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LES CARNETS METAPHYSIQUES & SPIRITUELS

A PROPOS

La quête de sens
Le passage vers l’impersonnel
L’exploration de l’être

L’intégration à la présence


 

CARNETS PUBLIES

L'expérience du monde 
Récit (1997-1999)

Solitudes 
Récit (2001)

Le petit chercheur Livre 1  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 2  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 3  
Conte (2004)

Quêteur de sens  
Essai anthologique (2005)

Traversée commune  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 1  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 2  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 3  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 4  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 5  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 6  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 7  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 8  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 9  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 10  
Livre expérimental (2007)

Tourbillon(s) 
Journal & récit (2008-2013)

Le goût d'autre chose 
Journal (2013-2016)

Un homme simple et sage 
Récit (2014)

Une âme sensible Vol 1  
Journal (2016-2019)

Une âme sensible Vol 2 
Journal (2016-2019)

Entre le rêve, le monde... Vol 1  
Journal (2019-2020)

Entre le rêve, le monde... Vol 2  
Journal (2019-2020)

Quelque chose du sang...  
Journal (2020-2021)

En plein cœur Vol 1 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 2 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 3 
Journal (2021-2022)

Si près de nos lèvres... Vol 1 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 2 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 3 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 4 
Journal (2022-2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 1 
Récit (2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 2  
Récit (2023)

Une destinée sans certitude Vol 1 
Journal (2023-2024)

Une destinée sans certitude Vol 2 
Journal (2023-2024)

Entre Dieu et la pierre Vol 1
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 2
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 3
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 4
Journal (2024-2025)

Quelques jours... Vol 1  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 2  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 3  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 4  
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 1
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 2
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 2 partie 1
Journal (2025-2026)

En son for intérieur Vol 2 partie 2
Journal (2025-2026)

 

CARNETS BRUTS

Carnet n°1
L’innocence bafouée

Récit / 1997 / La quête de sens

Carnet n°2
Le naïf

Fiction / 1998 / La quête de sens

Carnet n°3
Une traversée du monde

Journal / 1999 / La quête de sens

Carnet n°4
Le marionnettiste

Fiction / 2000 / La quête de sens

Carnet n°5
Un Robinson moderne

Récit / 2001 / La quête de sens

Carnet n°6
Une chienne de vie

Fiction jeunesse / 2002/ Hors catégorie

Carnet n°7
Pensées vagabondes

Recueil / 2003 / La quête de sens

Carnet n°8
Le voyage clandestin

Récit jeunesse / 2004 / Hors catégorie

Carnet n°9
Le petit chercheur Livre 1

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°10
Le petit chercheur Livre 2

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°11 
Le petit chercheur Livre 3

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°12
Autoportrait aux visages

Récit / 2005 / La quête de sens

Carnet n°13
Quêteur de sens

Recueil / 2005 / La quête de sens

Carnet n°14
Enchaînements

Récit / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°15
Regards croisés

Pensées et photographies / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°16
Traversée commune Intro

Livre expérimental / 2007 / La quête de sens

Carnet n°17
Traversée commune Livre 1

Récit / 2007 / La quête de sens

Carnet n°18
Traversée commune Livre 2

Fiction / 2007/ La quête de sens

Carnet n°19
Traversée commune Livre 3

Récit & fiction / 2007 / La quête de sens

Carnet n°20
Traversée commune Livre 4

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°21
Traversée commune Livre 5

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°22
Traversée commune Livre 6

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°23
Traversée commune Livre 7

Poésie / 2007 / La quête de sens

Carnet n°24
Traversée commune Livre 8

Pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°25
Traversée commune Livre 9

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°26
Traversée commune Livre 10

Guides & synthèse / 2007 / La quête de sens

Carnet n°27
Au seuil de la mi-saison

Journal / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°28
L'Homme-pagaille

Récit / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°29
Saisons souterraines

Journal poétique / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°30
Au terme de l'exil provisoire

Journal / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°31
Fouille hagarde

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°32
A la croisée des nuits

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°33
Les ailes du monde si lourdes

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°34
Pilori

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°35
Ecorce blanche

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°36
Ascèse du vide

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°37
Journal de rupture

Journal / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°38
Elle et moi – poésies pour elle

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°39
Préliminaires et prémices

Journal / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°40
Sous la cognée du vent

Journal poétique / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°41
Empreintes – corps écrits

Poésie et peintures / 2010 / Hors catégorie

Carnet n°42
Entre la lumière

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°43
Au seuil de l'azur

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°44
Une parole brute

Journal poétique / 2012 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°45
Chemin(s)

Recueil / 2013 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°46
L'être et le rien

Journal / 2013 / L’exploration de l’être

Carnet n°47
Simplement

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°48
Notes du haut et du bas

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°49
Un homme simple et sage

Récit / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°50
Quelques mots

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°51
Journal fragmenté

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°52
Réflexions et confidences

Journal / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°53
Le grand saladier

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°54
Ô mon âme

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°55
Le ciel nu

Recueil / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°56
L'infini en soi 

Recueil / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°57
L'office naturel

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°58
Le nuage, l’arbre et le silence

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°59
Entre nous

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°60
La conscience et l'Existant

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°61
La conscience et l'Existant Intro

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°62
La conscience et l'Existant 1 à 5

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°63
La conscience et l'Existant 6

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°64
La conscience et l'Existant 6 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°65
La conscience et l'Existant 6 (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°66
La conscience et l'Existant 7

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°67
La conscience et l'Existant 7 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°68
La conscience et l'Existant 8 et 9

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°69
La conscience et l'Existant (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°70
Notes sensibles

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°71
Notes du ciel et de la terre

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°72
Fulminations et anecdotes...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°73
L'azur et l'horizon

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°74
Paroles pour soi

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°75
Pensées sur soi, le regard...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°76
Hommes, anges et démons

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°77
La sente étroite...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°78
Le fou des collines...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°79
Intimités et réflexions...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°80
Le gris de l'âme derrière la joie

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°81
Pensées et réflexions pour soi

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°82
La peur du silence

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°83
Des bruits aux oreilles sages

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°84
Un timide retour au monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°85
Passagers du monde...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°86
Au plus proche du silence

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°87
Être en ce monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°88
L'homme-regard

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°89
Passant éphémère

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°90
Sur le chemin des jours

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°91
Dans le sillon des feuilles mortes

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°92
La joie et la lumière

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°93
Inclinaisons et épanchements...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°94
Bribes de portrait(s)...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°95
Petites choses

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°96
La lumière, l’infini, le silence...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°97
Penchants et résidus naturels...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°98
La poésie, la joie, la tristesse...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°99
Le soleil se moque bien...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°100
Si proche du paradis

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°101
Il n’y a de hasardeux chemin

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°102
La fragilité des fleurs

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°103
Visage(s)

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°104
Le monde, le poète et l’animal

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°105
Petit état des lieux de l’être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°106
Lumière, visages et tressaillements

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°107
La lumière encore...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°108
Sur la terre, le soleil déjà

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°109
Et la parole, aussi, est douce...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°110
Une parole, un silence...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°111
Le silence, la parole...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°112
Une vérité, un songe peut-être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°113
Silence et causeries

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°114
Un peu de vie, un peu de monde...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°115
Encore un peu de désespérance

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°116
La tâche du monde, du sage...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°117
Dire ce que nous sommes...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°118
Ce que nous sommes – encore...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°119
Entre les étoiles et la lumière

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°120
Joies et tristesses verticales

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°121
Du bruit, des âmes et du silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°122
Encore un peu de tout...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°123
L’amour et les ténèbres

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°124
Le feu, la cendre et l’infortune

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°125
Le tragique des jours et le silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°126
Mille fois déjà peut-être...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°127
L’âme, les pierres, la chair...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°128
De l’or dans la boue

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°129
Quelques jours et l’éternité

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°130
Vivant comme si...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°131
La tristesse et la mort

Récit / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°132
Ce feu au fond de l’âme

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°133
Visage(s) commun(s)

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°134
Au bord de l'impersonnel

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°135
Aux portes de la nuit et du silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°136
Entre le rêve et l'absence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°137
Nous autres, hier et aujourd'hui

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°138
Parenthèse, le temps d'un retour...

