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LES CARNETS METAPHYSIQUES & SPIRITUELS

A PROPOS

La quête de sens
Le passage vers l’impersonnel
L’exploration de l’être

L’intégration à la présence


 

CARNETS PUBLIES

L'expérience du monde 
Récit (1997-1999)

Solitudes 
Récit (2001)

Le petit chercheur Livre 1  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 2  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 3  
Conte (2004)

Quêteur de sens  
Essai anthologique (2005)

Traversée commune  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 1  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 2  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 3  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 4  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 5  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 6  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 7  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 8  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 9  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 10  
Livre expérimental (2007)

Tourbillon(s) 
Journal & récit (2008-2013)

Le goût d'autre chose 
Journal (2013-2016)

Un homme simple et sage 
Récit (2014)

Une âme sensible Vol 1  
Journal (2016-2019)

Une âme sensible Vol 2 
Journal (2016-2019)

Entre le rêve, le monde... Vol 1  
Journal (2019-2020)

Entre le rêve, le monde... Vol 2  
Journal (2019-2020)

Quelque chose du sang...  
Journal (2020-2021)

En plein cœur Vol 1 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 2 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 3 
Journal (2021-2022)

Si près de nos lèvres... Vol 1 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 2 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 3 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 4 
Journal (2022-2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 1 
Récit (2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 2  
Récit (2023)

Une destinée sans certitude Vol 1 
Journal (2023-2024)

Une destinée sans certitude Vol 2 
Journal (2023-2024)

Entre Dieu et la pierre Vol 1
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 2
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 3
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 4
Journal (2024-2025)

Quelques jours... Vol 1  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 2  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 3  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 4  
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 1
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 2
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 2 partie 1
Journal (2025-2026)

En son for intérieur Vol 2 partie 2
Journal (2025-2026)

 

CARNETS BRUTS

Carnet n°1
L’innocence bafouée

Récit / 1997 / La quête de sens

Carnet n°2
Le naïf

Fiction / 1998 / La quête de sens

Carnet n°3
Une traversée du monde

Journal / 1999 / La quête de sens

Carnet n°4
Le marionnettiste

Fiction / 2000 / La quête de sens

Carnet n°5
Un Robinson moderne

Récit / 2001 / La quête de sens

Carnet n°6
Une chienne de vie

Fiction jeunesse / 2002/ Hors catégorie

Carnet n°7
Pensées vagabondes

Recueil / 2003 / La quête de sens

Carnet n°8
Le voyage clandestin

Récit jeunesse / 2004 / Hors catégorie

Carnet n°9
Le petit chercheur Livre 1

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°10
Le petit chercheur Livre 2

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°11 
Le petit chercheur Livre 3

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°12
Autoportrait aux visages

Récit / 2005 / La quête de sens

Carnet n°13
Quêteur de sens

Recueil / 2005 / La quête de sens

Carnet n°14
Enchaînements

Récit / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°15
Regards croisés

Pensées et photographies / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°16
Traversée commune Intro

Livre expérimental / 2007 / La quête de sens

Carnet n°17
Traversée commune Livre 1

Récit / 2007 / La quête de sens

Carnet n°18
Traversée commune Livre 2

Fiction / 2007/ La quête de sens

Carnet n°19
Traversée commune Livre 3

Récit & fiction / 2007 / La quête de sens

Carnet n°20
Traversée commune Livre 4

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°21
Traversée commune Livre 5

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°22
Traversée commune Livre 6

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°23
Traversée commune Livre 7

Poésie / 2007 / La quête de sens

Carnet n°24
Traversée commune Livre 8

Pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°25
Traversée commune Livre 9

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°26
Traversée commune Livre 10

Guides & synthèse / 2007 / La quête de sens

Carnet n°27
Au seuil de la mi-saison

Journal / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°28
L'Homme-pagaille

Récit / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°29
Saisons souterraines

Journal poétique / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°30
Au terme de l'exil provisoire

Journal / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°31
Fouille hagarde

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°32
A la croisée des nuits

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°33
Les ailes du monde si lourdes

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°34
Pilori

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°35
Ecorce blanche

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°36
Ascèse du vide

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°37
Journal de rupture

Journal / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°38
Elle et moi – poésies pour elle

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°39
Préliminaires et prémices

Journal / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°40
Sous la cognée du vent

Journal poétique / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°41
Empreintes – corps écrits

Poésie et peintures / 2010 / Hors catégorie

Carnet n°42
Entre la lumière

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°43
Au seuil de l'azur

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°44
Une parole brute

Journal poétique / 2012 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°45
Chemin(s)

Recueil / 2013 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°46
L'être et le rien

Journal / 2013 / L’exploration de l’être

Carnet n°47
Simplement

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°48
Notes du haut et du bas

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°49
Un homme simple et sage

Récit / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°50
Quelques mots

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°51
Journal fragmenté

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°52
Réflexions et confidences

Journal / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°53
Le grand saladier

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°54
Ô mon âme

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°55
Le ciel nu

Recueil / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°56
L'infini en soi 

Recueil / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°57
L'office naturel

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°58
Le nuage, l’arbre et le silence

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°59
Entre nous

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°60
La conscience et l'Existant

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°61
La conscience et l'Existant Intro

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°62
La conscience et l'Existant 1 à 5

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°63
La conscience et l'Existant 6

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°64
La conscience et l'Existant 6 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°65
La conscience et l'Existant 6 (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°66
La conscience et l'Existant 7

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°67
La conscience et l'Existant 7 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°68
La conscience et l'Existant 8 et 9

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°69
La conscience et l'Existant (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°70
Notes sensibles

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°71
Notes du ciel et de la terre

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°72
Fulminations et anecdotes...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°73
L'azur et l'horizon

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°74
Paroles pour soi

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°75
Pensées sur soi, le regard...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°76
Hommes, anges et démons

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°77
La sente étroite...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°78
Le fou des collines...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°79
Intimités et réflexions...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°80
Le gris de l'âme derrière la joie

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°81
Pensées et réflexions pour soi

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°82
La peur du silence

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°83
Des bruits aux oreilles sages

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°84
Un timide retour au monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°85
Passagers du monde...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°86
Au plus proche du silence

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°87
Être en ce monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°88
L'homme-regard

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°89
Passant éphémère

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°90
Sur le chemin des jours

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°91
Dans le sillon des feuilles mortes

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°92
La joie et la lumière

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°93
Inclinaisons et épanchements...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°94
Bribes de portrait(s)...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°95
Petites choses

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°96
La lumière, l’infini, le silence...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°97
Penchants et résidus naturels...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°98
La poésie, la joie, la tristesse...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°99
Le soleil se moque bien...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°100
Si proche du paradis

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°101
Il n’y a de hasardeux chemin

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°102
La fragilité des fleurs

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°103
Visage(s)

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°104
Le monde, le poète et l’animal

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°105
Petit état des lieux de l’être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°106
Lumière, visages et tressaillements

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°107
La lumière encore...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°108
Sur la terre, le soleil déjà

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°109
Et la parole, aussi, est douce...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°110
Une parole, un silence...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°111
Le silence, la parole...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°112
Une vérité, un songe peut-être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°113
Silence et causeries

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°114
Un peu de vie, un peu de monde...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°115
Encore un peu de désespérance

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°116
La tâche du monde, du sage...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°117
Dire ce que nous sommes...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°118
Ce que nous sommes – encore...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°119
Entre les étoiles et la lumière

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°120
Joies et tristesses verticales

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°121
Du bruit, des âmes et du silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°122
Encore un peu de tout...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°123
L’amour et les ténèbres

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°124
Le feu, la cendre et l’infortune

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°125
Le tragique des jours et le silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°126
Mille fois déjà peut-être...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°127
L’âme, les pierres, la chair...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°128
De l’or dans la boue

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°129
Quelques jours et l’éternité

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°130
Vivant comme si...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°131
La tristesse et la mort

Récit / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°132
Ce feu au fond de l’âme

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°133
Visage(s) commun(s)

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°134
Au bord de l'impersonnel

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°135
Aux portes de la nuit et du silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°136
Entre le rêve et l'absence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°137
Nous autres, hier et aujourd'hui

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°138
Parenthèse, le temps d'un retour...

