Carnet n°210 Notes sans titre
L’œil pris par l’attrait du mouvement…
Demeure le centre – immobile – en arrière-plan…
Deux pans du même espace…
Un abri – un destin – un voyage. Cet étrange chemin qui serpente – ce court périple entre déboires et agréments – l’apparence – ce qui se passe – et la manière dont les circonstances sont vécues dans les coulisses de l’âme…
Ce qui nous habite et nous revient ; tout ce qui naît – tout ce qui passe – tout ce qui dure (un peu) – tout ce qui s’efface…
La boucle permanente des choses…
De plus en plus simple – le monde – ce qui bouge – ce qui change – l’inévitable. Et ce bleu intérieur – sans poids – sans épaisseur – présence sensible – vivante – sans contour – non localisable – à la fois au-dedans et au-dehors de tout…
L’alliance indiscutable – l’union consommée de mille manières – entre le mouvement et l’immobilité…
Tout se recroqueville sous le poids de la gravité – le (trop grand) sérieux des âmes. Seuls l’Amour et le rire offrent la liberté propice à la dilatation – aux retrouvailles avec l’envergure naturelle…
Le feu, le geste et l’attention – le plus grand soin offert par l’âme non distraite – ce que permettent la main et la plus grande présence possible…
En soi – la demeure pour l’âme. Et partout ailleurs – au cœur de la nature – mille possibilités pour le corps…
Ce que l’esprit autorise – mille aventures – mille replis – mille offrandes – mille autodafés – mille cruautés – mille massacres – mille sourires – mille poésies…
Tout – absolument toutes les possibilités sans restriction…
Il n’y a d’interdit – ni en acte, ni en parole…
De longues minutes de silence et de vacuité avant la naissance du premier mot – avant le jaillissement du premier trait – le temps de remonter jusqu’à la source – de creuser, en soi, le trou (parfaitement lisse) qui absorbera les bruits et les encombrements du monde et de la psyché…
Le monde – les piliers même de l’effondrement. L’évanescence et la précarité sur socle…
Des lignes qui se distinguent et s’entrecroisent. Le monde comme dessin – comme arabesque…
Puzzle mouvant – interactif – évolutif. Echeveau multi-dimensionnel…
L’infini vivant – et ce qui occupe l’espace. Le plus pur et cette folie en mouvement…
L’assoupissement mécanique du monde…
Fosses et ravins creusés à même l’esprit – ce que facilite (grandement) la psyché…
Le fouillis et l’assemblage géométrique des formes. Le parfait emboîtement des éléments. Cet entremêlement de la matière visible et invisible. Et ce regard sur le cours (inévitable) des choses…
Nous sommes – cela…
D’instant en instant – de jour en jour – d’état en état – et ce qui est, en nous, indéfiniment présent…
Ce « nous sommes » sans qualificatif – sans texture – sans attribut – qui prend la forme et la couleur du monde – de toutes les choses du monde – de manière si provisoire…
Le jeu de l’infini dans la restriction – dans la limitation ; le ciel pris entre des barreaux (dont le ciel serait le seul matériau) que l’on aurait recouvert(s) d’un peu de boue, d’un peu de terre, d’un peu d’eau et de nuages – histoire d’obtenir un mélange aux ingrédients (presque) indécelables – histoire de brouiller les pistes et de complexifier les règles du jeu…
L’esprit – le monde – la vie – ce qui nous assigne à mille obligations – à une forme de présence – d’astreinte – de servitude…
L’infini, la restriction et l’inévitabilité…
On ne peut y échapper ; impossible de ne pas être – de ne pas participer au monde – à l’Existant – d’une manière ou d’une autre…
L’aire de tous les possibles – un chantier – un étroit chenal – la terre – l’esprit – l’espace de toutes les réalisations…
L’être s’essayant à toutes les combinaisons…
L’infini traversant le singulier – tous les singuliers – l’ensemble de ses figures – infimes – restrictives…
Comme un ciel au-dedans d’une tête – au-dedans de toutes les têtes – le bleu, le vent et tous les orages possibles…
Ce qui est vécu intérieurement en vivant dans le monde – dans la proximité des autres visages…
