ce qui surgit – ce qui vient – ce qui a lieu –

offert au sourire – simplement

 

 

L’ombre et la parole – glissant ensemble – dans la fente formée par nos lèvres souriantes – silencieuses – sans renoncement – reconnaissables et reconnaissantes – comme subrepticement échappées du bavardage et des rencontres futiles – de ces longs monologues qui portent à la tristesse et à la nostalgie

 

 

Nous – façonné(s) dans cette matière dansante – l’invisible œuvrant à sa tâche – s’obstinant à sculpter la beauté dans le plus grossier – dans le plus dérisoire ; et, parfois même, dans le plus indigne

 

Labeur sans préalable – sans conclusion ; ni sérieux – ni enfantin – seulement nécessaire

 

Arbres – hommes – montagnes – amas de poussière apparents – qu’importe la durée et la hauteur – voués à trembler et à disparaître

 

 

Comme un besoin d’enfance ; un âge où l'on était encore rieur et enjoué face au monde ; le terrain de jeu de nos attentes et de nos aventures ; l’espérance d’une lisibilité et d’une faim assouvie

 

Le temps des communions naturelles – sans tractation – sans arrière-pensée ; le temps de la lumière et des alliances éternelles ; la franchise et la fraternité cousues à même le cœur – à même la peau

 

Et cette innocence – trop précocement – trop douloureusement – recouverte par le commerce des sentiments – qui, aujourd’hui – à nouveau, affleure – qui, aujourd’hui – à nouveau, émerge des profondeurs ; l'âme, sans doute, plus tendre et plus mature – bien qu’encore convalescente

 

 

Suspendu(s) au-dessus du vide par on ne sait quoi ; et porté(s) – d'une certaine façon – par toute la magie du monde

 

 

Le jeu du monde

Oublieux des merveilles et du mystère ;

de tout ce que l’on ne connaît pas

 

 

Le rire – malgré l’ignorance et la pauvreté

 

 

La lumière naissante – sans une seule ombre oubliée...

 

 

Le jeu qui, chaque jour – à chaque instant, recommence

 

Sans règle – sans personne – sans explication ; pour le seul défi d’exister – d’édifier et de détruire – de faire et de défaire

 

 

Le cœur allègre et exposé

Au-delà des « pour » et des « contre »

Accordé aux nécessités du monde

 

 

A l'écart de ce monde qui panse ses plaies et qui fourbit ses armes – qui s’approvisionne en illusions et en victuailles – qui s’est inventé de piteux champs de bataille et de funestes étendards – le cœur et les yeux fermés – transformant cette terre en un lieu sinistre – tragique – infernal

 

 

Irréductible défenseur des formes fragiles et violentées – silencieuses – inaptes au langage articulé

 

Avec elles – dans les interstices – face à l’âpreté du monde – face à l’hostilité de la terre – face à la cruelle imbécillité des hommes

 

Leur présence au cœur de nos lignes (et de notre existence) – pour toutes les peines infligées – pour toutes les douleurs endurées ; indéfectiblement solidaire

 

 

Au milieu des bois

 

L’allégresse du corps vivant – guidé par cet allant inépuisable et cette lumière qui éclaire de l’intérieur

 

Comme une solitude parfaite sous le ciel

 

 

Le rêve – plus haut que le monde – et suspendu au temps – nous dérobant l’essentiel ; l’attention – condamnant le geste à l'absence

 

Vivant aveuglément – séparé(s) du plus ouvert et, sans doute, du plus prometteur

 

Comme au fond d’un trou rempli de nuit et d’excréments

 

L’innocence froissée – et jetée avec le reste – dans la poussière

 

 

Le brouillard par l’embrasure

Des rives et des naufragés

Et ce qu’il faut de lumière pour voir l’opacité

Des plaies et des épées –

disséminées un peu partout

Ce que nous connaissons du monde

Et le mystère toujours aussi négligé

 

 

Nous – dans le trou – avec quelques reliquats de pensée

Tourbillonnant – disparaissant – devenant le vide et le vent qui s'y engouffre

 

 

Nos poèmes – nés loin des hommes – essayant de secouer les âmes – le monde – le sommeil

Une danse – une imposture – peut-être

A deux doigts de ce qui ressemble à un rêve

 

Soi – l’Autre – les circonstances – les planètes et les étoiles – qu’importe l’alignement – pourvu que ce qui a lieu soit (parfaitement) accueilli

 

 

Étreint par les formes du monde – les vibrations de la terre –

le vent sur ses rails changeants

Le chemin pénétrant le corps

Le sol comme un ciel ; le seul territoire possible

 

 

Vivant avec une provision de tendresse inépuisable – à l’intérieur...

