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LES CARNETS METAPHYSIQUES & SPIRITUELS

A PROPOS

La quête de sens
Le passage vers l’impersonnel
L’exploration de l’être

L’intégration à la présence


 

CARNETS PUBLIES

L'expérience du monde 
Récit (1997-1999)

Solitudes 
Récit (2001)

Le petit chercheur Livre 1  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 2  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 3  
Conte (2004)

Quêteur de sens  
Essai anthologique (2005)

Traversée commune  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 1  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 2  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 3  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 4  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 5  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 6  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 7  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 8  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 9  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 10  
Livre expérimental (2007)

Tourbillon(s) 
Journal & récit (2008-2013)

Le goût d'autre chose 
Journal (2013-2016)

Un homme simple et sage 
Récit (2014)

Une âme sensible Vol 1  
Journal (2016-2019)

Une âme sensible Vol 2 
Journal (2016-2019)

Entre le rêve, le monde... Vol 1  
Journal (2019-2020)

Entre le rêve, le monde... Vol 2  
Journal (2019-2020)

Quelque chose du sang...  
Journal (2020-2021)

En plein cœur Vol 1 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 2 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 3 
Journal (2021-2022)

Si près de nos lèvres... Vol 1 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 2 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 3 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 4 
Journal (2022-2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 1 
Récit (2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 2  
Récit (2023)

Une destinée sans certitude Vol 1 
Journal (2023-2024)

Une destinée sans certitude Vol 2 
Journal (2023-2024)

Entre Dieu et la pierre Vol 1
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 2
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 3
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 4
Journal (2024-2025)

Quelques jours... Vol 1  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 2  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 3  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 4  
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 1
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 2
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 2 partie 1
Journal (2025-2026)

En son for intérieur Vol 2 partie 2
Journal (2025-2026)

 

CARNETS BRUTS

Carnet n°1
L’innocence bafouée

Récit / 1997 / La quête de sens

Carnet n°2
Le naïf

Fiction / 1998 / La quête de sens

Carnet n°3
Une traversée du monde

Journal / 1999 / La quête de sens

Carnet n°4
Le marionnettiste

Fiction / 2000 / La quête de sens

Carnet n°5
Un Robinson moderne

Récit / 2001 / La quête de sens

Carnet n°6
Une chienne de vie

Fiction jeunesse / 2002/ Hors catégorie

Carnet n°7
Pensées vagabondes

Recueil / 2003 / La quête de sens

Carnet n°8
Le voyage clandestin

Récit jeunesse / 2004 / Hors catégorie

Carnet n°9
Le petit chercheur Livre 1

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°10
Le petit chercheur Livre 2

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°11 
Le petit chercheur Livre 3

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°12
Autoportrait aux visages

Récit / 2005 / La quête de sens

Carnet n°13
Quêteur de sens

Recueil / 2005 / La quête de sens

Carnet n°14
Enchaînements

Récit / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°15
Regards croisés

Pensées et photographies / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°16
Traversée commune Intro

Livre expérimental / 2007 / La quête de sens

Carnet n°17
Traversée commune Livre 1

Récit / 2007 / La quête de sens

Carnet n°18
Traversée commune Livre 2

Fiction / 2007/ La quête de sens

Carnet n°19
Traversée commune Livre 3

Récit & fiction / 2007 / La quête de sens

Carnet n°20
Traversée commune Livre 4

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°21
Traversée commune Livre 5

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°22
Traversée commune Livre 6

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°23
Traversée commune Livre 7

Poésie / 2007 / La quête de sens

Carnet n°24
Traversée commune Livre 8

Pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°25
Traversée commune Livre 9

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°26
Traversée commune Livre 10

Guides & synthèse / 2007 / La quête de sens

Carnet n°27
Au seuil de la mi-saison

Journal / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°28
L'Homme-pagaille

Récit / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°29
Saisons souterraines

Journal poétique / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°30
Au terme de l'exil provisoire

Journal / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°31
Fouille hagarde

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°32
A la croisée des nuits

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°33
Les ailes du monde si lourdes

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°34
Pilori

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°35
Ecorce blanche

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°36
Ascèse du vide

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°37
Journal de rupture

Journal / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°38
Elle et moi – poésies pour elle

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°39
Préliminaires et prémices

Journal / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°40
Sous la cognée du vent

Journal poétique / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°41
Empreintes – corps écrits

Poésie et peintures / 2010 / Hors catégorie

Carnet n°42
Entre la lumière

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°43
Au seuil de l'azur

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°44
Une parole brute

Journal poétique / 2012 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°45
Chemin(s)

Recueil / 2013 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°46
L'être et le rien

Journal / 2013 / L’exploration de l’être

Carnet n°47
Simplement

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°48
Notes du haut et du bas

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°49
Un homme simple et sage

Récit / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°50
Quelques mots

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°51
Journal fragmenté

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°52
Réflexions et confidences

Journal / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°53
Le grand saladier

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°54
Ô mon âme

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°55
Le ciel nu

Recueil / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°56
L'infini en soi 

Recueil / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°57
L'office naturel

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°58
Le nuage, l’arbre et le silence

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°59
Entre nous

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°60
La conscience et l'Existant

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°61
La conscience et l'Existant Intro

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°62
La conscience et l'Existant 1 à 5

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°63
La conscience et l'Existant 6

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°64
La conscience et l'Existant 6 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°65
La conscience et l'Existant 6 (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°66
La conscience et l'Existant 7

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°67
La conscience et l'Existant 7 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°68
La conscience et l'Existant 8 et 9

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°69
La conscience et l'Existant (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°70
Notes sensibles

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°71
Notes du ciel et de la terre

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°72
Fulminations et anecdotes...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°73
L'azur et l'horizon

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°74
Paroles pour soi

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°75
Pensées sur soi, le regard...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°76
Hommes, anges et démons

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°77
La sente étroite...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°78
Le fou des collines...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°79
Intimités et réflexions...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°80
Le gris de l'âme derrière la joie

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°81
Pensées et réflexions pour soi

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°82
La peur du silence

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°83
Des bruits aux oreilles sages

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°84
Un timide retour au monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°85
Passagers du monde...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°86
Au plus proche du silence

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°87
Être en ce monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°88
L'homme-regard

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°89
Passant éphémère

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°90
Sur le chemin des jours

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°91
Dans le sillon des feuilles mortes

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°92
La joie et la lumière

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°93
Inclinaisons et épanchements...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°94
Bribes de portrait(s)...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°95
Petites choses

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°96
La lumière, l’infini, le silence...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°97
Penchants et résidus naturels...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°98
La poésie, la joie, la tristesse...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°99
Le soleil se moque bien...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°100
Si proche du paradis

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°101
Il n’y a de hasardeux chemin

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°102
La fragilité des fleurs

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°103
Visage(s)

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°104
Le monde, le poète et l’animal

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°105
Petit état des lieux de l’être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°106
Lumière, visages et tressaillements

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°107
La lumière encore...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°108
Sur la terre, le soleil déjà

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°109
Et la parole, aussi, est douce...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°110
Une parole, un silence...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°111
Le silence, la parole...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°112
Une vérité, un songe peut-être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°113
Silence et causeries

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°114
Un peu de vie, un peu de monde...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°115
Encore un peu de désespérance

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°116
La tâche du monde, du sage...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°117
Dire ce que nous sommes...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°118
Ce que nous sommes – encore...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°119
Entre les étoiles et la lumière

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°120
Joies et tristesses verticales

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°121
Du bruit, des âmes et du silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°122
Encore un peu de tout...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°123
L’amour et les ténèbres

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°124
Le feu, la cendre et l’infortune

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°125
Le tragique des jours et le silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°126
Mille fois déjà peut-être...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°127
L’âme, les pierres, la chair...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°128
De l’or dans la boue

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°129
Quelques jours et l’éternité

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°130
Vivant comme si...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°131
La tristesse et la mort

Récit / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°132
Ce feu au fond de l’âme

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°133
Visage(s) commun(s)

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°134
Au bord de l'impersonnel

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°135
Aux portes de la nuit et du silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°136
Entre le rêve et l'absence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°137
Nous autres, hier et aujourd'hui

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°138
Parenthèse, le temps d'un retour...

