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LES CARNETS METAPHYSIQUES & SPIRITUELS

A PROPOS

La quête de sens
Le passage vers l’impersonnel
L’exploration de l’être

L’intégration à la présence


 

CARNETS PUBLIES

L'expérience du monde 
Récit (1997-1999)

Solitudes 
Récit (2001)

Le petit chercheur Livre 1  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 2  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 3  
Conte (2004)

Quêteur de sens  
Essai anthologique (2005)

Traversée commune  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 1  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 2  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 3  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 4  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 5  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 6  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 7  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 8  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 9  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 10  
Livre expérimental (2007)

Tourbillon(s) 
Journal & récit (2008-2013)

Le goût d'autre chose 
Journal (2013-2016)

Un homme simple et sage 
Récit (2014)

Une âme sensible Vol 1  
Journal (2016-2019)

Une âme sensible Vol 2 
Journal (2016-2019)

Entre le rêve, le monde... Vol 1  
Journal (2019-2020)

Entre le rêve, le monde... Vol 2  
Journal (2019-2020)

Quelque chose du sang...  
Journal (2020-2021)

En plein cœur Vol 1 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 2 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 3 
Journal (2021-2022)

Si près de nos lèvres... Vol 1 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 2 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 3 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 4 
Journal (2022-2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 1 
Récit (2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 2  
Récit (2023)

Une destinée sans certitude Vol 1 
Journal (2023-2024)

Une destinée sans certitude Vol 2 
Journal (2023-2024)

Entre Dieu et la pierre Vol 1
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 2
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 3
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 4
Journal (2024-2025)

Quelques jours... Vol 1  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 2  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 3  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 4  
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 1
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 2
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 2 partie 1
Journal (2025-2026)

En son for intérieur Vol 2 partie 2
Journal (2025-2026)

 

CARNETS BRUTS

Carnet n°1
L’innocence bafouée

Récit / 1997 / La quête de sens

Carnet n°2
Le naïf

Fiction / 1998 / La quête de sens

Carnet n°3
Une traversée du monde

Journal / 1999 / La quête de sens

Carnet n°4
Le marionnettiste

Fiction / 2000 / La quête de sens

Carnet n°5
Un Robinson moderne

Récit / 2001 / La quête de sens

Carnet n°6
Une chienne de vie

Fiction jeunesse / 2002/ Hors catégorie

Carnet n°7
Pensées vagabondes

Recueil / 2003 / La quête de sens

Carnet n°8
Le voyage clandestin

Récit jeunesse / 2004 / Hors catégorie

Carnet n°9
Le petit chercheur Livre 1

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°10
Le petit chercheur Livre 2

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°11 
Le petit chercheur Livre 3

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°12
Autoportrait aux visages

Récit / 2005 / La quête de sens

Carnet n°13
Quêteur de sens

Recueil / 2005 / La quête de sens

Carnet n°14
Enchaînements

Récit / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°15
Regards croisés

Pensées et photographies / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°16
Traversée commune Intro

Livre expérimental / 2007 / La quête de sens

Carnet n°17
Traversée commune Livre 1

Récit / 2007 / La quête de sens

Carnet n°18
Traversée commune Livre 2

Fiction / 2007/ La quête de sens

Carnet n°19
Traversée commune Livre 3

Récit & fiction / 2007 / La quête de sens

Carnet n°20
Traversée commune Livre 4

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°21
Traversée commune Livre 5

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°22
Traversée commune Livre 6

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°23
Traversée commune Livre 7

Poésie / 2007 / La quête de sens

Carnet n°24
Traversée commune Livre 8

Pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°25
Traversée commune Livre 9

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°26
Traversée commune Livre 10

Guides & synthèse / 2007 / La quête de sens

Carnet n°27
Au seuil de la mi-saison

Journal / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°28
L'Homme-pagaille

Récit / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°29
Saisons souterraines

Journal poétique / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°30
Au terme de l'exil provisoire

Journal / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°31
Fouille hagarde

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°32
A la croisée des nuits

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°33
Les ailes du monde si lourdes

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°34
Pilori

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°35
Ecorce blanche

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°36
Ascèse du vide

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°37
Journal de rupture

Journal / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°38
Elle et moi – poésies pour elle

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°39
Préliminaires et prémices

Journal / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°40
Sous la cognée du vent

Journal poétique / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°41
Empreintes – corps écrits

Poésie et peintures / 2010 / Hors catégorie

Carnet n°42
Entre la lumière

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°43
Au seuil de l'azur

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°44
Une parole brute

Journal poétique / 2012 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°45
Chemin(s)

Recueil / 2013 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°46
L'être et le rien

Journal / 2013 / L’exploration de l’être

Carnet n°47
Simplement

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°48
Notes du haut et du bas

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°49
Un homme simple et sage

Récit / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°50
Quelques mots

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°51
Journal fragmenté

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°52
Réflexions et confidences

Journal / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°53
Le grand saladier

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°54
Ô mon âme

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°55
Le ciel nu

Recueil / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°56
L'infini en soi 

Recueil / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°57
L'office naturel

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°58
Le nuage, l’arbre et le silence

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°59
Entre nous

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°60
La conscience et l'Existant

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°61
La conscience et l'Existant Intro

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°62
La conscience et l'Existant 1 à 5

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°63
La conscience et l'Existant 6

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°64
La conscience et l'Existant 6 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°65
La conscience et l'Existant 6 (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°66
La conscience et l'Existant 7

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°67
La conscience et l'Existant 7 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°68
La conscience et l'Existant 8 et 9

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°69
La conscience et l'Existant (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°70
Notes sensibles

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°71
Notes du ciel et de la terre

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°72
Fulminations et anecdotes...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°73
L'azur et l'horizon

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°74
Paroles pour soi

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°75
Pensées sur soi, le regard...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°76
Hommes, anges et démons

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°77
La sente étroite...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°78
Le fou des collines...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°79
Intimités et réflexions...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°80
Le gris de l'âme derrière la joie

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°81
Pensées et réflexions pour soi

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°82
La peur du silence

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°83
Des bruits aux oreilles sages

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°84
Un timide retour au monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°85
Passagers du monde...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°86
Au plus proche du silence

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°87
Être en ce monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°88
L'homme-regard

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°89
Passant éphémère

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°90
Sur le chemin des jours

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°91
Dans le sillon des feuilles mortes

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°92
La joie et la lumière

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°93
Inclinaisons et épanchements...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°94
Bribes de portrait(s)...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°95
Petites choses

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°96
La lumière, l’infini, le silence...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°97
Penchants et résidus naturels...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°98
La poésie, la joie, la tristesse...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°99
Le soleil se moque bien...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°100
Si proche du paradis

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°101
Il n’y a de hasardeux chemin

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°102
La fragilité des fleurs

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°103
Visage(s)

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°104
Le monde, le poète et l’animal

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°105
Petit état des lieux de l’être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°106
Lumière, visages et tressaillements

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°107
La lumière encore...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°108
Sur la terre, le soleil déjà

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°109
Et la parole, aussi, est douce...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°110
Une parole, un silence...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°111
Le silence, la parole...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°112
Une vérité, un songe peut-être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°113
Silence et causeries

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°114
Un peu de vie, un peu de monde...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°115
Encore un peu de désespérance

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°116
La tâche du monde, du sage...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°117
Dire ce que nous sommes...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°118
Ce que nous sommes – encore...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°119
Entre les étoiles et la lumière

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°120
Joies et tristesses verticales

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°121
Du bruit, des âmes et du silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°122
Encore un peu de tout...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°123
L’amour et les ténèbres

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°124
Le feu, la cendre et l’infortune

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°125
Le tragique des jours et le silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°126
Mille fois déjà peut-être...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°127
L’âme, les pierres, la chair...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°128
De l’or dans la boue

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°129
Quelques jours et l’éternité

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°130
Vivant comme si...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°131
La tristesse et la mort

Récit / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°132
Ce feu au fond de l’âme

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°133
Visage(s) commun(s)

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°134
Au bord de l'impersonnel

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°135
Aux portes de la nuit et du silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°136
Entre le rêve et l'absence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°137
Nous autres, hier et aujourd'hui

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°138
Parenthèse, le temps d'un retour...