 

 

Des jours – des semaines – des mois ; sans rien dire – sans voir personne...

 

 

L’air de rien face à l’immensité

Un visage dans l’univers – infime et dérisoire

 

 

La pente naturelle de l’âme – enfin perçue – enfin découverte – enfin empruntée

 

 

Ce que l’on entend

La solitude silencieuse

Un reste de joie

L’accord parfait entre les blessures et la source

 

 

Sur le versant exactement opposé à la paresse – aux désirs – au sommeil

En ce lieu où mènent les circonstances

 

 

Les pieds comme enserrés dans tous les nœuds de la trame ; et tous les fils à défaire pour exister (un peu) – pour essayer de vivre au-delà de la respiration

 

 

Présent – sans attente ; et la figure de l’infini offerte en récompense

 

 

Endormi(s) – debout

La marche somnambulique

La brusquerie des gestes ; le cœur atrophié

La corde au cou ; comme tenu(s) en laisse

Le monde – tout le monde –

sous le bleu – se débattant

L'âme comme piégée dans la boue

Les pieds scellés dans la roche

Des ventres – des bouches – des bras –

au milieu des Autres – et glissant ainsi –

seul(s) et ensemble – jusqu’à la mort

 

 

Les yeux comme deux soleils ; les mains vides et le cœur ouvert ; la seule réponse à toutes les questions de l’homme...

 

 

La lumière regardée pendant mille ans – puis, un jour, (profondément) étreinte

 

 

Ce qu’il faut de tendresse et de reconnaissance – pour accepter – le cœur libre et joyeux – de disparaître...

 

 

Au corps-à-corps avec le jour

La tête hors de la terre

La peau qui racle – sans préjudice

A cœur découvert – de plus en plus

 

 

Le sol rêche

Le bleu – partout – que l’on ne voit pas

La soif dans l’âme

L’œil à distance des spectacles

L’âge – comme le rire et les drames –

sans importance

A deux doigts de la mort – de la folie –

de l’éternité

Qui sait ce que nous sommes ;

et en quel lieu nous vivons

 

 

Comme l’eau qui va – le vent et le murmure

Qu’importe le terrain et la confusion

Le feu qui brûle

Les éclats de l’âme

Et sur les lèvres – ce sourire

qui n’appartient à personne

 

 

Le jour – haut (très haut) sur les pommettes – face à l’hiver – face à la nuit – face au monde occupé à on ne sait quoi

 

 

On ne se réjouit – on ne se rejoint – que pulvérisé ; l’épaisseur dissoute

 

 

L’étreinte de la lumière ; des mains d’or posées sur le plus infime – le plus fragile – le plus périssable

 

 

La légèreté des bagages – la précarité du chemin

Ce qui circule

Et ce qui se balance au-dessus de l’étonnement

Dieu peut-être – Dieu sans doute – descendu – avec nous – au plus bas – sur cette terre

 

 

 

Des fragments de matière – d’invisible – de vérité

 

 

L’arbre – comme un poème vivant – né de la terre et du ciel – côtoyant la lumière à tout âge

 

Vertical et silencieux – offrant son ombre et ses fruits à ceux qui ont chaud – à ceux qui ont faim ; offrant ses frondaisons à ceux qui volent ; et, en son temps, ses feuilles et son bois

 

Sans aucun doute – les plus belles lignes dans le grand livre du monde

 

 

Le ciel et la solitude à nos côtés…

 

 

Sans relâche – le geste engagé et le détachement ; l’esprit au-dessus et au-dedans

 

 

Ici – dans la nuit qui s’ouvre comme une bouche béante ; le rire au fond de la gorge – comme si rien ne pouvait (nous) arriver ; comme si l'on marchait en apesanteur

 

 

A notre recherche – bien sûr – quoi que nous fassions ; dans l’intérêt de tous...

 

 

A bâtir comme si l’espace ne suffisait pas

A remplir comme si le vide demandait à être peuplé

A témoigner comme si l’on redoutait que le silence, un jour, finisse par avoir le dernier mot

 

 

Là où commence la terre

Le corps de la fratrie

Et là où commence le ciel –

là où s’initient l’alliance et la prière –

toutes les possibilités du monde

 

 

Aussi nombreuses que les étoiles – les possibilités...

