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LES CARNETS METAPHYSIQUES & SPIRITUELS

A PROPOS

La quête de sens
Le passage vers l’impersonnel
L’exploration de l’être

L’intégration à la présence


 

CARNETS PUBLIES

L'expérience du monde 
Récit (1997-1999)

Solitudes 
Récit (2001)

Le petit chercheur Livre 1  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 2  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 3  
Conte (2004)

Quêteur de sens  
Essai anthologique (2005)

Traversée commune  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 1  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 2  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 3  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 4  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 5  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 6  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 7  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 8  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 9  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 10  
Livre expérimental (2007)

Tourbillon(s) 
Journal & récit (2008-2013)

Le goût d'autre chose 
Journal (2013-2016)

Un homme simple et sage 
Récit (2014)

Une âme sensible Vol 1  
Journal (2016-2019)

Une âme sensible Vol 2 
Journal (2016-2019)

Entre le rêve, le monde... Vol 1  
Journal (2019-2020)

Entre le rêve, le monde... Vol 2  
Journal (2019-2020)

Quelque chose du sang...  
Journal (2020-2021)

En plein cœur Vol 1 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 2 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 3 
Journal (2021-2022)

Si près de nos lèvres... Vol 1 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 2 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 3 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 4 
Journal (2022-2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 1 
Récit (2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 2  
Récit (2023)

Une destinée sans certitude Vol 1 
Journal (2023-2024)

Une destinée sans certitude Vol 2 
Journal (2023-2024)

Entre Dieu et la pierre Vol 1
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 2
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 3
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 4
Journal (2024-2025)

Quelques jours... Vol 1  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 2  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 3  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 4  
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 1
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 2
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 2 partie 1
Journal (2025-2026)

En son for intérieur Vol 2 partie 2
Journal (2025-2026)

 

CARNETS BRUTS

Carnet n°1
L’innocence bafouée

Récit / 1997 / La quête de sens

Carnet n°2
Le naïf

Fiction / 1998 / La quête de sens

Carnet n°3
Une traversée du monde

Journal / 1999 / La quête de sens

Carnet n°4
Le marionnettiste

Fiction / 2000 / La quête de sens

Carnet n°5
Un Robinson moderne

Récit / 2001 / La quête de sens

Carnet n°6
Une chienne de vie

Fiction jeunesse / 2002/ Hors catégorie

Carnet n°7
Pensées vagabondes

Recueil / 2003 / La quête de sens

Carnet n°8
Le voyage clandestin

Récit jeunesse / 2004 / Hors catégorie

Carnet n°9
Le petit chercheur Livre 1

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°10
Le petit chercheur Livre 2

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°11 
Le petit chercheur Livre 3

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°12
Autoportrait aux visages

Récit / 2005 / La quête de sens

Carnet n°13
Quêteur de sens

Recueil / 2005 / La quête de sens

Carnet n°14
Enchaînements

Récit / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°15
Regards croisés

Pensées et photographies / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°16
Traversée commune Intro

Livre expérimental / 2007 / La quête de sens

Carnet n°17
Traversée commune Livre 1

Récit / 2007 / La quête de sens

Carnet n°18
Traversée commune Livre 2

Fiction / 2007/ La quête de sens

Carnet n°19
Traversée commune Livre 3

Récit & fiction / 2007 / La quête de sens

Carnet n°20
Traversée commune Livre 4

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°21
Traversée commune Livre 5

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°22
Traversée commune Livre 6

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°23
Traversée commune Livre 7

Poésie / 2007 / La quête de sens

Carnet n°24
Traversée commune Livre 8

Pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°25
Traversée commune Livre 9

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°26
Traversée commune Livre 10

Guides & synthèse / 2007 / La quête de sens

Carnet n°27
Au seuil de la mi-saison

Journal / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°28
L'Homme-pagaille

Récit / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°29
Saisons souterraines

Journal poétique / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°30
Au terme de l'exil provisoire

Journal / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°31
Fouille hagarde

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°32
A la croisée des nuits

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°33
Les ailes du monde si lourdes

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°34
Pilori

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°35
Ecorce blanche

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°36
Ascèse du vide

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°37
Journal de rupture

Journal / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°38
Elle et moi – poésies pour elle

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°39
Préliminaires et prémices

Journal / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°40
Sous la cognée du vent

Journal poétique / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°41
Empreintes – corps écrits

Poésie et peintures / 2010 / Hors catégorie

Carnet n°42
Entre la lumière

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°43
Au seuil de l'azur

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°44
Une parole brute

Journal poétique / 2012 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°45
Chemin(s)

Recueil / 2013 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°46
L'être et le rien

Journal / 2013 / L’exploration de l’être

Carnet n°47
Simplement

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°48
Notes du haut et du bas

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°49
Un homme simple et sage

Récit / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°50
Quelques mots

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°51
Journal fragmenté

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°52
Réflexions et confidences

Journal / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°53
Le grand saladier

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°54
Ô mon âme

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°55
Le ciel nu

Recueil / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°56
L'infini en soi 

Recueil / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°57
L'office naturel

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°58
Le nuage, l’arbre et le silence

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°59
Entre nous

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°60
La conscience et l'Existant

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°61
La conscience et l'Existant Intro

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°62
La conscience et l'Existant 1 à 5

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°63
La conscience et l'Existant 6

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°64
La conscience et l'Existant 6 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°65
La conscience et l'Existant 6 (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°66
La conscience et l'Existant 7

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°67
La conscience et l'Existant 7 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°68
La conscience et l'Existant 8 et 9

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°69
La conscience et l'Existant (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°70
Notes sensibles

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°71
Notes du ciel et de la terre

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°72
Fulminations et anecdotes...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°73
L'azur et l'horizon

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°74
Paroles pour soi

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°75
Pensées sur soi, le regard...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°76
Hommes, anges et démons

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°77
La sente étroite...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°78
Le fou des collines...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°79
Intimités et réflexions...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°80
Le gris de l'âme derrière la joie

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°81
Pensées et réflexions pour soi

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°82
La peur du silence

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°83
Des bruits aux oreilles sages

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°84
Un timide retour au monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°85
Passagers du monde...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°86
Au plus proche du silence

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°87
Être en ce monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°88
L'homme-regard

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°89
Passant éphémère

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°90
Sur le chemin des jours

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°91
Dans le sillon des feuilles mortes

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°92
La joie et la lumière

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°93
Inclinaisons et épanchements...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°94
Bribes de portrait(s)...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°95
Petites choses

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°96
La lumière, l’infini, le silence...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°97
Penchants et résidus naturels...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°98
La poésie, la joie, la tristesse...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°99
Le soleil se moque bien...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°100
Si proche du paradis

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°101
Il n’y a de hasardeux chemin

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°102
La fragilité des fleurs

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°103
Visage(s)

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°104
Le monde, le poète et l’animal

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°105
Petit état des lieux de l’être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°106
Lumière, visages et tressaillements

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°107
La lumière encore...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°108
Sur la terre, le soleil déjà

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°109
Et la parole, aussi, est douce...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°110
Une parole, un silence...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°111
Le silence, la parole...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°112
Une vérité, un songe peut-être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°113
Silence et causeries

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°114
Un peu de vie, un peu de monde...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°115
Encore un peu de désespérance

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°116
La tâche du monde, du sage...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°117
Dire ce que nous sommes...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°118
Ce que nous sommes – encore...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°119
Entre les étoiles et la lumière

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°120
Joies et tristesses verticales

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°121
Du bruit, des âmes et du silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°122
Encore un peu de tout...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°123
L’amour et les ténèbres

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°124
Le feu, la cendre et l’infortune

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°125
Le tragique des jours et le silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°126
Mille fois déjà peut-être...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°127
L’âme, les pierres, la chair...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°128
De l’or dans la boue

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°129
Quelques jours et l’éternité

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°130
Vivant comme si...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°131
La tristesse et la mort

Récit / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°132
Ce feu au fond de l’âme

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°133
Visage(s) commun(s)

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°134
Au bord de l'impersonnel

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°135
Aux portes de la nuit et du silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°136
Entre le rêve et l'absence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°137
Nous autres, hier et aujourd'hui

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°138
Parenthèse, le temps d'un retour...

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°139 
Au loin, je vois les hommes...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°140
L'étrange labeur de l'âme

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°141
Aux fenêtres de l'âme

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°142
L'âme du monde

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°143
Le temps, le monde, le silence...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°144
Obstination(s)

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°145
L'âme, la prière et le silence

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°146
Envolées

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°147
Au fond

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°148
Le réel et l'éphémère

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°149
Destin et illusion

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°150
L'époque, les siècles et l'atemporel

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°151
En somme...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°152
Passage(s)

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°153
Ici, ailleurs, partout

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°154
A quoi bon...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°155
Ce qui demeure dans le pas

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°156
L'autre vie, en nous, si fragile

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°157
La beauté, le silence, le plus simple...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°158
Et, aujourd'hui, tout revient encore...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°159
Tout - de l'autre côté

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°160
Au milieu du monde...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°161
Sourire en silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°162
Nous et les autres - encore

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°163
L'illusion, l'invisible et l'infranchissable

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°164
Le monde et le poète - peut-être...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°165
Rejoindre

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°166
A regarder le monde

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°167
Alternance et continuité

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°168
Fragments ordinaires

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°169
Reliquats et éclaboussures

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°170
Sur le plus lointain versant...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°171
Au-dehors comme au-dedans

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°172
Matière d'éveil - matière du monde

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°173
Lignes de démarcation

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°174
Jeux d'incomplétude

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°175
Exprimer l'impossible

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°176
De larmes, d'enfance et de fleurs

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°177
Coeur blessé, coeur ouvert, coeur vivant

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°178
Cercles superposés

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°179
Tournants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°180
Le jeu des Dieux et des vivants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°181
Routes, élans et pénétrations

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°182
Elans et miracle

Journal poétique / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°183
D'un temps à l'autre

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°184
Quelque part au-dessus du néant...

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°185
Toujours - quelque chose du monde

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°186
Aube et horizon

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°187
L'épaisseur de la trame

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°188
Dans le même creuset

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°189
Notes journalières

Carnet n°190
Notes de la vacuité

Carnet n°191
Notes journalières

Carnet n°192
Notes de la vacuité

Carnet n°193
Notes journalières

Carnet n°194
Notes de la vacuité

Carnet n°195
Notes journalières

Carnet n°196
Notes de la vacuité

Carnet n°197
Notes journalières

Carnet n°198
Notes de la vacuité

Carnet n°199
Notes journalières

Carnet n°200
Notes de la vacuité

Carnet n°201
Notes journalières

Carnet n°202
Notes de la route

Carnet n°203
Notes journalières

Carnet n°204
Notes de voyage

Carnet n°205
Notes journalières

Carnet n°206
Notes du monde

Carnet n°207
Notes journalières

Carnet n°208
Notes sans titre

Carnet n°209
Notes journalières

Carnet n°210
Notes sans titre

Carnet n°211
Notes journalières

Carnet n°212
Notes sans titre

Carnet n°213
Notes journalières

Carnet n°214
Notes sans titre

Carnet n°215
Notes journalières

Carnet n°216
Notes sans titre

Carnet n°217
Notes journalières

Carnet n°218
Notes sans titre

Carnet n°219
Notes journalières

Carnet n°220
Notes sans titre

Carnet n°221
Notes journalières

Carnet n°222
Notes sans titre

Carnet n°223
Notes journalières

Carnet n°224
Notes sans titre

Carnet n°225

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Derrière les mots

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Allant sans savoir

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Un œil au cœur de la fable

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Carnet n°313
Un manteau d'étoiles et de sang

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Carnet n°314
Là où l'on s'incline

Décembre 2024

 

Carnet n°315
Devant un Dieu invisible

Janvier 2025

 

Carnet n°316
Ecoutant ce qui demeure

Février 2025

 

Carnet n°317
Et si le monde était l'exil

Mars 2025

 

Carnet n°318
La danse secrète

Avril 2025

 

Carnet n°319
Le cœur engagé dans l'aventure

Mai 2025

 

Carnet n°320
Ce qui veille au fond de l'âme

Juin 2025

 

Carnet n°321
Dans l'écume du mystère

Août 2025

 

Carnet n°322
Vers l'indéchiffrable

Septembre 2025

 

Carnet n°323
Dans l'épaisseur du réel

Octobre 2025

 

Carnet n°324
Entre l'étoile et la boue

Novembre 2025

 

Carnet n°325
Tant qu'il y aura des jours

Décembre 2025

 

Carnet n°326
Des choses et d'autres

Janvier 2026

 

Carnet n°327
Entre les mains de l'invisible

Février 2026

 

Carnet n°328
A hauteur de la soif

Mars 2026

 

Carnet n°329
Quelque chose de l'infini en soi

Avril 2026

 

Carnet n°330
Tout n'est que ciel et silence

Mai 2026

Epigraphes associées aux carnets

© Les carnets métaphysiques & spirituels

17 juillet 2026

Carnet n°330 Tout n'est que ciel et silence

Mai 2026

Au-dessus de la table de bois

les frondaisons et la lumière

 

 

Le visage de Dieu par-dessus notre épaule

acquiesçant à tout ce qui constitue notre vie

 

 

Et s'il y avait déjà

au fond de notre cœur

tout le ciel et toute la terre...

 

 

Parfois un peu plus que des mots

Des flèches de lumière

 

 

Le cœur silencieux

sous un ciel sans exigence

 

 

Le monde, le cœur et la page

Scènes de toutes les farces

et de tous les drames

 

 

Nous n'avons rien à opposer à l'ignominie des Hommes

sinon, peut-être, quelques poèmes et notre manière d'habiter le monde

 

 

Là où la vie quitte le rêve

renonce aux images et au tableau

devient aussi réelle

que les battements du cœur et la respiration

 

 

Des mains si promptes

à dessiner partout des cercles

et à œuvrer au saccage

 

 

Dans nos gestes et nos yeux

se reflète parfois l'infini

 

 

Au faîte du silence

on aperçoit le visage de Dieu

 

 

Au commencement du ciel

cette terre où s'entassent trop de peines

 

 

Tout pointe vers l'invisible

et si peu sont en mesure de le voir

 

 

Rencontrer Dieu

voilà, sans doute, la plus haute ambition humaine

 

 

Là où tout perd pied

pour découvrir l'autre visage de l'absence

 

 

Sur nos pages

de moins en moins de signes

comme si on se rapprochait du silence

 

 

Ce qu'il faut entendre dans mes notes et mes poèmes

Les chants entremêlés de l'âme et du monde

et la voix de l'enfance

 

 

Ce que creuse la parole

au fond du cœur

 

 

L'expression du manque et de la soif

dans (presque) tout ce que nous faisons

 

 

Aux confins du cri

il y a, parfois, un oiseau qui s'envole

 

 

Allongé sur la pierre

le souffle tiède du vent sur le visage

 

 

En vérité

si peu de mots et de gestes

sont nécessaires

 

 

Assis face à notre refus

sans rien pour nous éclairer

 

 

L'étrange liturgie du monde

saccageant partout le sacré

 

 

Un écart si grand entre l'Homme et la lumière

qu'essaient de combler certains destins

 

 

Des vies bornées

entre le désir et le sang

 

 

Un monde qui vénère

les mythes et les fables

et qui ignore le réel

 

 

Un cœur si ancien

qu'il a éprouvé toutes les douleurs

 

 

La bouche de l'Homme

plus encline à bavarder

et à enfourner la chair

qu'à embrasser

 

 

Au cœur des mots

cette quête obstinée

 

 

Rien en dehors de la trame

sinon, peut-être, cette étrange présence

au fond du cœur

 

 

Le Divin parfois si bien caché

au fond des visages et des choses

 

 

A la fois

instrument de l'écume et de la trame

 

 

Ne possédant rien

pas même notre âme

 

 

Et cette joie née

de cette étrange intimité avec le réel

 

 

Quelques pas au fond de l'âme

voilà, peut-être, la seule véritable aventure humaine

 

 

La source située hors des cercles

à l'écart de tout tracé

 

 

L'âme de plus en plus haute

Et la voix de plus en plus chantante

à force de côtoyer les arbres et les oiseaux

 

 

Nous effaçant

pour essayer de faire disparaître le dehors

 

 

Au cœur de l'obscur

on trouve parfois le plus merveilleux

 

 

Nos poèmes ?

Pas davantage que des signes

écrits à la craie sur la pierre

qu'effacera la première pluie

 

 

La chair et l'esprit malmenés par le monde

Et l'âme s'essayant au bleu

 

 

Tant de cercles minuscules

au cœur du cercle infini

 

 

Dieu s'installant, peu à peu, au fond de l'âme

à mesure qu'on lui cède la place

 

 

Et s'il n'y avait rien à opposer à la volonté de Dieu...

 

 

A quoi suis-je occupé aujourd'hui ?

A œuvrer à Dieu et au silence

 

 

Au fond

si peu de paroles sont nécessaires

 

 

Il y a tant de choses à soustraire

pour découvrir (et faire l'expérience de) ce que nous sommes

qu'une seule vie ne saurait suffire

 

 

Et si tout était corrélé au cœur...

 

 

Chercher au milieu de ce qui s'use

ce que rien ne peut épuiser

 

 

Entre les mains de Dieu et du monde

tous les destins

 

 

Ce qui, en nous, veille

à la justesse des gestes et des mots

 

 

Au cœur de notre soif

cette sente étrange

qui mène à la source

 

 

Nous absentant de nous-même

pour davantage de tendresse et de clarté

 

 

Là où l'hiver est plus qu'une saison ;

un état du cœur et du monde

 

 

Passant et repassant

si près de la source

(sans même le savoir)

 

 

Au cœur de ce cercle

où le cœur, le poème,

Dieu et la contemplation

sont si vivants

 

 

Le cœur devient si sombre parfois

devant l’œuvre funeste des Hommes

 

 

Si dépouillé

qu'il ne reste rien

pas même un nom

 

 

Sur ces pages

il faudrait que la langue

soit une fête

 

 

Aussi solitaire au-dehors

que sur la sente du dedans

 

 

Au fond du cœur

cette fièvre étrange

qui ressemble tant à un sommeil

 

 

En voyant le sort des bêtes

mes mots se gorgent de peur, de cris, de bave et de sang

 

 

Tant de rêves

qui salissent les âmes

et souillent le monde

 

 

Sous les gouttes de pluie

on ressent, parfois, toute la tristesse du monde

 

 

En dépit de la grisaille de l'âme et des jours

il y a quelque chose en soi qui ne peut s'assombrir

 

 

Sans autres trésors

que Dieu, l'âme et les mots

 

 

Le cœur nu sur la pierre

sans autres témoins

que les arbres et le ciel

 

 

Là où plus rien ne peut s'écrire

peut-être le lieu le plus désirable

 

 

A genoux

tantôt comme un homme ordinaire

tantôt comme un homme de prière

 

 

A force de vivre dans la forêt

peut-être sommes-nous présent

dans le rêve des pierres, des arbres et des oiseaux ?

 

 

Ces mots

comme une offrande

déposée au seuil

de ce qui, en chacun, s'interroge

 

 

Peut-être n'y a-t-il

en ce monde et sur nos pages

que ce que l'esprit a inventé ?

 

 

En ce monde

tout est peine et périssable

voilà pourquoi l'Homme cherche

si obstinément la joie et l'éternité

 

 

De plus en plus silencieux

à mesure qu'on approche du mystère

 

 

Dans notre cœur

des fleurs et des poisons

que nous distribuons

au fil des rencontres

 

 

Si invisible

l'essentiel

 

 

D'une figure à l'autre

Et d'un Dieu à l'autre quelquefois

jusqu'à ce que nous regardions à l'intérieur

 

 

Qui sait ce que rejoint la prière ?

 

 

Le ciel nous rappelle

sans cesse le plus favorable

 

 

Nul ne peut accueillir la lumière

sans avoir (d'abord) traversé toutes les obscurités

 

 

Essayer de dire l'impensable

Et si c'était là une (bien involontaire)

manière de prolonger la fable ?

 

 

Vers soi

le chemin

où qu'il mène

 

 

Et si au cœur du poème

il y avait un passage vers l'âme et le silence...