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°139 
Au loin, je vois les hommes...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°140
L'étrange labeur de l'âme

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°141
Aux fenêtres de l'âme

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°142
L'âme du monde

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°143
Le temps, le monde, le silence...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°144
Obstination(s)

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°145
L'âme, la prière et le silence

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°146
Envolées

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°147
Au fond

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°148
Le réel et l'éphémère

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°149
Destin et illusion

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°150
L'époque, les siècles et l'atemporel

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°151
En somme...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°152
Passage(s)

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°153
Ici, ailleurs, partout

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°154
A quoi bon...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°155
Ce qui demeure dans le pas

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°156
L'autre vie, en nous, si fragile

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°157
La beauté, le silence, le plus simple...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°158
Et, aujourd'hui, tout revient encore...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°159
Tout - de l'autre côté

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°160
Au milieu du monde...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°161
Sourire en silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°162
Nous et les autres - encore

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°163
L'illusion, l'invisible et l'infranchissable

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°164
Le monde et le poète - peut-être...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°165
Rejoindre

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°166
A regarder le monde

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°167
Alternance et continuité

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°168
Fragments ordinaires

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°169
Reliquats et éclaboussures

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°170
Sur le plus lointain versant...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°171
Au-dehors comme au-dedans

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°172
Matière d'éveil - matière du monde

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°173
Lignes de démarcation

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°174
Jeux d'incomplétude

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°175
Exprimer l'impossible

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°176
De larmes, d'enfance et de fleurs

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°177
Coeur blessé, coeur ouvert, coeur vivant

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°178
Cercles superposés

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°179
Tournants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°180
Le jeu des Dieux et des vivants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°181
Routes, élans et pénétrations

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°182
Elans et miracle

Journal poétique / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°183
D'un temps à l'autre

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°184
Quelque part au-dessus du néant...

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°185
Toujours - quelque chose du monde

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°186
Aube et horizon

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°187
L'épaisseur de la trame

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°188
Dans le même creuset

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°189
Notes journalières

Carnet n°190
Notes de la vacuité

Carnet n°191
Notes journalières

Carnet n°192
Notes de la vacuité

Carnet n°193
Notes journalières

Carnet n°194
Notes de la vacuité

Carnet n°195
Notes journalières

Carnet n°196
Notes de la vacuité

Carnet n°197
Notes journalières

Carnet n°198
Notes de la vacuité

Carnet n°199
Notes journalières

Carnet n°200
Notes de la vacuité

Carnet n°201
Notes journalières

Carnet n°202
Notes de la route

Carnet n°203
Notes journalières

Carnet n°204
Notes de voyage

Carnet n°205
Notes journalières

Carnet n°206
Notes du monde

Carnet n°207
Notes journalières

Carnet n°208
Notes sans titre

Carnet n°209
Notes journalières

Carnet n°210
Notes sans titre

Carnet n°211
Notes journalières

Carnet n°212
Notes sans titre

Carnet n°213
Notes journalières

Carnet n°214
Notes sans titre

Carnet n°215
Notes journalières

Carnet n°216
Notes sans titre

Carnet n°217
Notes journalières

Carnet n°218
Notes sans titre

Carnet n°219
Notes journalières

Carnet n°220
Notes sans titre

Carnet n°221
Notes journalières

Carnet n°222
Notes sans titre

Carnet n°223
Notes journalières

Carnet n°224
Notes sans titre

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A l'orée du plus intime

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Au bord du monde – la lumière

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Carnet n°310
Derrière les mots

Août 2024

 

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Allant sans savoir

Septembre 2024

 

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Un œil au cœur de la fable

Octobre 2024

 

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Un manteau d'étoiles et de sang

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Carnet n°314
Là où l'on s'incline

Décembre 2024

 

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Devant un Dieu invisible

Janvier 2025

 

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Ecoutant ce qui demeure

Février 2025

 

Carnet n°317
Et si le monde était l'exil

Mars 2025

 

Carnet n°318
La danse secrète

Avril 2025

 

Carnet n°319
Le cœur engagé dans l'aventure

Mai 2025

 

Carnet n°320
Ce qui veille au fond de l'âme

Juin 2025

 

Carnet n°321
Dans l'écume du mystère

Août 2025

 

Carnet n°322
Vers l'indéchiffrable

Septembre 2025

 

Carnet n°323
Dans l'épaisseur du réel

Octobre 2025

 

Carnet n°324
Entre l'étoile et la boue

Novembre 2025

 

Carnet n°325
Tant qu'il y aura des jours

Décembre 2025

 

Carnet n°326
Des choses et d'autres

Janvier 2026

Epigraphes associées aux carnets

© Les carnets métaphysiques & spirituels

28 mai 2025

Carnet n°318 La danse secrète

Avril 2025

Aux angles du monde

Le jour rétréci

La joie amputée

Comme si tout avait été recouvert de terre

 

 

A la manière de l'homme

Cette terre

Ces existences abîmées

 

 

Comme un bloc de ciel

Sur la pierre

Détaché du plus haut

Que l'on aurait arraché – peut-être

 

 

Ici

En soi

Au milieu du monde

Comme si tout commençait

 

 

Le bleu

En tous sens

Recouvrant tout

Jusqu'à la douleur

Jusqu'à la misère

Jusqu'à l'horizon

 

 

Joyeux

Sans même savoir pourquoi

 

 

A partir du souffle et du sang

Le geste et le poème

 

 

Comme attendu au seuil

Rassemblé et à genoux

 

 

Sur la pente bleue

 

 

Le ciel dans le souffle

Et jusqu'au fond des entrailles

 

 

Incliné

Et sans calcul

 

 

Disposé à la source et aux rapprochements

 

 

Au plus profond de l'encrier

Le sang encore

 

 

Comme si tout n'était que chair et douleur

Comme si tout n'était que ciel et cœur changeants

 

 

Toutes les déclinaisons de la terre

Indifféremment

 

 

Ce vivant si rudimentaire

Incrusté dans la trame

Extirpant tout ce qui brille

Arrachant tout ce qui nourrit

Et piétinant le reste

 

[entre le délire et le sommeil ;

quelque chose de féroce

et quelque chose de tenace aussi]

 

 

Contrairement à l’œil ; au pas ; à la terre

Là-haut

Livré au ciel sans horizon

 

 

Quelles forces pourraient transformer ce cœur noir et poussiéreux ?

