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LES CARNETS METAPHYSIQUES & SPIRITUELS

A PROPOS

La quête de sens
Le passage vers l’impersonnel
L’exploration de l’être

L’intégration à la présence


 

CARNETS PUBLIES

L'expérience du monde 
Récit (1997-1999)

Solitudes 
Récit (2001)

Le petit chercheur Livre 1  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 2  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 3  
Conte (2004)

Quêteur de sens  
Essai anthologique (2005)

Traversée commune  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 1  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 2  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 3  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 4  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 5  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 6  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 7  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 8  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 9  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 10  
Livre expérimental (2007)

Tourbillon(s) 
Journal & récit (2008-2013)

Le goût d'autre chose 
Journal (2013-2016)

Un homme simple et sage 
Récit (2014)

Une âme sensible Vol 1  
Journal (2016-2019)

Une âme sensible Vol 2 
Journal (2016-2019)

Entre le rêve, le monde... Vol 1  
Journal (2019-2020)

Entre le rêve, le monde... Vol 2  
Journal (2019-2020)

Quelque chose du sang...  
Journal (2020-2021)

En plein cœur Vol 1 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 2 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 3 
Journal (2021-2022)

Si près de nos lèvres... Vol 1 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 2 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 3 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 4 
Journal (2022-2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 1 
Récit (2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 2  
Récit (2023)

Une destinée sans certitude Vol 1 
Journal (2023-2024)

Une destinée sans certitude Vol 2 
Journal (2023-2024)

Entre Dieu et la pierre Vol 1
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 2
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 3
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 4
Journal (2024-2025)

Quelques jours... Vol 1  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 2  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 3  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 4  
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 1
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 2
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 2 partie 1
Journal (2025-2026)

En son for intérieur Vol 2 partie 2
Journal (2025-2026)

 

CARNETS BRUTS

Carnet n°1
L’innocence bafouée

Récit / 1997 / La quête de sens

Carnet n°2
Le naïf

Fiction / 1998 / La quête de sens

Carnet n°3
Une traversée du monde

Journal / 1999 / La quête de sens

Carnet n°4
Le marionnettiste

Fiction / 2000 / La quête de sens

Carnet n°5
Un Robinson moderne

Récit / 2001 / La quête de sens

Carnet n°6
Une chienne de vie

Fiction jeunesse / 2002/ Hors catégorie

Carnet n°7
Pensées vagabondes

Recueil / 2003 / La quête de sens

Carnet n°8
Le voyage clandestin

Récit jeunesse / 2004 / Hors catégorie

Carnet n°9
Le petit chercheur Livre 1

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°10
Le petit chercheur Livre 2

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°11 
Le petit chercheur Livre 3

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°12
Autoportrait aux visages

Récit / 2005 / La quête de sens

Carnet n°13
Quêteur de sens

Recueil / 2005 / La quête de sens

Carnet n°14
Enchaînements

Récit / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°15
Regards croisés

Pensées et photographies / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°16
Traversée commune Intro

Livre expérimental / 2007 / La quête de sens

Carnet n°17
Traversée commune Livre 1

Récit / 2007 / La quête de sens

Carnet n°18
Traversée commune Livre 2

Fiction / 2007/ La quête de sens

Carnet n°19
Traversée commune Livre 3

Récit & fiction / 2007 / La quête de sens

Carnet n°20
Traversée commune Livre 4

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°21
Traversée commune Livre 5

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°22
Traversée commune Livre 6

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°23
Traversée commune Livre 7

Poésie / 2007 / La quête de sens

Carnet n°24
Traversée commune Livre 8

Pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°25
Traversée commune Livre 9

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°26
Traversée commune Livre 10

Guides & synthèse / 2007 / La quête de sens

Carnet n°27
Au seuil de la mi-saison

Journal / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°28
L'Homme-pagaille

Récit / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°29
Saisons souterraines

Journal poétique / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°30
Au terme de l'exil provisoire

Journal / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°31
Fouille hagarde

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°32
A la croisée des nuits

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°33
Les ailes du monde si lourdes

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°34
Pilori

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°35
Ecorce blanche

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°36
Ascèse du vide

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°37
Journal de rupture

Journal / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°38
Elle et moi – poésies pour elle

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°39
Préliminaires et prémices

Journal / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°40
Sous la cognée du vent

Journal poétique / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°41
Empreintes – corps écrits

Poésie et peintures / 2010 / Hors catégorie

Carnet n°42
Entre la lumière

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°43
Au seuil de l'azur

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°44
Une parole brute

Journal poétique / 2012 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°45
Chemin(s)

Recueil / 2013 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°46
L'être et le rien

Journal / 2013 / L’exploration de l’être

Carnet n°47
Simplement

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°48
Notes du haut et du bas

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°49
Un homme simple et sage

Récit / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°50
Quelques mots

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°51
Journal fragmenté

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°52
Réflexions et confidences

Journal / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°53
Le grand saladier

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°54
Ô mon âme

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°55
Le ciel nu

Recueil / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°56
L'infini en soi 

Recueil / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°57
L'office naturel

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°58
Le nuage, l’arbre et le silence

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°59
Entre nous

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°60
La conscience et l'Existant

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°61
La conscience et l'Existant Intro

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°62
La conscience et l'Existant 1 à 5

