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LES CARNETS METAPHYSIQUES & SPIRITUELS

A PROPOS

La quête de sens
Le passage vers l’impersonnel
L’exploration de l’être

L’intégration à la présence


 

CARNETS PUBLIES

L'expérience du monde 
Récit (1997-1999)

Solitudes 
Récit (2001)

Le petit chercheur Livre 1  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 2  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 3  
Conte (2004)

Quêteur de sens  
Essai anthologique (2005)

Traversée commune  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 1  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 2  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 3  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 4  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 5  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 6  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 7  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 8  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 9  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 10  
Livre expérimental (2007)

Tourbillon(s) 
Journal & récit (2008-2013)

Le goût d'autre chose 
Journal (2013-2016)

Un homme simple et sage 
Récit (2014)

Une âme sensible Vol 1  
Journal (2016-2019)

Une âme sensible Vol 2 
Journal (2016-2019)

Entre le rêve, le monde... Vol 1  
Journal (2019-2020)

Entre le rêve, le monde... Vol 2  
Journal (2019-2020)

Quelque chose du sang...  
Journal (2020-2021)

En plein cœur Vol 1 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 2 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 3 
Journal (2021-2022)

Si près de nos lèvres... Vol 1 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 2 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 3 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 4 
Journal (2022-2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 1 
Récit (2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 2  
Récit (2023)

Une destinée sans certitude Vol 1 
Journal (2023-2024)

Une destinée sans certitude Vol 2 
Journal (2023-2024)

Entre Dieu et la pierre Vol 1
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 2
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 3
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 4
Journal (2024-2025)

Quelques jours... Vol 1  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 2  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 3  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 4  
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 1
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 2
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 2 partie 1
Journal (2025-2026)

En son for intérieur Vol 2 partie 2
Journal (2025-2026)

 

CARNETS BRUTS

Carnet n°1
L’innocence bafouée

Récit / 1997 / La quête de sens

Carnet n°2
Le naïf

Fiction / 1998 / La quête de sens

Carnet n°3
Une traversée du monde

Journal / 1999 / La quête de sens

Carnet n°4
Le marionnettiste

Fiction / 2000 / La quête de sens

Carnet n°5
Un Robinson moderne

Récit / 2001 / La quête de sens

Carnet n°6
Une chienne de vie

Fiction jeunesse / 2002/ Hors catégorie

Carnet n°7
Pensées vagabondes

Recueil / 2003 / La quête de sens

Carnet n°8
Le voyage clandestin

Récit jeunesse / 2004 / Hors catégorie

Carnet n°9
Le petit chercheur Livre 1

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°10
Le petit chercheur Livre 2

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°11 
Le petit chercheur Livre 3

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°12
Autoportrait aux visages

Récit / 2005 / La quête de sens

Carnet n°13
Quêteur de sens

Recueil / 2005 / La quête de sens

Carnet n°14
Enchaînements

Récit / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°15
Regards croisés

Pensées et photographies / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°16
Traversée commune Intro

Livre expérimental / 2007 / La quête de sens

Carnet n°17
Traversée commune Livre 1

Récit / 2007 / La quête de sens

Carnet n°18
Traversée commune Livre 2

Fiction / 2007/ La quête de sens

Carnet n°19
Traversée commune Livre 3

Récit & fiction / 2007 / La quête de sens

Carnet n°20
Traversée commune Livre 4

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°21
Traversée commune Livre 5

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°22
Traversée commune Livre 6

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°23
Traversée commune Livre 7

Poésie / 2007 / La quête de sens

Carnet n°24
Traversée commune Livre 8

Pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°25
Traversée commune Livre 9

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°26
Traversée commune Livre 10

Guides & synthèse / 2007 / La quête de sens

Carnet n°27
Au seuil de la mi-saison

Journal / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°28
L'Homme-pagaille

Récit / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°29
Saisons souterraines

Journal poétique / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°30
Au terme de l'exil provisoire

Journal / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°31
Fouille hagarde

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°32
A la croisée des nuits

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°33
Les ailes du monde si lourdes

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°34
Pilori

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°35
Ecorce blanche

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°36
Ascèse du vide

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°37
Journal de rupture

Journal / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°38
Elle et moi – poésies pour elle

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°39
Préliminaires et prémices

Journal / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°40
Sous la cognée du vent

Journal poétique / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°41
Empreintes – corps écrits

Poésie et peintures / 2010 / Hors catégorie

Carnet n°42
Entre la lumière

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°43
Au seuil de l'azur

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°44
Une parole brute

Journal poétique / 2012 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°45
Chemin(s)

Recueil / 2013 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°46
L'être et le rien

Journal / 2013 / L’exploration de l’être

Carnet n°47
Simplement

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°48
Notes du haut et du bas

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°49
Un homme simple et sage

Récit / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°50
Quelques mots

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°51
Journal fragmenté

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°52
Réflexions et confidences

Journal / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°53
Le grand saladier

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°54
Ô mon âme

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°55
Le ciel nu

Recueil / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°56
L'infini en soi 

Recueil / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°57
L'office naturel

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°58
Le nuage, l’arbre et le silence

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°59
Entre nous

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°60
La conscience et l'Existant

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°61
La conscience et l'Existant Intro

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°62
La conscience et l'Existant 1 à 5

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°63
La conscience et l'Existant 6

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°64
La conscience et l'Existant 6 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°65
La conscience et l'Existant 6 (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°66
La conscience et l'Existant 7

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°67
La conscience et l'Existant 7 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°68
La conscience et l'Existant 8 et 9

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°69
La conscience et l'Existant (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°70
Notes sensibles

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°71
Notes du ciel et de la terre

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°72
Fulminations et anecdotes...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°73
L'azur et l'horizon

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°74
Paroles pour soi

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°75
Pensées sur soi, le regard...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°76
Hommes, anges et démons

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°77
La sente étroite...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°78
Le fou des collines...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°79
Intimités et réflexions...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°80
Le gris de l'âme derrière la joie

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°81
Pensées et réflexions pour soi

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°82
La peur du silence

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°83
Des bruits aux oreilles sages

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°84
Un timide retour au monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°85
Passagers du monde...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°86
Au plus proche du silence

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°87
Être en ce monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°88
L'homme-regard

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°89
Passant éphémère

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°90
Sur le chemin des jours

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°91
Dans le sillon des feuilles mortes

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°92
La joie et la lumière

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°93
Inclinaisons et épanchements...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°94
Bribes de portrait(s)...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°95
Petites choses

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°96
La lumière, l’infini, le silence...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°97
Penchants et résidus naturels...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°98
La poésie, la joie, la tristesse...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°99
Le soleil se moque bien...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°100
Si proche du paradis

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°101
Il n’y a de hasardeux chemin

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°102
La fragilité des fleurs

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°103
Visage(s)

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°104
Le monde, le poète et l’animal

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°105
Petit état des lieux de l’être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°106
Lumière, visages et tressaillements

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°107
La lumière encore...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°108
Sur la terre, le soleil déjà

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°109
Et la parole, aussi, est douce...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°110
Une parole, un silence...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°111
Le silence, la parole...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°112
Une vérité, un songe peut-être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°113
Silence et causeries

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°114
Un peu de vie, un peu de monde...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°115
Encore un peu de désespérance

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°116
La tâche du monde, du sage...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°117
Dire ce que nous sommes...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°118
Ce que nous sommes – encore...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°119
Entre les étoiles et la lumière

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°120
Joies et tristesses verticales

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°121
Du bruit, des âmes et du silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°122
Encore un peu de tout...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°123
L’amour et les ténèbres

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°124
Le feu, la cendre et l’infortune

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°125
Le tragique des jours et le silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°126
Mille fois déjà peut-être...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°127
L’âme, les pierres, la chair...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°128
De l’or dans la boue

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°129
Quelques jours et l’éternité

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°130
Vivant comme si...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°131
La tristesse et la mort

Récit / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°132
Ce feu au fond de l’âme

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°133
Visage(s) commun(s)

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°134
Au bord de l'impersonnel

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°135
Aux portes de la nuit et du silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°136
Entre le rêve et l'absence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°137
Nous autres, hier et aujourd'hui

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°138
Parenthèse, le temps d'un retour...