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°139 
Au loin, je vois les hommes...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°140
L'étrange labeur de l'âme

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°141
Aux fenêtres de l'âme

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°142
L'âme du monde

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°143
Le temps, le monde, le silence...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°144
Obstination(s)

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°145
L'âme, la prière et le silence

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°146
Envolées

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°147
Au fond

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°148
Le réel et l'éphémère

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°149
Destin et illusion

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°150
L'époque, les siècles et l'atemporel

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°151
En somme...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°152
Passage(s)

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°153
Ici, ailleurs, partout

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°154
A quoi bon...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°155
Ce qui demeure dans le pas

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°156
L'autre vie, en nous, si fragile

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°157
La beauté, le silence, le plus simple...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°158
Et, aujourd'hui, tout revient encore...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°159
Tout - de l'autre côté

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°160
Au milieu du monde...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°161
Sourire en silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°162
Nous et les autres - encore

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°163
L'illusion, l'invisible et l'infranchissable

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°164
Le monde et le poète - peut-être...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°165
Rejoindre

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°166
A regarder le monde

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°167
Alternance et continuité

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°168
Fragments ordinaires

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°169
Reliquats et éclaboussures

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°170
Sur le plus lointain versant...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°171
Au-dehors comme au-dedans

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°172
Matière d'éveil - matière du monde

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°173
Lignes de démarcation

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°174
Jeux d'incomplétude

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°175
Exprimer l'impossible

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°176
De larmes, d'enfance et de fleurs

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°177
Coeur blessé, coeur ouvert, coeur vivant

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°178
Cercles superposés

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°179
Tournants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°180
Le jeu des Dieux et des vivants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°181
Routes, élans et pénétrations

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°182
Elans et miracle

Journal poétique / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°183
D'un temps à l'autre

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°184
Quelque part au-dessus du néant...

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°185
Toujours - quelque chose du monde

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°186
Aube et horizon

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°187
L'épaisseur de la trame

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°188
Dans le même creuset

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°189
Notes journalières

Carnet n°190
Notes de la vacuité

Carnet n°191
Notes journalières

Carnet n°192
Notes de la vacuité

Carnet n°193
Notes journalières

Carnet n°194
Notes de la vacuité

Carnet n°195
Notes journalières

Carnet n°196
Notes de la vacuité

Carnet n°197
Notes journalières

Carnet n°198
Notes de la vacuité

Carnet n°199
Notes journalières

Carnet n°200
Notes de la vacuité

Carnet n°201
Notes journalières

Carnet n°202
Notes de la route

Carnet n°203
Notes journalières

Carnet n°204
Notes de voyage

Carnet n°205
Notes journalières

Carnet n°206
Notes du monde

Carnet n°207
Notes journalières

Carnet n°208
Notes sans titre

Carnet n°209
Notes journalières

Carnet n°210
Notes sans titre

Carnet n°211
Notes journalières

Carnet n°212
Notes sans titre

Carnet n°213
Notes journalières

Carnet n°214
Notes sans titre

Carnet n°215
Notes journalières

Carnet n°216
Notes sans titre

Carnet n°217
Notes journalières

Carnet n°218
Notes sans titre

Carnet n°219
Notes journalières

Carnet n°220
Notes sans titre

Carnet n°221
Notes journalières

Carnet n°222
Notes sans titre

Carnet n°223
Notes journalières

Carnet n°224
Notes sans titre

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Devant un Dieu invisible

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Ecoutant ce qui demeure

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Et si le monde était l'exil

Mars 2025

 

Carnet n°318
La danse secrète

Avril 2025

 

Carnet n°319
Le cœur engagé dans l'aventure

Mai 2025

 

Carnet n°320
Ce qui veille au fond de l'âme

Juin 2025

 

Carnet n°321
Dans l'écume du mystère

Août 2025

 

Carnet n°322
Vers l'indéchiffrable

Septembre 2025

 

Carnet n°323
Dans l'épaisseur du réel

Octobre 2025

 

Carnet n°324
Entre l'étoile et la boue

Novembre 2025

 

Carnet n°325
Tant qu'il y aura des jours

Décembre 2025

 

Carnet n°326
Des choses et d'autres

Janvier 2026

Epigraphes associées aux carnets

© Les carnets métaphysiques & spirituels

QUELQUES JOURS EN MA COMPAGNIE (VOLUME 3)

JOURNAL (2025)

 

Vendredi 11 juillet

 

Un long désapprentissage

En dépit des apparences, il n'y a rien à craindre en cette vie. Tout ce qui nous est donné à vivre (rencontres, événements heureux ou douloureux, séparations etc etc) nous est nécessaire pour nous défaire de nos croyances et de nos idées sur le monde, sur les autres, sur la vie, sur la mort, sur nous-mêmes. Ainsi nos expériences nous amènent, de manière progressive ou brutale, à éroder nos représentations*. La perte peut s'avérer difficile à vivre sur le moment mais elle est indispensable si l'on aspire à faire face au réel avec un regard lucide, ouvert et innocent...

 

* un peu comme nous avons cessé, un jour, de croire au père Noël...

 

 

Infiniment

Là où le cœur devient le seul horizon

Là où le destin s'accomplit

 

 

Une attente inutile

Il faut bien souvent attendre un événement douloureux, une catastrophe ou un drame collectif pour que ressurgisse cette fraternité qui sommeille au fond du cœur...

 

 

Sensibilité

A proximité de la cruauté

L'âme qui se rétracte

Et ces larmes que ni les victimes

ni les bourreaux ne verront couler

 

 

Sentiment d'incomplétude et gesticulations

Être se suffit à lui-même et pourrait parfaitement nous contenter mais, en général, nous ne savons nous en satisfaire. Aussi se sent-on obligé d'y ajouter mille choses superflues ; des activités, des mouvements, des bruits, des êtres, des pensées, des émotions etc etc. C'est notre incapacité à ressentir la plénitude de l'être la cause de toutes nos gesticulations. Cette inaptitude vient de notre manque de sensibilité à ressentir la porosité du corps, du cœur et de l'esprit et de notre impression d'être une entité indépendante et séparée du reste. Cette perception nous oblige à surajouter frénétiquement à l'être mille choses pour nous sentir vivant, pour nous sentir exister.

 

 

Fatigue

Au-dehors

Le cœur harassé

Depuis trop longtemps – peut-être...

 

 

Alexis Jenni

« (…) l'air que nous respirons est le souffle d'autres êtres vivants, et ce dont ils se bâtissent est tiré de notre souffle. Notre réalité, c'est la vie d'autrui. C'est lui qui crée la matière de ce que nous appelons notre monde ; nous ne pouvons vivre que de la vie des autres ; la vie des autres est mon milieu, il m'accueille et je l'alimente. »

 

 

Une tendresse débordante

Lorsque le cœur devient réellement sensible, tout nous émeut et nous bouleverse. Tout devient intime comme si l'âme des êtres et des choses (de tous les êtres et de toutes les choses) se révélait. Et le cœur se gonfle naturellement de cet Amour incroyable... et l'on voudrait aider tout ce qui existe et partager avec tout le monde ce débordement de tendresse.

