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LES CARNETS METAPHYSIQUES & SPIRITUELS

A PROPOS

La quête de sens
Le passage vers l’impersonnel
L’exploration de l’être

L’intégration à la présence


 

CARNETS PUBLIES

L'expérience du monde 
Récit (1997-1999)

Solitudes 
Récit (2001)

Le petit chercheur Livre 1  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 2  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 3  
Conte (2004)

Quêteur de sens  
Essai anthologique (2005)

Traversée commune  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 1  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 2  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 3  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 4  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 5  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 6  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 7  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 8  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 9  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 10  
Livre expérimental (2007)

Tourbillon(s) 
Journal & récit (2008-2013)

Le goût d'autre chose 
Journal (2013-2016)

Un homme simple et sage 
Récit (2014)

Une âme sensible Vol 1  
Journal (2016-2019)

Une âme sensible Vol 2 
Journal (2016-2019)

Entre le rêve, le monde... Vol 1  
Journal (2019-2020)

Entre le rêve, le monde... Vol 2  
Journal (2019-2020)

Quelque chose du sang...  
Journal (2020-2021)

En plein cœur Vol 1 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 2 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 3 
Journal (2021-2022)

Si près de nos lèvres... Vol 1 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 2 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 3 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 4 
Journal (2022-2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 1 
Récit (2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 2  
Récit (2023)

Une destinée sans certitude Vol 1 
Journal (2023-2024)

Une destinée sans certitude Vol 2 
Journal (2023-2024)

Entre Dieu et la pierre Vol 1
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 2
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 3
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 4
Journal (2024-2025)

Quelques jours... Vol 1  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 2  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 3  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 4  
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 1
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 2
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 2 partie 1
Journal (2025-2026)

En son for intérieur Vol 2 partie 2
Journal (2025-2026)

 

CARNETS BRUTS

Carnet n°1
L’innocence bafouée

Récit / 1997 / La quête de sens

Carnet n°2
Le naïf

Fiction / 1998 / La quête de sens

Carnet n°3
Une traversée du monde

Journal / 1999 / La quête de sens

Carnet n°4
Le marionnettiste

Fiction / 2000 / La quête de sens

Carnet n°5
Un Robinson moderne

Récit / 2001 / La quête de sens

Carnet n°6
Une chienne de vie

Fiction jeunesse / 2002/ Hors catégorie

Carnet n°7
Pensées vagabondes

Recueil / 2003 / La quête de sens

Carnet n°8
Le voyage clandestin

Récit jeunesse / 2004 / Hors catégorie

Carnet n°9
Le petit chercheur Livre 1

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°10
Le petit chercheur Livre 2

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°11 
Le petit chercheur Livre 3

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°12
Autoportrait aux visages

Récit / 2005 / La quête de sens

Carnet n°13
Quêteur de sens

Recueil / 2005 / La quête de sens

Carnet n°14
Enchaînements

Récit / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°15
Regards croisés

Pensées et photographies / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°16
Traversée commune Intro

Livre expérimental / 2007 / La quête de sens

Carnet n°17
Traversée commune Livre 1

Récit / 2007 / La quête de sens

Carnet n°18
Traversée commune Livre 2

Fiction / 2007/ La quête de sens

Carnet n°19
Traversée commune Livre 3

Récit & fiction / 2007 / La quête de sens

Carnet n°20
Traversée commune Livre 4

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°21
Traversée commune Livre 5

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°22
Traversée commune Livre 6

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°23
Traversée commune Livre 7

Poésie / 2007 / La quête de sens

Carnet n°24
Traversée commune Livre 8

Pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°25
Traversée commune Livre 9

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°26
Traversée commune Livre 10

Guides & synthèse / 2007 / La quête de sens

Carnet n°27
Au seuil de la mi-saison

Journal / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°28
L'Homme-pagaille

Récit / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°29
Saisons souterraines

Journal poétique / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°30
Au terme de l'exil provisoire

Journal / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°31
Fouille hagarde

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°32
A la croisée des nuits

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°33
Les ailes du monde si lourdes

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°34
Pilori

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°35
Ecorce blanche

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°36
Ascèse du vide

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°37
Journal de rupture

Journal / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°38
Elle et moi – poésies pour elle

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°39
Préliminaires et prémices

Journal / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°40
Sous la cognée du vent

Journal poétique / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°41
Empreintes – corps écrits

Poésie et peintures / 2010 / Hors catégorie

Carnet n°42
Entre la lumière

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°43
Au seuil de l'azur

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°44
Une parole brute

Journal poétique / 2012 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°45
Chemin(s)

Recueil / 2013 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°46
L'être et le rien

Journal / 2013 / L’exploration de l’être

Carnet n°47
Simplement

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°48
Notes du haut et du bas

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°49
Un homme simple et sage

Récit / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°50
Quelques mots

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°51
Journal fragmenté

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°52
Réflexions et confidences

Journal / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°53
Le grand saladier

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°54
Ô mon âme

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°55
Le ciel nu

Recueil / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°56
L'infini en soi 

Recueil / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°57
L'office naturel

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°58
Le nuage, l’arbre et le silence

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°59
Entre nous

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°60
La conscience et l'Existant

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°61
La conscience et l'Existant Intro

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°62
La conscience et l'Existant 1 à 5

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°63
La conscience et l'Existant 6

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°64
La conscience et l'Existant 6 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°65
La conscience et l'Existant 6 (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°66
La conscience et l'Existant 7

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°67
La conscience et l'Existant 7 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°68
La conscience et l'Existant 8 et 9

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°69
La conscience et l'Existant (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°70
Notes sensibles

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°71
Notes du ciel et de la terre

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°72
Fulminations et anecdotes...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°73
L'azur et l'horizon

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°74
Paroles pour soi

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°75
Pensées sur soi, le regard...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°76
Hommes, anges et démons

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°77
La sente étroite...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°78
Le fou des collines...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°79
Intimités et réflexions...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°80
Le gris de l'âme derrière la joie

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°81
Pensées et réflexions pour soi

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°82
La peur du silence

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°83
Des bruits aux oreilles sages

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°84
Un timide retour au monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°85
Passagers du monde...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°86
Au plus proche du silence

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°87
Être en ce monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°88
L'homme-regard

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°89
Passant éphémère

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°90
Sur le chemin des jours

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°91
Dans le sillon des feuilles mortes

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°92
La joie et la lumière

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°93
Inclinaisons et épanchements...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°94
Bribes de portrait(s)...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°95
Petites choses

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°96
La lumière, l’infini, le silence...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°97
Penchants et résidus naturels...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°98
La poésie, la joie, la tristesse...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°99
Le soleil se moque bien...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°100
Si proche du paradis

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°101
Il n’y a de hasardeux chemin

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°102
La fragilité des fleurs

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°103
Visage(s)

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°104
Le monde, le poète et l’animal

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°105
Petit état des lieux de l’être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°106
Lumière, visages et tressaillements

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°107
La lumière encore...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°108
Sur la terre, le soleil déjà

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°109
Et la parole, aussi, est douce...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°110
Une parole, un silence...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°111
Le silence, la parole...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°112
Une vérité, un songe peut-être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°113
Silence et causeries

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°114
Un peu de vie, un peu de monde...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°115
Encore un peu de désespérance

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°116
La tâche du monde, du sage...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°117
Dire ce que nous sommes...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°118
Ce que nous sommes – encore...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°119
Entre les étoiles et la lumière

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°120
Joies et tristesses verticales

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°121
Du bruit, des âmes et du silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°122
Encore un peu de tout...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°123
L’amour et les ténèbres

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°124
Le feu, la cendre et l’infortune

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°125
Le tragique des jours et le silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°126
Mille fois déjà peut-être...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°127
L’âme, les pierres, la chair...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°128
De l’or dans la boue

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°129
Quelques jours et l’éternité

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°130
Vivant comme si...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°131
La tristesse et la mort

Récit / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°132
Ce feu au fond de l’âme

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°133
Visage(s) commun(s)

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°134
Au bord de l'impersonnel

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°135
Aux portes de la nuit et du silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°136
Entre le rêve et l'absence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°137
Nous autres, hier et aujourd'hui

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°138
Parenthèse, le temps d'un retour...