Parfois – on aimerait – seulement – vivre – partager et échanger – avec ce qui se cache derrière les masques et les parures ; l’âme nue – fragile – sensible – le plus authentique – le plus aimable – de l’Autre…
Être ce terrain vierge où tout peut éclore – arriver – s’inviter – s’imposer – s’effacer – sans crainte – sans embarras – sans récrimination…
Devenir cela au lieu de ce conduit étroit et rigide à travers lequel ne peut couler qu’une eau sans contrariété…
Regard au sol – plongé dans les herbes folles des fossés…
Regard au ciel – porté par la course des nuages…
Ici et là – au-delà des frontières humaines – hors du cadre restrictif – à vivre l’envergure par-dessus les mille restrictions…
L’esprit blanc – sans trace – sans marque des épopées anciennes – sans le moindre frémissement d’attente – sans le moindre élan pour d’éventuelles aventures…
Alerte – vif – disponible – sans préjugé – qui accueille ou refuse avec netteté et franchise ce qui surgit – ce qui s’offre – fidèle à ses ressentis – à ses résonances profondes – qui bannit toutes les compromissions incompatibles – peu salutaires – qui est à l’écoute des mouvements naturels nés de la rencontre – de la coïncidence – entre ce qui est dans le monde et ce qui est dans l’âme – à un instant donné…
Tout existe – puis, tout se retire – s’efface – l’instant suivant…
Tout est possible – et peut se produire – se réaliser – dans le monde – dans la tête – dans l’âme…
L’ouverture et le champ infini des possibilités…
Jamais aucun interdit – jamais aucune restriction…
Le monde sans repos – le monde essoufflé – le monde à genoux. Sur la pierre se dressent tous les possibles. Et dans l’âme, l’acquiescement…
Ce que nous promettent les croyances et les prières – et ce que nous offre la fréquentation des Dieux…
Des visages côte à côte – mais le cœur ailleurs – déjà loin…
Des identités de façade – de papier. Des entités fragiles. Quelque chose de l’ordre de l’habitude et de la résignation…
Rien n’est moins réel – n’est plus mensonger – que les apparences ; des masques pour dissimuler le plus commun – le plus humain – ce qui constitue le plus digne et le plus aimable de l’homme – ce qui gagnerait à être davantage exposé…
Des pavés – des murs – des arbres. Partout – les mêmes forêts – les mêmes édifices – les mêmes visages – les mêmes chemins ; l’appauvrissement de la diversité…
La lumière – parfois – dévoile les couleurs de notre arrière-monde ; et nous voilà à pousser de grands cris devant tant de surprises et d’inattendu…
La plume tantôt vive – tantôt poussive – qui accompagne les pas du jour – qui leur est fidèle, en quelque sorte…
Le corps et l’esprit – main dans la main – si l’on peut dire…
Des amas de choses sur d’autres amas de choses – enveloppées – et qui se distinguent – par les apparences – et au-dedans desquelles circulent les mêmes fluides – et au-dedans desquelles habitent les mêmes fables et la même essence…
Et tout cela emmêlé – jusqu’à ne plus rien y voir – jusqu’à ne plus rien y comprendre…
Quelques possessions et nos ambitions cannibales. Notre soumission – notre allégeance à l’infâme tyran qui gouverne la psyché…
Les yeux cachés par les mains pour ne pas voir la violence avec laquelle on investit le monde – la violence avec laquelle on vit – la violence avec laquelle nous nous acharnons à satisfaire nos besoins – nos désirs – nos caprices…
Le pays totalitaire – invivable – que nous sommes devenus…
Des événements – des choses – sans posture – qui se manifestent avec aisance – de manière naturelle – sans la moindre attente à l’égard du monde…
La silhouette du monde dans l’âme – un peu d’ombre tout au plus…
Ce qui surgit – et s’en va – comme l’éclair…
Et ce qui se cache sournoisement au fond de la psyché – à notre insu, bien sûr…
La rudesse du monde qui cingle le corps – qui le marque continuellement. Les heures de grandes souffrances et celles des petits inconforts…
L’empreinte implacable de la vie terrestre sur nos existences…
Le pire ne concerne jamais l’Autre – l’ailleurs – c’est l’en-soi qui est touché – ce qui nous concerne au cœur…
La surprise et la joie de tout vivre – en soi…
L’incroyable danse des possibles – où, à chaque instant, sont remises à plat toutes les règles des probabilités…