 

 

A défaut d'Amour ; de silence ; de lumière ;

A défaut de liberté et de joie

Quelques furtives étreintes

Un peu de soleil

Un peu de monde

Mille désirs

Et son lot de distractions

 

[Aussi est-il naturel que nous préférions vivre à l'écart]

 

 

Empli (et davantage même ; débordant) de ce qui ne se vend pas

 

 

Courbés

Le dos

Le temps

Le monde

La mort

Face au silence

Face à la lumière

 

 

Le cœur si naïf

Face au sang

Face au rêve

Comme obligé de croire

 

 

Rien

Contre le rêve

Sinon un autre rêve

(et – si possible – plus grand –

plus beau et plus invraisemblable encore)

 

 

En son propre désert

Vivant

 

Là où nulle part devient sa propre terre

 

 

Pour mille raisons

L'écart et le sauvage

Et cette solitude si vivace

 

 

Ici ou là

Sans rien attendre

Le geste ardent

Le pas solitaire

Allant

Sans rien demander

Porté par le souffle

Sans se soucier

Ni du voyage ;

ni des paysages ;

ni de la destination

 

 

Aujourd'hui

Au-dedans

Infiniment

 

 

Comment pourrait-on déchiffrer quoi que ce soit

Comment pourrait-on comprendre

la portée du regard et l'envergure de l'intime

Avec toutes ces images en tête...

 

 

Au cœur de la danse

Au cœur du rêve

 

 

Le cœur affranchi de la soif

De la même couleur que le reste

Parfois obscur

Parfois lumineux

Qu'importe l'ombre et les visages rencontrés

Qu'importe la proximité du ciel et l'épaisseur de la nuit

Qu'importe les reflets du miroir

 

 

Sans résistance

Face à ce qui s'impose

 

 

Suspendus à la lumière

Ces chaînes

Ces tourments

Cette oppression

 

 

L'ineffable

A l'affût

Sur toutes les pentes

 

 

Malhabile ; embarrassé ; indécis

Dans l'attente d'un sourire ; d'une danse ;

d'un visage ; d'une distraction ; d'un étourdissement

Quelque chose qui donnerait une occupation à la tête ;

et une orientation au pas

 

 

Composé de cet enchevêtrement

vivant et inexplicable

d'invisible et de matière

 

 

Derrière les tressaillements de l'âme

L'ombre

Et au-dessus l’œil qui sait

La main qui caresse

Le cœur qui réconforte

L'esprit serein

 

 

Sans danger

Cet effacement

Comme si l'on faisait disparaître

quelque chose qui n'a jamais existé

 

 

Le cœur bleu

Écoutant le monde et le silence

Sans distinction

 

 

Le chant qui parvient parfois

à transformer le noir en un peu de lumière

et à faire trembler les visages

derrière leur masque

 

 

Le jour venu ; attentivement

 

 

Seul

Aux limites du monde

Aux limites du ciel

Silencieux

Face au plus intime

Face à l'immensité

 

 

Entre les lèvres

Tous les vents du monde

Et ce souffle mystérieux

 

 

Gorgés de vie et d'ardeur

Ces pas à la lisière de l'aurore

Ce regard immense

Nos élans et nos résistances

Toutes nos manières d'exister

Toutes nos façons d'être au monde

 

 

Sans attention

Sans hauteur

Sans profondeur

Tournant en rond sur le même horizon

Sans jamais surplomber ni la laideur ni la désolation

 

 

Aussi loin que possible de cette civilisation haletante et pressée

 

 

Et tous ces corps si ardents et maladroits

Qui se cherchent ; qui se frottent ; qui se houspillent

A grands coups de reins

pour perpétuer l'espèce et l'infamie

 

 

Comme des vagues

A l'horizon

Et quelque chose du rêve

Au fond du regard

 

Un long défilé de nuages

Entre la roche et la lumière

 

 

Allant comme le vent

Pour tout parcourir

Jusqu'au seuil au-delà duquel

le vide est reconnu

comme la seule substance

 

 

S'offrant sans rien dire

Laissant au reste – et à ce qui passe –

le soin de décider

 

 

Comme un vieux soleil

A éclairer l'obscurité des âmes et du monde

 

 

Nous

Comme la vie

Comme le monde

Comme le reste

Entre mystère – merveille et monstruosité

 

 

Le cœur immobile

Au-dessus du monde et des chemins

 

 

Hissé là où la nuit s'est retirée

 

 

Le cœur – les lèvres et les mains – silencieuses

 

 

Au milieu du monde

Au milieu des fleurs

Au milieu du feu

Sans choisir ce qui nous embrase ;

ce qui nous fait trembler ;

ce qui nous fait tourner la tête

 

 

Face au calvaire des hommes

Face aux bêtes qui souffrent plus encore

Face à toutes les monstruosités perpétrées

au bénéfice de quelques-uns

Quelque chose qui s'enfonce au fond de la chair ;

jusqu'au fond de l'âme ;

Toute la tristesse du monde

 

 

Enveloppé par la nuit triste et obscure

Malgré la lumière que dessine la main innocente

 

 

Au corps à corps avec la multitude

Au lieu de célébrer ce surcroît de lumière

 

 

Un cœur de va-nu-pieds

Des gestes simples et sans alliance

Des paroles trempées au fond du silence

Et cette sagesse plus que sauvage

 

 

Assez de rire et d'Amour pour offrir à la hache un peu de résistance

 

 

Jusqu'à l'aube

Ce chaos

Cette longue glissade

Puis cet agenouillement (si compréhensible)

 

 

Émerveillé par la beauté de la terre

Comme de l'or au fond des yeux

Comme de l'or au fond de la chair

 

 

Le souffle et le geste chargés de fleurs et de vent

 

 

Le regard plutôt que les yeux

 

 

Aussi bleu que le reste – en définitive

 

 

La danse rayonnante de l'âme au milieu des fleurs

Des pas comme des soleils au milieu des étoiles

 

 

Un peu de lumière

dans nos éclats de tendresse et de voix

Une manière de chanter la vie ;

de célébrer le soleil ; le jour ;

toutes les forces du monde

 

 

Là où les chemins convergent

Là où les frontières s'effacent

Derrière les grilles

Rendues au labyrinthe

A l'enfer terrestre

Et le regard par-dessus – à présent

Enjambant tous les obstacles ;

l'abîme et les territoires

 

 

Et ce rire – aujourd'hui – sur le voyage et les voyageurs

 

 

La parole

Comme un feu ; un clé ; une besace

Comme une fleur ; un envol ; une offrande

Comme une flèche ; une gifle ; une caresse

Jamais ni comme une décoration ; ni comme un monument

 

 

A pieds joints – à présent

Alors qu'autrefois tout se faisait – tout se vivait – à contrecœur

 

 

Des voix inaudibles sous l'écume noire

Des cris convertis en chuchotements

En mutisme parfois tant est grande la terreur

 

Seul est perceptible le tremblement des âmes

qui déforme l'horizon de pierres

 

 

Depuis si longtemps

Cette peur recroquevillée au fond de l'âme

Ces hantises et ces soupirs

Ces souvenirs inutiles

Ces gesticulations maladroites

Comme si nous avions peu à peu écarté la vie ;

réduit les battements du cœur à un bruit imperceptible et incompris

 

 