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°139 
Au loin, je vois les hommes...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°140
L'étrange labeur de l'âme

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°141
Aux fenêtres de l'âme

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°142
L'âme du monde

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°143
Le temps, le monde, le silence...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°144
Obstination(s)

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°145
L'âme, la prière et le silence

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°146
Envolées

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°147
Au fond

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°148
Le réel et l'éphémère

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°149
Destin et illusion

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°150
L'époque, les siècles et l'atemporel

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°151
En somme...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°152
Passage(s)

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°153
Ici, ailleurs, partout

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°154
A quoi bon...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°155
Ce qui demeure dans le pas

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°156
L'autre vie, en nous, si fragile

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°157
La beauté, le silence, le plus simple...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°158
Et, aujourd'hui, tout revient encore...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°159
Tout - de l'autre côté

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°160
Au milieu du monde...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°161
Sourire en silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°162
Nous et les autres - encore

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°163
L'illusion, l'invisible et l'infranchissable

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°164
Le monde et le poète - peut-être...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°165
Rejoindre

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°166
A regarder le monde

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°167
Alternance et continuité

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°168
Fragments ordinaires

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°169
Reliquats et éclaboussures

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°170
Sur le plus lointain versant...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°171
Au-dehors comme au-dedans

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°172
Matière d'éveil - matière du monde

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°173
Lignes de démarcation

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°174
Jeux d'incomplétude

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°175
Exprimer l'impossible

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°176
De larmes, d'enfance et de fleurs

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°177
Coeur blessé, coeur ouvert, coeur vivant

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°178
Cercles superposés

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°179
Tournants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°180
Le jeu des Dieux et des vivants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°181
Routes, élans et pénétrations

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°182
Elans et miracle

Journal poétique / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°183
D'un temps à l'autre

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°184
Quelque part au-dessus du néant...

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°185
Toujours - quelque chose du monde

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°186
Aube et horizon

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°187
L'épaisseur de la trame

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°188
Dans le même creuset

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°189
Notes journalières

Carnet n°190
Notes de la vacuité

Carnet n°191
Notes journalières

Carnet n°192
Notes de la vacuité

Carnet n°193
Notes journalières

Carnet n°194
Notes de la vacuité

Carnet n°195
Notes journalières

Carnet n°196
Notes de la vacuité

Carnet n°197
Notes journalières

Carnet n°198
Notes de la vacuité

Carnet n°199
Notes journalières

Carnet n°200
Notes de la vacuité

Carnet n°201
Notes journalières

Carnet n°202
Notes de la route

Carnet n°203
Notes journalières

Carnet n°204
Notes de voyage

Carnet n°205
Notes journalières

Carnet n°206
Notes du monde

Carnet n°207
Notes journalières

Carnet n°208
Notes sans titre

Carnet n°209
Notes journalières

Carnet n°210
Notes sans titre

Carnet n°211
Notes journalières

Carnet n°212
Notes sans titre

Carnet n°213
Notes journalières

Carnet n°214
Notes sans titre

Carnet n°215
Notes journalières

Carnet n°216
Notes sans titre

Carnet n°217
Notes journalières

Carnet n°218
Notes sans titre

Carnet n°219
Notes journalières

Carnet n°220
Notes sans titre

Carnet n°221
Notes journalières

Carnet n°222
Notes sans titre

Carnet n°223
Notes journalières

Carnet n°224
Notes sans titre

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Et si le monde était l'exil

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La danse secrète

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Le cœur engagé dans l'aventure

Mai 2025

 

Carnet n°320
Ce qui veille au fond de l'âme

Juin 2025

 

Carnet n°321
Dans l'écume du mystère

Août 2025

 

Carnet n°322
Vers l'indéchiffrable

Septembre 2025

 

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Dans l'épaisseur du réel

Octobre 2025

 

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Entre l'étoile et la boue

Novembre 2025

 

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Tant qu'il y aura des jours

Décembre 2025

 

Carnet n°326
Des choses et d'autres

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Epigraphes associées aux carnets

© Les carnets métaphysiques & spirituels

EN SON FOR INTERIEUR (VOLUME 1) première partie

JOURNAL (2025)

 

1

Ici – sans tricher ; disant ce qui me traverse et ce qui m'étreint

 

 

2

L'expérience du monde

et la parole qui va avec

 

 

 

 

 

3

Tout être porte en lui plus que lui-même...

 

 

4

Qui donc se cache derrière le reflet du miroir ?

 

 

 

 

 

5

Des années que je n'avais plus employé le pronom « je » ; je croyais m'en être défait ; je m'aperçois qu'il n'en est rien ; sans doute l'avais-je, malgré moi, maladroitement dissimulé au milieu des mots.

 

 

6

A moitié exposé

à moitié caché

au milieu de ces pages

 

 

 

 

 

7

En soi – une déchirure inguérissable – peut-être...

 

 

8

Intègre et ingénu

malgré toutes nos mutilations

 

 

 

 

 

9

Comme tant d'autres, manquant de presque tout ; et de joie d'abord pour se réjouir de cette existence...

 

 

10

Tandis que nous vivons

tandis que nous essayons d'inventer une terre et un ciel

partout règnent la douleur et la cécité

et jusque dans l'âme

de celui qui s'imagine épargné

 

 

 

 

 

11

Rien que la vie pour apprendre à vivre.

Et rien que la mort pour apprendre à mourir*.

 

* quelles que soient les circonstances, l'existence jamais n'y prépare

 

 

12

Le peu que la vie nous prête

pour quelques instants

 

 

 

 

 

13

Rien

Et déjà trop

 

 

14

Ce que le cœur épuise et dilapide

à force de refus

 

 

 

 

 

15

Là où le cœur s'immisce, l'esprit voit...

 

 

16

Les yeux aussi fermés devant Dieu que devant le miroir

 

 

17

Au fond du sommeil

l'apparence du monde

et au-dehors rien

du vent et de la liberté

 

 

 

 

 

18

Tant d'années à cheminer

Et qu'avons-nous franchi ?

Absolument rien

Et où en est-on aujourd'hui ?

Exactement au même endroit qu'à nos débuts

Comme si nous n'avions pas bougé

 

 

19

Au seuil de l'infranchissable – peut-être...

 

 

 

 

 

20

Là où le vent nous porte sans que l’œil voyage jamais...

 

 

21

L'âme

comme un rêve dans le vent

comme du vent dans le rêve

et qui va là où nul ne l'attend

 

 

22

A aller seul

emporté par tous les possibles qui se dessinent

 

 

 

 

 

23

Tout est trésor pour peu que l'on prenne la peine de considérer ce qui nous entoure.

 

 

24

Les yeux éternels du jour

sur ce que l'on considère comme la nuit

 

 

 

 

 

25

Partout il y a de quoi contempler, admirer et remercier...

 

 

26

Dieu dans le geste

davantage que dans la prière

 

 

 

 

 

27

La rumeur de la forêt. Mille bruits plaisants (et familiers) dans un silence ouaté. Un délice pour l'oreille et l'esprit...

 

 

28

La forêt endormie

sous le regard de la lune

offrant aux yeux un spectacle

et à l'âme un poème

 

 

 

 

 

29

Des arbres autour de soi et le ciel au-dessus de la tête. Que pourrait-on demander de plus ?

 

 

30

Comme à l'origine

la main tendue

et le cœur en prière

 

 

 

 

 

31

Dans un silence habité, il y a toute la sagesse du monde.

 

 

32

Nous détachant des choses et des bruits

des promesses et des éblouissements

des espoirs nichés au fond de la nuit

de tous les rêves de ce monde

 

 

 

 

 

33

Le cycle immuable du monde. Et, à travers la répétition, ce qui évolue...

