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LES CARNETS METAPHYSIQUES & SPIRITUELS

A PROPOS

La quête de sens
Le passage vers l’impersonnel
L’exploration de l’être

L’intégration à la présence


 

CARNETS PUBLIES

L'expérience du monde 
Récit (1997-1999)

Solitudes 
Récit (2001)

Le petit chercheur Livre 1  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 2  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 3  
Conte (2004)

Quêteur de sens  
Essai anthologique (2005)

Traversée commune  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 1  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 2  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 3  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 4  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 5  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 6  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 7  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 8  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 9  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 10  
Livre expérimental (2007)

Tourbillon(s) 
Journal & récit (2008-2013)

Le goût d'autre chose 
Journal (2013-2016)

Un homme simple et sage 
Récit (2014)

Une âme sensible Vol 1  
Journal (2016-2019)

Une âme sensible Vol 2 
Journal (2016-2019)

Entre le rêve, le monde... Vol 1  
Journal (2019-2020)

Entre le rêve, le monde... Vol 2  
Journal (2019-2020)

Quelque chose du sang...  
Journal (2020-2021)

En plein cœur Vol 1 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 2 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 3 
Journal (2021-2022)

Si près de nos lèvres... Vol 1 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 2 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 3 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 4 
Journal (2022-2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 1 
Récit (2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 2  
Récit (2023)

Une destinée sans certitude Vol 1 
Journal (2023-2024)

Une destinée sans certitude Vol 2 
Journal (2023-2024)

Entre Dieu et la pierre Vol 1
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 2
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 3
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 4
Journal (2024-2025)

Quelques jours... Vol 1  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 2  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 3  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 4  
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 1
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 2
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 2 partie 1
Journal (2025-2026)

En son for intérieur Vol 2 partie 2
Journal (2025-2026)

 

CARNETS BRUTS

Carnet n°1
L’innocence bafouée

Récit / 1997 / La quête de sens

Carnet n°2
Le naïf

Fiction / 1998 / La quête de sens

Carnet n°3
Une traversée du monde

Journal / 1999 / La quête de sens

Carnet n°4
Le marionnettiste

Fiction / 2000 / La quête de sens

Carnet n°5
Un Robinson moderne

Récit / 2001 / La quête de sens

Carnet n°6
Une chienne de vie

Fiction jeunesse / 2002/ Hors catégorie

Carnet n°7
Pensées vagabondes

Recueil / 2003 / La quête de sens

Carnet n°8
Le voyage clandestin

Récit jeunesse / 2004 / Hors catégorie

Carnet n°9
Le petit chercheur Livre 1

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°10
Le petit chercheur Livre 2

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°11 
Le petit chercheur Livre 3

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°12
Autoportrait aux visages

Récit / 2005 / La quête de sens

Carnet n°13
Quêteur de sens

Recueil / 2005 / La quête de sens

Carnet n°14
Enchaînements

Récit / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°15
Regards croisés

Pensées et photographies / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°16
Traversée commune Intro

Livre expérimental / 2007 / La quête de sens

Carnet n°17
Traversée commune Livre 1

Récit / 2007 / La quête de sens

Carnet n°18
Traversée commune Livre 2

Fiction / 2007/ La quête de sens

Carnet n°19
Traversée commune Livre 3

Récit & fiction / 2007 / La quête de sens

Carnet n°20
Traversée commune Livre 4

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°21
Traversée commune Livre 5

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°22
Traversée commune Livre 6

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°23
Traversée commune Livre 7

Poésie / 2007 / La quête de sens

Carnet n°24
Traversée commune Livre 8

Pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°25
Traversée commune Livre 9

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°26
Traversée commune Livre 10

Guides & synthèse / 2007 / La quête de sens

Carnet n°27
Au seuil de la mi-saison

Journal / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°28
L'Homme-pagaille

Récit / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°29
Saisons souterraines

Journal poétique / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°30
Au terme de l'exil provisoire

Journal / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°31
Fouille hagarde

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°32
A la croisée des nuits

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°33
Les ailes du monde si lourdes

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°34
Pilori

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°35
Ecorce blanche

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°36
Ascèse du vide

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°37
Journal de rupture

Journal / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°38
Elle et moi – poésies pour elle

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°39
Préliminaires et prémices

Journal / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°40
Sous la cognée du vent

Journal poétique / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°41
Empreintes – corps écrits

Poésie et peintures / 2010 / Hors catégorie

Carnet n°42
Entre la lumière

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°43
Au seuil de l'azur

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°44
Une parole brute

Journal poétique / 2012 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°45
Chemin(s)

Recueil / 2013 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°46
L'être et le rien

Journal / 2013 / L’exploration de l’être

Carnet n°47
Simplement

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°48
Notes du haut et du bas

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°49
Un homme simple et sage

Récit / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°50
Quelques mots

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°51
Journal fragmenté

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°52
Réflexions et confidences

Journal / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°53
Le grand saladier

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°54
Ô mon âme

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°55
Le ciel nu

Recueil / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°56
L'infini en soi 

Recueil / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°57
L'office naturel

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°58
Le nuage, l’arbre et le silence

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°59
Entre nous

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°60
La conscience et l'Existant

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°61
La conscience et l'Existant Intro

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°62
La conscience et l'Existant 1 à 5

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°63
La conscience et l'Existant 6

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°64
La conscience et l'Existant 6 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°65
La conscience et l'Existant 6 (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°66
La conscience et l'Existant 7

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°67
La conscience et l'Existant 7 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°68
La conscience et l'Existant 8 et 9

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°69
La conscience et l'Existant (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°70
Notes sensibles

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°71
Notes du ciel et de la terre

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°72
Fulminations et anecdotes...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°73
L'azur et l'horizon

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°74
Paroles pour soi

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°75
Pensées sur soi, le regard...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°76
Hommes, anges et démons

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°77
La sente étroite...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°78
Le fou des collines...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°79
Intimités et réflexions...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°80
Le gris de l'âme derrière la joie

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°81
Pensées et réflexions pour soi

