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LES CARNETS METAPHYSIQUES & SPIRITUELS

A PROPOS

La quête de sens
Le passage vers l’impersonnel
L’exploration de l’être

L’intégration à la présence


 

CARNETS PUBLIES

L'expérience du monde 
Récit (1997-1999)

Solitudes 
Récit (2001)

Le petit chercheur Livre 1  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 2  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 3  
Conte (2004)

Quêteur de sens  
Essai anthologique (2005)

Traversée commune  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 1  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 2  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 3  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 4  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 5  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 6  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 7  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 8  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 9  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 10  
Livre expérimental (2007)

Tourbillon(s) 
Journal & récit (2008-2013)

Le goût d'autre chose 
Journal (2013-2016)

Un homme simple et sage 
Récit (2014)

Une âme sensible Vol 1  
Journal (2016-2019)

Une âme sensible Vol 2 
Journal (2016-2019)

Entre le rêve, le monde... Vol 1  
Journal (2019-2020)

Entre le rêve, le monde... Vol 2  
Journal (2019-2020)

Quelque chose du sang...  
Journal (2020-2021)

En plein cœur Vol 1 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 2 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 3 
Journal (2021-2022)

Si près de nos lèvres... Vol 1 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 2 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 3 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 4 
Journal (2022-2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 1 
Récit (2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 2  
Récit (2023)

Une destinée sans certitude Vol 1 
Journal (2023-2024)

Une destinée sans certitude Vol 2 
Journal (2023-2024)

Entre Dieu et la pierre Vol 1
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 2
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 3
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 4
Journal (2024-2025)

Quelques jours... Vol 1  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 2  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 3  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 4  
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 1
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 2
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 2 partie 1
Journal (2025-2026)

En son for intérieur Vol 2 partie 2
Journal (2025-2026)

 

CARNETS BRUTS

Carnet n°1
L’innocence bafouée

Récit / 1997 / La quête de sens

Carnet n°2
Le naïf

Fiction / 1998 / La quête de sens

Carnet n°3
Une traversée du monde

Journal / 1999 / La quête de sens

Carnet n°4
Le marionnettiste

Fiction / 2000 / La quête de sens

Carnet n°5
Un Robinson moderne

Récit / 2001 / La quête de sens

Carnet n°6
Une chienne de vie

Fiction jeunesse / 2002/ Hors catégorie

Carnet n°7
Pensées vagabondes

Recueil / 2003 / La quête de sens

Carnet n°8
Le voyage clandestin

Récit jeunesse / 2004 / Hors catégorie

Carnet n°9
Le petit chercheur Livre 1

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°10
Le petit chercheur Livre 2

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°11 
Le petit chercheur Livre 3

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°12
Autoportrait aux visages

Récit / 2005 / La quête de sens

Carnet n°13
Quêteur de sens

Recueil / 2005 / La quête de sens

Carnet n°14
Enchaînements

Récit / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°15
Regards croisés

Pensées et photographies / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°16
Traversée commune Intro

Livre expérimental / 2007 / La quête de sens

Carnet n°17
Traversée commune Livre 1

Récit / 2007 / La quête de sens

Carnet n°18
Traversée commune Livre 2

Fiction / 2007/ La quête de sens

Carnet n°19
Traversée commune Livre 3

Récit & fiction / 2007 / La quête de sens

Carnet n°20
Traversée commune Livre 4

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°21
Traversée commune Livre 5

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°22
Traversée commune Livre 6

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°23
Traversée commune Livre 7

Poésie / 2007 / La quête de sens

Carnet n°24
Traversée commune Livre 8

Pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°25
Traversée commune Livre 9

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°26
Traversée commune Livre 10

Guides & synthèse / 2007 / La quête de sens

Carnet n°27
Au seuil de la mi-saison

Journal / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°28
L'Homme-pagaille

Récit / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°29
Saisons souterraines

Journal poétique / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°30
Au terme de l'exil provisoire

Journal / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°31
Fouille hagarde

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°32
A la croisée des nuits

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°33
Les ailes du monde si lourdes

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°34
Pilori

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°35
Ecorce blanche

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°36
Ascèse du vide

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°37
Journal de rupture

Journal / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°38
Elle et moi – poésies pour elle

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°39
Préliminaires et prémices

Journal / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°40
Sous la cognée du vent

Journal poétique / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°41
Empreintes – corps écrits

Poésie et peintures / 2010 / Hors catégorie

Carnet n°42
Entre la lumière

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°43
Au seuil de l'azur

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°44
Une parole brute

Journal poétique / 2012 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°45
Chemin(s)

Recueil / 2013 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°46
L'être et le rien

Journal / 2013 / L’exploration de l’être

Carnet n°47
Simplement

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°48
Notes du haut et du bas

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°49
Un homme simple et sage

Récit / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°50
Quelques mots

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°51
Journal fragmenté

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°52
Réflexions et confidences

Journal / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°53
Le grand saladier

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°54
Ô mon âme

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°55
Le ciel nu

Recueil / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°56
L'infini en soi 

Recueil / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°57
L'office naturel

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°58
Le nuage, l’arbre et le silence

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°59
Entre nous

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°60
La conscience et l'Existant

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°61
La conscience et l'Existant Intro

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°62
La conscience et l'Existant 1 à 5

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°63
La conscience et l'Existant 6

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°64
La conscience et l'Existant 6 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°65
La conscience et l'Existant 6 (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°66
La conscience et l'Existant 7

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°67
La conscience et l'Existant 7 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°68
La conscience et l'Existant 8 et 9

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°69
La conscience et l'Existant (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°70
Notes sensibles

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°71
Notes du ciel et de la terre

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°72
Fulminations et anecdotes...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°73
L'azur et l'horizon

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°74
Paroles pour soi

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°75
Pensées sur soi, le regard...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°76
Hommes, anges et démons

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°77
La sente étroite...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°78
Le fou des collines...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°79
Intimités et réflexions...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°80
Le gris de l'âme derrière la joie

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°81
Pensées et réflexions pour soi

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°82
La peur du silence

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°83
Des bruits aux oreilles sages

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°84
Un timide retour au monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°85
Passagers du monde...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°86
Au plus proche du silence

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°87
Être en ce monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°88
L'homme-regard

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°89
Passant éphémère

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°90
Sur le chemin des jours

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°91
Dans le sillon des feuilles mortes

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°92
La joie et la lumière

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°93
Inclinaisons et épanchements...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°94
Bribes de portrait(s)...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°95
Petites choses

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°96
La lumière, l’infini, le silence...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°97
Penchants et résidus naturels...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°98
La poésie, la joie, la tristesse...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°99
Le soleil se moque bien...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°100
Si proche du paradis

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°101
Il n’y a de hasardeux chemin

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°102
La fragilité des fleurs

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°103
Visage(s)

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°104
Le monde, le poète et l’animal

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°105
Petit état des lieux de l’être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°106
Lumière, visages et tressaillements

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°107
La lumière encore...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°108
Sur la terre, le soleil déjà

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°109
Et la parole, aussi, est douce...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°110
Une parole, un silence...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°111
Le silence, la parole...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°112
Une vérité, un songe peut-être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°113
Silence et causeries

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°114
Un peu de vie, un peu de monde...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°115
Encore un peu de désespérance

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°116
La tâche du monde, du sage...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°117
Dire ce que nous sommes...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°118
Ce que nous sommes – encore...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°119
Entre les étoiles et la lumière

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°120
Joies et tristesses verticales

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°121
Du bruit, des âmes et du silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°122
Encore un peu de tout...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°123
L’amour et les ténèbres

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°124
Le feu, la cendre et l’infortune

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°125
Le tragique des jours et le silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°126
Mille fois déjà peut-être...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°127
L’âme, les pierres, la chair...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°128
De l’or dans la boue

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°129
Quelques jours et l’éternité

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°130
Vivant comme si...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°131
La tristesse et la mort

Récit / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°132
Ce feu au fond de l’âme

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°133
Visage(s) commun(s)

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°134
Au bord de l'impersonnel

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°135
Aux portes de la nuit et du silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°136
Entre le rêve et l'absence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°137
Nous autres, hier et aujourd'hui

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°138
Parenthèse, le temps d'un retour...