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°139 
Au loin, je vois les hommes...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°140
L'étrange labeur de l'âme

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°141
Aux fenêtres de l'âme

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°142
L'âme du monde

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°143
Le temps, le monde, le silence...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°144
Obstination(s)

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°145
L'âme, la prière et le silence

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°146
Envolées

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°147
Au fond

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°148
Le réel et l'éphémère

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°149
Destin et illusion

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°150
L'époque, les siècles et l'atemporel

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°151
En somme...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°152
Passage(s)

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°153
Ici, ailleurs, partout

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°154
A quoi bon...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°155
Ce qui demeure dans le pas

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°156
L'autre vie, en nous, si fragile

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°157
La beauté, le silence, le plus simple...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°158
Et, aujourd'hui, tout revient encore...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°159
Tout - de l'autre côté

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°160
Au milieu du monde...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°161
Sourire en silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°162
Nous et les autres - encore

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°163
L'illusion, l'invisible et l'infranchissable

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°164
Le monde et le poète - peut-être...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°165
Rejoindre

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°166
A regarder le monde

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°167
Alternance et continuité

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°168
Fragments ordinaires

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°169
Reliquats et éclaboussures

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°170
Sur le plus lointain versant...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°171
Au-dehors comme au-dedans

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°172
Matière d'éveil - matière du monde

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°173
Lignes de démarcation

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°174
Jeux d'incomplétude

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°175
Exprimer l'impossible

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°176
De larmes, d'enfance et de fleurs

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°177
Coeur blessé, coeur ouvert, coeur vivant

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°178
Cercles superposés

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°179
Tournants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°180
Le jeu des Dieux et des vivants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°181
Routes, élans et pénétrations

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°182
Elans et miracle

Journal poétique / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°183
D'un temps à l'autre

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°184
Quelque part au-dessus du néant...

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°185
Toujours - quelque chose du monde

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°186
Aube et horizon

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°187
L'épaisseur de la trame

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°188
Dans le même creuset

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°189
Notes journalières

Carnet n°190
Notes de la vacuité

Carnet n°191
Notes journalières

Carnet n°192
Notes de la vacuité

Carnet n°193
Notes journalières

Carnet n°194
Notes de la vacuité

Carnet n°195
Notes journalières

Carnet n°196
Notes de la vacuité

Carnet n°197
Notes journalières

Carnet n°198
Notes de la vacuité

Carnet n°199
Notes journalières

Carnet n°200
Notes de la vacuité

Carnet n°201
Notes journalières

Carnet n°202
Notes de la route

Carnet n°203
Notes journalières

Carnet n°204
Notes de voyage

Carnet n°205
Notes journalières

Carnet n°206
Notes du monde

Carnet n°207
Notes journalières

Carnet n°208
Notes sans titre

Carnet n°209
Notes journalières

Carnet n°210
Notes sans titre

Carnet n°211
Notes journalières

Carnet n°212
Notes sans titre

Carnet n°213
Notes journalières

Carnet n°214
Notes sans titre

Carnet n°215
Notes journalières

Carnet n°216
Notes sans titre

Carnet n°217
Notes journalières

Carnet n°218
Notes sans titre

Carnet n°219
Notes journalières

Carnet n°220
Notes sans titre

Carnet n°221
Notes journalières

Carnet n°222
Notes sans titre

Carnet n°223
Notes journalières

Carnet n°224
Notes sans titre

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Au bord du monde – la lumière

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Carnet n°310
Derrière les mots

Août 2024

 

Carnet n°311
Allant sans savoir

Septembre 2024

 

Carnet n°312
Un œil au cœur de la fable

Octobre 2024

 

Carnet n°313
Un manteau d'étoiles et de sang

Novembre 2024

 

Carnet n°314
Là où l'on s'incline

Décembre 2024

 

Carnet n°315
Devant un Dieu invisible

Janvier 2025

 

Carnet n°316
Ecoutant ce qui demeure

Février 2025

 

Carnet n°317
Et si le monde était l'exil

Mars 2025

 

Carnet n°318
La danse secrète

Avril 2025

 

Carnet n°319
Le cœur engagé dans l'aventure

Mai 2025

 

Carnet n°320
Ce qui veille au fond de l'âme

Juin 2025

 

Carnet n°321
Dans l'écume du mystère

Août 2025

 

Carnet n°322
Vers l'indéchiffrable

Septembre 2025

 

Carnet n°323
Dans l'épaisseur du réel

Octobre 2025

 

Carnet n°324
Entre l'étoile et la boue

Novembre 2025

 

Carnet n°325
Tant qu'il y aura des jours

Décembre 2025

 

Carnet n°326
Des choses et d'autres

Janvier 2026

Epigraphes associées aux carnets

© Les carnets métaphysiques & spirituels

6 mai 2025

Carnet n°317 Et si le monde était l'exil

Mars 2025

En deçà du monde

Là où il n'y a ni route, ni voyageur

Là où le pas devient léger

Comme un souffle

Porté par les vents

Qui mènent au-delà du monde

 

 

Brouillon

Quelque chose comme des graffitis

Portrait d'une âme en quête

Récit d'une (longue) traversée

Entre ce qui précède l'homme et ce qui le prolonge

Sans que rien soit certain

 

 

Devant le monde et l’immensité

Tantôt face au vide

Tantôt face à un mur

Et l'ardeur qui pousse à comprendre et à franchir

 

 

Plein de corps et d'absence

Pleins de coups – de cris et de silence

Ce monde

Cette danse

Cet étrange voyage (sans retour)

 

 

Au cœur de l'étreinte

Cette joie ; cette intimité ; cette tendresse

Aussi inconsistantes que le reste

 

 

Hors du rang

L'âme

Dans les bras de Dieu

Au cœur de l'enfance

S'abandonnant

 

 

Un arbre

Une pierre

Une fleur

Un peu de vent

Et cette entaille au fond du cœur

Le monde tel que nous le vivons

 

 

De plus en plus discrets ; incisifs ; naturels

De moins en moins discutables

Les mots et les gestes

L'âme et l'existence

Fidèles (si fidèles) à leur pente

(Sans rien avoir à prouver à quiconque ;

sans jamais rien demander à personne)

 

 

Ici

Au cœur de l'étreinte

Alors que la tête traîne encore Dieu sait où

 

 

Attentif à la limite

Et à l'épuisement

Et à conserver quelques forces

Pour les derniers franchissements

 

 

Sans trop savoir quoi dire

Face au monde

Face au silence

Et de moins en moins capable de témoigner

 

 

Sans autre chose à dire que ce qui se vit

Le cœur (presque) parfaitement accolé au reste

Et ses battements calqués sur la respiration de la terre

Sans doute moins homme qu'il n'y paraît

A la manière de la pierre – de la fleur et de l'arbre (malgré lui)