 

 

Le cœur se rapprochant

un peu plus chaque jour de la main

 

 

Si proche du mystère

qu'il n'y a de place pour personne

 

 

Si solidement arrimé au silence

que rien ne peut nous en détacher

 

 

Dieu se tient en silence

au-dessus de chaque geste

au-dessus de chaque mot

 

 

Sur cette sente qui s'éloigne

de plus en plus du monde des Hommes

 

 

Apprendre à vivre sans raison

 

 

Une présence parfaitement gratuite

 

 

Les jeux du ventre et de l'esprit

là où le cœur a été sabordé

 

 

Tenter l'impossible ;

rapprocher le cœur du mystère

 

 

Se rire des Hommes

comme ils se rient des bêtes

 

 

Lorsque les alphabets de l'âme et du monde convergent

une bonne part du mystère peut être décryptée

 

 

Sous les plus anciennes couches de la mémoire

se cache cet étrange désarroi d'être au monde

 

 

Dieu dansant au-dessus du monde

en dépit de ce qui rend le cœur triste

 

 

Le cœur craquelé

à force de laisser les Hommes dévaster le monde

 

 

Le cœur s'extirpant de son sortilège

à mesure que l'on s'offre et s'efface

 

 

De plus en plus lisible le ciel

à mesure que le cœur s'en approche

 

 

L'impensable

si présent

dans nos prières

 

 

Des mots pour tenter de dessiner

le visage de ce que l'on ne peut voir

 

 

En ce lieu où tout devient intime

 

 

Au cœur de cette lumière

qui fait disparaître toutes les frontières

 

 

Déposée depuis longtemps

la lampe que tenaient autrefois nos mains

pour éclairer le chemin

 

 

Au lieu du pain

offrir un peu de lumière

à ceux qui ont faim

 

 

Allant en sifflotant

les mains derrière le dos

vers ce qui, autrefois, était source

de tant d'inquiétude et de tourments

 

 

Une chambre ouverte

sur le ciel, le silence et la forêt

 

 

L'âme essayant de hisser les mots

au-dessus des bruits du monde

 

 

Si près du ciel

que, parfois, les oiseaux

jouent dans mes cheveux

 

 

Le logis posé

dans les hautes herbes

au voisinage des arbres et du ciel

 

 

Parmi le peuple de la forêt

le cœur de plus en plus communautaire

 

 

Personne devant soi

seulement le ciel et la forêt

 

 

Si éloigné des rêves de ce monde

 

 

Rejoignant ce qui au-dedans

ne nous a jamais quitté

 

 

Comme une lumière en ce monde

qui tiendrait ensemble

les cœurs les plus irréconciliables

 

 

Rien que respirer

et sentir l'étreinte de Dieu

et les caresses du monde

 

 

L'âme et la chair presque aussi écorchées

que l'écorce des vieux arbres

 

 

Au cœur de cette voix qui s'élève

j'entends ce qui est plus haut que la mort

 

 

Penché sur le labeur invisible de l'âme et des mots

 

 

Rien ne peut échapper à la lumière

 

 

Une poésie bien moins précieuse

que le chant des oiseaux

 

 

La prière n'est, peut-être, qu'une maladroite manière

d'arracher un peu de ciel

 

 

La main de l'Homme

déployant partout la nuit

et amplifiant (malgré lui) l'absence

 

 

Sans autre besogne que celle du cœur

 

 

Entre la douleur et le ciel

mille passerelles faites de bric et de broc

 

 

Ces mots comme de petits cailloux

laissés sur un chemin bien peu fréquenté

 

 

Aux abords du franchissement

tout ce dehors contre lequel on se cogne

 

 

Inlassablement penché sur notre invisible besogne

 

 

L'éternité

sous les éboulis du temps

 

 

Au seuil du silence

le monde et la douleur

 

 

Sans jamais se dérober

jusqu'à parvenir à considérer

la douleur et l'incertitude comme une grâce

 

 

Dans notre atelier

on essaie de rassembler tous les alphabets ;

celui des mots et celui du silence

celui du monde et celui de l'âme

 

 

Le bleu qui, peu à peu, se déploie

dans les replis du cœur

 

 

Des larmes silencieuses

pour célébrer le merveilleux

 

 

Au-delà du rêve et de la révolte

ce qui se renouvelle innocemment

 

 

Que sommes-nous réellement

nous qui ne sommes ni ceci ni cela ?

 

 

Au cœur de ses propres ruines déjà

cette civilisation déclinante

 

 

Au faîte du monde

ce langage qui pointe vers le ciel

 

Toute cette chair

pétrie par les mains

visitée par le sexe

avalée par la bouche

comme si tout, en ce monde,

n'était que matière

 

 

Qu'importe ce que l'on préfère

Seul compte ce que nous vivons

 

 

Que vaut une parole

qui n'impliquerait pas le cœur ?

 

 

Ne jamais séparer

le bleu du reste

quand bien même

il serait proche du rêve

 

 

Ce que sans cesse

le silence reformule

pour nous aider

à épuiser la question du sens

 

 

Après tant de jours passés

au-dedans et au-dehors

rien dans notre besace ;

que des signes et des traces illisibles

 

 

A n'en plus finir

ces bruits, ces cris, ces voix

et ce travail de l'âme

pour tenter de rendre

l'existence et le monde

plus supportables

 

 

Comme chaque jour

mille gestes à recommencer

mille pas à répéter

mille paroles à réinventer

Et ainsi jusqu'à la fin des temps

[Ainsi vivent tous les Sisyphe]

 

 

Dans la voix cet étrange dialogue

entre l'âme, le ciel, la roche et la lumière

 

 

Tout réduire au plus élémentaire

 

 

Ce que le poète tire

de sa proximité avec les bêtes et la terre

transformé non pas en formule

mais en invitation à aimer

 

 

D'un lieu à l'autre

sans autre abri que soi-même

 

 

Si familière la forêt

parce qu'elle est devenue le lieu

où l'on vit, où l'on travaille, ou l'on contemple

 

 

Si poreux que tout nous traverse

avec encore trop d'individualité

pour être en mesure d'effacer

toutes les traces de ces passages

 

 

Et si le monde n'était

qu'une manière de se reconnaître...

 

 

Ce que nous exhorte la vie

Et ce qu'elle nous invite à prendre en charge

 

 

Et si l'exil était une invitation

à habiter autrement l'âme et le monde...

 

 

La voix et le vent

mêlant leur souffle

pour donner vie au poème

 

 

Et si l'encre n'existait

que pour célébrer

la beauté du ciel

le défilé des nuages

et le chant des oiseaux...

 

 

Chaque jour

un peu plus de soleil

entre les mains

 

 

Et si, au fond du cœur,

il n'y avait qu'un peu

d'herbe, de ciel et de vent...

 

 

Et si tout n'était que rêve et illusion...

 

 

Habiter le cœur, le poème et le monde

d'une égale manière

 

 

Dans ces mots

tant de bleu

que, parfois, on y voit le ciel

 

 

Aucune hésitation

entre le poème et le mystère

Mais quelle grâce

lorsque le premier rend compte du second

et lorsque le second invite au premier

 

 

Peut-on sentir, à travers les mots,

les tremblements de l'âme ?

 

 

Le lieu de l'évidence

Là où disparaissent les illusions

 

 

Le cœur bien plus souterrain

qu'on ne le pense...

 

 

C'est au cœur de l'intimité

que se révèle le secret

 

 

La vie et la mort

sans brouillon

sans correctif possible

 

 

L'Absolu de moins en moins mystérieux

à mesure que s'approfondit la solitude

 

 

Si modeste l'aventure humaine

au regard de la souveraineté de la vie et du Divin

 

 

Ce que nous sommes ?

Bien davantage que nous le pensons

 

 

Dans nos pages

il y a la soif de l'Homme

et (peut-être aussi) de quoi l'étancher

 

 

Tant de pourquoi s'effacent

dans le geste juste et le silence

 

 

Autour de celui qui n'est plus

tant de signes et de traces

que le souvenir et la peine

tardent à s'effacer

 

 

En attendant ce qui ne viendra, peut-être, jamais

nous hésitons entre le rire et les larmes

 

 

Au cœur de nos pages

ce que nous n'avons pas su écrire

 

 

Pas et paroles

qui convergent peu à peu

pour pouvoir emprunter

le même chemin

 

 

Épreuve après épreuve

En verra-t-on, un jour, la fin ?

 

 

Exposés ici

sans la moindre concession

le visible et l'invisible

 

 

En plein cœur

Aussi qu'importe

que tout soit si provisoire

 

 

Allant

sans interroger

ni le monde

ni le temps

vers le plus simple

et le dénuement

 

 

Une vie cachée

auprès des livres, des arbres et du mystère

 

 

En dépit du Divin

sous les mêmes étoiles

que les autres ; que le reste

 

 

Qu'offre donc le poème ?

Un peu de lumière peut-être

dans cette nuit

qui semble avoir tout recouvert

 

 

Veiller toujours à ce que la sagesse

prime sur la vérité

 

 

Ce qui nous est demandé ?

Peu de choses sinon, peut-être, une écriture sans reproche

 

 

Veiller à ce qu'aboutisse

notre désir d'effacement

 

 

Hors de tous les cercles

avec un peu de vent

entre les mains

 

 

Toujours s'abandonner

à ce qu'offre le jour

 

 

Le cœur si près du poème

qu'au-dedans des mots

circule notre sang

 

 

Entre les mains, un livre

Et à travers la fenêtre

les ombres dansantes des arbres

sous la lune ronde et lumineuse

 

 

Au cœur de l'inéluctable

où se trouve donc la liberté ?

 

 

Sans autre certitude

que la présence, en ce monde, du Divin

 

 

Aux marges du monde des Hommes

Une terre bien plus vivante

 

 

L'âme silencieuse sous la lune

Et ce secret entre les mains

que les mots du poème

essaient de propager

 

 

Qu'importe le nom

que l'on donne à Dieu

lorsqu'il devient intime

 

 

Sans autre communauté

que celle des pierres, des fleurs, des arbres et des bêtes

peau contre peau sous la même lumière

 

 

Aucun pas n'est nécessaire

pour gagner le cœur du royaume

 

 

Si humble et si discrète

la main qui se tend

 

 

Toute mon existence s'organise

autour de Dieu, de l'âme, de l'arbre et de la page

 

 

Et si le réel était bien moins effrayant

que notre rêve de le transformer...

 

 

Un Homme, au fond,

pas si différent des autres

 

 

Vers le plus simple – presque toujours

 

 

Se laisser traverser

par les désirs, les rêves et les étoiles

et les voir, peu à peu, s'éloigner et s'éteindre

 

 

Ce à quoi s'essaie le poème ?

Éclairer le mystère et la beauté du monde

afin de leur redonner une place dans nos vies

 

 

Au milieu de tout le reste

sans savoir quoi faire

 

 

Les Hommes regardent le ciel

comme si Dieu se trouvait au-dessus de leur tête

 

 

Ce qu'il nous faut trouver ?

Un passage au cœur de la poussière

 

 

Rien au-dehors

sinon les rêves du monde

 

 

Si simples

presque ordinaires

la vraie vie et le mystère

 

 

Les larmes nous mènent

bien plus sûrement que les mots

au cœur de l'âme et du mystère

 

 

Dans nos murmures

aussi peu de mythes et de mensonges

qu'au cœur du mystère

 

 

Nos blessures et nos failles

Ce que privilégie le Divin

pour nous rencontrer

 

 

Presque autant de mots que de pas

sur notre interminable chemin

 

 

Sans rien espérer

la parole qui s'offre

 

 

Quelques mots

pour dire quoi au juste ?

 

 

Tant de choses inutiles

que nos mains entassent

et que notre cœur accumule

 

Et si nous laissions le silence

inscrire ses initiales sur notre vie...

 

 

Quelques poèmes

pour essayer de contrebalancer

le poids du monde

 

 

Tant de choses balancées

aux quatre coins du cœur

Du monde, du bruit

de la douleur et son pesant d'absurdité

 

 

Feuille sur laquelle

se hissent les mots et la soif

et ce qu'il faut pour l'étancher et faire un poème

 

 

Le cœur troué

à force d'absences et d'atrocités

 

 

Au milieu des pierres et des fleurs

notre vie sans histoire

 

 

Le cœur parcouru

jusqu'à l'illisible

 

 

Des traces de ciel en soi

parfois si imperceptibles

 

 

Là où se rencontrent l'âme et les mots

dans ce silence et cette lumière

qui nous font aimer Dieu et le monde

d'une égale manière

 

 

Dieu frottant sa chair

au fond du cœur de l'Homme

pour qu'il soit capable d'un peu d'Amour

 

 

Nous appartenons à l'infini

qui possède tout jusqu'au plus infime

 

 

Rares sont les poèmes

qui savent parler d'une égale manière

de la soif et de la source

 

 

Sur notre table

se dessine un ciel inimaginable

 

 

Sans autre allié que le ciel

 

 

Au fond du cœur

ce qui est capable

de percer toutes les épaisseurs

et de nous hisser

jusqu'à la pointe de l'indicible

 

 

Sur notre feuille

des traces, quelques riens

pour nous aider à traverser l'obscurité

 

 

Assez de lumière aujourd'hui

pour voir ce qui, autrefois,

n'était pas perceptible

 

 

En ces lieux

où tout est jeu, joie et légèreté

 

 

Puiser dans l'âme assez de lumière

pour emplir les mots du poème

Puiser dans les mots du poème assez de lumière

pour emplir le cœur de celui qui les lira

Puiser dans le cœur du lecteur assez de lumière

pour en emplir le monde

Peut-être est-ce cela le véritable travail du poète ?

 

 

Si amoureusement agencé

le cœur de l'Homme

qui, pourtant, néglige (si souvent) sa besogne

pour achever l’œuvre de Dieu

 

 

Que faudrait-il faire

pour venir à bout de l'énigme ?

 

 

Des traces bleues

jusqu'au cœur des ombres et des reflets

jusqu'au fond de l'obscurité

 

 

La terre et le ciel

découpés, parcellisés, clôturés

par l'esprit de l'Homme

si étroit, si ordonné, si apeuré

 

 

Tressés ensemble

depuis l'origine

le monde et le mystère

 

 

Toutes les questions de l'Homme

trouveront (tôt ou tard) leur réponse dans le silence

 

 

Tant de vie, de beauté et de mystère

au-dedans comme au-dehors

 

 

Quitter le monde

comme on s'éloignerait d'un embarras

 

 

Des arbres

Des mots

Et de la lumière

 

 

Pourquoi si peu voient la folie

de ceux qui se disent raisonnables ?

 

 

A chaque extrémité de la langue

le cri et le poème

qui, parfois, se rejoignent

 

 

Tant de servitudes et d'incompréhension

chez ceux qui sont condamnés à vivre sur la pierre

 

 

Refuser autant que possible

tout commerce avec le monde

 

 

Parfois parfaitement alignés

Dieu, le cœur et la main

 

 

Pourquoi s'obstine-t-on

alors que tout a si peu d'importance ?

 

 

Des mots sans détour ni mensonge

pour témoigner de l'âme et du monde

aussi honnêtement que possible

 

 

Où que l'on soit en ce monde

il y a toujours la terre et le ciel

Dieu et la douleur

 

 

Là où l'étreinte devient plus puissante

que les cris et l'infortune

 

 

Comment ne pas s'attrister

devant les malheurs du monde

et toutes ces âmes tourmentées ?

 

 

Jusqu'au dernier souffle

l'interminable combat

entre la grâce et la malédiction

 

 

Toutes ces circonstances

qui s'entassent au fond du cœur

et qui agrandissent l'ombre

qui recouvre nos pas

 

 

Encore vêtu de toutes nos guenilles d'autrefois

par-dessous la nudité

 

 

L'obscurité et la lumière

si mystérieusement enchevêtrées

au fond de l'âme

 

 

La forêt, le poème et le regard contemplatif

Lieux de rencontre avec Dieu, l'âme, le silence et le monde

 

 

Un quotidien taillé

pour la plus haute ambition

 

 

Des feuilles bleues

à force de fréquenter le ciel

 

 

Peut-être resterons-nous à jamais inachevés ?

 

 

Et si le poème ne pouvait témoigner du réel...

 

 

Ce qu'il nous faut rejoindre

pour être (réellement) capable(s)

d'habiter l'âme et le monde

 

 

En des lieux qui ne sont

qu'au seuil du seul lieu

 

 

Au faîte de la prière

le cœur qui s'incline

et l'âme qui se redresse

 

 

Sans charge ni attente

sur ce chemin où tout est rencontre

 

 

Tout ce que le cœur devine

à force d'être attentif

 

 

Qu'importe ceux que l'on croise ;

au fond, on ne rencontre jamais personne

 

 

Se rapprocher peu à peu

de ce qui habite notre centre

et qui ne nous a jamais quitté(s)

 

 

Des bouts de ciel sous nos pas

que presque personne ne voit

 

 

Happé par le désir brûlant de Dieu

 

 

Aller à la manière des nuages

pour échapper aux rêves et aux chagrins

 

 

Au-dedans de l'âme et de l'arbre

cette mystérieuse aspiration à la lumière

 

 

Le visage tourné vers une vérité vivante

 

 

Aussi éloigné(s) du mystère

que de la plus lointaine étoile

 

 

Seul face à l'éternel

Et aussi nu que possible

 

 

Plongé(s) au cœur de l'âme, du monde et des malheurs

sans parvenir, parfois, à déchiffrer

la moindre parcelle du mystère

 

 

Retrouver le monde d'avant la pierre et le ciel –

la terre d'avant le rêve et la douleur

 

 

Comment oublier ces millénaires

de désirs, de larmes, d'espoir et de tourments

qui logent, sans doute, encore dans nos tréfonds ?

 

 

Une voix qui essaye de témoigner

de l'expérience de l'indicible

 

 

Et si le plus visible et le plus vivant

était dans ce que l'on ne dit pas

 

De qui

De quoi

se sent-on encore séparé ?

 

 

Rien que le cœur et la nécessité

 

 

Dieu lové

dans l'intimité même de la prière

 

 

Le cœur en exil

depuis si longtemps

 

 

Ce dont il faut se rapprocher

Ce dont il faut se séparer

pour trouver son chemin et sa voix

 

 

Ce que nous disons

Et ce que nous taisons

pour ne pas nourrir la haine

et aggraver les désastres

(déjà si grands) de ce monde

 

 

Rien ne peut rompre les fils invisibles

qui nous relient

 

 

Dieu habite chaque âme, chaque visage et chaque chose de ce monde

Et dire que la plupart d'entre nous n'en ont pas conscience...

 

 

Entre le miroir et la mort

Tant d'ombres et de reflets

 

 

Cette présence obstinée du monde dans le cœur

Et cette présence obstinée du cœur dans le monde

 

 

Si mortellement vivant(s)

 

 

L'Homme dans son incroyable cécité

consommant le monde comme une denrée

 

 

Bien plus enclins à renouveler la fable

qu'à se pencher sur le mystère

 

 

Insatiablement cette faim

 

 

L'Absolu plutôt que le monde

 

 

Quelles traces les nuages laissent-ils

de leur passage dans le ciel ?

 

 

Et si l'on tissait ensemble tous les poèmes...

 

 

Au cœur de cette solitude et de cette innocence

qui résistent à tous les règnes

 

 

A chaque poème

la pointe de l'âme

et la pointe du feutre

trempées dans la lumière

 

 

Tant d'Hommes

reclus au-dehors

ignorant même

jusqu'à l'existence du dedans

 

 

Remontant du fond de l'âme

tant de matériaux nécessaires

à la prière et au poème

 

 

Laisser le silence et la prière

transformer l'âme et le monde

en lieux sacrés

 

 

En ce lieu où il n'y a plus de chemin

 

 

Laisser le bleu entrer

au fond de notre terrier

 

 

Au milieu des ronces et des oiseaux

Au milieu des mots et de la lumière

 

 

A travers la fenêtre de la roulotte

les arbres, le ciel et la lune

et, au loin, le cri d'une chouette hulotte

 

 

Assez de détachement et de confiance au fond du cœur

pour laisser à Dieu le choix du chemin

 

 

Dans l'intimité des paumes jointes

défilent tous les habitants de la terre et du ciel

 

 

Sous le dénuement

le secret

 

 

En toutes circonstances

s'exercer à son rude métier d'Homme

 

 

Le mystère

présent autant au-dessus des étoiles

qu'au fond du cœur

 

 

Sans rien promettre

malgré cette tendresse

et cette lumière entre les mains

 

 

Dans nos pages

il y a le ciel

et toutes les confidences du monde

celles des pierres et celles des Hommes

celles des arbres et celles des bêtes

si mélangées entre elles

qu'il est impossible de reconnaître

ceux qui les ont murmurées

 

 

Des millénaires sans autres Dieux que ceux que l'on s'est choisi

 

 

Le cœur si proche de celui des bêtes

 

 

Si près de l'enfance et de la prière

 

 

La tendresse et la lumière des sages

écrasées par les pas des Hommes

 

 

Quelques mots

notre manière, sans doute, d'inviter

un peu de silence et de lumière

 

 

L'âme en chantier

laissant œuvrer le jour

 

 

Le cœur inlassablement

penché sur sa besogne

 

 

Et si, au fond, l'âme et les mots

cherchaient la même lumière...

 

 

Du bleu dans la main de Dieu

essayant de repeindre le cœur des Hommes

 

 

Rien ni personne

Seulement Dieu et le silence

Et l'âme parfaitement comblée

 

 

Sur un chemin qui n'était autrefois qu'une nuit

et que le ciel et l'âme ont, peu à peu, désobscurcie

 

 

Tant de détresses différentes

sous les mêmes étoiles

 

 

Une vocation partagée

entre le témoignage

et la contemplation silencieuse

 

 

Les paupières mi-closes

mais les yeux et le cœur grands ouverts

 

 

Dans l'interminable défilé de visages

qu'a vu passer le monde

combien y a-t-il eu de cœurs sages ?

 

 

Le périple de l'âme

et le périple de l'encre

au fond, pas si dissemblables

 

 

Qui saura accompagner nos pas

jusqu'au cœur du silence ?