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°82
La peur du silence

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°83
Des bruits aux oreilles sages

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°84
Un timide retour au monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°85
Passagers du monde...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°86
Au plus proche du silence

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°87
Être en ce monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°88
L'homme-regard

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°89
Passant éphémère

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°90
Sur le chemin des jours

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°91
Dans le sillon des feuilles mortes

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°92
La joie et la lumière

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°93
Inclinaisons et épanchements...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°94
Bribes de portrait(s)...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°95
Petites choses

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°96
La lumière, l’infini, le silence...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°97
Penchants et résidus naturels...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°98
La poésie, la joie, la tristesse...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°99
Le soleil se moque bien...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°100
Si proche du paradis

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°101
Il n’y a de hasardeux chemin

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°102
La fragilité des fleurs

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°103
Visage(s)

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°104
Le monde, le poète et l’animal

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°105
Petit état des lieux de l’être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°106
Lumière, visages et tressaillements

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°107
La lumière encore...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°108
Sur la terre, le soleil déjà

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°109
Et la parole, aussi, est douce...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°110
Une parole, un silence...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°111
Le silence, la parole...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°112
Une vérité, un songe peut-être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°113
Silence et causeries

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°114
Un peu de vie, un peu de monde...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°115
Encore un peu de désespérance

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°116
La tâche du monde, du sage...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°117
Dire ce que nous sommes...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°118
Ce que nous sommes – encore...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°119
Entre les étoiles et la lumière

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°120
Joies et tristesses verticales

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°121
Du bruit, des âmes et du silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°122
Encore un peu de tout...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°123
L’amour et les ténèbres

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°124
Le feu, la cendre et l’infortune

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°125
Le tragique des jours et le silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°126
Mille fois déjà peut-être...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°127
L’âme, les pierres, la chair...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°128
De l’or dans la boue

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°129
Quelques jours et l’éternité

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°130
Vivant comme si...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°131
La tristesse et la mort

Récit / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°132
Ce feu au fond de l’âme

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°133
Visage(s) commun(s)

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°134
Au bord de l'impersonnel

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°135
Aux portes de la nuit et du silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°136
Entre le rêve et l'absence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°137
Nous autres, hier et aujourd'hui

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°138
Parenthèse, le temps d'un retour...

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°139 
Au loin, je vois les hommes...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°140
L'étrange labeur de l'âme

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°141
Aux fenêtres de l'âme

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°142
L'âme du monde

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°143
Le temps, le monde, le silence...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°144
Obstination(s)

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°145
L'âme, la prière et le silence

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°146
Envolées

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°147
Au fond

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°148
Le réel et l'éphémère

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°149
Destin et illusion

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°150
L'époque, les siècles et l'atemporel

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°151
En somme...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°152
Passage(s)

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°153
Ici, ailleurs, partout

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°154
A quoi bon...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°155
Ce qui demeure dans le pas

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°156
L'autre vie, en nous, si fragile

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°157
La beauté, le silence, le plus simple...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°158
Et, aujourd'hui, tout revient encore...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°159
Tout - de l'autre côté

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°160
Au milieu du monde...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°161
Sourire en silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°162
Nous et les autres - encore

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°163
L'illusion, l'invisible et l'infranchissable

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°164
Le monde et le poète - peut-être...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°165
Rejoindre

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°166
A regarder le monde

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°167
Alternance et continuité

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°168
Fragments ordinaires

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°169
Reliquats et éclaboussures

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°170
Sur le plus lointain versant...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°171
Au-dehors comme au-dedans

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°172
Matière d'éveil - matière du monde

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°173
Lignes de démarcation

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°174
Jeux d'incomplétude

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°175
Exprimer l'impossible

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°176
De larmes, d'enfance et de fleurs

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°177
Coeur blessé, coeur ouvert, coeur vivant

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°178
Cercles superposés

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°179
Tournants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°180
Le jeu des Dieux et des vivants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°181
Routes, élans et pénétrations

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°182
Elans et miracle

Journal poétique / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°183
D'un temps à l'autre

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°184
Quelque part au-dessus du néant...

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°185
Toujours - quelque chose du monde

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°186
Aube et horizon

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°187
L'épaisseur de la trame

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°188
Dans le même creuset

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°189
Notes journalières

Carnet n°190
Notes de la vacuité

Carnet n°191
Notes journalières

Carnet n°192
Notes de la vacuité

Carnet n°193
Notes journalières

Carnet n°194
Notes de la vacuité

Carnet n°195
Notes journalières

Carnet n°196
Notes de la vacuité

Carnet n°197
Notes journalières

Carnet n°198
Notes de la vacuité

Carnet n°199
Notes journalières

Carnet n°200
Notes de la vacuité

Carnet n°201
Notes journalières

Carnet n°202
Notes de la route

Carnet n°203
Notes journalières

Carnet n°204
Notes de voyage

Carnet n°205
Notes journalières

Carnet n°206
Notes du monde

Carnet n°207
Notes journalières

Carnet n°208
Notes sans titre

Carnet n°209
Notes journalières

Carnet n°210
Notes sans titre

Carnet n°211
Notes journalières

Carnet n°212
Notes sans titre

Carnet n°213
Notes journalières

Carnet n°214
Notes sans titre

Carnet n°215
Notes journalières

Carnet n°216
Notes sans titre

Carnet n°217
Notes journalières

Carnet n°218
Notes sans titre

Carnet n°219
Notes journalières

Carnet n°220
Notes sans titre

Carnet n°221
Notes journalières

Carnet n°222
Notes sans titre

Carnet n°223
Notes journalières

Carnet n°224
Notes sans titre

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18 décembre 2017

Carnet n°130 Vivant comme si...