 

 

Des mots

Lancés comme des fleurs vivantes

A la face du monde

 

 

Au milieu des herbes folles (et des fleurs dansantes)

Au milieu des nuages et de la rosée

Alors que la mort et le vent emportent tout

 

 

Rassemblé en prière

Rassemblé en choses vivantes

Ce qui se dit

Et ce qui se tait aussi

 

 

Sans savoir

Et troublé au plus haut point

Par ces masques et ces instincts érigés en monument

Par cette longue (très longue) série de cruautés et d'abominations

Abandonnant le préférable

Pour laisser (peu à peu) advenir l'impensable

 

 

Là où l'on se tient

Sous le joug de ce qui s'impose

Là où tout s’amoncelle

Là où tout s'embrase

Là où tout disparaît

Visage après visage

Pierre après pierre

Jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien

 

 

S'abandonnant aux reflets

Au milieu des épreuves

Puis enjambant le monde et les miroirs

Cessant d'être sous la coupe de ce qui croit exister

 

 

Temps ; gestes ; vies – éparpillés

Comme mille éclats ; mille plaies ; mille tentatives – autour de la mort

A travers lesquels l'infini danse et se déploie

Plongeant en eux ; les traversant ; les transformant

Œuvrant et jouant sans relâche

 

 

Outil de l'éternité

Comme les pas dans la neige

Comme le vent dans les arbres

Et presque personne pour rendre grâce

à l'empreinte éclatante de l'invisible

(qui – bien sûr – s'en moque)

 

 

La chair fidèle

Le cœur docile

L'esprit loyal

Unis à l'âme et au geste silencieux

 

 

Sans parole

La justesse

 

 

Instant – peut-être

Qui peut savoir

Comme un temps écoulé

Comme un monde oublié

Comme un cœur sur la pierre

Avec un peu de chair autour

Et un œil qui voit (encore très partiellement – sans doute)

Et un esprit moins aveuglé (assurément)

Posant un pied devant l'autre

Pour s'assurer de l'inimportance des pas

 

 

Parfois se dire

Et puis – après réflexion – se taire

Pour aller au-delà de la parole

A la manière du geste spontané

Laisser faire

Accueillir et accepter

Devenir (devenir entièrement) ce qui surgit

Et disparaître derrière ce qui apparaît

Puis s'enfoncer

Pour retrouver ce retrait des profondeurs

Avant que ne surgissent d'autres nécessités

 

 

Passager d'un Autre

Et hôte aussi de quelques-uns

Comme si le ciel et la terre avaient été mélangés

avant d'être (très) singulièrement répartis

 

 

Le cœur frotté au monde et au mystère

 

 

Entre terre et lumière

Entre allégresse et labilité

 

 

De l'autre côté du ciel

Le même monde

L’œil – sans doute – plus sensible et moins soupçonneux

 

 

Quelque chose de Dieu en l'homme (bien sûr)

[Jusque dans ses gestes les plus barbares]

 

 

Qu'importe ce que nous vivons

Et qu'importe ce que nous faisons vivre

Car tout – sans doute – a été consenti

 

 

Devant le mystère

Le cœur (trop souvent) frappé de stupeur et d'amnésie

 

 

Aux mains de ce qui nous engendre ;

de ce qui nous façonne ;

de ce qui nous achève

En train d'apparaître ;

de continuer et d'en finir – perpétuellement

Comme prisonniers du temps et de l'épaisseur

A travers le feu – le souffle et la lumière

Foyer de toutes les forces

Et nous faisant chahuter

(et caresser quelques fois – bien plus rarement)

par toutes celles qui nous entourent

 

 

Comme le sable ; l'eau et le vent

En dépit de tout

 

 

A travers le souffle ; l'esprit ; le pas

La sensation d'un ailleurs ; présent partout

Balayant le monde et les visages

Balayant le sommeil et la mort

Déposant au fond de chaque âme et de chaque chose –

d'infimes bouts d'infini

Quelque chose (bien sûr) du refuge

Au milieu de tous ces coups

Au milieu de tous ces cris

 

 

Continuer

Jusqu'à tout transformer en soi et en rien

Jusqu'à tout convertir en rire

Sans doute le seul chemin

La seule issue

La seule possibilité

 

 

Où que l'on soit

Le même ciel – au-dessus des têtes

Qui nous regarde

Et qui – parfois (bien plus rarement) – nous habite

 

 

Témoigner

Comme le geste

Au cœur de l'instant

[Sans jamais s'inscrire dans la durée]

 

 

Alors que là-haut

Alors que partout

Bien sur

 

Fragile (très fragile) ici

Et qu'importe

 

 

Au-dedans de ce qui vit – en nous

Comme un toit sur nos errances

Un chemin relié à tous les autres

Un temple qui mène au fond du cœur

Et aux paumes ouvertes aussi (bien sûr)

 

 

Quelque chose de Dieu

Au fond de l'âme ; de la chair ; de l'esprit

Au cœur des gestes ; des pas et des mots

Qu'importe alors le chemin et le voyage

Qu'importe alors la nuit et l'ardeur à chercher la lumière

 

 

Au bout

De quoi ?

De la vie ; de l'attente ; du passage

Après tant d'efforts et d'espoir

Après tant de peurs et de nuit

Et pour quoi ?

 

 

Au bout déjà

Avant de parvenir à quoi que ce soit

 

 

Au-dedans du manque

Ce que nous cherchons

Si désespérément

Ce dont nous débordons – pourtant

Et que nous apprenons – peu à peu – à reconnaître

A mesure que le cœur s'explore ; se vide ; s'offre ; s'abandonne

 

 

Et cette joie

Et cette inconsistance

Au-dedans du vent

Comme au cœur de la lumière

Face à ce qui vient

Face à ce qui s'en va

 

 

Allant (essayant d'aller)

Comme toujours

Au-delà du mensonge et de la confusion

Au-delà même du témoignage

Sans rien connaître (pourtant) ; ni de l'Amour ; ni de la lumière ; ni de la vérité

[Enfoui(s) – en nous – si profondément]

 

 

La chair du monde

L'esprit des Dieux

Le cœur des rêves

Et l'âme des Autres

Glissant entre le feutre et la feuille

Et devenant (parfois) l'encre du poème

 

 

Le cœur dispersé

Comme le vent qui sèche les larmes

Comme l'âme du monde

Seul ; au milieu des pierres et des étoiles

Avec dans la chair

Le ciel et la sauvagerie

Ce qui est nécessaire aux vivants (et, quelques fois, à la poésie)

 

 

Mélangé au rêve et au périssable

Mélangé à l'horreur et à la folie

Ce qui n'a de nom

Et qui nous offre aussi sa tendresse

 

 

Grandissant

Au-dedans

Accroissant le territoire ; la terre d'accueil

Repoussant les bords du monde vers l'horizon

Apprivoisant (peu à peu) l'étrangeté (toute l'étrangeté)

La transformant en familier ; puis lui offrant une place au cœur de l'intime

Laissant tout se creuser

Réduisant l'importance et l'épaisseur

Renforçant l'inconsistance

Refusant le règne du monde et du temps

S'abandonnant

Disparaissant (sans même s'en apercevoir)

N'existant déjà plus

 

 

Simplement

Proche et présent

 

 