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°139 
Au loin, je vois les hommes...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°140
L'étrange labeur de l'âme

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°141
Aux fenêtres de l'âme

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°142
L'âme du monde

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°143
Le temps, le monde, le silence...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°144
Obstination(s)

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°145
L'âme, la prière et le silence

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°146
Envolées

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°147
Au fond

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°148
Le réel et l'éphémère

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°149
Destin et illusion

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°150
L'époque, les siècles et l'atemporel

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°151
En somme...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°152
Passage(s)

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°153
Ici, ailleurs, partout

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°154
A quoi bon...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°155
Ce qui demeure dans le pas

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°156
L'autre vie, en nous, si fragile

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°157
La beauté, le silence, le plus simple...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°158
Et, aujourd'hui, tout revient encore...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°159
Tout - de l'autre côté

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°160
Au milieu du monde...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°161
Sourire en silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°162
Nous et les autres - encore

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°163
L'illusion, l'invisible et l'infranchissable

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°164
Le monde et le poète - peut-être...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°165
Rejoindre

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°166
A regarder le monde

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°167
Alternance et continuité

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°168
Fragments ordinaires

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°169
Reliquats et éclaboussures

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°170
Sur le plus lointain versant...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°171
Au-dehors comme au-dedans

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°172
Matière d'éveil - matière du monde

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°173
Lignes de démarcation

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°174
Jeux d'incomplétude

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°175
Exprimer l'impossible

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°176
De larmes, d'enfance et de fleurs

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°177
Coeur blessé, coeur ouvert, coeur vivant

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°178
Cercles superposés

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°179
Tournants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°180
Le jeu des Dieux et des vivants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°181
Routes, élans et pénétrations

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°182
Elans et miracle

Journal poétique / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°183
D'un temps à l'autre

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°184
Quelque part au-dessus du néant...

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°185
Toujours - quelque chose du monde

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°186
Aube et horizon

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°187
L'épaisseur de la trame

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°188
Dans le même creuset

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°189
Notes journalières

Carnet n°190
Notes de la vacuité

Carnet n°191
Notes journalières

Carnet n°192
Notes de la vacuité

Carnet n°193
Notes journalières

Carnet n°194
Notes de la vacuité

Carnet n°195
Notes journalières

Carnet n°196
Notes de la vacuité

Carnet n°197
Notes journalières

Carnet n°198
Notes de la vacuité

Carnet n°199
Notes journalières

Carnet n°200
Notes de la vacuité

Carnet n°201
Notes journalières

Carnet n°202
Notes de la route

Carnet n°203
Notes journalières

Carnet n°204
Notes de voyage

Carnet n°205
Notes journalières

Carnet n°206
Notes du monde

Carnet n°207
Notes journalières

Carnet n°208
Notes sans titre

Carnet n°209
Notes journalières

Carnet n°210
Notes sans titre

Carnet n°211
Notes journalières

Carnet n°212
Notes sans titre

Carnet n°213
Notes journalières

Carnet n°214
Notes sans titre

Carnet n°215
Notes journalières

Carnet n°216
Notes sans titre

Carnet n°217
Notes journalières

Carnet n°218
Notes sans titre

Carnet n°219
Notes journalières

Carnet n°220
Notes sans titre

Carnet n°221
Notes journalières

Carnet n°222
Notes sans titre

Carnet n°223
Notes journalières

Carnet n°224
Notes sans titre

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Epigraphes associées aux carnets

© Les carnets métaphysiques & spirituels

SI PRES DE NOS LEVRES, LE SILENCE (VOLUME 1)

EXTRAITS DU JOURNAL DE L'AUTEUR (2022-2023)

 

Sous des étoiles à la luminosité douteuse

 

 

Le cœur cisaillé

De lieu en lieu

D'un seuil à l'autre

Monde après monde

Au-delà (presque toujours) – un peu plus loin

Comme si la rive s'allongeait

Comme si le voyage se déployait

Rien que du temps

Et la source intarissable

qui renouvelle les désirs et la matière

 

 

Perdu au milieu des reflets du miroir

Offert à la force indifférente du vent

Au milieu des choses

Le lointain

 

 

Au bord du temps

Parmi les arbres qui parlent

Au milieu de quelques restes

de chemins éparpillés

 

 

L'extrémité de l'âme engagée dans la lumière

 

 

Des heures – des jours – qui passent ; et que l'on oublie

Avec, dans le sang, des mots qui dansent ; que le feutre restitue patiemment

 

 

Au fond des choses ; le rire

Au fond du rire ; le vide

 

 

La lumière qui persiste – la découverte du secret – la résolution du mystère ; à travers l'existence – comme un miracle

 

 

Le cœur humble et hivernal

Au milieu des choses et du silence

 

 

Si loin de la plainte ; la parole dansante...

 

 

Le lieu de l'énigme sur la pierre

Et la caresse du regard

Ce qui vient parfois habiter le poème

 

 

En chemin – comme la neige

Le monde et la parole passante

Davantage que des signes

Le reflet – sans doute – du seul visage

 

 

Le bruit de la rosée dans la voix amoureuse ; l'alphabet de l'invisible qui tambourine entre les mots ; comme si tous les possibles s'invitaient simultanément dans cette manière (assez vagabonde) de témoigner du monde – à la façon du ciel – du sable – des oiseaux

 

 

La terre rouge – couleur des origines – couleur du temps...

 

 

Le vivant – sans rire – sans joie – sans promesse – réduit à un peu de matière – à un peu de misère ; pas si différent des corps inertes que l'on brûle ou que l'on enterre

 

 

La plaie originelle ; comme indéfiniment partagée

 

Insaisissable par le langage ; et que chaque existence reflète (pourtant)

 

Comme une douleur impossible à comprendre – impossible à éviter ; et qu'il nous faut néanmoins apprendre à explorer

 

 

Sur cette terre (à bien des égards) – le règne du plus sombre...

 

 

L'odeur brûlante de la faim

 

Le monde-gibier entre nos mains carnassières

 

A travers ce jeu (inévitable) qui habite la vie (et les vivants) ; et sans lequel ils ne seraient pas

 

Tour à tour – herbe – biche ou tigre ; glissant (involontairement) de l'un à l'autre – dans l'éternelle magie du retour et du recommencement

 

Et, pourtant, comme une musique triste (et légèrement nostalgique du temps d'avant la séparation) dans la voix qui raconte le spectacle – passablement étrangère aux drames et à l'emprise du rêve

 

 

Le poème comme un peu de lumière sur les rêves du monde...

 

 

Entièrement à Dieu – à la vie – à l'Amour – à la mort – à ce qui s'invite (très) provisoirement

 

 

Le vivant s'essayant à toutes les combinaisons possibles (et imaginables)

 

Ainsi se risque-t-on – peut-être – au fil du voyage – à travers la longue suite des existences successives – à vivre au-delà du connu – au-delà des remparts faussement protecteurs que l'on a (naturellement) érigés autour de soi

 

Le cœur se souvenant parfois du lieu où naissent les visages et les choses ; le monde d'avant le temps...