 

 

Ce qui existe en deçà – et au-delà – de notre filiation – de notre généalogie – de nos appartenances apparentes

 

 

De la pierre autour du cœur

 

 

Encore quelques mots ; un peu de ciel – sans doute ; une manière (peut-être) d’aller à l’essentiel...

 

 

Ce qui ne peut nous être retiré

Ce qui traverse la chair – la chambre – la pierre

Cette joie – à l’intérieur – qui rayonne

 

 

Parmi les Autres – trop serrés

Un peu d’espace ; à peine de quoi tourner

autour de soi

 

 

Le manque ; comme un puits au fond duquel l’âme et le corps ont été jetés

 

Une sorte de trouble ontologique – né, peut-être, d’une défaillance – d’une légère absence ; un peu de ciel refluant de la fosse

 

L’expérience terrestre des bêtes et des hommes

 

 

Ligne après ligne ; page après page ; livre après livre ; comme s’il y avait quelque chose à bâtir – une œuvre peut-être – un édifice à l’épreuve du monde et du temps

 

 

Du côté de l’invisible ; ce qui ne s’épuise pas...

Emporté au fond de soi – là où l’on fait face – là où l’on perd pied – sans point d’ancrage – à flotter au milieu de l’étendue – entre la matière et l’immensité

 

 

La traversée du monde ; l’invisible compris

 

 

Un peu de poésie

Un peu d'humanité

Ce qui se voue à la tendresse –

à la lumière – à la vérité

au-delà des images et des mots

Jonction – peut-être –

entre le monde et l'invisible

Installés à l’horizontale

Abandonnés – en quelque sorte

Le corps et l’âme à même l’inconfort

Le front tremblant et les lèvres blanches

Le ciel – en soi – sans doute défaillant

 

 

Ce que l’on supporte ;

L'adversité et la boue du monde

L’inconsistance de la parole

L’indifférence face au sang versé

Notre infirmité devant le nombre

et la puissance

La trop grande proximité des hommes

 

 

Le regard dégagé ; au-delà des apparences ; plus loin (beaucoup plus loin) que là où se posent les yeux

 

 

Le bleu – sans la pierre – sans la prière – sans personne

 

 

A sauter dans le bleu – sans retenue – pour éclaircir la couleur de la terre et éclabousser les âmes chétives et apeurées – maladroitement réfugiées au fond de la chair – trop éloignées du jeu véritable pour s’aguerrir et s’affirmer

 

 

Comme les arbres – capable de lire le ciel – de décrypter ses messages et ses intentions secrètes ; dans la volonté du plus haut – toujours ; l'âme silencieuse et enracinée

 

 

Au-delà du visible ; à travers les apparences…

 

 

Passager – sur cette corde qui relie on ne sait pas très bien quoi

D’ici à ailleurs – sûrement – puis, revenant (sans aucun doute)

Œuvrant à notre vocation – pour ainsi dire

Comme fractionnées à la surface et unies dans les profondeurs –

toutes ces choses apparemment éparses...

 

 

Ce que la vie et la main dessinent ; de grandes arabesques ou un grand fouillis chaotique – selon les jours

 

 

Sur cette grande roue qui fait tourner la terre – le ciel et le temps

Cyclique et éphémère – comme tout le reste

 

 

 

A fouiller dans son cœur comme au fond d'un trou – au fond d’un puits – sans savoir ce que l’on va remonter avec les eaux boueuses et souterraines

 

 

Sur notre socle

Au cœur de l’être

Et le vent – partout –

tout autour et au-dedans

 

 

Ce qu’il faudrait d'Amour et de lumière pour que l’existence et le monde deviennent plus supportables...

 

 

Les yeux (grands) ouverts ; et un regard au fond du sommeil

 

 

Le plus clair du temps – assis sur le sol – en silence – le cœur léger – les yeux mi-clos – un peu à l’écart du monde – sans bouger – nous familiarisant avec cette terre où il n’y a plus rien à construire – plus rien à enseigner – plus rien à partager

 

 

 

En soi – le potentiel de la découverte ; le contrepoids de toute question...

