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LES CARNETS METAPHYSIQUES & SPIRITUELS

A PROPOS

La quête de sens
Le passage vers l’impersonnel
L’exploration de l’être

L’intégration à la présence


 

CARNETS PUBLIES

L'expérience du monde 
Récit (1997-1999)

Solitudes 
Récit (2001)

Le petit chercheur Livre 1  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 2  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 3  
Conte (2004)

Quêteur de sens  
Essai anthologique (2005)

Traversée commune  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 1  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 2  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 3  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 4  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 5  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 6  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 7  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 8  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 9  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 10  
Livre expérimental (2007)

Tourbillon(s) 
Journal & récit (2008-2013)

Le goût d'autre chose 
Journal (2013-2016)

Un homme simple et sage 
Récit (2014)

Une âme sensible Vol 1  
Journal (2016-2019)

Une âme sensible Vol 2 
Journal (2016-2019)

Entre le rêve, le monde... Vol 1  
Journal (2019-2020)

Entre le rêve, le monde... Vol 2  
Journal (2019-2020)

Quelque chose du sang...  
Journal (2020-2021)

En plein cœur Vol 1 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 2 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 3 
Journal (2021-2022)

Si près de nos lèvres... Vol 1 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 2 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 3 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 4 
Journal (2022-2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 1 
Récit (2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 2  
Récit (2023)

Une destinée sans certitude Vol 1 
Journal (2023-2024)

Une destinée sans certitude Vol 2 
Journal (2023-2024)

Entre Dieu et la pierre Vol 1
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 2
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 3
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 4
Journal (2024-2025)

Quelques jours... Vol 1  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 2  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 3  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 4  
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 1
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 2
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 2 partie 1
Journal (2025-2026)

En son for intérieur Vol 2 partie 2
Journal (2025-2026)

 

CARNETS BRUTS

Carnet n°1
L’innocence bafouée

Récit / 1997 / La quête de sens

Carnet n°2
Le naïf

Fiction / 1998 / La quête de sens

Carnet n°3
Une traversée du monde

Journal / 1999 / La quête de sens

Carnet n°4
Le marionnettiste

Fiction / 2000 / La quête de sens

Carnet n°5
Un Robinson moderne

Récit / 2001 / La quête de sens

Carnet n°6
Une chienne de vie

Fiction jeunesse / 2002/ Hors catégorie

Carnet n°7
Pensées vagabondes

Recueil / 2003 / La quête de sens

Carnet n°8
Le voyage clandestin

Récit jeunesse / 2004 / Hors catégorie

Carnet n°9
Le petit chercheur Livre 1

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°10
Le petit chercheur Livre 2

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°11 
Le petit chercheur Livre 3

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°12
Autoportrait aux visages

Récit / 2005 / La quête de sens

Carnet n°13
Quêteur de sens

Recueil / 2005 / La quête de sens

Carnet n°14
Enchaînements

Récit / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°15
Regards croisés

Pensées et photographies / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°16
Traversée commune Intro

Livre expérimental / 2007 / La quête de sens

Carnet n°17
Traversée commune Livre 1

Récit / 2007 / La quête de sens

Carnet n°18
Traversée commune Livre 2

Fiction / 2007/ La quête de sens

Carnet n°19
Traversée commune Livre 3

Récit & fiction / 2007 / La quête de sens

Carnet n°20
Traversée commune Livre 4

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°21
Traversée commune Livre 5

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°22
Traversée commune Livre 6

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°23
Traversée commune Livre 7

Poésie / 2007 / La quête de sens

Carnet n°24
Traversée commune Livre 8

Pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°25
Traversée commune Livre 9

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°26
Traversée commune Livre 10

Guides & synthèse / 2007 / La quête de sens

Carnet n°27
Au seuil de la mi-saison

Journal / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°28
L'Homme-pagaille

Récit / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°29
Saisons souterraines

Journal poétique / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°30
Au terme de l'exil provisoire

Journal / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°31
Fouille hagarde

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°32
A la croisée des nuits

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°33
Les ailes du monde si lourdes

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°34
Pilori

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°35
Ecorce blanche

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°36
Ascèse du vide

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°37
Journal de rupture

Journal / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°38
Elle et moi – poésies pour elle

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°39
Préliminaires et prémices

Journal / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°40
Sous la cognée du vent

Journal poétique / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°41
Empreintes – corps écrits

Poésie et peintures / 2010 / Hors catégorie

Carnet n°42
Entre la lumière

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°43
Au seuil de l'azur

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°44
Une parole brute

Journal poétique / 2012 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°45
Chemin(s)

Recueil / 2013 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°46
L'être et le rien

Journal / 2013 / L’exploration de l’être

Carnet n°47
Simplement

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°48
Notes du haut et du bas

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°49
Un homme simple et sage

Récit / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°50
Quelques mots

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°51
Journal fragmenté

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°52
Réflexions et confidences

Journal / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°53
Le grand saladier

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°54
Ô mon âme

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°55
Le ciel nu

Recueil / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°56
L'infini en soi 

Recueil / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°57
L'office naturel

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°58
Le nuage, l’arbre et le silence

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°59
Entre nous

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°60
La conscience et l'Existant

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°61
La conscience et l'Existant Intro

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°62
La conscience et l'Existant 1 à 5

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°63
La conscience et l'Existant 6

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°64
La conscience et l'Existant 6 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°65
La conscience et l'Existant 6 (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°66
La conscience et l'Existant 7

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°67
La conscience et l'Existant 7 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°68
La conscience et l'Existant 8 et 9

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°69
La conscience et l'Existant (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°70
Notes sensibles

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°71
Notes du ciel et de la terre

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°72
Fulminations et anecdotes...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°73
L'azur et l'horizon

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°74
Paroles pour soi

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°75
Pensées sur soi, le regard...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°76
Hommes, anges et démons

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°77
La sente étroite...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°78
Le fou des collines...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°79
Intimités et réflexions...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°80
Le gris de l'âme derrière la joie

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°81
Pensées et réflexions pour soi

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°82
La peur du silence

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°83
Des bruits aux oreilles sages

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°84
Un timide retour au monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°85
Passagers du monde...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°86
Au plus proche du silence

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°87
Être en ce monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°88
L'homme-regard

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°89
Passant éphémère

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°90
Sur le chemin des jours

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°91
Dans le sillon des feuilles mortes

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°92
La joie et la lumière

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°93
Inclinaisons et épanchements...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°94
Bribes de portrait(s)...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°95
Petites choses

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°96
La lumière, l’infini, le silence...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°97
Penchants et résidus naturels...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°98
La poésie, la joie, la tristesse...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°99
Le soleil se moque bien...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°100
Si proche du paradis

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°101
Il n’y a de hasardeux chemin

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°102
La fragilité des fleurs

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°103
Visage(s)

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°104
Le monde, le poète et l’animal

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°105
Petit état des lieux de l’être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°106
Lumière, visages et tressaillements

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°107
La lumière encore...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°108
Sur la terre, le soleil déjà

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°109
Et la parole, aussi, est douce...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°110
Une parole, un silence...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°111
Le silence, la parole...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°112
Une vérité, un songe peut-être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°113
Silence et causeries

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°114
Un peu de vie, un peu de monde...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°115
Encore un peu de désespérance

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°116
La tâche du monde, du sage...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°117
Dire ce que nous sommes...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°118
Ce que nous sommes – encore...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°119
Entre les étoiles et la lumière

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°120
Joies et tristesses verticales

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°121
Du bruit, des âmes et du silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°122
Encore un peu de tout...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°123
L’amour et les ténèbres

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°124
Le feu, la cendre et l’infortune

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°125
Le tragique des jours et le silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°126
Mille fois déjà peut-être...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°127
L’âme, les pierres, la chair...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°128
De l’or dans la boue

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°129
Quelques jours et l’éternité

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°130
Vivant comme si...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°131
La tristesse et la mort

Récit / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°132
Ce feu au fond de l’âme

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°133
Visage(s) commun(s)

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°134
Au bord de l'impersonnel

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°135
Aux portes de la nuit et du silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°136
Entre le rêve et l'absence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°137
Nous autres, hier et aujourd'hui

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°138
Parenthèse, le temps d'un retour...