Le cœur penché

Et les pieds encore dans les éboulis

Sur cette pente étrange

Au-dessus (juste au-dessus) des sables mouvants

Où se débat la chair empêtrée

 

 

Peu à peu

Moins que rien

Avec à l'intérieur

Cette force invisible

 

Apprenant (peu à peu) à devenir comme le vent

 

 

Près du silence

Les yeux ouverts

Sur le mystère et l'énigme du monde

Et la main ; et le cœur – de plus en plus – caressants

 

 

A la verticale de ce qui voit

Le feu des origines

Cette danse ardente

Qui engendra les mondes

 

 

Hissé au-dessus du soleil

Comme l'arbre et l'oiseau

Comme le jour et les étoiles

Debout

Le front bien haut

 

 

Le geste magique de celui qui sait ; de celui qui sent

Aussi juste que la vie

Aussi tranchant que la mort

 

 

Au-delà des nuées

Encore très approximativement (sans doute)

Comme une trouée de lumière

Un contact avec le souffle et l'invisible

Au cœur de la respiration du monde

Comme une autre manière de se tenir debout ; de se sentir vivant

Moins épais

Plus fragile et friable

Et invulnérable sans doute

Comme si le vent avait remplacé la matière – l'espoir et la peur

 

 

Infiniment

Dans le refus (naturel) des frontières

Dans l'impossibilité de revendiquer le moindre territoire

Trop avisé (sans doute) pour accorder une place

au mensonge – au lointain – à l'étrangeté

 

 

L'intimité du monde

Comme si le lointain s'était rapproché

Comme si le cœur l'avait absorbé

Afin de vivre les yeux (innocemment) fermés

 

 

Comme abandonné

Offert à la pluralité

Offert à l'indistinction

Sans se soucier des hommes ; du monde ; du temps

Ni même de la nuit ; du rêve ; de la mort

Esquissant (simplement) un discret sourire

 

 

Disparaissant

Au fond de la blessure

Le cœur appuyé contre le silence

 

 

La nuit parfaite

Comme le reflet du mystère

 

 

Au creux de la lumière

Ce souvenir qui nous hante

 

 

Qu'importe le mythe ; la fable ; le rêve

Qu'importe le monde

Et ce qui se dit sur eux

Pour celui qui voit ; pour celui qui sent

Pour celui qui reconnaît la lumière au fond du sommeil

 

 

Rire devant la soif – l'impatience et l’acharnement des uns

et l'indolence et l'oisiveté des autres

Et devant ce pas de côté inutile

pour échapper aux bruits et à l'effervescence du monde

Infime parcelle de la trame

Si parfaitement indissociable du reste (de tout le reste)

[et sachant que rien ne peut être évité]

 

 

Figures du monde

Fenêtre sur la nuit

Un peu d'encre jetée dans l'âme

Autant de vaines tentatives

Quant au reste et à la suite

Que dire ?

 

 

Sans mot

Sans personne

Sans même la lumière

 

 

Sur les bras

Le jour ; la peine ; le rêve ;

la misère ; le monde ;

la vie ; la mort ; la gloire ; la lumière ;

la sagesse ; la folie

Ce qui pèse (ce qui finit par peser) de tout son poids

Vaudrait mieux s'abandonner –

offrir son existence et son âme – à ce qui passe

Et ne rien retenir lorsque cela nous quitte ;

lorsque cela s'en va

 

 

Criblé (s) d'éclats

Retrouvant (en quelque sorte) l'envers de la lumière

Le cœur de notre vie

Un pied déjà dans la tombe

Et l'autre (encore) dans la matrice

Écartelé(s) par le voyage

Tourmenté(s) par les catastrophes

Celles d'autrefois et celles à venir

Prisonnier(s) du passage (à vrai dire)

Comme englué(s) dans la matière

Dans l'étau invisible

 

 

Dieu

Entre les mains de tant de forces

Laissant faire

Se laissant faire

S'abandonnant aux règnes

Au milieu du monde

Au milieu des pierres

Au milieu des bêtes et des hommes

Au cœur de la solitude

Au fond de l'abîme

Et au-dessus

Comme l'empreinte du ciel sur la chair et l'esprit

Offrant aux âmes leur destin

Sans rien maudire ; sans rien contester

Ni l'éden – ni les enfers

Ni le dehors – ni le dedans

où (presque) tout est plongé

 

 

 

Tout sait être

Tout sait trouver sa place et son chemin

En dépit de ce que l'on pense des choses ; des Autres ; du monde

des hommes ; des fleurs ; des arbres ; des pierres ; des bêtes

 

 

Lentement

Très lentement

Aller et venir

Autour du même seuil

Autour de tous les seuils

Trouver un passage

Pour retourner là où tout a commencé

 

 

De plus en plus démuni et dénudé

De plus en plus proche du plus grand dénuement

et de la plus grande fragilité

A mesure que grandissent – en nous – la force et la lucidité

 

 

Ainsi

Au seuil

Sans retour possible

En équilibre

Sur le fil intérieur

 

 

Sans certitude ; sans assurance ;

sans la moindre garantie –

d'approcher la lumière – de ressentir la tendresse –

d'entrevoir la vérité – de pénétrer le mystère

Et si vous saviez comme l'on s'en moque...

 

 

Le cœur flottant

Le cœur pierreux

A la manière d'un destin

Une signature de l'air et de l'eau

Une signature du feu et de la terre

Une manière de vivre

Au milieu des âmes et de la chair

 

 

Un peu de soi

Un peu de vie

Et beaucoup du reste

 

 

Éclats de chair et de ciel

Éclats de jour et de poème

Ce qui s'insère

Dans le passage

Sous l’œil qui voit

 

 

Aveuglément

Qu'importe la lumière

Qu'importe l'obscurité

Bout(s) de vie sans bilan

Sans début ; sans fin ; sans recommencement

Entre la joie et le sang

Entre le sortilège et les larmes

Au milieu des choses et des possibles

Au milieu des prières et des épreuves

Sous le règne du jeu et de la transformation

Allant ; allant (ne cessant jamais d'aller)

 

 

Le jour pressenti

Par le cœur aveugle

Dans la pénombre du monde

Caché derrière ce qui vient nous défaire

 

 

A trop dire

Sans voir

Puis, de plus en plus silencieux

A mesure que l'énigme s'éclaire

 

 

A tournoyer

Au cœur de la confusion

Au cœur de l'épaisseur

Sans l'appui de l'esprit

 

 

Le ciel et l'âme

Et quelques fragments du monde

cachés au fond du poème

Jeté(s) par-dessus l'ignorance et la prétention ;

par-dessus mille choses dérisoires

Comme un cri ; une prière – lancé(e) vers le ciel –

presque sans raison

 

 

Comme un arbre

Comme une fleur

Au milieu des bêtes et des lutins

Au milieu des elfes et des dryades

Au milieu de tous les esprits de la forêt

Bras tendus

Prêt(s) à toutes les étreintes

A toutes les écorchures

A toutes les dévorations

A toutes les catastrophes

A toutes les célébrations

 

 

En soi

Tous les signes ; déjà –

de ce que nous sommes ;

de ce que nous serons

 

 

Comme un soleil

Sur le monde

Sur l'âme

Sur la peau

Sur le poème

Ce regard de tendresse

Cet œil sensible et caressant

Attentif à conserver intacts le contact et l'innocence

 

 

L'âme

Tentant sa chance

En dépit des risques ; des mises en garde ; de l'épaisseur

S'offrant à ce qui passe

[et qu'importe si cela l'élève ou l'écrase]