 

 

Soudain – la fulgurance du trait qui traverse l'âme et la main du poète ; et qui emporte (pour un court instant) la mort et les vivants vers un lieu où la nuit n'existe pas

 

 

Les yeux fermés – la figure triste et grise – mouillée de larmes et d'incompréhension

Comme condamné(s) aux gestes et aux pas mécaniques

La lumière immanente – horizontale – ordinaire – parfaitement naturelle...

Entre les arbres et les pierres

A la vue de tous ; et que la plupart ignorent ; et que la plupart ne voient pas

 

 

Notre présence apparente ; cette appétence pour les choses futiles ; une manière d'agrémenter son existence ; de survivre à tous les malheurs

 

Le cœur (presque toujours) chargé de douleurs

 

 

Ici – sans autre ambition...

Toutes les offenses du monde – oubliées

De la poussière emportée par le vent

Des cris dans le vide – sans bouche –

sans oreille – sans personne

Qui pourrait donc comprendre ?

 

 

L'existence de ceux qui habitent la terre

A la manière d'un songe impatient et solitaire

 

 

Les yeux baissés ; l'humilité dans son déploiement

Et l'apparent affranchissement de l'âme ; libre du monde depuis toujours

 

 

Après la terreur des temps immobiles

et la frénésie

Dans un repli du voyage

Le surgissement de la lumière

Au rythme qu'impose la reconnaissance

 

 

Tout un destin qui se dessine – sous le joug de l'innommable

Et tout qui étouffe ; et tout qui cherche à s'échapper

Et les premiers pas qui (très souvent) se font dans le prolongement du cri

 

 

Dans l'avant-monde du vivre

Des terres brûlées et des cœurs dociles

L'absence (manifeste) des âmes

Des refus ; sous le règne (évident) des miroirs

Étrangers à toute aventure réelle

Les habitants du rêve

 

 

Épuisés par la couleur du songe

Ces yeux d'enfant(s) mal éclairés

En dépit de la lumière

qui coule sans jamais s'arrêter

 

 

Privés de Dieu

Sous l'égide des versets

et des agenouillements

Des cohortes de cœurs inconsolables qui tentent d'aller vers l'Autre ; vers Dieu ; l'espérance vissée au front...

 

 

A l'écart ; de plus en plus...

 

 

Dans les yeux – des reflets (de simples reflets) ; le sol craquelé des existences

 

 

En pure perte ; qui que l'on soit – quoi que l'on fasse ; des gestes et des cris – en désespoir de cause...

 

 

Au sortir du monde – le temps arrêté

 

 

Vêtus de lumière – de grandeur et de lumière ; à toutes les altitudes ; nos frères feuillus

Le cœur à l'abri des coups ; la chair et la sève indifférentes au défilé des saisons

 

 

Face à l'abîme

Comme ensablé dans l'épreuve

Sans retour possible

La tête dans l'alignement du temps

Au bord de la fable ; au bord du discernement

Et nos empreintes sur le sol –

à peine perceptibles – mêlées aux traces

de tous nos devanciers

 

 

Sans hâte

Le temps de quelques saisons

La chair docile ; l'âme absente

Sans (réellement) chercher à comprendre

Des remous et des soubresauts

A la verticale de la même étoile

Sans jamais s'écarter

La vie comme sur des rails

Dans le remugle du temps

 

 

De plus en plus humble et solitaire à mesure que l'on s'éloigne de l'imposture...

 

 

Un peu de soleil sur la langue

Sur ce sol sans réconfort

 

 

Chemin du secret et des origines plutôt que rives et routes communes – surpeuplées – trop fréquentées – abominables

 

 

Ce qui est vécu – la nécessité ; vers l'essentiel...

 

 

De la fièvre et de la nuit

Des mots et des étoiles

Des fenêtres et de la lumière

A travers tous les jeux du monde

 

 

Autour de soi

Des regards perdus

Des âmes courant en tous sens

Des cœurs qui se balancent

Du sang fébrile

Sous un ciel nonchalant

 

 

L'invention de soi ; à travers les limites de la matière

Et la possibilité de la perte – inhérente au je(u)

Rien que des rêves et des légendes ; sur cette terre

 

 

Ce que l'on nous prête

Le cœur battant

Des lambeaux d'âme

Le monde sans fin

 

 

Au fond du corps

Le chant nostalgique du monde

 

 

Ici – penché – bancal – maladroit (et un peu sombre quelques fois) – alors que d'Autres feignent la parfaite verticalité – la connaissance – la compréhension et l'expertise en matière de lumière et de joie

 

 

Bien plus secret et silencieux qu'autrefois

Séparé – de moins en moins – sans doute – du reste ; de l'amas – des choses indistinctes

Comme si l'on renouait avec l'une des plus anciennes lois de ce monde...

 

 

Devant le miroir – un sourire ou une grimace – selon les jours

Et sur les rives du monde – des visages impassibles et des jeux enfantins

 

 

Si proche ; le silence – qu'il suffirait de se pencher pour disparaître – parfaitement caché – totalement englouti – par l'épaisseur salvatrice

 

 

Une voix sous les étoiles

Déchiffrant les rêves du monde

et une partie de l'invisible

Au cœur de cette chambre –

isolé(e) au milieu de la forêt

 

Au fil du voyage – la lumière ; et l'éloignement des étoiles

Du langage à l'indicible ; de l'indicible au silence

Le visage, peu à peu, éclairé ; et le geste (parfois) éclairant

Ni trace – ni chemin

La porte du cœur ouverte ; et ce que l'âme entend

 

 

Enchanté par les chants – le silence – les lieux

Dans l'intimité des habitants des bois

Amoureusement installé

A l'heure des solitudes couronnées

Au cœur de l'hiver

Une autre manière d'habiter le monde

 

 

Des histoires encore

Des ombres au-dehors

Le temps secoué par les paumes impatientes

La brutalité à travers le sang

La barbarie établie – incontestable

Tourmenté ; le séjour des bêtes et des hommes

Sur ces pierres irradiées de soleil

Des questions et des prières –

adressées à un Dieu hypothétique

Tous les signes de l'incompréhension ;

manifestement

 

 

L'écoute comme une danse avec le monde ; l'alliance de la joie avec ce qu'il y a (sans doute) de plus innocent chez l'homme...

 

 

 

Un lieu ; des passages

 

Le monde invisible qui se déploie ; qui nous exhorte ; comme un appel – un enchantement

 

Le vent contre la joue

 

Quelque chose de la joie ; l'inexplicable qui dure ; le cœur en accord avec l'émergence ; ce qui jaillit (naturellement) de la source

 

 

Au plus proche de la tendresse originelle

Sur cette vieille terre inestimable

L’œil tremblant sous les étoiles

Face à l'infini célébrant ses courbes

 

 

La tête inclinée

Loin des reflets (mensongers) du miroir

Par-delà la blessure

Par-delà les apparences

Par-delà la tristesse et l'absence

Par-delà les joutes et les jeux

L'espérance brisée

Le temps fracassé contre la pierre

Les peines en noir et blanc – oubliées ;

comme effacées par cette disparition

A la manière d'une fête

 

 

L'invention du monde ; le seul royaume de l'homme – sans doute...

 

 

Au cœur de cette lumière qui laisse intacts la part – le rôle – l'intensité – de l'ombre

 

 

Le désir assumé du plus haut ; ce qui confine à l'insignifiance les plus grandes richesses de ce monde

 

 

Le chant inséré

D'une dimension à l'autre

Comme un rayonnement

Vers le monde et l'indistinction

 

 

L'écume éclatante

Les rebonds de l'écho au fond de la fosse

Éparpillant l'épaisseur et l'opacité

Vers cette absence de visage

Le sens actuel du voyage

 

 

Des noms – des chemins – empruntés – parcourus

Le cœur que l'on appâte

L'attente du jour ; la venue (discrète) de l'invisible

Vers l'étreinte et la transparence – à la place du corps – à la place du sang

 

 

Rien d'étrange – en soi ; la saveur de l'inconnu

Ce qui assouvit cette soif – sans eau sur les lèvres

 

 

Au dernier étage de la folie

L'appel du vrai

Et juste au-dessus ; le cœur saisi par l'enfance

L'espace où règnent tous les ordres

L'espace où s'inventent tous les mondes

 

 

Se laisser simplement traverser par ce qui surgit...