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°139 
Au loin, je vois les hommes...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°140
L'étrange labeur de l'âme

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°141
Aux fenêtres de l'âme

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°142
L'âme du monde

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°143
Le temps, le monde, le silence...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°144
Obstination(s)

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°145
L'âme, la prière et le silence

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°146
Envolées

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°147
Au fond

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°148
Le réel et l'éphémère

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°149
Destin et illusion

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°150
L'époque, les siècles et l'atemporel

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°151
En somme...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°152
Passage(s)

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°153
Ici, ailleurs, partout

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°154
A quoi bon...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°155
Ce qui demeure dans le pas

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°156
L'autre vie, en nous, si fragile

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°157
La beauté, le silence, le plus simple...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°158
Et, aujourd'hui, tout revient encore...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°159
Tout - de l'autre côté

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°160
Au milieu du monde...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°161
Sourire en silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°162
Nous et les autres - encore

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°163
L'illusion, l'invisible et l'infranchissable

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°164
Le monde et le poète - peut-être...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°165
Rejoindre

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°166
A regarder le monde

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°167
Alternance et continuité

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°168
Fragments ordinaires

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°169
Reliquats et éclaboussures

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°170
Sur le plus lointain versant...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°171
Au-dehors comme au-dedans

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°172
Matière d'éveil - matière du monde

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°173
Lignes de démarcation

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°174
Jeux d'incomplétude

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°175
Exprimer l'impossible

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°176
De larmes, d'enfance et de fleurs

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°177
Coeur blessé, coeur ouvert, coeur vivant

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°178
Cercles superposés

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°179
Tournants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°180
Le jeu des Dieux et des vivants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°181
Routes, élans et pénétrations

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°182
Elans et miracle

Journal poétique / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°183
D'un temps à l'autre

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°184
Quelque part au-dessus du néant...

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°185
Toujours - quelque chose du monde

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°186
Aube et horizon

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°187
L'épaisseur de la trame

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°188
Dans le même creuset

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°189
Notes journalières

Carnet n°190
Notes de la vacuité

Carnet n°191
Notes journalières

Carnet n°192
Notes de la vacuité

Carnet n°193
Notes journalières

Carnet n°194
Notes de la vacuité

Carnet n°195
Notes journalières

Carnet n°196
Notes de la vacuité

Carnet n°197
Notes journalières

Carnet n°198
Notes de la vacuité

Carnet n°199
Notes journalières

Carnet n°200
Notes de la vacuité

Carnet n°201
Notes journalières

Carnet n°202
Notes de la route

Carnet n°203
Notes journalières

Carnet n°204
Notes de voyage

Carnet n°205
Notes journalières

Carnet n°206
Notes du monde

Carnet n°207
Notes journalières

Carnet n°208
Notes sans titre

Carnet n°209
Notes journalières

Carnet n°210
Notes sans titre

Carnet n°211
Notes journalières

Carnet n°212
Notes sans titre

Carnet n°213
Notes journalières

Carnet n°214
Notes sans titre

Carnet n°215
Notes journalières

Carnet n°216
Notes sans titre

Carnet n°217
Notes journalières

Carnet n°218
Notes sans titre

Carnet n°219
Notes journalières

Carnet n°220
Notes sans titre

Carnet n°221
Notes journalières

Carnet n°222
Notes sans titre

Carnet n°223
Notes journalières

Carnet n°224
Notes sans titre

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© Les carnets métaphysiques & spirituels

UNE DESTINEE SANS CERTITUDE (VOLUME 2)

EXTRAITS DU JOURNAL DE L'AUTEUR (2023-2024)

 

Tant de larmes inutiles versées

sur ce monde sans horizon

Entre nos mains ; la splendeur,

la possibilité et la consolation

 

 

A marcher à la pointe du jour

L'horizon déjà éclaboussé de soleil

 

 

Les yeux brûlants

Dans le sillage du soleil

Loin des sentes ensanglantées

par la cécité des hommes

Vers nulle part ; ce passage –

entre le vent et la lumière

 

 

Au milieu de la cendre et de la poussière

Où que l'on soit ; où que l'on aille

Dans la boue des chemins

Si obstinément

 

 

Tout ; de la couleur du vent

 

 

Traçant sa route parmi les pierres et les vivants ;

sans rien voir – si indifférent

Allant partout sans rien découvrir –

sans rien distinguer – sans rien reconnaître

Le miroir tourné vers soi

d'une manière monstrueuse et insultante

 

 

Couché dans la rosée

Entre l'herbe et le secret

Le cœur au vent

Tourné vers le seuil

A la périphérie du cercle

Et déjà (en partie) de l'autre côté

 

 

Là ; quelque part – sous le ciel d'aucun pays

Le regard à perte de vue

 

 

Sans plus savoir distinguer l'ombre de la lumière

Sur cette terre où le cri s'étire (parfois)

jusqu'au silence

Seul(s) au milieu des visages et des choses

Séparé(s) du mystère

par cette écume infranchissable

 

 

Des rires et des larmes

Au milieu du désœuvrement et de l'agitation

 

 

Bleu ; comme à la pointe du rêve

En dépit des malheurs et du sang

En dépit de cette ambiance sinistre

En dépit des yeux indifférents

 

 

Toutes ces âmes mendiantes gorgées (pourtant) de possibles

 

Si légères au sommet et si lourdes sur leur socle ; cherchant des lèvres tendues, une oreille (plus ou moins attentive), une bénédiction, des alliances pour leur bataille, un peu de baume pour leurs blessures

 

Poussant des cris et des hourras au fil des circonstances ; au gré des drames et des opportunités

 

(Presque) jamais stupéfaites par tous ces manques, par toutes ces absences, par toutes ces réponses décevantes

 

 

Dans l’œil ; l'infini et la clôture

Dans le cœur ; le souvenir du ciel et les lois

de la terre

Et dans l'âme ; (presque toujours)

l'ignorance du chemin pour se rejoindre

 

 

Le séant posé entre l'arbre et la pierre

Comme une bête solitaire

en quête de silence et de lumière

Quelque part ; au seuil – bientôt

Alors que le cœur déjà ne sait plus

Alors que l'âme et le monde déjà se confondent

 

 

Ce qui s'ouvre (en nous) à mesure que se déchiffre le langage des arbres, des bêtes, des pierres, du ciel et des étoiles...

 

 

Sous l'écume tiède du monde

Au plus près de la chair entrouverte

A même la source ; à même l'ardeur

L'écho bleu du cœur

 

 

L'âme ivre de rires et de rondes

Pas même surprise de voir

que tout se mélange

que tout est confondu

 

 

Derrière les mots

L'invisible des choses

Les visages du monde

Toute la mécanique du vivant

Tous les lieux et toute la trame

Le miroir sur lequel se reflètent les figures

Ce dont on hérite et ce qui se perd

Ce qui n'a de nom et tout ce que l'on nomme

Ce que nous sommes

et ce que l'on pense ne pas être

Cette absence de frontière entre nous

 

 

Sous la protection des feuillages et des étoiles

L'âme qui veille, l'esprit qui contemple,

le cœur qui acquiesce

comme si chacun occupait son emploi naturel

 

 

Loin, sous la craie blanche, le véritable dessin...