 

 

Enzo Bianchi

« On a le cœur tellement plein de Dieu qu'il déborde. »

 

 

Un étrange labeur

Le cœur déployé

absorbant toutes les résistances

se frayant un passage

au milieu des obstacles

jusqu'au fond de l'âme

et continuant ; et continuant

transformant tout en sujet de son royaume

 

 

Savoir silencieux

Les lèvres closes

De plus en plus

à mesure que l'on sait

 

 

Minimalisme

Gestes et sourire seulement

 

 

Intériorité sylvestre

Le cœur vivant

Dans la chambre de la forêt

Si proche de l'âme des arbres

A la merci du ciel et du monde

 

 

Ce que l'on en fait...

La parole

comme une fleur à peine éclose

comme une étoile en plein ciel

offrant sa beauté, sa lumière, son abandon

quelque chose comme un miroir

qui éclaire, indiffère ou éblouit

celui qui la reçoit

(selon la posture de son âme)

 

 

Une violence sourde

Lorsque l'on entend hurler une tronçonneuse, je crois que tous les arbres savent très bien ce qui est en train de se passer. Et je suis sûr que si l'on était plus attentif, on les entendrait crier...

 

 

Monstre affamé

Peu à peu dévoré

Comme si le monde était un ventre

 

 

Mélange

Sans cruauté

Le sang qui passe d'un corps à l'autre

Et le souffle qui jette partout sa semence

pour que dure la vie

pour que dure la danse

 

 

Un campement provisoire

Assis sur un étroit sentier. Notre barda étalé autour de nous. Sac à dos, sandales, bâton, carnet, feutre et livre et, indispensable en cette période estivale, une bouteille d'eau.

 

 

Hors du monde humain

Loin des murs et du sommeil

Auprès des arbres et des fleurs

A l'ombre de ceux qui peuplent la forêt

Au fond de leur royaume

Là où seul le ciel est souverain

 

 

En un lieu tranquille

Assis là sans autre activité que respirer, contempler et ressentir. Si proche de l'être que je ne suis pas disposé à m'investir dans la moindre occupation. De temps à autre, j'interromps cette impassibilité pour noter quelques lignes sur mon carnet. L'après-midi passe ainsi dans la quiétude et le silence. Loin du bruit et de l'agitation des hommes.

 

 

Christiane Singer

« Ma vie est devenue simple. Je n'ai plus aucun concept ni représentation. Je rencontre ceux qui me rencontrent avec une innocence de moineau. »

 

 

Rencontre vespérale

Hier soir, un jeune renard efflanqué est passé devant la porte de la roulotte. Je l'ai regardé avec tendresse s'éloigner sur la piste forestière.

 

 

Réceptacle

Au plus près du cœur

Ce qui nous traverse

sans autre raison d'être

 

 

Un exercice plaisant

Comme il est doux et savoureux de noter ce qui nous traverse.

 

 

Salmigondis

Le cœur de l'homme

si étrangement agencé

où tout se mélange

au sommeil et au miroir

 

 

Une civilisation inspirée

Si l'on s'inspirait des arbres pour créer une société humaine, celle-ci serait silencieuse, pacifique, solidaire, frugale, résiliente, autonome, patiente, tranquille, confiante et belle...

 

 

Comportement et environnement

Pour être respectueux des êtres et des choses, il faut évoluer dans un environnement hospitalier. Dans un univers qui nous semble hostile, on ne se soucie que de soi et on n'aspire qu'à parvenir à ses fins. Faites-en l'expérience, allez dans un lieu qui vous semble particulièrement inhospitalier – un quartier fréquenté par des individus violents et malintentionnés ou une parcelle de forêt embroussaillée et épineuse peuplée d'animaux dangereux ou d'insectes vibrionnants où l'on ne peut se frayer un chemin qu'à coups de machette – et vous verrez que quelque chose en vous se contractera et que vous n'aurez qu'une idée en tête, vous, votre confort et/ou votre survie. Impossible en ces lieux de se soucier d'un autre que vous... En revanche, dans un environnement plaisant et accueillant (et si, bien sûr, vous n'êtes pas contraint par le temps), quelque chose en vous se détendra et vous pourrez – si vous êtes suffisamment sensible – vous montrer attentif aux autres êtres et respectueux de ce qui vous environne...

 

 

Ce qui fonde le monde

Ce sont essentiellement nos peurs et nos représentations (et les attitudes qu'elles engendrent) qui font que le monde est ce qu'il est...

 

 

Jonglerie

Dans la même main

Le monde, le temps, la mort

Et dans l'autre ; l'oubli

 

 

Samedi 12 juillet

 

Modeste artisan

Humble artisan de l'être et des mots qui, chaque jour, reprend son travail, peaufine l’œuvre en cours, rabote tout superflu. Jour après jour, dans son modeste atelier où se façonnent l'âme et les livres.

 

 

Aux confins

Immobile dans le vent

A la lisière du geste

Le cœur au bord du recommencement

 

 

Morne routine

Le mystère et le vertige de vivre si souvent arasés par les habitudes du quotidien.

 

 

L'énigme du Divin

La plus haute figure

traversée elle aussi

par le mystère

 

 

Respecter le vivant

J'éprouve un si profond respect pour le vivant que je n'arrache jamais volontairement (sauf, bien sûr, pour me nourrir) le moindre végétal (y compris ce que l'on appelle les mauvaises herbes), ni ne tue intentionnellement le moindre animal (y compris les insectes) excepté les moustiques et les stomoxes lorsqu'ils m'assaillent*.

 

* Et il arrive aussi, je dois le reconnaître, qu'un revers de la main un peu appuyé envoie au tapis une mouche un peu agaçante (qui vient me chatouiller la peau toutes les 5 secondes). Mais rassurez-vous, en général, elle est sonnée mais elle s'en sort...

 

 

Issa

« Ne tue pas la mouche

vois comme elle tend

vers toi les pattes »

 

 

Parmi ceux qui protègent...

Auprès des gardiens du seul visage

 

 

Sur des terres fertiles

Est-ce que les pensées sont comme des graines qui volent au vent et qui se mettent à pousser lorsqu'elles rencontrent une terre favorable ?

 

 

Un peu infantile, non ?

Il est fou de constater qu'il suffit que l'on s’intéresse (un peu) à nous pour se sentir joyeux. D'où vient cette inclination un peu enfantine ? Ne nous aimerions-nous pas assez pour compter ainsi sur le regard d'autrui ? Aurions-nous besoin d'un tiers pour nous sentir dignes d'être aimés ?

 

 

Pour soi

Alors que tout se rue

Alors que tout se jette

Aller à son rythme

Vivre avec attention et tendresse

 

 

Rester tranquille

Laissons faire, laissons faire... Ou, dit autrement, foutez-vous la paix et cessez de vous préoccuper du monde !

 

 

Acte involontaire

Rien ne se décide ; ça a lieu simplement...

 

 

Nomade sédentaire

J'ai toujours eu l'âme vagabonde et le cœur casanier. J'aime découvrir des horizons nouveaux en restant chez moi. Voilà pourquoi je vis en roulotte...

 

 

Repères

Auprès des arbres

L'âme, la pierre et l'invisible

Toute notre géographie

 

 

Magma informe

C'est incroyable – et un peu monstrueux aussi – ce réel ; tout ce vivant enchevêtré !

 

 

Abris

Sans autre refuge que le cœur et le silence...

 

 

Et si l'on devait mourir bientôt...

S'il nous restait 2 heures, 2 jours, 2 semaines, 2 mois ou 2 années à vivre, que ferions-nous ? Cette échéance intensifierait-elle l'instant ? Parviendrait-on à goûter pleinement la saveur de la vie et à contempler le merveilleux du monde ? Vivrait-on l'abolition, le déni ou l’accélération du temps ? Ressentirait-on une forme d'urgence ? Serait-on trop abattu et désemparé pour apprécier ce qui est offert ? Qu'abandonnerait-on sans la moindre hésitation ? Jetterions-nous toutes nos forces dans ce si peu de vie qu'il nous reste ? Préparerait-on la mort et l'après-mort ? Et s'il n'était pas nécessaire d'attendre cette échéance pour vivre réellement et faire ce qui nous tient à cœur...