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°139 
Au loin, je vois les hommes...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°140
L'étrange labeur de l'âme

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°141
Aux fenêtres de l'âme

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°142
L'âme du monde

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°143
Le temps, le monde, le silence...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°144
Obstination(s)

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°145
L'âme, la prière et le silence

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°146
Envolées

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°147
Au fond

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°148
Le réel et l'éphémère

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°149
Destin et illusion

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°150
L'époque, les siècles et l'atemporel

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°151
En somme...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°152
Passage(s)

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°153
Ici, ailleurs, partout

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°154
A quoi bon...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°155
Ce qui demeure dans le pas

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°156
L'autre vie, en nous, si fragile

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°157
La beauté, le silence, le plus simple...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°158
Et, aujourd'hui, tout revient encore...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°159
Tout - de l'autre côté

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°160
Au milieu du monde...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°161
Sourire en silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°162
Nous et les autres - encore

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°163
L'illusion, l'invisible et l'infranchissable

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°164
Le monde et le poète - peut-être...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°165
Rejoindre

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°166
A regarder le monde

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°167
Alternance et continuité

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°168
Fragments ordinaires

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°169
Reliquats et éclaboussures

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°170
Sur le plus lointain versant...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°171
Au-dehors comme au-dedans

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°172
Matière d'éveil - matière du monde

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°173
Lignes de démarcation

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°174
Jeux d'incomplétude

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°175
Exprimer l'impossible

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°176
De larmes, d'enfance et de fleurs

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°177
Coeur blessé, coeur ouvert, coeur vivant

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°178
Cercles superposés

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°179
Tournants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°180
Le jeu des Dieux et des vivants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°181
Routes, élans et pénétrations

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°182
Elans et miracle

Journal poétique / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°183
D'un temps à l'autre

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°184
Quelque part au-dessus du néant...

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°185
Toujours - quelque chose du monde

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°186
Aube et horizon

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°187
L'épaisseur de la trame

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°188
Dans le même creuset

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°189
Notes journalières

Carnet n°190
Notes de la vacuité

Carnet n°191
Notes journalières

Carnet n°192
Notes de la vacuité

Carnet n°193
Notes journalières

Carnet n°194
Notes de la vacuité

Carnet n°195
Notes journalières

Carnet n°196
Notes de la vacuité

Carnet n°197
Notes journalières

Carnet n°198
Notes de la vacuité

Carnet n°199
Notes journalières

Carnet n°200
Notes de la vacuité

Carnet n°201
Notes journalières

Carnet n°202
Notes de la route

Carnet n°203
Notes journalières

Carnet n°204
Notes de voyage

Carnet n°205
Notes journalières

Carnet n°206
Notes du monde

Carnet n°207
Notes journalières

Carnet n°208
Notes sans titre

Carnet n°209
Notes journalières

Carnet n°210
Notes sans titre

Carnet n°211
Notes journalières

Carnet n°212
Notes sans titre

Carnet n°213
Notes journalières

Carnet n°214
Notes sans titre

Carnet n°215
Notes journalières

Carnet n°216
Notes sans titre

Carnet n°217
Notes journalières

Carnet n°218
Notes sans titre

Carnet n°219
Notes journalières

Carnet n°220
Notes sans titre

Carnet n°221
Notes journalières

Carnet n°222
Notes sans titre

Carnet n°223
Notes journalières

Carnet n°224
Notes sans titre

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Le cœur engagé dans l'aventure

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Ce qui veille au fond de l'âme

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Dans l'écume du mystère

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Vers l'indéchiffrable

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Dans l'épaisseur du réel

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Des choses et d'autres

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Epigraphes associées aux carnets

© Les carnets métaphysiques & spirituels

SI PRES DE NOS LEVRES, LE SILENCE (VOLUME 4)

EXTRAITS DU JOURNAL DE L'AUTEUR (2022-2023)

 

La tête à genoux ; comme suspendue au secret

Si près du lieu où naissent les vents et les étoiles

 

 

Dans la proximité du mystère

 

 

Auprès des âmes qui ont revêtu leur costume de chair et de poils

En ces lieux de piteuses apparences ; là où le cœur doit apprendre à s'égayer au milieu des malheurs

 

 

Dieu murmurant son secret à l'oreille des plus humbles pour les guider jusqu'à la lumière et entraîner leur danse vers une joie sans orgueil

 

 

Le cœur tranchant comme la pierre ; à se frotter contre la rocaille et la sécheresse des âmes...

 

 

Au milieu des souffles de la terre

Dans le labyrinthe du monde et de l'esprit

 

 

Le cœur de l'homme – si insensible à la beauté du monde ; si étranger aux forces sous-jacentes et aux lois qui régissent les lieux où il a cru bâtir son royaume

 

 

Le silence sous l'horreur et les ornements

 

 

Sous le règne de la fièvre et du front ; la sagesse – pourtant – dissimulée au fond du sommeil

 

 

Du lieu le plus haut vers le plus intime

 

 

Du secret vers le plus simple

 

Partout à son aise – jusque dans les plus obscurs recoins

 

Comme la lumière sur son territoire

 

Célébrant le vent qui ébranle le sommeil et les certitudes ; les chimères et les hantises ; toutes les mainmises du dehors et du dedans

 

 

A la profondeur et à l'altitude recommandées par la qualité de notre présence

 

 

Assis face à l'étendue

Dans le cercle

Hors de la cage

A même le ciel ; (très) spontanément

 

 

A notre place ; dans les herbes hautes ; au milieu des têtes à cornes ; au cœur de notre fratrie

 

 

Sur un chemin (de plus en plus) silencieux où les âmes se ressemblent – se confondent – forment d'étranges alliances – se mettent au service du mystère – de la beauté – de la lumière

 

 

Au son des flûtes invisibles ; les danses d'hier et d'aujourd'hui ; les danses de toujours – auxquelles nul ne peut échapper...

 

 

La tête toujours emplie d'espoir et de science ; encore si loin du ciel – de la poésie – de l'innocence

 

 

L'âme si étrangère au monde

Saluant ce qui passe

Sous le soleil

Souriant

Au milieu des Autres

 

 

Mille chemins ; mille regards – qui se croisent ; des cœurs et des peaux qui se frôlent – à peine

 

 

A la saison inaugurale

Loin des anabases chimériques – inventées

Incorruptiblement ; la puissance et le rayonnement

Sans (jamais) présumer des possibilités de l'esprit

Ce qui monte ; ce qui s'élève en silence – si secrètement

 

 

Quoi d'autre dans ses bagages que le regard et l'humilité ; nés de l'impossibilité et de la capitulation de l'homme...

 

 

Dans le prolongement de la loi inaugurale

L'âme honnête et le cœur vaillant ; quels que soient les attraits – les scintillements – les invitations...

 

 

Au cœur d'un réel sans alternative

 

 

La soif étanchée par le ciel et la poussière

 

 

Enroulé autour de l'âme et mélangé à l'argile

 

Autre chose que le sang

 

L'invisible

 

Et le cœur marqué de ce sceau – sans s'inquiéter de la malice des hommes – ni du vent – ni des chimères – ni du temps qui passe...

 

 

L'infini et l'éternité au cœur de ce qui passe

 

 

A s'imaginer l'égal des Dieux ; et oubliant que notre ventre est rempli d'air et d'excréments

 

 

Le cœur derrière ses barreaux de chair ; et l'esprit derrière ses grilles d'images et de mots

A vivre, chaque jour, entre le ciel et les malheurs

 

 

Au cœur de l'invisible

En dépit du monde

Au milieu des vents

En dépit des visages

 

 

Au dernier degré de l'innocence ; la neige

 

 

Loin des esprits fats et des cœurs empesés

 

 

Le cœur tendre qui applaudit la parole vraie – les bras ouverts et les gestes qui cajolent

 

 

Hors du cercle

A l'ombre du silence

Dans l'insécurité du refuge

 

 

La tête inclinée dans la pénombre commune

 

 

A travers ce qui peine et résiste

 

 

Le cœur s'offrant (d'un même élan) au ciel et à la poussière ; sans rêve – sans exigence

 

 

Moins à dire qu'à comprendre

 

 

Dans le silence et la grâce ; quelque chose du vent et des étoiles

 

 

Poussière vagabonde – poussière changeante

Sous le règne du ciel – du silence – de la mort

 

 

A revenir (encore et encore) pour embrasser ce qui peuple le monde

Au fil des saisons – au fil des âges de l'homme – des âges de la pierre – des âges cosmiques

Le visage penché sur ce qui souffre ; sur ce qui gémit ; sur ce qui appelle (et réclame)

Comme pour offrir aux Autres – au reste – ce qui leur est dû

 

 

A traverser l'existence comme l'oiseau parcourt le ciel ; sans laisser la moindre trace

 

 

Sur la pierre

A la manière des fleurs

Comme sur un trône de papier

 

 

Indifférent à toute mainmise et à toute autorité

 

 

A vivre sous le même soleil que les sages et les fous

Le coin de l’œil plutôt philosophe

 

 

A contempler les luttes et les concertations ; et découvrant, peu à peu, la source de la tendresse et la couleur des yeux aveugles

 

 

Soudain ; l'invisible au lieu de la cécité

 

 

La même poussière qu'autrefois mais délivrée du mensonge – de l'illusion – de la tristesse

 

 

Aux marges du monde ; cette solitude – peuplée – amoureuse – aimante – (très) joyeuse

 

 

Loin des foules hystériques et des histoires qui ravissent les hommes

 

 

Au-delà des mythes – des fables et des rêves

Le regard attentif à ce qui est devant soi

 

 

Ce rien de lumière offert par les gestes

Et cette joie dans le sillon des pas

 

 

La parole enfouie au fond du silence ; et qui émerge – peu à peu – à travers l'âme qui se révèle – la main qui s'anime – le feutre qui danse

 

 

Sous l'écorce des jours ; comme un soleil – un royaume – un univers

 

 

L'alphabet du réel plutôt que la conjugaison des rêves

 

 

A l'ombre du Seul...