 

 

L'invisible et le vivant de plus en plus intimes

 

De moins en moins de visages

comme si toutes les rencontres

finissaient par mener à soi

 

 

Au cœur de ce que

ni la raison ni l'imaginaire

ne peuvent concevoir

 

 

Les mains tachées d'encre et de ciel

à force de côtoyer Dieu et la poésie

 

 

Une écriture du dedans

composée (le plus souvent) au-dehors

 

 

Un peu partout en ce monde

la figure de Dieu dessinée en filigrane – souriante et silencieuse

 

 

Le ciel (presque toujours)

à la lisière du poème

 

 

Ce que l'on voit

est, sans doute, la pointe perceptible de l'invisible

 

 

Tant de silence est nécessaire

pour que la parole parvienne à se hisser

au-dessus des bavardages et des bruits

 

 

Au fil des jours

ce qui se consume

et ce qui se fortifie

 

 

Mille chemins

entre la terre et le ciel

 

 

Au creux de la main

ce que le monde y a déposé

Et au cœur du geste

la grâce que Dieu nous a concédée

 

 

Soudain d'un souffle

la misère ou le Divin

 

 

Par-dessus nos têtes

la danse invisible des âmes

 

 

Tout ce bleu par la fenêtre

qu'on ne dirait presque pas le monde

 

 

Pour quelles raisons

Dieu consent-il à la cécité des Hommes ?

Et s'il n'avait le choix ?

 

 

Assis sur la pierre

entre l'arbre et l'invisible

 

 

Explorant toutes les géographies

celle de l'âme et celle du monde

 

 

Passant en un éclair parmi ceux qui prient

leur préférant la solitude au pied de l'arbre

 

 

A la pointe de l'émerveillement

cet incroyable débordement de tendresse

 

 

Parmi celles qui paissent

le regard et la parole tendres

Et quelques larmes sur la joue

 

 

Quelques feuilles blanches

sur la table de bois

L'herbe à nos pieds

Et au-dessus de notre tête

le ciel et les frondaisons

 

 

De soi à Soi

en passant par la lumière

 

 

Qu'importe ce que nous comprenons

une part du mystère (fort heureusement)

nous échappera toujours

 

 

Ce que nous révèlent le silence et la prière

 

 

Dieu et le monde

dont nous ne connaîtrons, sans doute, jamais le vrai visage

 

 

Chaque mot est-il digne du réel ?

Et peut-il être un passage vers la vérité ?

 

 

Ce qui nous épie

sur la pierre

sans même nous parler

 

 

La main tendue vers nous

de l'intérieur

Et nous cherchant encore au-dehors

au milieu des visages

 

 

Dieu et les oiseaux ont-ils une carte du ciel ?

se demandent parfois (un peu bêtement) les Hommes

 

 

A voir le monde

on pourrait penser que la lumière

n'est qu'un fantasme ou un souvenir obsolète

 

 

Il y a tant d'absence et d'ailleurs

dans la vie, la tête et les gestes des Hommes

 

 

Est-ce Dieu qui écrit l'histoire du monde ?

Et comment les Hommes prennent-ils part au récit ?

 

 

Pour quelles raisons

sommes-nous si disposés

à féconder le malheur ?

 

 

N'y a-t-il que Dieu

qui guide la main de l'Homme ?

 

 

Dieu, la vie et le monde

(comme tout le reste)

transformés, trop souvent, en spectacle

 

 

Le cœur si près des mots

que sur mes pages

le sang et l'encre se mélangent

 

 

Au fond – peut-être –

tout n'est que ciel et silence

 

Autour de la roulotte

posée au fond des bois

des fleurs, du silence et de la lumière

 

 

Vaut-il mieux donner du pain ou de la lumière

à ceux qui ont faim ?

 

 

Dans la paume ouverte

tout ce dont nous avons besoin

 

 

Jour après jour

face au même silence

 

 

Dieu nous accompagnant

(continuant de nous accompagner)

jusqu'au cœur du plus profond sommeil

 

 

Au milieu des danses du monde

les yeux fermés jusqu'à la plus haute absence

 

 

Sans parvenir à percevoir la lumière

dans le cœur de ceux qui sommeillent

 

 

Comment peut-on vivre

sans essayer de résoudre le mystère ?

 

 

La vie

comme enroulée autour du mystère

 

 

Abandonnant ce siècle

à ses pauvres et tristes fêtes

 

 

Et s'il n'y avait rien à franchir

pour accéder à la lumière

Seulement (si l'on peut dire)

se dépouiller jusqu'à la dépossession

 

 

Si fragile et incertain

ce socle sur lequel

nous nous acharnons à bâtir

 

 

Au cœur du rêve

ce qu'il nous faut percevoir

 

 

Qui sait dans un même élan

célébrer le silence et le monde

la lumière et le sommeil ?

 

 

Une présence attentive, bienveillante et silencieuse

Voilà, sans doute, l'une des plus belles manières d'habiter le monde

 

 

Dans la main

quelques étoiles

incapables d'offrir au regard

la lumière qu'il réclame

 

 

Comment toucher ce qui sommeille

au fond du cœur de chacun ?

 

 

Tant de seuils à franchir

et de frontières à effacer

avant de pouvoir se retrouver

 

 

Ce qui est présent en nous

voilà, sans doute, notre seul trésor

 

 

S’asseoir en silence au milieu des fleurs

et laisser paisiblement passer les heures

 

 

Dans nos poèmes il y a des chemins

que ne fréquentent presque pas les Hommes

 

 

Dans la roulotte

la lumière crépusculaire

éclaire sur la table de bois

notre repas de fête

un plat de lentilles avec un peu de riz

posé au côté d'un livre de poésie

 

 

Le cœur et la main de l'Homme

sont parfois si éloignés l'un de l'autre

qu'on dirait qu'ils n'appartiennent pas au même corps

 

 

Dans notre ventre

cette bouillie de chair

qui, quelques heures plus tôt,

était encore vivante

 

 

Dans les vrais livres (les livres essentiels)

il y a l'expérience de l'Homme

mais aussi (et surtout) un geste de fraternité

[quelque chose qui aide à vivre et à cheminer]

 

 

Ce si vaste auquel nous aspirons

 

 

Les Hommes si invasifs et si bruyants

que même la forêt perd parfois

son caractère de refuge

 

 

Le monde, bien souvent, comme un piège

où s'amplifient tous les soucis

et toute la noirceur de l'Homme

 

 

A œuvrer inlassablement

au labeur de l'Homme

 

 

Et s'il y avait derrière notre visage

toutes les figures de ce monde...

 

 

Qui est à l'origine du poème ?

Celui qui l'écrit

ou ce qui, en lui, se laisse traverser

par tous les souffles du monde ?

 

 

Au cœur de l'incertain

l'indicible confiance

 

 

Le cœur attendri

par toutes ces petites choses

qui font notre vie

 

 

Et si derrière le besoin d'écrire

il y avait (comme pour presque tout ce que nous faisons)

le désir d'être aimé...

 

 

Se défaire de tout ce qui ne relève pas

du mystère ou de la nécessité

 

 

Au début, peut-être, d'un chemin

qui n'en est plus un...

 

Nos poèmes parfois

ont l'odeur de la terre

et la couleur du ciel

 

 

Dans notre main

ces grandes fleurs vivantes

que ne perçoivent que les âmes sensibles

 

 

Dieu et des arbres

dans notre longue rêverie

Et le jour qui n'en finit pas de croître

 

 

De moins en moins énigmatique le destin

à mesure qu'on s'approche du mystère

 

 

Si authentiques

les lèvres bleues

que quoi qu'elles disent

elles mettent en lumière

 

 

Aux abords d'un monde

qui se passe de mots

mais qui est encore

assez friand de poèmes

 

 

Une voix revenue du rêve

qui célèbre le plus réel de l'âme et du monde

 

 

Une existence

faite de mots, de nécessités et de contemplation

 

 

Cette étrange présence

au fond du regard et du cœur

qui attend que nous la reconnaissions

 

 

Seulement le plus essentiel

Et le reste superbement délaissé

 

 

D'un jour à l'autre

sans que rien ne les différencie

 

 

Le cœur et les yeux

qui se détournent des rêves du monde

pour retrouver le plus réel de la terre et du ciel

 

 

Le visage de Dieu

émergeant quelquefois

du fond de l'enfance

 

 

Le poème est réussi

lorsqu'il parvient à pénétrer le cœur

ou à graver au fond de l'esprit

quelques mots en lettres de lumière

 

 

Tout ce dont il faut (sans cesse) se défaire

pour accueillir ce qui vient

 

 

Les jours, les saisons, les joies et les malheurs du solitaire

ne ressemblent en rien à ceux des Hommes du monde

 

 

Au fond de la forêt

Là où l'on peut échapper

à la folie des Hommes

Là où l'on entre en amitié

avec tous ceux qui fuient le monde

 

 

Les yeux posés si tendrement

sur ceux qui seront bientôt

mutilés ou égorgés par les Hommes

 

 

Partagés entre le rêve et la misère

Sans Dieu et sans dignité

 

 

Tant de tourments

nés du désir

 

 

Une existence qui n'exhibe rien

qui tente seulement de se faire

discrète et tendre

 

 

Le cœur si peu utile à ce monde

qu'il est devenu une terre en jachère

où prolifèrent les pierres et le chiendent

 

 

A l'intérieur

ce qui veille

à la manière d'une vigie

 

 

Dieu

à l'exacte dimension du cœur

 

 

Allant

vers la plus évidente et imperceptible présence

 

 

Comme un ciel au-dedans

qui se laisse découvrir peu à peu

 

 

Seul Dieu nous connaît

davantage que nous-même

 

 

Sur les traces invisibles

d'un Dieu qui nous devance

 

 

Et s'il suffisait

de s'asseoir et d'attendre

 

 

Ah ! L'invisible travail de l'âme

pour que tout devienne lumière et tendresse !

 

 

Un chant qui célèbre

toutes les choses au fond desquelles

la vie et la mort se tiennent par la main

 

 

Seulement Dieu

et ce qui nous est nécessaire

 

 

Le cœur à l'écoute

de tout ce qui le traverse

 

 

Ce qui demeure illisible en soi

est, peut-être, le plus précieux

 

 

Bien des Hommes imaginent

que tout, en ce monde, peut se résumer

à quelques chiffres et à quelques mots

 

 

L'arbre ?

Une magnificence sans orgueil

 

 

Et s'il y avait sur la croix

tout ce que nous refusons de vivre...

 

 

Sur mon carnet

les herbes et les nuages ont remplacé

les rêves et les questions

 

 

Esquissés d'un geste tendre

tous ces mots qui essaient

de refléter la lumière

 

 

Devant un ciel sans réponse

Parfaitement heureux et exaucé

 

 

Dans notre tanière d'écriture

il y a assez de solitude et de silence

pour témoigner des expériences de l'âme

 

 

L'effroyable cécité des Hommes

qui précipitent le monde

dans le chaos et la désespérance

 

Rien que du bleu et de l'innocence

 

 

Laisser au jour

le choix des gestes et des pas

et la manière dont il coloriera le cœur

 

 

Il y a au fond de la soif

une étrange présence

aux yeux tendres et aimants

 

 

Chaque matin

cette aube étrange et immense

qui se lève au fond de l'âme

 

 

Dans nos poèmes

il y a (presque toujours)

un doigt pointé vers le dedans

 

 

Que se passerait-il si Dieu

emplissait entièrement le cœur de l'Homme ?

 

 

Le séant posé sur la pierre

au milieu de tous les règnes

 

 

Sans doute y a-t-il

au fond de la mémoire

le premier ciel

le premier sourire

le premier poème

 

 

Des amas de rêves préfabriqués

dans lesquels pioche la main de l'Homme

 

 

Qui donc se soucie

de l'usure du monde

et de la lassitude des âmes ?

 

 

Le plus essentiel n'est pas caché

mais enfoui dans nos profondeurs

 

 

Tous ces mots murmurés dans notre carnet

ont bien du mal à se faire une place

dans ce monde où chacun vocifère

et n'écoute que ses propres bruits

 

 

Une vie cachée

au milieu des pierres

 

 

Sans autre temps

et sans autre lieu

qu'ici-même à cet instant

 

 

Dans nos mains

une aube dont on ne sait que faire

et que l'on éparpille un peu partout

sur la pierre

 

 

Par un étroit chemin

qui se faufile entre tous les rêves

 

 

Le poème n'est réussi

que lorsqu'il parvient

à pénétrer le cœur de l'Homme

 

 

L'âme et la main

qui cherchent dans l'obscurité

un peu de lumière

un visage capable

de les extirper de leur nuit

 

 

Sans appui

la tête dans le vent

et l'âme par-dessus

 

 

Faire confiance

à ce qui œuvre à notre effacement

 

 

Tout entier

dans ce glissement intérieur

 

 

Un cœur sans consigne

 

 

La tête des Hommes

si profondément enfouie dans le rêve

qu'ils s'imaginent vivre au cœur du réel

 

 

Au fond du cœur

tout ce qui est clandestin

 

 

Toute vocation

est singulière et mystérieuse

 

 

A force d'oublier et de souiller le sacré

on en vient presque à salir le ciel

 

 

Qu'importe l'apparence

de celui qui a le cœur innocent

 

 

Dans ce foisonnement de la parole

il y a un si fort désir de silence

(parfois, peut-être, imperceptible)

 

 

Au cœur d'un cercle

dont chacun serait le centre

 

 

De silence en silence

l'invisible, peu à peu, se révèle

 

 

A travers la fenêtre de l'âme

le ciel, le monde

la lumière et la nuit

 

 

Le cœur parfois si près du poème

qu'on l'entend battre sur la page

 

 

Un soleil dans chaque main

l'un immense et clair

et l'autre infime et noir

 

 

Si joyeux

que l'âme danse

sous la lune

 

 

La roulotte posée dans les hautes herbes

portes ouvertes sur le ciel et la forêt

 

 

Comme un chant qui jaillit du cœur

aussi maladroit que miraculeux

 

 

Ce qui est caché en l'Homme

relève autant de la terre que du ciel

 

 

A danser au milieu de la misère et des larmes

comme si rien ne comptait

excepté leurs désirs et leur bonne fortune

 

 

Au fond qui sait ce qu'il se passe

dans notre tête-à-tête avec Dieu ?

 

 

Parfois cabane roulante

d'autres fois cellule itinérante

cette roulotte dans laquelle je vis

selon que je penche

du côté du voyageur solitaire

ou du côté de l'ermite nomade

 

 

L'âme droite et silencieuse

parfaitement adossée au ciel

 

 

Des fleurs vivantes

offertes avec les mots du poème

Mais y a-t-il seulement quelqu'un

en ce monde pour sentir leur parfum ?

 

 

Le cœur littéralement

pourchassé par la lumière

 

 

Combien d'Hommes en ce monde

peuvent se targuer d'échapper

aux lois naturelles des vivants

animés par la défense du territoire et la faim

et qui passent l'essentiel de leur vie

à s’entre-tuer et/ou à s’entre-dévorer ?

 

 

Dans les marges de la vie, du monde et du poème

le plus essentiel peut-être... ;

et qui échappe aux yeux inattentifs

 

 

D'un geste ou d'un poème

essayer de refleurir ces terres

abandonnées aux pierres et au vent

 

 

Dans nos mains

ce qui nous est nécessaire

mais jamais l'essentiel

qui échappe à tout accaparement

 

 

Au fond du cœur

ce que si peu découvrent de leur vivant

 

 

Que rencontrons-nous

en allant vers nous-même ?

 

 

Et si offrir ses mains vides

était plus précieux que tous ces bras

chargés de victuailles et de marchandises...

 

 

La géographie de l'âme

où tout est vertical

y compris le plus obscur

et le plus indigne

 

 

La chair partout portée en triomphe

Et l'invisible parfaitement oublié, négligé, déserté

 

 

Dans quel repli du cœur

s'est donc caché notre seul ami et confident ?

 

 

Les Hommes accaparés par le rêve

Et quelques-uns (bien rares il est vrai)

émerveillés par le réel et l'invisible

 

 

Où se trouve cet incroyable continent

aux contours mystérieux et fluctuants ?

 

 

Au bord d'un royaume

où le rêve et la nuit

ont la même substance

que la lumière

 

 

Le moins nécessaire et le plus irréel

ce que s'échinent à cartographier les Hommes

 

 

Et si le manque n'était qu'une invitation

à retrouver ce que nous avons oublié...

 

 

Quoi que l'on fasse

tendre toujours vers le plus simple

 

 

Jour après jour

ce qui échappe au temps

 

 

Chaque jour

un peu plus loin

sur la page

au fond de l'âme

et derrière les collines

 

 

De plus en plus nu

en ce monde où prolifèrent

les parures et les masques

 

 

Dans notre voix

toutes les dimensions de l'âme et du monde

Et les abords de l'invisible

 

 

Dans notre vie du dehors

au fond assez peu de choses

alors qu'au-dedans résident

le plus vaste et le plus mystérieux

qui ne se laissent presque jamais voir

 

 

Écrire

comme si l'on s'adressait

à Dieu et au cœur de l'Homme

 

17 juillet 2026

Carnet n°329 Quelque chose de l'infini en soi

Avril 2026

Un cœur de poussière

qu'éparpille le vent

 

 

Comme irradié par le plus intime

 

 

Le cœur dégagé des affaires du monde

 

 

Jeter les mots aussi haut que possible

pour déchirer les voiles du ciel

 

 

Des traces de nuit

au fond des yeux

et par-dessous

la lumière que l'on a essayé

de faire disparaître

 

 

Tous ces destins

comme suspendus au ciel

 

 

Le monde ?

Une trame de chair, de souffle et de feu

livrée à la nuit et à la lumière

 

 

La lumière de l'âme

jetée au milieu des mots

pour essayer d'éclairer l'esprit

 

 

Le cœur si vaste

que Dieu et le monde

peuvent y pénétrer

 

 

Le destin abandonné

au profit de la lumière

 

 

Si peu nécessaire

ce à quoi nous nous acharnons

 

 

Le ciel si proche

qu'il pourrait pénétrer

le cœur et l'esprit

 

 

Ce que contiennent nos gestes ?

Du souffle et du feu

et quelque chose du secret

 

 

Le visage ombrageux

à force de lutter contre les forces du monde

 

 

Glisser, peu à peu, vers le plus haut silence

 

 

Passer du désir à l'étreinte

de la nuit au silence

du monde à l'oubli

 

 

Au plus près d'un cœur

qui ne peut rien refuser

 

 

Comme un tracé invisible

sous nos empreintes de pas

 

 

Essayant de hisser l'encre

jusqu'à la plus haute lumière

 

 

A jouer loin du monde

au milieu des arbres et des mots

au milieu des pierres et des fleurs

 

 

Combler l'écart

entre le mythe et le monde

en autorisant le silence

à répondre à toutes les questions

 

 

Ce qu'il faut

d'invisible et de matière pour exister...

 

 

Essayer de dire avec quelques mots

l'existence et le monde

l'âme et l'invisible

la douleur et le remède

 

 

Le cœur de plus en plus tremblant et sauvage

 

 

Prendre la couleur du jour

pour échapper à toutes les mainmises

 

 

A veiller

depuis le commencement du monde

sur la main qui lance les dés

 

 

Plongés dans le sommeil et l'impatience

alors qu'il faudrait savoir attendre

et garder ouverts le cœur et les yeux

 

 

Au cœur de la lumière

A la source du souffle et du feu

Là où l'âme (même affaiblie)

peut contempler sans peur

la vérité et la mort

 

 

Au fond du cœur

une porte qui ouvre

sur tous les horizons

 

 

Le bruit (peu banal) de l'aube

qui déchire la nuit

pour laisser passer le jour

 

 

Ce que nous sommes habite rarement la parole

mais se loge (implacablement) dans nos gestes

et notre manière d'habiter le monde

 

 

Sans Dieu

Sans église

Par des chemins dérobés

 

 

Alors que tout fait silence

les ombres de l'âme s'effacent

pour laisser passer la lumière

 

 

Où que nous allions

nous marchons dans les pas

de ceux qui nous ont précédé(s)

 

 

Le désir et la peur

étirés jusqu'à l'infini

Tels qu'ils s'expriment

dans le destin de l'Homme

 

 

Une voix humble

au milieu des arbres

entre la pierre et le ciel

 

 

Le cœur clos

comme un terrier abandonné

 

 

Notre destin

sur toutes les faces du dé

que Dieu lance d'une main téméraire

 

 

Un pied

si près de l'impensable déjà

 

 

Et si la seule grâce était d'exister...

 

 

Sur la page

quelques traits à l'encre noire

soustraits au silence et à la lumière

 

 

Sur un chemin

où tout se dérobe

 

 

Le silence restera à jamais

la plus parfaite réponse

 

 

A l'ombre des grands arbres

une vie cachée et lumineuse

 

 

Alors que tout sommeille

le rêve et la nuit s'infiltrent partout

 

 

Et s'il suffisait d'épouser

ce qui nous arrive...

 

 

Si peu armé(s) face au monde et à la mort

 

 

Plongé dans cette longue veille immobile

où le sommeil et la parole n'ont pas de place

 

Tout est en désordre

dans l'enclos du cœur

 

 

Et si c'était à travers la nuit

que se bâtissait le destin du monde...

 

 

D'un chant à l'autre

sans (jamais) laisser de trace

 

 

La voix mêlée à celle des bêtes des bois

qui se fait parfois entendre dans le poème

 

 

A même la trame

le vide, des choses

et la pulsation du cœur des vivants

 

 

Si dépouillé qu'il ne reste que l'ossature

 

 

Si proche du destin des fleurs

L'Homme accompli

 

 

Dans le sillage de l'immuable

l'âme qui veille

 

 

Qu'espérer sur cette terre d'attente et de refus ?