Le puzzle parfait – à chaque fois… qu’importe les emboîtements – les choses qui s’entrechoquent – qui blessent et se déchirent – les résistances – la fluidité jusque dans les pires frictions – les pires fractures – les pires entailles…
Le réel qui façonne – qui martèle – qui cisaille – qui œuvre à sa propre gloire – à sa propre perte – et toujours avec panache – même au cœur du plus indigent – même au cœur du plus pathétique…
Mille bataillons – toute une armée de formes à sa disposition. Et, bien sûr, tous les champs de bataille offerts pour que meurt ce qui doit mourir et pour que s’impose ce qui doit s’imposer…
La défaite – l’amer – la désolation – la misère – ne sont que des inventions de la psyché – et le refus de la moitié du réel – de la moitié du monde – de la moitié de l’existence terrestre – le refus de la moitié de ce que nous sommes – l’autre part, elle, est acceptée – et convoitée (au plus haut point) – quant au reste – l’invisible – le plus essentiel – il est encore trop souvent nié – oublié – condamné à l’inexistence – à moisir au fond des abîmes que nous abritons…
L’inévitable cohabitation ; les rapports de force – la domination – la violence – les postures – les stratégies – et l’idéologie sous-jacente de la séparation et de l’individualité…
Rien – pour l’heure – qui ne puisse éradiquer les conflits et les guerres…
Seulement – le sacre de l’instrumentalisation – de l’exploitation – de la réification – de l’extermination – toutes ces joyeuses réjouissances de la vie terrestre…
L’heure initiale – celle qui a précédé tous les élans – celle où débuta la construction du monde et des chemins…
La route étroite et ses interstices de confort – de douceur – au fond desquels l’esprit s’éternise pour échapper au long couloir de verre – à la détention terrestre avec ses grilles – ses servitudes – ses pièges mortels…
Le chant des mots au-dedans – comme une danse avec le silence – quelque chose de l’ordre de la vibration – mille échos nés d’un brusque surgissement…
Des méandres à suivre qui se construisent – et se défont – au fil des pas. Comme le déroulement du temps – instant après instant. Comme le déroulement d’une histoire – de mille histoires simultanées – séquence après séquence…
Rien de certain – juste l’impression (illusoire) d’une durée – de mille moments – de mille événements – qui s’enchaînent les uns après les autres…
Le bleu du monde – et ces jours de grand festin où la faim se dissipe d’un claquement de doigts – d’un excès de vent – l’âme au cœur du silence. Notre plus secrète raison de vivre…
De plus en plus – à côté du monde – aussi loin que nous mènent nos pas…
Le juste itinéraire est celui qui s’impose. Ainsi en est-il de toutes choses – des événements – des gestes – des rencontres – des existences…
Une croix érigée contre le ciel – des volets clos. Un monde sans fenêtre creusé sur le socle même du vivant – la misère – l’ignorance – la peur – l’espoir. Un labyrinthe de galeries souterraines où le noir – et ses fantômes – sont les seules présences…
Le jour maculé par nos gestes – notre labeur – notre sommeil – nos mille tâches dérisoires – nos mille jeux inutiles…
Du magma – du relief – à perte de vue – pris dedans avec assez d’espace autour pour respirer et se croire séparé(s)…
Rien que des ombres – parfois – qui se glissent au-dedans – et qui viennent remplir ce que nous avons déserté – là où ne règne que l’absence…
Des bruits – du monde – rien de très important – mais dont la quantité nous fait croire à une invasion – à une colonisation massive de l’espace…
Rien que des tourbillons dans lesquels nous sommes pris – comme le sont tous les phénomènes…
Des danses et des rondes – comme du vent dans l’air – comme des traits de matière sur la matière – des égratignures et des gouffres dessinés dans la masse vivante – changeante – indéfiniment déformable…
Une auto-création – une auto-mutilation – une auto-renaissance – multiples et permanentes…
Des anges – des monstres – de l’Amour – des guerres – de la rivalité. Main dans la main – le monde en marche…