 

 

A essayer de hisser le rire au-dessus des pierres et des peines

 

 

A vivre quelque chose que nul ne saurait expliquer

Au cœur même du mystère

 

 

A hauteur de l'infime

 

 

A l'écart des hommes et des Dieux

 

 

Parallèle aux sentes communes

Sur la route (déconcertante) des incertitudes

 

 

Ce qui respire ; dans les interstices creusés par la lumière

 

 

Un chemin sans hasard

Une chose à la fois...

 

 

La figure bleue

Qu'importe les ombres

Qu'importe le temps

 

 

Dans le prolongement de ce qui ne peut connaître l'épuisement

 

 

Les seuls bras tendus ; ceux qui pendent le long de nos flancs...

 

 

Au cœur de la blessure et de l'hiver

Dans la douleur et le froid

A endurer notre peine de pénitent

 

 

Le cœur solitaire sur la pierraille

 

 

A regarder par-dessus la confusion

 

 

Un chemin de pierre ; tantôt vers le rire – tantôt vers le pire

 

 

L'allégresse en dépit des figures grises

 

 

Pauvres mortels qui s'inquiètent et se querellent ; affolés – aveuglés – par le peu de jours qu'il leur reste

 

 

Le ciel silencieux au-dessus des cris de ceux qui rêvent d'échapper à la mort

 

 

Le partage qui se réalise

A travers une main apparemment inique

Dans l'exactitude du geste

et de la proportion – pourtant

Parfois rêve – parfois trésor – parfois papillon

Qu'importe ce que le destin dessine

Le ciel sans reproche (ni défaillance)

 

 

Le doigt pointé vers l'infini

Et les pieds pris dans les jeux du monde

 

 

Avant l'écriture

Avant même la parole

Quelque chose du ciel et de la pierre

 

 

Le visage rageur devant le monde

Le visage ravi devant le miroir

L’œil incontestablement fermé

 

 

Dans le sillage mystérieux de la lumière

 

 

Au milieu des arbres

Le front à hauteur d'humus

La peau couverte de fleurs sauvages

 

 

Le monde sous le regard (tantôt amusé – tantôt compatissant) de ceux qui ont fait un pas de côté

 

 

Loin des lois du père ; des rêves ; des guerres picrocholines ; de l'esprit labyrinthique ; de tout ce sable transformé en édifice

 

 

Dans un monde régi par les lois iniques – absurdes et ridicules des hommes

 

 

En des lieux où Dieu et le silence – la lumière et la vérité sont des choses parmi d'autres...

 

 

L'existence ; quelque chose de la farce et de la tragédie ; infiniment théâtrale

 

 

Sous le règne du dérisoire et du bavardage

 

 

Sans importance ; le monde ; au regard des rêves et des illusions

 

 

L'histoire du monde façonnée par ceux qui se pensent seigneurs et maîtres sans savoir qu'ils sont les instruments d'une main qui les utilise à des fins qu'ils ignorent (encore)

 

 

L'âme si proche du ciel ; dans cet écart infime qui la sépare du reste

 

 

L'éternité hissée au-dessus (bien au-dessus) des hommes et du temps

Et la tête (très légèrement) penchée sur l'éphémère

 

 

Le cœur en chemin ; comme une danse (involontaire) autour du silence et de la joie

 

 

Une existence naturelle et discrète ; ce qui, ici-bas, semble si peu désiré...

 

 

Le bleu qui recouvre les yeux – qui plonge dans le regard – qui colore l'âme – les mains – la peau ; qui cherche à détrôner l'or et le rêve ; toutes les lois du monde

 

De plus en plus visible ; à mesure que se dessine – et s'approfondit – ce sourire ; sur notre visage

 

 

Ce qui s'impose de manière manifeste ; la couleur de l'inaltérable

 

 

Et de l'âme – qui donc s'en soucie ; qui donc s'en souvient...

 

 

Dans les bras de la tendresse ; assurément...

 

 

La fraternité discrète ; manière, peut-être, de se hisser (sans volonté – sans orgueil) à la hauteur qui convient ; là où le ciel et les chants s'intensifient ; là où le silence et la pierre dansent ensemble

 

 

Si proche de nos lèvres ; l'invisible

 

 

Heureux de ces pages qui échappent au règne de la séduction et de la discorde

 

 

L'air que l'on fredonne ; et qui accompagne le chant des arbres au crépuscule ; lorsque les bruits des hommes se sont dissipés

 

 

L'apprentissage (parfois difficile) de la tendresse au milieu de la bêtise et de l'animosité de ceux qui oppriment et asservissent ; de ceux qui exploitent et assassinent...

 

 

A suivre (docilement) le cours des choses ; le rythme naturel des astres et du monde

 

 

Un bout de terre à l'écart des hommes où l'on peut (enfin) expérimenter le silence et la joie

 

 

A nous abandonner au bleu de toujours ; et à vivre – comme les bêtes – l'ardeur et l'intuition chevillées au corps

 

 

Sur la pierre

Sur la branche

Sous les poils et les plumes

Le cœur chantant

 

 

Partout le règne du dérisoire

Des histoires sans importance

[malgré d'émouvantes trémulations dans la voix]

 

 

Le ciel et l'innocence – piétinés à coups d'intentions – à coups de prières et de paradis mensongers

 

 

La terre piégée par le délire des hommes ; si peu soucieux des répercussions de leurs hourras – de leurs enivrements – de leur usage du monde

 

 

Abandonnés l'espoir et la volonté pour la possibilité d'une âme réellement engagée...

 

 

Sous les apparences du monde ; l'invisible à la manœuvre

 

 

Le dehors animé par le dedans

Qu'importe l'envergure du regard

Qu'importe l'opacité

 

 

A se réjouir de cette lumière sur la pierre – sur la danse et le silence qui nous entoure

 

 

Au milieu des Dieux et des histoires inventés

Dans les fissures creusées dans l'épaisseur

En ces lieux où la vérité relève de l'imposture

 

 

Dans l'entremêlement (joyeux) de l'âme et de la matière qui apprennent – peu à peu – à danser ensemble

 

 

Au cœur de cette démesure dérisoire...

 

 

L'impossible ; guère plus loin qu'une main qui se tend...

 

 

Au bord de l'impénétrable

Un puits de lumière

L'Amour qui abonde

L’étreinte vertigineuse

Un ruissellement de tendresse

 

 

L'éphémère rassemblé en horizons

Sans aucun versant à gravir

Sans aucun verset à réciter

Des fleurs – du ciel et de la joie

Ce qui est offert [très généreusement]

 

 

A attendre – patiemment – en soi – la venue de l'impossible

 

 

 

Dans le froid (éprouvant) de l'hiver...

 

 

Des visages et des choses ; à travers les grilles du monde et du mystère qui (si souvent) se confondent (ou se superposent)...

 

 

Entre le rire et les larmes

Le temps d'un (bref) passage

 

 

Ce qui est éprouvé

jusque dans les tréfonds de la chair

L'âme légère

Et le bleu à fleur de peau

 

 

Invariablement ; entre les murs et le sommeil

Le cœur rivé au même rivage

Le corps au milieu des mêmes visages

Sur cette grève étrange et trop peuplée

 

 

Des signes au-delà (bien au-delà) des mots

Par-dessus les légendes du monde

Par-dessus la pierre et le sang

Par-dessus les rêves et les ambitions

Par-dessus toutes les illusions

 

 

Tous les fils entremêlés dans la poigne du moins tangible

 

 

Ce qu'éructe le cœur ; des gerbes de mots et de silence ; un peu de lumière – un peu de poésie – peut-être ; comme un geste – un peu de vent ; au milieu du bruit et des hurlements

 

 

Le cœur défait par le voyage ; (très) amoureusement dénudé...