 

 

34

Depuis toujours

le temps sans cesse recommencé

 

 

 

 

 

35

Parfaitement approprié ; ce que l'on rencontre... même ce qui déchire le cœur et la peau...

 

 

36

Tiré à hue et à dia par tant de nécessités

sans jamais pouvoir échapper ni au règne terrestre

ni aux lois du monde

 

 

 

 

 

37

Ce qui nous arrive : inutile d'en faire tout un fromage ! Il n'y a absolument rien de personnel dans nos histoires...

 

 

38

Le vide en soi

au milieu de tant de forces

 

 

 

 

 

39

Le cœur et l'esprit embarrassés perçoivent un monde uniforme et opaque alors que le cœur et l'esprit vides voit un monde léger, merveilleux et dansant – un monde incroyablement vivant...

 

 

40

Le monde

au-delà de la pensée

Là où il y a quelque chose peut-être

 

 

 

 

 

41

Se sentir différent de ses congénères par l'esprit, la sensibilité et le mode de vie sans l'être véritablement, bien sûr, puisque nous sommes animés par les mêmes besoins ; seule la manière de les satisfaire semble nous distinguer.

 

 

42

Présence prisonnière

tantôt du monde

tantôt de la lumière

 

 

 

 

 

43

Il faut être seul – car, en général, la présence d'autrui nous distrait – pour s'apercevoir que le monde est non seulement incroyablement peuplé mais qu'il recèle quantité de beautés et de merveilles. Et appréhender le monde ainsi, c'est ne jamais être ni triste ni seul(e)... c'est être un observateur aimant et bouleversé par les êtres et les choses de ce monde.

 

 

44

Au fond de l'enfance

le regard et l'étonnement

qu'importe les cris et la cécité

le cœur (presque) jamais souillé

 

 

 

 

 

45

Le cœur charmé ou en extase devant la multitude des spectacles. Témoin admiratif de ce que nous sommes car c'est l'esprit, bien sûr, qui assiste à ses propres représentations...

 

 

46

Si près de l'âme

le reflet et le miroir

 

 

 

 

 

47

Le ballet délicat des libellules au-dessus de la rivière ; et c'est notre âme qui est invitée à danser au son des clapotis. Et lorsqu'un rouge-gorge vient se poser sur la branche d'un noisetier, la fête est à son comble...

 

 

48

La chambre posée sous les nuages

ouverte au vent

se laissant traverser

par ceux qui habitent la forêt

 

 

 

 

 

49

Nous demandant (encore trop souvent) comment vivre dans le monde (humain) ou comment lui échapper ; lui qui semble si peu propice à ceux qui l'habitent...

 

 

50

Funambule sur le fil de l'absence

jonglant avec toutes les frontières humaines

 

 

51

Comme un appel

à privilégier l'Absolu

plutôt que le destin de l'homme

 

 

 

 

 

52

D'un air grave et mal inspiré ; les Hommes

 

 

53

Le souffle et le rêve

mêlant leurs élans

dansant au milieu des apparences du monde

pour le plus grand malheur des hommes

 

 

54

De la même couleur que le ciel ; notre aveuglement

 

 

 

 

 

55

Partout ; du monde, du bruit, des cris, des paroles comme si les Hommes n'étaient bons qu'à geindre, à s'agiter, à se quereller, à bavarder, à se reproduire...

 

 

56

Au-dessus du cirque irréel

le ciel impassible

 

 

 

 

 

57

Il y a quelque chose de fascinant dans une graine ; tout ce devenir en attente...

 

 

58

Au pied de la vie

ce que nous avons abandonné

et qui, un jour, se redressera

pour danser au rythme des tambours du temps

 

 

 

 

 

59

Lorsqu'un mode de vie correspond parfaitement à son individualité, on ne ressent ni lassitude, ni besoin de changement.

 

 

60

Chaque jour ainsi

recommençant

 

 

 

 

 

61

Sur une terre accueillante et hostile, sous un ciel bienveillant et indifférent – comme s'il nous fallait tout vivre – tout expérimenter – pour comprendre ce que nous sommes

 

 

62

Le cœur

arpentant tous les territoires

ceux de l'âme comme ceux du monde

 

 

 

 

 

63

Chaque geste – chaque pas – est une danse lorsque le cœur est joyeux

 

 

64

Comme un soleil

dans chaque recoin de ce monde

 

 

65

Et s'il n'y avait que l'Amour et le silence

 

 

 

 

 

66

Toute déception nous oblige à creuser en nous le seul réconfort possible

 

 

67

Au seuil d'un ciel

dont la terre est la seule issue

 

 

 

 

 

68

Ah ! Tant d'inconnaissable et d'horizons indépassables pour l'esprit humain...

 

 

69

Rien dans l'équation

ni d'un côté

ni de l'autre

 

 

 

 

 

70

L'attention est le socle sur lequel s'appuient la sensibilité et la compréhension. Sans elle, l'âme et le monde ne seraient qu'une épaisseur grise et monotone

 

 

71

Perché si haut

avec pourtant encore de la boue

au fond des yeux

 

 

72

Le cœur parfois recouvert d'un long manteau noir

 

 

 

 

 

73

Si l’œil et le cœur se lassent, c'est qu'ils ne savent plus ni voir ni sentir

 

 

74

Ce qui s'entasse dans l'esprit

à force de rêves

 

 

 

 

 

75

Assis au bord d'une rivière dans une petite crique ; entouré d'aulnes, de noisetiers, de libellules, de demoiselles et d'araignée d'eau (à la vivacité surprenante). L'esprit particulièrement serein. Avec la sensation de baigner dans une atmosphère enveloppante et cotonneuse – infiniment tendre – et d'être pénétré par cette douceur jusqu'à la moelle. Sous un long couvert végétal – une sorte d'arche protectrice – qui laisse passer une belle lumière (légèrement tamisée). Et où que les yeux se posent, il n'y a que ciel et arbres. Et douce à l'oreille, la petite musique de l'eau qui coule...

 

 

76

Ces pages ?

Ce que le cœur peut restituer

 

 

 

 

 

77

Il est des lieux et des moments – lorsque l'Homme se trouve plongé dans une solitude profonde et joyeuse – qui permettent à l'esprit d'appréhender le monde comme le premier Homme posant partout autour de lui des yeux curieux et émerveillés... et cela constitue, je crois, l'une des plus grandes joies que l'on peut connaître sur cette terre.

 

 

78

Il y a tant d'horizons

au cœur du poème

que nous ne toucherons

que du bout des doigts

 

 

 

 

79

Au cœur du monde naturel, je suis presque toujours envahi par un sentiment métaphysique profond. Ramené en quelque sorte (et encore plus qu'à l'accoutumée) aux questionnements fondamentaux devant tant de merveilles, de surprises, de magie, d'étrangeté...

 

 

80

Sous les apparences

le cœur et l'Absolu

 

 

 

 

 

81

Devant tant de beauté, le cœur empli de gratitude et d'admiration

 

 

82

A l'extrême pointe de l'âme

l'immensité et la lumière

 

 

 

 

 

83

Ce qu'un Homme a ressenti ou pensé il y a des milliers d'années à l'autre bout du monde, on peut le ressentir ou le penser ici même à cet instant. Et il en sera, sans doute*, encore ainsi dans des milliers d'années...

 

* si la Terre n'a pas trop changé

 

 

84

Sur le ballast des âges

un peu d'éternité

 

 

 

 

 

85

La vie est inconfortable et incertaine. Une fois qu'on l'a compris, on peut vivre l'esprit (un peu) plus tranquille

 

 

86

Parvenu au seuil

au-delà duquel tout est égal

 

 

 

 

 

87

L'esprit assez aiguisé et le cœur suffisamment large pour prétendre être un Homme

 

 

 

88

Nous ne sommes personne

 

 

 

 

 

89

Dans ce monde où tout est cloisonné et où la spécialisation fait florès, les « touche-à-tout » et les polymathes – comme l'Homme universel d'ailleurs – n'ont plus de place. Chacun est cantonné à un domaine particulier. Triste époque...