S'abandonnant sans résistance aux forces du monde

 

 

Allant

A la manière de l'arbre qui s'étire invisiblement

Comme tiré du dehors

Comme poussé du dedans

Croissant à son rythme

Sans jamais être – ni se sentir – écartelé

Dans une ascension involontaire et naturelle

 

 

Sous la lune qui sourit

A la manière d'une figure immense

Offerte

Au-delà de tous rituels

Flottant dans le ciel

Sous une lumière

Qui laisse intacts l'ombre et le mystère

 

 

Aller

Jusqu'à l'impossibilité du monde

Jusqu'à l'effacement du temps

Pour entrevoir

Derrière les voiles déchirés

Le vide fascinant de l'espace

Traversé par quelques rêves

 

 

Des étoiles et de la matière ;

un peu de poussière dans le ciel

 

 

Le cœur épris

Au seuil de l'impossible

Au seuil de l'impensable

Arrimé à l'envergure

Au plus près de l'immobile

Rivé à l’œil

Dans lequel tout se tient

 

 

La matière

Ballottée et ballottant

Apparaissant et disparaissant

Au gré des vagues

Et l'esprit

A l'origine des mondes – des courants et des vents

S'amusant de ces danses chaotiques

 

 

Tout contre soi

Ce qui nous est confié

Sans doute – le plus précieux

Et qui pourrait

En un tour de main

Nous être arraché

 

L'innocence plongée dans le magma épais du monde

Montant et descendant

Circulant et s'immobilisant

Riant d'être engluée dans cette coulée imaginaire

 

 

La terre au cœur

Vécue

Sans pensée

Sans appétit

Si amoureusement

 

 

Si près de la peau des bêtes

De l'écorce des arbres

Du tapis de feuilles et de roche qu'effleurent les pieds

Et de leur âme ; plus vivante (bien plus vivante) que celle des hommes

 

 

Cette joie ; cette tendresse ; ce soulagement

En voyant les bêtes sauvages

Échapper à l'homme

Et en voyant la liberté (et parfois, la résistance à l'oppression)

de celles qu'il a domestiquées

 

 

Laisser ce qui blesse se transformer en sa propre chair

Grâce au travail (involontaire) de l'âme – de la tendresse et du temps

 

 

De l'intérieur

Le monde

Le secret

L'Amour

La lumière

Comme si tout était absorbé

 

Le cœur plein

De ceux qui n'ont pas de réponse ;

qui restent silencieux

mais qui sentent et savent

 

 

Sans mensonge

Sans emprise

Seul donc

 

 

Le poids de l'ombre

Sur le dos

Et qui s'affole

A la vue de la lumière

 

 

Le cœur maintenu

A l'intérieur

Là où la fissure s'est élargie

 

 

Entre le vide et l'épaisseur

Le temps que dure l'effacement

 

 

Et si le monde était l'exil

Et si la solitude était le royaume

Et s'il n'y avait d'autres lieux que l'Amour et la lumière

 

 

Le ciel

Par-dessus la peau

Et – au-dedans – ce qui vieillit

Ce qui est amené à mourir

Ce qui est amené à pourrir

Et plus haut

Et plus profond encore

Ce qui échappe au monde et au temps

Et le lieu aussi de tous les recommencements

 

 

Par-delà la terre et le ciel

Par-delà la vie et la mort

Par-delà le corps et le poème

Ce que contient le souffle et le sang

Le plus vieux rêve du monde – peut-être

 

 

Sur le même fil – étrange et vivant –

que celui où la mort danse de manière ininterrompue

 

 

Rien

Du dehors

Seulement l'étrangeté et l'hébétude

Et cette tendresse

A l'intérieur

Qui apprend – peu à peu – à rayonner

A se répandre de cercle en cercle

Jusqu'à tout recouvrir

Jusqu'à submerger le moins aimable et le plus lointain

 

 

Peu de bruit (si peu de bruit)

Quelques gestes

Quelques pas

Des rires

Peu importe la poigne du temps

Le cœur penché

Sur l'ombre ; le manque ; l'invisible

Ce qui nous traverse momentanément

 

 

Ces larmes

Dans les yeux ouverts

Alors que d'autres (la plupart des Autres)

Rient le cœur fermé

 

 

Vivant

Au fond de la voix

Ce qui se tait

Ce qui se crie

Et qui se transforme parfois en poème

 

 

Le poème transformant, parfois, le monde

en lanières de chair offertes aux âmes révulsées

 

 

 

L'invisible et le vent

Traversant tout

Comme un territoire à saccager

Manière d'offrir assez de violence et de nudité

Pour bâtir (rejoindre plus précisément) un empire vide et innocent

Une terre sans frontière où l'on pourrait se tenir debout

Et vivre fragile et confiant

 

 

Au fil des mots qui se répètent

Le visage de plus en plus caché

L'âme de plus en plus droite

Les pages de moins en moins compréhensibles – peut-être

Comme une offrande au ciel et au monde

Et qu'importe ce qu'ils en font

Suffisamment habité pour être joyeux au cœur du silence

 

 

L'âme

Si près des choses

Qu'en se penchant sur elle(s)

On entend battre le cœur du monde

 

 

Davantage qu'un corps ; qu'une âme ;

Davantage que quelques mots offerts au monde

Presque rien pourtant

Et capable aussi – étonnamment – d'accueillir le plus qu'infini

 

 

Paroles murmurées

Depuis l'autre côté du cœur

Là où le hasard et le monde ne sont plus même des idées

 

 

Allant là où rien ne peut finir

Là où rien n'a jamais (véritablement) commencé

 

 

Sur la pierre grise

Des siècles

Comme une fête

Comme un refus

Comme au seuil d'un ciel interdit

Se balançant

Entre le monde et le possible

Jusqu'au dernier souffle

 

 

Face à l'inquiétant mystère

La main rassurante de Dieu

Par-dessus nos prières

 

 

Quelque chose d'enfantin

Dans la vie des hommes

Et quelque chose de l'enfance

Dans l'existence de celui qui sait

 

 

Sur la pente de l'invisible...

Tant de glissades

Tant de culbutes

Et presque jamais de franchissement

 

 

Là où va le poème

porté par le vent

Au fond du cœur quelques fois

Avec quelques larmes en guise de réponse

En guise de remerciement

Comme la plus belle des récompenses – sans doute

 

 

Là où le chemin s'arrête

Le cœur, lui (bien sûr), continue

 

 

Comme s'il n'y avait

Ni rêve ; ni monde

Juste ce grand « je ne sais pas »

Avec lequel il faut apprendre à vivre (aussi joyeusement que possible)

 

 

Par où passer ?

Par la terre ?

Par le ciel ?

Par le geste ?

Par les mots ?