Journal / 2017 / L'intégration à la présence

A la frontière de mille mondes – à la frontière, peut-être, de tous les mondes – l’oubli est la seule droiture – la seule espérance. Entre ici et là-bas. Entre les jours et les instants qui passent. Entre la brume et l’horizon. Nous vivrons toujours au milieu de tous les gués. Entre l’herbe rase et la cime des plus hauts arbres avec partout autour de nous, les bruits – les mille bruits – de la terre et le silence – et cette prière que l’on n’entend que de l’intérieur lorsque s’éteint l’écho des horizons et que l’âme devient enfin mûre pour s’abandonner sans résistance – et retrouver son envergure ancienne. La main alors devient juste. Et, comme la parole, elle célèbre et sert ce qui se trouve devant elle...

 

 

A force de vivre, nous engorgeons la soif. Au lieu de dénicher le secret de tout désir...

 

 

A l’envers de tout, il y a cette cambrure de l’âme qui cherche sa verticalité. Et que nos pas piétinent – et que nos gestes tordent – au lieu de redresser...

 

 

Tous les départs laissent un goût de jour inachevé...

 

 

Au-delà du visible, il y a l’horizon. La perpétuelle nuit du monde. Et en-deçà, on ne sait pas... Le silence et la vérité peut-être... Ce que les hommes appellent Dieu – l’invisible – l’innommable...

 

 

Il nous manquera toujours un pas pour atteindre la vérité. Le dernier...

 

 

L’origine de l’apparition tient peut-être en quelques mots : le mystère, le silence, le désir et l’Amour. Ou, dit autrement : la lumière, l’ennui et le goût de l’Autre et de l’ailleurs...

 

 

[Lassitude – presque poésie*]

Je n’ai qu’une seule famille – et qu’une seule patrie : l’écriture. Et je m’y sens bien seul. Les autres ? Je ne sais pas ce qu’ils font – à quoi ils passent leur vie... Je n’ai connu – et ne connais – personne. J’ai vécu seul – et la solitude parmi les hommes. J’ignore à quoi se suspendent les autres visages. Je vois – et j’ai vu – leurs yeux quémander l’Amour – mendier n’importe quoi. Moi, je continue d’errer sur ma branche – sur ma feuille – à la recherche d’un regard – d’une présence – d’un oiseau qui s’envolera – et viendra peut-être se poser près de moi...

* En clin d’œil-hommage à Roberto Juarroz

 

 

Tout labyrinthe est chaotique. Et profondément intime. Et on ne s’y meut que pour y échapper – ou voir ses murs disparaître. Et si d’autres s’y promènent – ou y habitent quelques fois, ils ne sont jamais des alliés – mais des obstacles supplémentaires pour rendre plus âpre encore notre épreuve, excepté, bien sûr, le silence et l’invisible qui le parcourent avec nous (depuis toujours), juchés tantôt sur notre âme tantôt sur nos épaules. Discrets et légers en toutes circonstances mais perceptibles déjà avec les premières souffrances – avec les premières larmes...

 

 

[Lassitude – presque poésie (suite)]

J’attends le soir. J’attends la rosée – le passage des oies sauvages – le sourire des pâquerettes à l’aube, encore toutes ensommeillées de la nuit. J’attends le jour. J’attends le chant du merle. J’attends que l’or émerge des visages. Et mon attente parfois est comblée. Et, un jour, la mort m’emportera...

 

 

[Lassitude – presque poésie (suite)]

J’aimerais partir parfois. Et pourtant je reste là – presque immobile. Pendant des heures – pendant des jours. J’attends une chose qui ne vient pas...

 

*

 

Autrefois j’étais en colère que rien n’arrive. Aujourd’hui, je m’en amuse. La solitude aussi a ses joies...

 

 

Le désir de poursuivre toujours s’impose. L’après – et la suite impatiente des chemins, des jours, de la mort... Et pourtant, tout nous précède déjà. Avant même le premier pas, notre fin est scellée. Et pourtant, de toute évidence, cette fin ne finira jamais. Pas davantage que nous n’en finirons d’aller...

Toujours nous marcherons ainsi dans l’incertitude de cette fin interminable avec la compagnie permanente de l’éternité à nos côtés – posée là quelque part au-dessus de nos têtes – et cachée par notre désir fou d’aller un peu plus loin et un peu plus haut – vers cet après qui n’en finira jamais...

 

 

[Lassitude – presque poésie (suite)]

Il y a peu de visages dans ma vie. Celui des chiens, celui de l'herbe et celui des arbres. Et celui du ciel qui, chaque jour, me rend visite. Souvent il s’arrête sur le seuil de la porte comme s’il hésitait à entrer dans la maison. Parfois il s’assoit à mes côtés. Et nous restons assis en silence pendant des heures – comme de vieux amis, l’un, sans doute, un peu plus sage que l’autre... La parole ne compte pas. Seule la présence – notre présence – est essentielle...

 

 

Au bout du compte – au bout des pas, nous nous soumettrons toujours à la cécité de cette marche avec l’invisible bénédiction de ce qui demeure...

 

*

 

Peut-être, et en fin de compte, serons-nous toujours ce pas et ce cri lancés au silence qui nous reviendront comme un écho déformé pour nous inviter à poursuivre... Le malheur serait d’y consentir avec la faim vissée au cœur... Et le bonheur, peut-être, de s’y soumettre sans appétit – et avec l’âme obéissante – et joyeuse d’offrir sa foulée...

Ainsi toujours nous roulerons des sommets jusqu’aux vallées – et remontrons péniblement vers les cimes pour retomber de nouveau avec l’acquiescement sage – et, sans doute, hilare – du silence.

Et de visage en visage s’approchera irrémédiablement le désert – la grande solitude du désert – où nous marcherons et crierons plus encore en alignant les errances comme autant de cris, de pas et d’incompréhensions. Comme livrés à notre insu à l’absurdité de cette marche – et à sa beauté, à ses jeux et à ses joies aussi – dans la plus grande proximité de la sagesse et avec son incompréhensible consentement...

 

 

[Lassitude – presque poésie (suite)]

J’aimerais être aussi présent que le ciel auprès des visages que je croise parfois. Mais il y a un silence trop pesant entre nous – avec trop de pensées et trop de gestes – et beaucoup trop de désirs encore – pour que notre présence et notre silence – plus légers – si légers – soient compris et entendus...