 

 

Au fond du regard ; quelque chose aussi de l'écume et de la trace

 

 

Au plus haut (peut-être) de ce minuscule tertre terrestre...

 

 

Au-delà des limites et de l'appartenance (apparentes)...

 

 

Le monde de moins en moins reconnaissable à mesure que l'immensité se déploie dans le regard

 

 

Sur la pierre et la table de bois – le contraire du sacrifice

 

 

Au cœur de la nuit ; en dépit de quelques restes de lumière

 

 

En deçà (bien en deçà) de l'innocence et de la poésie espérées...

 

 

Au milieu des herbes – des arbres et des bêtes de la forêt ; en ces lieux qui favorisent la guérison du cœur de l'homme

 

 

Au cœur de l'écume ; à travers l'épreuve (malaisée) de la matière

 

 

Le temps comme un trou ; un puits sans fond ; un ruissellement sans fin – à la manière d'une danse et d'un évanouissement

 

 

L'imposture du monde humain

 

 

La solitude – toujours – en filigrane ; en dépit du monde ; en dépit des Autres

 

 

Un peu d'argile sous le ciel

Un amas de songes et d'histoires

Des restes de poussière

Dans le fouillis du monde

Au milieu des mensonges

L'inextricable

 

 

Ce qui relève de l'impénétrable

Et ce qui relève du possible

 

 

Toutes les rencontres – à l'intérieur...

 

Des croyances et des mots ; ni parole – ni (véritable) prière ; plus proches du cri et de l'espérance que de l'intimité ; que de l'inconcevable

 

 

Aux marges du monde

Au bord du temps

 

 

Ce qui se révèle dans la simplicité de l'esprit

 

 

Les yeux à la manière d'un voile sur le monde ; (trop) rarement déchiré

 

 

Oublieux des rêves et des ambitions des hommes

 

 

L'homme barbotant dans son bain d'ignardise

A gigoter au milieu de ses reflets

Cherchant à jouir du monde ; et à retarder sa fin

Le corps (très) vaguement assouvi

Le cœur (très) vaguement satisfait

La tête saturée d'images et d'envies

L'esprit (presque) à son aise – ici-bas

 

 

Nous éloignant de la vie naturelle à mesure que se perfectionnent les abris et les outils ; à mesure que se complexifie l'organisation du monde

 

 

Au cœur du monde ; au cœur de la chambre – chacun protégé derrière ses douves et ses remparts ; mendiant les nécessités (visibles et invisibles) qui lui font défaut ; et offrant le surplus – tous les rebuts dont il n'a l'usage

 

Une lanterne au-dedans éclairant tous les échanges

 

Les yeux comptant les bénéfices ; mesurant les avantages – les gains de chaque transaction ; à l'aune des rêves établis

 

Le cœur atrophié consignant tous les trésors amassés ; de loin – ce que les hommes jugent le plus précieux...

 

 

Écoutant et contemplant ; depuis l'intérieur ; les profondeurs ; tous les passages

 

 

(Très) solitairement

Au milieu des fleurs et des chants

Le séant sur le sol

Ici-bas comme sur un trône

Au royaume des humbles

 

 

Partout ; la fièvre des hommes qui cherchent un bout de terre où ils pourraient s'installer ; et un peu d'or – un peu de gloire – de quoi apaiser la faim – les peines du corps – les tourments du cœur ; de quoi offrir à l'esprit quelques instants de répit ; un peu de tranquillité ; et, quelques fois (bien plus rarement), un peu de lumière pour essayer de comprendre...

 

 

La nécessité d'une intimité avec le reste ; quelque chose de la fusion – de l’absorption – de la dissolution ; une parfaite appartenance au monde

 

Et, parfois, la découverte d'une (très) ancienne lignée ; et une double ascendance ; une famille liée à la pierre ; et l'autre liée aux étoiles

 

 

L'âme si étrangère au sans nom

 

A marcher dans une (très) longue impasse qui, indéfiniment, repousse sa fin ; jusqu'au lieu où les vents balaieront tous les superflus et pousseront au retour

 

Comme convoqué(e)(s) (enfin) par une nécessité...

 

 

Couleur de chair et d'étreinte ; le cœur

 

 

Plus sensible aux tremblements qu'aux lois des territoires traversés...

 

 

Seul ; hors du cercle

Au milieu du silence

 

 

Les joues ruisselantes des larmes des bêtes ; et de quelques Autres (incroyablement humains)

 

 

Aussi près du monde (naturel) que du mystère (si savamment enchevêtrés le plus souvent)

Et le cœur engagé dans l'un et dans l'autre – d'une égale manière

 

 

Dans la célébration du plus intime en ce monde où les visages et les choses sont soumis au règne du masque et de la métamorphose

 

 

Notre émerveillement face à la lumière qui s'amuse à prendre les habits les plus obscurs...

 

 

Sous le règne de l'imperfection ; fort heureusement (à dire vrai)...

 

 

Les mains tremblantes

Et le cœur qui brûle encore

 

 

Auprès de ceux qui peuplent – si discrètement – la terre

 

Dans notre chambre du dehors

 

A sentir l'air et le vent ; le soleil et la pluie ; la chaleur et le froid

 

La masure installée au milieu des arbres

 

Les sandales aux pieds ; et l'âme proche (si proche) de la main qui œuvre sur la (petite) planche de bois

 

Le mystère – ressenti – (presque) dans chaque geste ; (presque) à chaque respiration

 

Et toutes ces têtes de papier qui trônent au milieu des vivants sans parole ; au cœur droit et sensible

 

Riche(s) des mille trésors de l'être ; réunis ; et d'un seul souffle ; embrassés

 

Hors les murs ; de l'autre côté

 

Aux confins des marges

 

Loin des gardiens du ghetto ; des temples factices ; des Dieux acolytes et des Golems dociles

 

Loin de ceux qui organisent leur existence en une longue ligne droite

 

Loin de ceux qui s'imaginent lucides et généreux

 

Loin de ceux qui se moquent de l'invisible et de la lumière

 

Loin de ceux qui n'ont jamais été traversés par la soif et la vraie vie

 

 

A s'épuiser dans l'étreinte au milieu des Autres ; au milieu des larmes et des gestes fictifs...

 

 

Une parole ; un poème – comme un peu de vérité – peut-être – au milieu de la poussière qui tourbillonne

 

 

Le règne du bleu – assurément ; en dépit du plus grossier ; en dépit de la tristesse ; en dépit de la nuit que l'on a fait nôtre...

 

 

 

Le retrait de la figure derrière ce qui s'exprime à mesure que l'être se dévoile ; à mesure que le mystère se révèle

 

Peut-être – la seule chose qui compte dans ce monde de postures et d'apparat

 

L'inévitable tumulte de la source qui se prolonge – qui se perpétue – qui se réinvente ; arrivée à notre hauteur ; se cognant à tous les angles ; se perdant dans tous les recoins ; inscrivant son empreinte sur la pierre – au fond de la chair ; dans les cœurs trop hermétiques et trop peu tourmentés

 

Au rythme de ce qui s'impose ; à travers la ronde des existences ; à travers la danse des choses

 

 

Une parole qui émerge de temps à autre ; un peu de vérité – un peu de poésie – peut-être – qui se dresse au-dessus de cet océan de cris et d'ignorance ; au-dessus de la torpeur ; au-dessus de l'apparente gloire de l'homme

 

 

A genoux

Les yeux plaintifs

Comme couché(s) sous le mauvais sort

 

 

Qu'importe l'encens

Qu'importe la prière

Face au ciel

La même grimace

 

 

Cette substance qui coule le long de nos mains ; le sang du monde – que nous ravalons – avec nos larmes

 

 

A l'écart des hommes

Loin des jeux et des enfantillages

 

 

Quelque chose du cri, peu à peu, transformé en silence ; et quelque chose de la mélancolie, peu à peu, transformé en joie

 

Nous élevant – peut-être – à hauteur d'homme

 

 

Des paroles et des pas ; à même la feuille ; à même la pierre ; sous la lumière du jour – en équilibre sur cette (longue) ligne invisible...