 

 

90

Le cœur somnambulique

allant les yeux fermés

vers ce rêve

qui a des airs de fin du monde

 

 

 

 

 

91

Pendant la période estivale, après avoir versé un peu d'eau aux plantes près desquelles j'étais assis durant « ma pause sylvestre », je les entends presque dire : « Ah ! Merci ! Merci ! On était si assoiffées !

 

 

92

Au faîte de l'enfance

au-dessus des monstruosités du monde

quelque chose de la tendresse et du silence

 

 

 

 

 

93

En cette vie, peu de choses pèsent plus lourd que la douleur et la mort

 

 

94

Le cœur penché

sur ce sang épais qui se répand

si horriblement sur cette terre

 

 

95

Le cœur souvent plus obscur que la nuit

 

 

 

 

 

96

Quelques tremblements sur la pierre à l'heure où il nous faut affronter le pire ou partir

 

 

97

Au cœur même de l'ignorance

Ce qui sait déjà

 

 

 

 

 

98

Je crois que l'on écrit pour partager une joie, une tristesse, une découverte, pour épancher une émotion qui déborde (et ainsi la rendre plus supportable) ou pour offrir à l'autre une part de son humanité

 

 

99

Quelques traces

un peu d'épaisseur

pour les pas qui suivront

 

 

 

 

 

100

Ce que l'on cherche dans un livre ; une rencontre – quelque chose de l'autre qui résonne comme une fraternité

 

 

101

La parole nourricière

dans laquelle le monde

pioche sa substance

 

 

 

 

 

102

Toute la cosmologie de la langue et de la littérature avec leurs univers, leurs astres, leurs trous noirs, leur gravité, leurs comètes ; tous leurs mystères...

 

 

103

Ce que la parole contient

qu'importe le sens et le son des mots

l'âme de celui qu'elle a traversé

comme un morceau de cœur

livré à celui qui l'écoute ou la lit

 

 

 

 

 

104

Conquérir le monde, la grande affaire de l'Homme. Et apprivoiser le vide, ce à quoi s’attellent quelques-uns...

 

 

105

Le cœur battant depuis toujours

comme s'il n'y avait que le voyage

comme si la mort était une invention

 

 

106

Une vie – des gestes

où se côtoient l'infime et l'infini

 

 

 

 

 

107

Parfois si poreux que (presque) tout est ressenti. Et d'autres fois, si opaque qu'on a le sentiment de tourner en rond et d'étouffer dans un esprit hermétique et exigu

 

 

108

D'un monde à l'autre

jusqu'à l'éblouissement

qui fait ouvrir les yeux

 

 

 

 

 

109

Je n'aime rien tant que ces longues pauses sylvestres – assis ou allongé sur le sentier après quelques kilomètres de marche. A l'ombre des grands arbres. Les yeux fixant le ciel à travers la danse des feuillages chahutés par le vent. Il y a dans ces instants quelque chose d'une paix profonde et quelque chose aussi de l'éternité.

 

 

110

Au cœur de la lumière

cette conversation silencieuse

 

 

 

 

 

111

Vie et mort si étrangement – si savamment – si inextricablement – enchevêtrées en ce monde

 

 

112

L'apparence d'un destin

une fiction peut-être

dont nous serions le personnage

 

 

 

 

 

113

Ce que nous vivons ; exactement ce qu'il nous faut vivre...

 

 

114

L'invisible

au cœur de notre géographie intime

 

 

 

 

 

115

Sentir jusqu'au fond de sa moelle que l'on est une partie vivante de ce grand Tout.

 

 

116

Le cœur traversé par le monde et les siècles

 

 

117

Le cœur arpenté par la lumière

 

 

 

 

 

118

Lorsque les yeux déchirent le voile derrière lequel se cache le réel nous apparaissent l’extraordinaire diversité des formes et des couleurs, l'incroyable beauté du monde et la prodigieuse envergure de l'esprit.

 

 

119

Face au monde

comme face au miroir

sans très bien savoir quoi faire

 

 

 

 

 

120

C'est l'envergure et la profondeur du regard qui déterminent « la valeur » de ce que nous percevons et qui donnent ou non aux phénomènes leur caractère précieux.

 

 

121

Ce qui rayonne à notre insu

 

 

122

Le grand vide

au fond de l’œil

dans lequel, un jour,

tout finira par disparaître

 

 

 

 

 

123

Pourquoi se sent-on si vide lorsque l'on n'écrit pas – lorsque aucune pensée ne dicte à la main de courir sur la page ?

 

 

124

Sans rien savoir

comme abandonné à l'obscurité

 

 

 

 

 

125

Tant de vide parfois que notre existence prend des allures de néant...

 

 

126

L'âme à moitié étouffée

au fond de sa pauvre gangue de chair

 

 

 

 

 

127

Nous sommes le 15 août ; et les collines se colorent déjà de jaune, d'orange et de rouge, le vent fait tomber des myriades de feuilles sèches. Les arbres souffrent de ces épisodes caniculaires de plus en plus longs et rapprochés. Autant que les bêtes sans doute... Il y a quelques jours en traversant un fond de vallée, j'ai délogé bien malgré moi cinq chevreuils en cinq endroits différents qui « profitaient » sans doute de la fraîcheur (toute relative) du lit d'une petite rivière asséchée déjà depuis de longues semaines.

 

 

128

Le cœur si près de la pierre

que l'on sent battre le pouls du monde

 

 

 

 

 

129

J'aimerais tant vivre comme les arbres et les bêtes sauvages mais il n'y a en moi « pas assez de sauvagerie » ; sans doute suis-je encore trop humain – il me faut un abri, des vêtements, des réserves d'eau et de vivres et de quoi les faire cuire ainsi que de quoi me chauffer en hiver...

 

 

130

Blotti contre le rêve

d'une manière presque animale

entre l'humus et le soleil

à défaut de pouvoir exister autrement

 

 

 

 

 

131

Je n'aime rien tant qu'observer le sol et les nuages, le corps penché sur l'herbe et les pierres ou les yeux tournés vers l'immensité céruléenne. Homme assurément de la terre et du ciel.

 

 

132

Sans autre besoin

que ce qu'offre le jour

 

 

 

 

 

133

Ah ! Quel bonheur de sentir le vent sur sa peau, balayer le sol de son souffle, agiter les feuillages et pousser les nuages vers l'horizon...

 

 

134

Si léger le pas qui danse

Si légère la voix qui chante

 

 

 

 

 

135

Au loin, un rapace aux dimensions impressionnantes (je n'ai pas eu le temps de sortir mes jumelles pour l'identifier) tournoie dans le ciel avec dans ses serres un serpent. Le tableau est si rare et si insolite que j'en suis resté bouche bée...

 

 

136

Au fin fond des bois

ce rire et ces râles

ce qui meurt et ce qui vit

qu'un seul souffle sépare

 

 

 

 

 

137

Les pierres, les arbres, la terre, le ciel, le vent, les collines et les rivières. Tout est là – magnifiquement posé – magnifiquement vivant.

 

 

138

Tant de choses tissées ensemble

 

 

 

 

 

139

Je crois que l'Homme n'est ému que par ce qui le rappelle à lui-même

 

 

140

Au-delà de l'obscurité

ce que cache le jour

 

 

 

 

 

141

L'esprit de l'Homme est fasciné par la beauté et, quelquefois, par l'intelligence...

 

 

142

Par-delà les choses

Le rire et le vent

 

 

 

 

 

143

Ce que j'aime plus que tout ; sentir que j'appartiens au grand Tout...

 

 

144

Tant de choses

sous ce ciel infini

 

 

 

 

 

145

Je me souviens de cette phrase de Vincent La Soudière sur le couple : « un jour, l'autre finit par peser plus lourd que le monde ». Je crois qu'il faut être seul pour apprécier la beauté et les vertus du monde ; l'autre est toujours une distraction et finit, bien malgré nous, par occuper toute la place et toute l'attention.