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°139 
Au loin, je vois les hommes...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°140
L'étrange labeur de l'âme

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°141
Aux fenêtres de l'âme

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°142
L'âme du monde

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°143
Le temps, le monde, le silence...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°144
Obstination(s)

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°145
L'âme, la prière et le silence

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°146
Envolées

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°147
Au fond

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°148
Le réel et l'éphémère

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°149
Destin et illusion

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°150
L'époque, les siècles et l'atemporel

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°151
En somme...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°152
Passage(s)

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°153
Ici, ailleurs, partout

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°154
A quoi bon...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°155
Ce qui demeure dans le pas

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°156
L'autre vie, en nous, si fragile

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°157
La beauté, le silence, le plus simple...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°158
Et, aujourd'hui, tout revient encore...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°159
Tout - de l'autre côté

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°160
Au milieu du monde...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°161
Sourire en silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°162
Nous et les autres - encore

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°163
L'illusion, l'invisible et l'infranchissable

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°164
Le monde et le poète - peut-être...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°165
Rejoindre

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°166
A regarder le monde

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°167
Alternance et continuité

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°168
Fragments ordinaires

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°169
Reliquats et éclaboussures

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°170
Sur le plus lointain versant...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°171
Au-dehors comme au-dedans

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°172
Matière d'éveil - matière du monde

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°173
Lignes de démarcation

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°174
Jeux d'incomplétude

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°175
Exprimer l'impossible

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°176
De larmes, d'enfance et de fleurs

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°177
Coeur blessé, coeur ouvert, coeur vivant

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°178
Cercles superposés

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°179
Tournants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°180
Le jeu des Dieux et des vivants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°181
Routes, élans et pénétrations

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°182
Elans et miracle

Journal poétique / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°183
D'un temps à l'autre

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°184
Quelque part au-dessus du néant...

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°185
Toujours - quelque chose du monde

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°186
Aube et horizon

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°187
L'épaisseur de la trame

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°188
Dans le même creuset

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°189
Notes journalières

Carnet n°190
Notes de la vacuité

Carnet n°191
Notes journalières

Carnet n°192
Notes de la vacuité

Carnet n°193
Notes journalières

Carnet n°194
Notes de la vacuité

Carnet n°195
Notes journalières

Carnet n°196
Notes de la vacuité

Carnet n°197
Notes journalières

Carnet n°198
Notes de la vacuité

Carnet n°199
Notes journalières

Carnet n°200
Notes de la vacuité

Carnet n°201
Notes journalières

Carnet n°202
Notes de la route

Carnet n°203
Notes journalières

Carnet n°204
Notes de voyage

Carnet n°205
Notes journalières

Carnet n°206
Notes du monde

Carnet n°207
Notes journalières

Carnet n°208
Notes sans titre

Carnet n°209
Notes journalières

Carnet n°210
Notes sans titre

Carnet n°211
Notes journalières

Carnet n°212
Notes sans titre

Carnet n°213
Notes journalières

Carnet n°214
Notes sans titre

Carnet n°215
Notes journalières

Carnet n°216
Notes sans titre

Carnet n°217
Notes journalières

Carnet n°218
Notes sans titre

Carnet n°219
Notes journalières

Carnet n°220
Notes sans titre

Carnet n°221
Notes journalières

Carnet n°222
Notes sans titre

Carnet n°223
Notes journalières

Carnet n°224
Notes sans titre

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Epigraphes associées aux carnets

© Les carnets métaphysiques & spirituels

QUELQUES JOURS EN MA COMPAGNIE (VOLUME 1)

JOURNAL (2025)

 

Note liminaire

Je suis nomade ; je vis dans un petit camion aménagé que j'appelle « la roulotte » et je bivouaque l'essentiel du temps dans la forêt.

 

C'est le livre de Christiane Singer « Derniers fragments d'un long voyage » où se mêlent la souffrance et la joie et où alternent les « petites et les grandes choses » de la vie humaine qui m'a donné l'envie d'écrire cet ouvrage. J'ai donc décidé d'en donner à lire les passages qui m'ont semblé les plus marquants. Ces citations serviront de fil rouge et encourageront peut-être le lecteur à découvrir cette autrice qui a passé son existence à témoigner de son chemin de vie et de son parcours intérieur... Au fil des pages, vous trouverez aussi des haïkus et quelques extraits des livres qui m'ont accompagné ces dernières semaines. Ils viendront, ici et là, agrémenter le récit.

 

 

Adresse au lecteur

Dans ces pages, tu trouveras quelque chose de moi, de toi, du monde. Et aussi, sans doute, quelque chose de notre époque bien que l'essentiel des fragments ont, je crois (du moins je l'espère) un caractère atemporel et universel.

 

 

Vendredi 27 juin

 

Décision

Il y a peu, j'ai décidé d'arrêter d'écrire comme si une force me poussait à me consacrer à l'essentiel ; à vivre l'essentiel...

 

 

Expectative

En attente de quelque chose

A l'écoute de ce que la vie va offrir

 

 

Portrait

Hors du sommeil

Là où le Divin devient le monde

(Sans doute) plus proche – à cet instant –

du miroir que du reflet

 

 

Portrait de l'homme

Ignorants, impuissants, fragiles, misérables. Voilà ce que nous sommes ! Et mêlé à ces « tristes choses » cet incroyable potentiel d'intelligence, d'Amour et de joie...

 

 

Truisme

Mon dieu ! Que la vie est rude. Et si merveilleuse pourtant...

 

 

Ce que l'on peut faire

On ne peut, bien sûr, vivre la souffrance des autres à leur place. Ni les porter sur leur chemin. Et parfois pas même les accompagner. Mais on peut les aimer. Et il y a mille manières d'exprimer son Amour.

 

 

A contre-courant

A l'heure où tout se pare ; où tout se cache

Notre (presque) parfaite nudité

 

 

Ignorance

Qu'y a-t-il au fond de soi que l'on ne connaît pas ?

 

 

Ce que l'on doit vivre

Mille possibles

Et un seul chemin

Se laisser guider par ce qui s'impose

 

 

Évidence

Et si vivre, c'était apprendre à mourir. Oui, bien sûr ! Vivre, c'est apprendre à mourir ! Mon Dieu ! Quel triste poncif !

 

 

Ce que nous portons involontairement

Ce que le cœur recèle sous les couches de peurs, de désirs et de ressentiments. Ah ! Si l'on pouvait directement accéder à l'essence ! Mais on le peut... mais comme le reste (tout le reste) cela ne dépend pas de nous...

 

 

Simplement s'asseoir

Parfois se taire

et simplement s'asseoir

ressentir et regarder

Et cela suffit à nous emplir de joie

 

 

Embarrassé

Si peu à l'aise en présence des hommes comme si je portais, en moi, « quelque chose d'inhumain »...

 

 

Incognito

Vie d'interstice et de discrétion

Là où vivent ceux que l'on ne voit pas

Là où vivent ceux que l'on ne regarde pas

 

 

Humbles interstices

Les yeux baissés sur le sol – sur ces herbes folles qui poussent partout où l'homme n'intervient pas. Fossés, accotements, bordures de trottoir. Infimes espaces abandonnés à cette vie sauvage que ni les piétons inattentifs ni les automobilistes pressés ne remarquent.