 

 

Le jour ; sans le poids des mots

 

Une autre manière d'être présent au monde ; une façon plus directe (bien plus directe) d'entrer en contact – et de nouer des liens – avec les êtres et les choses

 

 

L'âme silencieuse

Au milieu de la poussière

La lumière au-dessus du sommeil ; et le vide au-dessus de la lumière

L’œil qui accentue l'intensité des couleurs ; parcourant tout de long en large

 

 

De l'or au creux de la main ; et mille soleils qui éclatent au fond du cœur

 

 

Sans résistance – sans heurt – sans affrontement

Entre l'ombre et le songe

D'une couleur à l'autre ; qu'importe le déguisement...

 

 

Harcelé(s) par toutes ces mains nocturnes – prétendument guérisseuses

De la crédulité au fond des yeux

Dans la vaine espérance d'un ciel accessible – d'un ciel sans ombre – d'un ciel sans recoin

 

 

Contre la muraille

Des ombres blanches

Le jour ligaturé

De la brume et du feu

L'enfance apeurée ;

chahutée par les luttes et les alliances

Comme un empêchement ;

l'oubli de l'essentiel – sans doute

Quelque chose de perdu – à jamais – peut-être

Un lieu où la parole ne compte plus ;

pas davantage que le silence

 

 

Le souffle qui célèbre les jeux

Le labeur sous-jacent du monde

La persistance du bleu

Au cœur de la nuit la plus noire

 

 

Et cette lueur au fond du sommeil – recouverte de rêves et de cendre ; vivante – malgré la force des illusions ; et qui se ravive – et qui s'intensifie – aussitôt que le silence s'impose ; et qui embrase le reste aussitôt que le vent remplace la volonté et les cris

 

 

La lance à la main ; le cœur figé

Le poids des ancêtres sur l'épaule –

guidant le geste

La terreur bien menée

La rouelle serrée contre soi

Sous la lune – les hommes en rang

Toute une armée d'assassins –

marchant à la pointe du sommeil ;

vivant de guerre et de chasse

depuis la nuit des temps

 

 

Sous les feuillages – le parfum de la nudité

Les paumes qui se joignent

Le chant qui s'élève

Face à l'invisible

L'arche du ciel richement étoilée

Les portes qui s'ouvrent

Accompagné(s) par le son des tambours ;

à la manière d'une clé

 

 

Le cœur transvasé dans l'arbre

Vers ce monde infini – indéfinissable

Sans plainte – sans offense – sans prière

L'espace nu qui offre au regard

la poésie nécessaire – la nourriture du jour

A l'abri des branchages

Une vie lumineuse

Au milieu des ombres silencieuses

 

 

En compagnie des esprits de la forêt qui, un à un, apparaissent ; tout autour – et au-dedans – comme une épaisseur qui protège le secret...

 

 

Les yeux salis par la violence et la poussière

Au milieu de ces bouches qui ingurgitent (tout au long du jour) de la chair vivante

La tête ornée de cette puanteur

Avec des songes entassés sous le front rude et obstiné

A la lisière de cette terre rouge sur laquelle on séjourne depuis (bien) trop longtemps

 

 

D'une rive à l'autre – sans jamais quitter l'origine

Le poids du ciel ; et des ailes – pour voyager...

 

 

Le cercle autour de soi

Le visage du monde ; sous un autre jour

 

 

Le cœur autrefois si inquiet – si étroit – si fermé – redevenu paisible – décousu – étalé – comme s'il avait repris sa forme initiale – commune – collective – partagée

 

 

Sous la parole – l'ensemble des voix rassemblées – accordées – entonnant le chant du monde – le chant des morts – le chant des lieux et des vivants

 

Comme une fête ; quelque chose de la joie ; au cours d'un temps inépuisable

 

Célébrant la même appartenance ; avec tous ses manquements – tous ses excès et toutes ses possibilités aussi

 

 

Le jour ébauché ; à partir de nos solitudes

L'enfance et le chant – roulant ensemble sur la même pente

Au fil de l'Amour continuel ; des vies qui se succèdent – dans les interstices du temps

 

 

En tête à tête avec Dieu – les yeux dans les yeux

 

 

Le cœur révélé par le jeu

Et le (re)commencement – sans pourquoi – du monde

 

Si près de ce ciel qui nous ressemble ; et si loin de celui que nous méconnaissons (que nous nous obstinons à méconnaître)

 

 

Le monde amoureusement chahuté ; la tête en bas pour voir tous nos édifices se renverser

 

Dans un lent retournement de l'abîme ; le commencement d'un autre royaume

 

Et ces quelques traits pour esquisser le prélude d'un temps nouveau qui saura s'affranchir du sommeil et de l'écume ; de toutes les lois qu'ont instituées les hommes

 

 

Les yeux fermés ; la saveur à l'intérieur

Silencieusement

 

 

Au pied d'un ciel immense

Glissant – à travers le songe et la nuit – vers des contrées d'affinités ; parmi ceux dont le cœur est suffisamment sensible pour franchir le seuil

 

 

Dans un bruit de guillotine

Ce monde

Comme un désert en plein ciel

Le regard rêveur

Les rivages ravagés

La débandade – en tous sens ;

dans les cris et l'odeur de la mort

Rien (réellement) pour se tirer d'affaire ;

sinon l'espérance – comme une glissade

supplémentaire ; une façon (la seule

que l'homme ait trouvée) d'ajourner la chute

 

 

Dans la poussière – au cœur de la trame

Sous le règne des disparitions ; l'éphémère qui tremble ; et qui, parfois, se surprend à espérer

 

 

Ce lieu sans mur – sans nom

Le toit invisible ; sous les feuillages

La chambre du royaume – peut-être

Dans le silence des rêves éteints

 

 

Au-delà des pensées qui s'essaient à un commentaire – au-delà des mots qui tâtonnent

 

Quelques notes ; un chant silencieux

 

Des pans de murs renversés – balayés ; les remparts qui se lézardent – qui se brisent sous la force des vagues ; le monde d'avant la parole – d'avant le cri – qui déferle sur les rives

 

La terre submergée par ce magma d'avant la langue – d'avant la naissance du temps

 

Une sorte de purification par les eaux providentielles

 

Le déblaiement des excès et du superflu – de ces amas d'images et de matière accumulées depuis la séparation de la terre et du ciel – depuis la différenciation de la chair – des cœurs – des visages

 

Et sur le parvis – ce rire des hauteurs – retentissant ; une sorte de soulagement – de délivrance (un peu tardive) ; bienvenue – (très) joyeusement accueillie

 

 

Parmi les étoiles – en rêve

 

Le chant imperceptible du monde

 

Cette douleur des âmes – figée dans la mémoire – assujettie(s) au temps

 

Dans ce labyrinthe d'ombres et de miroirs

 

Entre le silence et l'abîme ; au milieu de tous ces riens ; le pas traînant et le cœur (parfois) qui se sou-lève...