 

 

146

Il faudrait un grand vent

pour balayer tous nos mensonges

 

 

 

 

 

147

Le cœur ému, voilà un excellent baromètre pour mesurer son degré de sensibilité. Combien de fois par jour sentons-nous les larmes nous monter aux yeux ?

 

 

148

Sous les masques

cette tendresse et cette innocence

dont le monde a tant besoin

 

 

 

 

 

149

On ne peut vivre – et dire – que poétiquement sinon on transforme l'existence et la parole en choses fades et ennuyeuses... d'où ma réticence à écrire ce journal...

 

 

150

J'ai l'âme poétique ; et la parole sans doute pas assez...

 

 

151

Des mots malgré soi

et le labeur de l'âme

indéfiniment

 

 

 

 

 

152

Pour survivre, trouver une place en ce monde ou « se bâtir une existence », les Hommes usent de leurs atouts naturels (force, charme, beauté, intelligence, débrouillardise etc etc) et font feu de tout bois pour trouver des alliés (partenaires, amis, connaissances, réseaux...). Voilà pour quoi j'admire et éprouve une sympathie toute particulière pour celles et ceux qui vivent dans une solitude joyeuse et assumée.

 

 

153

Il faut beaucoup de prétention ou d'ignorance

pour penser que sa vie a quelque importance

 

 

154

Le vent qui balaye tous nos jeux

nos superflus de noir et de matière

ce que nous avons édifié

pour vivre au cœur du chaos

ce dont nous nous sommes entourés

pour apprivoiser le néant

balayés d'un souffle salvateur et joyeux

 

 

 

 

 

155

Se débrouiller seul(e) dans le monde (humain ou naturel) est loin d'être un exercice aisé. Et bien peu s'y aventurent...

 

 

156

Ce qu'il faut rompre

au lieu de succomber

pour continuer le voyage

vers la lumière

 

 

 

 

 

157

J'éprouve une sympathie toute particulière pour Santoka, ermite itinérant et poète japonais du XXe siècle. J'aime sa solitude, son dépouillement, sa mélancolie. Sa manière de raconter les petits riens de son existence...

 

Hormis le goût pour l'alcool, je me fais parfois l'impression d'être un petit Santoka moderne et motorisé (je vis en camion aménagé) féru de propos métaphysique.

 

 

158

La vie et le poème

comme les signes d'une présence mystérieuse

 

 

 

 

 

159

Depuis qu'a débuté cet épisode caniculaire, j'ai remplacé la marche quotidienne par une longue séance de lecture. Chaque après-midi, je m'installe au même endroit – à l'ombre d'un grand chêne. Et je constate au fil des jours que les frondaisons deviennent de plus en plus sèches ; les feuilles jaunes, orange et rouges sont de plus en plus nombreuses et tombent au moindre souffle de vent, ce qui donne aux collines un air d'automne bien singulier en ce mois d'été.

 

 

160

Rien que le silence

et nos tremblements

 

 

 

 

 

161

J'ai toujours été très solitaire mais, dans ma jeunesse, j'ai beaucoup espéré de l'Homme, du monde et de la vie en société. Mais j'ai été, au fil des années, si déçu par ce qu'ils « offraient » (si peu de choses en vérité) que j'ai décidé, à la trentaine, de mener une existence érémitique, frugale et austère. Il y a dans cette réponse quelque chose à la fois de triste et de sage.

 

L'Homme, le monde et la vie en société offrent sans doute quantité de choses – quelques « avantages »* et pas mal d'inconvénients aussi – mais ne peuvent satisfaire les chercheurs d'Absolu. Aussi est-il naturel que « cette race un peu à part » finisse tôt ou tard par s'en éloigner... Je crois, en outre, que lorsque l'on n'attend plus rien du monde, on devient réellement réceptif aux rencontres (lorsqu'elles se présentent).

 

* des distractions, un peu d'amitié, l'impression d'appartenir à un groupe – mille consolations somme toute assez médiocres et insatisfaisantes...

 

 

162

Aucune sentence

si ce n'est ce que la vie nous donne à vivre

 

 

 

 

 

163

Ce matin, dans un pré, j'ai vu un renard. Et quelques dizaines de mètres plus loin, un corbeau. Mais point de fromage...

 

 

164

A voix basse

le poème

à peine audible

pour ne pas ajouter du bruit aux bruits

pour ne pas interrompre le silence

 

 

 

 

 

165

Autrefois, j'étais un humaniste naïf. Aujourd'hui, je suis devenu – je crois – un vivant lucide...

 

 

166

Le cœur vieillissant

bien moins sensible au vertige du monde

accomplissant son destin à l'écart des étoiles

porté, à présent, davantage par la lumière que par le sang

 

 

167

De plus en plus anonyme

voilà ma seule gloire

 

 

 

 

168

Le socle de tout est l'attention. Sans attention, il n'y a rien – ni monde ni possible – rien qu'un peu de matière en mouvement...

 

 

169

Le monde

sous la lumière des profondeurs

 

 

 

 

 

170

Depuis que je ne fréquente plus les Hommes, je me suis passablement ensauvagé... au point où croiser – ou pire parler avec – un être humain me semble presque une épreuve...

 

 

171

Le destin de personne

celui d'un fantôme peut-être

 

 

172

Invisiblement notre identité

 

 

 

 

 

173

Lorsque l'on est profondément seul, tout peut nous parler et devenir amical ; une pierre, une herbe, un arbre, le vent, un oiseau. Tout peut devenir signe de présence, preuve d'un monde où tout est intime et signifiant...

 

 

174

Ce que le cœur abrite

bien plus que le visible

 

 

 

 

 

175

Une vie d'interstice et de pas de côté ; je crois que c'est assez bien résumer mon existence...

 

 

176

Demeure en soi un sourire

en dépit de l’œuvre des Hommes

 

 

 

 

 

177

Agréable senteur de pin aujourd'hui durant ma « pause sylvestre » passée au cœur d'une minuscule pinède entourée par une immense chênaie

 

 

178

La terre étreinte et caressée

loin de la folie des hommes

qui exploitent la roche

et font couler la sève et le sang

 

 

179

Un peu au-dessus du cirque

Serait-ce là notre seule consolation ?

 

 

 

 

 

180

Presque toujours dans la posture de celui qui offre* ; et presque jamais dans celle de celui qui demande. Et lorsque mon individualité exprime un besoin, je m'évertue à fouiller mes profondeurs pour lui donner ce qu'elle réclame.

 

* une écoute, une disponibilité, des savoirs, des savoir-faire, des conseils etc etc

 

 

181

Dans une solitude souriante

qui fait de cette rive une invitation

 

 

 

 

 

182

Vivre au cœur du monde humain, c'est vivre au contact des individualités. Et cette proximité nécessite de retrouver la surface de l'être alors que la solitude permet d'explorer – et d'habiter – les profondeurs et l'arrière-plan.

 

 

183

Si près des ombres et des vivants

Si près de l'écume et des reflets

En ce lieu où l'infini est partout

 

 

 

 

 

184

Le mystère se tient dans la manière de percevoir ; aussi qu'importe ce qui est perçu...

 

 

185

Au seuil de soi

le sommeil et le royaume

le singulier et le commun

comme une fête et un retrait

 

 

186

Au fond du regard

la nuit métamorphosée en lumière

et le cri transmuté en silence

 

 

 

 

 

187

Il y a réellement du merveilleux dans la diversité du vivant et cette incroyable profusion de formes, de couleurs, de comportements, d'aptitudes et de prédispositions...

 

 

188

Au cœur de l'âme

Au cœur du monde

Là où la vie et la mort

mêlent leur danse étrange

 

 

189

Sur cette terre

où la Vie est le maître-mot

où tout se mélange avec elle

jusqu'aux ténèbres

jusqu'à l'incurie

jusqu'aux plus hautes abstractions

 

 

 

 

 

190

En cas de morosité, il suffit de regarder le ciel et le feuillage des arbres agité par le vent pour se sentir de nouveau appartenir à l'immensité et au vivant.