 

 

Du sable et des ombres

 

 

Sur la roche ; tous ces visages et toutes ces choses esquissés à la craie (de manière très approximative)

 

 

L'esprit prisonnier des filets du monde et du temps ; soumis aux règles du jeu inventées par les hommes ; sans voir l'amplitude de l'espace – sans même distinguer la lumière et la tendresse qui logent dans ses tréfonds

 

 

Le cœur des hommes et le cœur des bêtes

Au service du sang – de la danse – du soleil

Et dont la proximité et la ressemblance sont (trop souvent) mésestimées par les livres et les lois

Intimes jusqu'au tremblement – jusqu'au frémissement – jusqu'au hurlement – communs

Sur ces rives où rien n'est reconnu...

 

 

Au milieu des cœurs qui souffrent – des cœurs qui saignent et des cœurs qui soignent (trop rarement)

 

 

Les yeux au seuil de ce qui ne se voit pas

 

 

Entre la feuille et l'arbre ; le feutre et la pierre ; la ligne et le pas

 

 

Vers le grand large – peut-être

Hors de l'histoire qui se déroule

 

 

La tristesse et l'impuissance face aux mille désastres du monde ; face à tout ce qui crève...

 

 

Le bleu encore ; le bleu toujours ; ce à quoi l'on aspire – invariablement

 

Qu'importe les promesses du monde ; nous détournant – inévitablement – de tout ce qui (nous) en détourne

 

 

Le sans nom ; déjà là ; à la manière d'un royaume sous la neige du monde et les confettis colorés des hommes

 

 

Dans l'intimité de ce qui nous ébranle ; de ce qui nous explore ; de ce qui nous fait exploser ; de ce qui nous fait disparaître

 

Ce qui cherche à s'atteindre ; à se retrouver ; dans l'effacement des frontières...

 

 

A pieds joints sur l'évidence

 

 

Sans rien savoir ; sans rien deviner – de notre (véritable) visage

 

Au service – seulement – de ce qui est là ; de ce que l'on porte ; de ce qui nous habite (sans même nous en douter)

 

 

Quelque chose de l'immobilité dans le mouvement ; et quelque chose aussi (bien sûr) du mouvement dans l'immobilité ; presque imperceptible tant que rien n'a fait silence au-dedans

 

 

Le monde (peu à peu) recouvert de laideur et d'infamie par ceux qui rêvent d'habiter la lune et de collectionner les étoiles

 

 

En guise de médaille ; en guise de tatouage ; les épreuves du monde qui marquent l'âme – la chair et l'esprit

 

 

Des histoires plein la tête que les lèvres prennent plaisir à raconter...

 

 

A s'imaginer libre(s) alors que les pieds et les mains – le cœur et la bouche – de l'homme sont attachés à des fils emmêlés à ceux de la danse – à ceux de la trame – à ceux de la nasse ; que tirent les doigts habiles du mystère...

 

 

Au milieu de ceux qui dansent (qui continuent de danser) – les chaînes aux pieds – autour du feu – pour célébrer la terre et la liberté

 

 

La faim au fond du sang qui pousse au crime et réduit l'âme à une sorte de bête fauve (et furieuse) qui tente de briser (en vain) les barreaux de sa cage

 

 

L'air irrespirable du monde

Le ciel vidé de son essence et de sa lumière

Le rouge qui nourrit

(qui continue de nourrir) la terre

Et le noir que déversent

(que continuent de déverser) les cœurs

Ce qui ressemble à notre histoire ;

trait pour trait – notre visage et notre destin

Le bleu si lointain ;

et même plus de larmes pour pleurer

 

 

Quelque chose d'imperceptible par le cœur (et les yeux) des vivants

 

Comme un halo de lumière lié à notre manière de vivre – de respirer – d'entrer en relation avec le reste

 

Parfois ombre – parfois lueur – parfois étincelle – parfois candélabre – parfois fanal (bien plus rarement – il est vrai) dans la nuit du monde

 

Ce qui se voit – ce que certains voient – comme un nez au milieu de la figure

 

 

Comme une évidence ; l'espace à partager et les frontières piétinées par la danse

 

 

Au milieu de ce long défilé de têtes qui passent ; qui émergent puis qui tombent et disparaissent ; sans la moindre explication

 

 

Relié(s) ; sans autre obstacle – sans autre muraille – que ses propres absences...

 

 

Le feutre qui danse entre la joie et l'effacement sans rien espérer ni du monde – ni de ceux qui se pencheront (un court instant) sur les quelques traits qu'il aura esquissés sur ces pages

 

 

Nous abandonnant à ce qui nous anime – à ce qui nous éclaire – à ce qui nous enflamme

 

 

Funambule au milieu du vide ; au milieu des vents ; seul et sans appui (évidemment)

 

 

L'errance encore

Dans ce repli du ciel descendu

A la lumière des étoiles et du silence

Les mains tendues (sans impatience)

Et gravé sur le visage ; le sans nom

 

 

Dans les pas de l'éphémère ; le socle du monde balancé derrière soi

Pas davantage que de la neige qui brille – et qui fond – au soleil...

 

 

L'être ; en dehors des rails

Au grand dam des chiffres (et des statisticiens)

Au grand dam de ceux qui assassinent l'aventure

 

 

Au loin, ce qui emmure et enferme ; l'incarcération à laquelle échappe celui qui s'exile

 

 

Sous le règne de l'invisible qui se moque de ce que nous faisons ; quand bien même remuerait-on ciel et terre pour le découvrir et vivre dans son intimité

 

 

Au cœur de l'espace ; ce perpétuel brassage d'atomes – le cycle permanent des recombinaisons qui donnent naissance à de nouvelles formes – à de nouvelles générations – à de nouveaux mondes

 

Jusqu'à la fin des temps

 

Cette perpétuelle transformation ; le cours inéluctable des choses ; l'implacable déroulement de l'histoire – sans que rien puisse s'y opposer

 

 

Le cœur malheureux ; (presque) toujours voué au miroir et au manque

 

 

Des ombres clouées au rêve et à l'épaisseur

Vouées à l'ignorance et à la barbarie

Alimentant la ronde funeste des cœurs

qui tournent et tourmentent

Dans tous les sens – autour de l'abîme et du bleu

 

 

Au cœur du grand cirque ; quoi que nous fassions...

 

 

Du sable et de la nuit

Au cœur de l'enfer que nous avons façonné

Sans même envisager le funeste à venir

 

 

La risée des Dieux – peut-être ; la risée des Dieux – sans doute ; sur ces rives où la nuit s'est installée

 

 

La terre saccagée – négligée – oubliée

Comme tous ceux qui l'ont, un jour, habitée...

 

 

L'ivresse de la main agentive – du désir qui se projette – du pouvoir qui s'incarne – élargissant la plaie – aggravant la douleur – intensifiant les cris – déployant sur la terre entière le mythe de la civilisation qui feint d'ignorer son absurdité et sa barbarie

 

L'affirmation de soi et la soif de puissance ; et cette (absolue) tyrannie de l'expansion – dans la tête de tous les conquérants (petits et grands – illustres et anonymes) ; et l'origine du mal au fond du cœur de chacun

 

Comme plongé(s) dans cette longue nuit qui jamais ne verra l'aurore ; des esprits et des âmes piégés dans l'épaisseur et l'opacité

 

 

Sous cette lumière qui caresse le visage ; et qui éclaire l'âme – quelques fois...

 

 

Qui saurait dire ce qu'est le silence ; ce qu'est le regard ; et ce qu'ils offrent ; et ce qu'ils soustraient

 

Et comment décrire les visages et le temps – l'Autre – le monde et l'Absolu ; ce que nous traversons ; ce qui nous échoit ; ce que nous sommes

 

Dans le désordre et la confusion ; des fragments de ce que l'on perçoit

 

Les lèvres – de plus en plus – taiseuses

 

L'âme – de plus en plus – immobile

 

Le monde – de plus en plus – transparent

 

Quoi d'autre que l'espace ; que le vide – que le centre – que la tendresse et la lumière – que nous avons déjà atteints ; sans rien faire – sans même bouger

 

 

Tant de malheurs portés par les bêtes

Et tant de têtes tombées par l'épée

Du sang et des amas de chair

L'empire de l'homme

Sans conteste – le royaume du pire

 

 

Comme sur la scène d'un théâtre d'ombres

Des surprises et des retournements jusqu'au dénouement de la pièce – jusqu'à la fin du spectacle

Avec le ciel comme seul spectateur ; et son silence comme seuls applaudissements

 

 

A même le ciel ; l'existence installée

A chercher la tendresse et la lumière ; déjà présentes

[enfouies assez maladroitement (et à dessein – bien sûr) au fond de l'âme]

[Trop enfoncé(e)(s) dans la matière – peut-être – pour comprendre [et (se) réaliser]

 

 

Grassement offerts ; le destin et le dénuement...