 

 

Au-delà du piège

Rien que de la vase

Les corps qui s'enlisent

Le cœur qui s'enfonce

Au bord de l'asphyxie

Et le rire des âmes

posées au-dessus des tragédies

 

 

Christiane Singer

« Est sauvé depuis toujours ce que nous avions pourtant vécu avec tant de négligence ! »

 

 

Étrangement pourvu

Nous sommes à la fois si bien équipés et si mal armés pour cette vie et ce monde...

 

 

Sans limite

Au bout de soi ; quelque chose encore...

 

 

Entre-deux

Entre plénitude et insatisfaction. Entre, d'un côté, le vide inconfortable et, de l'autre, le sentiment de complétude. Oscillant sans cesse...

 

 

Agir

Il est passablement ardu de demeurer sans la moindre activité ; le « faire » occupe une si grande place dans nos vies...

 

 

Ce qui s'offre

Des pages comme une main tendue. Un peu de soi, un peu d'humanité. Et, parfois, un peu de lumière...

 

 

Des êtres hybrides

Nous sommes à la fois conscience et énergie, immobilité et mouvement, contemplation et action, témoin et acteur. Une entité (plutôt un système) hybride, un entre-deux changeant et instable. Et il convient de respecter ces 2 composantes de notre être fondamental.

 

 

Évitement

Tout ce que l'on oppose au mystère

au lieu de plonger dans ses profondeurs

 

 

Petit bréviaire à l'usage de l'homme

Il convient de vivre sans embarras.

 

 

Une très ancienne aspiration

J'ai toujours aimé les pensées d'ordre général. Enfant déjà, j'aspirais à trouver les lois fondamentales du monde, de la Vie et de l'existence humaine et, à travers elles, l'essence du réel. Bref comprendre ce que nous sommes...

 

 

De l'autre côté

La chair et le mot jusqu'au délire

Alors que derrière les apparences

règnent le silence et l'invisible

 

 

Intériorité plurielle

Je suis multiple ; et tous mes interlocuteurs sont à l'intérieur...

 

 

Impossibilité

Le cœur interminable

dans la boue épaisse du monde

transformant la terre

Sans jamais parvenir

à recouvrir parfaitement l'étendue

 

 

Non dénaturé

Ce qui me réjouit : toutes les choses naturelles. Ce que notre civilisation n'a pas réussi à corrompre...

 

 

Transformation

Nous effaçant depuis l'intérieur

Aspirant tous les cercles concentriques

jusqu'au noyau

pour devenir, peu à peu, les alentours

puis, le reste

 

 

Un monde qui change...

J'ignore si c'est lié à mon âge ou à l'évolution actuelle du monde – sans doute les 2 – mais l'époque m'est de plus en plus insupportable ; cet individualisme forcené, cet égoïsme, cet irrespect, cette violence, ces incivilités, cette impatience, cette consommation effrénée de distractions, ces écrans qui ont tout envahi. Tout cela me semble odieux, abject et absurde. On vit dans un monde hostile et dégénéré ; et au sein d'une civilisation qui ne l'est, sans doute, pas moins...

 

La vie et l'être humain ne sont pas sans ressource mais si cette tendance persiste (ou se renforce...), je crains le pire pour les générations à venir. Mon seul espoir réside dans les tentatives actuelles d'inventer de nouvelles façons de vivre ensemble et de nouvelles manières de travailler et de consommer fondées sur une relation aux humains, aux non-humains et à l'environnement plus complexe, moins hiérarchique et plus respectueuse telles qu'essayent de les mettre en œuvre celles et ceux qui s'investissent dans les ZAD (Zones A Défendre).

 

 

L'homme

Plus enclin à édifier qu'à effacer ;

à amasser qu'à soustraire ;

à jouir qu'à aimer ;

à séparer qu'à rassembler ;

Du côté de la tête et de la pierre

plutôt que du côté de la tendresse et du cœur

 

 

Étrange inclination

A jouer à côté du secret

comme si l'on préférait le rêve à Dieu

 

 

John Muir

« Avec l'âge, les sources de plaisir se ferment l'une après l'autre, mais celles de la Nature ne se tarissent jamais. »

 

 

Dimanche 13 juillet

 

A l'abri

Le cœur épargné par la cruauté de l'âme et du monde.

 

 

Condition préalable

Ce qu'il faut d'effacement

pour habiter l'invisible

et témoigner du merveilleux

 

 

Hauteur

Par-dessus l'accumulation des choses et du temps...

 

 

Brume

Sans plus savoir ce que nous sommes

Sans plus savoir ce qui est là ; ni ce qui perçoit

Comme englouti par le rêve

 

 

Senna

« Un oiseau solitaire

pour compagnon

sur la lande desséchée »

 

 

Si proche

Au plus près d'une lumière qui, sans cesse, nous appelle ; qui, sans cesse, nous invite et que, sans cesse, nous ignorons.

 

 

Au cœur de l'écoute

Comme installé au cœur de l'écoute ; là où tout devient intime...

 

 

Retour à la source

Simple et sans importance

Comme une feuille morte

laissant le vent l'emporter

où bon lui semble

Vers la terre et le ciel

simultanément

pour retrouver l'état de l'origine

 

 

Ce qui vient

Au milieu des herbes et des feuillages

La fenêtre ouverte sur la forêt

Le monde niché au fond de l'âme

Laissant le silence et la joie s'approcher

 

 

Auto-portrait

Une solitude silencieuse

L'âme et le verbe ardent

L'encre et le geste généreux

 

 

Affligeante gravité

La vie est si joueuse et si joyeuse ; et les hommes l'ont oublié. Il faut voir leur air grave et sérieux, croire dur comme fer à leur existence, s'enorgueillir ou se lamenter de ce qu'ils font, traîner partout leur tristesse, leur ennui ou leur agitation... Quel affligeant spectacle !

 

 

Assuétude

Tenace et silencieux

A marche forcée

Allant jusqu'à l'épuisement

Otage des obsessions de l'esprit

Jusqu'au dernier souffle de vie

 

 

Farce

Et si rien d'autre que le rire ne comptait...

 

 

Apparence trompeuse

A propos du ciel

Quelque chose de discret et de délicat

En dépit de l'immensité

 

 

Facilité

Au milieu des rêves des autres que par paresse ou avidité on a fait siens...

 

 

Rêve versus imaginaire

Se rappeler que la tête est le siège du rêve

et qu'il existe un imaginaire bien plus vaste que le réel

 

 

L'existence humaine

De la chair, du désir, du sommeil et du rêve. Voilà à quoi se limite, bien souvent, la vie de l'homme.

 

 

Jeu des confins

Nous balançant

aux hanches du temps

Jouets du monde

et jouets des dieux

Lancés jusqu'au plus haut

Lancés jusqu'au plus loin

Frôlant le plus intime

Et allant parfois même jusqu'à effleurer l'infini

 

 

Une juste présence au monde

Artisan de l'être (si l'on peut dire) qui « travaille » à partir de ce que nous sommes et de ce qui est, ne façonnant rien d'autre qu'une juste présence au monde parfaitement adaptée à l'instant et aux circonstances. Mon Dieu ! Quelle ambition !

 

 

Apprentissage

Ce qu'il faut d'humilité

pour apprendre à vivre

pour apprendre à être

 

 

Rencontre quotidienne

Assis à ma table de travail. Devant une feuille blanche. Ainsi s'offre, chaque jour, une rencontre avec ce que je porte et ce qui me traverse ; un dialogue peut-être... Quelque chose qui n'est pas personnel et qui s'invite ou qui s'impose et qui initie une parole que, parfois, je prolonge...