 

 

Face au sourire tremblant des choses ;

notre visage

Comme des éclats de ciel sur la terre froide

Des mains dans les nôtres ;

et l'âme qui se réchauffe au contact de la pierre

Un peu de tendresse offerte à celui qui sait

(res)sentir ce qui ne se voit pas

 

 

Dans un bruissement de ciel et de chair

Quelques pas vers le bleu ; la source claire

 

 

Entre tous les seuils ; sans aucun appui

Au milieu de tous les possibles

Parmi les chants et les étoiles

 

 

Entre le bleu et la torture

Entre la fable et le silence

A la fois immobile(s) et en mouvement

Égaré(s) et dans la lumière

Sans carte, sans boussole ni chemin

Inachevé(s) et déjà accompli(s)

Sans rien savoir – en réalité

 

 

L'inconnu devant soi et l'incertitude à l'intérieur

Le socle sur lequel adviendront toutes les circonstances

Cette étrange galerie des glaces sur la roche

Et tant de ressemblances dans ces reflets

Comme si l'on vivait entre frères

 

 

Si près du ciel ; cette prière toute tordue qui monte cahin-caha en cherchant son chemin ; à l'image de celui qui s'est agenouillé en joignant les mains...

 

 

Nos gestes ; comme un peu de lumière froissée entre nos mains maladroites...

 

 

Le cœur tremblant

Sous la lumière impuissante

Au milieu de ces jeux et de ces danses

sinistres, funestes, (terriblement) mortels

 

 

A la fin du rêve ; l'avènement de l'enfance

Lorsque le geste remplace le mot

Lorsque la vie remplace la prière

Tout alors disparaît sous les paupières

Les circonstances perdent

leur attrait et leur consistance

L'âme se dresse pour faire face

au monde et à la mort

Et tout puise dans l'Amour

le courage d'être encore

 

 

Caché au milieu des arbres

Dans cet espace où le silence

remplace les bruits du monde

Là où l'oubli de l'homme

et le goût du sauvage se font plus vifs

Là où l'on devient

plus heureux que dans la compagnie

de ceux qui nous ressemblent

 

 

Seul – à présent – face à la lumière

 

 

Le cœur pur ; sans attachement

A la manière de l'oiseau

qui traverse le monde, le ciel, le jour

 

 

Soi – de plus en plus ;

et pourtant infiniment reconnaissable

Sans doute – davantage homme qu'autrefois

 

 

L'Amour en amont de tout élan

Et le cœur au centre du geste

La seule lumière et le seul dédommagement

que l'on peut offrir au monde

 

 

Semblable à tous les Autres

Si proche de la main coupable

et de la bête que l'on assassine

 

 

Ce qui nous blesse encore ; la cruauté du monde

Et ce qui nous console ; le bleu au creux des mots

 

 

Un peu plus haut que le visible

A l'orée, sans doute, d'un ailleurs

assez déconcertant

Au commencement – peut-être – de l'oubli

 

 

Les mains plongées au fond de l'âme pour essayer de repêcher ce que la tristesse y a déposé depuis des siècles...

 

 

La tristesse éprouvée

en voyant ce qui se déploie dans le monde

Et cette honte ; et cette rage

Et l'impuissance de l'âme

devant l'inconséquence des hommes

 

 

Devant les atrocités et la déraison des hommes, il faudrait s'inspirer de l'indifférence des pierres et des nuages, de la patience silencieuse des arbres, de l’innocence joyeuse des fleurs et de l'obéissance indolente des bêtes. Prendre exemple sur les seuls maîtres de sagesse crédibles en ce monde...

 

 

D'étoile en étoile alors que toutes les rives s'éloignent ; alors que toutes les routes s'effacent...

Plus seul que jamais alors que partout semblent se renforcer les cercles, les communautés, les territoires...

 

 

Si dérisoire(s) ; si provisoire(s) – au cœur de cette trame tissée de matière et de vent

 

 

Si peu de chose ; presque plus rien –

à force d'avoir été creusé ;

après avoir subi tant de pertes

Un peu d'âme ; un peu de chair – seulement

Une figure assez quelconque

Une existence pareille à toutes les autres

 

 

Entrelacés ; le silence et le chant

Le monde et la prière

Le vide et la matière

L'Amour et ce qu'engendre l'ignorance

Comme une danse à laquelle

chacun – et chaque chose – est convié(e)

 

 

La voix lancée par-dessus les têtes et les cris

 

A la manière d'un pont, d'une main tendue ou d'un poing brandi quelques fois

 

Reflet de cette tendresse ou de cette rage pour ces âmes qui participent à la terreur et aux atrocités, qui attisent le feu et versent le sang, qui contribuent à l'inhospitalité de ce monde

 

 

Dans le cœur – assez confusément – ce mélange d'ignorance et de vérité, de sagesse et de folie, de tendresse et d'animosité, d'espoir et d'angoisse ; tout ce qui fait de nous des hommes...

 

 

Au milieu des feuilles et des mots

Parmi les arbres, les bêtes et les poèmes

L'encre et l'âme si légères

 

 

Le cœur si près de la sève

A deviser avec les esprits de la forêt

Dans la pénombre magique des sous-bois

 

 

La main dansante

La voix chantante

Et le pas si passager

Que rien ne reste ;

que rien ne résiste

 

 

Tout a été fouillé ; jusqu'à l'origine du monde

 

Le corps – la terre – la tête – l'espace

 

Peu (trop peu) ont tenté d'explorer l'âme qui est, sans doute, la seule à pouvoir offrir quelques réponses (satisfaisantes)...

 

 

Ce qui guide nos pas

Au fond du silence

Dans le merveilleux du monde

Et le secret de la lumière

Alors que tout tombe en ruine

Alors qu'il ne reste de notre vie

qu'un peu de poussière

 

 

Sans doute plus proche (bien plus proche) du ciel qu'autrefois...

 

 

L’œil qui pétille et l'esprit serein

Le buste incliné et le cœur qui célèbre

Comme si Dieu avait investi le fond de l'âme

 

 

Réduits (jusqu'à présent) à penser,

à croire, à imaginer

Comme si cela suffisait

à faire de nous des hommes

Encore trop gorgés de questions et d'impatience

Au commencement – à peine –

de la (très longue) course

 

 

Qu'importe l'ampleur du regard, l'intensité du cœur, la place de l'Absolu dans l'esprit et le poids de l'Amour dans le geste ; soumis, comme le reste, à l'indifférence et à la folie de ce monde...

 

 

La tête auréolée de rêves et de vérité

Partagé entre l'entassement et l'abandon

Et sur le point – pourtant –

de s'en remettre à l'usage

 

 

A chercher encore un lieu pour l'âme

Le cœur toujours confronté

à son (rude) apprentissage

 

 

Au seuil de l’effacement

Et ce qu'il reste de pas vers le plus intime

 

 

Compagnon (indéfectible) de ceux que l'on méprise, de ceux que l'on maltraite, de ceux que l'on condamne et assassine, de ceux que l'on relègue aux marges et à la périphérie

 

Et amoureux (plus que jamais) de ceux qui habitent au fond des bois – au plus loin de l'homme (au plus loin du cœur de l'homme) – dans la proximité du plus sauvage

 

 

Des collines et des pans de ciel

au lieu des quatre murs habituels

Et du vent à la place de l'étoffe

Et des frères parmi les arbres et les bêtes

Et comme refuge ; cette roulotte posée

au milieu des hautes herbes

Loin du bruit, des hommes et du mensonge

Attentif à ce que réclament

le monde et le quotidien

A vivre en harmonie avec

ce qui nous habite et nous environne

Quelques gestes, quelques lignes, quelques pas...

 

 

A la merci de ce qui nous échoit ;

Et autant que possible – le cœur ouvert

 

 

Seul ; à danser en silence – dans les bras joyeux du vent qui nous invite à un peu d'exubérance...

 

 

Que dire du ciel, de ce passage sur la pierre,

du soleil et des saisons ?

S'est-on suffisamment découvert,

exploré, rejoint ?

A-t-on engrangé assez de lumière

pour la suite du voyage ?