 

 

Derrière la douleur – derrière la parole – des fragments de monde ; des lambeaux de vérité ; ce que l’âme apprend à incorporer – sans hâte

 

 

Ici – jusqu’à l’usure…

 

 

Au milieu des grumes ; ce qui alimentera le feu ; la seule chose de la forêt que réussiront à dérober les hommes ; les arbres conservant pour eux leur sagesse – leurs trésors – leur mystère ; cette très ancienne expérience du monde qu'ils acceptent, parfois – (très) secrètement, de partager avec quelques âmes capables de s’asseoir seule(s) et en silence à leur pied

 

Le regard et le cœur brûlant ; la soif qui circule comme la sève – vers toutes les hauteurs – cherchant davantage le ciel que l’altitude

 

 

Le front fiévreux et plein d’histoires

Les pieds enfoncés dans l’argile noire

Comme condamné(s) – simultanément –

à la fureur et à l’immobilité

 

 

Nous ; plus proche(s) de la fin que de l’origine

Et à défaut de ciel – nous vautrant

dans le désir, le rêve et la prière

 

 

Quelques signes offerts au monde – au vent et à la lumière ; notre exercice (quotidien) sur la pierre

 

 

L’obscurité sans trêve

Et le chemin à dérouler

Dans l’indifférence et le rêve

Le noir qui succède au noir

A tourner en rond –

au-dedans du même cercle –

enfermé(s)

 

 

Sans intériorité ; et l’extériorité tout juste nécessaire ; de quoi respirer – un peu ; de quoi vivre – à peine...

 

 

Sans support – la réponse – le silence – obscurément clair(e) – au-delà du rêve – au-delà de la raison ; né(e), sans doute, des profondeurs les plus lointaines...

 

 

L’origine à découvert – à mesure que le vide se creuse – à mesure que disparaissent les embarras

 

Sans que personne entende

Sans que personne voit

Sans que personne comprenne

Sans même quelqu’un pour en témoigner

 

 

Notre main – si minuscule – guidée par une paume immense

 

 

Tous les visages de la terre – dans la gueule du monde – dans la gueule du temps

 

 

Des parcelles et des pugilats

Le ciel strié de larges lignes horizontales

Comme des trous dans le vide

 

 

Des pleurs – des cris – des âmes et des mains qui se cherchent et s’agitent – avalés par la nuit sans yeux

 

 

Au milieu de nulle part ;

et pas si perdu pourtant

Libre et naturellement porté

 

 

Les mots comme de la neige sur le sol noir ; comme un feu qui couve sous la saleté – sous les couches (épaisses) d’immondices ; comme un peu de lumière et de douceur sur cette terre inhospitalière

 

 

Un pas ou une parole – mille possibles ou ce qui s’impose – l’envol ou le repli – la caresse ou le coup ; la tristesse ou la joie ; foncièrement la même chose ; à peu près rien

 

Ce que nous sommes et contemplons – simplement

 

 

Au seuil du silence – les lèvres entrouvertes – comme stupéfaites devant tant de beauté – devant tant de grandeur – devant cette danse étrange et lente – comme l’épuisement de tous les possibles ; et les heures qui se vident – autant que le monde ; plus rien – ni personne – excepté cette immense arabesque dessinée dans l’air ; comme nos pas – virevoltant sur une piste de sable verticale – tournoyant avec l’espace – devenant le mouvement – la grâce et la lenteur – l’harmonie – l’obscurité et la maladresse ; quelque chose d’inimaginable – littéralement ; et qui (nous) laisse bouche bée

 

 

Quelques taches d'encre destinées à ceux qui n’ont plus sommeil…

 

 

Face à l’homme – infime – minuscule – dérisoire – la danse éternelle ; la poussière qui tourbillonne ; la lumière et le mouvement ; le temps d’une vie – le temps d’une parole ; quelque chose qui apparaît ; le rien récurrent qui, sans cesse, recommence ; le jeu du vide et de la matière immergée

 

 

Entre les lignes – le plus haut – pour lutter contre l’oubli du plus précieux – ce que la gravité et l’épaisseur dissimulent ; au-dessus du gouffre ; au-delà des couleurs dont nous aimons parer le monde

 

Mélangé à l'encre – le monde (un peu de monde) – arraché à ses malheurs – à ce sort sans hauteur – soumis au rêve et à la violence – abandonné à l’ignorance et à la hargne des vivants – délaissé par le ciel et les Dieux

 

 

Fils de personne – arrivé là sans hasard – d’un commun accord – sans doute

 

 

Inapte au retour – inapte à la fuite en avant ; inapte à toute perspective collective – à tout ce que l’histoire ou les Autres impose(nt)

 

 

Entre le fond et la sommité apparente – à descendre et à monter – comme l’instrument d’une main invisible – le jouet d’un géant à la figure secrète et mystérieuse

 

 

Sans carte – au milieu du monde ; à la recherche d’un lieu pour échapper à la folie des hommes

 

 

Le bleu et le front – accolés

Esquissés à grands traits – comme tous les bruits et toutes les danses – de la terre

 

 

Davantage, sans doute, qu’un bout de chair animé...