 

*

 

La plupart du temps, les visages m’ennuient ou me blessent. Je n’ai pas encore la sagesse du ciel. Devant eux, je ne sais rester indifférent...

 

 

[Lassitude – presque poésie (suite et fin)]

Il y a sur ma table quelques livres. Quelques feuilles blanches, un stylo à bille et un vieil ordinateur. Et j’écris, chaque jour, à la lumière du ciel. Et lorsque les jours se font trop sombres – ou trop gris, j’allume la petite lampe posée près de la fenêtre. Elle offre à mes lignes la lumière que je n’ai pas su capter du silence...

 

 

[Lassitude – presque raison*]

En définitive, la vie n’est sans doute qu’une longue suite de désappropriations – des plus extérieures aux plus intimes – des plus grossières aux plus subtiles... Et qu’une continuelle invitation à s’y livrer sans tristesse ni espoir de réappropriation – avec un esprit toujours plus vierge, libre et ouvert...

Et Dieu sait pourtant que nous résistons de toutes nos forces à cet appel incessant de l’innocence... Des années, des vies, des siècles – et des millénaires peut-être – sont nécessaires pour nous soumettre par la force des choses – et, en général, plus résignés que consentants – à ce processus et à cette perspective. Comme si nous étions contraints de passer de la croyance d’être maître de notre vie, de nos gestes et de notre destin et propriétaire de nos biens, de nos terres et de nos pensées à l’évidente certitude que nous ne sommes que de simples et provisoires passants – et de dérisoires instruments destinés à servir – et à être utilisés selon les exigences de la vie et du monde – selon les nécessités du réel dans le grand dessein de Dieu (pour parler un peu pompeusement)...

* En clin d’œil-hommage à Roberto Juarroz

 

 

[Lassitude – presque raison (suite)]

Lorsque nul ne vous offre rien – aucune main ni aucun visage – excepté, bien sûr, ceux de la vie à travers les incessantes offrandes du monde, il est parfois difficile de vivre – et d’offrir sa présence, son amour et sa générosité – sur cette terre peuplée de bouches affamées et plaintives – si féroces et réclamantes...

 

*

 

Et nous aussi qui nous plaignons (ne serait-ce que de cet état des choses...) et réclamons de temps à autre, nous devons recevoir. Et c’est à notre seule présence (à cette présence – à cette part mystérieuse en nous) qu’il revient d’écouter nos plaintes et d’offrir ce que nous demandons...

 

 

[Lassitude – presque raison (suite)]

S’accepter – soi, ses défaillances, ses bassesses, ses manquements et ses lâchetés – dans la difficulté, la misère et l’épreuve, il n’y a d’aide plus efficace, de meilleure thérapie et de plus juste accompagnement...

S’auto-aider (si l’on en est capable – et parfois, il est vrai, nous n’en avons ni la force ni le courage...) sera toujours la voie la plus directe et la plus efficiente pour nous extraire – et nous sauver provisoirement sans doute – des affres et des gémissements de l’individualité...

 

 

[Lassitude – presque raison (suite et fin)]

Être – et vivre – aussi nu et innocent que les bêtes, ces chers et si précieux amis, avec peut-être, en surcroît, cet affranchissement des instincts...

 

*

 

Que pourrions-nous faire – et que pourraient faire le corps et l’esprit – sinon se laisser porter (et mener) par les circonstances et les usages puisque toute résistance au cours des choses sera, tôt ou tard, balayée et anéantie...

 

 

Humble parmi les humbles avec encore, au fond de l’âme, un peu d’orgueil. Cette maladie, peut-être incurable, des hommes...

 

 

Et cette odeur de mort qui flotte un peu partout... Et cette main qui coupe les têtes – et aiguise sa faux sur tous les squelettes – en suivant à la lettre les consignes des Dieux. Et l’homme, blessé par tous les départs et tous les au-delà, qui s’échine à résister en s’arc-boutant de toutes ses forces contre cette main qui s’approche – et s’abattra bientôt...

 

 

Au premier son du langage, le silence tenait encore debout. Avec les alphabets, il commença à vaciller. Aujourd’hui – et depuis si longtemps déjà – les langues le piétinent – et l’oublient – pour inonder le monde d’informations et de nouvelles. Et lui qui, dès l’origine – dès les premiers borborygmes et les premiers dialectes – n’attendait qu’une parole pour le célébrer...

 

 

Quand deviendrons-nous enfin las des kermesses et des foires d’empoigne ? Quand serons-nous enfin capables d’étendre notre pas jusqu’au silence pour que le désir et la violence éclatent en lumière – et que notre parole devienne l’un de ses éclats...

 

 

Il y avait – il y a – et il y aura toujours des morts. Des milliards de morts et quelques vivants à l’oreille sourde – et à l’œil ignorant – qui ne connaîtront peut-être jamais la beauté de la vie et de la mort – et la justesse des mille naissances et des mille effacements...

 

 

Nous survivons en haillons – et qu’importe les parures et les colliers... – sans savoir qu’il nous faut être nus pour vivre – et célébrer la mort et le vivant – et goûter la lumière – et ce peu de silence qu’il reste parmi tous ces bruits et les éclats, si ternes, de nos vêtures...

 

 

Au milieu de tout ce qui passe, s’enlace, se mord et s’efface. Et au milieu du silence et de la lumière malgré les bruits qui courent et la nuit qui s’avance – et qui dure encore – et qui durera peut-être toujours. Comme une éternité – une présence si belle et si vaillante – au milieu du noir. Au milieu des jours. Au cœur de chaque instant...

 

 

Visages, villes et cités bravant la poussière – cette fierté de l’homme à ajourner la cendre – eux aussi, un jour, mourront – balayés par les vents et ensevelis sous la terre...

 

 

C’est l’âme – et son secret – qui portent les bêtes et les hommes partout sur leurs citadelles et sur leurs routes – dans leurs jardins et dans leurs refuges. Au nom du silence – au nom d’un seul instant. Les laissant défier les visages, déjouer les pièges, braver les épreuves et avancer coûte que coûte, contre vents et marées, pour suivre leur sillage...