 

 

191

Ce qui brille au fond des yeux

assombri, si souvent, par le chaos du monde

 

 

 

 

 

192

En pleine forêt. Des corneilles postées à plusieurs centaines de mètres de distance conversent – et se répondent – dans une langue qui m'est, bien sûr, incompréhensible. Chez certaines, on sent une sorte d'interrogation et chez d'autres, une espèce d'exaspération et de colère...

 

 

193

Des mots

Des mondes

et le plus essentiel

qui se cache dans les interstices

 

 

194

Là où tout se rencontre

même les cœurs les plus étrangers

 

 

 

 

 

195

Ici, les arbres sont si haut – et la forêt si belle – qu'il suffit de lever les yeux pour avoir le sentiment d'être ailleurs. On ferme alors les paupières et on se laisse bercer par le bruit des feuilles agitées par le vent, par le craquement régulier des troncs, la chute des brindilles sur le sol jonché de feuilles et le cri des oiseaux. Et on a aussitôt l'impression d'être sous d'autres latitudes.

 

 

196

Au seuil d'une maisonnée sans mur

d'un territoire sans frontière

d'un royaume dont chacun serait le souverain

 

 

197

Là où tout est silencieux

l'âme et le monde apaisés

au bord d'un chemin

où tout continue de passer

 

 

 

 

 

198

Il faut fréquenter un lieu assidûment pour découvrir son âme ; et, peu à peu, l'apprivoiser...

 

 

199

Le cœur bleu

à force de contempler le ciel

 

 

 

 

 

200

Se sentir libre – magistralement libre – lorsque l'on a (enfin) compris que l'essentiel des contraintes de ce monde ne sont que de pures inventions.

 

 

201

Ici

sans autres histoires

que celles que l'esprit a inventées

 

 

 

 

 

202

Je crois (enfin) comprendre d'où vient ma détestation des bruits humains et des bruits de machines à moteur (cris, éclats de voix, rires, bavardages, véhicules, tronçonneuses, débroussailleuses, tondeuses à gazon...), ils viennent simplement troubler l'atmosphère paisible dans laquelle je me trouve.

 

 

203

Le cœur triste et grognon

à trop regarder le monde

à vivre trop près des Hommes

 

 

 

 

 

204

Heureux de ne participer à rien de ce monde – à aucune activité productive, exploitatrice ou distractive – à rien de hautement délétère. Et comment le pourrais-je ? Je passe mes journées à marcher, à écrire, à contempler et mes besoins sont frugaux : quelques vivres, un peu d'eau, du carburant pour la roulotte, une consommation numérique raisonnable (et raisonnée), un peu de papier et un stylo. Voilà seulement ce dont j'ai besoin...

 

 

205

Aux marges de la condition humaine

là où il n'y a presque plus personne

hormis quelques âmes solitaires

quelques cœurs délicats

là où l'Amour peut entrer en résistance

là où le ciel se dessine déjà

 

 

 

 

 

206

Ce qui me frappe en observant le monde, c'est de voir chacun – Homme, bête et plante – vaquer à ses occupations. Animé par je ne sais quelle nécessité... et de constater qu'il n'y a le plus souvent aucune distanciation réflexive. Tout se réalise comme si les êtres (et leur esprit) étaient entièrement absorbés par leur mouvement.

 

 

207

Dieu réfugié avec nous sous la voûte ?

Pas si sûr...

 

 

208

Sans jamais s'insurger

contre la poussière et la mort

ce à quoi nos vies ne peuvent échapper

 

 

 

 

 

209

J'ai presque toujours le sentiment de ne participer à aucune des danses du monde*, d'être principalement un œil qui observe, un esprit qui décrit ou analyse et une main qui note ce qui a été vu, vécu ou pensé.

 

* même s'il m'arrive assez régulièrement de danser seul dans la forêt...

 

 

210

L’œil et le cœur attentifs

à toutes les douleurs

à toutes les peines

à tous les déchirements

 

 

 

 

 

211

Être, sentir, contempler et se laisser traverser. Et s'il n'y avait rien d'autre à faire... simplement être présent...

 

 

212

Écartés les souvenirs et les images

qui ravivent artificiellement la douleur ou la joie

de celui qui pense ou se souvient

 

 

213

Sans même le souci du dernier jour

 

 

 

 

 

214

Être sensible ; je crois qu'il n'y a de terrain plus favorable à la joie. Le corps, le cœur et l'esprit – l'âme tout entière – deviennent alors réceptifs aux vibrations du monde.

 

 

215

Toutes ces choses

jetées sans ménagement

au fond du cœur

 

 

216

Le cœur tenace

si rieur aujourd'hui face à la nuit

se moquant de son impatience et de son opacité

se laissant à présent ensemencer

par tout ce qui le traverse

 

 

 

 

 

217

Si l'humanité était un tant soit peu mature (sur le plan spirituel), elle jugerait la richesse des êtres à leur degré de sagesse.

 

 

218

Si aveuglément

cette traversée

comme si la lumière

manquait à l'intérieur

 

 

 

 

 

219

Avant l'avènement de la science et de la raison, l'Homme – être vulnérable entre tous – était enclin aux gestes et aux rituels propitiatoires et apotropaïques. Comment, en effet, être immergé au cœur des forces du monde sans avoir recours aux puissances surnaturelles et aux Dieux pour favoriser la fortune et les événements heureux et repousser l'infortune et le mauvais sort...

 

Mais l'Homme s'est peu à peu détaché de ces comportements plurimillénaires pour ne vouer un culte qu'au progrès... seule entité capable, à ses yeux, de dominer la nature et d'offrir un terrain favorable à ce qu'il croit être son libre arbitre. Mais c'est oublier un peu vite que nos efforts pour échapper aux forces naturelles ne sont qu'un leurre. La plupart des Hommes (et la moitié de l'humanité qui vit en milieu urbain) ne sont plus confrontés de manière directe, en dehors de la maladie, de la vieillesse et de la mort, aux « forces » du ciel et de la terre. Et leur existence que l'on pourrait qualifier de hors sol – et d'hyperprotégée – leur donne l'impression de s'être affranchis des principales vicissitudes de l'existence et des principaux dangers du monde. Il suffit pourtant de retrouver les espaces sauvages ne serait-ce que quelques heures – mer, montagne, forêt, désert – pour se rendre compte que nous sommes – nous et notre technologie – minuscules et impuissants face aux forces de la nature et qu'il n'est, sans doute, pas totalement absurde de demander l'appui d'entités invisibles pour nous aider et nous protéger contre quelque puissance obscure, incontrôlable ou monstrueuse...

 

 

220

Jeté dans le grand brasier du monde

les cœurs apeurés

la chair sacrifiée

et ces larmes qui coulent

devant l'inéluctabilité de l'incendie

 

 

221

A s'amuser sans risque avec la lumière

mais bien souvent à nos dépens

lorsque l'on joue avec la vie

 

 

 

 

 

222

Si vide qu'il ne reste rien ; ni au-dehors ni au-dedans. Juste un œil et le corps comme une mince membrane qui flotte dans le vent – si peu épaisse et presque parfaitement poreuse qui se laisse traverser par ce qui passe sans rien retenir et qui est, peut-être, en train de se diluer dans ce qui l'environne.

 

 

223

Seul au milieu des choses

le cœur comme abandonné

 

 

 

 

 

224

Obéir à la vie, c'est accepter tous ses mouvements. Et aussi l'absence de mouvements... C'est accueillir tout ce qui nous traverse et consentir à ce que, parfois, il ne se passe rien...

 

 

225

Sans rien affronter

le pas de côté

le regard glissant

ou dans le sens du courant

 

 

 

 

 

226

J'ai un rapport très singulier à la vérité ; je ne peux souffrir le moindre mensonge. Il y a tant de ruses et de manipulations dans le monde humain que je me montre très intransigeant en matière d'honnêteté ; tous les gestes et tous les propos instrumentalisant ou mensongers sont aussitôt repérés et écartés.