 

 

Des édifices de pierre et de papier – si impatients de toucher le ciel – de côtoyer les Dieux – d’échapper à l’infortune et à l'obscurité

 

 

La grande route devenue chemin – puis, sente étroite – puis, passage invisible

 

Toujours plus en avant – toujours plus profondément – comme un retour en soi ; jusqu’à effacer les frontières qui nous séparent du reste

 

 

Au plus près des étoiles – la saison des amours – les allées et venues – les incessants va-et-vient

 

Le monde bruissant – frémissant ; des orgies – des banquets – des libations – sur la pierraille ; le ciel à portée d’ivresse – le délire jusqu’au vertige

 

Le désir et le sommeil ; et la faim obsédante

 

Des lieux sans autel ; et des rites pour que fleurisse l'abondance

 

 

Le jour – en vain – si souvent – comme une nuit déguisée

Trop d’engluement – d’aveuglement – d’épaisseur

Des âmes inertes ; rien qu’une surface où le monde se reflète –

où l’idée même de ciel est écartée

 

 

Des pans de ciel effondrés – affalés sur la terre

Des temples dressés à l’horizontale

La seule perspective humaine (trop souvent)

 

 

Une seule route – d’un point à l’autre ; comme une ligne tracée qu’il faudrait suivre ; et que nous suivons...

 

 

La docilité et l’indigence – sans rien comprendre...

 

 

La parole parsemée d’éclats de monde et de vérité ; à la manière d’une hampe dressée qui émergerait (péniblement) d’un océan de mensonges et d’illusions

 

 

Des existences sans répit

Et dans le cœur – ce qui se cherche encore

 

 

Il faudrait apprendre à ignorer toutes les règles et toutes les lois pour tendre l’oreille aux résonances – en soi ; découvrir ce que porte l’homme au lieu de célébrer son image ; et déchirer la toile des illusions tendue à la manière d'un piège pour apprendre à regarder et à écouter comme pour la première fois

 

 

Dans la lumière ; comme effacé

Vivant – plus que jamais pourtant

 

 

A la pointe de l’obéissance

Au-delà de toute volonté

 

 

En soi – le lieu de l’origine et des liens réparateurs...

 

 

Quelque chose de l’inquiétude en chaque pierre qui nous regarde – en chaque arbre qui nous supplie – en chaque bête qui courbe l’échine plus bas encore

 

Et quelque chose de libre aussi que jamais les hommes ne pourront dompter – que jamais ils ne pourront s’approprier ; cette sauvagerie naturelle qu’ils ont perdue – à force de civilités – à force de civilisation

 

 

Sans effort – sans fierté

Si profondément humble et anonyme

Si heureux de n’être plus rien

 

 

Et si nous n’étions tous qu’un rêve – un élément de l'équilibre – une sorte de complémentarité – un peu de fantaisie ; aussi inutiles et inexistants les uns que les autres...

 

 

Porteur(s) et porté(s) – au gré des courants qui se heurtent ou se chevauchent

Nous – au cœur de l’absence – au cœur de ce qui se manifeste

Jamais coupable(s) de ce qui survient – de ce qui a lieu

 

 

En silence

Sans le monde – sans les Autres

Sans même la nécessité de se raconter

 

 

En des lieux qui exigent la douleur

Involontairement ; selon les circonstances

ou la nécessité des Autres

Ce qui heurte ; ce qui meurtrit ;

ce qui s’éprouve ; ce qui fait mal

La chair attachée à ce qui la blesse

L’âme attachée à ce qui l’affame

Malgré les mains en prière

Malgré le regard implorant

 

 

Ce qui naît de nos préférences et de nos partialités ; l’œil et le geste étriqués...

 

 

Ensemble – dans la fraternité des profondeurs…

 

 

En soi – la tendresse de s’appartenir – sans autre appui que ce que l’on porte intimement

 

 

A travers soi – déjà le rêve – déjà le monde

Et ce qui demeurera après nous

 

 

Heureux l’œil qui s’élève et surplombe son support apparent

 

 

Quelque chose – sous le ciel ; un peu plus que rien – peut-être...