 

 

Dérisoire et vertigineux ; le poids de l'existence

A travers la démesure de l'homme ; le royaume du sang et l'énigme de ce qui se joue...

 

 

De la fumée ; un passe-temps ; l'essentiel des existences ; à la manière d'un parcours propédeutique qui, un jour – au détour d'un chemin, pointera vers le centre – à l'intérieur ; ainsi commencera le (véritable) voyage qui mènera – après une marche plus ou moins longue – jusqu'au royaume

 

 

Sans solution ; l'existence ; qu'importe notre manière de faire face à l'usure et au merveilleux...

 

 

Hors du cercle des songes et des communes divagations

 

 

Enfoncé(s) dans la neige – jusqu'au cou ; jusqu'à hauteur d'âme ; au milieu des Autres qui sourient (un peu bêtement ou, parfois, un peu béatement) en s'imaginant vivre sous une bonne étoile ; heureux du minuscule carré de ciel au-dessus de leur tête qu'ils s'obstinent, chaque jour, à repeindre aux couleurs (changeantes) de l'espérance

 

 

Les pas englués dans l'épaisseur et le froid ; en plein hiver ; avec sur les lèvres – le givre des visages

 

Pauvres créatures élargissant la blessure de leurs jeux – la remplissant de leurs substances ; et se livrant à mille rituels – obéissant à mille croyances – pour réduire la distance qui les sépare de Dieu

 

 

Rien ni personne (bien sûr) ; et le besoin pourtant si farouche (si impératif) de découvrir son identité (véritable) ; la longue lignée et la grande famille auxquelles on appartient...

 

 

Pauvres pénitents peinant sur la pierre ; gravitant autour de la même croix – accablés par le poids du péché ; hantés par le salut des âmes ; priant leur Dieu et leurs saints ; agitant à tout-va leurs croyances et leur crucifix

 

 

Sans Graal – sans épopée – sans disciple (sans le moindre compagnonnage)

 

Seul avec le plus secret ; et le plus corrosif ; la connaissance célébrée au fond de l'âme

 

Face au ciel – face à ce qui se tient devant soi ; les yeux baissés ; la présence (si intensément) rayonnante quelque part dans ses tréfonds (et qui, parfois, irradie jusqu'au-dehors)

 

 

Le visage tourné tantôt vers l'Autre – tantôt vers l'abîme ; dont les frontières, si souvent, se confondent

 

 

Sous le ruissellement continuel de la lumière qui parvient à adoucir (un peu) l'existence de ceux qui sont condamnés à vivre (et à s'épanouir) au milieu des ombres – au milieu des rebuts – au milieu des pièges et des plaies à vif

 

 

Se découvrant là ; sans mot dire face à l'immensité et face à l'ordre (assez convainquant) de ce monde – au cœur de toutes ces peines et de toutes ces étreintes

 

 

Au cœur du vide – de l'essentiel – déjà ; au milieu des âmes et des choses ; au carrefour du visible et de l'ineffable

 

Comme une flèche ; la pointe de l'esprit

 

 

Le monde comme il va

La vie comme elle vient

Entre l'absence et l'intensité

Entre l'accablement et la lumière

 

 

Ce qui s'offre ; le cœur naturel et l'esprit poétique ; cette manière (si singulière) d'être au monde

Porteurs d'un peu de silence ; et d'un peu de lumière – parfois...

 

 

L’œil ouvert et l'âme obéissante

 

 

Invariablement penché sur la besogne du jour

 

 

Qu'importe l'intimité et le merveilleux ; tant que persisteront dans l'esprit la possibilité de l'après ; la possibilité d'un autrement – toutes les conjugaisons (imaginables) de l'alternative et du temps

 

 

L'âme attelée aux vents

Se laissant mener vers l'inconnu

Sans défi – sans enjeu

Sans engager le monde

Désertant l'épaisseur et la gravité

Se plaisant à goûter le bleu

dissimulé au cœur des choses

S'abandonnant à toutes les forces invisibles

 

 

Disposé à l'effacement et au règne de la plus grande subjectivité ; qu'importe ce qui nous fait face ; qu'importe les moqueries – les grimaces et les sourires en coin

 

 

Si près de nos lèvres ; le silence

 

 

Gesticulant dans leur gangue étroite ; essayant même de danser ou (pire) de s'échapper (à la moindre occasion) ; comme si la liberté consistait à s'extraire (ou à oublier) ; alors qu'elle trouve les sages parfaitement tranquilles – immergés et consentants – dans leur enveloppe de chair...

 

 

 

Sans rien définir ; sans rien délimiter

 

Dans le désordre et le foisonnement (qui dissimulent – presque parfaitement – le vide)

 

Le fond de l'indistinction par-dessous ce qui crépite et circule ; à travers la danse des éléments

 

Le dehors qui tourne autour du dedans ; là où se tient l’œil de l'être – le maître de l'immobilité et du mouvement

 

 

La vie qui vient ; la vie qui va ; et tout qui s'arrête ; et tout qui reprend ; et tout qui recommence et continue (évidemment)...

 

 

Les rails pulvérisés

 

En roue libre (à présent) ; en mesure (enfin) d'échapper au monde – aux hommes – aux lois – à l'idée de liberté

 

Seul ; et sans autre recours que soi (et ce qui est porté au-dedans)

 

Allant au-delà des horizons où s'arrêtent les yeux

 

 

De plus en plus, cette folle envie de fête silencieuse qui nécessite de vivre au-delà du périmètre ; de renverser les tables et les cartes du territoire ; de faire sauter les postures et les points cardinaux ; de faire table rase – en quelque sorte – afin de s'aboucher avec toutes les âmes dénuées de parole [mais pourvues de langage – (encore) incompréhensible par les hommes]

 

 

Heureux dans la compagnie des humbles – au milieu des rebuts et des sans-voix ; le cœur sensible à leurs tremblements – à leurs vibrations ; sans aucun souci des doigts pointés et du qu'en-dira-t-on

 

 

A vivre comme si le temps n'existait pas...

Intensément ; la danse

Dans la résonance des pierres

Et l'essence de l'âme

Sous les yeux moqueurs et incrédules

 

 

La danse féroce des créatures – animées par la peur et la faim ; et troublées (de temps en temps) par quelques éclairs d'intelligence ; comme des trouées de lumière dans l'épaisseur

 

 

Un rire – de temps à autre – pour se rappeler que nous ne sommes pas réduits, en ce bas monde, au labeur et au tombeau ; qu'il existe aussi un ciel qui, parfois, se laisse entrevoir...

 

Les larmes qui s'écoulent de l'âme vers la chair ; de la chair vers la peau ; de la peau vers le monde ; nourrissant la terre, peut-être, des plus invisibles aspirations des bêtes et des hommes...

 

 

Une existence sans rituel – sans prière – sans malice – sans mensonge ; aussi naturelle que possible

 

 

L'incessant voyage de la matière dans l’œil immobile ; ce qui se meut (indéfiniment) sous la lumière perpétuelle ; avec quelques éclipses, parfois, sous les paupières

 

 

A pas comptés ; à tourner en rond ; depuis tant de siècles – depuis tant de millénaires ; et puis, soudain, l'emballement et la furie ; le règne du désir et de la vitesse pour le (plus grand) malheur du monde

 

Et la multitude attelée à la tâche ; édifiant – bâtissant – agrandissant – développant ; déployant son ardeur et son imaginaire au profit de sa gloire (jusqu'à la démesure) ; à l'image, sans doute, de son architecture mentale ; œuvrant dans une sorte d’éblouissement obscur

 

Ainsi a-t-on précipité l'histoire – et, avec elle, toutes les créatures de ce monde – à la fois sous le diktat des hommes et dans le piège de l'essor et de la complexification

 

Poussant toutes les têtes à une étourdissante et funeste surenchère ; se taillant (en vérité) un scalp pour l'avenir ; dressant (sans même s'en rendre compte) une large et haute potence au bout de laquelle se balancera bientôt la dépouille de cette civilisation absurde ; et qui, dans sa chute et son pourrissement, deviendra, peut-être (espérons-le), le terreau d'un monde moins bête – moins ingrat – moins borné...

Sous la terre brûlée ; quelque chose qui se débat

 

Identique à ce qui circule dans le souffle et le sang

 

La vie brute – primitive – invincible peut-être ; malgré sa (très) grande fragilité

 

Ce que l'on entend (parfois) se dresser à la verticale ; vers le ciel

 

Quelque chose que nul ne peut ignorer

 

Comme une vibration dans les tréfonds de l'âme ; le plus précieux – sans aucun doute...