Et si l'on restait là plutôt

A s'étreindre et à contempler

 

 

Bien plus loin que l'histoire

Bien plus loin que là où vont les pieds

Bien plus loin que là où se posent les yeux

 

 

Dans l'atelier de l'âme

Silencieusement (si silencieusement)

Sans alphabet

Sans rien faire

Sans rien inventer

Sans rien fabriquer

Pour laisser émerger

Du fond du mystère

L’accueil ; l'Amour ; le recueillement

Et, parfois, le refus et la rébellion

Selon le poids du rêve ; le poids du monde ; et l'inclinaison du cœur (du moment)

 

 

A travers les siècles

Malgré tout

Intimidé

Et sans assurance

Les yeux haut sur le visage

Presque détachés

Comme posés entre le monde et le ciel

 

 

Dans ce recoin de l'espace

L'âme

Sous les vents bleus

Alors que partout s'enhardit la haine

Alors que partout la douleur défigure le monde

 

 

Aller

Sans plus savoir

Vivre

Sans mur

Sans se heurter

Se laissant porter (et emporter aussi – bien sûr)

Dans le flux du monde

Les courants de l'espace

Indéfiniment

Aller

Sans pouvoir comprendre ; ni mettre des mots sur ce que l'on traverse

 

 

De temps en temps

Immobile

Puis, reprendre la route

Continuer cet étrange voyage

Là où il n'y a ni voyageur ; ni mouvement ; ni paysage

Seulement ce qui passe

 

 

Au milieu d'un énigmatique défilé de figures et de choses

Au milieu d'un étrange cortège de rêves et de fantômes

 

 

Être

Devant le jour

Le monde et l'infini

Le silence et la lumière

L'ardeur et la violence

L'ignorance et l'infamie

La sagesse et la paix

Exactement

Comme si l'on était devant soi

 

 

Plus lentement

Dans les interstices de la lumière

Le jour fragile

Le cœur étreint

Dans l'intimité vivante du monde

L'innocence et la sauvagerie réunies

Là où Dieu a posé la main

Là où nous avons eu l'audace de faire quelques pas

 

 

La malice du piège qui nous fait croire au miracle

Et la malice du miracle qui nous fait croire au piège

 

Et si tout n'était – en fait – qu'un rêve

Quelque chose qui nous ferait croire

tantôt au miracle – tantôt au piège –

tantôt au deux simultanément

Presque sans jamais entrevoir la malice du rêve

 

 

Alors que tout est là

Que tout se tient entre le silence et le monde

Ce dont rend compte parfois le poème

 

 

En quelques mots

Dire

Ce qui est

Ce qui passe

Ce qui reste

Ce que l'on pense et ressent

 

Témoigner de toutes ces façons d'être au monde ;

de toutes ces façons de célébrer la terre et le ciel

 

 

 

Comme coincé(s) – semble-t-il –

entre le mur des rêves et le mur des prières

Vivant sans savoir – en somme

Préférant imaginer

Préférant espérer

Réduit(s) peut-être aux fonctions les plus naïves de l'esprit

Sans voir le ciel – ni entre les murs ; ni en soi

Ne le contemplant que de temps en temps au-dessus des têtes

 

 

Avec la force d'un Autre

Entre les mains

Entre les tempes

Et entre les parois du cœur aussi

Serviteur(s) docile(s)

Qui que nous soyons

Quoi que nous en pensions

 

 

Nous rapprochant

Peut-être

Dans l'arrière-cour des souffles

Là où bien trop peu d'hommes osent s'aventurer

 

 

 

Comme un bout de nuage

Au fond de la tête

Qui favoriserait

Cet air si rêveur

La légèreté des pas

Et le bleu de la parole – quelques fois

 

 

Un peu de vérité

Et sans doute même davantage

Au fond de la bouche qui se tait

Et parfois même dans ce qui en sort

 

 

Là où surgit la lumière

Le cœur et la chair étonnés

De voir sortir de l'ombre

Tant de rêves et d'obscurité

Tant de possibles et d'adversité

 

 

Entre le monde et la mort

Nos gestes

Le mystère

Et le sang des Autres

 

 

Le monde

Offert aux yeux et aux mains

Nourrissant le contact

Et l'étreinte

Et la possibilité de la joie

[pour les plus sensibles]

 

 

L'homme

Comme toute autre créature

[ni moins ; ni davantage]

Maille composée d'invisible et de matière

Dans la grande trame mystérieuse

 

 

Tombé là

Tout tremblant

Sans bouger

Sans rien trouver

Comme plongé au fond d'un œil

Comme plongé au fond d'un cœur battant

 

Et, parfois, une chair à délivrer de toutes les emprises

 

 

Au milieu des images et de la mémoire

Loin (si loin) du réel

Comme derrière un épais rideau

Jeté entre l’œil et le monde

Entre la tête et le reste

Regardant ce qui passe

A travers ce voile opaque

 

 

Si plein de mystère et de cosmos

Alors que le sang coule

Alors que le monde s'enflamme

Le cœur se balance

Entre la matière et la lumière

Entre le rêve et le possible

Toujours partagé

Comme s'il habitait (simultanément) les deux royaumes

La patrie de l'homme

 

 

Ici

Éternellement

Et quelques fois

A sa place

Lorsque le rêve quitte le sommeil

Lorsque la parole quitte le langage

Lorsque le geste quitte le monde

Lorsque le pas quitte la route toute tracée

Lorsque l'on ose aller – et se montrer – nu(s)

Tel(s) que nous sommes

 

 

Sur la pierre

La peau caressée

Comme celle des bêtes

 

Et dans le ciel

L'âme embrassée

Comme celle des Dieux

 

Et les uns assoiffés (toujours assoiffés) de sang

Et les autres ; les mains jointes en prière

 

Le cœur de l'homme ; depuis toujours si partagé

 

 

Ici

La joie

Et là

Ce qui nous entoure

Si mystérieusement mélangés

 

 

Sans autre manière de vivre

Guidée par la mémoire et les instincts

 

 

Longé le monde

L’œil attaché au mur

Allant plus loin

Tournant en rond

S'enfonçant dans l'épaisseur

 

 

Le soleil rouge

Sur cette terre sans hasard

Au cœur du manque

Là où les yeux cherchent (et se cherchent)

Là où les mains s'empoignent et se servent

Animés par le désir et la faim

Plus que les bêtes encore

 

 

Posés

Ensemble

De la même couleur que l'air

 

 

Le cœur en fuite

Le cœur combattant

En ce monde

Où la faim est meurtrière

Et où le gîte et la reproduction relèvent (si souvent) du territoire

 

 

Assez tendrement

Le cœur et la main qui s'avancent

Vers la mâchoire (toutes les mâchoires) du monde

 

 

Comme une offrande

A ceux qui prennent

A ceux qui s'emparent

A ceux (lorsqu'il leur arrive d'y penser) qui n'y voient que folie ou sacrifice

Jamais un geste d'Amour

Jamais un geste de bonté

 

 

La main de l'abondance

Au cœur de notre misère

Comme si Dieu avait embrassé le monde

Et laissé quelques traces ; quelques empreintes sur la pierre

Là où la nuit – les rêves et les mythes – n'ont pas réussi à s'installer

 

 

Aussi digne devant Dieu

que devant ce qui nous rend dégueulasse ;

que devant ce qui peut nous déglinguer ;

que devant ce qui nous fait dégringoler

 

 

Le cœur posé au loin

Contre la douleur

Entre la cage et le ciel

Le poids du monde

Sur les épaules

 

 

A rire de l'indistinction

Sous cette lumière (encore bien) trop imprécise

 

 

Comme un arbre

Comme le vent

Et ce que le monde ignore

 

 

Parfaitement fou – peut-être

Mais bien plus joyeux qu'autrefois

 

 

Fou aux yeux du monde

Alors que – bien sûr – la lucidité s'aiguise

 

 

L’œil aussi tranchant qu'une lame

Non pour découper le réel (comme le fait l'esprit de l'homme)