 

 

Et dans l’éclat de la nuit et les jardins à l’abandon – et parmi toutes les affres de la terre, le nom de l’homme. Et derrière, invisible encore, la malice des Dieux. Et enfouie plus loin encore, la souveraineté du silence. La seule – notre seule – raison de vivre...

 

 

Tant qu’un doigt montrera la lune au cœur de la nuit, les hommes croiront en la hauteur, en la grandeur et en l’inaccessibilité du ciel et de la lumière en s’imaginant devoir suivre un mouvement ascendant en empruntant je ne sais quel(le)s improbables échelles ou escaliers, seule issue possible, à leurs yeux, pour échapper à l’étroitesse et à la misère de leur existence... Ainsi la vie, le monde et l’infini demeureront imaginaires – de purs fantasmes. Pour y remédier, il conviendrait d’inverser la perspective – et de définir le réel, et, en son cœur, le silence, comme l’unique point d’entrée. Ainsi seulement l’homme pourra embrasser l’Absolu...

 

 

Les civilisations encore debout malgré l’heure tardive. Plus hautes et plus vaillantes qu’autrefois, s’imaginant approcher – et ouvrir peut-être – un ciel qui n’existe pas – et qui n’a, sans doute, jamais existé que dans leur imaginaire et leurs ambitions. Ignorant toujours avec détermination tous les en-bas salvateurs – oubliés et piétinés par la nuit et les mains et les prunelles toujours aussi avides d’en-haut, de promesses, d’espoir et d’ailleurs...

 

 

Grandeur et misère. En haut et en bas. L’indéchiffrable chemin de l’homme entre la chute et l’ascension. Les résistances et le délitement de l’orgueil. La progressive nudité. Le pas à pas laborieux vers l’innocence. Et la découverte inespérée du silence – et l’Amour et la lumière, ces compagnons (de toujours) cachés plus profondément encore...

 

 

Et cet hiver – et cette froideur – qui recouvrent tout. Terre, nature, villes, visages et jusqu’aux âmes grelottantes – comme trempés dans l’eau glacée. Comme si l’homme n’avait qu’un seul rêve : mieux-vivre – améliorer cette existence si étroite et dérisoire. Et qu’importe qu’il blesse, tue, exploite, assassine, envahisse, subtilise, arrache et anéantisse pourvu que ses (pauvres) rêves se réalisent...

 

 

Comment confier aux vivants l’étreinte de l’invisible – ses délices et ses promesses (véritables) – et les partager avec eux ? Impossible sans doute... sinon, peut-être, en incarnant, de la plus humble et silencieuse façon, son visage ...

 

 

A l’usage des hommes et des bêtes – des vivants et des morts – c’est ainsi que j’aimerais être lu – et que l’on parcourt mes livres. Pour sentir que le rêve d’une autre vie et d’un autre monde est possible. Et que nous avons tous notre place – et notre part et notre labeur à offrir pour qu’il se réalise...

Parvenir à cette libération des âmes, mon humble besogne n’a d’autre dessein – et je n’ai d’autre souhait pour la vie terrestre, le vivant, le monde et les hommes...

 

 

La fin de la terre apparaît déjà dans le feuillage du jour nouveau. Et bientôt, peut-être, pourrons-nous boire auprès des Dieux dans la fraîcheur de l’oubli et l’effacement de tous les sommeils...

 

 

Ce qui nous sépare reviendra, un jour, avec une envergure inimaginable – avec une envergure inestimable – reliant tout sur une même toile comme la trame unique du jour et de la nuit – comme la trame ancienne de toutes nos oppositions et de toutes nos contradictions. Et tout sera pris dans ses filets – jusqu’à nos pires rêves d’individualité...

 

 

L’ultime poème naîtra, sans doute, après la mort. Dans ce mélange des extrêmes. Cette union des regards. Comme mille caresses qui seront peut-être enfin comprises... Et de cette fin, une clarté pourra émerger. Un sourire. Une envie de soleil bien plus propice que les étoiles – et tous nos rêves de lumière. Les vivants alors pourront apprendre à rejoindre leur exacte place – auprès des Dieux fondateurs...

 

 

Mourir en lambeaux mais dans l’allégresse. Dans un chant qui durera par-delà les siècles – et par-delà les millénaires. Comme le don permanent du sacré scellant la fin du fracas, des crimes et des tourments. Comme la seule invitation possible : celle de l’innocence et de la lumière – et la célébration de ce grand Amour qui s’offre déjà à tous...

 

 

A combien d’hommes encore hésitants au carrefour des promesses, le sage devra-t-il répéter sa parole... Et combien de crimes et de caresses (idiotement mimétiques) devra-t-il pardonner – et oublier d’un geste, presque machinal, pour que les foules entendent raison et participent au grand chantier du silence... Et combien de siècles – ou de millénaires – devra-t-il encore attendre pour que tous soient capables de rejoindre ces lendemains qui chantent déjà derrière leurs paupières closes...

 

 

Un matin, hors des chambres secrètes, le regard pourra s’éveiller de sa torpeur – et l’horizon briller et tomber en cendres – devant la justesse d’une parole, l’ampleur du silence et la sagesse des poètes. Nous ne serons plus alors qu’à quelques encablures de la neige. Et un souffle puissant, presque originel, pourra nous défaire du noir et de la mort – et de tous ces liens funestes que nous avons cru nécessaires à notre survie...

 

 

Aucune fin, fût-elle rompue par la douleur, ne nous éloignera de notre destin – de notre seule raison de vivre : cet Amour et ce silence. Cette lumière déjà présente au cœur de nos mains suppliantes...

 

 

Le monde-folie qui brille dans nos rêves saugrenus – et que nous bâtissons de nos mains laborieuses – n’est qu’une ligne, à peine tremblante, sur le sable de la terre. Et qu’importe que nous le transformions en palais ou en mouroir... Et qu’importe nos chants de lumière et nos champs de bataille, un jour, les torrents balaieront ses terrasses, ses cités et ses jardins aux prises avec le souffle et les courbures du ciel – aux prises avec tous les Dieux...