 

Contrairement à l'esprit qui peut se laisser manipuler, le corps et l'âme, eux, ne se laissent pas facilement berner. Lorsqu'on a affaire à des attitudes inauthentiques ou à des paroles fallacieuses – et si l'on est un tant soit peu attentif – on peut remarquer qu'ils émettent des signaux de résistance (tensions, crispations, rejets, évitements, fuites etc etc) qui nous alertent sur le manque de probité de celui qui nous fait face.

 

 

227

Rien entre les mains

Et l’œil aussi vide que l'âme

manière de se tenir disponible

et de renvoyer son vrai visage

à ce(lui) qui nous fait face

 

 

 

 

 

228

Celui qui vit l'instant ne se précipite jamais sauf lorsque les circonstances l'exigent...

 

 

229

Comme un espace

au fond de l’œil

où tout est suspendu

 

 

230

Ce qui, en nous, s'ouvre

à mesure que la lumière au-dedans s'insinue

 

 

 

 

 

231

Qu'importe ce qui est vécu, tout est parfaitement légitime et savoureux pour celui qui reconnaît le caractère souverain et précieux de l'existence.

 

 

232

Plus haut que les cris et les chuchotements

là où tout se transforme en joie

même le monde piégé au fond de l'abîme

 

 

 

 

 

233

Mon Dieu ! Que les Hommes aiment parler d'eux ! Je crois même que c'est le seul sujet qui les intéresse...

 

 

234

Les yeux absorbés par le rêve

au lieu de contempler la vie et la mort

 

 

235

A haute voix

ce qui se dit au fond de l'esprit

 

 

 

 

 

236

Chaque instant compte ! Qu'importe à quoi il est consacré...

 

 

237

Sans autre maintenant que celui que l'on vit

 

 

 

 

 

238

Chaque geste est l'occasion de ressentir la manière dont la vie nous traverse.

 

 

239

Là où le secret se déroule

A même le cœur et la peau

 

 

 

 

 

240

Je crois qu'il n'y a rien de plus beau – ni de plus émouvant – qu'un regard et un cœur innocents...

 

 

241

A défaut de parole

une danse

un geste

ce qui s'esquisse

si près de la source

 

 

242

Porté peut-être au plus haut du sacré

 

 

 

 

 

243

Quelle joie de sentir que nos gestes, nos paroles ou notre présence peuvent égayer le cœur des autres...

 

 

244

Le cœur au bord des lèvres

délivrant sa prière

et laissant le vent l'emporter

 

 

 

 

245

Tout de même ! Quelle bien étrange affaire, ce séjour terrestre !

 

 

246

Au pied de l'inconnu

en cette terre où tout est à sa place

 

 

 

 

 

247

Comme si le monde devenait la périphérie du réel – une sorte de matière évanescente et brumeuse – à mesure qu'est ressentie une incroyable (et indéfectible) consistance intérieure – qui devient, en quelque sorte, le centre à partir duquel est perçue la réalité...

 

 

248

Du dedans ; ce rêve du monde

 

 

 

 

 

249

Comme si seules comptaient la résonance et la manière dont le monde – les êtres et les choses du monde – entraient en vibration à l'intérieur...

 

 

250

Qu'importe l'histoire du monde

pourvu que nous tremblions

 

 

 

 

 

251

Lorsqu'il n'y a plus ni l'idée de soi, ni l'idée du monde, ni l'idée du temps, il ne reste que l’être, l'individualité fonctionnelle* et ce qui est dans l'instant.

 

* ce qui agit en fonction des circonstances et des situations

 

 

252

De seuil en seuil

jusqu'à dissiper le rêve

 

 

 

 

 

253

Les habitudes usent le cœur et les yeux... et entament de manière substantielle la qualité de ce qui perçoit et de ce qui ressent.

 

 

254

L'âme dressée comme un rempart contre le sommeil

 

 

 

 

 

255

L'ennui naît d'un défaut d'attention et de sensibilité – lorsque l'esprit perd momentanément sa capacité d'observation et « oublie » la porosité entre l'être et les choses du monde.

 

 

256

Témoin de tant d'évidences

que la vérité nous échappe

 

 

 

 

 

257

C'est ce qui habite le regard qui construit le monde et lui donne sa texture et ses couleurs, sa beauté ou sa laideur.

 

 

258

Le lieu du sommeil

et le lieu de la lumière

identiques pour celui qui sait

 

 

 

 

 

259

L'envergure du regard et la saveur du geste : quel bonheur lorsqu'elles sont présentes... et plus encore lorsqu'elles s'intensifient...

 

 

260

Depuis le lieu où tout se transforme

mais où rien ne change pourtant

 

 

 

 

 

261

Au cœur de la perfection du monde... où chacun vaque à ses affaires... où chacun œuvre à ses nécessités...

 

 

262

Des jeux encore

pour célébrer

tantôt la vie

tantôt l'absence

 

 

263

Le pas dansant

sur l'horizon incertain

 

 

 

 

 

264

Parfois je crois voir en moi les prémices (encore maladroites) de l'Homme de demain sensible et respectueux – enclin à honorer ce qui l'habite et ce qui l'environne et capable de concilier les exigences de l'âme, du corps, du cœur et de l'esprit.

 

 

265

Comme un outil déposé aux pieds des autres

 

 

 

 

 

266

La fascination qu'exercent sur moi les mot imprimés sur la page. Et leur mystérieux assemblage qui fait naître le son et le sens – toute la magie du poème.

 

 

267

A cœur de la parole

ce qu'il faut de vie et de lumière

ce qu'il faut de rêve et de douleur

pour qu'elle puisse être comprise

 

 

268

La vie propre du poème

dans son commerce non avec le monde

mais avec le cœur et l'invisible

 

 

 

 

 

269

Moins mais mieux... moins d'activités et de mots mais une qualité de présence accrue. Une manière d'être qui nous rend plus sensible et plus poreux aux choses du monde et de l'âme...

 

 

270

L'effort délaissé

au profit de l'abandon

comme absorbé par un espace

au cœur duquel tout se dilue et se déchire

où seule la nécessité s'impose

 

 

 

 

 

271

Quelle joie lorsque l'élan se transforme en poème, en geste juste ou en présence silencieuse...

 

 

272

Le cœur tout entier dans le même désir

 

 

 

 

 

273

Sans réfléchir – et sans raison même – la parole qui court sur la page

 

 

274

Cette profonde tranquillité

au cœur de la danse des mots

 

 

 

 

 

275

Expérimenter toutes les dimensions de l'existence humaine ; le tangible et l'invisible, l'ordinaire et le merveilleux, le douloureux et l'extatique...

 

 

276

Si prodigieusement vivant

 

 

277

D'un ciel à l'autre

sans même s'en rendre compte

 

 

 

 

 

278

La vie terrestre est essentiellement gouvernée par la faim. Et lorsque l'on n'est pas animé par celle du corps, on est mû par celle du cœur et de l'esprit.

 

 

279

A errer autour du festin

comme des bêtes affamées

 

 

 

 

280

Chez l'Homme, tout n'est que prédispositions, aspirations intérieures, élans naturels et travail.

 

 

281

Dieu penché sur chaque âme

De l'intérieur

 

 

 

 

 

282

S'asseoir au cœur de la forêt. Et écouter...

 

 

283

Tout rassemblé

sous l'arbre

et dans la parole

 

 

 

 

 

284

Appartenir à l'équilibre parfait et fluctuant du monde ; rien qu'en étant vivant, on y participe. Et tous nos gestes (quels qu'ils soient) y contribuent.

 

 

285

Le ciel et l'ombre

réunis dans la même danse

sur cette terre

où tout sait si bien se mélanger

 

 

 

 

 

286

Tout est Dieu. Et tout y mène. Et, pourtant, quelque chose en nous sans cesse s'y refuse...