 

 

Au cœur des collines

Le mot et le pas

La joie vivante

Sur ces pentes propices à l'effacement

 

 

Agenouillé – offert aux choses de la terre

 

Le regard posé sur le vaste monde

 

Des coulées de lumière sur les arbres silencieux – impassibles

 

Le bleu – au fond des yeux – comme une étincelle de tendresse

 

La main câline qui distribue ses caresses

 

La vie comme une danse secrète ; joyeuse – puissante – fragile ; les pas – les bras – la tête – éphémères – tendus – tournés – vers l'éternité ; le signe d'une gratitude – bien davantage qu'une prière...

 

 

L'aube – le jour – le crépuscule – au fil des saisons – célébrés par les gestes quotidiens

 

 

Au-delà de la mort – au-delà des apparences (trop évidentes) ; les yeux tournés vers le regard

 

 

Au-dessus de l'absence ; rien

Le même vide qu'ici

Le même vide qu'ailleurs

 

 

Rien qui ne puisse être dit ; rien qui ne puisse être déchiffré

 

Ni signe – ni chemin – ni témoin

 

Seul(s) sur cette sente invisible qui s'enfonce dans les profondeurs de l'esprit

 

La lumière qui nous appelle ; et quelque chose – en nous – qui lui répond ; comme un lointain écho de l'origine...

 

 

L'appartenance commune de la multitude ; oubliée

Comme l'origine et le voyage

Et le fond des choses ; et le silence – recouverts par les cris

 

 

 

Le labeur de l'être ; le bleu qui sourit

Une manière de se reconnaître...

 

 

Vivant ; dans la plus pure tradition du premier homme...

 

 

La voix se hissant au-dessus du discours – entre le ciel et le geste naturel

 

Et nous – avançant – ainsi – à tâtons – sans rien savoir – ni du secret – ni de la parole

 

Jamais oublieux – pourtant – du silence qui guide nos hésitations ; un pas (infime) vers le sacré – vers la beauté – peut-être...

 

 

Mieux que dire ; jeter sous les yeux

Sans image – le monde ; le sentir vivant

Quelque chose comme un poème ; une langue nouvelle pour tenter de dire l'indicible

 

 

La parole au cœur du silence ; comme une flamme dans un feu – une flamme infime dans un feu immense...

 

 

L'Amour ; le lieu dans tous les lieux ; n'importe où – comme si cela suffisait pour vivre et trouver la joie...

 

 

Sans discourir – la voix simple

Et le recours au geste

 

 

Sans conseil ; à travers le cours probant des choses

 

D'une secousse à l'autre – par la route privée de louanges et de commentaires

 

Le message qui se mêle à la poussière du monde – emporté par la danse – loin du manège des hommes

 

La sagesse ricochant sur la chair trop peu sensible et les esprits trop confus

 

 

L'âme qui se réorganise ; dans le redéploiement de la dilection – sans rien demander – sans même la grâce d'une prière

 

 

En l'honneur de l'homme ; de ce qui est vivant en l'homme ; de ce qui le porte au plus haut

 

 

Plus matois que ceux qui se pensent rusés ; plus malin que ceux qui penchent vers la sournoiserie...

 

 

La neige noire – le cœur sale – l'âme écœurée

La parole descendante ; comme un cri

arrivé à terme ; plantée dans le sol

Enracinée à l'endroit où les vents l'ont posée

Entre l'espoir et la nuit

Sous un ciel invisible

 

 

Simultanément ; le discernement et l'indistinction

Sans même le recours à la prière – au poème

La source qui (à son insu) enseigne

Sans commentaire – sans conclusion

 

 

Des murs de mots ; infranchissables

 

Des amas d'ombres ; des remparts pour le cœur

 

Du sable ; le prolongement de la catastrophe

 

Des cartes pour le rêve ; pour déchiffrer le territoire du rêve

 

Rien que des questions ; et des réponses ; pas grand-chose ; rien qui ne permette d'appréhender le réel ; d'offrir à l'esprit un peu de clarté ; au geste un peu de justesse ; au cœur un peu de sensibilité

 

 

Du dessous du mélange ; le dedans de la trame – en quelque sorte ; là où la bêtise – la tristesse – la défiance – sont remplacées par la joie – la lumière –la tendresse...

 

 

L'âme du monde au fond de l'âme de chacun ; comme une évidence

 

 

A la cime de la lumière ; ce qui se révèle ; l'Amour et le silence

 

 

Le cœur libre qui prend la couleur de ce qui s'impose ; la chair obéissante ; l'esprit au-dessus de l'ambition (et de l'inquiétude) des hommes

 

 

Le silence plutôt que la civilisation

La solitude plutôt que la communauté

Membre – à part entière – du reste ;

sans orgueil – sans revendication

 

 

Sans rien gagner – sans rien perdre – sans rien endommager ; toute traversée

 

 

Le sang versé

Paisiblement

Sur la plaine – ornée de feux et de palissades

Dans le triangle où s'entassent les morts

L'ardeur quasi fraternelle ; sans que

cessent jamais les massacres et la barbarie

 

 

La terre nourrie par tous les rêves du monde

De la fumée ; comme des remparts...

 

 

Gravé(s) dans le vent – comme (à peu près) toute chose

Volatil(s) – éphémère(s) ; sauf le secret – le silence ;

ce qui se cache derrière l'apparence du monde

L'Amour au fond de soi

 

 

 

Le cœur interrogatif ; en proie à toutes sortes d'hallucinations ; comme si la vie était un rêve ; comme s'il nous manquait quelque chose...

 

 

Assis face au soleil ; (assez souvent) désespérés

 

Sans rien voir de l'or qui coule sur la pierre noire

 

L'ennui des hommes ; leur angoisse – leur impuissance – leur cécité

 

Rien qui ne vaille (vraiment) la peine (selon eux)

 

La tête entre les mains

 

A se questionner sans fin sur le mystère ; à pleurer sans fin sur son impossible résolution ; au lieu d'habiter (plus simplement – plus amplement) la terre – l'espace – l'esprit

 

 

Pas à pas ; jusqu'au vertige – jusqu'à l'ultime résonance – jusqu'à la disparition

 

 

Ici – perdu(s) dans l'immensité

Au milieu des heurts et des flammes ;

des cargaisons de chair

Des jeux tissés à même la trame

Des chemins vers la mort

Indéfiniment

 

 

Sur la feuille – des giclures rouges ; le sang de la barbarie versé par ceux qui perpétuent le monde ; inchangé(e) dans ses traditions ; la chair des arbres et des bêtes sacrifiée par cette manière (si humaine) de ne pas reconnaître ces Autres comme faisant partie des nôtres ; révélant la monstruosité de ce côté-ci de la barrière ; de ce côté-ci de la hache et du fusil ; à laquelle il semble si difficile d'échapper...

 

 

Le dedans de la tête offrant l'ivresse et le vacillement

D'un sommeil boiteux ; d'un regard peu assuré

A l'approche des rêves du monde – sur le sol froid

 

 

En soi ; la force vivante ; l'éclaircissement du regard – le souffle déployé ; au-delà des apparences ; au-delà des possibilités offertes par le temps

 

Le présage d'un autre monde – d'un royaume suspendu ; de hauteurs habitables et sans frontière

 

Comme une évidence qui nous est offerte (presque) sans raison...

 

 

La paume d'un Autre posée sur notre épaule ; et nous serrant la main ; et nous serrant la gorge – quelques fois...

 

 

L'édification toujours bancale du poème ; ce fol élan vers le réel – la vérité

 

L'errance intuitive et vertigineuse ; si dérisoire

 

Ce chantier perpétuel qui – comme la vie – s'enfante et se déploie – décline et se destitue – sans hâte – sans halte ni répit

 

 

La vie – la mort – à grands traits sur les visages et les âmes

La nuit ouverte sur la douleur

A travers le chuchotement des Dieux

Et la présence légère du vent

Ce qu'offre le monde – assurément

 

 

La vie comme un rêve ; le monde comme une illusion ; et ce qu'il reste ; ce qui nous exhorte à continuer ; ce à quoi nous nous employons (malgré nous)...