Et nous serons là, témoins de toutes les magies, de toutes les forces et de toutes les écritures pour raviver ce feu qui nous emportera plus loin – vers cet ailleurs que l’homme a tant désiré en secret – et qu’il a déjà foulé maintes et maintes fois sans parvenir à la nudité nécessaire pour se hisser jusqu’à la promesse de toutes les pertes et réussir (enfin) à vivre de façon moins bestiale et pitoyable...

 

 

Et vivre avec (encore) un peu de sagesse – et en silence – anonyme et invisible entre tous – parmi toutes ces bêtes furieuses – au cœur de l’immonde qui s’étale et envahit jusqu’aux plus belles aspirations de l’âme, faudrait-il, pour accomplir une telle prouesse, ne plus s’appartenir...

 

 

A quelles impasses offrirons-nous encore nos jours... Comme si le chemin – et la vie qui passe – étaient (toujours) insuffisants à combler nos attentes...

 

 

A cheval entre le désir et l’oubli – la nostalgie et le silence – le jour et la nuit – la solitude et la neige du partage...

 

 

Face au ciel (définitivement) malgré les visages et les brûlures qui froissent la peau – et toutes les sources encore si frémissantes de la terre...

 

 

Au bord de l’Autre. Là où l’Amour sauve de tous les périls. Là où le silence répond à tous les rêves. Là où la lumière roule sous les paupières...

 

 

Au bord de l’estuaire, face à la mer. Au milieu des montagnes et au cœur des villes, face au ciel. Partout l’infini s’offre – et nous affronte. Et pourtant nous capitulons toujours devant notre ignorance de l’Absolu...

Et cette main, si impuissante, qui écrit ses poèmes comme si les mots pouvaient encore nous sauver...

 

 

Un cri émerge parfois entre les pierres. Comme si notre voix pouvait nous consoler de la solitude. Comme si notre résistance pouvait échapper à l’oubli...

Nous ne sommes, sans doute, que les restes d’un vieux rêve que nul n’entendra jamais – et que nul ne prendra jamais la peine de redresser pour que nous puissions voir, un jour, arriver la lumière...

 

 

Aujourd’hui, tout nous a quitté. Et, désormais, nous n’entendrons plus que le vent dans les ramures de l’âme, esseulée par tant de départs. Et nous irons seuls – plus seuls que jamais – parmi les herbes folles qui côtoient le soleil et la rosée. Nous irons là où les vents poussent le pollen – jusqu’au bout de la terre – en cette extrémité où les étoiles se pencheront peut-être vers nous pour nous dire que nous n’avons jamais été seuls – et que rien n’a disparu – et qu’un jour, bientôt sans doute, tout sera retrouvé – et que l’âme pourra respirer la même joie que toutes les fleurs du monde – et que l’innocence est le seul pays – et que le silence, un jour, rassemblera tous les visages dispersés... Alors peut-être serons-nous (enfin) capables de nous rejoindre...

 

 

Plus qu’une étoile, un sourire. Plus qu’un sourire, une parole. Plus qu’une parole, un geste. Et plus qu’un geste, une présence. Ainsi toujours peuplerons-nous la terre et le silence...

 

 

Nous n’avons soif que de nos envies. Et la source jamais ne se tarit. Et la source, pourtant, toujours nous abreuve de silence. Et partout, tout demeure déchiffrable qu’à travers le désir. Comme si nous ne comprenions ni notre nature ni notre destin...

 

 

Quelqu’un se lève dans la foule et parle en imaginant construire, à travers son discours, une idée, un édifice – un monde peut-être – ignorant que sa parole n’est qu’un souffle – qu’une onde infime – dans le silence. La vérité ne s’apprend. Pas davantage qu’elle ne se bâtit. Elle s’offre toujours au plus silencieux. La sagesse, sans doute, est à ce prix...

 

 

Il est possible que nous n’y entendions rien. Mais qui pourrait bien nous apprendre à écouter...

 

 

Et parmi cette soif, ces rêves et ces désirs, qui serait assez sage pour s’asseoir en silence – et laisser souffler et tourner les vents, paumes humbles et ouvertes au soleil... Et dans ces bruissements d’étoiles, qui serait assez sage pour percevoir, entre la mort et l’horizon, l’immobilité (tranquille) des pierres qui se réchauffent au milieu de la fureur et des cris... Et qui saurait plonger au cœur de toutes les détresses, entre les gorges et les poignards, pour voir s’avancer l’Amour...

 

 

Nous vivons entre les noms, les désirs et les titres de propriété. Entre les ambitions et les soucis. Et nous lançons nos rêves jusqu’aux cimes de l’automne, étonnés de voir arriver l’hiver – et de ne rien trouver dans nos poches – pas même le nécessaire pour affronter la mort...

 

 

Il est étonnant, presque frappant, de constater qu’à côté du monde naturel, existe un monde parallèle : le monde humain avec ses propres activités, ses propres lois, ses propres codes et ses propres mœurs. Un univers monstrueux et invasif – éminemment conquérant et agressif – qui s’étale et envahit l’espace (la totalité de l’espace) en détruisant le monde naturel – en le réduisant à l’adaptation permanente, à la fuite, à l’anéantissement et à la mort – et en le condamnant, tôt ou tard, à disparaître...

Et quelle étrange et affligeante merveille de voir les hommes, tels des insectes ou des brins d’herbe, penchés sur leur modeste besogne, participer à leur insu, au fonctionnement et au développement de ce grand monstre mortifère...

Et nous qui ne quittons presque jamais nos collines – ce petit coin de terre enclavé au milieu des forêts et des prés, nous sommes littéralement frappés par cet univers humain – par ces villes et ces réseaux tentaculaires – aux allures affreuses et dévorantes. Et nous ne pouvons nous empêcher de ressentir un immense malaise et une forme de tristesse à la vue de cette féroce monstruosité en marche...