 

 

Aux prises avec le délire de l'homme qui s'imagine maître du temps et des destins...

 

 

Nous laissant porter par ce qui nous constitue

Comme un chemin vers ce qui nous rassemble

 

 

Sans bruit

La voix appuyée sur le silence

Comme un oiseau niché au fond de la lumière

 

 

Défait de toute appartenance

Et libre de rien pourtant

Encore plus obéissant qu'autrefois

(et plus consciemment peut-être)

Jusqu'à s'abandonner au rêve quelques fois

Jusqu'à laisser la folie courir sur le dos du monde

La figure tournée vers la pierre ;

et l'âme entre les mains du ciel

A la manière de l'homme

Entre l'invisible et le plus grossier

 

 

La vie ; la mort

Sous le même ciel

Comme une danse au voisinage de la vérité

 

 

Si honnête que l'on en est devenu infréquentable ; révélant ainsi le goût du mensonge et de la posture chez l'homme et l'impossibilité de faire monde sans faux-semblants, sans compromissions, sans arrangements...

 

 

Tous les états possibles du cœur, de l'esprit, de la chair sous le même ciel

 

L'infini décliné en autant de combinaisons possibles – en quelque sorte

Laissant tout s'imposer ; comme la seule manière de vivre ; la plus naturelle – sans doute ; offrant ainsi la pente la plus aisée aux nécessités et aux inclinations...

 

 

Tous ces destins allant vers le même lieu

par mille sentes singulières

Comme un (très) long voyage

à travers les apparences et le temps

 

 

Au-delà des combats et des ambitions

Au-delà des lois et des règnes les plus communs

Ce qu'offre la lumière

 

 

Sans peur face aux perpétuelles transformations

 

Jamais las de se laisser traverser, imposer, envahir, délaisser, emporter tantôt par le feu et la joie – tantôt par les malheurs et la faim

 

Comme s'il s'agissait seulement d'être le lieu du passage et de la rencontre ; comme s'il s'agissait seulement de ne jamais empêcher le mouvement...

 

 

A même la trame

Dans la courbure sans fin du réel

Sans pouvoir choisir

dans le grand catalogue des combinaisons

Allant au gré de ce qui nous porte

 

 

Embrassé (à la fois) par la force et l'abandon

Libre (si l'on peut dire)

en dépit de toutes les influences

Nous aménageant, peu à peu,

une destinée sans certitude

 

 

Des hommes taillés dans la glaise avec un peu de ciel, un peu de vent et de lumière ; pas assez sans doute pour transformer ces amas de chair et de sang en âmes innocentes et toutes les arènes de ce monde en promontoires vers l'infini...

 

 

Sans berge, sans livre, sans appui

Le lieu de vie ; à la lisière de l'homme

Ce qui s'offre et ne peut se conquérir

d'aucune manière

 

Une vie sans âme

Une vie sans yeux

A se figurer les choses

au lieu de regarder et de sentir

A se claquemurer au lieu d'avancer

le cœur confiant vers l'inconnu

 

 

La chair soumise aux fluides et à la faim ;

à toutes les lois du ventre

Et ce désir immense et mystérieux

qu'aucune chose de ce monde ne peut combler

 

 

Le cœur échangé contre le monde

De désir en désastre ; indéfiniment

Porté par l'absurde espoir d'un possible ;

d'un ailleurs ; d'un autrement

La douleur reléguée au fond de la chair

et la souffrance au fond de l'esprit

Allant les yeux fermés

 

 

Comme un grand soleil sur l'âme et le monde

Non pas cette gloire étourdissante –

cette ivresse des honneurs

après laquelle courent la plupart des hommes

Plutôt une tendresse discrète ;

une tranquillité silencieuse

Quelque chose qui se tient là depuis longtemps ;

depuis toujours – sans doute –

au fond de la solitude

 

 

L'âme qui cède (irrésistiblement)

aux délices de la frugalité

et aux manières de vivre les plus sauvages

La hache déposée par-dessus la fourberie

Aussi dépourvu que joyeux – aujourd'hui

 

 

Sous le costume exotique du rêve ; le voyage déguisé en séjour – peut-être...

 

 

L’œil tourné vers l'esprit

Au milieu de ce qui se tient sans bruit –

sans réclamation – depuis le début de l'histoire

Là où il est impossible de ne pas être

Là où il est impossible de ne pas vivre

Là où il est impossible de s'installer

[Passager comme la seule possibilité]

 

 

Là ; simplement – présent

 

 

Sans naïveté au milieu des bêtes et des bois

Essayant (assez naturellement) de faire coïncider

la parole et les voix de la forêt

 

 

Sur la pierre silencieuse

Ce qui monte du fond de la poitrine

Comme les vents qui circulent entre les étoiles

Comme le bleu de la lumière

qui éclaire l'âme des voyageurs

Comme la main du ciel

qui apaise les cœurs oppressés

Un peu plus qu'un rêve – sans doute...

 

 

Confusément – le corps et la tête ; la matière et l'esprit ; soi et le reste ; emmêlés au-dedans de tout et dont les fils – si l'on s'amusait à les tirer – mèneraient jusqu'au lieu où se rejoignent (et s'effacent) toutes les frontières...

 

 

Dans la proximité du plus sauvage

La vie et la mort entrelacées

au fond de la chair ; au fond de l'âme

Prêt(s) à tuer ; prêt(s) à se faire dévorer

Se jouant des drames et de la gravité

Sur le bord du mystère

A travers cette danse joyeuse

 

 

Dans l'enchantement du vivant

Quelque chose du monde

et quelque chose du ciel

 

 

Comme des poignées de terre

lancées sur la pierre

Comme des poignées de ciel lancées en l'air

Nos vies sans écho

Refusant de remonter

le cours de l'histoire et du temps

De suivre les traces de l'aube ;

de se frayer un chemin

entre le monde et l'indicible

 

 

Comme si l'on devait mourir

Et s'agenouiller sur nos brûlures

Et supporter l'odieuse compagnie des hommes

Et les affres de la séparation

Et l'indifférence

de ce (très) long cortège de visages

Assis (bêtement assis)

au milieu du monde et des choses

 

 

Rien derrière la figure nue

Ce qui se rejoint

Ce qui n'a (en réalité) jamais été séparé

A demeure depuis l'origine

 

 

Tout recouvert de bleu et de lumière

Jusqu'à l'angoisse (fondamentale) d'exister

 

 

Au jour de l'en-bas

Quelque part sur la terre

Au milieu des feux ; au milieu de la nuit

Sans qu'interviennent le hasard et le destin

L'âme dans son numéro de funambule

Dans cette sorte de balancement

au-dessus du monde

Entre l'aube et le sommeil

Au commencement – peut-être –

du tertre sans drapeau

 

 

A hauteur de mortel

Et à l'altitude du cœur

Ce qui peut être découvert

Sans la moindre conclusion possible

 

 

Le cœur sanglotant

Sous les étoiles ; au milieu du sang

Trop près de l'écume et des cris

Trop près de la chair et de la cendre

Alors que la lumière brille toujours

à travers cet étrange sommeil

 

 

Tant de tragédies sur la pierre grise

Sans même s'annoncer ; déferlant

Faisant tout vaciller

et, en particulier, les âmes peu expérimentées

(trop peu familières des drames terrestres)

Laissant tout ahuri et dévasté après leur passage

 

 

D'arbre en arbre ; comme l'écureuil, le singe et l'oiseau

 

De plus en plus hardi à mesure que s'estompent le poids et la gravité

 

De plus en plus déterminé à mesure que s'accroît le besoin de solitude et de liberté

 

 

Le geste bleu

La langue innocente

Déployant le cœur comme un miroir

Et découvrant les âmes nues qui tremblent

derrière leurs pauvres habits de gala

 

 

Combien de chemins, d'errances, de dérives

doit expérimenter celui qui marche

De lieu en lieu

De visage en visage

D'existence en existence

Chimère après chimère

Désillusion après désillusion

Sans très bien savoir où diriger ses pas ;

sans très bien savoir pourquoi

 

 

Et ce qui nous brûle au-dedans

Sans la moindre explication

Et qui doit trouver quelque part

son apaisement et sa résolution

 

 

A travers mille possibles et un long cortège de circonstances

 

Effleurant parfois l'écume, parfois les profondeurs, parfois le ciel, parfois l'enfance

 

Découvrant (peu à peu) ce qui monte des rives originelles ; à travers le sommeil

 

Jusqu'au dénuement ; jusqu'à toucher ce presque rien du bout des doigts

 

Dans le désordre apparent du monde

 

 

Que restera-t-il de nos vies, de nos œuvres, de notre bref passage en ce monde ? Rien – quelques traces dans la neige fondue...