 

 

Nos doigts sur le tambour du monde – sur le tambour du temps ; à un rythme endiablé ; le sable qui s'écoule

 

 

Les dents en arrière – pour ne pas effrayer – tenter de faire bonne figure ; dissimuler (tant bien que mal) ses instincts carnassiers

 

En se parant du parfum des vivants ; en dépit de cette odeur de mort qui flotte autour de nous...

 

 

Sous un ciel composé de bric et de broc – parfaitement fictif – inventé de toutes pièces – mensonger sur toute sa longueur – et à l'envergure restreinte (bien sûr) – (essentiellement) constitué de craintes – de plaisirs et de rêves ; comme si l'on avait remplacé le noir (une partie du noir) par un peu de lumière à bon marché

 

 

Le monde et son lot d'histoires banales – à dormir debout...

 

 

L'existence des hommes – traversée de circonstances – chargée de chimères – bordée d'interdits

 

 

Les caresses du monde et du temps sur nos peaux méfiantes – rugueuses – si rétives au contact du réel

 

Et les jours qui passent ainsi ; dans l'animosité et la suspicion générales

 

 

L'âme ivre – et (un peu) perdue – condamnée à cette sorte de voyage qui oscille (quotidiennement) entre le merveilleux et l'affligeant

 

 

La voix solitaire ; comme le sang ; comme le reste ; ce qui n'appartient à personne...

 

 

Qu'importe la couleur du ciel et la lucidité des vivants ; l’œil humide ; et ce que laissent entrevoir les lèvres ; le fond de l'âme (d'une certaine manière)

 

 

Dans la pénombre protectrice de la forêt

Au milieu des bêtes et du froid

Sans mur – sans attente – sans personne

 

 

Le nom des Autres – sans importance

Le même visage – porté par chacun

Le ciel enfoui – sous l'orgueil et la vanité

A demi mort déjà – malgré la vitalité apparente

Les yeux fermés – penchés sur le plaisir

Et l'hiver bientôt ; et la ronde inchangée

des jours et des nuits

 

 

L'âme bouleversée par l'expérience terrestre et la férocité du commerce entre les créatures vivantes

 

L'insanité de la main qui frappe – de la joue qui s'offre – de la chair violentée – du sang qui gicle – de la brutalité qui s'exerce – de l'innocence qui se plie au diktat de la force

 

A peine quelques jours ; à peine un voyage ; et ainsi s'épuise (presque) toute l'ardeur de l'homme...

 

 

Paré – de plus en plus – pour la mort ; pour cette nouvelle traversée ; et ce qui viendra après – immanquablement...

 

 

Vivant ; sans même savoir pourquoi

 

 

Mille gestes ; et rien que des sacrilèges ; des injures à l'innocence ; des stratagèmes – à travers ceux qui, sans l'être, s'imaginent rusés

 

Personne – pourtant – ni ici – ni ailleurs ; le sacré s'offensant – riant de s'offenser ; et s'efforçant de s'offrir (en contrepartie) quelques louanges – quelques compliments – et riant de cela aussi ; et finissant par s'abandonner à ce qui s'impose

 

Non seulement personne ; mais rien (absolument rien) non plus ; juste le vide et ce rire – comme si quelque chose existait, malgré tout, dans cette sorte de néant...

 

 

Le souffle ; comme un chant à travers la matière

L'invisible au cœur du possible

 

 

Des mots comme des étoiles inventées – collées ici et là pour combler les trous – emplir les failles ; égayer le ciel ; au lieu de creuser la terre jusqu'à la moelle...

 

 

Sous la lumière du jour

Des gueules et des choses

De la fumée épaisse qui s'élève de la fange

Le temps fugace des vivants

L'usure et le déclin ; le destin de la matière

L'usage mortifère du monde ;

sous l'égide de l'absence

Du sable qui s'écoule ; et que balaient les vents

La source et les fontaines du temps

 

 

A la source des songes ; l'absence de félicité...

 

 

De longues errances au fond de l'abîme encombré de rêves et de fumée

 

Des chemins et des lieux sans magie ; mille territoires sur lesquels s'acharnent les vivants et où se racontent quantité de mythes et de légendes

 

 

A la merci de ce qui nous détient...

 

 

Tant de gloire(s)

Et tant de sable

 

 

L'aurore creusée par le jeu

Le monde en noir et blanc –

qui disparaît (peu à peu)

Sur le seuil – la danse

Habitant ainsi la terre ;

à la manière de ce que porte l'homme

Avec des lettres et des grands fauves

cachés au fond de l'esprit

Jusqu'à la tombe

Et au-delà – le jeu encore

 

 

Désespéré – inconsolable – anéanti ; celui que transperce le cri des bêtes ; comme une balle en plein cœur...

 

 

Au-delà du rêve – du sang – de la mélancolie

(Très) lentement ; vers la réalité

 

 

Dans la pénombre ; des restants de nuit

La chair privée d’œil

Et sur la peau – des larmes ;

et le rire (cinglant) des Autres

L'étrangeté du monde

auquel nous sommes condamnés

 

 

Parfaitement obéissant ; au-delà de tout orgueil – au-delà de toute intention

 

 

Face aux flammes – au sang – aux cendres – aux guerres ; face aux égorgeurs que l'on glorifie ; cette autre race – sensible – qui œuvre à l'avènement d'un autre monde ; qui résiste à cette ère de jachère de l'esprit...

 

 

Ce qui vient – ce qui va ; ce qui passe – au fil des jours et des saisons

 

 

Le temps qui danse sur le dos des hommes et dans la tête des Dieux

 

Pas un affront ; pas une offense ; une invitation au jeu – à l'évidence ; à creuser le cœur jusqu'à la joie

 

Et ainsi éradiquer l'espoir – le devenir – toutes les autres possibilités – jusqu'au (plein) débordement de l'être – jusqu'au (parfait) mélange avec le reste – jusqu'au plus irréprochable effacement

 

 

L'arbre ; à la manière d'un fanal qui nous guide vers la lumière (et le plein vent) pour échapper aux filets du monde et à la ronde du temps

 

 

Le cœur amer et le front haut

Quelque chose de la pauvreté orgueilleuse

Sur la pierre bleue – pourtant

Si oublieux du sacré – de l'Autre – de la mort

Réduit(s) à l'effort et à tendre la main –

(assez) misérablement

Comme plongé(e)(s)

au cœur d'une longue nuit d'hiver

Cette argile plaintive

et (trop souvent) complaisante

 

 

Le cœur rejoint

De la terre au ciel

Vers le plus lointain

De l'effleurement au plus intime

L'essentiel du voyage – sans doute

 

 

Le bleu déjà – en dépit des ambitions – en dépit des possibilités – en dépit des fenêtres closes (si souvent)

 

 

Si désespérément seul(s) ; si atrocement humain(s)...