 

 

Partout – la danse joyeuse et tragique de ce qui est né

 

 

Le ciel – au fond de soi

Ce que l’on croit subir

Réceptacle que nous sommes ;

et dont (en général) nous ne savons rien

 

Au fil du temps – le sable que l’on répand

 

Une sorte de douleur à laquelle l’âme doit se soumettre (à laquelle on finit, tôt ou tard, par se livrer)

 

Simplement – le jeu du monde et des destins…

 

Entre tous les coins du monde – la trame tissée et vivante ; et nous ; en équilibre – relié(s) à tous les fils tendus et entremêlés

 

 

L’aube trompeuse à laquelle songent ceux qui émergent du sommeil – encore titubants – encore somnolents – ivres de tous les rêves des hommes

 

[Avec tous les mythes du monde au fond de la tête]

 

 

L’enfance à genoux

Un trophée de chair à la main

Au cœur de l’obscurité carnivore

 

 

Un grand cri vers le ciel – comme une prière violente – né de ce qui a creusé la chair et l’âme – de ce qui a percé l’épaisseur et pénétré l’espace ; la voix, en réalité, s’adressant à elle-même ; du silence au silence – à travers toutes nos résistances et toutes nos incompréhensions

 

 

Sur le sang séché des mortels ; ce que furent nos (pauvres) vies...

 

 

En chemin – le jeu qui se déploie

Ce qui nous émeut ;

ce qui nous étreint et nous dépossède

Dans un monde

où tout s’invente à chaque instant

Ce qui arrive ; et ce qui nous revient…

 

 

Au-delà du désir de Dieu – au-delà des ambitions et des tractations simoniaques

Le plus simple ; le ciel – en plein cœur – dans sa parfaite nudité

Libéré de la religiosité des croyants – affables mais sans tendresse – amènes mais sans Amour

 

 

Sur la même orbe que les étoiles

Le temps et la lumière

A l’abri des obscénités du monde

 

 

Ce que nul ne sait – le plus secret – l’intimité de l’être – en chaque pierre – en chaque plante – en chaque bête – en chaque homme ; que l’on apprend, peu à peu, à découvrir en explorant l’espace qui nous habite et qui nous relie au reste (à tout le reste) ; l’infini qui nous porte et qui nous déploie – l’infini que nous portons et que nous déployons

 

 

Rien n’échappe à l’invisible – à l’ineffable – partout présent – occupé à toutes les tâches malgré les refus et les résistances – malgré la bêtise et l’ignorance qui règnent en ce monde

 

 

Contre la (fausse) complexité (couronnée un peu partout) et l’uniformité maladive ; contre la célérité que l’on encense ; contre la raideur et la docilité (infantile) des âmes ; contre l’horizontalité trop radicale du monde ; ce que l’on propose ; ce qui s’avance naturellement ; le vagabondage et l’agenouillement – la lenteur et la simplicité – la couleur singulière des visages ; le fabuleux (et mystérieux) flottement de l’esprit parmi les choses

 

 

Rien que du bruit et des réserves d’ardeur

Un ventre et une tête à remplir de victuailles et d’agréments

Et cette fatigue qui, un jour, finit par nous terrasser

 

 

Peu (très peu – trop peu) d’étreintes innocentes –

de sourires sages – d’or au creux de la main tendue

Des bouches tordues par la fièvre et la faim ; et des mains qui s’affairent

Des rêves – par millions – dans la grande nuit où tout sommeille

Rien que des ruses – des maladresses – des tentatives d’évasion

 

 

Vivant – sans jamais être là

Le cœur et la tête (bien) trop embarrassés

 

 

La lumière attirée par le plus lumineux de la matière ; sous nos ombres éclairées ; ce qui – en chacun – est en mesure de fraterniser

 

 

Cette ivresse face à l’étendue

La sensation de l’immensité

Ce que l’on épouse – ce que l'on épuise ;

et ce en quoi nous nous transformons –

au fil des ajouts et des soustractions

Et ce qu’il reste à découvrir dans les replis du mystère

L’irréductible essence derrière les apparences déguisées

 

 

La mort – indifférente au poids de la tristesse – comme si quelque chose s’enfonçait dans l’âme ; la pointe de l’épée suspendue au-dessus de nos têtes

 

Le jeu du monde sur les vivants aux expériences (plus ou moins) douloureuses – qui traversent la vie cahin-caha – entre le rire et les larmes

 

Le destin singulier qui se dessine ; ce qu’il nous faut, patiemment – laborieusement, expérimenter ; de bout en bout

 

 

Ce qui, peu à peu, émerge des profondeurs

Ce qui – au-dedans – se dresse pour respirer

L’invisible – dans sa nécessité vivante

 

 

Le Divin et la pierre – à la même hauteur

Et nous tous – à égalité (bien qu’à inégale distance du mystère)

Ensemble – dans cette danse inépuisable – ici et ailleurs

Inséparables – contrairement à ce que nous imaginons...