 

 

Bashô

« Les gens des siècles

ne remarquent pas les fleurs

du châtaigner près du toit »

 

 

Sans communauté d'appartenance

A côté de tout ; à côté de tous. Sans la moindre appartenance à un quelconque groupe humain.

 

 

A l'ombre des frondaisons

Le cœur sylvestre et solitaire

battant au rythme des saisons

se laissant traverser

par les nuages et le cri des oiseaux

sensible au soleil et à la pluie

bercé par le chant et les caresses du vent

fuyant les pièges et les épines du monde

partisan, malgré lui, de la même prière

 

 

Disparités de traitement

Plantes malingres et assoiffées sur le déclin. Au pied d'insolents et florissants bégonias en pot que les hôtes des lieux prennent soin d'arroser chaque matin.

 

 

Incurable

Ce qui est là

Sans remède

Et déjà dans les bras de la mort

 

 

Sans alternative

On ne choisit rien ; ni sa vie, ni sa mort, ni son destin, ni la joie, ni le chagrin. Tout nous pousse vers ce que l'on doit vivre. Tout nous est offert ; et c'est avec ce qui nous est donné que, presque malgré nous, notre existence se réalise...

 

 

Tendre flamme

Comme un feu

Cette longue étreinte

qui consume le jeu, les ombres et les mensonges

 

 

Affinités personnelles

En cette vie, mille choses m'ont intéressé. Mais dire l'homme, ce qu'est l'existence humaine et la manière de conduire sa vie m'ont toujours semblé les choses les plus essentielles...

 

 

Petit bréviaire à l'usage de l'homme

Se laisser conduire par ses nécessités intérieures.

 

 

Innocence

Dos au monde

Loin des rêves d'ailleurs

Loin des morsures et des tourments

Loin des parades et des écrans

Si près de l'enfance sans âge

 

 

Petit bréviaire à l'usage de l'homme

Aller comme va le monde ; à travers le cours des choses.

 

 

Perte progressive

Sans se hâter

ce que notre âme abandonne

 

 

Petit bréviaire à l'usage de l'homme

Être. Être sans principe, sans règle, sans loi. Écouter et obéir aux circonstances.

 

 

Une parfaite absence

D'oubli en oubli

jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien

 

 

Faire allégeance

L'obéissance joyeuse et consentie est, sans doute, la plus grande des libertés.

 

 

Ce que fait l'homme

A remuer les images

A patauger dans le sang

Sans jamais s'interroger

Sans jamais se soucier de la conscience

 

 

Centres d'intérêt

Ce qui me semble digne d'intérêt (sur le plan personnel) : le quotidien, la nature, le rapport aux non-humains, la poésie, l'art et la spiritualité

 

 

Issue

Sur ces pierres vivantes

Sous ce vent caressant

Sous ces arbres triomphants

Au cœur de la vie

Enfin la possibilité du monde

 

 

Humain, trop humain

On cherche l'altérité et, partout, on ne trouve que l'homme.

 

 

Face à face

Il n'y a de rencontre qu'avec soi.

 

 

Bonheur

Du silence

Des collines

Des arbres

De la poésie

Le cœur parfaitement comblé

 

 

Un peu de métaphysique

Tout est liens et solitude.

 

 

Infirmité

Face aux autres trop souvent ; et rien qui ne puisse faire naître la moindre fraternité...

 

 

Pas à pas

Peu à peu

Vers le silence

 

 

Exercice

Si seul

Dans cette chambre sans sommeil

Les pieds en déséquilibre

A ôter ; à soustraire

ce qui peut l'être encore

 

 

Petit bréviaire à l'usage de l'homme

Ne jamais fuir (autant que possible). Faire face à ce qui advient.

 

 

Christiane Singer

« Ainsi ne s'agit-il que de vivre ce qui nous rencontre. »

 

 

Gratitude

Lorsque la joie nous arrive

Mille choses y ont contribué

Et mille êtres y ont veillé

Des créatures de chair et de sang

et des âmes invisibles et bienveillantes

Aussi – en plus de la joie –

nous avons le cœur reconnaissant

 

 

Une présence incomparable

Si près de la mort ; à chaque instant. Mais qui s'en soucie réellement ? Ceux qui savent profondément qu'ils vont mourir ont une qualité de présence au monde, à la vie, aux autres et à eux-mêmes si belle, si innocente, si magistrale qu'elle rayonne à travers leur visage, leurs gestes, leur silence et leurs paroles.

 

 

Christiane Singer

« Il y avait trop de choses que je faisais autrefois sans y prêter l'oreille ni le cœur, et ne sachant jamais à quoi imputer la perte de qualité qui se manifestait dans le quotidien. Elle était là tout simplement dans la perte d'intensité, de contact entre ma conscience et les gestes que je posais sur cette Terre. »

 

 

Qui sait...

Au fil des mots ; au fil du rêve – peut-être...

 

 

Comprendre le silence

Le silence parvient à exprimer ce qui ne peut être dit ; et, quelques fois, cela est compris...

 

 

Goûter ce qui est offert

Depuis que j'ai décidé d'arrêter d'écrire, le temps se dilate ; l'écriture occupait une grande part de ma journée. Aujourd'hui j'occupe les heures à mille petites choses, je contemple et savoure les gestes les plus simples.

 

 

Christiane Singer

« Continuer d'écrire puisque la vie continue. »

 

 

Au fond

Une langue qui se fait (qui sait se faire)

l'écho d'un chant lointain

Peut-être ; sans doute – le plus intime

 

 

Inspiration

Assis dans la roulotte. Au milieu de la forêt. Le feutre à la main à essayer d'exprimer ce qui me traverse.

 

 

Féerique

Si vaste

Le jour

Devant soi

Dans sa longue traîne de lumière

 

 

Une écriture libre

Écrire sans la moindre exigence ; ni en terme de style, ni en terme de contenu. La contrainte a toujours bridé mon écriture. Je suis un adepte de l'anti-Oulipo.

 

 

Labeur quotidien

Sous cette lumière

Sans personne

Sans préoccupation

Sans hâte

Le feutre qui éructe lentement son encre

dessinant les traits d'une figure

que même l'âme ignore

 

 

Vers autre chose ?

Depuis quelque temps déjà (un peu avant que je ne décide d'arrêter d'écrire), je sentais que se dessinait une nouvelle étape de mon existence ; peut-être une nouvelle perspective – plus libre et moins rigide...

 

 

Funambule

Sur ce fil étrange qui relie on ne sait quoi

Entre la mort et le possible

 

 

Samedi 28 juin

 

Tristesse et ésotérisme involontaire

Bhagawan, mon dernier chien est mort il y a maintenant 7 mois. L'absence reste vivace et douloureuse. Et je repense très souvent à sa fin tragique. Il a agonisé1 pendant 9 jours après avoir été écrasé par un mini bus scolaire. Il a sans doute succombé d'une hémorragie interne2 non décelée par les vétérinaires qui ont passé plus de 3 heures à suturer la peau déchirée de ses pattes arrière et de son bas-ventre. Sa mort m'a anéanti. Au cours de cette longue et triste semaine, j'ai pu lui rendre visite chaque jour (sauf le dimanche où la clinique était fermée).