Porté(s) par l'envergure du secret dont la tendresse –

lorsqu'elle est ressentie – amortit les coups et panse les plaies

 

 

L’œil éveillé

Ni passeur de mots

Ni passeur d'images

Pourvoyeur de silence et de joie

 

 

Rien du mythe

Quelque chose de l'évidence

A défaut de pouvoir fournir la moindre preuve

 

[Hormis – bien sûr – cette joie au fond du cœur –

comme, peut-être, la plus éloquente des démonstrations]

 

 

Parfois l'âme dialogue avec le ciel

Sans intermédiaire

Sans interprète

Manière – peut-être – de retrouver l'entente originelle

 

 

Sous l'immensité

Les cimes du monde

Et la tête de l'homme

qui dépasse à peine les plus hautes herbes

 

 

La peine de celui qui ignore

L'ardeur de celui qui cherche

La joie de celui qui se rejoint

La gratitude de celui qui comprend

Et le sourire de celui qui sait

 

 

Au milieu de tant de merveilles

 

 

Une poignée de ciel

Quelques brassées de terre

Et sur la roche

L'écume et la douleur

Et la fièvre de ceux qui aimeraient savoir

 

 

Bouts de chemin

Éclats de silence

Paroles abandonnées

Ombres secrètes

Quelque chose de la rumeur

Et cette chair qui tremble

Au cœur du monde

Dans l'espérance (un peu paresseuse) d'un Dieu secourable

 

 

Ce frémissement au fond de la chair ; au fond des yeux

Comme si l'âme avait effleuré le secret

 

 

A rebours

La liberté

Jusqu'au cœur de la danse

Jusqu'au cœur du poème

 

 

Sans édifice

Le feu de l'âme

Et ce qui va

Ce qui va (sans s'arrêter jamais)

 

 

Sans rêve

Sans mensonge possible

Aussi purs que le jour

Les mots qui se transforment (parfois) en poème

 

 

La terre désarmée

Recueillant l'encre – le goudron et le sang

La pisse – la salive – le semence et la sueur

Toutes les substances de l'homme

 

 

Les ailes accrochées à la table de pierre

Au milieu des arbres

Au milieu des fleurs

Et envolant quelque fois la parole

Pour offrir au ciel un poème

 

 

Le feu

Au lieu de la mémoire

La flamme plutôt que les tremblements

L'âme arrachée au plus vieux principe du monde

 

 

Là où la solitude silencieuse est à son comble

 

 

Si seules

Et si dérisoires

Ces lignes qui ne s'adressent à personne

 

 

Sur la pierre

Sans rien attendre – à présent

 

 

Le même pas

Sur le même chemin

Autrefois insensé

Et si savoureux aujourd'hui

 

 

Comme un cri interminable et perdu

Comme si l'écho de la solitude avait réussi à abattre tous les murs

 

 

Comme un froissement de feuille

Entre les doigts de celui qui se laisse rejoindre

 

 

Geste après geste

Pas après pas

Ligne après ligne

La vie

Les pages

Et le chemin

De plus en plus indistincts

 

 

Le regard

Au loin

Porté vers le ciel

Tantôt par la rosée

Tantôt par le vent

Tantôt par l'oiseau

 

 

Rêver moins

Et vivre davantage

 

 

Aller là où est le plus vrai ; le plus intense ; le plus intime ; le plus vivant

Là où le regard danse avec les âmes ; l'eau ; la terre ; l'air et le feu

 

 

Inaccessible peut-être

Et quand bien même...

 

 

Sur le dos

Son poids de peine(s) et de nuit

Et les paupières lourdes

Comme si le noir avait tout obscurci

Comme si plus rien ne séparait le dehors du dedans

Comme si l'on était (tous) condamné(s) au même ciel et à la même ornière

Si tristement (pour les uns)

Et si joyeusement (pour les autres)

 

 

Brisé

Le carcan de l'homme

Décousues

Ses paupières

Disparues

Ses frontières et sa prétention

Ouverts

Son cœur et ses mains

Voilà l'une de nos rares prières

 

 

A l'orée du plus lointain

L'âme à l'affût

L'écoute posée

Par-dessus le songe

 

 

Là où le silence est un chant

Là où le silence est une fleur

Là où le silence est une pierre

Là où le silence est un oiseau

Nous écoutons ; nous respirons ;

nous contemplons ; nous prenons notre envol

 

 

Les gestes

Couleur de l'âme

 

 

Transformée

L'enfance obscure

Convertie

En lumière et en innocence

 

 

Alors que tout s'écarte

Nous résistons

 

Alors que tout s'en va

Nous demeurons

 

Alors que tout s'oublie

Nous célébrons

 

Pour que demain recommence le jour

 

 

La danse secrète

 

Au milieu du monde

Comme un tourbillon de lumière

Au milieu de la chair

Comme un peu de tendresse

Au milieu des malheurs

Comme un peu d'espérance

Et ce sourire qui consent à

ce qui se perpétue ;

et à ce qui passe sur la pierre

 

 

Tout contre soi

Le silence et la voix

L'ombre et le mot

Le miroir et le ciel

Ne reste plus qu'à convertir

le monde et le cri en poème

 

 

Derrière le(s) visage(s)

Les même paysages qu'ici

Quelque chose du désir

Du sable et des empreintes de pas

Des épreuves et des pentes

Ce qui rend possible la rencontre

 

 

Quelque chose de l'enfance perdue

Dans ces mots que personne ne prononce

Dans ces sourires figés

Dans ces cœurs meurtris

Dans ces existences sans grâce

 

 

Entre le ciel et la pierre

Sous les nuages et le vent

Attablé au cœur du sauvage

Attablé au cœur de l'enfance

Sans un regard pour ce qui n'a ni feuilles, ni fleurs ;

ni plumes ; ni poils ; ni écailles

 

 

Seul

Et, sans doute, plus si loin du secret

 

 

Au cœur de cette vie

située au cœur de la tendresse et du silence

Là où le regard a remplacé

ce pour quoi l'homme se bat

 

 

Le bleu

Jusqu'à travers l'ardeur

 

 

Lui – peut-être

Sans même le vouloir

Sans même exister – sans doute

Contemplant l'absence

Écoutant le silence

Le chant de la pierre

La respiration des arbres

Les battements du cœur

L'éclosion de la chair

Puis – plus tard – ses déchirements

Ses désirs ; ses luttes ; ses gémissements

Puis – plus tard encore – le long râle qui précède la mort

Parmi tous les autres

Au milieu du monde

 

L'âme ; la terre ; la vie

Plus hautes que les humiliations

Et moins (beaucoup moins) vindicatives que l'esprit de l'homme

Et plus résilientes aussi

S'adaptant au jour le jour

Qu'importe les exactions

Qu'importe la tyrannie

Qu'importe le désastre

Se transformant au fil des transformations

Accueillant jusqu'à l'impensable ; jusqu'à l'impossible

Seuls phœnix de ce monde

 

Au milieu des créatures décimées

Au milieu des survivants ébahis

Au milieu des assassinats et des dévastations

Au milieu de ceux qui ont les mains pleines de sang

 

 

Peut-être

Depuis toujours

 

 

Dans cette absence de temps

Le rire

Et tous les possibles

 

 

Quelque chose comme une présence ; comme une écoute

En soi ; dehors ; partout

 

 

Enclose dans la mémoire

La lumière

Enfouie sous tout ce que nous avons vécu

depuis le premier jour du monde

 

 

Rien

Depuis l'enfance

Sinon attendre que les ombres passent

Sinon attendre que quelque chose arrive

 

 

Si près de ce qui grince

De ce qui se réfugie

De ce qui gêne

De ce que l'on jette

De ce qui crie

Silencieusement

Modestement

Anonymement

De plus en plus

 

 

Au cœur des cercles

Des tremblements

 

Au cœur des tremblements

Le silence

 

Et au cœur du silence

L'autre monde

 

Celui où tout est vivant et habité

 

 

Demeurant

Là où tout bouge ; évolue ; se transforme

Souriant

Là où tout tremble ; crie ; gémit ; espère

Sans ignorer l'absence et la mort

Sans ignorer ce qui erre ;

ni ce qui est déterminant

 

En toute connaissance de cause

 

 

Longtemps

Depuis le premier jour

 

 

Inexplicablement

Croyez-vous ?