 

 

Au-delà des siècles en chantier ; la lumière

 

 

Quelque chose de la vocation ; recevoir

Et cette joie contagieuse dans l’œil qui voit

 

 

Au-delà des yeux

La respiration du monde

Au milieu du cirque

A portée de regard

 

 

Le souffle – contre soi

Ce qui nous touche – nous porte –

nous façonne – nous enlace

 

 

En ce très haut lieu de l’œil ; l'exil des princes

La mémoire évidée ; l'oreille attentive

Là où tout a lieu

Là où le trouble peut nous renverser

Là où s'invitent tous les possibles

 

 

Scellé dans le jour ; le monde

Le chant de l'eau vive plutôt que la prière pesante – pressée – épuisante

La fulgurance cristalline plutôt que l'effort et le labeur acharnés

 

 

Et ce rire – au fond du cœur – qui peine à se hisser jusqu'aux lèvres ; attendant peut-être – attendant sans doute – la résurgence d'un usage meilleur

 

 

Dans le cercle des pierres

Des jours et des paroles

Des forêts sombres

au cœur desquelles on trouve refuge

Les mains qui fouillent

dans les profondeurs de l'âme

Au milieu du ciel – la nuit ; les ongles arrachés

Et l’œil qui s'ouvre – peu à peu

Et le monde vu comme pour la première fois

 

 

Le feu au fond de l’œil

Et la tendresse au fond du regard

Cette manière pénétrante et chaleureuse

de voir et de tendre la main

Plus proche du sol et du ciel que jamais

 

 

Le glaive à la main – au milieu des jeux de ce monde sans pitié

Dans le bruit et la terreur ; les corps condamnés à mort ; et les cœurs à la confusion

Sous le sang frais de ceux que l'on étripe – que l'on égorge ; la terre frémissante – la terre bafouée

Et ces larmes que nul ne verra jamais couler

 

 

Tout en haut de la terre éperonnée

L'histoire tumultueuse – et dérisoire – de l'argile

Et nous ; dans notre chambre ; au cœur du rêve – à danser encore

 

 

Au fond de l'âme

Mêlé à la substance

Le cœur de l'être

Disposé à servir

Se prêtant à toutes les figures ;

à tous les déguisements

Et consentant même à se glisser

dans les pires accoutrements

 

 

Invité de l’œil ; invité du ciel ; sans (véritable) lien avec le monde...

 

 

Parmi les herbes hautes

Au-dessus des croyances et des rancœurs

Au-dessus des croix et des hantises

Aussi loin que possible du commerce

et du ciel inventé ; des prières trop promptes

pour être honnêtes

L’œil et la source du salut

 

 

Au plus près du sable et du ciel

 

 

Au milieu des arbres et des pierres ; au cœur de notre fratrie silencieuse

A l'abri de toute violence

Parmi les fleurs qui poussent

Le ciel qui s'étire – paisiblement – au-dedans

 

 

Dans le secret du rêve

Le souffle commun des haleines

L'ardeur de la semence

La proximité de la chair

Du plus viril à la féminité

De l'exultation au pourrissement

L'âme même du monde

Au milieu de ce magma d'argile

 

 

Des chemins de ciel et de vent que l'encre parvient, parfois, à restituer...

 

 

La disparition et la présence ; l'une dans l'autre

 

Et ainsi glorifiés – la vie – la mort – le monde ; l'écume portée par les vents ; du grand large vers les rives ; puis, des rives vers le grand large

 

Comme un ressac ; dans la main d'un géant

 

Une respiration dans la poitrine de Dieu

 

Comme si l'infini nous recouvrait – nous absorbait ; comme si l'on n'existait plus ; comme s'il n'y avait jamais eu personne ; ni ici – ni ailleurs

 

 

Ce que le destin écrit au fond de l'âme ; là où s'impriment le possible – les grandes choses – la chorégraphie des pas et l'essence du poème aussi – avant leur déploiement sur les pentes du monde

 

 

L'âme généreuse – face aux cœurs criards – aux visages défigurés par la haine – la douleur ou la tristesse ; face à la peur qui flotte – qui suinte – qui colore les âmes et la pierre

 

 

Au bas de la pente ; le monde étreint malgré la mort – la lâcheté et l'odeur de pourriture – qui nous entourent – qui nous dévastent – qui nous recouvrent

L'absence prémonitoire du monde

A grandes enjambées dans la mémoire

 

 

Du silence

De la solitude

Et des gestes quotidiens

 

 

A la surface du temps ; le déroulement habituel

Et en profondeur ; le fabuleux – la joie et l'émerveillement

 

 

La joie à peine perceptible ; si discrète qu'elle échappe à ceux qui ont les yeux fermés ; cloués par l'ignorance – les malheurs – la misère ; toutes les (prétendues) épreuves jetées en ce monde par la main secourable d'un Dieu bienveillant

 

 

L’œil scintillant

Sous la lumière de l'hôte

Et l'obscur défait – invariablement

 

 

Dans le cœur et l'esprit

Sur la pierre et au-dessus des étoiles

Le même infini

 

 

Ce que le ciel honore ; ce qui traite la matière

avec douceur et tendresse

 

 

L'âme sans croix – sans sacrifice

Le regard lucide

Le cœur qui acquiesce

Et le visage qui sourit

 

 

Les existences et les événements écrits à la craie sur la roche ; que la pluie et le temps – inlassablement – effacent et font tomber dans l'oubli

 

Des mains – des armes – des drapeaux – que l'on agite – que l'on brandit ; et toutes les histoires que l'on se raconte pour croire en la réalité de ces gestes

 

Comme un écran devant soi pour éviter de voir la bêtise et l'horreur que l'on perpétue

 

Et l'étrange serment que l'on se répète – involontairement – inlassablement – pour ne pas se reconnaître...

 

 

Le vivre réticulaire

 

Des liens partout ; rien que des liens ; pas d'entité isolée

 

Aucune finitude ; seulement d'incessants échanges – d'incessantes transformations – d'incessantes recombinaisons

 

Vers la lumière ; ce passage

Dans le prolongement de l'ombre que le voyage étire vers le lointain

 

La figure bleue ; de la chair qui pousse ; une partie du monde emportée

 

Des cris – des gémissements ; une expulsion – un renouvellement ; une naissance peut-être

 

 

L'âme contre la pierre

A hauteur d'un ciel disparu

Et notre visage – entre l'herbe et l'infini

Au cœur de cet espace à habiter

 

 

Au cœur de l'essence (vivante) de l'âme et du monde

 

 

Qui sait ce qu'il restera lorsque les ombres (toutes les ombres) auront disparu...

 

 

A nous débattre encore, parfois, dans la folle chevelure du temps...

 

 

De quoi sommes-nous composés

De quoi sommes-nous entourés

Peut-être de folie ; peut-être d'Amour ;

Peut-être de leur mélange ;

peut-être d'autres choses

Qui peut (réellement) savoir ?

 

 

Au commencement du rien ; lorsque plus personne ne sera...

 

 

Un monde et des âmes mâtinés de tendresse et de cruauté

 

Et des fables diluées dans les eaux du temps

 

Nous adaptant aux reliefs du monde ; et nous transformant au fil du chemin

 

Comme l'eau de la rivière ; parcourant la roche – plongeant sous la terre – s'évaporant – débordant sur les rives – allant vers l'immensité

 

Dans toutes les trajectoires possibles ; simultanément

 

 

Oublieux de l'hôte qui nous loge – qui nous habite et nous fait vivre...

 

 

Plongé(s) dans un monde sans ciel où seules comptent l'espérance et la promesse

Il ne restera pas une seule trace de cette existence – de cette aventure – sinon la transformation du cœur et du regard...

 

 

Près des arbres – encore

Le silence – l'invisible – la lumière

 

 

Le vide – au-dedans ; et ce surcroît de tendresse – dans l'âme – dans l’œil – la main – la voix

 

 

Le nom de Dieu qu'on hurle ou que l'on murmure ; la seule prière – la seule perspective parfois dans cette existence obscure

 

 

Des vies triviales ; des gestes et des mots prosaïques ; (quasi) insensibles à la part manquante ; ensorcelés par la matière – en quelque sorte...