Ce que nous tenons pour les hautes sphères – l’en-bas du socle – le souterrain à partir duquel poser l’échelle et effacer chaque barreau gravi. Ainsi se construit-on à partir de l’inversion et de l’effacement – du plus rien devenant, peu à peu, présence et plénitude…
Tout – et l’éclatement des repères. Rien – sans la moindre référence. Et la possibilité de tous les horizons – de toutes les dimensions – de toutes les réalités – qui s’offrent selon la sensibilité, les aspirations secrètes et les voies empruntées…
Ce que seul(s) nous ne pouvons atteindre. Ce qu’il faut creuser, en soi, pour accéder à ce que l’on porte…
Le jour et la nuit défigurés – méconnaissables – sens dessus dessous – revisités en quelque sorte – au fond desquels rien, pourtant, n’a été dérobé – pas la moindre poussière d’or – pas le moindre grain de sable…
Simple manière d’entremêler ce qui devait l’être – d’effacer les frontières – de faire varier les quantités mélangées – de ne plus savoir ce qui relève de l’obscur ou de la lumière – de nous rapprocher de l’identité multiple – complexe – indéfiniment changeante – impossible à circonscrire sauf à embrasser le Tout – l’ensemble de l’Existant et des possibles…
L’invention de la durée et du dédale transcendée. Ce qui est – ce qui a lieu – le pas présent – là où nous sommes – pas d’avant – ni d’après – ni provenance – ni destination – l’instant-maître – l’instant souverain – seule mesure et seule unité de temps…
L’étrange mélange que nous sommes – que nous étions – que nous deviendrons. Porteur de tous les possibles qui s’actualisent – qui prennent forme – au fil des changements des conditions d’émergence…
Nous sommes – fractale(s) du monde…
Tout dans tout sans la moindre organisation – sans plan – ni programme. Le chemin du pas à pas tantôt vers la création et l’expansion, tantôt vers la destruction et l’effacement – et parfois les deux étrangement intriqués…
Le vertige de tout – de l’être ; l’Absolu, intime et irréfutable habitant du relatif…
Nous ne sommes plus – nous n’avons jamais été – nous ne serons jamais – distinctement – pierre – arbre – fleur – chemin – homme – bête – eau – ciel – terre – air. Nous sommes – étions et serons – toujours la singulière et provisoire combinaison des fragments de l’ensemble (des éléments passés, présents et à venir de l’Existant) en quantités variables et changeantes…
Des entités apparentes seulement…
Les espaces enclavés et les horizons limités – autant, sans doute, que les grandes étendues et les perspectives illimitées – invitent à creuser en soi et à lever les yeux vers le ciel…
Comme si l’excès et la restriction d’extériorité et d’horizontalité favorisaient l’intériorité et la verticalité…
Des heures – des jours – mais rien, en vérité, qui n’appartienne au temps…
Ce qui a lieu – ce qui est là – ce qui se reçoit et ce qui accueille – le même visage fragmenté – une partie – mille parties – agissantes, et l’autre – et les autres – sans élan – contemplatives – désengagées – hors du monde et de l’action – incroyablement présentes et tendres…
Oppressé, parfois, par le poids et la quantité de matière ; terre – pierres – sable – idées – pensées – émotions – qui exacerbent le ressenti – et nous cantonnent à une forme de détention et d’écrasement…
Le monde d’abord comme objet – matière à explorer et à utiliser – puis, comme langage et mystère à décrypter – et enfin, comme bouts de soi à chérir – à étreindre – à aimer…
Aucune différence entre soi et l’Amour – rien qu’un encombrement qui, trop souvent, nous limite…
On ne nous ment pas – on ne nous cache rien. Nous ne savons – simplement – pas regarder…
Ce n’est jamais nous au détriment du monde. Ce que l’on détruit – ce que l’on assassine – ce que l’on ampute à un seul d’entre nous – est une blessure – un manque – une abomination – pour tous – pour chacun…
Passer de l’individualité au regard sans léser la moindre individualité…
La montagne et le nuage – la pierre et la rosée – la fleur et le visage – l’arbre et l’asphalte. Tout est nous – et face à cet étrange mélange, nous sommes libres de rire ou de pleurer…