Mais pour détacher l'essentiel du superflu ;

la lumière de ses scories ;

la tendresse de ses imitations

[Sans ignorer – bien sûr – que tout se mélange (très) joyeusement ;

et qu'il n'y a rien à trier ; rien à rejeter ; rien à conserver ;

sachant que l'on se moque autant de l'essentiel que du superflu ;

autant de la lumière que de ses scories ;

autant de la tendresse que de ses imitations –

sachant que le réel n'est qu'une sorte de rêve]

 

 

Au fond de la caverne

Encore

Celui qui sommeille

 

 

Celui qui crie

Celui qui chasse

Celui qui défend son territoire

L'animal à deux pattes

 

 

Dans l'exact prolongement des malheurs

Notre tête

Comme une flèche en plein cœur

Et l'âme (un peu) au-dessus

 

 

Au-delà du désir

Au-delà de l'oubli

 

 

Inséparable du monde ; du reste

Ce que nous sommes

Ce qui nous traverse

Ce que nous vivons

Comme si rien n'existait vraiment – en somme

 

Et tout – bien sûr – se transformant

Comme si rien ne pouvait exister hors de la grande trame

 

 

Dans l’entremêlement des souffles ; des vibrations ; des destins

Nous autres

Le monde

 

 

Nos vies

Des liens ; des visages ; des choses ;

Des rencontres et des échanges

Une foule de détails

Rien que des détails

Presque rien – en somme

 

 

Nous sommes la distance qui sépare l'infime de l'infini

 

 

Pieds nus

Haut perché (si haut perché)

Bien au-dessus du monde

Bien au-dessus de la raison

A contempler le ciel

La douleur

Les pierres et les fleurs

Le bleu de la terre

Le cœur aussi libre que les nuages

 

 

Sans jamais cesser

Cette ardeur

Qui anime toute chose

 

 

Passant partout

Et réussissant même à traverser l'épaisseur et le temps

 

 

De moins en moins perceptible

Comme le souffle des vivants

Comme l'air qui enveloppe le monde

Comme le silence au fond du cœur

 

 

Comme un rebut de lumière

Enrobé de terre

Enveloppé de nuit

Que la peur anime

Que la faim anime

Que le rêve anime

Et qui n'aspire – en vérité – qu'à trouver

un peu de tendresse et de paix

(qu'à retrouver son origine)

 

 

Le cœur en friche

Entouré de pointes

Les siennes

Et celles des Autres

Errant en quête d'Amour

Dans un désert de piques et de glace

 

 

Matière anonyme

Matière émiettée

A peine une ombre

Sur la pierre

Et l'envie (irrépressible) d'avant

Et ce qui aspire à revenir ; à recoller ; à retrouver

Et le souvenir qui dure

Et le reste ; et l'étrangeté – (toujours) pourchassé(e)

Au lieu de célébrer l'effacement et la métamorphose

 

 

Là où rien ne demeure

Derrière cette vitre sale

Où s'épuisent les yeux

Où s'épuisent les âmes

Remuant des feuilles et du sable

Remuant de la ferraille et des rêves

Remuant de la chair et des promesses

Les mains rougies par le froid et le sang

Sans rien reconnaître du monde

Sans rien savoir de l’œil qui voit

 

 

Dans l'espérance d'un possible

Dans l'attente d'un accès

 

Sachant – bien sûr – que rien n'arrivera

Sinon le connu – la tristesse et la lassitude

 

Jamais le silence ni la joie

Jamais l'ineffable ni le merveilleux

 

 

Perpétuellement

L'oubli

Et pour toujours – sans doute

 

La vie comme un rêve

 

 

Au cœur de l'expérience

L'illisible

Et au-dedans

Et au-dessus

Et tout autour

La mort – l'Amour et le possible

 

 

Au cœur de l'éphémère

Cette croix

Et ces bras tendus

 

Des caresses et des coups

Et la promesse de l'éternité

 

 

Aux yeux des Autres

Des jours

 

Et en soi

L'enfance

Ce qui ne peut périr

Bien davantage qu'un recommencement

 

 

Comme un passage

A côté du monde

 

Et cette obsession de la perte

A l'envers

Pour goûter cette joie de voir tout nous quitter

Pour goûter cette joie de n'être plus rien

 

 

Ici

A travers toutes les déclinaisons de l'invisible

 

 

Là où est l’œil est la lumière

Là où est le cœur est la tendresse

Et là où ils se posent est la sagesse

 

 

De nouveau

Autour

Et encerclé

Comme si le monde était redevenu le monde

Comme si le temps était redevenu le temps

Comme si le vent s'en était allé

Comme si la lumière nous avait abandonné

 

Et ce qu'il reste ?

Nous et la nuit

Nous et nos larmes

Nous et ces visages hostiles

Nous et le mystère

Éloignés (si éloignés) les uns des autres

Incroyablement séparés

 

 

La main qui court sur la page

Les mots qui coulent

Et le cœur qui bat

Et les larmes sur nos joues

Comme si tout était à sa place

 

 

Au cœur du vent

Qui (fort heureusement) fera tout disparaître

 

 

Terres de désirs ; de massacres ; de promesses

Terres de rêves et de manières

Terres d'absence et de prétention

Terres de futilités

Où l'innocence et le merveilleux

Sont relégués à l'enfance et à l'au-delà

[Et – dans le meilleur des cas – à une forme d'utopie]

 

 

(Un peu) philosophe par nécessité

(Un peu) poète par accident

[Et à force aussi de travail – sans doute]

(Un peu) atypique par naissance

(Assez) solitaire par goût

Homme (malgré lui) par la forme

(Si) proche du reste par sensibilité

Et presque rien par essence

 

 

Obstinément

Le rêve et la mort

 

 

Abandonné au fond des ténèbres

Entre les mains de la lumière – pourtant

 

Et façonné par les rencontres

Ce cœur si solitaire

 

 

Ce que nous sommes

Ce qui est

Les liens

Et ce qui vient

[Presque sans nous tromper]

 

 

Le cœur cabossé

Soigné par l'étreinte

 

Et le cœur complet

Plus sensible que pompe à sang

 

 

Le cœur cerclé de monde

A l'abri des heurts et du bruit

Comme un mur

Au-dedans

Pour protéger l'innocence ; le silence ; la fragilité

 

 

A ne plus savoir que faire

Sur la pierre

De ces éclats de promesse

De ce besoin de solitude et d'espace

De cette soif de lumière

De ces coups et de cette poussière

Comme si nous étions en exil

Comme si notre vrai foyer était ailleurs

 

 

Sans réserve

Sans tension

Cette puissance qui œuvre

Et à laquelle rien ne résiste

 

 

Et cette lutte

Contre le monde

Contre le temps

Aussi efficace que deux bras tendus

qui essaieraient d'arrêter l'océan

 

 

Dieu

infailliblement

Jusqu'au cœur du tourbillon

Jusqu'au fond des ténèbres

Jusqu'à la plus lointaine périphérie de la lumière

 

 

Ce bleu absolu

Maladroitement esquissé par la main

La seule réalité – sans doute

Déguisé en mondes

Déguisé en choses et en visages

Déguisé en rêves

Déguisé en rencontres et en événements

 

 

Comme une percée

A l'envers du monde

A l'envers de la question

De l'autre côté du ciel

De l'autre côté du rêve

Sur les ruines de ce que nous avons su

De ce que nous avons vu

De ce que nous avons cru

 

 

Le cœur souriant

Avec un poème noué à chaque coin des lèvres

Un silence des hauteurs

Un refuge (une sorte de refuge) azuré

L'âme (totalement) hors de portée

Et le visage encore barbouillé de monde

 

 

De la neige au fond des yeux

Comme un peu d'innocence

Alors que la main de l'homme est rougie par le sang

 

 

Sans autre habitude que celle de ne pas en avoir

(qu'elles nous quittent ou qu'on les perde)

En plus de quelques autres – bien sûr...