 

 

Tout qui se dérobe ; et ce que ronge le feu ; des restants de rêves

 

 

Des existences qui (dans le meilleur des cas) se résument à deux dates ; celle de la naissance et celle de la mort ; et qu’importe ce que contient l’intervalle ; ce que l’on y met ; ce que l’on s’obstine à y mettre ; ce que l’on s’acharne à accomplir

 

Pas de quoi noter la moindre ligne – le moindre mot – dans les annales du monde

 

Un tumulus et des excréments – voilà, en vérité, ce que nous laissons derrière nous

 

 

Ce qui est vécu – sans résistance

Toute la force recentrée sur le destin

Avec le même statut que le soleil et la neige

Plus qu’un pacte – une alliance naturelle

 

 

Face aux saisons passantes

Le temps des mirages et des frissons

Les jours hésitants

Et le ciel au-dessus des rêves

 

 

Sur cet océan aux vagues colossales qui condamnent (inéluctablement) au naufrage

 

En déséquilibre sur nos esquifs fragiles – inadaptés à la furie pélagique

 

A notre échelle – l’immensité – l’infini peut-être – à moins que nous ne rêvions – à moins que nous n’inventions des histoires de grandeur – d’aventure et d’épopée ; peut-être n'y a-t-il pas le moindre remous au fond de notre minuscule flaque de boue

 

 

Sans savoir – assis là où le vent nous a posé(s)...

 

 

L’apparence de l’espace ; le vide rempli de choses – de désirs et d’interrogations

 

Et ce qui est penché sur nous – l’œil attentif et le cœur attendri ; la main immense toujours prête à soulever l’âme au-dessus de ceux qui s’imaginent propriétaires de leur existence – de leur nom – du sol où sont posés leurs pieds

 

De la tristesse à la joie ; de l'ignorance à la lumière ; le sens, sans doute, de cet accompagnement

 

 

D’un bout à l’autre de l’étendue –

cette traversée

Tantôt secousse – tantôt caresse

Pas à pas

Dans l’épaisseur de la trame

Et ce qui monte – en nous – du fond des âges ;

notre reconnaissance

 

 

Derrière les apparences – les mouvements – les changements – le maître d’œuvre du monde ; le jeu et les joueurs – peu à peu éclairés par la lumière – peu à peu envahis par la tendresse

 

 

Adossé au rire des Dieux – à la force des titans – au discernement des sages ; lucide – puissant et joyeux – vivant sans crainte des circonstances – enchaînant les épreuves et les expériences

 

De cette race qui ne s’offusque (presque) jamais de ce qui a lieu

 

 

Le chaos de la tête prête au sacrifice

L’inconscience de l’âme qui précipite le temps

Ce qui échappe à la lumière

L’ombre et la mort – main dans la main –

imposant leurs forces – leurs intentions –

leurs prérogatives

Les puissances de destruction à l’œuvre –

sans retenue – sans explication ;

dans le juste prolongement

des nécessités de l’origine

 

 

Au cœur du monde – en soi – comme partout ailleurs – le même sommeil et le même mystère

 

 

Affranchi de toutes les luttes ; l’Amour

Au-delà des yeux et des appartenances

 

 

Le cœur posé sur l’ultime frontière qui sépare le bleu du reste – la joie de la peur – le familier de l’utopie

 

 

La page maculée d’encre – de sueur – de sang – de semence ; le monde imprimé dans la parole ; la substance des mortels qui se mêle à l'invisible et au silence ; à l'essence des Dieux

 

 

Partout – le même silence ; partout – le même secret...