 

 

L'invisible à la place du monde ; et des âmes vivantes à la place des visages et des choses

 

 

Du silence et de la solitude

Le corps immergé

Le cœur libre

L'esprit en paix

Ouvert à l’insaisissable

Les infrastructures (internes et externes)

presque parfaitement démantelées

Vide et attentif

L'âme laissant agir les circonstances

et la porosité

[Réunissant ainsi toutes les conditions requises

pour rencontrer l'ineffable]

 

 

Au cœur de l'intimité inaltérable – déjà ; quels que soient les horizons ; oscillant sans cesse (selon la perspective et les circonstances) entre la distance et la dissolution

 

 

L'infime – toujours – à portée des yeux du plus grand...

 

 

Parmi les pierres et les rafales de vent

 

 

Le dehors et les frontières aussi inexistants que le reste ; en dépit des contours qui semblent circonscrire les formes ; en dépit du temps qui semble borner les existences...

 

Dans les fêlures de la matière ; un peu de lumière ; puis, la traversée de l'improbable (dans le meilleur des cas)...

 

 

Les yeux fermés ; se laissant guider par ce qui voit – à l'intérieur ; offrant ainsi au cœur la possibilité de découvrir le relief et la couleur du monde

 

 

Au plus haut de la terre ; émergeant (quelques fois) de la mélasse, un visage – un cœur – une paume tendue ; quelque chose d'apparemment vivant ; vouant au ciel une sorte de culte (vague et imprécis) encombré de croyances, d'appels et de rituels obscurs

 

 

En dépit des malheurs et des chagrins

L'âme qui conserve le rire et le souvenir du ciel

 

 

Nous ; le cœur vide – sans dogme – ni certitude ; offrant, selon les circonstances, une parole ou une main tendue pour essayer d'extraire (en vain) les malheureux de leur supplice (et de leur plainte)

 

 

Les yeux tristes ; les poings serrés et les joues ruisselantes ; éclaboussé (chaque jour) par l'écume ; et chamboulé par les cris qui montent de ce magma de matière ; apprenant (avec difficulté) l'impuissance au cœur de cet océan de malheurs

 

 

Le rude apprentissage de la place de l'homme ; les aspirations coincées entre l'épaisseur de la chair et les grilles du monde ; sous un ciel changeant et silencieux [et énigmatique à bien des égards...]

 

 

Les forces de l'en-bas ; comme une poussée verticale ; un chaos rassemblé et (maladroitement) redirigé vers l'immensité du haut et du dedans

 

 

Une sorte de danse

Au fond des yeux

Au fond de la nuit

 

 

Du rien à la plénitude ; puis, de la plénitude au lieu où ont émergé la discorde et le temps

 

Et tout au long de ce périple ; le règne de l'ombre ; la lumière ensorcelée ; le désir et la peur ; et les tremblements de ceux qui parcourent ces rives étranges et mystérieuses

 

 

Le bleu ; l'une des seules réponses à la grossièreté de ce monde – à l'insuffisance des âmes – à la médiocrité des existences ; absorbant tous les manquements et tous les malheurs jusqu'à ce que tout puisse parfaitement refléter la lumière

 

 

Entre vertige et turbulence

 

Sur la roche – au cœur de l'étendue ; une masse grise et monumentale

 

Et le souffle qui apprend, peu à peu, à la traverser ; et à l'habiter (très provisoirement) ; initiant le passage de la matière à la chair

 

Puis le gris qui s'assombrit (un peu) jusqu'au brun ; ou qui pâlit (un peu) jusqu'au rose ; éclairé(e) par la lumière qui cherche un interstice ; une anfractuosité pour s'y loger (en quantité infime)

 

Ainsi (sans doute) naquirent les premières créatures terrestres ; ainsi (sans doute) commença le règne du mouvement – à travers un chahut et un déborde-ment de gestes – de courses et d'ardeur qui engendrèrent mille tentatives – mille apprentissages – mille transformations

 

Entre collisions et collusions ; entre défi et fragilité

 

Et après avoir été (très laborieusement et très miraculeusement) façonnée, la matière vivante enjointe, elle aussi, d’œuvrer à la création ; entre réplication et prolongement ; dans les marges (très) étroites qui lui ont été octroyées

 

Toute une histoire – tout un destin ; qui s'écrit – qui se dessine ; à travers le cours des choses – l'évolution du monde – à l'infini

 

 

Au cœur de la lumière – déjà ; en dépit des corps meurtris...

 

 

A être là ; à vivre là ; sans rien comprendre – sans rien découvrir – sans rien décider

 

Côte à côte ; bien plus qu'ensemble...

 

Tirant sur nos chaînes – au milieu des ombres et des peines

 

Secouant (en vain) les barreaux de notre cage ; comme si l'on pouvait rompre ses attaches et échapper à la servitude

 

La corde si serrée autour du cou que le moindre mouvement – la moindre tentative d'évasion – nous serait fatal(e)...

 

 

Ce que nous sommes

La mort au bout de la vie

Et la vie au bout de la mort

Dans une sorte de prolongement

Entre recommencement et continuité

Et ainsi indéfiniment...

 

 

De l'incompréhension à l'impensable

Jusqu'au regard vivant

Les pas (toujours) dans le sens du vent

 

 

Cette fatigue tragique qui, peu à peu, nous accable ; nous écrase ; nous terrasse

 

A peine le temps de tourner la tête ; de faire quelques pas ; et nous voilà déjà en train de tomber à la renverse

 

Qu'importe que la lumière brille encore ; qu'importe que le fond de l'âme continue de désirer

 

Des bruits – de l'incertitude ; quelques visages aperçus (au loin) dans la brume ; puis la chute ; le noir et le silence

 

Et cette peur qui nous envahit avant d'être happé(s) par la mort

 

 

Qu'importe ce qui nous entoure

Des larmes de joie devant l'évidence...

 

 

De la vitesse à la lenteur

Et de la lenteur à l'immobilité

Ce à quoi (nous) invitent tous les chemins ;

toutes les déambulations

L'essence même du mouvement

et de la géographie

 

 

Le cœur sans résonance – sans écho ; vivant la déchirure et (presque) jamais la transformation

 

 

Le cœur recroquevillé – insensible et défaillant ; cherchant – pourtant – des étreintes avec ce qui passe ; même furtivement ; des amours à la dérobée ; de quoi enfanter de la différence et du toujours ; un peu de l'Autre ; un peu d'éternité...

 

 

Sur la courbe ; comme enraillé(s)

Condamné(s) à un destin sans dérobade ; à un périple sans au-delà

 

 

Le cœur persévérant jusqu'aux ultimes confins ; et là où il s'arrête ; espérant que le désir le mène plus loin – au-delà encore...

 

Faisant corps avec le monde et le vent ; avec ce qui s'inscrit dans la proximité

 

Traversant, peut-être, les premières frontières de l'impensable

 

 

La main tendue vers le monde – la misère – les cœurs déchirés – les corps infirmes et mutilés – les âmes hantées par le manque et l'absence

 

En vain ; tant tout est soumis au rêve ; tant la chair est blessée et la fable monstrueuse...

 

 

Partout – ici comme ailleurs ; le même désir de domination et de conquête ; comme si le monde était (encore) gouverné par le manque

 

 

Ce qui nous sied ; là où la lumière va ; là où l'âme se faufile (parvient à se faufiler)

Là où suinte le sang ; là où s'enferrent les yeux fermés

Près du bleu ; (tout) tremblant ; près du monde qui tourne

Partout où nous sommes ; partout où nous nous obstinons

 

 

Cette ombre grandissante sur le monde – sur les visages qui ne savent pas ; qui ne veulent pas savoir ; qui n'osent imaginer de peur que le ciel ne leur tombe sur la tête ; que le feu ne se propage sur la terre (et jusque dans le cœur et la parole) ; de peur que tout ne devienne invivable et incandescent ; que l'odeur de ce qui brûle ne soit infecte et insupportable ; et qu'il ne (nous) reste après que des cendres ; des cendres et des regrets...