 

 

Derrière la figure du sauvage

L'intériorité naturelle et l'instinct

Ce qui maintient l'âme ardente sous le ciel ;

et le corps vivant sur la pierre

Qu'importe l'adversité du monde

et l'hostilité des circonstances

Qu'importe la présence ou l'absence des Autres

Cette force brute au fond du regard

Et cet irrépressible besoin de liberté

qui rend le cœur indomptable

 

 

Ému jusqu'aux larmes par la beauté des arbres, des bêtes, de la roche, des nuages et du ciel ; reconnaissant (très sincèrement reconnaissant) pour ce qui (nous) est offert

 

 

Tachetés d'étoiles et de vent

Ceux qui parcourent le monde

Ceux qui – quoi qu'il arrive – continuent d'aller

jusqu'à l'extinction de toutes les questions

jusqu'à ce que la joie remplace la mort

jusqu'à ce que s'effacent tous les anciens horizons

pour que la lumière puisse briller (enfin)

 

 

Le cœur aimanté par le vrai

Abandonnant là toute autre affaire

Et les affres des vivants

Et le souci de la mort

 

 

Attentif et silencieux

Au milieu des Autres

Au milieu des éboulis du temps

Abandonnant quelque chose du labyrinthe

Le reflet des apparences

Une illusion peut-être

 

 

Du côté de la vie retirée

Avec un peu de clarté sous les paupières

Sans image ; rien que le ciel et le feu

Et la force du vent

 

 

Fantôme de neige aux sandales de bois

A l'allure de chevreuil

Serpentant entre les taillis

Rendu timide par la naissance du jour

Allant aussi rapide que l'éclair ;

aussi éphémère que la rosée

 

 

Sous le ciel ; quelques signes

Des paroles et des gestes

Et ce qu'il faut de tendresse et de silence

En tête de cortège ; le ciel et les cœurs humbles

La terre sous les pas

Le regard lourd sous la charge ;

le fardeau de misères

dans ce recoin du monde

pourvoyeur de tant de malheurs

 

 

Du bleu encore

A en perdre la raison

Et sur la peau ; et sur le front ; ce vent salvateur

Et l'incroyable beauté de la terre

Parmi les bêtes et les étoiles

 

 

Au bord du monde ; la lumière

 

 

En ce lieu où le cœur

peut (enfin) découvrir son envergure

En ce lieu où l'on peut (enfin)

se mettre au service

de ce qui nous habite et nous entoure

 

 

En compagnie de l'âme

Sans désir, sans personne, sans intention

Le buste (humblement) incliné

Le cœur (particulièrement) paisible

L'esprit attentif

Comme quelqu'un qui a (soudain) reconnu

l'instance immortelle

Et, avec cette apparition, la dimension sacrée

de l'existence et du monde

 

 

Sous une nuit sans étoile

La terre bleue ; sans âge

Et sur la pierre ; ces danses rythmées

par la mort et le temps imparti

Les âmes (très) légèrement flottantes

A l'orée du sommeil

Avec la tête qui, très souvent, dodeline ;

et qui, parfois, parvient à s'incliner

 

 

Pour peu que le verbe et le geste

essaient d'approcher le plus vrai

Ce que l'on découvre ; l'infime reflet de l'infini

Au-delà (bien au-delà) de ce qui semble juste

et authentique à l’œil humain

 

 

En ce monde ; tous les états passagers de l'invisible et de la matière ; et tous les degrés possibles de compréhension ; combinés de mille manières...

 

 

Hors du troupeau noir

Dans les montagnes enneigées

Alors que l'âme tremble sous la lumière

Et que les masques se sont effilochés

depuis longtemps

Le cœur ébouriffé et silencieux

Au fond d'une solitude qui a su apaiser

cette soif si ardente

 

 

Les yeux grands ouverts

L'âme transparente

Aussi léger que l'air

Aussi bleu que l'immensité

 

 

En dépit des tremblements

Quelques pas de danse

En attendant l'aube

 

 

 

La chair souffreteuse ; et si froide par endroits

Recouverte d'étoffe et d'absence

Chérissant les postures et la tristesse

(en dépit de ce que pense la tête)

Manquant si cruellement de tendresse

 

 

Oubliées l'angoisse et l'âme blessée

Défaites la mémoire et les sentes toutes tracées

Laissant place au jeu et à l'incertitude

A la joie qui regarde la mort en riant

Au regard qui éclaire ce sur quoi

se posent les yeux

 

 

A la merci du monde et de la lumière

Accumulant les épreuves

sans jamais se confronter au mystère

Relégué(s) dans ce recoin

où seules comptent les contingences

et les opportunités

Comme coincé(s) entre l'ignorance et la mort

 

 

Un peu perdu au milieu des masques

A l'affût de ce qui est encore vivant

Avant que tout ne soit recouvert d'un linceul noir

 

 

A ne plus rien croire

A voir au-delà des yeux

Dans le recommencement du rire et du jour

 

 

Pas certain du chemin qui se dessine

Mais assuré des aléas du monde

et de l'imprévisibilité de l'écume et des vents

Allant là (essayant d'aller là) où l'enfance résiste ;

là où l'innocence rechigne à être remplacée

 

 

Au milieu des possibles

Entre tous les désastres et toutes les fortunes

Si proche de la lumière et du déclin

Ces quelques instants sur la terre

 

 

Entre nos lèvres ; plus de noms ; plus de mots

Quelque chose du silence et de la beauté

Le souffle d'une perspective infinie ;

et notre élan vers elle

Un cœur et une voix authentiques

Enjambant toutes les rives du monde

Par-dessus les niaiseries et le temps

 

 

Au milieu des reflets

Parfois très haut ; parfois au fond du gouffre

Quand bien même seraient dérisoires

nos chutes et nos ascensions

 

 

Comme face à un miroir sans reflet

Sans personne ; ni d'un côté – ni de l'autre

Sans écume, sans image, sans commentaire

Une page vierge, immense et provisoire

sur laquelle se dessine – à l'encre blanche –

la permanente pulsation du vivant

 

 

Consentir enfin à se faire l'instrument (conscient et acquiesçant) de la tendresse ; et à agir en son nom de manière invisible et anonyme (comme tout ce qui est à son service)...

 

 

L'odeur de la terre

Le bruit de la pluie

Le caresse du vent

L'ambiance des sous-bois

 

 

La parole qui invite au plus intime

Sans rien trahir ; sans rien demander

 

 

Cette façon d'aller sans souci

Selon les consignes du ciel

A travers mille gestes quotidiens et naturels

 

Dans la courbure du temps

Ce long voyage

De l'absence à l'autre pays

 

 

(Presque) immobile en attendant le jour...

 

 

Ébloui par la pierre et le ciel

par le merveilleux du monde

et la diversité du vivant

et par l'incroyable liberté des âmes

qui continuent de jouer

au milieu de l'hérésie et des insanités

 

 

En ces terres montueuses et sylvestres...

Lieu du sauvage ; lieu du passage...

Traversé sans habit ni bagage...