 

Après sa mort, il m'a été offert de « dialoguer » avec lui pendant environ 40 jours. Au cours de ces étranges échanges, il m'apprit des choses surprenantes (si éloignées de mon univers habituel). Ainsi je crus comprendre qu'il avait rejoint une sorte de communauté d'aideurs-facilitateurs (c'est ainsi que cela s'est présenté à moi) – des entités sans corps physique vouées à se mettre au service de celles et ceux qui avaient pris soin d'elles au cours de leur existence. Et je mis plusieurs jours à comprendre qu'il pouvait s'agir d'un sous-groupe d'anges (je n'ai jamais été très versé dans ce genre de concepts séraphiques), une espèce de sous-caste, des « cœur purs » en quelque sorte dénués de calcul et d'arrière-pensée animés seulement par le désir d'aider les êtres qui avaient veillé sur eux lors de vies précédentes. Et chose étrange (mais qui n’appelle aucun commentaire... ) : Bhagawan s'est fait écrasé dans un village qui s'appelle Billanges...

 

1. Il était assez grièvement blessé mais rien ne présageait qu'il allait mourir...

2. ou d'une lésion d'un organe vital

 

 

Christiane Singer

« Derrière l'incommensurable souffrance, j'ai vu l'abîme sans fond de la tendresse des mondes. »

 

 

Ce que l'on ne peut dire

Les joues gonflées

encore pleines de mots

face à ce silence qui nous attend

 

 

Début et fin

Ce qui désire

Et ce qui meurt

Sous la même lumière

 

 

Escapade sylvestre

Courte promenade cet après-midi. A petits pas. Et longue pause au cœur de la forêt au cours de laquelle j'ai lu, médité et contemplé (avec ravissement) ce qui m'entourait.

 

 

Apparences

Comme un défilé de lumière

à travers les ombres dansantes

 

 

« Parmi les arbres »

Je dévore (littéralement) le livre d'Alexis Jenni « Parmi les arbres ». Enfin un livre qui redonne à l'arbre une place digne de ce nom...

 

 

Communauté virtuelle

J'aime entourer ma solitude d'êtres sensibles aux non-humains et ouverts à « d'autres réalités ». Je me suis ainsi constitué une petite communauté virtuelle (auteurs et créateurs de vidéos et de podcasts) qui accorde une large place à des perceptions encore peu communes (mais qui se répandent, peu à peu, dans le monde humain). Et, parmi eux, quelques personnalités médiatiques comme Vinciane Despret, Nastassja Martin, Baptiste Morizot, François Sarano etc etc.

 

 

Indolence

Assis nonchalamment

sur les édifices et le nom des hommes

Si haut que tout semble dérisoire

 

 

Le confort et l'homme moderne

Je m'évertue à supporter la chaleur sans recourir à l'instrument de confort contemporain qui s'est généralisé ces dernières années ; je veux parler, bien sûr, du climatiseur dont le principe me semble particulièrement mesquin et représentatif de cette époque d'individualisme maladif qui consiste à refroidir son environnement immédiat en rejetant sans scrupule la chaleur hors de « sa bulle ».

 

De nos jours (et sous nos latitudes et dans d'autres parties du monde aussi sûrement), la climatisation a envahi tous les espaces privés et publics ; on la trouve à peu près partout : dans les logements, dans les véhicules, dans les magasins et les centre commerciaux, dans les bureaux et les administrations etc etc.

 

Pour ma part, je me refuse à fuir ce que le réel nous donne à vivre... Une manière archaïque, sans doute, de résister à la modernité mais aussi acte dérisoire de « solidarité et de communion » avec tous ceux qui doivent supporter sans échappatoire possible des températures élevées (en particulier les animaux et les plantes).

 

 

Insignifiance

Seul

Au cœur de cette résonance

Là où tout s'enflamme

Comme si plus rien n'avait d'importance

 

 

Liberté retrouvée

Depuis que j'ai arrêté d'écrire, je me sens plus libre ; moins contraint par toutes les règles que je m'étais imposées ; en particulier cet emploi du temps très rigide principalement centré sur l'écriture et la correction de manuscrits. Mes journées n'ont pas foncièrement changé mais je suis davantage disposé à vivre ce que m'offre le jour.

 

 

Tout

Sous le même regard

Ce qui passe

et ce qui demeure

 

 

Désencombrement

Au fil des années, on se déleste peu ou prou de mille choses. L'existence nous débarrasse (de manière brutale ou progressive) de tout ce qui nous entrave, de tout ce qui nous encombre, de tout ce qui fait barrage à la vie. Et me concernant, la liste est relativement longue ; emploi, logement, relations amoureuses, relations amicales, relations familiales, mes compagnons à quatre pattes... et l'écriture depuis quelque temps...

 

 

Apparition

Au-dehors ; ce qui nous dépossède

Au-dedans ; ce qui nous révèle

L'épiphanie de la soustraction

 

 

Graphomanie

Ces derniers mois, l'écriture était devenue pesante ; je m'y astreignais sans plaisir, soucieux seulement d'écrire quelques poèmes sans intérêt et m'obligeant à consacrer plusieurs heures par jour à corriger ces mauvaises pages. J'avais beau savoir que j'étais en train de m'éloigner de ce qui m'a toujours semblé essentiel dans l'écriture : témoigner de ma traversée de l'existence, consigner quelques notes quant à la manière de conduire sa vie et partager mes expériences intérieures, je continuais de m'empêtrer dans cette incurable graphomanie !

 

 

Inhospitalité

Au milieu des ombres

Le cœur tremblant

La chair vivante (si vivante)

Malgré la brume

Malgré le vent et l'âme blessée

 

 

Dimanche 29 juin

 

Quelques banalités sur la mort

La mort demeure évidemment l'une des grandes inconnues de l'existence. Et c'est pourtant la seule chose dont nous soyons sûrs en cette vie ; nul ne pourra y échapper... Le reste, évidemment, nous est parfaitement inaccessible : on ignore lorsqu'elle surviendra, la manière dont elle viendra à notre rencontre et s'il existe, selon la formule consacrée, « quelque chose après la mort ». Hormis ce dernier élément, la mort ne se distingue pas fondamentalement des autres événements de notre existence. Mais ignorer si « quelque chose de conscient* » subsiste après la mort physique la rend particulièrement angoissante. Disparaît-on définitivement ? Ressent-on quelque chose ? De la douleur ? De la tristesse ? De la joie ? Va-t-on quelque part ? Dans un autre monde ? Dans une autre réalité ? Se réincarne-t-on ? Sommes-nous absorbés par le grand Tout ? Tant de questions sans réponse...

 

* l'âme ou l'esprit selon les traditions culturelles et religieuses...

 

On pourrait lister un grand nombre de points communs (et même des parallèles) entre l'esprit pendant le rêve, lors d'un coma, lors d'un voyage astral ou d'une transe chamanique et l'esprit après la mort... En outre, quantité de personnes ayant vécu une expérience de mort imminente relatent des faits assez similaires (après avoir été déclarées cliniquement mortes) : vision panoramique, vision surplombante à 360°, extase, lumière etc etc qui laisseraient à penser que « quelque chose » continue à percevoir et à ressentir après le décès.

 

 

Vastitude

L’œil si large que tout s'est détaché

 

 

Le monde et l'idée du monde

L'idée du monde m'a très longtemps intéressé ; les actualités, les discussions âpres et passionnées sur les sujets les plus divers, les commentaires savants et argumentés. Mais depuis de longues années, j'ai délaissé tous ces bavardages... Seul le monde, à présent, m'intéresse ; et le monde, c'est ce qu'il y a autour de soi.

 

 

Christiane Singer

« Aujourd'hui, les histoires dans ma tête se lassent, elles ne se laissent plus tisser. Le monde s'effiloche. Ce n'est ni triste ni pas triste. Un autre espace se crée. »

 

 

Obéissance

Aux ordres de ce qui s'impose

A l'heure où le plus grand nombre

ne célèbre que le désir et le néant

 

 

Un peu de métaphysique

Ce que nous sommes ; ce qui demeure et ce qui passe.