 

 

Guidance

Dans la main

le feutre tenu par l'âme

Et au fond de soi

ce qu'il faut de rire, de silence et d'effacement

pour dire le monde comme il va

 

 

Un peu de métaphysique

Comment vivre l'Absolu ?

 

 

Porte dérobée

S'abandonner

sans doute – la plus juste manière

d'entrer dans le jeu de la vie et du monde

et de se laisser porter par ce qui est offert

 

 

Confident

Si proche du monde, des choses et des visages que tout nous confie ses secrets...

 

 

Gratitude

Merci, merci, merci

 

 

Sans propriétaire

On offre ce qui n'appartient à personne.

 

 

Heidegger

« Le penseur dit l'être, le poète nomme le sacré. »

 

 

Impénétrable

Dans la volonté du mystère...

 

 

Endormi

Il ne sert à rien de connaître le nom de toutes les choses de l'âme et du monde pour sortir du sommeil. Et d'ailleurs, bien souvent, le savoir ne réussit qu'à nous y plonger tout entier...

 

 

Questions

Tant de pourquoi sans réponse...

 

 

Le Divin terrestre

Le mystère si près des fleurs

si près des pierres

que l'on doit pencher son cœur sur la terre

oublier le ciel (pendant quelques instants)

pour regarder les fols élans

de ce qui en paraît le plus éloigné

Dieu s'y cache ; Dieu nous y attend

 

 

Si proche

Dans la connivence du plus intime

 

 

Lundi 14 juillet

 

Petit bréviaire à l'usage de l'homme

Il ne s'agit pas d'être, selon l'expression consacrée, un « grand homme » (ou une « grande femme ») mais d'être pleinement ce que l'on est avec les caractéristiques et les prédispositions que la vie nous a données. Faire de son mieux pour que ce qui nous a été offert se déploie dans sa pleine envergure. Il n'y a rien d'autre à faire en cette vie : seulement devenir parfaitement soi-même.

 

 

A même le territoire

Sur la même carte

L'âme, le ciel, la vie

avec des légendes annotées

de nos propres mains

 

 

Et si c'était la dernière fois...

Le goût incomparable et (un peu) nostalgique des dernières fois. Presque toujours teinté du regret de ne pas avoir apprécié à sa « juste valeur » des instants, des gestes ou des activités qui nous ont toujours semblé bien ordinaires...

 

 

Jamais hors de soi

Il n'y a de dehors

Tout est à l'intérieur

 

 

Oisiveté

Heureux ceux qui ne font rien ; ceux qui ne possèdent rien...

 

 

Perché

Si irréel

le monde

du haut de l'esprit

 

 

Discret labeur

Le « vrai travail » de l'homme est invisible. Il se réalise en secret au fond du cœur...

 

 

Cercles et issues

Qu'importe les visages et les lieux

Qu'importe les circonstances et les saisons

Tout nous accompagne

Tout est passage et initiation

 

 

Trajet

Certaines paroles nous pénètrent jusqu'à l'éblouissement. Jusqu'à l'ivresse. Jusqu'à l'extase.

 

 

Ce qui se dit

Le cœur au fond du chant

Le plus intime exprimé par le poème

 

 

Une perception déformée du réel

Pour la vie, il n'y a ni événement majeur (ou déterminant) ni événement dérisoire (ou insignifiant). Il n'y a aucune différence entre un papillon qui butine une fleur et la crue dévastatrice d'un fleuve, aucune différence entre une tuerie de masse et la feuille d'un arbre arrachée par le vent. Tout est égal. Des choses simplement ont lieu. C'est l'esprit qui hiérarchise les faits selon ce qui compte pour lui. Plus les êtres et les choses qui lui sont chers sont impliqués dans les circonstances, plus il leur accorde de l'importance.

 

Nous avons une vision parfaitement déformée du réel. Et cette perception biaisée induit une intensité émotionnelle qui varie également de manière proportionnelle avec l'importance accordée aux événements. Plus les êtres impliqués dans les événements nous sont proches (et à commencer par nous-même), plus l'intensité émotionnelle est forte. Voilà, bien sûr, pour quoi un même fait touche à des degrés fort divers les esprits et les cœurs...

 

 

Sage discrétion

Passer sans laisser de trace, voilà peut-être, au fond, ce qu'est la sagesse...

 

 

Le plus essentiel

Rien que le regard et le vent ;

et des âmes qui s'étreignent

 

 

Propice à la rencontre

J'aime le rythme lent de la marche, sentir la caresse du pied sur le sol. A cette allure, on peut voir et être vu, observer et être observé ; ce qui est tout à fait propice à la rencontre avec les êtres et les paysages, avec le ciel et la topographie, avec les pierres, les bêtes et les plantes. Avec tout ce qui se laisse approcher...

 

 

Exactement

A notre place

Sous ce coin de ciel

 

 

Résonances

Ce dont l'âme s'empare

Ce que restitue le chant

le cœur, le monde, leur danse

Ce qui fait vibrer la trame

 

 

A la manière du sauvage

J'aimerais tant vivre à la manière des arbres et des bêtes sauvages. Mais d'où vient donc ce désir ? Peut-être est-ce de voir les hommes quitter progressivement leur état naturel et artificialiser l'existence et le monde... Peut-être est-ce parce que je refuse cette société où tout est prévu, contraint et organisé... Peut-être est-ce parce que je voudrais que jamais ne disparaisse cette part primitive, libre et indomptable qui habite le vivant...

 

 

Involontairement

A notre insu

le plus souvent

 

 

 

Géographie intime

Le cœur

si étroitement lié au chemin

Épousant ses méandres

et ses courbes

Ce qui constitue

notre géographie intime

 

 

Flâner

S'arrêter au détour d'un chemin pour regarder une fleur, une pierre, la forme singulière d'un arbre, humer une odeur, s'enivrer du parfum des sous-bois, noter quelques pensées. Ah ! Quel bonheur !

 

 

Multitude

Tant d'âmes et de ciels différents en ce monde...

 

 

D'un pas tranquille

C'est dans le livre de Jacques Lacarrière « Chemin faisant » que j'ai appris l'étymologie du mot « randonnée » qui vient d'un vieux mot français « randon » qui signifie fatigue, épuisement. L'auteur nous dit que « courir à randon », c'est « courir jusqu'à épuisement » et il ajoute que « randir », c'est « se déplacer avec ardeur et impétuosité ». Ainsi, chaque jour, je ne randonne pas, je flâne, je baguenaude, je vais de mon pas tranquille sur les chemins, sans but ni destination, sans le moindre enjeu sportif, l'esprit détendu et l’œil attentif.

 

 

Îlot

Dans la compagnie d'un livre

Une part de soi – un peu de vérité

Au milieu de tant de rêves

 

 

Un émouvant spectacle

Il m'arrive très souvent de m'arrêter pour admirer la beauté d'un arbre ou m'émouvoir d'un tronc abîmé par le vent, le temps ou les hommes et d’encourager in petto la merveilleuse ardeur du vivant à jeter ses forces dans la bataille jusqu'au dernier souffle. Rien ne m'émeut davantage que de voir quelques minces et courageux rameaux émerger d'une souche ou l'unique et vaillante branche d'un arbre presque mort. Et, malheureusement, je ne peux m'arrêter devant chaque arbre de la forêt. Je passe donc sans m'attarder devant la plupart d'entre eux, tous ceux qui n'ont pas de caractéristique particulière. Et je souris en écrivant cette expression « sans caractéristique particulière » car, chez les humains, j'appartiens sans nul doute à cette catégorie...