 

 

L’œil qui scrute les formes et les couleurs

Et ce qui voit

Au-dedans et par-dessus ce qui semble voir

 

 

Comme posés là

Entre les mots

Ce silence et cette joie

[si discrets – à peine perceptibles

que presque personne ne les remarque]

 

 

Le cœur sans distance

Accroché à cette épaisseur informe et changeante

[Que certains appellent le monde ; et que d'autres –

plus lucides peut-être – appellent le réel]

Et même amoureux quelques fois

 

Aussi intime avec les hauteurs qu'avec les couches souterraines

Aussi intime avec le dedans qu'avec les parcelles les plus lointaines

 

 

Au chevet (et à l'écoute – bien sûr) de l'âme du monde

Que la plupart ignorent

Dont la plupart se moque

 

 

Saupoudrés de rêve

L'usage

La terreur

Le cri

Le monde

Quelque chose de l'après et de l'espérance

Pour rester debout – peut-être

Pour supporter l'insupportable – sans doute

 

 

A recouvrir les rêves et la roche de nos ambitions

La puissance dérisoire de l'homme brandie en étendard insensé

 

 

Un pas de côté

En compagnie de personne

Avec (pourtant) de l'Amour plein les bras

 

 

Si près de la pierre et de l'étoile

Le cœur à la verticale

Le cœur enchanté

Là où l'homme ne voit qu'un territoire à exploiter

 

Et, soudain, à cette pensée

Le cœur qui chavire

Le cœur bouleversé

 

 

Autour de soi

Au cœur du monde

Ces murs de bruits

Hauts ; longs ; infranchissables

Contre lesquels se fracasse le silence

 

 

Du bleu à l'autre côté du monde

Puis le long chemin du retour

 

Comme immergé(s) dans le passage

[qu'importe l'étape à laquelle nous sommes]

 

 

Sous le joug de l'espoir et du devenir

En ce monde où « plus tard » n'arrive jamais

En ce monde où tout se déroule dans l'instant

Comme si le temps était cloué sur un mur qui n'existe pas

 

 

Le cœur dans l'herbe

A jouer avec l'âme des fleurs

 

Le cœur sur la roche

A écouter l'âme de la terre

 

 

Adossé au ciel

Sans se demander pourquoi

Avec la chair en contrebas

Bousculée par le monde

Et – peu à peu – grignotée par le temps

 

 

Passionnément (si passionnément)

Comme le vent

Ce feu

Cette fièvre brûlante

Cette ardeur invisible

Animant le monde

Animant les pas

Animant les âmes et les mains

Embrasant les cœurs et la terre

 

 

Derrière l'horizon

Là où s'est caché le mystère

Protégé par les plus lointaines étoiles

 

 

Le cœur-monde

Immergé(s) dans cette combinaison sans hasard

 

 

Entre les lignes

Le ciel

La rivière et le vent

La bête

L'arbre et la fleur

L’étoile

La roche et la rosée

L'inventaire du plus intime

[Et sans doute du plus désirable]

La chair commune

La seule vie possible

Et notre âme agenouillée

Et notre cœur reconnaissant

 

 

L'hiver déjà

Vers lequel va le monde

L’œil gelé

La chair gelée

Le cœur gelé

Emportés eux aussi

Au bout duquel il n'y aura (sans doute) plus d'espoir

 

 

Les mains nues

Les yeux emplis de tendresse (et de bonté)

Au milieu du plus fragile

De ce qui est à la merci du reste

Et qui ne l'est pas ?

 

 

Toujours

Sans même vouloir aller plus loin

Laissant le vent décider du voyage

[du rythme ; de l'itinéraire ; de la destination]

 

 

Présent

Au cœur du jeu

Si près de là où tout se joue

 

 

Face à la lumière opaque et dégradée

Face à ce monde épais et sombre

Sans même voir les voiles devant nos yeux

 

 

Au lieu du jour

Le cœur

Sans référence

Œuvrant à son métier

Aimant sans préférence

 

 

L'origine bien en vue

La destination du voyage

Comme une simple étape dans la boucle

 

 

A travers nous

(Bien sûr) le parcours de la lumière

 

 

A l'intérieur

Cet espace

Ce recul

Et au-dehors

(Apparemment) rien d'inhabituel

 

 

Quelque chose du sort

Assez puissant pour dessiner un destin

Dans cette main qui se tend

Dans cette main qui caresse

Dans cette main qui frappe

Dans cette main qui se retire

 

 

Libre du monde comme du mystère

Laissant être et laissant faire

 

 

Être

Soi

Autant que le reste (autant que toute la diversité du monde)

Et plus encore

 

 

Sans bouger

Tout qui vient à soi

Par tous les pores

Par tous les orifices

Ce qui entre

Sans même prendre la peine de frapper à la porte

Déjà chez eux

Et sûr (à présent) de l'hospitalité

 

 

Sans clôture

Sans écriteau

Le cœur ouvert

L'espace commun

 

 

Au plus simple

Sans perplexité

Le geste

La parole

Le pas

La vie

Et à peu près rien d'autre

 

 

Le cœur déposé

Sans consigne

Sans regret

Comme une offrande

 

Au nom du sans nom

 

 

L'encre jetée comme une poignée de fleurs vivantes

Joyeusement

Et avec ferveur

Sans rien attendre des mains qui la recevront

 

 

A la manière du silence qui accompagne le monde

 

 

Le poème

Comme l'oiseau

Dans le ciel noir

Allant par-dessus la nuit

Chercher un peu de jour

 

 

Au bord du monde

Comme l'herbe des fossés

Comme l'aube qui vacille

Comme le rêve qui s'éclipse

Comme l'âme qui vit à l'écart

Dans l'attente d'un peu de lumière

 

 

Dire

En si peu de mots

(A la fois) tout et rien

Si peu de choses – en vérité

 

 

La nuit

De plus en plus claire

(Sans doute) pas si loin de la lumière

Alors que le monde transforme

(a l'air de transformer) l'obscurité en néant

 

 

De plus en plus loin

Le brouhaha du monde

Les bruissements de l'âme

 

Le cœur – l’œil et la main

Au milieu des arbres

Au milieu des bêtes

Là où est la chair

Là où est la vie

Ce vers quoi nous penchons naturellement

 

 

Sur ce carré de terre

Où tout est réuni

 

 

(Peut-être) plus près du regard que de l'épaisseur

En dépit de leur alliance

En dépit de leur danse perpétuelle

 

 

 

Le cœur dressé ; le cœur joyeux ; le cœur caressant

 

 

Sur cette terre

Pavée de rêves et de jour(s)

Le lieu de l'homme et du langage

Et en deçà

Et au-delà

Et au-dedans même

Autre chose

Bien plus qu'un « ailleurs »

Bien plus qu'un « autrement »

Bien plus qu'un « pas encore »

Le repère de l'ineffable

 

 

Recouverts

Le baiser des bêtes

La tendresse du Divin

La possibilité d'un autre monde

Sur cette terre (bien) trop humaine

 

 

Le cœur émoussé

A force d'inattention

 

Posé là

Devant personne

 

 

Et la possibilité de l'Amour au cœur même de cette folie