 

 

Rien ne reste

En dépit de nos efforts, rien ne dure très longtemps. Tout – fort heureusement – n'est que mandala de sable.

 

 

Sensibilité

Le plus intime

au fond de l’œil humide

 

Vers plus de dépouillement encore

De moins en moins nécessaires ; les mots...

 

 

Déblaiement

Sans effort

Ce qui s'efface

Comme si était venu

le temps du vent et de la mort

 

 

Le plus essentiel

Comprendre et vivre « la vraie vie », voilà ce qui m'a toujours intéressé au plus haut point. Le reste m'a toujours semblé superflu...

 

Difficultés

Comment vivre – et dire – le silence et l'infini ?

 

 

Peu à peu

Un pas après l'autre

Un mot après l'autre

Et qu'importe où cela nous mène

 

 

Alexis Jenni

« Par la solitude et le silence, un monde s'ouvre, un espace de liberté où chacun peut se débarrasser du souci exclusif de soi, du besoin de reconnaissance et du désir de possession, pour se mettre devant l'essentiel. »

 

 

Emportement

Écrire dans l'urgence et la nécessité. Animé par cette force irrépressible. Il n'y a d'élan plus puissant et qui se transmet, peut-être, à celui qui parcourt ces pages...

 

 

Connaissance

Quelque chose – en nous –

sait (devine et comprend)

ce que le cœur et la tête ignorent

 

 

Petit bréviaire à l'usage de l'homme

Au jour le jour

Instant après instant

Comme doit se vivre la vie – sans doute

 

 

Gâchis

Tous ces instants où nous n'aurons pas aimé ; comme du temps que nous n'aurons pas réellement vécu...

 

 

Aller vers

A chaque instant

L'âme tendue vers la surgie du mystère

Ce qui vient à notre rencontre

 

 

Non-savoir serein

Sans question. Sans réponse. Dans l'innocence de celui qui ne sait pas et qui s'émerveille.

 

 

Personne

Personne là où il y a la foule

Personne là où l'on est seul

Et, trop souvent, personne

lorsque l'on se retrouve face à un autre

 

 

Question idiote

A se demander encore, de temps en temps, comment vivre... Vivant, un point c'est tout !

 

 

Élan

Sur cette terre si peu certaine

Des pas vigoureux

D'un lieu à l'autre

Comme si seul le voyage comptait

 

 

Témoignage

Écrire pour occuper les heures, mettre une partie de sa vie en mots, témoigner d'un regard – peut-être...

 

 

A découvert

Sous la lumière franche du jour

Le noir exposé par l'encre sincère

Le cœur dévoilé

Et quelque chose (aussi – peut-être )

de la légèreté de l'âme

 

 

Ce que l'on écrit...

Une parole pour soi

 

 

Certitude

Qu'importe ce qu'aura été notre vie, il n'en restera rien...

 

 

Impénétrable

Nous existons à peine

Un peu de matière

Et un puits d'ignorance insondable

par-dessus le mystère

 

 

Le seul héritage

Dans 100 ans, personne ne se souviendra de nous. Et il y a une grande beauté (et un grand soulagement) à se dire que nous ne laisserons aucune trace de notre passage sur terre. Le seul héritage est celui que nous porterons en notre for intérieur au moment de la mort et qui pourrait se résumer ainsi : ce que le cœur a compris.

 

 

Buson

« A chaque pétale qui tombe

les branches du prunier

vieillissent »

 

 

Égocentrisme

Ces pages ? Sans doute, un simple autoportrait... Serait-il vrai alors que chacun ne s'intéresse qu'à lui-même ?

 

 

Si humblement

Le chant à même la lumière

Sans autre leçon que celle du silence

Sans autre message que celui de l'hiver et des nuages

Ce qu'essayent modestement (très modestement)

d'offrir ces quelques pages

 

 

Un long détachement

Peu à peu, tout se détache ; les désirs, les croyances, les rêves, les activités, les êtres et les choses... Tout ce qui nous semblait important (ou nécessaire) finit, un jour, par nous quitter et/ou nous laisser indifférents... jusqu'au jour où il ne reste rien ni personne. Mais il n'y a là rien de triste ou de désespérant. Lorsque tout s'est détaché se dévoile la part essentielle que nous sommes ; l'être nu.

 

 

Destinée

Dire. Dire encore. Dire toujours...

Dire jusqu'au dernier souffle ce que la vie m'aura appris...

 

 

Tiraillé(s)

Quelque chose nous pousse

Quelque chose nous tire et nous appelle

Et mille choses nous traversent

Nous sommes le jouet de toutes les forces

 

 

Compagnonnage

Auprès des arbres et des livres ; mes chers compagnons.

 

 

Métamorphose

Là ; en plein cœur

La flèche bleue

qui transforme les soucis et les horizons

en oiseaux invraisemblables

qui dépose au cœur des ténèbres ;

au cœur du poison

mille larmes et autant de vérités

 

 

Se consacrer à l'essentiel

Arrivé à un âge où on n'a plus rien à prouver et où il devient vital (plus que jamais) de se consacrer à l'essentiel, c'est à dire se consacrer à l'être... comme dans certaines régions de l'Inde où après avoir passé de longues années à s'occuper des « mille choses du monde » (en général, sa famille et/ou son activité professionnelle – ce qui n'a jamais été mon cas), on quitte la société des hommes pour un lieu retiré propice à la réflexion et à la prière.

 

 

Identité

De plus en plus anonyme

De plus en plus personne

Mais avons-nous déjà été quelqu'un ?

 

 

Idée fixe

Vivre « la vraie vie » m'habite depuis si longtemps...

 

 

Amplitude

Réduire – peu à peu – l'écart

entre ce que nous fûmes et ce que nous serons

entre le monde et ce que nous sommes

 

 

Toujours plus loin

L'âme cambrée qui s'émerveille

Le regard posé au-delà de la chambre

au-delà du monde

au-delà même de la mort

 

 

Retour au calme

L'oreille attentive

au chant silencieux des arbres

à la nuit tombée

[lorsque les hommes ont quitté la forêt]

 

 

Lundi 30 juin

 

Espace intérieur et confort psychique

Notre « espace intérieur » (je l'appelle ainsi à défaut de pouvoir le nommer autrement) a un rôle prépondérant dans notre existence, notre manière de vivre et de faire face aux circonstances. Ainsi, son envergure a une répercussion directe sur la façon dont nous vivons ce qui nous traverse (événements, pensées, émotions, sentiments, embarras, gênes, douleurs, etc). Plus cet espace est vaste, moins les choses vécues nous paraissent difficiles et inconfortables. Et, inversement, plus cet espace est exigu, plus le psychisme se sent envahi au point où l'on peut parfois éprouver une sorte d'étouffement. Ce qui nous traverse est alors vécu de plein fouet, sans recul ni distanciation. Et la vie et les événements ont vite fait de devenir insupportables ; on se sent littéralement écrasé...

 

 

Christiane Singer

« J'ai touché le lieu où la priorité n'est plus ma vie mais La vie. C'est un espace d'immense liberté. »

 

 

Éruption

La lumière – peut-être

derrière le jaillissement des mots

 

 

Interrogation

Quelle est la grande affaire de ma vie ? De notre vie ? Qui peut savoir...

 

 

Opiniâtre

Assis sur la pierre

Assis à sa table

A creuser son âme

Tant que tout ne sera pas vu

Tant que tout ne sera pas compris

Tant que tout n'aura pas été dit

 

 

Pour soi

Comme un sourire

à l'intérieur

adressé à personne

 

 

Mardi 1 juillet

 

Raccourci maladif

L'esprit s'accroche à ce qui passe – à ce qui le traverse et a vite fait de tout transformer en croyance, en certitude, en vérité...