La dynastie ni du monde, ni de l’Autre. Celle de tout – celle de rien – celle de toutes les combinaisons existantes – possibles – passées, présentes et à venir…
Le possible en actes contre le pire, le sommeil et l’étourdissement…
La clarté simple contre la bêtise et l’infamie…
L’oubli et le précipice où sont jetées toutes les choses inutiles…
A présent – il ne reste plus rien ; juste un peu de terre et un peu de tendresse dans le regard – une main caressante – et un trou immense qui avale tout ce qu’on lui lance – tout ce qui passe à sa portée – et qui engloutit la moindre poussière – l’espace – le temps – le monde – tout ce que nous croyons vivants ou séparés… Rien – absolument rien – ne lui résiste…
Rien que de l’habitude et des jours qui se suivent – plongés dans cette monotonie de la durée et de la répétition…
La vie et le monde vus par le petit bout de la lorgnette…
Etouffant – incarcérant – pathétique…
Et à l’autre extrémité de l’être – l’assise posée au milieu du regard – l’instant et la nouveauté incessante – la joie du recommencement – le permanent renouvellement de la première fois…
L’envergure – la grâce et la liberté…
Bout de terre – promontoire de rien ; l’être et l’espace sans promotion – étrangers à toute idée de commerce…
Vide – le plus simple – sans contenu – dégagé – entièrement disponible – libre – ouvert – affranchi du monde et de l’Autre…
Ni cave, ni terrasse – ni escalier, ni marchepied – ce qui invite à être – et absolument rien d’autre…
Entre légèreté de vivre et liberté d’exister…
Le sans nécessité…
Ce qui (nous) traverse – seule réalité – seul socle (possible) du jaillissement – geste et parole – et seule identité apparente et provisoire – définissable…
Le reste n’existe (ou ne compte) pas…
L’extrême simplification de l’esprit – de l’existence – du monde. L’assise de l’être – le berceau de l’agir – avec la nécessité du mot pour seule singularité…
La résurgence de ce que nous fûmes avant le tout premier élan – l’origine – la lumière d’avant la matière…
Ni nom, ni visage – l’absence de qualificatif…
Le provisoire apparent et le silence sous-jacent…
Ni parade – ni exposition. En retrait du monde – au cœur de l’espace et du silence – là où tout se rejoint – là où rien ne se possède – la présence et le feu dans ce qui bouge et regarde – nulle autre chose – mille autres choses – sans la moindre importance…
Le sol – le ciel – la même altitude – la même envergure. Ce que le monde nous offre et ce qu’il nous permet…
Degrés variables d’un Autre – et de tous les Autres – en nous – comme le seul reflet – entre l’opacité et la transparence – qui colore nos mains – nos gestes – nos lèvres – nos paroles – la totalité de notre existence…
Ce qui nous rejoint par les airs – par les sous-sols – à travers l’eau qui ruisselle et se déverse…
Ce qui nous traverse...
Et ce à quoi nous tendons – réellement – la main…
La neutralité des choses – du monde. Et la couleur – et l’orientation – que leur donne la psyché. Comme si nous ne savions vivre sans parti pris…
La représentation et le symbole avant le réel…
Ce qui est ne laisse (presque) jamais d’empreinte – c’est ce dont nous l’entourons – c’est ce dont nous le faisons précéder – c’est ce que nous ajoutons à sa suite – tout ce qui l’accompagne qui imprègne durablement l’œil – la tête – l’âme – la texture même de notre perception…
Des pierres – des pas – des lieux à la ronde – tout ce qui se parcourt – les mille chemins possibles – dans le même regard…
Cette tendresse que l’on cherche – et que l’on doit s’offrir…
Il n’y a d’alternative ; découvrir et faire croître – en soi – cet Amour…
Des ombres qui glissent en silence – qui se déplacent d’un lieu à un autre – mécaniquement – sans savoir – ni même chercher à comprendre – ce qui les pousse à avancer – ce qui anime leur marche…
Mouvements machinaux…
Entités mues par leurs seules propriétés énergétiques – renforcées, très souvent, par quelques grossières représentations psychiques…
Pas – peu – d’esprit. Pas – peu – de conscience…
Les instincts de la terre et du feu – presque exclusivement…