A peu près rien

 

 

Ce qu'il restera ?

Pas même un souvenir

 

 

Quelque chose, en nous, qui résiste en silence...

 

 

Les bruits du monde

qui résonnent encore

dans l'enclos du cœur

 

 

Sans autre espoir

que celui de vivre l'Absolu

 

 

Là où s'est cristallisée la blessure

naît parfois un vif élan vers la vérité

 

 

Jusqu'où peuvent se propager

le poème et la lumière ?

 

 

Pas à pas

sur ce chemin de silence et d'humilité

 

 

Ah ! Si l'on pouvait échapper aux bruits du monde

et aux bavardages des Hommes !

 

 

Dans le sillage de l'écume

Tant d'impasses et d'enlisements

 

 

L'Amour, le silence et la lumière

seuls remèdes à l'inguérissable

 

 

L'âme vagabonde

qui cherche en ce monde

le plus pur horizon

 

 

Guidé par une main étrangère

qui cherche à arracher de notre poitrine

ce qui sommeille ou est assoupi

 

 

Pourquoi s'obstiner à chercher

quelques traces dans le vide ?

 

 

Le cœur humain plongé (inévitablement)

dans ce bain de jouissances et de douleurs

 

 

De très vieilles croyances

devenues magma encombrant

au fond de l'esprit

 

 

A la nuit tombée

au fond de notre tanière des bois

 

 

Inlassablement le ciel

au-dedans de nos rires et de nos larmes

 

 

Se déposséder

jusqu'à comprendre que le souffle et le sang

ne nous appartiennent pas

 

 

Au fond du silence

ce qui n'a jamais commencé

ce qui ne peut s'achever

La source de toutes les choses

 

 

Seul – si merveilleusement seul

face au jour qui se lève

 

 

Là où l'on ne peut plus rien distinguer

 

 

Un monde d'écume et de rêves

qui ne nous promet que ciel noir et chagrin

 

 

Creuser en soi l'espace nécessaire

pour accéder à ce qui se cache

dans les profondeurs de l'âme

 

 

Sur cet étrange chemin

où un seul pas suffit pour rejoindre

ce que nous sommes

 

 

A la cime de l'oubli ; le ciel

 

 

Ce qu'il faut d'inconscience ou de courage

pour nous laisser guider par les tremblements

 

 

Dans les coulisses du cœur

comme un écartèlement

entre Dieu et les reflets du miroir

 

 

Sur ce chemin

où la source remplace (peu à peu) la soif

 

 

A hisser le monde

au-dessus des rêves

puis d'une chiquenaude

tout faire disparaître

 

 

Des mots lancés

dans une nuit sans passage

 

 

Les vents du sommeil

qui, parfois, se déchaînent

sur ceux qui veillent

 

 

Entravés dans notre cellule

et notre ronronnement

 

 

A peine vivant(s)

jusqu'à ce que tout nous déserte

 

 

Les effluves tenaces de la mort

qui planent au-dessus des jeux des vivants

 

 

Au fond des bois

vieillissant seul et en silence

 

 

L'âme

inlassablement penchée sur sa besogne

 

 

Si près du temple

et de l'unique rivage

 

 

Parfois un seul geste suffit

pour échapper aux lois du monde

 

 

Assez de lumière

au fond de notre infirmité

pour que le ciel devienne réalité

 

 

Fort heureusement

il y a en l'Homme

quelque chose qui échappe à l'Homme

 

 

Sur un chemin

qui fait disparaître (peu à peu)

les blessures et les rêves

 

 

A la pointe de l'âme

comme une sorte de tremplin

vers la joie et la lumière

 

 

Quelque chose de l'infini en soi

qui, trop souvent, reste inconnu

 

 

Toute une vie à fouiller l'âme

et à traverser la nuit

 

 

Se dépouiller jusqu'à épuiser

tous les rêves et toutes les questions

 

 

Les yeux grands ouverts sur l'invisible

 

 

Sans autres repères que l'Absolu et la mort

 

 

Sur cette terre où les fleurs nous offrent

leur sagesse et leur philosophie

 

 

Au cœur du chaos et de la poussière

l'éclat de l'infini et de la lumière

 

 

Dans nos pages il y a

toutes les couleurs de l'âme et du monde

et cette lumière qui n'appartient à personne

 

 

Là où le voyage nous fait devenir

un cœur, un regard, une écoute, une présence

 

 

Tout n'est que ciel et sable

sur cette terre désenchantée

 

 

Qu'importe notre destin

il nous faudra vivre le plus désirable

et le moins désirable de l'Homme

 

 

Notre voix et le chant des oiseaux

dans le silence de la forêt

 

 

De lieu en lieu

sous la même lumière

 

 

Sous un ciel rouge

à force de voir tout ce sang ruisseler

 

 

Comme des jeux d'ombre et de lumière

sur la pierre

 

 

La route éclairée par la mort

et quelques (pauvres) étoiles

 

 

Ce qu'il faut de temps

pour nous affranchir

du passage des jours

et de la mémoire

 

 

Trop rarement l'encre noire du poème

parvient à refléter la lumière de l'âme

 

 

Enfoncés dans ce sommeil

qui n'a besoin d'aucune nuit

 

 

Tant de noms gravés sur la pierre

et si peu dans le ciel

 

 

Peut-être y a-t-il trop d'espace

entre la douleur et la lumière

pour comprendre la souffrance (et s'en extirper) ?

 

 

A explorer le versant le plus silencieux de la langue

Là où l'âme et la voix apprennent, peu à peu, à se taire

 

 

Sur cette route qui traverse l'âme et le temps

 

 

Tant de drames

qui laissent le ciel impassible

et que la terre oublie aussitôt

 

 

Si peu souverain ce qui nous assaille

bien moins que ce qui, en nous, résiste

 

 

A la pointe de l'espérance

quelque chose de la nuit

déguisé en lumière

 

 

Tant d'adieux et de larmes

avant de pouvoir vivre

une solitude joyeuse

 

 

La voix aussi tremblante que l'âme

lorsque s'écrit le poème

 

 

Tout, en ce monde, est plongé

dans un bain de douleur et de lumière

 

Arrachés au sommeil et à la pierre

ce cœur et cette parole qui rêvent

de ciel et de yeux grands ouverts

 

 

Une âme qui a la couleur du ciel et du sang

et qui cherche à apprivoiser la vérité et la mort

 

 

Comment extirper le destin de sa gangue de terre ?

Et s'il nous fallait plonger au cœur de notre ciel souterrain...

 

 

L'âme offerte

jusqu'à l'oubli et l'effacement

 

 

Dans la proximité

de quelque chose de détaché et d'indestructible

en ce monde où tout s'attache et se détériore

 

 

Que sommes-nous sans Dieu

sinon un amas gesticulant de croyances et de conditionnements

cherchant en ce monde une issue impossible à trouver ?

 

 

L'esprit plongé dans les remous du réel

cherchant partout un point d'ancrage

et un peu d'Absolu

 

 

L'âme si simple

que la proximité de la source suffit

 

 

Allant partout

avec au fond du cœur

le vent et le vide nécessaires

 

 

Au cœur de cette trame

où tout est mû par l'attrait et la répulsion

 

 

Le cœur ?

Ce qui donne à l'âme et au monde leur couleur

 

 

Un silence sans espoir

qui ne nie ni le sable ni le ciel

 

 

Tournant en rond

dans cette nuit sans fin

 

 

Si simplement

le ciel en soi

 

 

Le cœur en paix

malgré le désordre du monde et la mort

 

 

Effacé, peu à peu, le visage du temps

 

 

La possibilité de l'aube sur ces pierres noires

 

 

Quel âpre labeur que d'essayer

de hisser son cœur jusqu'à la plus haute innocence

 

 

Et s'il suffisait de s'effacer

pour que le Divin nous remplisse...

 

 

Que restera-t-il dans nos cœurs défaits ?

Des grilles arrachées

Des restes de rêves

Quelques vieux désirs inassouvis

Des élans sans ardeur

et assez de vide peut-être

pour accueillir le monde

et voir l'aube se lever

 

 

Une parole arc-boutée contre le rêve

percutant la feuille et le cœur des Hommes

ne revendiquant rien sinon, peut-être, son besoin de vérité

 

 

Sous la blessure, l'abîme

Et sous l'abîme, quelque chose

comme une tendresse infinie

la source (sans doute) de toutes les guérisons

 

 

Il faudrait peut-être que le vent

pénètre cet enchevêtrement de mots

pour que l'on perçoive leur lumière

 

 

Quelle quantité de lumière et d'effacement

faut-il pour que la douleur disparaisse ?

 

 

Démesurés cette étendue de boue

et le temps qu'il faut pour la traverser

 

 

Tout ce qui nous hante si douloureusement

jusqu'à ce que l'aube se lève

 

 

Dans ce débordement de signes et de couleurs

il y a (à la fois) notre cécité et notre besoin de lumière

 

 

Chaque jour

penché sur notre besogne de silence et de mots

 

 

Rien sur la table de bois

sinon quelques feuilles blanches

et nos mains jointes en silence

 

 

Traverser la nuit

sans un seul pas

sans que rien soit franchi

 

 

Une parole

au fond de laquelle

se révèle parfois un ciel sans visage

 

 

Ce qu'il faut de silence et d'effacement

pour que l'Absolu parvienne

à retrouver la place que l'on occupait

 

 

Comme une danse vers le plus essentiel

à la manière d'un voyage sans escale

jusqu'à ce lieu où tout n'est que silence et oubli

 

 

Le vide et le vent

ne cessant jamais de réitérer leurs vœux...

 

 

Au fond du regard

une guirlande d'étoiles éteintes

au bout de laquelle brille une lumière insensée

 

 

Au fond du cœur

une réserve intarissable

de tendresse et de lumière

 

 

Le cœur si friable

qu'à sa place

ne reste qu'un grand trou

 

 

Tout a bleui

à force de fréquenter le ciel

 

 

Tant de vide

que le labyrinthe a disparu

 

 

Ensorcelé par ce froissement de l'âme

entre les doigts de Dieu

 

 

Alors que tout s'est détaché ou effacé

ne reste que ce qui ne peut disparaître

 

 

Au cœur de ce pays

sans seuil ni étoile

le regard silencieux

 

 

Sur cette pierre grise

où tout est soumis au temps

 

 

Face aux vents du monde

la voix inquiète qui lance son cri

 

 

Comme un écho au fond du cœur

que presque personne n'entend

 

 

Que reste-t-il du rêve des Hommes ?

 

 

Et si le silence était la seule réponse possible...

 

 

Et si la nuit obligeait

à creuser plus profondément (en soi)

pour trouver assez de lumière

 

 

Assis entre l'arbre et la pierre

avec, au fond du cœur,

ce qu'il faut de tendresse et de lumière

 

 

Le réel si bleu après l'étreinte

 

 

Parfois face au ciel

comme devant un mur

 

 

Il arrive que notre présence

et nos gestes silencieux suffisent...

 

 

Le merveilleux

qui, parfois, naît au fond de la plaie

 

 

Lire en silence

sous la lumière des sous-bois

 

 

La main de l'Homme

dessinant avec exactitude

le tracé du désastre

 

 

Comme des éclats de lumière dans la voix

 

 

L'encre de plus en plus transparente

à mesure qu'on approche du ciel

 

 

Le cœur assidu et insistant

ne cessant de frapper

à la porte de l'étendue

 

 

Comme l'écho d'un chant très ancien

sous nos pas silencieux

 

 

Il y a tant de figures effrayantes

dans nos rêves déployés

qui ne sont (en vérité)

que de simples chimères

parfaitement inoffensives et mortelles

 

 

Au fond du cœur un amas d'étoiles éteintes

et des nœuds de tristesse impossibles à défaire

 

 

Dans nos mains si tristement terrestres

rien qu'un peu de chair

pour contenter le désir et la faim

 

 

Sur notre table

de quoi réunir le bleu et la pierre

de quoi traverser cette interminable nuit

 

 

Ce qu'il nous faudra

franchir et abandonner

pour rejoindre le versant

le plus enviable de l'absence

 

 

Si obstinément

la lumière

 

 

Le cœur fissuré

d'où suintent quelques larmes

et un peu de lumière

 

 

La parole

parfaitement enchâssée dans le silence

 

 

Au commencement de l'infini

le seul itinéraire

 

 

Si soudaine la lumière

qu'elle surgit comme une déchirure

comme si jaillissait une béance dans le ciel noir

 

 

Des mots

comme un pont jeté

entre l'abîme et l'étendue bleue

 

 

La parole parfois presque aussi vertigineuse

que ce qu'elle essaye de dire...

 

 

Et si Dieu se trouvait aussi au cœur du poème...

 

 

Sur nos épaules

le ciel, le monde

et toute la souffrance des vivants

 

 

Au cœur même de la blessure

cette lumière que l'on a cherchée partout

 

 

Le sommeil et le rêve

La mort et l'absence

ce à quoi se livrent (sans relâche)

l'esprit et la main de l'Homme

 

 

Et s'il n'y avait devant nos yeux

que des pierres et des étoiles

et des visages tournés

vers le plus grossier de ce monde

 

 

Le cœur si proche

des arbres et des bêtes

que dans ma voix

on entend parfois

leurs prières et leurs cris

 

 

Au faîte de la solitude

qui sait que l'on devient Dieu et le monde ?

 

 

Au-dedans du poème

du vent, des arbres, des oiseaux

et le plus grand ciel possible

 

 

Sans autre filiation

que ceux qui ont connu l'étreinte

 

 

L'existence et la parole simples

de celui qui sait

 

 

Le cœur écorché parfois

comme si, de temps en temps,

la plaie se rouvrait

 

 

Sur ma table

Des pierres

Un peu de lumière

Ce qu'il faut d'invisible

Et la voix secrète des choses

 

 

Seul (si seul)

dans ce face à face

 

 

Au cœur de l'écoute

là où les mots ne sont plus nécessaires

 

 

Dans notre coffre

Des ombres

Des rêves

Et le visage tout fripé

de ce qui n'est pas encore né

 

 

Il faut assez de lumière au fond de l'âme

pour marcher sur cette sente si sombre

 

 

L'âme courbée

sous le poids de la peur

 

 

Mille chemins

qui mènent presque tous

jusqu'au point réversible du sommeil

 

 

A chaque instant tant d'adieux

et ce qu'il faut d'Absolu et de silence

pour que la solitude reste joyeuse

 

La figure blessée du ciel

recueillie dans nos mains jointes

 

 

Dans ces pages

autant de cris que de prières

et autant de tendresse que de sentences assénées

 

 

Au cœur de l'âme et du monde

quelque chose de la pierre et de la lumière

que nul ne pourrait soustraire

 

 

Par-dessus la soif

des liasses de rêves

qui confinent à l'ensorcellement

 

 

Bien plus que des mots

un voyage

 

 

Là où il n'y a plus que la faim et les viscères

qui donnent aux Hommes et au monde

cette affreuse direction

 

 

Le cœur si bleu

que partout le ciel

a remplacé la pierre

 

 

Comment rester insensible

au cri et à l'agonie des bêtes ?

 

 

Ce qui doit rester de l'enfance

au fond du cœur pour franchir tous les seuils

 

 

Sans hâte

du plus obscur au cœur nu

 

 

Parmi les pierres

ce qu'il faut de joie et de lumière

 

 

Sans prestige

ces pas et ce chemin

mais capables de nous extraire

du rêve et de l'obscurité

 

 

Encore là où l'on désire infiniment

 

 

En ce lieu où le silence

remplace, peu à peu, la parole...

 

 

La roulotte posée au fond de la forêt

devant le cortège silencieux des bêtes

qui vont s'abreuver à l'étang

 

 

Sans nom

celui qui s'approche

qui console nos peines

et transforme nos plaintes en prière

 

 

A mesure que l'on s'absente

le cœur s'approche de l'indéchiffrable

 

 

Même sans élan

Même sans chemin

le voyage continue

 

 

Là où tout se fissure

le rêve, le monde, la chair

et jusqu'au plus intime

 

 

Le cœur chaviré et tremblant

devant tant d'atrocités

 

 

Si l'on mettait Dieu, l'âme et le monde en équation

nous serions, sans aucun doute, la seule variable d'ajustement

 

 

Le cœur si proche du vide

que l’œil devient un gouffre

au fond duquel tout est aspiré

 

 

D'un cœur à l'autre

sans que soient nécessaires les mots

 

 

L'encre s'obstinant

à vouloir refléter

ce qui ne se voit pas

 

 

Si mal aimés

Si mal aimants

meurtriers et somnolents

 

 

Allongé sur la pierre

attendant le lever du jour

 

 

L'espoir

si proche, au fond,

du refus et de la plainte

 

 

Là où le cœur l'emporte sur le rêve

 

 

Porteur de cette sagesse si simple

qui refuse toutes les idéologies

 

 

Sous la lumière crue du jour

quelques feuilles sur une table de bois

 

 

Et si le plus vieux rêve de l'Homme se réalisait...

 

 

Au cœur de l'écume et de l'obscurité

Au cœur du rêve et de la douleur

ce qui a besoin de notre regard pour s'émerveiller

 

 

Ce qu'il faut de clarté

pour s'affranchir du rêve

et des gestes ensommeillés

 

 

Le cœur ensemencé par le silence

 

 

Écriture des lisières

où les mondes

tantôt s'enchevêtrent

tantôt se font face

 

 

Au cœur de cette gigantesque trame

qui sait de quels fils il est tissé ?

 

 

Le cœur et la lumière

aussi nécessaires au monde qu'au poème

 

 

Comme ensorcelés par l'effervescence et le tumulte

ces pas qui arpentent (si fébrilement) le monde

 

 

Le cœur lacunaire

incapable d'écrire

 

 

Nous croyant libres et délivrés

nous autres qui croupissons derrière nos grilles

 

 

D'un mur à l'autre

comme condamnés

à ne jamais pouvoir aller (ni voir) au-delà

 

 

Et s'il y avait tous les bruits du monde

et le rythme de nos pas vers la mort

dans les battements de notre cœur ?

 

 

A nous débattre si misérablement

dans l'étoffe du monde rougie

par les rêves et le sang

 

 

La lumière ruisselante

retrouvant sa source

au fond du cœur

 

 

Comme une lente (et longue) dérive

vers le plus indéfinissable

 

 

Au cœur de l'étreinte

cette main qui tient

au creux de sa paume

un peu de lumière

 

 

Un ciel si venteux

que tout est arraché et emporté

 

 

Loin des jeux obscurs des Hommes

qui confinent (trop souvent)

les âmes au plus sombre de ce monde

 

 

L'âme et les mots qui dansent ensemble

sous le soleil du jour

 

 

Au commencement de la parole

peut-être un manque

peut-être une douleur

peut-être un plus grand désir de lumière

 

 

Sous le socle noir des vivants

peut-être un espace oublié

peut-être une déchirure

peut-être un éblouissement

 

 

Le cœur au centre de cette étrange triangulaire

formée par Dieu, le silence et la prière

 

 

Le cœur simple

se rapprochant, peu à peu, du mystère

 

 

Le trait

entre la trace et la rosée

 

 

Quelque chose, en soi, qui sait

ce que, en général, nous ignorons

 

 

Quittant cette terre

sans que Dieu se soit manifesté

sans qu'une part du mystère leur soit révélée

 

 

Qu'attendons-nous

pour nous extirper du rêve ?

 

 

Si proche de cet ailleurs

qui nous habite

 

 

Quel serait le vœu

le plus cher des mortels ?

 

 

L'évidence du Divin

alors que le reste (tout le reste)

n'est qu'incertitude

 

 

Savoir demeurer en silence

là où les mots ne peuvent plus rien

 

 

Vers cette rive

où tout devient passage

 

 

Le cœur porté si haut

que tout devient lumière

 

 

Sous nos masques

une lumière encore indéchiffrable

 

 

En chaque poème

quelque chose de la blessure et de la joie

comme un écartèlement

 

 

Au-delà du dedans ?

Rien... quelque chose, peut-être, d'un dehors inexistant

 

 

L'encre offrant à la parole

à la fois un écrin et un exutoire

 

 

Et si l'on était déjà libre du monde...