 

 

Allure et direction

Sans se hâter ; vers la lumière

 

 

Aider ceux qui en ont besoin

Malgré mon âge, j'ai conservé des gestes que certains pourraient qualifier d'enfantins ; remettre sur ses pattes un coléoptère sur le dos, poser sur le bas-côté un escargot, une limace ou un ver de terre qui circule sur la route ou le sentier... Ces gestes me paraissent tout simplement naturels ; aider ceux qui en ont besoin, qui se trouvent en danger ou qui traversent une mauvaise passe ou un moment difficile. Et qu'importe que ces êtres soient minuscules et qu'ils n'aient aucune valeur aux yeux des hommes, quelque chose en moi m'y exhorte. Et je m'y prête de bonne grâce d'autant que les êtres humains avec leurs villes, leurs routes, leurs chemins et leurs champs ont à ce point envahi l'espace qu'il ne reste presque plus (du moins sous nos latitudes) de zones où les autres espèces peuvent vivre et aller librement.

 

 

Christiane Singer

« N'a pour moi de valeur que ce qui nous vient sous la dictée du cœur. »

 

 

Au-delà du monde

Derrière le silence

Dieu

Les bras grands ouverts

Le cœur battant

 

 

Tragédies

Tant de drames partout ! Et jusque sous nos pieds (dans le monde impitoyable des insectes). Et dire que tout cela nous indiffère !

 

 

Shiki

« Des insectes d'été

tombent morts

sur mon livre »

 

 

L'enfer terrestre

Le cri de la chair

à travers tous les déchirements

Comme si la nuit

se ruait sur les âmes

Comme si le monde

n'était qu'un amas de douleurs

 

 

Délicatesse

Parmi les fleurs

Ces compagnes sans exigence

Si vivantes ; si fragiles

derrière leurs pétales colorés

 

 

Entremêlement

La vie et la mort enchâssées – enchevêtrées jusqu'au vertige...

 

 

Abandon

Au milieu des mots

Au centre de notre ancien royaume

Le trône déserté à présent

A déambuler le cœur un peu triste

en ces lieux qui n'ont jamais connu d'auditoire ;

Encore plus seul et désemparé qu'autrefois

 

 

Tout est lié et séparé simultanément

Les 4 ontologies de Philippe Descola (analogisme, naturalisme, totémisme et animisme) exposées dans son livre « Par-delà nature et culture » me semblent non seulement justes mais j'ai le sentiment qu'elles sont toutes vraies simultanément. Selon moi, il y a en effet quelque chose à la fois de différent et de commun chez les humains et les non-humains* tant sur le plan corporel (ou organique) que sur le plan de l'intériorité (ou de l'âme). Chaque forme et chaque esprit sont à la fois singuliers et partagent une dimension non personnelle et commune...

 

* Et avec un peu d'audace, je suis persuadé que l'on pourrait l'étendre à l'ensemble des formes existantes...

 

 

Prière post-mortem

Au cours de mes déambulations sylvestres, je vois très régulièrement des restes de mulots dans des déjections*, des musaraignes mortes ou des plumées d'oiseaux (en général, des colombidés). Je m'arrête toujours quelques instants pour les regarder et lancer une prière pour leur esprit (ou leur âme) qui doit planer quelque part au-dessus de leur corps ou qui a peut-être déjà rejoint d'autres mondes.

 

Je vois aussi quantité d'animaux morts sur la route ; des oiseaux, des hérissons, des martres, des blaireaux, des renards, des chevreuils avalés par cette funeste langue de bitume aussi vorace qu'impitoyable. Et comme sur les sentiers pédestres, je ralentis et leur offre une pensée pour leur dire qu'à cet instant, ils ne sont pas seuls, que quelqu'un pense à eux et les accompagne...

 

* des fèces de renard sans doute

 

 

John Muir

« Il est étrange que l'on puisse parcourir les forêts sans voir la moindre trace de sang. La plupart des animaux sauvages viennent au monde et le quittent sans que personne s'en aperçoive. »

 

 

Patrimoine

L'existence ; un simple passage

Que restera-t-il de cette brève traversée ?

Rien sinon – peut-être – ce que le cœur aura compris

 

 

Christiane Singer 

« Je ne suis qu'une vivante qui voyage entre les mondes. »

 

 

Appareillage sensible

Ressentir ; comme si le cœur était le seul organe vivant...

 

 

Une attitude juste

Respecter les vivants et honorer l'esprit des morts.

 

 

Legs

Ce qu'il restera ?

Peut-être un sourire

Peut-être une grimace

Peut-être quelques mots

Qui peut savoir ?

 

 

 

Ne pas oublier le végétal

Je porte une attention particulière aux herbes et aux plantes sur mon chemin. J'évite (autant qu'il m'est possible) de les piétiner ou de poser sur elles, mon séant, mon sac à dos, mon bâton et mes sandales pendant mes pauses sylvestres.

 

 

Teiji

« Une herbe folle

entendant son nom

je la vis d'autre manière »

 

 

Responsabilité

Plus la conscience s'aiguise, plus la famille d'appartenance s'élargit, plus on fait attention et plus on prend soin de ce qui nous entoure.

 

 

Des forces antagonistes et complémentaires

Je crois que toutes les choses de ce monde sont animées par des forces de création et de protection et par des forces de destruction. Chez la plupart des hommes (et peut-être même chez la plupart des êtres) ces forces s'équilibrent. Mais chez certains, en revanche, on sent que le ratio est naturellement favorable à la vie et chez d'autres naturellement favorable à la mort.

 

 

Sans protection

Être nomade, c'est ne jamais cesser d'être en contact avec la vie et le monde ; sans barrière ni murs protecteurs. En prise directe...

 

 

Quiétude

Comme exilé sur cette terre sans homme

Au milieu des arbres et des fleurs

Parmi les bêtes et les pierres

La roulotte posée dans les hautes herbes

Le cœur silencieux

 

 

Mardi 15 juillet

 

Quelque chose de merveilleux

Il y a dans la simplicité des mots et des gestes quelque chose de la grâce. Et quelque chose de l'homme aussi...

 

 

Promontoire

Au fond de la forêt

L'oubli du monde et du temps

Manière de ne rien attendre

et de laisser advenir

ce que l'on a trop longtemps négligé

 

 

Seul et ensemble

Nous accompagnant...

 

 

Au bon endroit

L'âme et la main

entre le ciel et la douleur

A l'exacte place de l'homme

 

 

Peu à peu

Un mot après l'autre. Un pas après l'autre. Ainsi se dessinent le récit et le destin.

 

 

Farouche

Le cœur encore si sauvage...

 

 

Tentatives

A rêver

à travers les larmes

A penser

à côté du secret

A tenter de vivre

de toutes ses forces

et, si souvent, en vain

 

 

Le lieu où tout se joue

Le cœur ; l'office du monde et du Divin

 

 

Partout

La figure de l'infini

Là où sont les reflets

Et là où ils ne sont pas

 

 

Une juste attitude

Sans exigence ; ouvert à ce qui vient

 

 

Au-delà de l'homme

L'âme étrangère

aux rites du monde

aux sacrifices

et aux jouissances

de la chair

Trouvant sa joie

dans un sourire innocent

 

 

Ne rien refuser

Expérimenter tous les états de l'âme, du corps et de la psyché ; entre la conscience et l'inattention, entre la douleur et la félicité, entre le désespoir et la joie...

 

 

Christiane Singer

« Je tente de ne surtout rien esquiver. Je m'accompagne partout où l'âme me mène. »

 

 

Par-delà les catégories

Aller

Jusqu'à l'impossible

Jusqu'à l'impensable

Et au-delà encore

Là où le sacré perd son nom

 

 

What else ?

La vie. Seulement la vie...