 

 

287

Au fond de notre cœur

quelque chose d'incomplet

 

 

 

 

 

288

Percevoir et ressentir, c'est comprendre. Mieux, c'est connaître

 

 

289

Ce que le geste nous apprend

bien plus que les livres (le plus souvent)

 

 

 

 

 

290

En ce monde, l'essentiel des Hommes désirent plus (toujours plus) de richesses, de confort, de sécurité, de possibilités, de distractions etc etc – alors que d'autres (une infime minorité) savent – et ressentent – que seul le chemin des moins peut être une issue pour l'âme et le monde...

 

 

291

A force de ne plus rien désirer

A force de ne plus résister

Dieu finit par tout remplacer

 

 

 

 

 

292

Allongé sous les hautes frondaisons. Dans une bienheureuse torpeur. La main joyeuse qui note ce qui traverse l'esprit.

 

 

293

Blotti contre la pierre

le cœur enfoui dans l'humus

à attendre la fin du jour

 

 

294

A l'ombre de si grandes figures

La table vide

La feuille blanche

Les mots que dicte l'âme

et le poème qui, peu à peu, se dessine

 

 

 

 

 

295

Nous sommes tellement prévisibles...

 

 

296

Presque indéracinable

ce qui loge au fond du rêve

 

 

 

 

 

297

Habiter parfaitement l'instant. Quelle tâche ardue !

 

 

298

Entre nos mains

cette éternité dont nous ne savons que faire

 

 

 

 

 

299

Rien ne doit être rejeté. Tout doit être épousé...

 

 

300

Jusqu'à ce que la nuit se transforme en jour

 

 

 

 

 

301

Il est étonnant de voir que l'on peut donner au cœur toutes les caractéristiques des matériaux ; dur, fragile, hermétique, spongieux, malléable, cassant etc etc.

 

 

302

Le cœur si serré dans les mains du vide

 

 

303

Comme un miracle

au-dedans de cette fragilité

 

 

 

 

 

304

Il faudrait avoir la patience des arbres... mais nous n'avons malheureusement pas la même temporalité...

 

 

305

Au cœur de la forêt

l'âme dans son royaume

côtoyant les fleurs et les nuages

écoutant les esprits des bois

recueillant le chant des feuilles et du vent

contemplant la danse de tous ses habitants

 

 

 

 

 

306

Une existence où il n'y a que du simple et du nécessaire

 

 

307

Penché sur le plus ordinaire

sans miracle

sans travestissement

la vérité au creux de la paume

 

 

 

 

 

308

La vie et Dieu ne sont, je crois, jamais séparés. Quant au monde, il n'est que l'expression de ce que nous sommes...

 

 

309

Et si nous habitions un autre lieu que le rêve ?

 

 

 

 

 

310

La vie quotidienne est, sans doute, la voie par excellence pour pouvoir goûter Dieu, la joie, la justesse, la saveur et la simplicité de l'existence. Chaque jour est à la fois un présent et une opportunité...

 

 

311

Le cœur penché sur sa tâche

inlassablement

 

 

 

 

 

312

Humilité, simplicité et justesse ; des maîtres-mots

 

 

313

Quelque chose du mystère

derrière le visage de l'Homme

 

 

314

A petits pas

jusqu'au bord du jour

 

 

 

 

 

315

Être solitaire, ce n'est pas oublier le monde. C'est, au contraire, trouver la juste distance pour fraterniser avec lui

 

 

316

Au-delà même du monde et du temps

le royaume de l'Amour

 

 

 

 

 

317

Dans les bras de l'Absolu. Et entre ses mains...

 

 

318

Comme un ciel

au-dedans du cœur

que rien ne pourrait assombrir

 

 

 

 

 

319

Nous sommes habités – et mus – par mille choses dont nous ignorons tout.

 

 

320

Le cœur encore rempli d'écume et de cendres

recouvrant presque parfaitement le secret

 

 

321

Une réserve d'Amour au fond du cœur

Et une réserve de lumière au fond de l'esprit

 

 

 

 

 

322

Laisser tout son être au monde se concentrer dans sa présence et ses gestes

 

 

323

Dans l'ivresse d'une présence brûlante

Je crois qu'il n'y a, en ce monde, de plus grande joie

 

 

 

 

 

324

Le spectacle du monde. L’œil témoin qui observe ou contemple. Et le petit bonhomme qui se demande encore ce qu'il pourrait bien y faire...

 

 

325

Quelle réalité inventons-nous ?

Et s'il n'y avait que le vide...

 

 

 

 

 

326

Le cœur libre et ouvert. La peau caressée par les timides rayons de soleil de septembre. Presque l'automne déjà. Les jambes nues sur l'asphalte (tiède) d'une petite route qui traverse le massif forestier. Un livre à la main. Le feutre et le carnet posés à mes côtés. Au pied d'un chêne impassible. Sous le ballet incessant des hirondelles qui ne vont sans doute plus tarder à rejoindre des latitudes plus hospitalières. A savourer ces heures tranquilles après quelques kilomètres de marche.

 

 

327

Sans bruit

dans la chambre de la forêt

pour laisser la voix des bêtes et de la nuit

se poser sur notre seuil

et relayer les paroles du jour

 

 

 

 

 

328

Seul au monde. Bien plus qu'une simple formule...

 

 

329

Dans le huis-clos de l'âme

les yeux scrutant l'abîme et la lumière

d'une égale manière

 

 

330

Et si, au fond, notre parole et nos poèmes n'étaient adressés à personne...

 

 

 

 

 

331

Il y a au fond de soi des réserves de tendresse qu'il est nécessaire de s'offrir avant de « prendre soin » du monde

 

 

332

Ruisselant de larmes et de lumière

ce visage qui fait face au monde

 

 

333

Plus vivant que jamais

quand la joie danse

au fond de l'âme

 

 

 

 

 

334

Je juge, malgré moi, les individualités au degré de présence, de sensibilité et de respect qui colore leurs gestes et leurs paroles. Et en une fraction de seconde, mon opinion est faite...

 

 

335

Le geste et la parole

infiniment reconnaissables

de ceux dont le cœur sait habiter le silence

 

 

 

 

 

336

Ce que nous vivons ressemble à un rêve. Ça a l'air réel lorsque cela est vécu mais aussitôt passé, c'est enveloppé de vapeur et de brume ; on ne sait plus très bien si on l'a expérimenté ou si on l'a imaginé...

 

 

337

Allant comme de pauvres mortels

L'espoir au cœur

Et l'échine courbée

 

 

338

Comme installé(s) au faîte de l'ivresse

en croyant toucher le ciel

alors que les pieds sont encore englués dans la glaise

 

 

 

 

 

339

Soi et le monde, tout un concentré de merveilles et de misères. Et ce qu'il faut d'espérance et de cruauté pour que rien ne change et/ou pour aspirer à vivre autre chose... à vivre autrement...

 

 

340

Là où se sont immiscés les yeux

autant d'ombre que de lumière

 

 

341

Et si la lumière

n'était que le prolongement de la poussière

et si la lumière n'était que la vérité au fond du sang ;

une manière innocente de vivre les circonstances

 

 

 

 

 

342

Le cœur piqué de poèmes et de joie

 

 

343

(Un peu) au-dessus de cette épaisse fumée

qui maintient le monde dans l'obscurité

 

 

344

Là où plus rien n'a de poids

ni l'âme, ni l'autre, ni le monde

le cœur aussi léger que la voix

 

 

 

 

 

345

J'aime tant les livres, les mots et la poésie qu'il me serait, je crois, impossible de vivre sans eux.

 

 

346

Au milieu des livres

Au milieu des danses

Au milieu de la poussière

 

 

 

 

 

347

Presque tous les gestes humains sont une manière d'exprimer un besoin d'amour – une façon de dire « s'il vous plaît ! Regardez-moi ! S'il vous plaît ! Écoutez-moi ! S'il vous plaît ! Aimez-moi ! ».

 

 

348

Qu'attendre de la parole des Hommes

sinon le prolongement du mensonge

ou, au mieux, de l'illusion

 

 

 

 

 

349

L'infini et le silence au cœur même de ce monde de frontières et de bruits...

 

 

350

Et s'il n'y avait rien

rien et tous les possibles