 

 

Négligeable

Poussière peut-être

Poussière sans doute

Et après ?

 

 

Sans possession

Rien ne nous appartient. Pas même notre vie, bien sûr...

 

 

Mille possibles

A travers les rencontres

Toutes les déclinaisons du cœur

 

 

Sous le soleil

Longue promenade sylvestre malgré les fortes chaleurs.

 

 

Sous emprise

Inévitablement

Ce qu'est le monde

Comment pourrions-nous y échapper ?

 

 

Ces pages ?

Quelque chose de la chronique ; entre témoignage et petit manuel à l'intention de ceux qui s'interrogent...

 

 

Quête

Ce qui se cherche entre les lignes

L'Absolu de l'âme et du monde

 

 

Œuvre et travail sélectif

Depuis plus d'un an, je sélectionne les fragments les plus intéressants des textes que j'ai écrits dans l'idée de les rassembler en volumes. A quelles fins ? Je l'ignore. Sans doute pour clore ce qui a été commencé, laisser quelques traces peut-être, témoigner d'un cheminement humain qui ne me semble pas totalement inintéressant. Je doute pourtant que ce travail retienne l'attention de quelque éditeur...

 

 

La joie d'écrire

Depuis ma décision d'arrêter d'écrire, je renoue avec le plaisir de laisser aller ma plume au gré de ce qui me traverse.

 

 

Sans ambition

Aussi proche du ciel que de la pierre

Sans autre désir que ce que dicte le jour

Sans autre horizon que l'instant qui passe

 

 

Auto-analyse scripturale

Je crois que je suis non seulement en train d'écrire des pages qui « me ressemblent »  mais aussi (et surtout) un livre que j'apprécierais en tant que lecteur. Un amalgame polymorphe et synthétique de choses vécues, ressenties et pensées. Quelque chose du journal, entre philosophie pratique, poésie et spiritualité. Léger et dense où l'on pourrait butiner selon ses goûts et ses penchants, ouvrir une page au hasard, lire un ou deux fragments puis refermer le livre pour sentir la manière dont cela résonne dans sa propre existence avant de rejoindre le cours de sa vie peut-être un peu mieux armé(e) et/ou un peu plus sensible au monde et au vivant...

 

 

Remèdes

Le cœur et l'esprit

L'intelligence et l'Amour

Ce qui sauvera le monde

 

 

Une prière pour ceux qui en ont besoin

Une pensée émue pour ceux qui souffrent, ceux qui sont malades et blessés, ceux qui vivent leurs derniers instants sur cette terre et ceux qui sont en train de mourir. Et Dieu sait qu'ils sont nombreux...

 

Allant

A pas vifs

Le geste vigoureux

Et les mots qui se bousculent

Comme si le temps nous était compté

 

 

Le plus essentiel

Être ; la seule nécessité – en vérité...

 

 

Soumission

Ce que le vent amène

Et ce que le vent emporte

 

 

Sérénité

Du silence. De la tendresse. De la joie. Et cette grande paix capable d'effacer jusqu'aux tourments les plus vivaces...

 

 

Humbles retrouvailles

Comme rendu au monde. Le cœur à genoux.

 

 

Petit bréviaire à l'usage de l'homme

Ne jamais faire de l'adversité du monde une affaire personnelle. Éviter de lutter contre les êtres, les choses et les événements. Y voir non seulement le jeu perpétuel de la vie qui nous bouscule un peu (ou, parfois, davantage...) pour nous faire quitter notre existence trop rigide, trop figée, trop peu ouverte mais aussi (et surtout) une invitation à la rejoindre et à s'inscrire dans son mouvement incessant...

 

 

Si profondément

Le plus précieux

Glissé au fond de soi

Au fond du reste

Si bien caché – parfois

que l'on croirait que le monde en est dépourvu

 

 

Écouter le corps

Somnolence et fatigue parfois le matin (je viens de changer de traitement médicamenteux). Et contre toute attente, je ne résiste pas au plaisir (jusque là inconnu) de m'allonger quelques instants dès que l'envie s'en fait sentir...

 

 

Comment dire ?

Comment dire ce qui n'appartient ni à l'homme, ni au monde, ni à la terre, ni au ciel ?

 

 

Pas assez poète

A témoigner avec ces mots simples. Si simples. Comme si le plus poétique de la langue m'était interdit...

 

 

Inévitablement

« Faire du soi-même » ; comme si l'on pouvait faire autrement...

 

 

Si peu de chose

Une vie simple

Un cœur simple

Et rien d'autre

 

 

Un rictus assumé

En voyant mes congénères – leurs gestes, leurs bavardages, leurs jeux – j'ai toujours esquissé une grimace un peu méprisante. Aujourd'hui pas moins qu'hier. C'est ainsi. On ne se refait pas...

 

 

Un peu tout

Au cœur du poème

Des traces de ciel et de silence

Des traces de monde et d'interrogations

Quelque chose qui nous ressemble

 

 

Ce dont nous avons besoin

Une âme, un cœur, des mains ; l'essentiel en somme...

 

 

Fausse croyance

Nous ne sommes clairement pas ce que nous croyons...

 

 

Notes imperceptibles

A la cime du regard

Le silence

Cette étrange musique

que seul le cœur entend

 

 

Interrogation

Et s'il n'y avait rien à comprendre ; rien à réaliser ; et qu'il nous fallait simplement vivre...

 

 

Encore vivant

Face à l'invisible

Le cœur battant

Le cœur tremblant

 

 

Koan

« Rien à faire, nulle part où aller. »

 

 

Foulée ancestrale

Pieds nus

à travers la forêt

sur ce chemin de terre

Voyage peut-être

jusqu'aux premiers hommes

qui vivaient au fond des bois

 

 

Aux origines

Au commencement du ciel

peut-être une larme...

 

 

Alignement

Le regard, le cœur et la main parfaitement indissociables. Et lorsqu'ils parviennent à s'aligner, on peut y voir le signe d'une certaine grâce et la preuve aussi, peut-être, d'un long et âpre apprentissage.

 

 

Angle parfait

Au fond de ce recoin du monde

A même l'immensité ; déjà

 

 

Ce qu'est, peut-être, la sagesse...

Dans les premières années de son existence, on apprend et on se construit. Puis on passe le reste de sa vie à désapprendre et à (se) déconstruire. Au terme de cet apprentissage (si tant est qu'il puisse s'achever), notre vie, nos gestes et nos paroles deviennent simples, justes et naturels. Peut-être est-ce cela la sagesse ?

 

 

Jacques Lacarrière

« A présent, je voyage pour désapprendre. Me déprendre de moi. Non plus être gravide mais me remplir de vide. »

 

 

Joie influente

Si bleu que tout s'égaye

Jusqu'au sommeil

Jusqu'aux plus obscurs replis

Jusqu'à la tristesse d'être au monde

 

 

Comme si on ne le savait pas...

C'est la prégnance de la mort qui, à la fois, nous terrifie et nous fait ressentir et comprendre le caractère précieux de l'existence.

 

 

Ce que nous sommes

Rien qu'un peu de chair et d'âme

Pas grand-chose en vérité

 

 

Pleine foulée

Lors de mes promenades journalières, je me moque bien du lieu où me mènent mes pas. Je savoure chaque foulée comme si elle portait en elle l'essence de la marche, du voyage et du monde. Et je suis tout entier en elle.

 

 

Une halte heureuse

Longue pause au milieu des pins et des chênes. Et cette joie incroyable d'être parmi eux...