 

 

Ce qui précède le poème

L'âme et le silence

Et ce qui le suit

Le geste quotidien

 

 

La vie et la nécessité

Soi et le reste

De moins en moins distinctement

 

 

Monde jamais à part

Tout est sur l'inventaire

Y compris les exceptions ;

et ce qui imagine échapper à la règle

 

 

Voix silencieuse

Le jour

Au-dehors

Sans visage

Sans obscurité

Écoutant le monde

Regardant les choses

 

Témoignant du voyage

 

 

Têtes vides

Dans leur délire

Dans leur rengaine

Et faisant (malheureusement) tourner le monde

 

 

Personne

Pas même soi

Rien que le jour et le silence

 

 

Là-bas

Les bruits du monde

Et ce besoin d'enfance inassouvi

 

 

Comme aimanté

L'esprit incliné vers l'ombre

Chargé de désirs et de peines

Débordant de souvenirs

 

 

Là où s'est retiré le ciel

Là où s'est retiré le silence

La tête dans le bruit

Les mains dans la terre

Le cœur chaviré

Et l'âme en peine

 

 

Sans plus de certitude

Brume et lumière enchevêtrées

Et ce qui passe

Et ce qui meurt

En un éclair

 

 

Plus haut que le monde

Plus haut que l'horizon

Ce qui se tient là

En soi

Devant nos yeux

 

 

Et ce qui persiste après l'effacement

 

 

Du néant qui dure

Porté par la foule

Et qui disparaîtra

Aussitôt que le cœur fera loi

 

 

Sans référence

Fidèle seulement

Et si loyal

Et si innocent

 

 

Sans parti-pris ; la démesure

Pourvu qu'elle offre l'ivresse

 

 

Le cœur froissé

Entre les mains du monde

Entre les mains du temps

Moitié nuage et moitié sang

 

 

Au-dedans

Le répit

Ce monde sans vérité (établie)

Tout en instant et en ressenti

 

 

Loin déjà

A travers l'eau qui court

A travers le vent qui emporte

A travers la terre devenue socle

Là-bas

Sur l'horizon

La lumière

 

 

Le bleu disséminé un peu partout

 

 

Pays de pierre et de prière

Royaume du labour et de l'espérance

Mains dures et âpres plantées dans la terre

Mains jointes au niveau du cœur

Comme si cela pouvait contenter l'âme

 

 

Le Divin

A s'y perdre

Morceaux d'écume et de lumière

 

 

Entre les mots

Ce qui se dit

Et ce que l'on peut entendre

lorsque le cœur est penché

sur le poème

 

 

Par intermittence

Le feu et la folie

Et le reste du temps

L'inquiétude et l'ennui

Sans rien trouver à redire

 

 

Le cœur amoureux

Veillant sur les cendres

Attendant (peut-être) ce qui pourrait en émerger

 

 

Perpétuellement

Au milieu des masques et des sacrifices

Mais où sont donc passées la joie et l'authenticité ?

 

 

Ni prélude

Ni épilogue

Ni rature

Ni brouillon

D'un seul trait

La vie ; le geste ; le poème

Naturels et spontanés

 

 

Le temps courbé

Comme la fleur par le vent

Comme l'échine par le monde

Comme le cœur par le sang

Lorsque l’œil s'ouvre à la lumière

Aux premières heures du jour

 

 

Le geste lent de la main qui s'avance

Le front posé contre les choses

[Dans leur exact prolongement]

L’œil (très innocemment) ouvert

Comme si tout était animé

par la justesse et la lumière

 

 

Rien que l'effacement

Et le bruit de la pluie

 

Rien qu'un sourire

Et le monde aussi réel qu'un peu de brume

 

Et pourtant – chaque jour – le cœur s'épanche

Et des larmes coulent pour tout ce sang versé

 

 

A écouter ce que rien ne peut blesser

Pas même le sable qui s'écoule

Pas même le vent qui emporte tout

 

 

Le cœur écarté

Trop réfractaire aux affaires du monde

Jugé (bien) trop sensible

Et inapte aux profits et aux intérêts

 

 

Qu'importe ce que la main écrit

Pour peu que l'âme dicte sa parole

 

 

Ce que nous léguerons

En ce monde ravagé

Nos gènes destructeurs et nos larmes

[ce qui perpétuera la dévastation et le chagrin qui va avec...]

 

 

Au-delà même du jour

 

 

Vers ce qui semble – en ce monde –

(à la fois) le plus réconfortant et le plus tranchant

 

Le cœur si vaste

Le regard si vif

 

 

Au fond de la plaie

L'esprit et l'ombre

Se livrant bataille

Essayant d'arracher l'autre à la chair

Renforçant ainsi l'épaisseur

Accroissant ainsi la douleur

 

 

Depuis toujours

L’œil fermé

Et la lumière

 

 

Face au monde

Sans rien oublier

 

 

Le regard dans la main

Prêt à tout reconnaître

Prêt à tout accueillir

 

 

Comme un doigt qui dessine dans la neige

Comme un cri depuis trop longtemps retenu

Comme une chair maltraitée depuis le premier jour du monde

 

Le chant des âmes

Le cœur sur la roche dure et froide

 

Ce qui nous traverse en quelques instants

Et qui (nous) paraît parfois une éternité

 

 

Le silence si bleu

que tout semble infini

Et si puissant

que tout vacille

 

 

Tombé peut-être du plus haut

La main grande ouverte

Le cœur affranchi

Quelque chose – sans doute – du salut

Ici même

En ce monde

 

 

Sans cérémonie

Dans l'entre-deux de tout

Subjugué par ce chatoiement ;

ce chant ; cette danse ;

Et ces tremblements communs

Buvant à même la source

Eau – soif et bouche ; confondues

L’œil (presque) brûlé par tant de beauté

Comme si le regard s'était installé au cœur de l'immensité

 

 

Le cœur par-dessus l'horizon

Comme si s'achevait la course incessante

Et cette main tendue devant soi – à présent

 

 

Silencieusement

Sans rien attendre

 

 

Au milieu des étoiles que la nuit fait tomber

 

 

Sous le signe de cette présence

Cette vie

Et ce monde

[En dépit de tout]

 

 

Tout est bleu

Ici-bas

Jusqu'aux voiles devant les yeux

Et jusqu'à l'écume qui danse (juste) derrière

 

 