 

 

Rien que des cris et des cadavres

sous les décombres de cette époque

que l'on pourrait (sans conteste) qualifier d'exécrable

 

 

Dans les veines

un peu de sang et de sauvagerie

et de vieux restes de poèmes

 

 

Des lignes au couleur du voyage

 

 

Essayer en quelques mots

de dire l'essentiel

 

 

Le cœur traversé de part en part

par ce (si pesant) souci de soi

 

 

Rien ne pèse plus lourd

que ce que nous n'arrivons pas à aimer

 

 

La parole

essayant de mêler la mort et la lumière

pour redonner au cœur le goût de vivre

 

 

Du côté de l'absence et de la chute

définitivement

 

 

Dans nos mains

cette lumière vivante

capable de réenchanter le monde

 

 

Délaissant l'angoisse des mortels

pour une confiance sans raison

 

 

Sur cette rive

où tout se dénoue et se défait

 

 

Le cœur si vivant

lorsque jaillissent les mots du poème

 

 

La soif mise à nu

pour découvrir ce qui se cache

derrière le dernier désir

 

Et cette tendresse

au fond de l'entaille

à laquelle ne peuvent accéder

ni les gestes ni les mots

 

 

Entre les doigts du temps

le défilé des saisons

 

 

Tatouées au revers de la chair

nos hantises et nos malédictions

 

 

Au fond de ce rire

tant d'adieux et de désirs contrariés

 

 

Des traces d'infini et d'éternité

jusqu'au cœur du plus infime et du plus éphémère

 

 

Derrière le bleu des mots

un rébus reliant ensemble

tous les fils de la trame

 

 

Œuvrer sur la pierre comme si l'on était en plein ciel

Œuvrer dans la nuit comme si l'on était en plein jour

 

 

A l'origine

peut-être un manque

peut-être un cri

ou une solitude insupportable

 

 

Devenir (pleinement) cette présence

que rien ne saurait corrompre ni renverser

 

 

Sous cette lumière

qui ne vient pas du jour

 

 

Encore si malhabile (parfois)

face au silence et à la lumière

 

 

Agenouillé sur la pierre

le cœur (parfaitement) silencieux

 

 

Le cœur plus réel que le monde

 

 

Captifs de nos désirs, de nos querelles, de nos espoirs

vivant en ce monde comme si l'on était pris au piège

 

 

Ce qu'écarte, trop souvent, le poème

le manque, la douleur et la faim

faisant de l'Homme un être

plus grand (bien plus grand) que son nom

 

 

Nos yeux suspendus, peut-être,

à un ciel qui n'existe pas

 

 

Au fond de mes yeux

des traces de ciel peut-être

et, sans doute, quelques vieilles douleurs aussi

 

 

L'ombre de nos grilles

sous cette haute lumière

 

 

Découvrir et apprivoiser, peu à peu,

ce qui n'appartient pas à la trame

 

 

Hissé sur cette sente

qui mène Dieu sait où

 

 

Comme un trou au fond du poème

où s'entassent tous nos tremblements

 

 

Il y a parfois au cœur de notre prière

un fond de tristesse et d'incompréhension

 

 

A veiller silencieusement

dans cette chambre posée au fond des bois

 

 

A pleurer devant toutes les souffrances de ce monde

La figure appuyée contre les paumes

Et s'il y avait derrière nos mains

un autre visage que le nôtre...

 

 

Face à un ciel

si étranger aux Hommes

 

 

Et si les mots invitaient à l'ultime rencontre...

 

 

Effacées les frontières

de tous ces pays imaginaires

 

 

Une lampe posée sur une vieille table de bois

qui éclaire le silence crépusculaire de la chambre

et, sur la feuille, les traces laissées par le feutre noir

 

 

Seul

sous la lune

au cœur de la forêt

Et sur la page

quelques taches d'encre bleue

 

 

Qu'y a-t-il

au fond de nos cœurs écorchés ?

 

 

Au fond de la voix

le tumulte de l'âme et du monde

 

 

Que d'heures passées

à regarder l'horizon !

 

 

Là où tout (à la fois) se soustrait et se déploie

 

 

Dans ce foisonnement de signes

autant de surprises que de sortilèges

 

 

Tant de périls et de possibles

dans nos pauvres mains de mortels

 

 

Sur la carte tant de couleurs

que nos pas assombrissent

en investissant le territoire

 

 

Si proche

l'inexploré

 

 

Ce qui court d'une ligne à l'autre

Seulement peut-être un peu de vent

 

 

Dans chaque geste

il y a tout ce que nous sommes

 

 

Tous ces murs que l'on construit

sans même s'en rendre compte

 

 

Ce que révèlent les mots

sans doute un peu plus

que ce que voient les yeux

 

 

Au fond du cœur de l'Homme

un royaume méconnu

 

 

Rien qui ne soit au-dehors

Rien qui ne puisse échapper à la prière

 

 

Ce qui loge au fond du cœur

et qui n'aspire qu'à être découvert

 

 

La voix si lointaine parfois

comme si elle avait séjourné

de l'autre côté du rêve

 

 

Comme un passage

à travers ce qui est écrit

qui mène bien au-delà des mots

 

 

Au-dedans

ces murs qui condamnent au sommeil

et qu'il faudrait fracasser à grands coups de masse

 

 

Sous cette lumière

qui n'éclaire pas seulement

notre visage et nos pas

 

 

Tout ce qu'il faut au fond de soi

pour traverser les jours d'infortune

 

 

Au fond de la prière

ce visage oublié

 

 

Chaque jour

quelques mots

pour se rapprocher

de ce que l'on porte secrètement

 

 

Personne à notre table

Seulement la lune (toute ronde)

à travers la fenêtre

 

 

Au-delà des mots

quelque chose

peut-être un peu de lumière

 

 

Au milieu des hêtres

un chemin, un homme, un carnet

et assez de lumière et de silence

pour marcher, vivre et travailler

 

 

Et ce visage caché au milieu des mots

que le poème révèle quelquefois

 

Entre la pierre et le ciel

un chemin qui n'appartient à personne

 

 

Au bord des mots

un ciel que ne reconnaissent

que les innocents

 

 

Nos mains

pleines de feuilles, de ciel et de vent

 

 

Le cœur tout tremblant

si maladroitement blotti

contre le temps

 

 

Seulement quelques souffles

nous séparent de la mort

Et, pourtant, nous continuons

d'ignorer l'essentiel

 

 

Sans répit

ce voyage sans destination

 

 

Blotti contre les bêtes

dans cette brume

qui donne au monde

une allure de rêve

 

 

Dans nos yeux

on devine (à la fois)

la mort et l'infini

 

 

La forêt

à l'affût des prophéties non humaines

cherchant dans le ciel des signes de sa destinée

 

 

Bien plus qu'un chemin

une danse au cœur de l'infini

 

 

Sommeillant sans surprise

avec du sang sur les mains

 

 

Ce qui se tient sur la page

toutes nos leçons inapprises

 

 

De la lumière vers la lumière

à travers toutes nos failles

et ce qui, en nous, semble brisé

 

 

Et s'il y avait sous nos pas

un passage secret...

 

 

Les mains encore attachées derrière le dos

malgré toutes les portes que nous avons franchies

 

 

Sans même y penser

la main tendue vers l'intérieur

 

 

Un chemin

au bout duquel il n'y a peut-être rien

 

 

Depuis toujours

au fond du cœur

la même prière

qui échappe au monde et au temps

 

 

Entre un mur, un abîme et des gravats

nos pauvres existences de mortels

 

 

Et si l'on osait tendre la main

et tourner nos yeux vers le ciel...

 

 

Le cœur si asymétrique

porté à ne (presque) jamais

préférer le monde

 

 

Assez de place entre les mots

pour y insérer un peu d'âme et de silence

 

 

Dans mes pages

on trouve des arbres, des bêtes et des fleurs

et assez de silence et de sensibilité

pour entrevoir la lumière

qui éclaire le cœur et les sous-bois

 

 

Il y a en moi assez de tendresse et de sauvagerie

pour demeurer à l'écart du monde des Hommes

 

 

Sans autres patries

que le cœur et le poème

 

 

Un lieu si loin du monde

 

 

Au cœur d'une étendue

où tous les chemins sont des seuils

 

 

Sans autres tâches que celles de vivre et d'aimer

 

 

Sans prélude

Sans conclusion

La vie telle qu'elle va

 

 

Se tenir impassible

là où le sol tremble

 

 

Au fond de soi

un espace immense

où cohabitent Dieu et l'enfance

 

 

Demeurer

comme l'arbre sous le vent

à la fois immobile et dansant

 

 

Sur cette sente

où se mêlent l'âme, la parole et le pas

 

 

Dans cette chambre

où le ciel et la lumière

côtoient le geste et le poème

 

 

Au fond de notre cœur

assez de silence

et une foison de prières

 

 

Et si c'étaient Dieu et le monde

qui guidaient notre main...

 

 

Ce qu'accueille le papier

bien plus que les mots du poème

 

 

Sous la plaie

cette fenêtre ouverte sur l'âme et la chair

et plus loin (au-dedans)

la mort qui entoure et recouvre tout

 

 

Si tressaillant

face à la brutalité de ce monde

 

 

Arpenter, peu à peu, l'invisible

cette terre sans promesse

où tout s'échange

contre un peu de silence et de tendresse

 

 

Sous la poussière

nos désirs et notre nom

piétinés sur la pierre

Et nos pas qui sont déjà loin à présent

 

 

Ce que la parole a tant de mal à atteindre ?

Le silence et le cœur des Hommes

 

 

Rien qu'un profond silence

qui recouvre tous les bruits

et toutes les expériences du monde

 

Le regard posé au loin

à travers la fenêtre

sur les collines et la forêt

Et sur la vieille table de bois

quelques feuilles noircies de poèmes

 

 

Sans rien faire

Sans rien dire

le regard qui retrouve son centre

 

 

Des pensées et des poèmes

qui cherchent obstinément

un passage au fond du cœur

capable de nous faire franchir

l'ultime frontière

 

 

Ce qu'offre l'Absolu ?

La source qui apaise toutes les soifs

 

 

Le poème est un lieu

de passerelles et de passages

entre nous et le mystère

 

 

Au-dedans

tant de hantises et de fantômes

qui donnent un sens inexorable

aux existences

 

 

Au cœur d'un silence

où tout est happé

 

 

Les seuils et les siècles

Les signes et les possessions

anéantis autant par la lumière

que par la mort

 

 

Et si les mots n'étaient pas destinés

à être entendus

mais à creuser un passage

entre le cœur et l'incompréhension

 

 

Sur une terre où les histoires foisonnent

où si peu d'âmes sont capables de s'extirper du rêve

 

 

L'apparition (inopinée) de la patrie bleue

au crépuscule de la peur

 

 

Alors que tout est vacarme et multitude

attendre (patiemment)

que le silence et la solitude s'imposent

 

 

Quelque chose au-dedans de nous

et au-dedans de tout

qui a, sans doute, le même visage

 

 

Sous la lumière des sous-bois

une joie sans explication

 

 

Et si le cœur était le seul lieu

où l'on pouvait restaurer

l'âme, le monde et la lumière

 

 

Depuis l'origine

les yeux presque toujours fermés

 

 

Blotti contre le dedans

ce dehors si triste et désemparé

 

 

Dans les tréfonds du poème

peut-être l'indicible

 

 

Ce qui ne peut être ni soustrait ni souillé

voilà ce qu'il nous faut trouver

 

 

Dieu taillant la lumière en pointe

pour essayer de pénétrer le cœur de l'Homme

 

 

Au cœur des visages et des choses (si fugaces)

dans l'incroyable étroitesse du réel

dansent l'infini et l'éternité

 

 

Et si l'éternité était au centre du temps...

 

 

Dieu tenant dans sa main

– rassemblés – tous les bords du monde

 

 

Mille chemins

entre le monde et le royaume

 

 

Au fond du cœur primordial

La source

et tout ce qui a été créé

 

 

Dans les herbes folles du poème

l'âme qui se roule sous les caresses du vent

 

 

Ce qui crie à l'intérieur

sans jamais être entendu

 

 

L'invisible est le socle sur lequel

se construisent les existences et le monde

 

 

Notre existence ?

Entre nécessités et contemplation

comme si le reste n'avait plus guère d'importance

 

 

Allant sur la page comme sur les chemins du monde

en laissant le cœur et le ciel décider de l'itinéraire

 

 

Ce qui s'effrite entre nos doigts

Tous les rêves du monde

 

 

Nos pages comme une étendue de sable

sur laquelle nos doigts dessineraient (assez maladroitement)

des signes mystérieux et indéchiffrables

 

 

Un monde où tout a été bâti

au-dedans du même rêve

 

 

Chaque poème est une tentative

un précieux et discret présent

et une manière (aussi bien sûr)

de décrypter une infime part du mystère

 

 

Le cœur porté en triomphe

à force de fréquenter l'inconnu

 

 

L'invisible

aussi évident que ce qui se voit

 

 

Ciel, arbres, âme et poèmes

dans ma géographie verticale

 

 

Si l'on était un tant soit peu attentif

on se rendrait compte

qu'il y a aussi du silence

au-dedans de la chair

 

 

Le vent œuvrant

dans notre cœur

et nos petits papiers

 

 

Assis face à la fenêtre

à regarder le soir tomber

 

 

Sans autre adresse

que le ciel et le fond des bois

 

 

D'heure en heure

assis sans aucun

sentiment d'étrangeté

devant l'inconnu

 

 

Tant de rencontres

qui nous auront rapproché de l'invisible

 

 

Les rêves du dehors

que l'on déplace

au gré des exigences du monde

incapables de pénétrer

le dedans de ceux

qui savent faire silence

 

 

Balayer sur la page

tout superflu

pour que ne reste

que ce qui peut toucher l'âme

 

 

Aux couleurs de l'infini

notre silence

 

 

Discret le jour

et invisible la nuit

comme tous ceux

qui habitent le fond des bois

 

 

Sur un lit de feuilles

le visage et l'âme tournés vers le ciel

 

 

Et s'il n'y avait pas assez de ciel

dans le cœur de l'Homme...

 

 

De l'autre côté de la pensée

Là où il n'y a plus que le silence

 

17 juillet 2026

Carnet n°328 A hauteur de la soif

Mars 2026

L'ignorance des bêtes et des Hommes

immergés dans la misère et le mystère

 

 

Comme des traces

au-dedans de l'âme

celles du ciel primordial peut-être

 

 

Le cœur déposé

au seuil du ciel

là où le vent et l'oiseau

remplacent l'Homme et la pierre

 

 

Nous attardant ici

sans très bien savoir pourquoi

sans doute parce que

nous ne savons rien du reste

 

 

Au-dedans de l'âme

le commencement du poème

ce qui s'initie dans le plus parfait silence

et qui finit par se parer de mots

 

 

Tant d'obscurité

au fond du geste

au fond de la langue

au fond du cœur

que la lumière peine

à nous parvenir

 

 

Toutes ces vies

sans réponse

sans pourquoi

 

 

Dans cette danse folle du sang et du temps

tant de dérives et de tourbillons

et si peu de perspective

 

 

Entre la pierre et le ciel

l'exacte expérience de l'âme

 

 

Ce qui veille

aux marges du monde

penché sur sa rude besogne

 

 

Journal du dedans

si éloigné des tracasseries de ce monde

 

 

Là où le geste et l'âme

tiennent lieu de discours

là où il n'y a plus

ni énigme ni question

là où le baiser remplace

l'âpre besogne

là où le silence se substitue

au monde

là où le poème

est la seule parole possible

 

 

Sans réelle consigne

Cantonné(s) seulement

à saisir toutes les opportunités

de ce passage terrestre

 

 

Dansant

sous le ciel

sans témoin

le cœur nu

sur la pierre

 

 

Au fond des bois

cette langue du dedans

laissant le chant s'éloigner

de la parole (ordinaire) des Hommes

 

 

Autour de soi

ceux qui veillent sous le ciel

au cœur de la nuit

essayant de décrypter

le silence des arbres et des étoiles

 

 

Au cœur de cette enfance exubérante

jamais rassasiée de jeux et de danses

 

 

Ce qui s'entend peut-être dans le poème

cette joie de vivre aux marges du monde

 

 

Le silence

ce qu'il y a peut-être

de plus inépuisable dans la langue...

 

 

Comme un rêve

cette expérience terrestre

où rien jamais n'est certain

 

 

Au hasard des pas

mille rencontres

un peu de ciel

et quelques pierres

sur lesquelles

butent nos souliers

 

 

Le cœur alchimique

œuvrant si obstinément à sa tâche

 

 

Rien à bâtir

sinon peut-être un passage...

 

 

Laissant, peu à peu, disparaître la volonté et le nom

 

 

Dans le cercle dessiné par le poème

tous les paysages du monde

 

 

Au plus intime de l'âme et du poème

quelque chose, peut-être, d'universel...

 

 

Et si sous la trame du monde

il n'y avait que du vide et du silence

 

 

Assez de joie au fond de l'âme

pour que la vie devienne une danse

 

 

Du côté du rire et de l'immensité

 

 

Les mains à hauteur d'âme

malgré la misère de l'Homme

 

 

Le cœur aveugle

englué dans son obscure géographie

 

 

Qu'importe ce que l'on rencontre

pour peu que l'on sache s'émerveiller

 

 

Comme un cri

au-dedans du poème

 

 

L'esprit blotti au fond du rêve

indifférent à Dieu et à la vérité

 

 

Au cœur du chaos primordial

(sans doute) le même royaume qu'aujourd'hui

 

 

Vivre à hauteur de la soif

 

 

De saison en saison

jusqu'aux lisières de l'indicible

 

 

Si près du ciel

ce qui retourne à la terre

et les mains jointes qui remercient

 

 

Ce qui nous éclaire

enfoui dans ce qui passe

 

 

Au cœur du poème

la chair tremblante des mots

et les troubles de l'âme

 

 

Devant les sentinelles de l'invisible

le cœur ébouriffé par le vent

 

 

Derrière ce qui se dit

le règne (et la nécessité) du silence

 

 

Dieu veillant (sans doute)

à la justesse de la parole

et à l'authenticité de la voix

 

 

Passant

par là où passe la lumière

 

 

Comme un chemin

qui relie l'âme et le monde

 

 

Ah ! Toute cette vie désirée

que nous ne ferons qu'effleurer...

 

 

Le cœur aménagé

pour que puissent y loger

(à la fois) l'Amour et le monde

 

 

Nous ne sommes qu'un seuil

où de part et d'autre

s'étend la même immensité

 

 

Errant au milieu des pierres et des étoiles

 

 

Existe-t-il un lieu

où il n'y aurait que du merveilleux ?

 

 

La plus haute liberté nichée

au fond de notre cage

 

 

Qu'y a-t-il derrière le réel

que nous ne savons voir ?

 

 

Ce qui se cache au fond de la parole ?

Un peu de silence et de vérité

 

 

Une parole (bien) ordinaire

pour dire l'insignifiance de nos vies

 

 

Simplement rendre compte du réel

sans rien enlaidir, sans rien enjoliver

 

 

La matière mystérieuse du poème

où se mêlent l'âme, la terre, le ciel et le silence

 

 

L'inconstructibilité du rêve

simple lieu de l'imaginaire et de la promesse

où aucune réalité ne peut s'inscrire

 

 

Pas aussi vivant(s)

que nos tremblements

 

 

Au cœur du plus intime

 

 

Presque rien

quelques mots

où se mêlent

l'ignorance et la vérité

 

 

Dieu cherchant en l'Homme

ce qui lui est nécessaire pour le (re)trouver

 

 

Ce qui s'entend dans le poème

notre manière d'habiter le monde

 

 

Ce que révèlent les mots ?

Un peu du monde

Un peu de l'âme

Et ce que le cœur a compris

 

 

A travers la main

le cœur de l'Homme

et cette part de ciel

que l'on ne voit pas

 

 

Le cœur clos

à force de rencontrer

le mensonge, la ruse et la trahison

 

 

Sans autres outils que l’œil, le cœur et la main

 

 

Incarner simplement

ce qu'aucune parole ne peut exprimer

 

 

Hors d'atteinte quelquefois

ce qui loge au fond du cœur

 

 

Tous les désirs du monde

au fond du cœur de l'Homme

 

 

L'âme si lasse des apparences

qu'elle cherche (à présent) à percevoir

ce qui ne se voit pas

 

 

Tout tremblant devant les tragédies du monde

 

Au cœur du chaos et du fracas

sans que se dévoile jamais

le pourquoi des malheurs

 

 

Ce que le cœur écrit

sans même que l'esprit le sache

 

 

A portée de poème (parfois)

ce que le ciel renferme

 

 

Sans importance

au fond notre vie

et ce que l'esprit a compris

 

 

Écrasés par tant de servitudes

qu'il faudrait apprendre à se libérer

de toutes les choses du monde

 

 

L'impensable

peu à peu

(presque péniblement)

 

 

Ce qu'il nous faut traverser

pour que l'essentiel puisse

être découvert et habité

 

 

Comment

en si peu de temps

faire le tour des choses de l'âme et du monde ?

 

 

Il faudrait apprendre

à transformer nos cris

en geste de résistance

 

 

Le cœur d'un bleu si intense

qu'il colore tout ce que touche la main

et tout ce que perçoit l'esprit

 

 

Claudiquant si tristement

sous cette belle lumière

 

 

Essayant de nous hisser

au-dessus des principes de l'Homme

 

 

Sans savoir

sans alternative

un peu perdu (évidemment)

 

 

Quelque chose

comme une respiration

au cœur du poème

 

 

Quelle est donc l'essence de l'âme ?