 

 

Sous une lumière sale ; sur un sol ensanglanté ; le sort des bêtes

Et nos larmes qui coulent sur la pierre rouge – témoin(s) de toutes ces atrocités

 

 

A éclabousser vainement le ciel de ses paroles – de ses crachats ; mieux vaudrait contempler en silence – se laisser guider par la blessure – laisser les vents décider de l’itinéraire – caresser l’incertitude – au lieu de traverser le monde – boursouflé d’assurance et d'intentions

 

 

A genoux

Les prières balancées – à la hâte – à la chaîne ;

et qui s’entassent sous la même étoile

Le visage fébrile

La désespérance au fond de l’âme

Les yeux fermés sur tant d’embarrassement(s)

 

 

Solitaire

Et vivant un peu à l’écart du monde (bien sûr)

En ce lieu qu’il faut, sans cesse, réinventer

pour échapper aux hommes

 

 

En soi – la jubilation

La certitude de l’être

Le désert et la tendresse –

(absolument) manifestes

Ce qui ne s’offre – et ce qui ne se reçoit –

que dans une parfaite solitude

 

 

Le seul geste possible ; celui qu’imposent les circonstances et les nécessités de l’âme ; qu’importe ce qui advient ; l’obéissance impérieuse et magistrale ; ce qui fait de nous des serviteurs souverains – des instruments prompts et joyeux entre les mains (vigoureuses et déterminées) du mystère

 

 

Par-delà les murs – les monts – la mort – la mer

 

Exactement ce qu’il y a ici – ni plus ni moins – le monde – et cette étrange folie entre les tempes qui invente des rêves – des barreaux et des labyrinthes – des mythes et des horizons – et autant d’au-delàs que d’œils qui regardent

 

 

Ce que l’on frôle

Les secrets du monde – des choses en vrac – sans (réelle) importance

Ce qui soutient les rêves

Et l'esprit qui se pince à l’énoncé de tous les noms ; la tête et les mains qui s’agitent

La perte et l’abîme – comme un vertige ; la douleur de n’être que cela

La rudesse des cœurs et l’âpreté des malheurs

Comme si nous n’étions pas (totalement) de ce monde – pas seulement de la matière vivante

 

 

Le mystère ; ce qui œuvre derrière – et à travers – les apparences ; ce qui nous fait arpenter la terre et le ciel – ce qui semble nous manquer ; et dont nous sommes riches, pourtant – sans le savoir, à profusion

 

 

Ce qui nous enveloppe sans nous alourdir

Le labeur de la lumière au fond de l’obscurité

 

 

L’homme si insensible qu’il y a, entre son cœur et le nôtre, un abîme (apparemment) infranchissable

 

 

En ce lieu où la terre remplace le bitume ; où les arbres et les herbes folles remplacent le béton

 

La respiration plus ample – plus libre ; et le ciel (dans sa nudité) perçu dans l’expérience

 

L’âme (simplement) accolée à la lumière – ivre de sa propre solitude (presque saoule) – et qui s’affirme sans rien endommager – sans offenser personne ; à l’écart (bien sûr) de ce qui s’agite et de ce qui se pense

 

 

Rien que des larmes face à la férocité des dents...

 

 

Nous seul(s) – en héritage ; à se dépêtrer avec les battements de ce cœur vivant

 

 

Comme des traces sur l’oubli

Quelque chose de mortel qui refuserait l’évidence

Les mains qui s’agrippent – la voix qui crie –

ce que nous dessinons sur la cendre et le sable –

le cœur qui tremble – les ongles accrochés à la roche

Le sang et la sueur séchés sur le sol

Sur l’autel érigé à notre effigie

Devant l’abîme au fond duquel nous serons, un jour, jetés

 

 

Par excès de gravité – la tristesse...

 

 

Le ciel étreint – la terre abandonnée

L’innocence – sans compensation

Ce qui n’a l’air de rien ; et pourtant...

 

 

A reculons – comme le jour qui se couche ;

Le monde qui s’efface

A même la lumière

Et nous – emporté(s)

A des allures différentes –

selon l’intensité de la soif

 

 

Des lieux – des choses et d’autres ; avec tout l’attirail et le déguisement nécessaires – selon les circonstances et la tournure du monde

 

 

Des couleurs provisoires – malgré notre attachement – malgré notre insistance à demeurer

 

 

Les jeux du monde – si reconnaissables

De la fatigue et du sommeil

Sous le règne de l’effervescence et de la cécité

Mille fois vécus ; mille fois berné(s)

Avec trop d'ignorance et de mort(s) ;

et, sans doute, pas assez de joie

Et toutes ces faces de brute

qui nous dévisagent encore...

Tandis que l’on amasse des objets – des idées – des titres – des honneurs – les couteaux continuent de meurtrir la chair des arbres et des bêtes ; tout ce dont nous avons besoin pour nous remplir la panse au coin du feu