A regarder arriver

A regarder s'en aller

Et – entre les deux – à regarder

la danse (un peu triste) ; les pitreries et les grimaces

Ce monde peuplé de courants d'air

(plus ou moins drôles – plus ou moins embarrassés)

 

 

Face au ciel

Face à la terre

Face à l'arbre

Face à fleur

Face à la bête

Face la pierre

La même joie

La même gratitude

Et le même sentiment du sacré

 

Plus incliné devant l'arbre et la bête que devant l'homme

 

 

Le cœur dépossédé

Entre les étoiles et la mort

 

 

Sous la lumière

Aveuglé

Comme en territoire étranger

 

 

Nuages et visages émiettés par le vent

Émiettés par le monde

Émiettés par la mort

Sous l’œil hilare de celui qui voit

Cherchant un refuge dans les hauteurs

L'appui du ciel

En vain

 

 

Ni ici ; ni ailleurs

Ni maintenant ; ni jamais

Cette illusoire vérité

 

Et ce qui se tient sagement

Au milieu des hypothèses

Au milieu des doigts pointés

Au milieu de la cacophonie

 

 

Au terme de l'aventure

L'après-monde

Le silence

Et le reste brûlant

Au milieu de hautes flammes

 

 

Le cœur détroussé

A la manière de l'ombre qui s'approche de la lumière

Flottant dans ses pauvres habits d'étoiles

Laissant traîner son âme au-dehors ; dans la neige

L'abandonnant au froid ; au désespoir et à la faim

Tournant autour du silence ; hésitant et malhabile

Allant et venant ; les yeux fermés

Cherchant désespérément le moyen d'y pénétrer ;

Avec le désir fou d'y séjourner aussi longtemps que possible

 

 

La main immense

Devenue aujourd'hui presque soleil

 

 

 

Le cœur bleu

Sur cette terre printanière

Au bord de l'enfance

Chargé de si peu de souvenirs

Que tout prend les couleurs de l'innocence

 

 

Face au jour

Cette fenêtre éternelle

A trembler encore

Parmi les herbes

Sur la pierre

 

 

Et la main qui, soudain, arrête la nuit

Et le cœur qui, soudain, offre sa couleur

Et le monde qui, soudain, s'illumine

 

 

Sans savoir

Aller

Aller encore

Aller toujours

De lieu en lieu

Au fil des chemins

Au fil de l'encre et des pages

Vers le silence et l'infini

Sans doute le seul appel ; et la seule certitude

 

 

Sous le ciel clair

Le voyage

Et la danse

Sans que rien nous retienne

 

 

Comme si l'ignorance et la faim pouvaient faire pardonner l'infamie

 

 

En secret

Celui qui va

Celui qui offre

Celui qui sait

 

 

Aux mains du même mystère

Depuis le premier jour

Depuis le premier pas

 

 

Là où se pose la graine

Là où pousse la fleur

Là où porte le vent

 

Qu'importe ce que le destin dessine

 

 

Indéniablement

Parmi la rumeur

Cette heure passagère (et heureuse)

Propice au sourire

Si douce

Et si fragile dans sa lumière

 

 

L’œuvre sans cesse recommencée du monde

Terre après terre

Règne après règne

Civilisation après civilisation

Siècle après siècle

Jour après jour

Ce qui s'édifie et ce qui s'écroule

Sisyphe gigantesque et dérisoire

Dans l'espace infini

 

 

Ivre de ce jour si pur

Le bleu au creux de la voix

Comme un air de flûte ; un air (un peu) lointain

L'image du monde retourné ; côté pile – peut-être

Tous les masques ôtés

Vivant en deçà (bien en deçà) du temps

Vivant au-delà (bien au-delà) de la douleur

Sans bruit

Si humblement

 

 

Toujours dans l'histoire

Et hors de l'histoire aussi

Depuis longtemps déjà

Ombres, masques et fantômes devant

Faisant croire (malgré eux) au grand cirque (et à l'importance du spectacle)

Et cet immense sourire au-dessus de la farce

 

 

Assis sur la pierre

A contempler le monde

La beauté des uns

La barbarie des autres

Le naufrage de tous

Et le sommeil contre lequel

on se tient bien au chaud

 

 

L'écume et le vent

Voyageant ensemble

Entre l’œil et la lune

Et plus près

Et plus loin

Parfois

Comme si l'on était las de cette danse quotidienne

 

 

Aimer ce parfum et cette ivresse dessinés par l'inconnu

 

 

A chaque jour

Le monde recommencé

 

 

Dans ce coin de chambre

L'ombre étoilée

Cet autre visage du monde

Cette part de lumière qui s'ignore (encore)

Quelque chose de l'infini

Et quelque chose de l'image aussi

 

 

Sans même se souvenir

de celui qui ignore

Un peu d'enfance soulevée

La mort rangée quelque part

Et recouverte de choses et d'oubli

Comme un tourbillon d'écume

Et la danse du vent

riant – au-dessus – à gorge déployée

 

 

Ce qui nous brûlait autrefois

Au fond de l'âme

Devant les yeux

Tremblant face aux flammes

Implorant le feu

Le regard simple et ardent ; à présent

Comme si plus rien ne pouvait nous jeter dans le brasier

Comme si le cœur pouvait choisir sa manière de s'embraser

 

 

Dans les trémulations de la lumière

 

 

Une écuelle tendue sous les étoiles

L'âme remplie d'espoir

qui patiente sur la pierre grise

 

 

Appuyé contre le ciel

Le pas sur la route

Le visage tourné vers la lumière

Les yeux entre le rêve et la brume

Et l'âme quelque part

Comme si quelque chose – en soi – marchait tout seul

 

 

Sous le chant des grands arbres

La danse des fleurs

Le vol des oiseaux

Et les yeux ; et le cœur – tremblants à l'heure du rendez-vous

 

 

Sans jamais cesser

L'espoir et le sang versé

Les cendres et l'étreinte

[L'invisible et la matière main dans la main]

 

 

Par-delà le rêve et le mensonge

L'âme honnête

Et l’œil franc

 

 

Au coin du jour

Sous la lumière quotidienne

La voix douce

Le geste tranquille

Comme un léger flottement dans l'air

L'âme qui traverse les heures

 

 

Visage d'en face

Peau contre peau

Laissant tout se défaire

Laissant tout s'agencer

Comme si entre nos lèvres

se tenait un bouquet de fleurs vivantes

 

 

Nous regardant

Comme si l'enfance

était gravée

sur notre front

 

 

Le visage sur la terre

Collé contre la roche

Contre l'écorce

Contre le ciel simple

Contre le silence

Contre la mince enveloppe des choses

Contre la peau (si fragile) des bêtes

Contre ce qui s'approche

Contre ce qui frappe à la porte

Contre ce qui s'en va (à l'heure inévitable du départ)

Toute cette chair ; tout cet Amour ; tout ce qui ne se voit pas

Et qui fait trembler notre âme

Et qui nous fait vaciller quelques fois

 

 

La paume

Au bord du ciel

Abandonnant l'espoir

Abandonnant ses secrets

Invitant le visage et les larmes

Invitant le cri

Invitant la nuit

Et le moins désirable

Laissant à la vie le soin de décider

Le cœur – à présent – assez sage ; assez mûr ; assez façonné

 

 