 

 

Du dedans

le peu que l'on sait

 

 

Quelques traces pour tenter de dire

l'obscurité et la lumière des âmes et du monde

 

 

Tenter encore de dire l'indicible

 

 

Du côté du ciel, de l'âme et de la main tendue

qu'importe ce qui est devant nous

 

 

Creusé dans le silence

ce que nous savons

 

 

Comme un soleil

à la pointe de l'âme

offert par la main qui se tend

 

 

Au cœur de la forêt

sans un mot

savourant le silence et la paix

 

 

Dans la proximité de la terre et du ciel

entre solitude et sauvagerie

 

 

Une existence dédiée

au poème, au silence et au sacré

 

 

Une présence

sans promesse

sans oubli

creusée à même l'existence

 

 

Tout au long du jour

quelque chose au-dedans

qui s'agenouille

les yeux tournés vers l'infini

et le cœur penché sur les vivants

 

 

Funambule sur le fil de l'absence

 

 

Au plus haut de la langue

une parole si proche du silence

qu'aucune voix ne peut l'exprimer

 

 

Le cœur irréprochable

penché sur le ciel, les visages et les livres

cherchant quelque chose qui échappe à l'imaginaire

essayant de transformer la posture de l'Homme

en un territoire que ne renierait pas l'Amour

 

 

Marchant en ce monde

en soulevant la poussière

cherchant parmi les pleurs et les pierres

ce qui ne ferait pas honte à l'Homme

 

 

En soi

le lieu de la soif et du mystère

 

 

Ce qu'il faut de ténacité et de discernement

pour approcher le mystère

 

 

Au cœur de cette chambre

dont les murs sont des arbres

dont le plafond est le ciel

et où il fait si bon vivre seul

 

 

Chaque jour

allant ainsi

au cœur du sacré

 

 

Au-delà de la douleur et des larmes

là où notre voyage nous conduit

 

 

Du sang et des cris

sans recourir à la parole

sans donner la moindre explication

sans même un espace

consacré à Dieu et à la prière

 

 

Ce qu'il faut traverser

Ce qu'il faut oublier

Ce qu'il faut conserver

Ce qu'il faut abandonner

pour découvrir en soi

l'Amour et la lumière

 

 

Le cœur de Dieu

blotti au fond du nôtre

et qui attend que nous le découvrions

 

 

Ce qu'offre la forêt

à notre cœur et à nos pieds nus

 

 

L'âme légère

Et du vent entre les mains

 

 

Le cœur si las des histoires des Hommes

 

 

Presque rien

pour s'opposer aux jeux du monde

Et pas si sûr d'avoir raison

 

 

Malgré elle

ce que porte la parole

 

 

Écrire jusqu'à tout rendre silencieux

 

 

Qui a dit que l'infini ne pouvait

se loger au fond du cœur ?

 

 

Tous les vivants sont nos frères

Et tous les morts sont les nôtres

 

 

Dans le grand désordre du monde et des cœurs

 

 

Si proches du sol

nos existences

et là-haut (tout là-haut)

ce qui d'ici semble si inaccessible

 

 

Sur cette route où les Hommes

transforment, trop souvent, leur voyage en villégiature

 

 

Au cœur des collines

si loin de ce siècle

où tout n'est qu'empressement et apparat

 

 

Si joyeux

loin des miroirs et des reflets

 

 

Le regard et le cœur tendres

Ce dont témoigne la parole

au fil des jours et des chemins

 

 

Assez d'innocence et d'infini au fond du cœur

pour découvrir ce qu'il y a au-delà de l'Homme

 

 

Dieu à l'image de l'Homme qui n'épargne personne

 

 

Quitter le mot et le monde

pour approcher l'impensable

 

 

Frôler partout la figure du mystère

sans jamais la reconnaître

 

 

Borné par quelques rêves au fond de la tête

qui (nous) condamnent à l'enfermement

 

 

Quelques prières et quelques poèmes

Voilà tout ce que nous avons à offrir au monde

 

 

D'un corps à l'autre

sans amitié ni tendresse

à coups de sourires mensongers

pour s'immiscer dans la chair

et qu'importe à quoi ressemblent les âmes

 

 

Le cœur déplié au milieu des mots

 

 

Ce qui nous hante jusqu'en ces lieux

où tout semble si paisible et si joyeux

 

 

En ce lieu

où tout est donné

le réel, le silence et la beauté

la parole, la contemplation et la sensibilité

 

 

Ce qui, en nous, jamais n'abdique

capable de franchir tous les obstacles

et de traverser la mort

 

 

Une feuille sur une table de bois

où s'esquissent les danses

que dessinent l'âme et la main

 

 

Le cœur troublé par ce si grand désir de ciel

 

 

(Parfois) pas assez de silence au milieu des mots

pour hisser le poème au-dessus des bavardages et des cris

 

 

Ce que nous confie le poème

une manière d'habiter le monde

 

 

Un grand rire

et dans les mains un bouquet de fleurs

pour accueillir les malheurs

 

 

Dans l'écrin de la langue

Toutes les expériences de l'Homme

 

 

Essayant de nous tenir

là où réside l'innocence

 

 

Le cœur féroce à force de meurtrissures

 

 

Au-delà de la chance et du hasard

Au-delà même de toute volonté

 

 

Rien que des désirs défaits

au lieu du désastre du monde

 

 

Continuer coûte que coûte

jusqu'à la plus haute défaite

 

 

Au cœur du silence

malgré les bruits du siècle

 

 

Ce bleu étrange

qui habite le poème

pas si différent de celui du ciel

et pourtant

 

 

Rien que du sable et du vent

Et nos âmes un peu perdues

Et notre esprit qui n'y comprend rien

 

 

Tant de pas

dans le brouillard

jusqu'au plus lointain

 

 

A peu près rien

dans le grand bazar du monde

 

 

Mille gestes

Mille paroles

Mille pas

sans être sûr de rien

 

 

D'île en île

jusqu'à ce que l'océan nous engloutisse

 

 

Rivé au feutre et à l'infortune

malgré le poids du silence et de la lumière

 

 

Ajoutant des ombres et des affrontements

à ce qui se passe (magistralement) de la présence du monde

 

 

Au cœur du poème

des milliers d'étoiles

pour essayer de rivaliser avec la lumière

 

 

Dans l'épaisseur des jours

un peu de légèreté suspendue

au fond de l'âme

 

Mille baisers

plutôt que mille rêves

de monde et de lumière

 

 

(Sans doute) trop fidèle aux idoles

pour que le chant soit aussi beau que celui des oiseaux

 

 

Ces lignes

comme le monde et le temps

sans fin ni commencement

 

 

Lentement

glisser vers la nuit

sans savoir si les mots

seront assez lumineux

pour survivre à l'obscurité

 

 

Encore quelques lignes

pour dire l'adversité du monde

et le désarroi des âmes

 

 

L'esprit intranquille

avec au-dedans (bien) trop de pourquoi

 

 

En soi

tant de choses

et, peut-être, le mauvais sort

 

 

Au-dedans du rêve des arbres

ni homme ni hache

rien que le ciel et le vent

et le chant des oiseaux

 

 

Avec un peu de chance

les mots du poème s'écriront

sans prendre la place ni des gestes ni de l'âme

 

 

Le ciel

au fond du cœur

écrit à la craie

et que donnent parfois à voir

les mots du poème

 

 

Tant de servitudes sur la roche

accablant l'âme d'une bien lourde besogne

 

 

Dans le sillon de la parole

l'écume des rêves

et la pointe bleue du silence

 

 

A l'abri des assauts du siècle

au fond de notre terrier de silence et de mots

 

 

Fenêtre ouverte sur le monde et la douleur

 

 

Le cœur presque métamorphosé de l'Homme

au seuil de ce qu'il nous reste à découvrir

 

 

Derrière les barreaux du rêve

cette longue route qu'il nous faut emprunter

 

 

La figure poussiéreuse des mots

aussitôt qu'ils se couchent sur la page

 

 

Au cœur d'un ciel où tout semble si réel

alors qu'en ce monde tout se décline en rêves et en mirages

 

 

Laisser la lassitude tout envahir

jusqu'à effacer les derniers désirs

 

 

Une langue si étroite

qu'aucun ciel ne peut y entrer

 

 

Nos paroles ?

Des poignées de sable jetées

au milieu des étoiles

 

 

Hisser l’œil au-dessus du temps

et jeter la mémoire en contrebas

pour voir l'existence et le monde

comme pour la première fois

 

 

Quelque part

au milieu du bleu

là où l'esprit a encore bien du mal à se tenir

 

 

A la croisée du cœur et du monde

 

 

Aux origines de la pierre et du voyage

l'esprit au bord du jour

et l’œil qui rêve de devenir regard

 

 

La route toute tracée

sur laquelle zigzaguent les pas

sur laquelle quelque chose

cherche la fin du voyage

et sur laquelle le cœur découvre parfois

la possibilité d'un franchissement

 

 

Un chemin sur lequel le plus simple

remplace, peu à peu, tous les rêves du monde

 

 

De la couleur de la nuit

tous ces temples où l'on prie

tous ces cierges qu'on allume

tous ces autels devant lesquels on se réunit

 

 

Tant de bagages inutiles pour parcourir

cette distance qui nous sépare de nous-même

 

 

Qu'est-ce qui pourrait endiguer cette fièvre

de signes, de nouveauté et de surnaturel ?

 

 

Chaque jour

aller un peu plus loin

derrière la colline

et au fond de l'âme

 

 

Un rire immense

pour balayer le monde et les malheurs

 

 

Qu'y a-t-il au fond de la lumière ?

Et s'il y avait la source des possibles...

 

 

Sur cette pente étrange

en grand désordre

alors que la nuit s'installe

 

 

Au cœur d'un ciel sans appui

 

 

Entre le ciel et la boue

cette manière si humaine de vivre

 

 

Et s'il n'y avait rien derrière le mur du temps ?

 

 

En plein vent

là où l'âme est la seule alliée

 

 

Livré à la dérive et à l'errance

au règne de l'égarement (croit-on trop souvent)

là où il n'y a plus ni savoir ni volonté

 

 

Du ciel encore

un peu partout

et jusqu'au fond de l'âme

 

 

Seul

en ce lieu sans légende

où tout s'enlace en silence

où les yeux et l'esprit ont quitté la mémoire

où le poème est un aveu de tendresse

et où la vie et la mort livrent toutes leurs promesses

 

 

Du sable et des rêves

à perte de vue

et des ombres en plein sommeil

qui fouillent l'écume

à la recherche d'un trésor introuvable

 

 

Un gouffre et un appel

au milieu de ces milliers de mots

 

 

Habité et cerné par le mystère

 

 

Et même si l'on connaissait l'alphabet du temps

l'éternité et l'instant resteraient indéchiffrables

 

 

Jusqu'au point de bascule

où disparaissent tous les visages et tous les noms

 

 

Tant de possibles posés au-dessus des têtes

Et l'étroit passage par lequel l'âme doit se faufiler

 

 

Au bord de l’œil

le dehors qui essaye d'envahir l'esprit

 

 

L'Homme, la vie, le monde ;

terres des forces contraires

où tout aspire à se faire une place

 

 

Des bouts d'âme, de monde et de mots

formant au-dehors comme au-dedans

un sacré désordre

 

 

Danser jusqu'à tout mélanger

jusqu'à tout oublier

jusqu'à ne plus rien savoir

 

 

On entend parfois le chant des arbres

monter vers la lumière

 

 

Dans un coin du ciel

quelque part

quelque chose nous attend

Dieu, de la joie et de la lumière

 

Le cœur bleu et brûlé

là où le monde est passé

là où le ciel a résisté

 

 

Face à l'épreuve

ce qu'il faut de courage et d'horizon

 

 

De la couleur du jour

Nos gestes

Notre âme

Nos pensées

Nos paroles et nos poèmes

 

 

Quelques traces de ciel

sur le sable

là où nous avons attendu

sans trop piétiner

 

 

D'un cri à l'autre

D'une prière à l'autre

D'un poème à l'autre

selon notre sensibilité

 

 

Tant d'enfance et de feu

sous la chair innocente

 

 

Et si le royaume n'était pas le ciel

Et si le royaume n'était pas après la mort

mais était sur terre à cet instant précis

 

 

La lune froide

impassible

et de longues traînées de lumière

dans le ciel noir

 

 

Le cœur

depuis si longtemps

au milieu des débris du monde

résistant à l'ombre et à la corruption

cherchant à transformer l’œil plutôt que la boue

 

 

La langue parfois poussée

dans ses retranchements

pour dire des mots

couleur de ciel et de lumière

 

 

Dans les éboulis du silence

quelque chose

une voix sans doute

capable d'escalader le monde

de se hisser sur ses cimes

pour faire entendre quelques poèmes

 

 

Tant de possibles

malgré l'épaisseur de l'âme

et l'obscurité du monde

 

 

Le cœur essayant (assez maladroitement)

de dicter ses lois à un monde profondément dépravé

essayant de hisser l'Amour

au-dessus d'une immense pyramide d'appétits

 

 

La chair, le songe et le royaume

sous la même lumière

 

 

Ce monde

l'empire de la foule, des jeux et de l'ivresse

vitrine (effarante) des instincts de l'Homme

 

 

Grimper sur cette étroite échelle

posée au milieu des rêves et des étoiles

 

 

Dans l'épaisse chevelure du temps

ce que l'on suspend au-dessus

de l'interminable défilé des heures

 

 

Un peu de ciel et de chair

dans notre pauvre prière

 

 

Le corps et le cœur complices

aux portes du royaume

 

 

Des mots lancés

plus loin que le rêve

 

 

Du dessous le monde

comme si l'on appartenait au dedans de la terre

 

 

Au fond de la lumière

cet œil tranquille

parfaitement impassible

qui regarde les danses du monde

 

 

Au milieu des mots

la terre et le ciel

à la fois pente et refuge

 

 

Vers ce qui n'a de fin

 

 

On ne peut s'accrocher

ni au sable, ni au ciel, ni au vent

on ne peut que s'en remettre à leur volonté

 

 

Comme un vieux reste de ciel

que l'on porterait avec soi

 

 

Tant de possibles

dans cet étrange mélange

de ciel et d'instincts

 

 

Au milieu de l'ombre

Étreint par l'épreuve

La clé au fond de l'esprit

 

 

La nuit si bleue parfois

que l'on se croirait en plein jour

 

 

Sous le rêve

l'infini et la mort

un chemin vers la liberté et la lumière

 

 

Entre les mains du destin

qui nous fait traverser tous les gouffres

et nous invite, peu à peu, à apprivoiser le vide

 

 

Aux lisières de l'âme

tant de lèvres aimantes

tant de voix émues

et de perspectives infinies

 

 

Quelque chose

au cœur du silence

peut-être un peu de ciel et de lumière

 

 

Confiant

en dépit de la brièveté de la vie

en dépit de l'évanescence du monde

en dépit de l'instabilité des pierres

 

 

Le cœur parfois si épais

que la lumière ne peut le traverser

 

 

Et si autour de soi

il n'y avait aucun dehors

 

 

Au-delà du sommeil et de la fouille

le cœur et les mains libres

 

 

D'âme, de chair et de mots

notre existence singulière

 

 

Le cœur sans histoire

si près de l’œil

et du cri des bêtes

 

 

Hisser l'âme à la pointe des mots

Hisser les mots à la pointe du réel

Et d'un claquement de doigts

tout faire disparaître

 

 

A peu près rien

sinon la lumière

et le cœur qui bat

 

 

Tout accueilli

dans sa plus simple expression

 

 

Le cœur encore jonché de bruits et de mots

 

 

Le goût du monde et du secret

comme un vieux reste de désirs humains (sans doute)

 

 

Au creux de la paume

de la sueur et des taches de lumière

 

 

Au milieu du changement et des adieux

cette soif (inentamée) de permanence et d'éternité

 

 

Par-dessus les cimes des siècles

cette pente invisible

où les âmes glissent jusqu'au silence

 

 

Du sommeil et du mystère

dont nul ne parvient à se défaire

 

 

Nos yeux de papier

posés sur la nuit du monde

l'égarement des Hommes

et l'errance des âmes

 

 

Comme un étrange voyage

entre les yeux et la pierre

 

 

Bien avant qu'émergent les mots

ce qu'il faut d'âme, de monde et de silence

 

 

Ce qui compte ?

Notre posture sur la pierre

et le sourire de l'âme

lorsque personne ne nous regarde

 

 

Si seul

jusqu'à tout étreindre

 

 

Au bout de soi

rien

le vide que l'on a toujours été

 

 

Au-delà de la raison

le cœur silencieux

qui finit par épuiser

toutes les questions

 

 

Au loin

là où tout est si humain et si froid

le monde des ombres, des bruits et des jeux

et la nuit qui avale tout

jusqu'au désir de lumière

 

 

Entre le bleu et les yeux

le sommeil, la tristesse et l'essoufflement

qui favorisent ce brouillard

où tout se perd

qui efface les contours du monde

et rend aveugles les âmes

 

 

Des gestes nus

au-dessus de l'écume

qui tracent une route invisible

interdite aux rêves

 

 

Des larmes

le socle d'un monde sans mur

capable de laisser passer

le vent et la lumière

 

 

Dans cette effroyable angoisse du manque

comme un pas supplémentaire vers la désespérance

 

 

Le ciel encore

pour trouver le courage de résister à la barbarie du monde

et de se laisser transpercer par la douleur

 

 

L'oreille attentive à toutes les confidences de la terre

 

 

Au pied du mystère

les aveux du silence

et le règne (naturel) de l'Amour et de la joie

 

 

Comme des colonnes de lumière

sur ces rives sans édifice

où tout baigne dans le bleu du cœur

où les gestes et les poèmes échappent

à toute servitude

 

 

Au fond de l’œil

l'immuable

et les danses du monde

 

 

L'impasse du langage

au fond de laquelle s'amoncellent

tous les bavardages et tous les poèmes

 

 

Comme un repli

sur ces hautes terres

qui échappent au monde

 

 

Dans cette nuit si noire

qu'on ne distingue plus l'âme du monde

 

 

Le temps figé dans la douleur

comme une désespérance supplémentaire

 

 

Hissé jusqu'à ce silence

qui transforme les bruits du monde

en fleurs et en poèmes

 

 

Ce qui tourne

au fond de la tête

si puissant

que rien ne peut l'arrêter

 

 

Le parfum du jour

qui envahit le fond du cœur

 

 

Ce que le cœur susurre

à la parole du dehors

pour qu'elle ait la couleur du dedans

 

 

Certains jours

la joie et la lumière nous manquent (si cruellement)

 

 

Continuer à vivre

jusqu'à ce que tout devienne égal

 

 

Au fond de cette nuit

où les mots ont la couleur de la désespérance

 

 

Le poème est une échelle

sur laquelle l'âme parvient parfois

à se hisser jusqu'à la lumière

 

 

En un lieu

où le jour est le seul chemin

 

 

Ce qu'il manque aux mots

pour se mesurer au monde

 

 

Le cœur à sa place

Et les yeux grands ouverts

 

 

Un peu d'encre

et ce qu'il faut d'âme, de terre et de ciel

pour écrire un poème

 

 

Au fond de soi

des larmes

et enfoui plus profondément encore

un rire immense et brutal

 

 

Plongés dans le manque

tous nos sourires

et toutes nos prières

 

Des heures essentielles

qui vues de loin

ne ressemblent pas

à grand-chose

 

 

L'esprit à la fois nous projette au-dehors

et nous invite à regarder au-dedans

 

 

De la cendre et de la poussière

entre les mains du vent

ce qu'il restera de notre passage

 

 

Au fond de l'âme

ce qui échappe à l'adversité du monde

et aux griffes du temps

et l'ardeur nécessaire

pour aller vers la lumière

 

 

Sous les feuillages

le silence et le poème

 

 

Dans le livre ouvert

l'âme du poète

et tous les souffles de la terre

 

 

Là où la solitude est à son comble

une présence et des alliances inconnues

 

 

Ce qu'il faut d'intimité avec le cœur

pour approcher le secret

 

 

Si peu de lumière

dans les pas de l'Homme

 

 

Il nous faudrait des ailes

pour nous aventurer

au-delà des (pauvres) tribulations humaines

 

 

L'âme et la langue

parfois plus lourdes que le secret

 

 

Au large des mots

quelque chose comme un horizon

 

 

Assis au cœur de l'épaisseur

manquant d'air et d'ardeur

pour échapper à l'inertie de la mémoire

 

 

Mille mots à l'intérieur

qui se transforment parfois

en pauvre prière

 

 

Dans l'apparent désordre du visible

le parfait alignement de ce qui ne se voit pas

 

 

Au lieu de rire

de ce vent et de cette poussière

nous préférons croire et espérer

 

 

La trace d'un (très) ancien soleil

dans les tréfonds du temps

et dont la lumière

nous parvient quelquefois

 

 

Mille poèmes

pour essayer de dire

ce qu'est la vraie vie

en dépit des rires

et de l'obscénité du monde

 

 

D'un mot à l'autre

en un (seul) trait de lumière

 

 

Assoiffé de livres et de lumière

 

 

L'âme fouillée jusqu'à l'os

pour dire ce qui habite nos profondeurs

 

 

Comment parler de ce qui en nous

a réussi à faire silence ?

 

 

L’œil ouvert face à l'étendue

 

 

L'enfance gravée au fond du ciel

n'aura jamais empêché le sang de couler

 

 

Le déploiement du rêve

pour combler le vide de l'âme et du monde

 

 

Et pourquoi ne pas creuser la blessure

jusqu'au jaillissement de la lumière ?