 

 

Envergure brumeuse

Si près du bleu et des nuages ; notre vie

Entre inconsistance et immensité

 

 

Beauté

Le ciel baigné de lumière

Sur l'horizon du temps

La main posée sur la pierre blanche

Des éclats de monde plein la poitrine

Et les yeux emplis de larmes

 

 

Un peu au-dessus

Le cœur échappé de sa cage, se moquant du monde, des hommes et du temps. Contemplant le ciel et la course lente des nuages.

 

 

Tout est incroyable

Le plus infime brin d'herbe est une merveille ; un condensé d'énergie, de beauté, d'intelligence et d'ingéniosité. Le vivant à l’œuvre...

 

 

Encore plus haut

A la manière du soleil et de l'oiseau

Le regard sur le monde

 

 

Dans l'émouvante intimité des choses

Que se passe-t-il lorsque l'on devient sensible à l'autre – à un être humain, à une bête, à un arbre, à une fleur, à une pierre... ? On voit sa force et sa beauté. Et on comprend qu'il a fait de son mieux pour en arriver là et que tout a concouru pour qu'il soit tel qu'il est. Et, peu à peu, on entre dans son intimité. On devient familier. Et c'est bouleversant !

 

 

Un autre monde

Le cœur submergé par le silence de la forêt

Le sang si près de la sève et du ciel

 

 

Ce que je m'efforce de faire

Écrire ce que veut dire être au monde...

 

 

Ni l'un ni l'autre

Entre chimère et vérité

Ce que nous sommes

Ce que nous faisons

Ce que nous disons

 

 

Une heureuse proximité

Dans l'émouvante intimité des êtres et des choses, on n'est jamais seul. Partout il y a des frères à aimer...

 

 

Émerveillement

Cet après-midi, en descendant par la piste escarpée d'une colline, j'ai croisé le chemin d'un papillon d'un bleu si beau et si profond que je me suis arrêté quelques instants pour le regarder ; puis j'ai repris ma route le cœur émerveillé par la beauté du monde.

 

 

Sicut palea

J'adore cette formule latine qui aurait été, dit-on, la réponse de Thomas d'Aquin lorsqu'on lui a demandé ce qu'il pensait de sa « Somme théologique », un ouvrage dix fois plus volumineux que la bible : rien qu'un peu de paille. Voilà sans doute ce que l'on devrait penser de tout ce que nous avons réalisé au cours de cette vie...

 

 

Témoignage

Là où la lumière fait défaut

L'âme brumeuse

Et sous ce halo de faible intensité

Le récit de notre traversée

 

 

Un drôle de travail

Parcourir le monde (inutile d'aller bien loin ! La forêt d'à côté fait très bien l'affaire !) et noter ce qui nous traverse sur notre petit carnet, quel merveilleux métier ! Et je crains que je ne sache rien faire d'autre...

 

 

Périple

L'âme voyageuse

Si peu certaine de son ascendance

cherchant de lieu en lieu

son origine et sa place dans le royaume

 

 

Pourquoi écrivez-vous ?

A la question : « pourquoi écrivez-vous ? » Samuel Beckett, un jour, a répondu un peu laconiquement : « bon qu'à ça ». Moi, je ne suis pas même « bon à ça » mais quelque chose m'y exhorte inlassablement...

 

 

Mercredi 2 juillet

 

Mon travail

Ressentir le merveilleux de ce monde en dépit des malheurs et des tragédies. Et en témoigner.

 

 

Plus loin

Au-delà du regard

 

 

John Muir

« Et dans la forêt je pars, pour perdre mon esprit et retrouver mon âme. »

 

 

Encore une évidence

Notre vie et notre labeur en ce monde sont infimes mais ce sont les nôtres...

 

 

Instant

Devenir ? Quelle foutaise ! Comme si le temps existait...

 

 

Silence exigeant

Se taire (très) scrupuleusement

 

 

L'âme innocente

Le cœur si étranger à la ruse et au mensonge, à l'imposture et aux manigances...

 

 

A faire dans l'ordre

D'abord, être, vivre, ressentir, aimer et contempler. Puis, s'il a lieu, en témoigner.

 

 

Individualité

Si singulièrement vivant

 

 

Témoignage

Dire comment la vie nous traverse et nous transforme.

 

 

Une compagnie précieuse

Ce petit carnet. L'ami des heures tranquilles. Le compagnon de route de ma joyeuse solitude.

 

 

Le plus grand des arts

Être est le plus grand des arts. Et qui que nous soyons, quoi que nous fassions, la plus belle œuvre est ce que nous sommes...

 

 

Encore et encore...

Mille gestes quotidiens

chaque jour répétés

comme si tout recommençait

comme si rien ne pouvait finir

 

 

Humilité et transcendance

S'incliner profondément devant soi, devant l'autre, devant le monde et les circonstances, voilà l'un des nombreux chemins qui nous est proposé pour entrer en contact avec « ce plus grand qui nous habite »...

 

 

Pauvre en esprit

Le cœur simple – si simple

 

Tout est provisoire

Rien jamais n'est définitif. Tout n'est qu'étape et transition, passage et entre-deux. Et au-delà de la durée, instant après instant. Comme si le regard et le monde ne cessaient de se recréer...

 

 

Se taire

Comme si le silence suffisait...

 

 

Ce que nous sommes

Ouverts, poreux, fragiles, sensibles, autrement dit vivants. Exactement ce que nous sommes lorsque nous nous laissons traverser par ce qui s'offre, lorsque nous consentons à nous laisser bousculer et altérer par l'autre, le monde et les circonstances...

 

 

Présence nocturne

Sous la lune ronde

L'âme attendrie

Une larme qui coule

sur notre joue

Et un sourire qui se dessine

sur nos lèvres tremblantes

à la vue de ce visage immense

 

 

Jeudi 3 juillet

 

Solitude

Ce long voyage qu'il nous faut accomplir seul. L'essentiel de la route sans doute...

 

 

Ferveur

Autant de passion dans le sang

Et cette ardeur de l'âme à persévérer dans sa tâche

 

 

Hélène Dorion

« Je marche

entre mes ombres et ma quête de joie.

J'attends un geste de lumière

posé sur l'énigme fragile »

 

 

Triste disparition

Les yeux rougis par les larmes, l'âme qui vacille et le cœur inconsolable à la mort de ceux que l'on a aimés...

 

 

Sans espoir

Un jour vient le temps où l'on n'espère plus rien du monde...

 

 

Un étrange enchâssement

Au fond de l'âme, la douleur d'être né ; et plus profond encore, la joie d'être ; que les circonstances mélangent parfois jusqu'à l'étourdissement...

 

 

Encore une évidence

Il y a mille manières de traverser un chagrin...

 

 

Nourriture

Affamé de ciel et de mots

 

 

Umwelt

Il y a mille manières de vivre, mille manières d'être au monde... et mille manières de le percevoir. Le fameux Umwelt de Von Uexküll et Sebeok...

 

 

Teinte

De la couleur du cœur – le voyage

 

 

Sacerdoce

Est-ce que vivre est un travail ? Et si c'était la seule vocation possible...

 

 

Avec légèreté

Aller

comme le jour

comme le rêve

par-dessus le monde et les larmes

 

 

Manger et dormir seulement

Je me souviens d'une maxime bouddhiste qui nous conseille de vivre comme une vieille vache. De nous occuper seulement de manger et de dormir car, précise-t-elle, le reste ne nous regarde pas...

 

 

Est-ce donc cela être humain ?