 

 

Là où se cache le plus précieux ; le secret des vivants et des Dieux

Derrière ; encore derrière ; toujours derrière

Au cœur de l'invisible ; et comme mélangé au reste aussi

 

 

Sous la même lumière ; la faim et les prières

Autour du mystère ; des visages et des chemins

Quelque chose du manège

et de la circonvolution

 

 

En secret ; la dissolution et ce qui – en soi – goûte et jubile – sans rien attendre – sans rien affronter

 

 

Qu'importe l'hostilité du monde

Qu'importe les offenses et la douleur

Qu'importe les ténèbres et la mort

Partout – le règne du jeu et de la danse

 

 

Des choses à faire et du temps à tuer ; sans très bien savoir – sans très bien sentir – ce qui flotte autour des corps et des âmes

 

Et, parfois (trop rarement – sans doute), un rire – une étincelle ; comme pour se rappeler du bleu ; et quelque chose de notre présence ici-bas – sous ce ciel changeant et mystérieux

 

 

La danse du vide ; plus haut que le désir et le rêve ; l'expression de l'Absolu à travers ses prolongements ; à travers toutes ses possibilités

 

 

 

Habité(s) par cette lumière et animé(s) par cette ardeur qui n'appartiennent à personne...

 

 

Si peu de chose ; à peu près rien ; un souffle fragile et provisoire ; un bout de chair infime et (à peine) saillant qui semble (très légèrement) émerger de la masse sombre et grise composée de ces milliards d'Autres dont les postures et les gesticulations donnent sa couleur et son mouvement à la matière ; une sorte de magma (presque) immobile qui semble se déplacer au milieu de nulle part – qui semble piétiner dans le vide ; un peu de bruit – quelques bousculades – quelques gémissements – des heurts – des remous – des secousses ; mille contusions – mille fêlures – mille échanges – mille passages – lorsque les éléments se frottent ou se rencontrent ; de l'air (un peu d'air) qui tourbillonne...

 

 

Le front obstiné ; peu certain (si peu certain pourtant) du socle sur lequel sont bâties les légendes et les civilisations – toutes les histoires humaines ; ignorant – en définitive – ce qui est vrai et ce qui relève de l'invention

 

 

Ensemble – sous le ciel

 

 

Du visible à l'invisible ; d'un seul regard

 

 

L'obscurité et la lumière dans leur danse obscène et merveilleuse

 

 

Seul(s) pour nous accompagner

 

 

L'histoire de l'homme à travers son hégémonie dictatoriale ; écrasant et asservissant le reste (et l'essentiel des siens) avec le prétendu assentiment de Dieu et des étoiles

 

Ce grand cirque présomptueusement ascensionnel ; comme si l'humanité et les civilisations humaines pouvaient échapper au déclin et à la disparition...

 

 

La main caressante

Le cœur acquiesçant

La voix que l'on reconnaît

Les lèvres que l'on attend

Un long frisson sur la peau

A travers cette tendresse,

sans cesse, offerte et reçue

 

 

Le cœur comme seule lumière ; comme seule boussole

 

 

D'une abstraction à l'autre

Du sable et du vent entre les doigts

Et, un jour, plus rien

Seulement l'évidence du rêve et de l'absurde

 

 

Toutes les mains tendues pour prendre (ou quémander) ; et, bien plus rarement, pour donner (ou secourir)

 

Chacun tentant sa chance ; trouvant, ici et là, un peu d'or ou de tendresse ; et, parfois, un peu de lumière...

 

 

La terre creusée et parcourue (de long en large) – à la recherche d'un cœur – d'un rire – d'un visage – d'un trésor ; ce qui pourrait nous hisser – pour un instant – vers le ciel ; ce qui pourrait nous extraire de ce bourbier

 

 

Le cœur emmuré ; avec des restes (assez) conséquents d'indifférence ; dans la proximité du monde et du secret

 

Sans même savoir ce qui circule avec le sang

 

Si incrédule(s) face aux cris – face aux ombres – face aux souvenirs du premier royaume

 

 

Les yeux habités ; comme une fenêtre ouverte – un territoire infini – une lumière sans reflet

Au milieu des Autres et de la nuit

Promu(s) par le silence ; et le visage de l'innocence

Quelque chose de la beauté ; capable de faire taire la douleur et les cris

 

 

Assis sur la pierre ; l'herbe plus haute (beaucoup plus haute) que le nom

 

Et ce sourire sur les visages et les âmes – sur les circonstances et les choses – sur tous les reflets de l'ineffable (qui défilent en ordre dispersé)

 

 

Le corps dissous – avec le reste –

dans la matière

Le cœur vivant ; la force à l'intérieur

Et les yeux posés au-dessus du vent

 

 

La route intime

Anonymement ; dans l'espace

L'éloignement ; puis, le retour

Le souffle

Le monde

L'apparence

L'abîme et le vertige

Et cette fièvre jusqu'au non-sens

Et cet élan vers le plus proche

La vie miraculeuse

Et la main folle et fière de ses crimes

Et la possibilité du rêve ; et la possibilité de soi

Au cœur des mêmes profondeurs

 

 

Autour du mystère ; des danses – des mythes – des agenouillements ; une folle agitation

Et au cœur de la solitude ; la découverte d'un royaume inattendu – insoupçonné

 

 

Sans même le désir

Sans même le monde

Sans même le poème

Les yeux qui pétillent

A travers cette succession d'instants

Dans la lumière

 

 

L'âme dressée vers le ciel ; déjà

 

Cette joie dans l'âme et l'encre pour célébrer notre danse (étrange) avec l'écume et le mystère ; et la place (substantielle) de l'ombre

 

 

L'homme comme un funambule en proie à la folie ; et qui rêve (malgré lui) de faire basculer le monde dans sa chute...

 

 

Plus ni nom –

ni chair – ni visage

Sans défense

Sans la moindre frontière

Plus qu'offert – à la merci

 

 

Toutes les illusions anéanties d'un seul regard

 

Et ce qui subsiste ; l'absence de frontière ; et le centre qui avale tout ce qu'on lui offre ; les peines et les chagrins – les douleurs et les tourments – les visages et les choses – les espoirs et les prières

 

Sans doute – le plus élémentaire

 

 

Ce qui se savoure ;

sans pourquoi – sans comment

Des bribes de monde ; un ruissellement de joie

Sans que rien nous appartienne

De la gratitude au fond des yeux

Comme des retrouvailles

avec un visage trop longtemps oublié

Ce qui bruisse au fond de l'être

Cet incroyable frémissement de l'infini

entre nos parois de chair

 

 

A travers l'infinité des combinaisons

L’œuvre de l'invisible

Et le règne du possible

 

 

Le vent qui nous empale ; qui nous enfile ; comme si l'on était des perles – comme si l'on était des proies

 

Parfaitement incapable(s) de comprendre – et d'accepter – cette étrange machinerie qui semble briser les élans et qui, en vérité, les prolonge – les déploie – leur offre un regain d'ardeur ; sans compter (bien sûr) la félicité...

 

 

Au cœur de cette solitude enchantée qui côtoie le ciel – les cimes et les songes ancestraux

L'esprit affranchi de tous les sédiments

Et le geste juste et audacieux

 

 

Au milieu des sables

Au lieu exact où naissent les cris ; l'envie de fuir ;

toutes les nécessités

Dans cet espace nu

Tremblant ; vacillant – sous le regard

Comme un vertige face à ce que l'on ne voit pas

 

 

Sans autre bagage que la tendresse...

La couleur du ciel et la vie pleine d'autre chose ; sous cette épaisseur un peu sombre

 

 

 

Par-dessus le refus et la mélancolie

Par-dessus le temps arrêté et la faim suspendue

La bouche qui ne sait que dire ;

et qui se calque sur le cœur

et l'expression des yeux

pour célébrer (sans les mots)

le jeu – la joie – l'invisible

 

 

Sur le grand registre du monde ; la lumière qui sélectionne le meilleur ; en laissant toujours (bien sûr) une place au pire...

 

Sans hâte ; sur la boucle infinie qui se parcourt involontairement

 

 

Plus nu et plus intense

Moins aride et moins assoiffé aussi

Et le monde ; et les Autres ; et le reste

peu à peu, arrachés

à leur statut de décor et d'instrument

Et la blessure qui se referme

A mesure que l'on comprend

 

 

Le surgissement de la joie ; ce qui démantèle

les malheurs et ce qui se cherche encore

Les siens – partout ; sous ce grand ciel

Et le bleu au fond de l'âme

Dans la poussière et le sang

Et le rire qui, peu à peu, creuse sa place

Dans ce détachement des choses et des visages

Le cœur libre et la possibilité d'accueillir ;

qu'importe les nécessités de vivre

 

 

Comme un bruit de feuilles et d'écorce ; au fond de la voix

Au milieu des grands hêtres ; inspiré par leur beauté et leur lumière

Dans la même chambre ; au-dehors – avec le reste

Dans la surprenante intimité de l'invisible et du merveilleux ; à cette place que l'on nous a offerte