 

 

Captif d'un monde

où même Dieu, la lumière et le vent ont été séquestrés

 

 

Et s'il y avait

sous la souillure et le sang

une absence triomphante

 

 

Personne sur ces pistes perdues

quelques pierres et nos pas

 

 

A veiller sous les étoiles

comme si la nuit pouvait s'achever

 

 

Devant soi

l'étendue des incertitudes

et notre cœur tremblant

cherchant sa route

vers le royaume invisible

 

 

Parmi tout ce sable

la source et le secret

et ce qu'il nous faut soustraire

pour accéder au sourire

(et consentir aux circonstances)

 

 

Dans le creusement de la soif

la source intarissable

 

 

Au cœur de la douleur et de la dévastation

ce qui ressasse et se plaint

et derrière l'obsession et les doléances

le vide, le rire et la lumière

 

 

A la cime du rêve

une chambre

un peu de chair

entourées de mort et d'infini

et la possibilité d'un tremplin

vers ce que porte le jour

 

 

Parmi les rebuts et la fureur

la parole nue

et l'innocence des fleurs

 

 

A glisser vers une nuit

où il n'y a que le sang et la cécité

le rêve et la suffocation

le dévoiement de l'âme

et l'égarement du cœur

 

 

Les yeux cernés par l'infini

alors que nous nous acharnons

(assez idiotement) sur la pierre

 

 

L'esprit et les mains

si près du ciel

et si proches de l'origine du mal

que le cœur a bien du mal à comprendre

 

 

Sous un soleil si vaste

que même l'ombre est devenue lumière

 

 

Dans la forêt enneigée

un feu et des traces de pas

quelque chose de l'épreuve et du poème

 

 

Si verticaux

l'ivresse, la lumière et la mort

et l'étroit passage qui y conduit

 

 

Des mots jetés dans la lumière

et la joie (toute simple) des mains en prière

 

 

Sur une route où le silence

se tient aux lisières

 

 

Au fond des bois

Le cœur lumineux

et un éclat sur le visage

comme si un soleil brillait à l'intérieur

 

 

Si incertain le chemin

qu'en un éclair

tout peut s'assombrir ou s'illuminer

 

 

Comme un silence dans nos profondeurs

et, sous le silence, quelque chose du chant originel

 

 

Les yeux fermés

à écouter le cri des bêtes

et sur nos joues, ces larmes

impuissantes à les délivrer

 

 

Une existence entière vouée

à cette quête discrète et obstinée

de la vie juste et du mot approprié

 

 

Au fond du cœur

cette intimité qui (nous) rend capable

d'étreindre (simultanément) le silence et le monde

 

 

Ce qui nous est offert ?

Un surcroît d'âme, d'Amour, de joie et de liberté

 

 

Tant d'horizons inconnus

sous les paupières et les pas

 

 

Jamais le réel

ne se laissera piéger par les mots

 

 

Captifs du rêve et du dehors

comme si l'esprit était un lieu fermé

 

 

Épris d'Absolu et de lumière, d'Amour et de poèmes

 

 

La tête entachée d'étoiles

suspendues à un ciel

qui n'existe pas

 

 

Des signes (très) laborieusement alignés

pour essayer de dire où mène le silence

 

 

Nous sommes le lieu traversé

par la vie, le monde, le désir,

la mort, l'illusion et la lumière

 

 

Le cœur silencieux

Le visage au milieu des pierres

 

 

L'âme qui loue la terre

Et la main qui écrit un poème

 

 

Comme un jour au-dedans du jour

tant la parole ressemble à l'aube

tant le monde semble lumineux

 

 

Quelquefois

des larmes et de la fureur

devant ce sang (tout ce sang)

que versent les Hommes

 

 

Ce qu'il faut d'oubli et de vent

pour balayer l'ignorance et la haine

et rallumer la flamme

de ce qui s'était, peu à peu, éteint

 

 

Rejoindre les hauteurs du monde

là où l'âme tutoie la lumière

là où les mots deviennent poèmes

là où tout a la couleur du ciel

 

 

Sur cette sente invisible

l'âme et l'encre

cherchant une voix commune

 

 

Tant de mots pour dire

la cécité et le manque de lumière

 

 

Apprendre au milieu des ombres

à se hisser jusqu'au plus digne de l'Homme

 

 

Au milieu des ombres de la forêt

si belles, si fugitives, si sauvages

 

 

Au fond de l'absence

une veille si ancienne

et des lèvres offertes

 

 

Dans notre terrier

au fond des bois

protégé par une longue

rangée d'arbres et de livres

 

 

Pas à pas

comme vont les jours et les saisons

 

 

Au cœur de ces mots

Tant de ciel et de sang

 

 

La nuit sarclée jusqu'au sang

Le jour hissé plus haut que les étoiles

Et toutes ces malheureuses promesses

tenues dans la main misérable de l'Homme

 

 

Au fond de soi

des questions aussi vieilles que le monde

 

 

Si haut le royaume

Et cet orgueil qui nous tire vers le bas

 

 

Rompre tous les cercles

pour que notre voix puisse s'élever

et parcourir la distance qui nous sépare du jour

 

 

Crier sous la lune

à la manière des bêtes des bois

 

 

Porter haut la parole

par-dessus les flammes et le vent

par-dessus la corruption et les agacements

afin de célébrer ce que l'on porte (tous) secrètement

 

 

Peut-être, au fond, ressassons-nous la même parole

depuis le commencement du monde

 

 

Une voix

et des traces de pas sur la pierre

 

 

D'une couleur à l'autre

le cœur changeant

 

 

Le cœur poussiéreux

à force de ne pas servir

 

 

Dans l'éloignement du nombre

Seul avec le ciel

 

 

A cette place étrange

où la marge devient le centre

 

 

Dans l'attente d'un jour

qui, peut-être, ne viendra jamais

 

 

Au fond de l’œil

toutes les couleurs du ciel et de la pierre

et cette ombre que dessine parfois le cœur en résistant

 

 

Et s'il n'y avait rien à savoir

Et s'il n'y avait rien à transformer

Seulement s'extirper du sommeil

 

 

Une voix née de la pierre

se hissant aussi haut que possible

pour essayer de retrouver le silence d'autrefois

 

 

Aussi rayonnants que le soleil

ces cœurs prêts à s'offrir

en ce monde privé de lumière

 

 

Au faîte d'une nuit

où seules l'horreur et les ténèbres sont célébrées

et où le secret restera peut-être à jamais

enfoui au fond du cœur

 

 

Le cœur éclairant parfois les mains

donnant aux gestes assez de lumière

pour retrouver une intimité

avec l'âme, la chair et le monde

 

 

Un monde étrange

où tout n'est que rêve et fureur

 

 

Les lèvres embrassant le jour et la terre

entonnant un chant

pour que le cœur puise dans ses profondeurs

assez de lumière

pour se réjouir de vivre sur la pierre

 

 

Des réserves de pulsions et d'images qui jaillissent

nous laissant impuissants, tristes et hébétés

 

 

Des traces dans le vide

comme des tourbillons d'air

quoi que nous fassions

 

 

Des croyances, des mensonges et des crachats

puisés dans les intarissables gisements de l'Homme

 

 

Au cœur de cette longue traversée de la nuit

des larmes, des mainmises et des humiliations

et quelques rares tanières pour échapper

aux monstres à la gueule béante

qui nous poursuivent sans relâche

 

 

Des traits capables d'extirper l'âme de sa cage

et de la hisser jusqu'aux lisières du ciel

 

 

Laisser notre voix dessiner

un ciel d'encre et de papier

comme une manière maladroite (sans doute)

d'accéder à un autre plus réel et impénétrable

 

 

La danse et le chant plutôt que le sommeil

Les arbres et les mots plutôt que le monde

Et qu'importe la couleur de notre cœur

 

 

Le cœur encagé

à force de refus et d'obscurité

 

 

Le cœur glissant, peu à peu, vers l'infini

 

 

Tous ces mots

Toutes ces vies

emportés par un déferlement de larmes

 

 

Toute une vie d'expériences et de mots

dont le monde se soucie comme d'une guigne

 

 

Un monde obscène

qui ne mérite

ni notre rire ni nos larmes

 

 

Des âmes démunies et divagantes

errant d'histoire en histoire

poussées par les vents du monde

 

17 juillet 2026

Carnet n°327 Entre les mains de l'invisible

Février 2026

Creuser la parole jusqu'au silence

 

 

Veiller et prendre soin

comme si nous étions seul(s) au monde

 

 

Un peu de lumière

éparpillée au milieu des mots

 

 

Aussi près du jour que du rêve

Aussi près de l'arbre que du monde

Mais qui sommes-nous donc ?

 

 

Seul

sur un très ancien chemin

dont on ignore à peu près tout

(et en particulier où il mène)

 

 

Lentement

Si lentement

que nous n'arriverons jamais

Mais qui donc a dit

qu'il fallait se déplacer ?

 

 

A l'ombre de la source

Nous autres, petites marionnettes

 

 

Dieu si densément

au fond de l'âme et de la chair

au fond du cœur et des yeux

 

 

Au cœur de l'obscurité

cette clarté inespérée

 

 

Dans les profondeurs du cœur

tant de blessures et de défaites

qui, un jour, se convertiront en lumière

 

 

Le regard si ample

que tout est vu

Le cœur si large

que le monde n'est plus

qu'un infime point dans l'espace

 

 

Comme les bêtes hurlantes

nous, cherchant un passage

 

 

Dans la main

ce miroir que l'on tourne

tantôt vers soi

tantôt vers ce qui nous fait face

 

 

Il n'est rien qui ne soit déjà là

Une existence et un monde

sans ailleurs ni au-delà

 

 

Rien que ce que nous vivons

Ce qui n'empêche pas (bien sûr)

à tous les possibles d'exister

 

 

Ce perpétuel engagement du cœur

dans nos gestes, nos paroles et nos pas

 

 

Des traces de pas sur notre feuille

et des mots qui traînent sur tous les chemins

 

 

Le cœur plongé dans le geste

Et l'esprit docile qui obéit aux circonstances

 

 

La main sur la pierre

là où nous a amené la vie

Le cœur contre l'arbre

là où l'on doit être

Et le monde au loin

avec lequel on ne converse plus

 

 

Quelques mots et quelques gestes encore

comme si, chaque jour, il (nous) fallait tout recommencer...

 

 

La vie, le monde, la mort

et tous nos pourquoi

nichés au fond du silence

 

 

Au fond du cœur silencieux

là où naissent le geste et la parole justes

 

 

Si proche de l'étoffe du monde

 

 

Et cette force (inépuisable) qui exhorte l'âme

à découvrir ce qui pourrait apaiser

la crainte de vivre et l'angoisse de la mort

 

 

Sous le signe de la simplicité

celui qui a compris l'essentiel

 

 

Peut-être est-ce la nuit qui s'étend ?

Peut-être est-ce la mort qui approche ?

à moins que la lumière ne s'intensifie

à moins que ne s'unissent toutes les forces de vie

 

 

Là où s'attarde la voix

au plus près de nos tremblements

 

 

Ce qu'il faut d'Amour et de lumière

pour que le cœur ose aller vers sa perte

 

 

Jusqu'où faut-il aller

pour exister au cœur de l'absence

et rayonner à travers son effacement ?

 

 

Qui sommes-nous

pour avoir l'air

si seul(s) et si idiot(s) ?

 

 

Depuis le commencement du monde

cette nuit qui s'éternise

(et que si peu parviennent à traverser)

 

 

Et cette aube

au fond de l'âme

qui n'ose se lever

comme si la nuit

était (encore) trop épaisse

 

 

Lorsque la voix se mêle

au chant de l'oiseau

l'encre semble plus claire

et la parole se fait plus légère

 

 

Des pas silencieux

sur ce chemin sans retour

 

 

Sans cause

la joie qui fait goûter l'inespéré

et qui rend obsolètes toutes nos questions

 

 

Le cœur partagé

entre ses propres élans

et les exigences du monde

 

 

Le cœur si bouleversé

par la douleur du monde

 

 

Si lentement

des abysses aux sommets

de l'obscurité vers la lumière

puis dégringolant

et s'assombrissant

en une fraction de seconde

 

 

Comme happé par le mouvement cyclique du monde

 

 

Penché sur la pierre pour observer la danse

(inconsciente et joyeuse) des mortels

 

 

Un escalier invisible

jusqu'au soleil

au-dedans de l'âme

 

 

Ce si peu que nous sommes

combien d'entre nous

l'ont-ils déjà perçu ?

 

 

Il y a si peu d'espace

entre l'infime et l'infini

à peine de quoi y glisser son âme

 

 

Comme l'oiseau

hésitant entre le ciel et son nid

sautillant de branche en branche

pour faire entendre son chant

 

 

Un cœur qui a épuisé

tous les pourquoi

 

 

L'âme de l'Homme si obscure

comme si elle ne pouvait

échapper à la nuit qui l'habite

 

 

Sans rien attendre

Se laissant mener

par le cours des choses

 

 

Si bas

que la brume et le rêve

n'ont plus de prise sur l'âme

 

 

Le cœur hissé à hauteur de ciel

Là où il n'y a plus ni peines, ni plaintes, ni pleurs

 

 

Et si le cœur était trop vaste pour les rêves

Et si la nuit n'était qu'une manière de voyager

Et si nos désirs n'étaient qu'une malhabile manière

d'approcher l'impensable

 

 

Vers cet infranchissable ailleurs

 

 

Le bleu du ciel

Et l'éternelle solitude de l'âme

 

 

Cette lutte et cet abîme

au fond de la prière

 

 

Deux mains jointes

comme un peu de lumière

sur les malheurs et la mort

 

 

Silencieusement et sans histoire

au seuil d'un pays si peu fréquenté

 

 

Quelle parole faudrait-il prononcer

pour ne pas entacher le silence ?

 

 

Souffrant

sans rien comprendre à la douleur

et sans pouvoir y échapper

 

 

Un peu de ciel au fond de l'âme

mélangé à cette affreuse boue noire

 

 

Autour de soi

mille choses étranges

et tant de visages inconnus

Tout un monde que Dieu

a pris la peine de peindre

aux couleurs de la terre

 

 

Le cœur qui cherche l'immuable

en ce monde où tout n'est que perte et adieu

 

 

Ramené sans cesse

sur cette pente

où tout glisse vers la mort

 

 

Et sous nos rêves

empilés en désordre

au fond du cœur

quelque chose du ciel et de la prière

 

 

Entre la pierre et l'étoile

nos yeux un peu perdus

 

 

Tous ces mortels

avides de sable et d'écume

que l'éternité et l'infini indiffèrent

 

 

Sous la même lumière

tous ces mondes

en plus du nôtre

 

 

Au fond de nos yeux

ce souvenir si ancien

où le ciel et le monde

n'étaient pas séparés

 

 

Au-dedans la route

sur laquelle l'âme avance peu à peu

 

 

La douleur posée sur l'épaule

comme une besace

et le vide à combler

 

 

Si triste de voir

l'âme aller seule sur son chemin

 

 

Ici

sans que rien dure jamais

 

 

Aux origines du monde et du temps

Là où il n'y a que le ciel, la pierre et l'enfance

et ce qu'il faut de tendresse et de silence

 

 

Une feuille, un feutre et le cœur assez sensible

pour dessiner les choses de l'âme, de la terre et du ciel

 

 

Il nous faut parfois toucher le fond du rêve

(là où le sommeil est le plus profond)

pour pouvoir remonter à la surface du réel

 

 

Le cœur sans chimère

encore entre les mains du rêve pourtant

 

 

Les mots jetés

comme une poignée de sable

dans le vent

 

 

La terre tachée de sommeil et de sang

frémissante sous la pesanteur des coups

portant sur sa nuque l'âme des morts

et la (terrible) douleur des vivants

 

 

Le cœur des mortels sous un ciel impassible

comme abandonné à un rêve trop lointain

 

 

Pas à pas

vers cette rive qui honore la fraternité des âmes

où rien ne distingue l'essence de l'écume

où tout est habillé de terre et d'infini

 

 

Au pied de l'arbre planté là comme un pieu

le cœur battant sous les feuillages

dictant à la main son universelle parole

 

 

Comme un chemin sur la page

une minuscule sente qui part de l'âme

pour aller Dieu sait où

 

 

Seulement ce que nous offre le jour

Il ne faut guère s'attendre à plus

 

 

Là où tout brûle

jusqu'au feu lui-même

 

 

Ce qu'il manque à la plupart des Hommes ?

Une véritable vocation humaine

 

 

Qu'y a-t-il au fond de notre absence ?

Et s'il y avait une part substantielle du mystère

 

 

Mieux que toute activité ; écrire

et mieux encore ; contempler

 

 

Derrière les apparences

le secret qui fait tenir les choses ensemble

 

 

Derrière les danses fébriles du monde

ce qui se tient immobile et silencieux

 

 

Entre les mains de l'invisible

depuis le premier jour du monde

 

 

Aux mains de l'Absolu

notre chemin, nos prières, notre dévotion

 

 

Ce qui échappe au temps et à la douleur

le cœur éternel et infini

 

 

La lumière noire de la mort

qui accompagne la fin du souffle

et le (mystérieux) passage vers l'au-delà

 

 

Aux lisières du rêve

les pierres et les ombres du temps

et le cœur épris de lumière

 

 

En tous lieux

la force d'aller encore

 

 

A deux doigts de dire

puis se ravisant

pour plonger au cœur du silence

 

 

Écrire

peut-être comme une besogne

sûrement comme une nécessité

et, sans doute même, comme une vocation

 

 

Au milieu des autres

à user son âme pour exister (essayer d'exister)

au lieu de quitter le monde et d'aller vers l'inconnu

 

 

Quelque chose

au milieu des jeux et des ombres

qui fait irruption à la manière d'un soleil

dans un recoin oublié

 

 

Assis à ma table

attendant qu'une âme me rejoigne

qu'un poème s'écrive

que Dieu me fasse un signe de la main

 

 

Le vent

toujours

précipitant la parole

vers le silence

 

 

Quelque chose

au seuil

parfois un peu de lumière

parfois de vieux rêves

qui se moquent bien

de ce que nous désirons

 

 

Au fond du cœur

comme un désir secret

celui de tout perdre

et de disparaître

 

 

Et cette aube

à l'approche de la mort

qui extirpe l'âme

de son obscurité

 

 

Ce qui loge

dans nos tréfonds

de plus en plus léger

et de plus en plus tangible

à mesure que l'on s'approche du secret

 

 

Là où tout se chevauche

la mort et la lumière

le monde et le silence

la joie et le cœur brisé

 

 

Par là où l'on passe

ce qui révèle (bien sûr)

notre manière de voyager

 

 

A la source de soi

quelque chose d'autre

un ailleurs enfoui

dans ses propres profondeurs

 

 

Une joie, un rire

Une fête peut-être

sous la pluie qui chante

devant ces arbres si grands

dont le feuillage danse

au son des gouttes

 

 

A l'écart de la cité des Hommes

Le regard aimanté par le ciel

 

 

Là où s'écrivent les poèmes

si loin de soi quelquefois

 

 

Assis à ma table

devant cette fenêtre

où passent tous les rêves du monde

 

 

Le cœur engagé

entre la pierre et l'absence

 

 

Si proche du seuil

où les yeux se détournent du sommeil

et où le visage n'est plus qu'un large sourire

 

 

Presque un silence

cette parole drapée de réel

à la fois si profondément sombre

et gorgée de toutes les promesses de la lumière

 

 

Plongé au cœur de cette longue veille

où le cœur – un peu fébrile – est à l'affût

et où l'âme tranquille attend en silence

 

 

Notre cœur incompris de mortel

oscillant entre le monde et l'exil

entre la querelle et le chant

ne sachant trop que faire

ne sachant trop où aller

nous guidant avec tant de maladresse

 

 

Au pied de l'arbre

Tout ce bleu oublié

qui sait si bien panser nos blessures

 

 

Si démuni

face au monde et au temps

face à la vie qui coule

entre les doigts

avec au fond de l'âme

cette petite voix

qui aimerait savoir

où l'on va

 

 

Le baiser tardif

mais inexorable

de cette présence (en soi) qui sait

 

 

Vers soi encore

jusqu'à effacer son visage

pour prendre celui de Dieu et du monde

 

Nos vies ?

Mille acrobaties

sur un fil invisible

qui se perd dans l'infini

 

 

Ce qui nous brûle

jusqu'à l'incandescence

 

 

Si près du cœur

ce que l'on murmure

et ce que l'on ne comprend pas encore

 

 

La tête si près des arbres

que le ciel semble tout proche

que la lumière traverse le front

et que le chant se mêle aux frondaisons

 

 

Et cet oiseau

qui loge au fond du cœur

et qui fait chanter la voix

 

 

Si noire cette nuit

que tout semble perdu

 

 

Il y a désormais

au fond de mon âme

un silence qui se fait entendre

 

 

Le cœur (sans doute) mêlé au plus désirable

 

 

Sur ces rives où s'accumulent les chants, les prières et les morts

 

 

Le mystère intact au fond de l'âme et des yeux

 

 

Le cœur au milieu de tant de choses

qu'il semble un peu perdu

 

 

Au fond de l'âme

là où il y a un ciel et un feu

assez d'espace et d'énergie

pour donner aux désirs la force nécessaire

 

 

Le cœur aveuglé

tantôt par la laideur

tantôt par la beauté

 

 

Comme si chaque pas

nous éloignait de la vérité

 

 

Quelque chose écoute

le silence peut-être

 

 

Au fond du cœur suffisamment de soleil

pour sourire au milieu des peines et des soucis

 

 

Des vies faites (essentiellement) de ciel et de sable

 

 

Sur cette rive où tout fait naufrage

où seul Dieu peut nous hisser

au-dessus du monde et de la mort

 

 

Tant de tendresse

dans cette main

éternellement ouverte

 

 

Et si, en soi, quelque chose

pouvait échapper à la mort ?