 

 

Du bleu ; partout

Du songe au silence

Et jusque dans la plus infime parcelle

de ce monde

Accueillant ce qui s'invite ;

abandonnant ce qui nous quitte

Ne refusant rien ; pas même d'avoir,

de temps en temps, le cœur un peu fermé

 

 

Le cœur à la recherche d'un refuge

d'une lumière derrière les apparences du monde

d'une liberté capable d'enjamber la mort

d'une vérité au-delà du savoir

d'une profonde intimité avec les choses

d'un silence

d'une paix capable d'effacer tous les désirs

 

 

Quelque chose au fond de l'âme

Comme un puits de lumière

Un ciel sans limite

Un horizon de silence

Indifférent à la danse des ombres

 

 

Vivant à la manière de la neige et du vent

Éclatant comme un minuscule soleil

Aussi vaste que le ciel au-dedans

Le visage, pourtant, si près du sol et des choses

 

 

Loin des cercles humains

Dans la proximité du ciel

et la délectable (et surprenante)

intimité du monde

Sans Dieu ; ni ami

Sur cette péninsule privée d'humanité

Occupé (encore trop occupé – peut-être)

à chercher

au-delà du nom et de la tombe

ce territoire où le cœur est souverain

 

 

De l'incarcération à l'immensité

Tout tremblant ; et déjà éclaboussé de bleu

Au-dessus du labyrinthe

A rire comme coulent les fontaines

 

 

Par-delà toutes les espérances ; le plus vrai et le plus vivant

 

 

Ayant refusé l'or et le rêve

pour vivre au pays des arbres

au milieu des vivants

au royaume de l'invisible

 

 

Arrivé là où le cœur est si proche de l'expérience

Dans l'incertitude et la précarité nécessaires

 

 

Chuchotant des secrets à la manière du vent

Presque en silence

 

 

Dans le (parfait) retrait du cœur

L'intense déploiement de la lumière

 

 

Sans autre perspective que soi

Sans s'occuper du monde

ni du malheur des Autres

L'humanité commune ; si étroite,

si affligeante, si funeste

 

 

Le cœur de plus en plus joyeux face à l'incertitude...

 

 

Et cet émerveillement

face au déploiement du bleu et du silence

Ce que réclamait l'âme depuis si longtemps

 

 

Heureux au milieu des bêtes et des arbres

Au cœur de notre communauté d'adoption

 

 

Au milieu du monde

Sans s'affairer

Sans rien remettre au lendemain

A l'écoute et au service de ce qui vient

 

 

Qu'importe la distance qui semble séparer le monde du cœur ; toujours au-dedans ; en définitive...

 

 

Le geste et le mot de moins en moins pesants...

 

 

Hors du territoire des hommes

Parmi les pierres et les herbes hautes

Au milieu des arbres et de la lumière

Aussi léger que la terre (poussiéreuse)

sous les pas

Goûtant et contemplant ; infiniment –

à perte de vue – l'incertitude et l'étendue

 

 

Le silence au-dessus de tout ; inaccessible par les chemins du monde et de la langue

 

 

L’œil hors du tumulte

Et qui retrouve, peu à peu, sa place

à travers le déchirement des voiles

Se désenvoûtant – en quelque sorte

 

 

Fidèle aux exigences du ciel

Entre les mains de la lumière

A la merci des créatures et des Dieux

 

 

Tourné vers d'autres avantages que les siens

Les gestes dans le prolongement du vrai

Sans rêve ; au cœur même de l'étreinte

Sans nier ni le désordre ni la confusion

(lorsqu'ils se manifestent)

 

 

Sur ce sol si ancien

Témoin de tant d'abominations

Tombeau de presque tous

Devant nous autres ;

si chichement fraternels

si pauvrement humains

 

 

De plus en plus simples ; la vie, le geste, le mot

à mesure que le cœur s'élargit

à mesure que le manque s'amenuise

Se rapprochant de ce rire qui célèbre

ce qui a été achevé

et qui se moque de ce qu'il reste à accomplir

 

 

Sans rien amasser ; sans rien espérer...

Passant à la manière du vent...

 

Sans parole superflue

Voué (essentiellement) aux gestes ordinaires

 

 

Allant sans lanterne ; sans bagage ;

sans répit ; sans destination

Pour le jeu et la joie

 

 

Au cœur de toutes les histoires ;

mille énigmes, mille défis, mille embarras

Sans pouvoir résoudre

la moindre chose – le moindre problème ;

comme si nous étions la principale inconnue

de cette mystérieuse équation

 

 

Oscillant (sans cesse) entre la caresse et le crime

Porté(s) à toutes les faims et à toutes les folies

 

 

D'un seul tenant ; soi et le reste

A vivre ensemble sous le même ciel

Dans l'espace commun

Au-delà des légendes du monde

Au-delà des mythes des hommes

Le cœur toujours ébahi par les jeux et les danses ;

par le bleu et les yeux aveugles

 

 

Face à ce qui demeure

Face à ce qui emporte

Brinquebalé(s)

Pris dans les méandres et les remous

Nous agrippant à la roche jusqu'au dernier souffle

 

 

Tournoyant

Jusqu'à tout enchevêtrer

Jusqu'à tout rendre indistinct

Jusqu'à tout confondre

Une manière (sans doute) d'inviter

la lumière et le poème

 

 

Aussi nu que possible

A force de vérités

Vibrant au rythme du plus naturel

sans filet, sans appui, sans secours

 

 

Comme l'arbre et la fleur ;

entre le sol et le ciel

Comme les bêtes des bois

Guère intimidé(s) par l'immensité

et le bleu de la terre

La vie – toute la vie –

concentrée dans le regard et le geste

[rendant ainsi caduque toute forme de prière]

 

 

La langue comme scellée dans la matière ou sculptée dans la roche. Pesante, épaisse, inappropriée pour dire les choses du ciel ; tout juste bonne à permettre les échanges (ordinaires) entre les créatures de ce monde...

 

Et la poésie ; manière, peut-être, d'inscrire l'invisible dans le sillon verbal – si tellurique et prosaïque – de l'homme...

 

 

La parole ; comme un écho du plus lointain et du plus intime (assez savamment enchevêtrés)...

 

Exprimant l'ineffable et le silence autant à travers ce qui se dit qu'à travers ce qui est tu...

 

 

Incertaine et établie (en quelque sorte) ; la parole

Ne s'adressant à personne

Célébrant (pour elle-même) tous les possibles ;

le mystère et le merveilleux du monde

 

 

Rien sur la route

Des pierres au-dehors

Et des voix au-dedans

Au milieu de la lumière

Ici ; à la merci du ciel

Au service du reste

Apprenant à s'amuser au fil des usages

Et réduit(s) à presque rien

lorsque la lumière et l'infini

nous rappellent

 

 

A la mesure du vrai

Sans le moindre manque

 

 

Au cœur de la trame ; tout ce qui passe

Sans rien trahir malgré l'indifférence

et les massacres

Et des chemins ; et des possibles – à perte de vue

 

 

Présent

En instrument docile et anecdotique

Obéissant jusqu'au dernier souffle

jusqu'au dénouement provisoire

 

 

Allant ; sans rien savoir – mais joyeux – à présent...