De quoi d'autre aurions-nous besoin ?

 

 

Présence invisible

En soi

Ce qui demeure

et ce qui ne se voit pas

 

 

Tranquillité

Quelque chose du silence et de la joie. Une paix profonde.

 

 

Strictement confondus

Au fond de soi

quelque chose de l'Absolu et des saisons

presque sans distinction

 

 

Offrir davantage

Ah ! Si l'on pouvait en même temps que les mots offrir l'état de l'âme...

 

 

Amarrage

Accroché à ce qui demeure

Et le reste (tout le reste)

immanquablement emporté

 

 

Moments de quiétude

Assis sur une petite route. Le carnet sur les genoux. Entre prés et forêt. Au loin, quelques corneilles dans un champ. La caresse du soleil et du vent sur la peau.

 

 

Un souci philosophique quotidien

La perspective métaphysique adossée au plus trivial

 

 

Le plus précieux conseil

Aussi présent que possible...

 

 

Aérien

Le cœur hissé

au plus haut du monde

Et l'âme qui devient légère – si légère

comme une feuille portée par le vent

 

 

Mercredi 16 juillet

 

Le visage de Dieu

Le cœur aux aguets

au milieu du tumulte

cherchant parmi les danses

et les calligraphies

quelques signes sacrés

l'évidence d'une présence

la figure du Divin

 

 

Une aptitude précieuse

Capable aujourd'hui d'honorer – et de célébrer – toutes les pertes...

 

 

Presque rien

Assis là comme une petite chose déposée par le vent...

 

 

Ineffable

Aucune certitude

ni sur la vie

ni sur la mort

ni sur le monde

ni sur le temps

ni sur soi

ni sur le reste

Manière de dire peut-être

que rien ne peut être dit

 

[Des évidences vraies dans l'instant

et qui s'avèrent fausses l'instant suivant]

 

 

Initiation

Au commencement de tout ; le regard

 

 

Jeu d'illusion

L'esprit passant

et repassant

à travers tous les arcs-en-ciel

comme s'il prenait un malin plaisir

à côtoyer toutes les chimères du monde

 

 

Quelque chose du silence

Que dire de soi ? de l'autre ? du monde ? Et s'il était temps de se taire...

 

 

Double inconsistance

A rêver encore

Comme si la brume

n'était pas déjà assez épaisse

 

 

Un regard biaisé

Il y a quelque chose d'exagéré dans l'écriture ; une sorte de focus involontaire et inévitable sur les aspects du réel qui ont retenu notre attention.

 

 

Humain

Dans le désordre

et la précarité

du cœur

Nos vies-fouillis

Nos vies fragiles

Et la tristesse

de ce qui n'a jamais été étreint

 

 

Marie-Claire Bancquard

« A ceux qui

sur une rive

ouvrent la bouche par grand vent

et crient

des paroles d'amour »

 

 

Réticence

Le jeu des allées et venues

Cet affairement

au cœur de l'immuable

L'âme fébrile

Et le cœur pas tout à fait consentant

 

 

Inclinaisons

Le ciel toujours moins haut à mesure que l'on se redresse ; à mesure que le cœur se rapproche des choses de la terre.

 

 

Contorsions

Toutes nos gesticulations ne sont que des manières de fuir ou d'apprivoiser les limites et les infirmités de notre condition.

 

 

Prouesse

Enjambé ; ce qui semblait infranchissable...

 

 

Agitations

Comme tout le monde, à se débattre dans ce qui passe, dans ce qui, peu à peu, nous quitte, dans ce qui, peu à peu, s'éteint...

 

 

Suspension

Sans répit

Le temps

La vie

Le monde

Et ce qu'il faut trouver

au fond de soi

pour faire une halte

 

 

Jeudi 17 juillet

 

Petit bréviaire à l'usage de l'homme

C'est la vie qui enseigne. Toutes les autres leçons sont accessoires.

 

 

Christiane Singer

« J'ai fait du lieu où je me tiens un haut lieu d'expérimentation du vivant. »

 

 

Explosion

La lumière

dans sa course obscure et souterraine

et qui, un jour (sans crier gare),

vous éclate en plein cœur

 

 

Parfait reflet

C'est notre manière d'être au monde qui dit ce que nous sommes.

 

 

Refuge

Installé

dans un recoin du cœur

A l'abri du monde et du vent

 

 

Ce qui nous habite

Quelque chose – en nous – sait ce que l'on ignore.

 

 

Disparition progressive

A travers les épreuves

passer du devenir à l'inexistence

Apprendre à s'effacer peu à peu

 

 

Triade

L'âme, le geste et l'encre. Ma petite trinité personnelle...

 

Ôter encore

Une existence entière vouée aux soustractions

 

 

Ce qu'il faut vivre

Une vie vraie

 

 

Imposture

Hors de soi

Rien d'autre que le mensonge et le néant

 

 

Profonde ignorance

On a beau faire, dire, vivre, expérimenter, chercher, trouver, expliquer, commenter, enseigner ; fondamentalement, on ne sait rien...

 

 

Processus

Jusqu'à la dernière question

Puis (d'une manière ou d'une autre) disparaître

 

 

Un long compagnonnage

Il faut parfois un long périple pour apprendre à cheminer en sa compagnie et devenir son meilleur ami.

 

 

Au choix

A travers le silence et le vent

Ce qui ressemble parfois à un rêve

Ce qui ressemble parfois à un poème

 

 

Insolubles questions

D'où vient ce qu'abrite notre cœur ? Et ce qui le traverse ?

 

 

Une sensibilité vivante

Parfois (de temps à autre)

Une présence au monde

gracieuse et émouvante

Une manière d'être là

au milieu des Autres

qui donne envie de pleurer

et de serrer dans ses bras

un cœur humain

en ces lieux d'indifférence et d'hostilité

 

 

Chaque jour le cœur est différent...

Ces journées passées dans la roulotte, ces longs après-midis dans les bois et tous ces gestes du quotidien infiniment répétés ont l'air de se ressembler. Et, parfois, c'est vrai ; ils se ressemblent mais jamais ils ne sont identiques. Chaque jour, le cœur est différent...

 

 

Au-delà

Au-delà des frontières et des remparts

Au-delà des cercles étroits

En ces lieux où l'infini nous tend les bras

 

 

Voyage immobile

Si l'on était vraiment attentif, une vie entière ne suffirait pas à faire le tour d'un brin d'herbe...

 

 

René Depestre

« La poésie, c'est le pouvoir de vivre et voler jusqu'à la Grande Ourse dans l'éclat d'un brin d'herbe. »

 

 

Un ballet endiablé

La danse ardente (et aérienne) de 2 grosses mouches qui convolent en justes noces. Des pirouettes et des acrobaties dans une incroyable course poursuite. Digne des plus belles chorégraphies !

 

 

Périmètre magique

Au-dessus du monde

Là où il n'y a ni début ni fin

Là où la sensibilité est si vive

que les larmes montent aux yeux sans raison

Au cœur du cercle

Au cœur du feu

Parmi les nuages qui se moquent du nom

que l'on donne aux choses

 

 

Sur les pas des moines

Face au clocher d'une vieille église dans un hameau isolé au cœur de la forêt. Longue méditation devant ce bâtiment tarabiscoté où il y a quelques siècles vivaient une poignée de moines. Lieu paisible entouré de grands arbres. Je suis ravi à l'idée de rester une après-midi entière dans cet endroit où des chercheurs d'Absolu travaillaient et priaient (ora et labora) œuvrant à leur vocation dans le silence et la réclusion.

 

 

Ce qui se donne

Un sourire

Un peu de tendresse

pour conjurer le malheur

et faire émerger ce qui se cache

au fond de l'âme

assez d'Amour

pour soi et pour le monde

 

 

Une certaine ascèse

Il y a en moi quelque chose d'austère qui est assez peu compatible avec ce que je vois un peu partout en ce monde : un goût prononcé pour l'amusement et la distraction.