Comment les hommes qui vivent en de tels lieux et qui participent aux mille activités de ce monde pourraient-ils ne pas se sentir prisonniers, esclaves et dépressifs ? Rien qu’à traverser ce genre de contrées bruyantes et surpeuplées, je me sens profondément oppressé et mélancolique...

Et ce qui me frappe aussi, ce sont ces pauvres lieux d’habitation, serrés les uns contre les autres ou à proximité des routes saturées par le trafic – et tous ces noms qui s’étalent partout dans les rues, sur les panneaux publicitaires, sur les murs des usines, sur les devantures des magasins et sur les véhicules professionnels (en tout genre) – et tous ces pauvres hommes à la figure triste et résignée – presque totalement éteinte – qui vaquent machinalement à leurs affaires comme si ces lieux et cette existence étaient les plus naturels du monde...

 

 

Vivre sans cette présence qui nous donna la vie – et sans ces couleurs qui l’égayèrent, comment pourrions-nous (encore) tenir debout – et nous faire vaillants dans les tempêtes... A demi-morts déjà avant l’heure de l’agonie...

 

 

Et les vents toujours tourneront en redressant nos courbures. Comme si nous étions nés le dos voûté – et l’âme trop penchée – presque invalides pour sentir – et marcher vers – le ciel. Et chaque pas nous défera de cet embonpoint de sédentaire, trop riche de certitudes pour aller sans parure – traverser la nuit – et venir se coucher en ce lieu où la nudité s’habille d’innocence...

 

 

Nous avons travaillé comme les bêtes – pire que les bêtes sans doute – pour n’effleurer que quelques étoiles – et pouvoir dormir au chaud et à l’abri après le souper. Et nous avons bâti une vie – et créé un monde – à l’image de nos peurs et de nos désirs. Et, à présent, nous y étouffons sans savoir où – ni vers qui – nous tourner... Comme si nous n’avions envisagé le pire avant de l’édifier... Et combien d’entre nous s’imaginent encore construire – contribuer à la construction – d’un monde merveilleux... Pauvres hommes façonnant leur propre désert. Et l’hiver comme l’unique saison des jours. Et nous aurons beau espérer encore, nous continuerons à trembler dans la sueur et le froid...

 

 

Nous nous sommes enfoncés dans un lointain sommeil. Et les plus sages se sont retirés – sont partis avant que les rêves n’envahissent leur âme... Et nous sommes seuls à présent – démunis face à l’invasion des songes. Et nous dormirons encore. Et la nuit sera plus profonde qu’autrefois. Et quelques étoiles continueront de briller. Et nous aurons la même vaillance – le même courage et la même idiotie – d’emboîter le pas à leur passage – et d’espérer voir leur brillance retomber sur nous en pétales. La torpeur n’en a pas fini avec nous. Et elle jubile déjà de cette ignorance qui, peut-être, durera toujours...

 

 

Le jour encore, si tenace, dans cette nuit interminable. Si proche que nos lèvres pourraient goûter son sel – et boire sa lumière. Mais nous préférons nous pencher sur notre inutile labeur – et aiguiser l’intelligence (ces balbutiements d’intelligence) – pour construire des lendemains moins éprouvants et plus enchanteurs – et nous protéger (vainement) des griffes du monde et du fiel des visages. Il suffirait pourtant de lever les yeux – de les poser un peu plus haut et un peu plus loin – pour voir les premières lueurs – les premiers signes du jour...

 

 

Un nouveau sursaut d’espérance, et nous voilà bientôt dégoulinant de ferveur. Et nous voilà, un peu plus tard, plus profondément enfouis dans le noir. Comme pris dans les sables mouvants de la terre. Comme un long chemin – un interminable enlisement qui enfonce inéluctablement notre visage et notre âme dans les profondeurs...

 

 

Pourquoi sommes-nous donc si peu entendus ? Peut-être n’avons-nous su dire ? Peut-être n’avions-nous pas les mots ? Peut-être l’indifférence était-elle trop forte ? Peut-être aurait-il fallu ajouter des gestes à la parole ? Peut-être n’avons-nous pas été suffisamment présents ? Peut-être – qui peut savoir...

L’absence, sans doute, est le pire des maux. Et sous son règne, il est vain d’espérer sauver le monde et les hommes.

Mais qu’aurait donc offert notre présence ? Notre retrait – et notre silence – auraient-ils été davantage compris ? Auraient-ils enfanté un soleil plus lumineux et plus réconfortant ? Les hommes auraient-ils quitté, l’espace d’un instant, leur labeur et leurs rêves pour lever les yeux vers le ciel ? Et auraient-ils réussi à goûter la joie et l’infini ? Auraient-ils senti l’imminence de l’aurore ?

Qui peut savoir ce qu’aurait été notre vie – et ce qu’aurait été celle du monde – si nous avions vécu, et agi, autrement...

 

 

A quelle joie pourrions-nous prétendre nous qui ne savons pas ? Et où pourrions-nous aller pour échapper à la mort ? N’y aurait-il que le silence pour nous combler...

 

 

Et à l’aube de chaque jour, cette nuit qui n’en finit pas... Comme si nous naissions avec les yeux clos, vivions dans l’ombre et mourrions sans le moindre espoir de lumière...

 

 

Et entre les pierres sèches, ce sang qui coule encore comme si nos mains ne pouvaient deviner les drames – et l’imminence de la catastrophe – qu’elles ont aveuglément façonnés...

Et cette soif douloureuse qui assèche tout ce qu’elle fouille – et soulève : terre, corps, visages et jusqu’aux âmes les moins imparfaites...

Et ces tourbillons gigantesques où tout est englouti – jusqu’aux séjours les plus tranquilles – et jusqu’à la figure sereine des sages...

 

 

Le parfum et l’épaisseur des existences jamais découverts – jamais apprivoisés. Comme une promesse attachée à un fil accroché à un bâton que Dieu et les circonstances – et parfois même notre propre main – agitent devant nous et qui s’éloigne d’un rien à chaque pas supplémentaire...

Et cette odeur pestilentielle des horizons qui continue à nous séduire. Comme si sentir avec plus de subtilité était (toujours) hors de (notre) portée...