 

 

Ballotté entre les rives ;

à travers le (savoureux) vertige de l'incertain

sans jamais quitter les bras de l'infini

 

 

Au pays de la tendresse et du silence

Sans autre que soi (ce que le reste –

en réalité – est devenu)

 

 

Le cœur usé par les événements

et la fréquentation du monde

L'esprit hanté par la mémoire et le devenir

L'âme épuisée par tant de contraintes

et d'impossibilités

Alors que rien ne semble (véritablement) exister

ni la vie, ni l'autre, ni le monde,

ni le temps, ni l'individualité

 

 

L’âme, l'œil et la main dans leur dialogue secret

Penchés ensemble sur une (infime)

partie du mystère

En ces lieux qui appellent

à la convergence du geste et du bleu ;

Et manière (aussi) d'influer sur le verbe et le pas ;

de guider le cœur et le corps

dans leur danse avec le ciel ;

et d'offrir à l'esprit le silence nécessaire

 

Tous feux éteints ; et la brûlure à l'intérieur

Si près de la chair du monde ;

le cœur aussi rouge qu'un soleil

 

 

Le mot, parfois, à la hauteur du secret

Se débarrassant du linceul de la pensée

qui recouvre les infinies possibilités du verbe

 

 

Silencieusement ; sans se laisser distraire ; sans rien revendiquer...

 

 

Dans le rêve comme dans la prière ; si proche d'un Dieu qui nous semble si lointain...

 

 

Là où se brisent les rails

La route éparpillée en minuscules éclats

qui se transforme en pente sans repère ;

sans autre guidance que les nécessités

et les circonstances

A même la trame du réel

Au milieu des vents

 

 

Là où la lumière remplace le sable et le pas

Pieds nus

Sans rien corrompre ; sans rien endommager

A la manière d'une brise légère

 

 

Sans rien savoir, sans rien chercher,

sans rien attendre

Comme effacés ; tous les désirs

et toutes les questions

Comme si tout s'était détaché

Comme si tout s'était éclairé

Comme s'il ne restait que cette joie

affranchie des circonstances et des individualités

 

 

Au milieu des feuilles mortes

L'âme et les arbres dénudés

Sous un ciel sans reproche

Fidèles (incroyablement fidèles)

aux cycles du temps

 

 

De l'autre côté de l'ombre

Depuis toujours

Ce qui nous attend

 

 

Entre le silence et le chant

Ce qui jaillit du cœur

Et le poème – quelques fois

 

 

La vie dépouillée

L'âme dénudée

Sans arme, sans appui, sans artifice

Traversées par la lumière et le vent ;

et la parole nécessaire

 

 

Seul face au monde

Seul face à Dieu

 

 

Les hommes encore assoupis ;

et se croyant si seuls

Sans rien savoir ; et s'essayant (parfois)

à de très savants calculs

Sachant si peu se contenter

(presque toujours insatisfaits)

Forcés d'arpenter les terres

de l'âme et du monde ;

poussés par la faim (cette insatiable faim) ;

tantôt celle du ventre ; tantôt celle de l'esprit

Sous un ciel énigmatique

et (désespérément) silencieux

 

 

S'abandonnant aux forces du vent

Laissant le monde et le temps se disloquer

Allant là où rien ne pèse

Comme si l'esprit avait fait

exploser le cadre et le carcan

 

 

Rien que l'heure présente ;

et ce qu'elle offre au corps, au cœur, à l'âme

Sans même savoir pourquoi

A la lumière de rien

 

 

L'âme pétrie par des mains immenses

Hors de portée des gestes humains

 

 

Le secret – si serré – dans les paumes du vent

Et la parole, parfois, aussi tranchante que la lumière

 

 

Alors que les mains soumettent

les vivants et répandent la mort

Alors que les bêtes offrent leur chair et leur sang

Alors que les âmes

volent au-dessus des charniers

Alors que, partout, les yeux se ferment

Un chant anonyme et minuscule

monte en silence pour se mêler au vent ;

et que personne (presque personne),

en ce monde, n'entend

 

 

L'âme portée au plus intime

Dans un ruissellement de silence et de joie

 

 

La terre et la pierre

Les bêtes et les fleurs

Le ciel et le silence

La solitude

Là où, peu à peu, glissent

tous les mots et tous les pas

Vers cet espace ; vers cette lumière –

qui attirent l’œil et l'âme

 

 

Figures de sable et de vent

Posées (si provisoirement) sur la pierre

Aussi droites que possible

Dansant sous la lumière

Entre le bleu et l'abîme

Entre le rire, les larmes et l'impossible

 

 

A travers cet (étrange) accord

entre le cœur et le ciel

Sur une simple planche de bois

La parole qui se pose et s'étend

aussi loin que possible

Vers les profondeurs ; vers toutes les immensités

A la manière du regard

Sans même la nécessité du livre et de l’œil

 

 

Des choses et d'autres

L'esprit engagé – en quelque sorte –

dans son expérience du monde

 

 

Une tendresse naturelle et quotidienne

Quelque chose (bien) au-delà

des mots et de la chair

Comme un fleuve et un ciel

Une vaste étendue et un flux intarissable

Entre le cœur et le front

Entre l’œil et les entrailles

Entre l'âme et la peau

Et qui s'insinuent jusque dans le souffle

et le sang ;

jusqu'au fond de la moelle

 

 

Ici ; comme un peu de ciel jeté sur la pierre

 

 

En dépit de la profusion de signes ;

rien sur la page

La parole comme absorbée par le silence

 

 

Entre le ciel et l'écume

Le lieu de l'évidence

où peuvent se glisser l'âme et les yeux

A l'abri des remous

Là où tout s'efface

Là où ne peuvent pénétrer

ni le monde ni le temps

 

 

Hors jeu ; comme expulsé des apparences du monde et des plaisirs sans importance

 

 

L'âme simple et dépouillée

Le cœur enclin à toutes les expériences

Et la chair prête à s'offrir à ce qui la réclame

 

 

A l'écoute de ce qui crie au fond du cœur pour nous rappeler la nécessité du Divin et les exigences du voyage...

 

 

Par-dessus le rire et la peine des hommes

 

 

Là où la mort emporte

A l'heure où l'on déserte les tombes

Lorsque les vivants détournent

la tête ou ont quitté les lieux

Par vagues, par grappes, par deux ou seule

Vers le ciel

Les âmes légères – si légères

 

 

L'invisible et la lumière

La beauté de la terre

La vérité et le silence

Tout est là ; donné instantanément

 

 

A travers la liberté de la langue

L'expression du poète

Dans son atelier, sa forge, sa fosse d'effacement

A marteler les mots sur l'enclume

Sous la direction (attentive) de l'âme,

de l’œil et de l'oreille

Sans la nécessité de l'homme

 

 

Le cœur et le geste parfaitement alignés entre la pierre et l'étoile

 

 

Le monde offert

Obscurément d'abord

Avant que naisse le chemin vers la lumière

Ce long périple au-dedans du regard

Le Divin au milieu des ombres

Éternellement, naturellement, instantanément

Dévoué autant à ce qui l'ignore

qu'à ce qui l'honore

Une main portant chaque vie

Soutenant le cœur dans ses épreuves

Encourageant l'âme

et réconfortant la chair meurtrie

Comme un peu de ciel offert à ce qui se sent

un peu à l'étroit dans sa gangue de terre

 

 

Sous la fièvre apparente

L'espace et le silence – la parfaite tranquillité

comme au commencement du monde

 

 

L'âme comme plongée

au fond de la chair vivante

prête à tout expérimenter – à tout découvrir –

à s'abandonner à toutes les aventures

 

 

De lieu en lieu jusqu'au vertige...

 

 

Dans l'atelier du monde

Depuis la nuit des temps

 

 

Sur le sol

Le sceau et le sang des vivants

Le monde et le temps

Bannis de tous les autres royaumes

En dépit du ciel au-dessus des têtes

 

 

Sous le ciel maussade

un long voyage qui ne s'achèvera

qu'avec l'évidence de la lumière

 

 

Personne face au miroir comme si l'on appartenait déjà à l'invisible...