 

 

Nudité

Les joies de l'enfance

offertes à ceux

qui n'ont plus rien entre les mains

 

 

Un fond de tristesse

Derrière la joie, je sens parfois une tristesse insondable. Quelque chose comme un refus et un dépit d'être au monde ; d'être en ce monde peut-être dont je n'ai jamais pu souffrir les mœurs...

 

 

Derrière les apparences

Blottie au fond du sang et du sommeil

Au milieu des désirs et des rêves

Cette étrange lumière

 

 

Un merveilleux tableau

Jamais je ne me lasse du spectacle des nuages.

 

 

Présence permanente

A tout instant

Ce qui scelle la rencontre

La terre sous nos pas

L'âme joyeuse

Et la possibilité de soi

 

 

Équanimité

J'aimerais être comme le ciel. Indifférent à la course – et à la couleur – des nuages.

 

 

Travail propédeutique

Le vent

Nettoyant l'âme et le monde

Œuvrant à la nudité nécessaire

à l'émergence de la lumière

 

 

Une étrange activité

Je vis, j'observe, je ressens et j'en témoigne. Est-ce là le travail du poète ?

 

 

Jacques Lacarrière

« Mais qu'est-ce que vous faites dans la vie ? Je suis écrivain. Je regarde, je vis, j'écris. »

 

 

Consentir à se taire

Si seul devant ce vaste monde

devant cette multitude affairée

Et sur notre table

Une feuille blanche

Un feutre noir

Et plus grand chose à dire

Plus grand chose à partager

 

 

Sans distinction particulière

Je n'ai aucun don ni aucun talent particulier. Peut-être ai-je seulement l'âme un peu plus poreuse que mes semblables et cet élan de curiosité et de partage qui me différencie (très légèrement) des autres.

 

 

Des hauts et des bas

Le cœur parfois si près du ciel ; et d'autres fois si mélancolique comme si une tristesse habitait mes profondeurs...

 

 

A l'écart

Si profondément solitaire...

 

 

Issa

« Ayant changé d'habits

je m'assieds

mais je suis seul »

 

 

Décalé

Le cœur

affreusement usé

par les événements

ce dont il est le témoin quotidien

ces désastres qui sont

aux yeux des hommes

des fêtes et des festins

 

 

Vastitude

Cette immensité qui nous entoure et cette immensité qui nous habite...

 

 

État d'esprit

Sans réponse

Sans pourquoi

La voix poétique

Et le cœur enchanté

 

 

Inlassablement

Presque toujours le feutre à la main – à noter je ne sais quoi sur le petit carnet qui ne me quitte presque jamais...

 

 

Résultante

Paroles nées de ce dialogue silencieux avec soi

 

 

Vocation

Me mettre à l'écart pour observer, ressentir et témoigner. Voilà ma façon d'être au monde. Je crois que je ne saurais vivre autrement...

 

 

Singulier

Loin des modes et des choses à faire

Loin des listes et du royaume

Ce que nous vivons

dans la plus parfaite solitude

 

 

Voir sans être vu

Je suis l'un de ces êtres que l'on ne remarque pas et qui posent sur le monde un regard quasi permanent.

 

 

Fidèle

Là où l'âme se pose

le feutre en témoigne

qu'importe où va le pas

 

 

Noyau dur

Une existence où ne comptent que la contemplation, la flânerie, l'écriture et les gestes quotidiens...

 

 

Bonté

Le cœur

Les choses

Ce que l'on nous prête

Ce que la vie nous confie

En plus du secret

 

 

Un peu de métaphysique

Nous sommes la distance qui sépare l'infime de l'infini...

 

 

Offrandes

Le bleu du ciel partagé

en autant de parts que nécessaire

Intensément

et sans peine

Là où tout recommence indéfiniment

 

 

Vous avez dit solitaire ?

Peu – si peu – de rencontres humaines. Presque jamais... Mais est-il seulement possible de rencontrer l'autre ?

 

 

Chasei

« Là où je vis

il y a plus d'épouvantails

que d'humains »

 

 

Foulées inutiles

Des pas pour rien

Aux lisières du mirage

Jusqu'au bord du miroir

Dans la coulée humaine

 

 

L’autre est inaccessible

On ne peut réellement connaître l'Autre, ni accéder à son altérité. Mon expérience me l'a assez vite appris même si j'ai mis un certain temps à comprendre la leçon...

 

 

Tristes échanges

En ce monde, toutes les relations (qu'elles soient amoureuses, amicales, familiales, sociales ou professionnelles) m'ont toujours donné l'impression que chacun « utilisait » l'autre (et, parfois, malgré lui) à des fins personnelles. On offre consciemment ou non ce qui nous semble le plus approprié pour que l'autre réponde (en retour) à nos désirs, à nos attentes ou à nos aspirations. Chacun, me semble-t-il, est ainsi condamné à ce marchandage et à se livrer à ces mesquins calculs. Une sorte d'échange de bons procédés fondé sur une misérable évaluation comptable plus ou moins intuitive de ce qui est donné et de ce qui est reçu. J'en veux pour preuve le sentiment d'injustice éprouvé lorsque l'on a l'impression (et ce quel que soit le genre de relation) d'offrir davantage qu'on ne reçoit... Cette asymétrie ne peut durer qu'un temps ; tôt ou tard, celui qui s'estime lésé finit par réclamer « son dû »* par diverses manières (selon sa personnalité). Et même l'amour parental n'échappe pas dans une certaine mesure à ce commerce invisible...

 

* ou par mettre fin à la relation...

 

 

Ce qu'il nous faut vivre...

Toute une vie de désillusions et d'adieux

Et qui sait ce qui existe au-delà ?

 

 

Tristes échanges (bis) – l'autre, un reflet de soi...

J’entends parfois un autre son de cloche dans certains milieux spirituels où il est dit que tout est Amour et où l'on s'évertue tant bien que mal à aimer l'autre comme soi-même. Je crois davantage que l'autre ne constitue qu'un reflet de soi et qu'il est impossible d'aimer réellement depuis notre individualité. On ne peut accéder à l'Amour que depuis cet espace intérieur qui, selon notre capacité à l'habiter, sera (du moins de notre vivant) toujours plus ou moins teinté d'arrière-pensées personnelles...

 

 

Imperturbable

Sous un ciel impassible

Toutes nos facéties

 

 

Le temps qui passe...

Hier encore j'avais 17 ans. Mais d'où vient donc cette impression que tout passe si vite ? On se retrouve au milieu de l'automne avec la même fraîcheur de cœur et d'esprit qu'au début du printemps...

 

 

Shiki

« Ma vie

combien en reste-t-il encore ?

La nuit est brève »

 

 

Opiniâtre

Chaque jour

A travers notre besogne

l'approfondissement du passage

vers l'immensité

 

 

Comment te sens-tu ?

Le cœur chapardé par l'enfance

 

 

Humain, trop humain

Être écouté et regardé ; je crois qu'il n'y a de désir plus important chez l'homme. Ah ! Cet insatiable besoin d'être aimé ! Mais d'où vient donc cette infirmité ?

 

 

Puérilité

Ah ! Ce qu'il y a d'enfantin chez l'être humain ! Tantôt agaçant ! Tantôt attendrissant ! Selon l'état du cœur...

 

 

Parmi ceux qui savent...

Auprès de ceux qui restent silencieux

Si vivants dans leurs gestes

Si aimants dans leur façon d'être au monde

Si sages dans leur anonymat et leur discrétion

Ne laissant rien paraître au dehors

Et existant bien au-delà de la vie et de la mort