Le jour brûlé

Comme si tout n'était qu'un rêve

Comme si tout méritait d'être jeté au feu

La chair vaincue

L'âme en peine

Le cœur arraché

La terre ravagée

La douleur cuisante

Et ce que la mort nous laissera

Le regard infirme

Et le rêve piétiné

 

Ce à quoi seront arrivé les hommes

 

 

Les pieds dans l'écume

Le cœur en plein ciel

Et l'âme qui danse avec le vent

Notre manière d'être vivant

Notre manière d'aller de par le monde

 

 

A la nuit tombée

Le vent qui murmure

A travers les frondaisons

Le silence et la pluie

Quelque chose d'une parole

que très peu savent écouter

 

 

La main qui trace

son petit sillon d'encre sinueux

Une route peut-être

Un itinéraire imprécis

Vers la lumière

La fin du jour

La fin du monde

Une délivrance – sans doute

 

 

Ici où là

Comme ci ou comme ça

Sans que nul y puisse rien

 

 

Là où les yeux ne peuvent voir

Là où les pas ne peuvent aller

Lorsque le cœur réussit à s'ouvrir

 

 

Au commencement de tout

L’œil qui s'ouvre

L’œil qui voit

Le jamais vu

Comme la toute première fois

 

 

Ce que cherchent

Les yeux ; les mains ; l'âme

Ce refuge au cœur du monde

Cette lumière au cœur de la nuit

Cette paix au cœur du chaos

 

 

Si clair

Ce qui est vu

Ce qui est donné

Comme un miracle

 

 

Là où sont les signes

Alors que tout périt

Les mains tremblantes

Les yeux au fond du sommeil

Et l'arbre si droit dans la lumière

Et cette caresse du ciel sur l'âme

 

 

Dire ce qu'expriment les yeux des bêtes

Leur âme et leurs tremblements

Et leur plainte digne et silencieuse

Sous la main assassine et le rire indifférent des hommes

 

 

Parfois

Au lieu de dire

Se taire et sourire

 

 

Depuis toujours

La pierre

L'inconnu

La tendresse

Le mystère

Et ce que la lumière éclaire

 

 

Jusqu'à l'oubli

Cet étrange passage du temps

Immobile

Sous les feuillages

Aux confins du feu

Au cœur de la nuit froide et noire

 

 

Quelque chose en deçà de la mémoire

Un peu d'aurore

Un peu de vent

Ce qui luit

Et ce qui souffle

En soi

Encore

Assez mystérieusement

 

 

Traversant en silence ces siècles si bruyants

 

 

En secret

Comme si la mort

A chaque fois

Nous agenouillait

 

 

L'esprit ; le cœur ; la chair

Chavirés ; blessés ; meurtris

Par la sauvagerie du monde

 

[Qui – quelle créature – est né(e)

pour vivre au milieu de tant d'horreurs et d'adversité ?

Et qui saurait y résister sans la moindre protection ?]

 

 

Devant nos yeux

Le monde

Sans savoir

S'il nous faut rire ou pleurer

 

Rien qu'un peu d'ombre

Pour ces mains mendiantes et ces cœurs tremblants

 

Rien qu'un peu de ciel

Pour ces âmes passantes

 

 

Au cœur de la lumière

Cet Amour que l'on retrouve parfois au fond des yeux

 

 

Combien de rives nous faudra-t-il visiter ?

Combien d'obstacles nous faudra-t-il franchir ?

Combien de pièges nous faudra-t-il éviter ?

Combien d'étoiles nous faudra-t-il apprivoiser ?

Pour nous sentir vivant et en paix

Et retrouver l'innocence et la joie du premier jour

 

 

Sans plus savoir

Ce qu'est le silence

Ce qu'est l'oubli

Tandis que le monde s'affaire

Tandis que le cœur se croit encore vivant

 

 

Sous l'arbre

Sans ombre

Avec tous les reflets

abandonnés derrière soi

Comme notre hôte

Parfaitement

ouvert à ce qui passe

Parfaitement

impassible

et lumineux

 

 

Le visage dans l'écume

Et l'âme au milieu des étoiles

Avec – au fond du cœur – cette étrange flamme

Et – dans les yeux – l'innocence qui pétille

 

 

 

Entre le ciel et la poussière

L'aube décharnée

Les larmes au bord des paupières

Avec au-dessus des têtes

Un bout de ciel déchiré

Malheureux

En dépit de Dieu

[En dépit de toutes les preuves de son existence]

 

 

L’œil si lourd

Sous ce ciel sans charme

Sur cette terre pierreuse

Au milieu des yeux qui ne sont que des miroirs

 

 

Si las parfois du monde

 

 

Tout est liens et solitude

 

 

Le cœur amoureux de ce rire entêté – en nous –

qui ne veut ni se taire ni mourir

 

 

Avec encore quelques rêves accrochés à la poitrine

 

 

Au loin le cri de la chouette

Dans la forêt sombre

Et ce temps suspendu

Au-dedans de la roulotte

Et le silence joyeux

de celui qui est là

L'oreille attentive

Et le cœur reconnaissant

d'être l'hôte passager de ces lieux

 

 

En sa compagnie réconciliée

Loin du monde ; de la foule ; des Autres

Loin du royaume et de la monstruosité

Sans question

Sans réponse

Dans la lumière

de celui qui commence à voir – peut-être

 

 

Au fond du cœur secret

Là où tout se rue dans le vide

 

 

L'horizon clair

Le bleu parsemé de feuilles

A l'abri des rêves et de l'écho du monde

Par-dessus les pierres

Par-dessus les blessures et le sang

L'âme délicate et silencieuse

Dans son refuge de terre

Infiniment reconnaissante

 

 

Quelque part

Au cœur du monde

Au milieu des prières silencieuses

Parmi ceux qui n'ont besoin ni de mots ; ni de mains

A nous emplir de la joie et de la beauté

que l'humanité n'a pas encore réussi à souiller

 

 

Le cœur plein de mensonges et d'épines

Comme si l'on vivait encore trop près des hommes

 

 

L'âme simple et joyeuse en ces lieux sans cérémonie

 

 

Sans même un visage ;

sans même un nom –

auquel se raccrocher

 

 

Rien que ces mots

Et ce sourire au-dessus des âmes

Au-dessus du monde

Et notre main –

et notre cœur – besogneux

 

 

Au loin

Le murmure

Le léger bruissement de la source

Caché au cœur des vivants

Par-dessous l'effervescence

Et par-dessous les cris

Entre la chair et l'âme

Et que les yeux reflètent quelques fois

 

 

Ces pages

Tantôt caresses

Tantôt poing levé

Parfois épreuve

Parfois rencontre

Sourire et lucarne sans pudeur

Presque toujours

Appel irrésistible

et absolue nécessité

Invariablement

 

 

Sur la pente du désamour

L'âme raidie

Le geste las

La main crispée

Glissant ; glissant

Jusqu'aux pieds du monde

 

 

Le cœur silencieux

Comme un ciel au-dedans

Affranchi de la nuit

En dépit du monde si proche

 

 

La vie

Pleine et joyeuse

Devant les yeux

Comme un feu tranquille et continu

Et cette allégresse au-dedans

pour célébrer ce qui passe

 

 

Un sourire enfantin

Lorsque – chaque matin – la lumière réapparaît

Quelque chose de la beauté

dans les yeux confiants

Peut-être la possibilité d'un cœur

et d'un monde – plus apaisés

 