 

 

Si tourmenté(s) par les affaires du monde

et si peu concerné(s) par les choses de l'âme (et du ciel)

occupé(s) à vivre – paraît-il

 

 

Aux limites de l'Homme

là où le rêve et la nuit

cèdent la place au silence

 

 

Et s'il n'y avait aucun passage au fond de cette nuit ?

 

 

De l'ombre encore

comme le seul portrait possible de l'Homme

 

 

Des amas de mots au fond de l'âme

que l'encre éparpille sur la page

 

 

Sur cette terre sans âme

 

 

Si peu de lumière sur les routes du monde

et rien que la clarté de l'âme pour voyager

 

 

Par là où passent les nuages

voilà (pour nous) le seul chemin

 

 

La chambre posée au fond des bois

au cœur du silence et de la nuit

 

 

L'âme et l'arbre dialoguant en silence

mêlant leurs chants étranges

 

 

Laissant la prière se hisser jusqu'au silence

 

 

Toujours le même sol

sous nos pas si peu assurés

et toujours le même ciel

pour accueillir nos (pauvres) prières

 

 

La porte ouverte

Et l'âme sur le seuil

laissant entrer tous les vents

 

 

Tant de férocité, de crimes et de sang

que la terreur règne partout sur cette terre

 

 

Pas assez de lumière et de silence (en soi)

pour vivre dans l'obscurité et les bruits de ce monde

 

 

La parole hissée au-delà du sens

si près de cet horizon

que ne perçoivent

que quelques Hommes

 

 

Au fond de soi

cette tendresse qui prend des allures

tantôt de ciel

tantôt de main

et qui laisse dans l'âme

des traces de son passage

 

 

Rien qu'un peu de chair et de sang

Rien qu'un peu de souffle et de feu

et une âme qui, de temps en temps, s'interroge

 

 

Derrière soi

quelque chose

Et derrière cette chose

une autre chose encore

et ainsi de suite

 

 

Le cœur

si près du jour

à l'intérieur

 

 

Ce qui s'incline

devant ce que l'on rencontre

cette part (en nous) qui a compris

 

 

Vers la lumière

inexplicablement

 

 

Sous les draps du monde

beaucoup d'indifférence et de haine

et quelques gestes d'amour

 

 

Ce qu'il faut de jour

pour conserver la main ouverte

 

 

Au cœur même du silence

cette profusion de mots

 

 

Le ciel aussi vaste que mon cœur

 

 

Quelquefois

rien ne peut nous sauver de la nuit

 

 

A la pointe de la main

(et au cœur du geste)

tout le ciel nécessaire

et la terre qui défend encore

(si âprement) son territoire

 

 

Comme un soleil

dans cette encre noire

 

 

Insensible(s)

comme si rien ne nous était familier

 

 

D'un monde à l'autre

d'un cœur à l'autre

sans jamais rien atteindre

sans jamais percer le secret

 

 

Des nuages au-dessus de la chambre

Et sur la table la main qui écrit un poème

 

 

Le cœur fracturé à force de ruptures et de trahisons

qui finit par tendre au monde un miroir brisé

 

 

Une voix née des profondeurs de l'âme

qui s'applique à décrire ce qu'elle a traversé

 

 

Figures et âmes tissées dans cette toile

faite de ciel, de sang et de silence

 

 

De proche en proche

comme si tout était frontière

comme si tout était chemin

 

 

Arrachée au silence

cette voix que l'on n'entend pas

 

 

Le jour

tenu entre nos deux mains silencieuses

 

 

N'être plus qu'une absence

pas même un visage

un peu de silence

au milieu du monde

 

 

Une poignée de lumière

jetée sur tous nos soucis

 

 

Nous éloignant peu à peu de la lisière

Nous enfonçant de l'autre côté

Là où il n'y a plus de frontière

 

 

Les mains vides

Et, au fond du cœur, cette présence

 

 

La chambre abandonnée à l'hiver

avec ses figures de glace

et ses reflets givrés

 

 

Sur ce chemin si imprévisible

où, peu à peu, s'intensifie la joie

 

 

Sur cette étrange route

qui ne traverse aucun pays

la foulée égale

qui pousse à épouser le jour

 

 

Rien, en réalité, ne distingue la mort du reste

 

 

Jusqu'au vertige

les tourbillons du monde et du temps

 

 

Si dense

ce qui nous traverse

jusqu'à en avoir le souffle coupé

 

 

A l'origine de l'écart

un besoin de silence et de lumière

quelque chose que ne peut offrir le monde

 

 

Sous le même ciel

les joies et les peines

et ce que rien ne peut épuiser

 

 

Là où le destin nous malmène

 

 

A force de vivre au-dedans

quelque chose du dehors s'en va

une illusion peut-être

 

 

Qu'y a-t-il derrière notre visage ?

Qui nous regarde ?

Qui fait bouger nos mains ?

Et s'il n'y avait personne ?

 

 

Encore du bleu

pour remplacer la parole

Encore du bleu

pour balayer tout ce sable

que nous avons entassé

 

 

Là où se façonne la parole

A peu près n'importe où

pour peu que le cœur sache se faire poreux

pour peu que l'âme sache s'abandonner

 

 

Presque rien

une âme humble

une voix discrète

presque inaudible

qui vont leur chemin

sans bruit

sans se soucier

de l'assentiment des visages

 

 

Comme un passage

entre la tristesse et le sommeil

où se faufilent tous les innocents

et les (rares) rescapés de ce monde

 

 

Interrogeant l'âme inlassablement

pour dénicher un horizon

un peu de lumière

dans cette obscurité ancestrale

 

 

Peine perdue

toutes nos tentatives

sans doute faudrait-il mieux

s'abandonner et se laisser porter...

 

 

Présence et gestes de l'effacement

dans ce foisonnement de vitrines et de miroirs

 

 

Le cœur plongé à la fois

dans les tempêtes du monde et le bleu du ciel

 

 

Du fond de l'enfance

le besoin de jeu et de lumière

et cette voix qui sait si bien

mélanger le silence et le chant

 

 

Vers ce ciel

qu'aucune route ne peut trahir

 

 

Les deux mains jointes

l'une posée sur la pierre

et l'autre déjà en plein ciel

 

 

A la pointe de l'âme

il y a un espace pour l'enfance et la prière

et un grand ciel auquel tout est arrimé

 

 

Rien qu'un regard

au fond de ce trou où tout est jeté

 

 

Là où le silence et la solitude

sont un lieu qui attirent toutes les peines

toutes les prières et tous les pas

 

 

Pierre après pierre

ce que nous construisons

si laborieusement

 

 

Ce qui nous éloigne de l'abandon

le désir d'aller contre le vent

cet étrange chemin d'ambitions

 

 

Et ce rire

devant la nuit qui s'étend

 

 

Tout s'efface sans jamais disparaître

 

 

Notre voix

épelant tous les noms du monde

à l'oreille de personne

 

 

Au-dedans du poème

un ciel, des arbres

des bêtes et des chemins

que l'encre restitue

avec les couleurs de l'âme

 

 

Quelle frontière as-tu franchi

toi qui t'es éloigné du monde ?

 

 

Ce que la voix porte malgré elle

les couleurs de l'âme

les couleurs du monde

et tout ce qui se tient au fond du cœur

 

 

D'une absence à l'autre

reliées on ne sait comment

par un fil qui fait office de chemin

 

 

Si près de l'ombre

que tout nous épuise

que même la lumière

est découragée dans son labeur

 

 

Aux limites du rêve

d'autres rêves

plus anciens encore

qui nous empêchent de franchir

les frontières érigées

par l'esprit de l'Homme

 

 

Comme entravé aux chaînes de la peur

 

 

Le cœur blessé

et nous voilà aspiré violemment

jusqu'au fond de l'entaille

 

 

Prisonnier de tous les élans

au fond de notre cage

 

 

Sur cette sente

où le voyage a la couleur des larmes

 

 

Là où tout bataille, où tout boitille

où tout semble si branlant et bancal

 

 

Malgré toutes ces traces de monde

tatouées sur la peau

les yeux fermés

manière maladroite (bien sûr)

d'oublier le triste destin de l'Homme

 

 

Pas si loin du reste

notre âme et notre voix

séparées peut-être par

ce qu'il faut d'espace pour un baiser

 

 

Le cœur hivernal offrant son rire aux corneilles et au vent

dessinant une lumière pour éclairer le ciel blanc

et faire sortir de son terrier ce qui habite nos tréfonds

 

 

Posé là où il n'y a plus rien à prendre et à donner

dans cet interstice où le vide et le rien

deviennent le seul chemin

 

 

Chaque jour

sur ce petit sentier

qui mène au-delà de la chambre

au-delà de la feuille et du poème

quelque part où Dieu se promène sur la pierre

 

 

Là où tout se mêle

le cœur et le rêve

le ciel et les mains bleuies par le froid

 

 

Parce que tout nous blesse et nous dépèce

il faut nous éloigner des bouches et des mains

qui, en ce monde, ne servent qu'à apaiser la faim

 

 

Comme rivées au rêve

ces paroles nocturnes

qui obligent l'esprit

à se soumettre

au règne de l'obscurité

 

 

Tout tourne autour du songe

même les poèmes et les paroles sages

même le silence et les syllabes sacrées

 

 

Que restera-t-il de ce long témoignage ?

Quelques paroles peut-être

La petite musique des mots

ou nos deux mains jointes en silence

ou ce que le cœur aura déposé entre les lignes

à moins, bien sûr, que tout ne tombe dans l'oubli

 

 

Jour de diète

où les choses de la terre ne sont pas fréquentées

où même le ciel se fait lointain

où tout passe par le silence et la prière

 

 

A petits traits

ce que dessine la lumière

sur notre visage

 

 

La douleur du monde sur l'épaule

et cette joie au fond de l'âme

affranchie de toutes nos mésaventures

 

 

Notre dérisoire et grandiose ambition de vivre

 

 

Là où tout s'étiole

dans ce dehors qui nous échappe

qui n'existe pas peut-être

 

 

Des mots façonnés par la douleur

alors que d'autres sont sculptés dans la joie

ainsi se fabrique le poème

dans ce dialogue (permanent)

entre le noir et la lumière

 

 

Sans jamais s'établir

parfois habité

parfois déserté

cherchant encore le lieu où être

 

 

Écrire

comme pour échapper à la nuit du monde

et au gouffre de l'âme

 

 

Sur cette pierre

où le ciel est gravé

comme un drapeau invisible

qui flotte au vent

pour rappeler aux yeux qui cherchent

la prépondérance de ce qui ne se voit pas

 

 

Enchevêtrés

le ciel et la pierre

la vie et la mort

le silence et le poème

sur nos lèvres

qui se vouent à la vérité

 

 

Comme une halte

au cœur de cette nuit

où tout a le visage de la mort

 

 

De plus en plus sauvage

à mesure que le silence s'approfondit

 

 

Démesurée l'écume du monde

comme si dans nos vies

il n'y avait de place pour l'Absolu

 

Ce qui scintille

dans l’œil de celui qui voit

 

 

Aller encore

comme la feuille poussée par le vent

comme le sang pulsé par le cœur

sans rien connaître du trajet

mais devinant peut-être où la route s'arrête

 

 

Les mots

aujourd'hui peut-être

la seule certitude

Le reste n'est que désordre,

confusion et tâtonnement

 

 

La vie ?

Mille petites choses que l'on ignore

et mille grandes choses que l'on ne voit pas

et qui (parfois) se révèlent au fil des pas

 

 

Ce qui se dit ou rien

la même chose en réalité

pour celui qui voit le monde

au-delà des images et des mots

 

 

Dire toujours

comme si le langage était un chemin

mais comment ignorer qu'aucune parole

ne mène à la vérité

 

 

Jour de fête

ce que reflète la prunelle

scintillant

sautillant

aux portes du plus lointain

 

 

Du bleu encore

qui colore l'âme et les gestes

de ceux dont le cœur est habité

et qui roule au fond des yeux

et qui roule aussi sous les doigts

pour s'offrir à ceux qui les côtoient

 

 

Sans compter les heures

l'œil ouvert

aux marges du temps

là où le monde cesse d'être un rêve

 

 

Au cœur de l'obscurité

la danse des yeux fermés

 

 

Qu'importe ce que tient la main

et ce que saisit l'esprit

pour celui qui est affranchi

de ce que l'on peut acquérir et comprendre

laissant tous les rêves s'effilocher

laissant le monde et l'âme s'entremêler

au cœur d'une perspective où plus rien n'encombre

 

 

Le cœur rangé avec le reste

comme s'il était une chose du monde

(aussi anodine que les autres)

 

 

Sans rien deviner

quelque chose est là

qui nous interroge

et qui se pose la question

de l'importance des visages et des noms

 

 

Des traces de ciel

un peu partout

jusque dans nos empreintes de pas

 

 

Qu'est-ce que le réel ?

Et quel est le meilleur moyen d'en témoigner ?

 

 

Par cet autre chemin

qui passe par l'invisible et le silence

pour aller Dieu sait où

 

 

Au cœur des mots

le monde et l'âme de celui qui écrit

portés par toutes les possibilités du langage

 

 

Le cœur infatigable

tout à sa besogne et à son étreinte

 

 

Allant si aveuglément

sur cette route sans étoile

 

 

Rêvant encore de ces yeux affranchis

 

 

Adossé aux rêves du monde

un chant d'automne

qui célèbre le silence et le sang

et qui cherche à répondre

à toutes les questions de l'Homme

 

 

Devant soi

un monde invisible

et assez de lumière

pour reconnaître l'étrange territoire

qui entoure l'infini

 

 

Au fond de l'âme

le monde

mille pensées

le cœur couronné

et ce qui traverse le poème

 

 

Assez d'âme et de tendresse

pour voyager

sans ami ni compagnon

 

 

Nous rapprochant

inexorablement du mystère

 

 

Un passage sans doute

aux abords de ce que l'on écrit

peut-être une passerelle

vers un ailleurs plus désirable

 

 

La voix posée

au-dedans des mots

et l'oreille attentive

pour écouter la place

laissée au silence

 

 

Loin de tous les lieux fréquentés

cet îlot de solitude et de vérité

 

 

Ce qu'il faut abandonner

ce qu'il faut éprouver

ce qu'il faut franchir

et ce qu'il faut conserver

pour apprendre à être un Homme

 

 

Si peu de ciel

et tant de désirs et de mort

en ce monde si avide d'autrement

 

 

La liberté d'aller au-delà des cercles

de hisser le chant jusqu'à la plus haute douleur

de favoriser le silence et la vérité

de ne pas faillir à son destin d'Homme

 

 

A travers nos mains

peut-être le plus terrible

 

 

Rejoindre ce qui en nous

se cantonne au rôle de témoin

 

 

L'épée et la cendre

célébrées depuis toujours

par le cœur humain

 

 

Le souffle de plus en plus vertical

à mesure que l'on explore ses profondeurs

 

 

Agenouillé

au milieu des rêves

les mains jointes

dressées comme une flèche

vers le ciel

 

 

Et si rien n'était vrai

ni la vie, ni la mort, ni le monde

ni les reflets du miroir

seulement le rêve

d'un esprit endormi

 

 

En soi

la géographie de l'âme

avec tous ses territoires

ses gouffres, ses failles, ses péninsules

ses Everest et ses terres inconnues

 

 

Parler encore

comme si les mots parvenaient à dire

comme si les mots pouvaient suffire

 

 

Contre la nuit du dehors

une absence

et au-dedans de soi

une plus grande obscurité encore

 

 

Le corps en bandoulière

secoué par la course de l'âme

qui cherche à attraper un peu de ciel

 

 

Sur cette pente étrange

où rien ne peut être saisi

où rien ne peut être bâti

si près du vide que tout semble

indéfinissable et incertain

 

 

Rien en dehors du ciel et de la mort

sinon notre ignorance, notre incompréhension et notre peine

 

 

Tout ce labeur dont il ne sortira peut-être rien...

 

 

Ce qui résonne

au fond du cœur

peut-être l'âme

peut-être le monde

peut-être l'essence de l'Homme

qui peut savoir

 

 

Paroles qui donnent à voir

tous nos paysages intérieurs

 

 

Au fond des yeux

des larmes et des bouts de poèmes

 

 

Plus attaché à l'écoute

qu'à la mort et au recommencement

 

 

Ce que la nuit avale

et ce que le jour restitue

 

 

Une corde

au bout de laquelle pendent

l'esprit qui pense et l'âme qui danse

 

 

La marque des ignorants

collée sur le front

et celle de ceux qui aimeraient savoir

logée au fond de l'esprit

 

 

Le cœur impitoyable des Hommes

 

 

L'ombre des mots

sur la page

en plus de nos larmes

 

 

Le cœur suspendu au ciel

se balançant au-dessus des fleurs et des étoiles

 

 

Des bouts d'âme inexplorés

entre l’œil et le regard

 

 

Entre la chambre et le lointain

un fil sur lequel marcher

et un peu de vent pour nous pousser

 

 

Quelque chose de posé

sous la peur

une menace

le visage de la mort peut-être

et qui nous inquiète bien plus que de raison

 

 

Au cœur du silence

là où il n'y a plus de frontière

entre l'âme et le monde

entre l'écoute et la parole

 

 

Sous un ciel de rencontre

qui éclipse tous les rêves

 

 

Ce qu'il faut de vent

pour assurer assez de liberté au langage

 

 

Au milieu des fleurs

là où la parole devient une absence

la possibilité d'une prière

qui ressemblerait à une caresse

 

 

Impassible face à l'ensorcellement des esprits de ce monde

Comme un ciel au-dessus des remous de la terre

 

 

Du haut de la mort

le chant encore

fidèle à ce qui danse

sur la terre

 

 

Par-delà l'abîme

un passage qui traverse le monde

et longe le silence

comme une échappée vers la lumière

 

 

Sur cette route qui mène

vers le plus brûlant

 

Allongé sous les feuillages

au milieu du ciel déjà

 

 

Aux lisières du temps

là où la prière s'accroche aux anneaux du ciel

là où les lèvres susurrent (amoureusement) leurs paroles

là où les frontières et les lois du monde s'effacent

là où l'âme devient la croisée de tous les chemins

 

 

La parole

comme un bruit de pas dans la neige

l'écho à peine audible d'un murmure

susurré à l'oreille des Dieux

 

 

Demeurer là

dans l'intention du poème

comme au commencement du monde

 

 

Laisser l'encre refléter l'éclat de la lumière

 

 

Au-dessus d'un chemin

qui est, peut-être, un visage

une manière de tenir entre ses mains

le poids palpable de la prière

 

 

Comme un manque

au-dedans de l'écriture

et un élan aussi vers l'Absolu

 

 

En dessous du bleu

cette tristesse de ne pouvoir être ensemble

 

 

La tête silencieuse

penchée sur la pierre

 

 

Entre le cœur noir et la lumière

des visages et des âmes

qui cherchent à tâtons

 

 

Comme un passage

là où l'instant disparaît

 

 

Happé par ce tourbillon de pensées et d'émotions

comme si on s'éloignait, peu à peu, du plus intime

 

 

Une parole livrée

à ce qui, en nous, parvient à deviner

 

 

Sous nos yeux

ce qui est dépourvu de Dieu

l'enfance aveugle du monde

 

 

Au-dedans de cette parole

l'hospitalité et le vent nécessaires

 

 

Au fond de notre souffle

ce qui paraît inébranlable

 

 

Alourdi(s) par les pierres

qui logent au fond de notre cœur

 

 

Jusqu'au miracle parfois

les recommencements

 

 

Ce qui apparaît (parfois)

au fil des images et des mots

un peu de lumière

un peu de vérité

 

 

Dire ce qui brûle

Comme un soleil

au fond de l'âme

 

 

Nous détachant peu à peu du rêve

pour plonger l'âme et les mains dans le réel

 

 

Ce qui se bâtit dans la parole

à la fois une liberté et une résistance

 

 

Je rêverais d'un abri

qui soit aussi un tremplin

une sorte de promontoire

qui permettrait à l'âme

de plonger (sans crainte)

au cœur de la vie

 

 

Un peu moins que rien

ce qu'il restera de nos vies

 

 

L'âme soucieuse de son voyage au-delà de la mort

emmagasinant tout ce que l'existence terrestre lui aura appris

 

 

Quelque chose dans notre voix

Ce que le monde ne pourra soustraire

 

 

Peu à peu

comme un retour vers la maison natale

en ce lieu où tout a commencé ;

la vie, la mort, le monde, le temps

et tous nos (pauvres) questionnements

 

 

Sur la pierre

là où s'est installée

la cacophonie des règnes

là où le rêve a pris le pas

sur le réel et le poème

 

 

Dans l'intimité de la peur et de la peine

paumes jointes pourtant

mais parfaitement inopérantes

révélant (aujourd'hui)

le peu de poids de la prière

 

 

A exercer son rude métier d'Homme

au milieu des larmes et du sang

au milieu de l'espérance et des prières

au milieu des malheurs et de la misère

 

 

La main posée sur l'arbre et la pierre

laissant, peu à peu, les heures dériver vers le ciel

 

 

Ce qui vient après la nuit

peut-être la mort, peut-être la joie

peut-être le ciel, peut-être l'ennui

 

 

Une parole qui essaie de ne révéler

que les vérités de l'âme et du monde