 

 

Et la vie comme au premier matin de l’hiver, rude et glaciale – presque invivable pour les vivants en dépit de quelques flammes, oubliées là peut-être par Dieu pour donner aux bêtes et aux hommes les nécessités – quelques réconforts et quelques joies – pour survivre à son absence...

 

 

Et cette chair dévorant la chair. Et ces âmes ignorant les âmes. Comme s’il (nous) était impossible d’échapper aux instincts...

 

 

Et tous ces visages – et toutes ces portes – austères – fermés à toute grâce – qui jalonnent les parcours. Et qui les attristent si souvent... Comme si nous ne pouvions vivre libres des impératifs du monde et des nécessités de la terre...

 

 

La neige pèse parfois plus lourd que la chair et la mort réunies. Et toutes ces querelles dans cette nuit unique. Et la démarche pesante des âmes. Comme si le soleil n’en finissait jamais de s’éloigner...

Une histoire parmi mille histoires. Ainsi croyons-nous en notre valeur – et en notre importance – allant d’une foulée boitante sans nous souvenir de notre première envergure parmi ces malheurs, par milliers, qui invitent au silence – et avec cet étonnement à vivre si proche de l’oubli...

 

 

Des ténèbres. Et mille mensonges. Et mille sommeils. Comme si nous étions des somnambules perchés haut sur le fil du ciel tendu entre les abîmes...

 

 

Dire la vie, la mort et l’infini est – et sera toujours – insuffisant. Il faut être ce que l’on écrit sinon le poème se fait trop léger, élégant peut-être, mais sans consistance – sans vérité. Il faut tremper sa plume dans la chair, le sang et le ciel pour prétendre à la poésie. Et les plus sages toujours demeureront silencieux – partageant l’invisible – l’innommable – avec leur âme si discrète et attentive...

 

 

Arbres et âmes dénudés – accablés pourtant par la légèreté des fleurs – et leurs danses gracieuses avec les vents. Le pesant toujours se dresse trop fier – et trop plein de désirs – face au ciel, attendant sans doute l’approbation de quelques visages sans jamais succomber aux charmes du dépouillement, de la simplicité et de l’anonymat...

 

 

Des morts encore. Quelques danses. Et un peu de poussière. Et nous croyons ainsi pouvoir échapper à la tristesse... Ne voyons-nous donc que nos heures – et sommes-nous si inattentifs – pour aller si gaiement... Sommes-nous donc à ce point insensibles au monde – à ses mille tourments et à ses mille tournures funestes et dramatiques...

Seuls les sages qui ont découvert les secrets de la mort – et qui en sont revenus – peuvent se réjouir – et sourire sans mélancolie face à l’insupportable misère des vivants...

 

 

Vêtus de terre au milieu d’un champ d’orties près duquel brûle, chaque matin, tout ce qui se dresse encore assoiffé de lumière. Et nos ruines – toutes nos ruines – en contrebas du monde...

 

 

Là, seul et étendu au milieu de son âge, vacillant d’espoir et de prières, ce crieur d’éternité. Cette sentinelle attendant la fin de la nuit – la fin de toutes les nuits – et guettant l’aurore en plein jour pour faire avancer la parole – sa parole peut-être – entre le silence, le ciel et la cacophonie du monde – dans cet interstice que voilent les étoiles, tenu(e)(s) par un Dieu à notre image, aussi rieur que taciturne...

 

 

La vie – et la mort – à la verticale du silence. Et adossé à son faîte, l’Amour – cette parabole de joie...

 

 

Nous vivons comme si la vie était donnée. Comme si vivre consistait à s’absenter. Comme si nous avions les mains liées par nos exigences et les nécessités du monde. Et pas à pas, nous nous rapprochons pourtant du mystère et du cimetière – et de toutes les morts qui jalonneront notre parcours – en avançant malgré nous, cahin-caha, sur ces étranges et sombres chemins vers l’unique lieu du silence – cette présence encore à peine entrevue...

 

 

Ne cherchons pas à expliquer. Trempons nos lèvres dans le calice. Et ouvrons nos veines au silence pour devenir plus sages – et aussi beaux et sauvages que le parfum de l’herbe coupée à la belle saison. La nuit alors sera stoppée – et dix mille feux pourront briller sur la terre nouvelle – auréolée et célébrée par nos œuvres silencieuses...

 

 

A la frontière de mille mondes – à la frontière, peut-être, de tous les mondes – l’oubli est la seule droiture – la seule espérance. Entre ici et là-bas. Entre les jours et les instants qui passent. Entre la brume et l’horizon. Nous vivrons toujours au milieu de tous les gués. Entre l’herbe rase et la cime des plus hauts arbres avec partout autour de nous, les bruits – les mille bruits – de la terre et le silence – et cette prière que l’on n’entend que de l’intérieur lorsque s’éteint l’écho des horizons et que l’âme devient enfin mûre pour s’abandonner sans résistance – et retrouver son envergure ancienne. La main alors devient juste. Et, comme la parole, elle célèbre et sert ce qui se trouve devant elle...

 

 

Une lumière devant nous, encore obscurcie par la promesse des horizons. Et le fleuve ultime. Et la dernière rive bientôt où le vent soufflera sur l’âme pour en extraire la substance terrestre – si instinctive – et lui (re)donner le goût de l’innocence – cette nudité nécessaire à l’accueil – et à la célébration – du silence...

 

 

Et la parole (poétique) n’en finira jamais de relier les mondes – tous les mondes si différents, si enchevêtrés et parallèles – et tout ce qui semble séparé sans l’être véritablement, bien sûr... Comme le seul trait d’union possible, avec le silence, entre le rêve et le réel – entre le jour et la nuit – tous aussi grandioses, nécessaires et prometteurs les uns que les autres. Et c’est ainsi seulement, dans cette réconciliation, que nous pourrons vivre...

Comme un chant dans l’épaisseur du temps offert à tous – pour combler chaque instant – et l’éternité à venir – et nous faire oublier peut-être ce passé si désastreux...