Existant à peine

Sous le joug de l'inquiétude

Trop d'interrogations en tête

Et le sens qui fait défaut

 

 

Un présent symbolique

Hier j'ai profité d'une visite chez le garagiste (suite à un problème mécanique survenu il y a quelques jours) pour me promener dans les rues piétonnes de S. Et, devant une petite échoppe artisanale, un très beau pendentif m'a tapé dans l’œil : une howlite ronde bleu turquoise sertie d'argent sur laquelle est taillé un arbre de vie. Et, au revers du médaillon, les marbrures de la pierre ressemblent approximativement aux continents qui se détachent de ce bleu magnifique. On dirait la projection en quinconce de Peirce... Je me suis empressé de le mettre à mon cou. Et en sentant l'arbre et la terre sur ma poitrine, je me suis dit que c'était un beau symbole pour celui qui aime si passionnément les forêts et notre bonne vieille Gaïa...

 

 

Au fil du chemin

Voilà bientôt 7 ans que je passe l'essentiel de mon temps en forêt, dans cette roulotte que je pose ici et là au gré des routes et des chemins, au gré des envies et des possibilités.

 

 

A l'écoute

Épris de silence et d'obéissance

 

 

Le lieu que nous habitons nous ressemble

Au fil des années, j'ai peu à peu aménagé ma roulotte à mon goût ; canapé, coin salon, bibliothèque, tableaux, des citations accrochées au mur etc etc. Non seulement je m'y sens à mon aise mais plus le temps passe, plus j'ai l'impression qu'elle et moi nous nous ressemblons. Très quelconques vus de l'extérieur, petits et compacts mais assez intelligemment aménagés et plutôt spacieux à l'intérieur...

 

 

Une large palette

A tout instant. Dire – pouvoir dire. Et cette joie de partager l'infime et le dérisoire autant que l'essentiel et l'infini...

 

 

Vers le plus intime

A la distance qui favorise la fraternité...

 

 

L'intime et l'universel

Ces pages pourraient avoir l'air indécentes ; cette façon d'étaler sa vie et son intériorité et d'expliquer par le menu les mille petites choses de mon quotidien. Mais derrière ce qui semble personnel, n'y a-t-il pas l'intime qui, lui, recèle l'universel, autrement dit qui expose ce que nous sommes et ce que nous avons en commun ? Au diable donc la pudeur !

 

 

Christiane Singer

« J'ai toujours partagé tout ce que je vivais ; toute mon œuvre, toute mon écriture, était un partage de mon expérience de vie. »

 

 

Écrire

Face à la feuille blanche

Comme une promesse d'Absolu

Une rencontre

Peut-être un peu de poésie

Et, au pire, quelques mots griffonnés

pour échapper au néant

 

 

Protection

Enroulé(s) dans le temps comme pour échapper à l'insoutenable pesanteur du vide...

 

 

Incertitude

Je crois que j'écris comme je vis – sans savoir où je vais...

 

 

De l'autre côté

A l'autre extrémité de l'âme

Là où la caresse remplace le désir et la nécessité

 

 

Mimétisme

Je crois que j'écris comme l'arbre pousse. Dans toutes les directions à la fois...

 

 

Sans attente

Ne plus rien attendre du monde, des autres, de la vie, c'est (enfin) consentir à vivre, à se donner pleinement à ce qu'offre l'instant.

 

 

Insanité

Le monde affairé

Dans l'atelier des délires

Quelque chose comme une glissade

sur une pente savonneuse

Quelque chose comme une flammèche

devant un baril de poudre

 

 

Vie ardente

Si furieusement vivant

 

 

Ce qui nous pousse...

A l'ombre du cœur

A l'ombre du voyage

Toutes nos tentatives

Et tous nos élans

 

 

Le corps et l'esprit

Des médicaments pour réguler l'activité psychique et d'autres pour faire baisser la tension artérielle. Le corps et l'esprit tendus et anxieux ; c'est peu dire... Et, pourtant, l'âme est relativement sereine lorsque je vis à l'écart des hommes...

 

 

Le cœur généreux

Ce qui s'écrit

Sans doute le plus précieux (que « l'on possède »)

Ce qui s'offre sans presque rien en échange

sinon la joie du partage

sinon la joie de léguer (un peu) de son expérience

 

 

Instant de quiétude

Une lune immense à travers la fenêtre de la roulotte. Au cœur d'une large clairière. Au milieu des herbes hautes. L'âme silencieuse. Le cœur en paix et le corps en joie.

 

 

Bonchô

« Compagne du grand vent

une lune solitaire

roule dans le ciel »

 

 

Trésor royal

Riches (si riches) de ce qui nous habite. Comblés comme des rois...

 

 

Fourvoiement ?

Dire ce qui ne peut être dit

Donner à voir ce qui ne peut être vu

Partager ce qui ne peut l'être

Donner vie à cette impossible utopie

Et s'il nous fallait plutôt aimer

avant de disparaître...

 

 

Indifférents au miracle

Le corps est une merveille d'ingéniosité qui ne cesse de se perfectionner depuis des millions d'années. Nous en avons la preuve à chaque instant. Et, en général, nous n'avons pour lui pas l'once d'une gratitude...

 

 

Ouvertures

En ce lieu où il y a tant de fenêtres sur le mystère...

 

 

Une allure humaine

Aller au rythme du pas. Dans un voyage à notre mesure.

 

 

Fonctions

Accompagner ceux qui jouent

Réconforter ceux qui pleurent

Et secouer (un peu) ceux qui sont endormis

 

 

Ambivalence

Le cœur sain ou malade qu'importe ! Toujours porteur de son propre poison et de sa propre guérison...

 

 

Solitude

Aux marges du monde

Dans la chambre de la forêt

Le cœur libéré du nombre

A genoux sur le bleu ; déjà

 

 

Vendredi 4 juillet

 

Petit bréviaire à l'usage de l'homme

Considérer les êtres, les choses et les événements – toutes les sources potentielles de désagrément – comme faisant partie intégrante de soi permet de les supporter bien plus facilement...

 

 

A la lisière géographique

Au loin

De l'autre côté de la frontière

Nous avons déposé notre âme et nos bagages

Et, à présent, nous attendons

 

 

Paradoxe

Rien à dire aujourd'hui. Et je ne sais quelle force me pousse à prendre la plume pour l'écrire...

 

 

Désagréments

Ce qui nous accable

Cette proximité du monde

Ce que sont les hommes

Leur manière de vivre insensée

Le triomphe partout de la bêtise et des malheurs

 

 

Des infinies possibilités

Et si être vivant n'était qu'une modalité d'existence parmi mille autres. Parmi dix-mille autres peut-être...

 

 

Gesticulations

Devant moi, une araignée immobile au centre de sa toile ; parfaitement impassible. Presque autant que les herbes et les arbres qui l'environnent. Et je pense aussitôt aux bêtes qui s'animent (les animaux) pour se nourrir, se reproduire, fuir, jouer ou construire « leur foyer ». Et je songe à l'homme, cet étrange animal, qui passe une grande partie de son existence à gesticuler comme s'il ne pouvait vivre sans avoir l'esprit et/ou les mains occupé(es). Incapable sans doute de faire face au vide, à l'ennui et à l'angoisse de sa finitude...

 

 

A la lisière invisible

Aux confins du dicible

Juste avant le silence

Aux dernières limites de la parole – peut-être...

 

 

Flânerie

Le carnet en poche. A musarder sur les chemins. M'arrêtant de manière régulière pour observer une plante, un insecte, une pierre, le ciel ou un nuage, la forme particulière d'un arbre ou une topographie intéressante ou noter quelques pensées.

 

Cette manière d'être au monde en flânant, observant, contemplant, méditant, écrivant m'est si naturelle que je crois que je ne saurais vivre autrement. Et m'en priver serait une véritable torture...

 

Déambuler ainsi au cœur des collines donne à la marche un caractère savoureux et jubilatoire.

 

 

Observer et s'observer

Être l'entomologiste attentif, rigoureux et un peu rêveur de ce monde. Et ne jamais craindre d'être l'objet de ses propres observations...