 

 

Depuis le début du monde – à genoux – sous la même étoile

 

Avec l'espoir (un peu vain) de découvrir le reste du jardin et la part du secret qui nous habite

 

Apprenant, peu à peu, à reconnaître la main de Dieu sur notre épaule ; et l'étreinte (passionnée) de l'âme

 

Découvrant le déroulement du cycle ; une (infime) partie du voyage

 

Et parvenant (parfois) au lieu où la paix devient certaine

 

 

Fils de l'arbre et de la pierre

Frère de la fleur et de la bête

Tremblant de joie – parmi les siens

Sous le ciel immense

 

 

Dieu au cœur de ce qui nous habite ; au cœur de ce qui nous entoure ; tournant – avec nous – dans la farandole

 

 

L’œil posé sur la folie du monde ; les gouffres où l'on jette les noms et la chair encore vivante ; la litanie des gestes bruyants et mécaniques

 

Et de ces (tristes) spectacles – il ne restera bientôt plus rien ; sinon (peut-être) des os éparpillés et quelques têtes endormies (comme oubliées là après la bataille)

 

 

De la même couleur que le ciel ; l'âme et la blessure

Jour après jour ; dans la même obscurité

 

 

Au cœur du pays noir et glacial – sans personne pour nous secourir – sans personne pour nous réconforter

 

 

Et la soif qui nous happe – qui nous harcèle – qui nous déchire ; comme si l'on attendait quelque chose ; la part manquante – le plus précieux (sans doute)...

 

 

Le monde – d'un seul regard

Parcelle de l'espace et témoin

Neige et fumée noire

Et la course des astres vers la mort

Autant de ciels (bien sûr) que de prières ; et autant de promesses que de visages

Et bien plus de possibilités que d'âmes misérables et quémandeuses

 

 

L'oreille tirée hors de la torpeur ; penchée sur l'écho du monde ; puis, tournée vers le silence ; s'approchant de son désir le plus secret

 

 

Le cœur coincé et les lèvres tremblantes

Au commencement de tous les chemins

 

 

Ici – tombé(s) ; debout pourtant

Et l'ombre inclinée qui nous prolonge (ou, peut-être, l'inverse)

Dans le creux de la terre ; dans nos refuges ; sous nos coquilles

Parmi les ronces et la mort

 

 

La terre ; des fragments de vent et de ciel – (assez) mal assemblés...

 

 

Ce que l'on porte au fond de soi ; et qui se révèle à travers ce que le destin dessine

Habillé de chiffres et de manières

Le monde à l'horizontale

Et le ciel par un escalier dérobé

 

 

Au commencement du monde

La chair des Dieux – clouée par la lumière

Et le vent dans leur chevelure

Rien qu'un léger souffle

pour donner naissance à la vie –

à la solitude – à la mort

 

 

Éternellement plongé(s) dans la reconduite du temps...

 

 

Tout ; ponctué de possibilités et de mots

A l'intersection du froid et du front

Entre la neige et le sommeil

Parmi les têtes qui bavardent

et les cœurs qui paressent

 

 

Derrière leurs murailles de peurs et de nuit

Au cœur de toutes les infortunes

Le monde – les visages – le secret

 

 

Vêtu(s) de sable et de vent – de ciel et de sang

 

 

Des noms et de la neige

Du vent dans les pensées

De l'absence et de l'oubli

Comme un rêve accablant

 

 

De la couleur du monde – de la mort – des enfers ; cette vie sous les éboulis

 

 

Face au monde

La même montagne

Une fleur noire à la main

La pierre présente

L'arbre silencieux

La bête gémissante

Et une larme dans l’œil de l'homme

Au jour du rapprochement ; la possibilité d'un baiser – d'une étreinte – d'un accouplement – d'un mélange – d'une hybridation

 

 

Fragment(s) de ciel et de sable – mêlé(s) à la tendresse et aux murmures du vent ; condamné(s) à l'attirance réciproque...

 

 

A même les décombres ; l'érection d'une langue destinée à enjamber toutes les frontières

 

 

Des gestes de survie

Des gestes de partage

Un chemin entre les pierres

Sans savoir où mène le voyage

 

 

En nous – le sorcier avec son tambour ; porté(s) par cette magie que nul ne comprend

 

 

Au terme du froid et des entassements

Les mouvements libres et légers

Toutes les pyramides renversées

La tête à l'envers

La neige et la lune en collier

 

 

Ce qui se dresse dans la fleur et le sang

A coups de pierres – la route

Sur la terre des hommes

Soumis aux lois et aux larmes –

aux secousses du vent

Fils de rien – en somme

[en dépit de ce que nous pensons]

 

 

Personne pour écouter nos plaintes ; seulement le silence ; ses caresses et ses baisers ; ses mains dans les nôtres ; et son souffle chaud sur notre peau ; offrant à l'âme et à la chair un réconfort inespéré

 

 

Comme une plongée en soi

Vers l’œil qui patiente

Jusqu'au dernier soir ; le feu et le fardeau animé ; et pourtant nous vivons comme si nous ne savions rien de la douleur et de la mort ; du dérisoire de l'existence et du monde...

 

 

La mort comme un trait noir – une flèche qui se fiche dans la chair – un retour à la ligne

 

Le corps raide – à l'horizontale ; et l'esprit porté par l'espoir d'un autre monde

 

Dans la possibilité d'un ailleurs ou d'un recommencement ; le prolongement (perpétuel) du même désir – en vérité ; au fil des hauteurs – des profondeurs – des transformations – espérées

 

 

De la matière dégoulinante entre les doigts d'un plus grand que nous...


 

Le ciel comme une évidence ; le règne de la lumière

Au milieu du sable et de la cendre que le vent fait tourbillonner

 

 

Emboîtés ; les cris et l'écume

Sous la lumière qui éclaire tous les éclats

 

 

Animé (depuis toujours) par un besoin radical de solitude et de vérité…

 

 

Une lampe serrée contre soi

Dans ce long cortège de fantômes

 

 

Des poignées de terre – dans les poches – dans les mains ; notre seul trésor – peut-être...

Et le ciel toujours aussi lointain

 

 

Le sort du monde – à travers notre destinée

 

 

Et les Autres ; sans geste – sans parole – sans soutien ; de vagues figurants – (presque) un décor ; laid(s) – hostile(s) – indifférent(s) le plus souvent ; des pierres – au milieu de nos jours – sur leur pente – invariablement

 

 

Ce qui creuse – en nous – son sillon

Des mots – des gestes – des circonstances

La lumière et la tendresse

 

 

Bercé(s) par les habitudes – les bavardages et les contingences quotidiennes – affreusement prosaïques

 

Nos mœurs inchangées – sous la voûte tournoyante

 

 

Malmené(s) par l'existence et le monde

De l'intérieur ; les secousses

 

 

Le poème ; comme un murmure parmi les voix trop fortes et les cœurs trop grossiers

 

 

L’œil et les mains pris dans la trame

Et le regard – au-dessus – qui contemple les jeux et les tentatives d'évasion

 

 

Sans fierté ; l'homme dressé

La nécessité et l'élan – vers plus grand – le ciel peut-être ; vers plus haut – Dieu sans doute...

 

 

Face à la lune – le silence

 

 

Sur le sol jonché de têtes – tapissé de rouge

Les ventres repus ; la chair épaisse

Dans l'ombre qui s'étire

L'esprit et les corps graisseux

Dans la tourmente du manque et de la perte

La faim ; et son linceul

(très provisoire) de matière

 

 

Mille preuves de sommeil

Et des rêves qui tournent la tête

A l'horizontale – dans la torpeur –

malgré l'incessant labeur du vent

 

 

Quelques taches de ciel – au-dedans de l'âme – qui s'étendent ; qui cherchent leurs aises – sur cette terre infirme et empotée

 

 

Au milieu des arbres

Le séant sur la pierre

La figure contre le ciel