 

L'homme

Tête en bas

Du haut de son vertige

 

 

Nous faufilant subrepticement – avec les bêtes –

dans les interstices laissés par les hommes

 

 

Deux étoiles à la place des yeux

Au fond de cette nuit trop noire

 

 

L'encre bâtisseuse ; à sa manière

Édifiant les possibles

Invitant la lumière

à se déployer dans la pénombre

Imprimant sur la page

le rêve des hommes

Œuvrant à l'exercice intime

Visant – peut-être – le plus précieux ;

et le plus lointain aussi – sans doute

 

 

La joie immuable de celui

qui se laisse mener par le vent

Qu'importe les lieux ; les paysages ;

les difficultés du voyage

Le cœur clair et lumineux

 

 

Cette joie douce et tendre

Qui mêle la gratitude et l'émerveillement

Face aux choses du monde

Face aux visages qui échappent au sommeil

Loin des injures et des offenses

Loin des brimades et des cris

 

 

La peau et l'âme contre l'arbre

La chair si près de l'humus

Le cœur si près du ciel

La tête entre les nuages et la poussière ;

entre la terre et la rosée

Encore (un peu) hésitante

 

 

La nuit habitée

Glissant sur la pierre

Sous les feux rouges du soleil

Obscurément

De plus en plus

Nous approchant du plus lointain reflet

Arc-bouté sur l'intime

En dépit de la cendre sous nos pieds

 

 

Le cœur bleui par la lumière

Comme de l'or entre les mains de Dieu

Devinant notre plus secret désir

Offrant le feu et le ciel ;

un peu de poésie et d'éternité

 

 

Aux limites de l'immensité

Ce qui se murmure

L'écho d'une parole lointaine (si lointaine)

Comme le prolongement apaisé du premier cri

De seuil en seuil

Jusqu'à la pleine liberté

 

 

Quelques rêves

Déposés sur la pierre ;

abandonnés par ceux qui s'avancent

le front bas ; l'âme inclinée

En ce lieu où chaque pas fait naître une fleur

où chaque mot est un oiseau qui s'envole

au-dessus des malheurs et des cris

 

 

Parfois poignard de pierre

Sur ce chemin d'infortune

La respiration sauvage

La sueur qui perle sur la peau

Et ces bracelets d'or aux poignets

pour célébrer la nuit poétique

 

 

Abandonné(s) au pied de la solitude

Les yeux brûlants

L'âme joyeuse

Au cœur de la rencontre

Le sang gorgé d'ardeur

La chair comme un chapelet

A réciter ensemble la même prière

 

 

Le cœur assis

Au cœur des saisons

Sur la pierre qui reflète le ciel

 

 

Miroir sans rêve

offrant un rire

aux reflets qui passent

Un peu d'aurore à ceux qui ont peur

Juste assez de lumière pour cesser de croire

 

 

Venu(s) – peut-être (qui sait ?) –

du fond d'un songe

Allant ainsi

de visage en visage

d'une âme à l'autre

Sans jamais se perdre

Sans jamais se retrouver

 

 

Le regard souriant

Glissant d'un instant à l'autre

Jour après jour

Invariablement

Avec tant de force et d'ardeur

 

 

Le long du tremblement

Cette invisible tendresse

Douce et puissante

Si douce que coulent des larmes de joie

Si puissante que l'on sent la chair palpiter

Comme si l'on était étreint de l'intérieur

 

 

Le cœur posé

Contre les flancs de la terre

Si proche que l'on sent la respiration du monde

Si proche que l'on voit danser ensemble la vie et la mort

 

 

L’œil intime et silencieux

Anonyme (parfaitement anonyme)

Sous un ciel sans hasard

Après avoir délaissé le sillon de la soif

pour une petite pierre blanche

éclairée par la lumière

 

 

Aux mains du monde

Comme si nos vies et notre sang

n'appartenaient à personne

Comme s'il nous fallait obéir

aux impératifs des morts et des vivants

 

 

L’œil rivé au peuple des étoiles

Comme si notre destin en dépendait

 

 

A notre place

Hors de l'édifice

Loin de l'épaisseur du temps

Allant penché

Suspendu au même rêve

 

 

Comme le chant qui monte

Le poème se dérobe

échappe à l'âme de celui qui le compose

 

 

Sans rien imaginer

Entre mirage et merveilles

Au cœur de l'écume

Les yeux ; le bleu ; la blessure

Ce qui glisse lentement vers l'invisible

 

 

Lentement

Le plus lointain

A travers cette longue absence –

peu à peu – convertie en silence

 

 

Dans l'air

Comme un parfum d'enfance

Ciel et soleil des premières fois

Lorsque le cœur frémissait devant l'inconnu

Lorsque l'âme savait jouer avec légèreté

Lorsqu'il n'y avait ni peur ni mémoire

Lorsque les joues se coloraient de bleu

rien qu'à respirer

 

 

Sous le signe de ce qui reste ; de ce qui passe

Sans rien attendre ni de l'écho ; ni des reflets

Allant à travers tous les songes

De la terre vers le ciel

Du carré vers le cercle

Du plus infime territoire vers l'immensité

De la frontière vers l'obéissance

Là où se trouve la véritable liberté

 

 

Couronné du tremblement des humbles

Sans trône

Sans légende

Assis au-dessus du sommeil

Les lèvres si près du feu

Et le visage pas même étonné

devant les fantaisies du monde

 

 

Juchées sur la parole

Entre la bouche et l'arc-en-ciel

Promise à tous ceux qui cherchent

A tous ceux qui ont peur et qui prient

Un peu de tendresse

Un peu de lumière

Un peu de vérité

Assez – sans doute – pour oser

aller seul vers le silence

 

 

Quelque chose de la foudre

Au bord du poème

Passé de l'âme à l'encre

Comme un feu ; une faim

Et peut-être une colère – quelques fois

Et ce qu'il faut de lumière

pour aider l'âme à s'affranchir du monde

 

 

L'écho et le secret

Enchevêtrés

Dans la même parole

Déguisée tantôt en cri

Tantôt en murmure

Tantôt en silence

 

 

Sous le vent

Le monde et le silence

Les sages et les affamés

Et le long défilé des nuages (parfaitement) indifférents

 

 

Peu à peu

Le sourire et le silence

Au lieu des grimaces bruyantes d'autrefois

 

 

Aujourd'hui

Le cœur contre la pierre

Les reflets (tous les reflets) du monde

au fond du regard

Et ce que la main dessine

à l'encre noire

 

 

Le cœur encore nocturne et casanier

En dépit de la lumière

 

 

Ces étranges reflets

Au fond des yeux

Comme arrivé aux confins du songe – peut-être

 

 

L'âme transparente

Au cœur de l'énigme

Au cœur de la chair

Sans pouvoir faire (le plus souvent)

la moindre distinction

 

 

L'expérience (simultanée)

de la pierre et du regard

Ce qui est ressenti

Ce qui est entrevu

Et ce que l'on devine

entre les éclats et les reflets

 

 

Mille étoiles

Entre les mains

Et ne sachant qu'en faire

 

 

Le cœur métamorphosé

Abandonnant le cri et le couteau

à ceux qui poursuivent leur voyage

à ceux qui ne veulent pas quitter l'illusion