 

 

Furieusement dégradés

les reflets du monde

comme dissous par la lumière

Et dans le cœur

la parole brûlante

si près du silence

qu'elle pourrait faire éclater la langue ;

pulvériser l'idée de la terre et du ciel –

pour repeindre en bleu tout ce qu'elle a enflammé

 

 

La folie de ce monde –

ses danses bruyantes

et ses tourbillons mal inspirés

La course destructrice du temps

Et le poème plus lourd que le vent

 

 

Les yeux déchirés

Le front obscurci

L'âme écrasée

Le cœur bâillonné

La sagesse empêchée

par toutes ces bouches

pleines de rires et de mots ;

pleines de chair et de sang

Et rien pour conjurer le malheur

 

 

Le cœur bleui

par la proximité de la lumière

Comme si le ciel déversait

une partie de son encre sur le monde

 

 

A cœur et à ciel ouverts

Là où tout s'invite ; là où tout ruisselle

Là où tout est monde et silence

 

 

Condamné(s) à l'éternel recommencement du monde et du temps...

 

 

Au-delà du bavardage ; la parole

Au-delà de la parole ; le verbe

Au-delà du verbe ; le silence

Ce que parvient, parfois, à refléter le poème ;

lorsque ce qui advient n'a plus même le désir

d'être exprimé ni d'être entendu

 

 

Entre la pénombre et la lumière

Entre l'infini et la poussière

A languir au fond de ce passage qui s'éternise

 

 

La nuit si obstinément comme si elle était, pour le monde, le seul destin possible...

 

 

Sous les yeux (fermés) des assassins

Le cœur des bêtes – encore palpitant – jeté en tas

pour apaiser la faim de chair et de sang

Sans jamais enfreindre (bien sûr)

la loi des hommes

Mais piétinant (de la plus affreuse manière)

ce qui relève de l'Amour, de la tendresse,

de la sensibilité

Laissant tout arriver

Laissant tout devenir

Laissant tout se déployer

Laissant tout s'effacer

 

 

Offert aux vents, aux mondes, aux siècles que l'on expérimente jusqu'à l'ivresse...

 

 

La main tendue

Le cœur incliné

Face à l'invisible

Sous l’œil indifférent de l'Absolu

qui se moque bien de nos larmes et de nos prières

 

 

Qu'importe l'état du monde, de l'âme

et de la chair

Ce qui compte ; la proximité de l'Amour

et de la lumière

 

 

Des taches d'encre disséminées ici et là

Tantôt prolongement du silence

tantôt prolongement de la nuit

Selon l'origine de la parole

et la profondeur (et l'envergure)

de celui qui la reçoit

 

 

Dans l'immensité sauvage

La chambre et le verbe

La possibilité de la solitude et du ciel

La grâce qui s'offre à celui

qui s'est écarté du monde

 

 

Le dehors et le dedans ; comme deux mondes séparés et parallèles qui forment un étrange labyrinthe auquel il est (presque) impossible d'échapper mais que l'on peut apprendre à dissoudre par un long (et ardent) labeur de l'âme et de l'esprit

 

 

Nu

Sur l'étendue déserte

Des tourbillons d'air sur la pierre

Le souffle de la traversée

D'ici à plus loin

Et ainsi – toujours – de lieu en lieu

Sans jamais vraiment se mouvoir – en réalité

 

 

La joie du cœur capable de convertir le monde et la mort en lieux de tendresse et de paix

 

 

Jusqu'à soi

Et même un peu plus loin

Et même au-delà

Traversé(s) de bout en bout

Qu'importe ce qui peuple le monde

Qu'importe les chemins et la turbulence des jours

Qu'importe les territoires à explorer

Ce qui soumet l'âme

aux nécessités de l'existence ;

et l'existence aux nécessités de l'âme

 

 

A la source de ce qui sait se contenter

Traversant et se laissant traverser

 

 

De la pierre au ciel

Le champ libre

L'espace vide

Sans que rien soit jamais séparé

 

 

Le cœur libre ; le cœur prisonnier

Le cœur joyeux ; le cœur dévasté

Le cœur vaste ; le cœur étriqué

Tantôt ombre ; tantôt lumière

Tantôt bruit ; tantôt silence

Tantôt insensible ; tantôt marqué au fer rouge

Comme le reste ; n'échappant à rien –

jouet de ce qui s'impose

 

 

Les mains jointes

Alors que tout se retire

Alors que tout est abandonné

 

 

A la pointe de l'âme ; la lumière du monde

Ce qu'offre la main ouverte ;

et le poème – quelques fois

 

 

Comme une fleur

Sous la neige

Sous le ciel

Sous le vent

Offert à tous les yeux ;

à toutes les bouches ;

à toutes les mains

Sachant vivre

sans rien conserver pour soi

 

 

Face au monde

L’œil vierge

sans rite, sans flèche, sans manuel

L'âme sensible ; prête à se laisser traverser

Et le cœur qui reconnaît

ce qui existe depuis toujours

Le seul visage au-dedans de tous les autres

Ce qui se tient immobile

parmi les reflets dansants

 

 

Le ciel sur la table

Et la parole bleue et univoque

 

 

Qu'importe les grimaces et le gris des façades

Qu'importe les tourments

et la sensibilité des âmes

Parvenu au faîte du corps ; à la lisière du ciel ;

là où les frontières deviennent inutiles ;

là où l'immobilité et le franchissement

s'imbriquent, s'absorbent, se mélangent ;

là où les lieux, les choses et les apparences

n'ont plus d'importance ;

là où tout se confond

avec le mystère et la joie

 

 

Toujours soumis au presque rien du monde

Et le ciel encore loin d'être descendu

 

 

D'une extrémité à l'autre

Au milieu des carences et des excès

Des choses et d'autres

Quelques gestes, quelques pas, quelques paroles

Sans rien atteindre ; si ce n'est ce que l'on est déjà

 

 

Au plus proche du seuil

Là où les yeux et le jour se confondent

 

 

Le cœur sur la page aussi fragile

que ce qui l'a déposé

Le bleu et ce qui circule au fond de la parole

Comme un ciel au milieu du monde

Et mille passages offerts aux vivants

 

 

A vivre sans rien démêler

Au-delà (bien au-delà)

de l'ambition la plus démesurée

Dans le retournement de l'horizon

et l'effacement de tous les attributs

 

 

Condamné(s) à l'usure, à l'abandon, à la clarté

jusqu'à ne plus pouvoir, un jour, distinguer

le meilleur du pire

 

 

La paroi des possibles repoussée jusqu'à l'infini...

 

 

L'âme et les pieds libres

comme l'esprit et la chair –

affranchis depuis toujours

 

 

Ce qui effleure le pas ; le bleu de la route

 

 

Ce qui s'empare du cœur

Comme des éclats de lumière

 

 

Retrouvant, peu à peu, le pays natal, l’emplacement des origines, le lieu que nous n'avons quitté qu'en apparence

 

Le plus haut degré d'intimité, peut-être, avec ce que nous offre l'existence terrestre

 

Hissée jusqu'ici ; la parole vraie

Ce qui émerge du cœur

sans passer par la pensée

sans être recomposé par la raison

Simplement ; ce qui doit être dit

 

 

Plus loin que là où mène la route

Plus haut que le ciel

A l'exact emplacement du bleu et de la lumière

En ce lieu où se rencontrent le jour et l'horizon

Là où il n'y a qu'un seul cœur

 

 

Sans savoir, sans pouvoir, sans rien posséder

Présent ; ici – seulement

Nu, attentif, disponible

Disposé à accueillir ce qui vient ;

un ouragan, une brise légère,

une poignée de main, une âme hostile,

un corps en déclin, des bras grands ouverts

Le cœur (très légèrement) incliné

Sensible au souffle et aux vibrations ;

à l'invisible derrière les visages et les choses

Sans jamais avoir l'imbécillité de se croire

nécessaire, précieux, irremplaçable

Porté par cette sagesse qui jamais ne dit son nom

 

 

Aussi bleu que tous les rêves du monde

Aussi perdu que le reste

Allant (joyeusement) vers sa perte

Sans jamais imaginer que tout

puisse être définitivement perdu

 

 

Comme le ciel

Sans fin ; le voyage