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°63
La conscience et l'Existant 6

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°64
La conscience et l'Existant 6 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°65
La conscience et l'Existant 6 (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°66
La conscience et l'Existant 7

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°67
La conscience et l'Existant 7 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°68
La conscience et l'Existant 8 et 9

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°69
La conscience et l'Existant (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°70
Notes sensibles

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°71
Notes du ciel et de la terre

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°72
Fulminations et anecdotes...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°73
L'azur et l'horizon

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°74
Paroles pour soi

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°75
Pensées sur soi, le regard...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°76
Hommes, anges et démons

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°77
La sente étroite...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°78
Le fou des collines...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°79
Intimités et réflexions...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°80
Le gris de l'âme derrière la joie

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°81
Pensées et réflexions pour soi

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°82
La peur du silence

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°83
Des bruits aux oreilles sages

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°84
Un timide retour au monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°85
Passagers du monde...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°86
Au plus proche du silence

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°87
Être en ce monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°88
L'homme-regard

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°89
Passant éphémère

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°90
Sur le chemin des jours

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°91
Dans le sillon des feuilles mortes

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°92
La joie et la lumière

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°93
Inclinaisons et épanchements...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°94
Bribes de portrait(s)...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°95
Petites choses

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°96
La lumière, l’infini, le silence...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°97
Penchants et résidus naturels...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°98
La poésie, la joie, la tristesse...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°99
Le soleil se moque bien...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°100
Si proche du paradis

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°101
Il n’y a de hasardeux chemin

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°102
La fragilité des fleurs

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°103
Visage(s)

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°104
Le monde, le poète et l’animal

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°105
Petit état des lieux de l’être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°106
Lumière, visages et tressaillements

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°107
La lumière encore...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°108
Sur la terre, le soleil déjà

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°109
Et la parole, aussi, est douce...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°110
Une parole, un silence...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°111
Le silence, la parole...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°112
Une vérité, un songe peut-être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°113
Silence et causeries

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°114
Un peu de vie, un peu de monde...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°115
Encore un peu de désespérance

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°116
La tâche du monde, du sage...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°117
Dire ce que nous sommes...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°118
Ce que nous sommes – encore...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°119
Entre les étoiles et la lumière

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°120
Joies et tristesses verticales

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°121
Du bruit, des âmes et du silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°122
Encore un peu de tout...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°123
L’amour et les ténèbres

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°124
Le feu, la cendre et l’infortune

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°125
Le tragique des jours et le silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°126
Mille fois déjà peut-être...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°127
L’âme, les pierres, la chair...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°128
De l’or dans la boue

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°129
Quelques jours et l’éternité

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°130
Vivant comme si...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°131
La tristesse et la mort

Récit / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°132
Ce feu au fond de l’âme

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°133
Visage(s) commun(s)

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°134
Au bord de l'impersonnel

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°135
Aux portes de la nuit et du silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°136
Entre le rêve et l'absence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°137
Nous autres, hier et aujourd'hui

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°138
Parenthèse, le temps d'un retour...

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°139 
Au loin, je vois les hommes...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°140
L'étrange labeur de l'âme

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°141
Aux fenêtres de l'âme

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°142
L'âme du monde

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°143
Le temps, le monde, le silence...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°144
Obstination(s)

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°145
L'âme, la prière et le silence

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°146
Envolées

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°147
Au fond

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°148
Le réel et l'éphémère

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°149
Destin et illusion

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°150
L'époque, les siècles et l'atemporel

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°151
En somme...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°152
Passage(s)

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°153
Ici, ailleurs, partout

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°154
A quoi bon...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°155
Ce qui demeure dans le pas

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°156
L'autre vie, en nous, si fragile

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°157
La beauté, le silence, le plus simple...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°158
Et, aujourd'hui, tout revient encore...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°159
Tout - de l'autre côté

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°160
Au milieu du monde...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°161
Sourire en silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°162
Nous et les autres - encore

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°163
L'illusion, l'invisible et l'infranchissable

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°164
Le monde et le poète - peut-être...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°165
Rejoindre

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°166
A regarder le monde

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°167
Alternance et continuité

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°168
Fragments ordinaires

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°169
Reliquats et éclaboussures

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°170
Sur le plus lointain versant...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°171
Au-dehors comme au-dedans

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°172
Matière d'éveil - matière du monde

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°173
Lignes de démarcation

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°174
Jeux d'incomplétude

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°175
Exprimer l'impossible

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°176
De larmes, d'enfance et de fleurs

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°177
Coeur blessé, coeur ouvert, coeur vivant

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°178
Cercles superposés

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°179
Tournants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°180
Le jeu des Dieux et des vivants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°181
Routes, élans et pénétrations

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°182
Elans et miracle

Journal poétique / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°183
D'un temps à l'autre

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°184
Quelque part au-dessus du néant...

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°185
Toujours - quelque chose du monde

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°186
Aube et horizon

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°187
L'épaisseur de la trame

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°188
Dans le même creuset

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°189
Notes journalières

Carnet n°190
Notes de la vacuité

Carnet n°191
Notes journalières

Carnet n°192
Notes de la vacuité

Carnet n°193
Notes journalières

Carnet n°194
Notes de la vacuité

Carnet n°195
Notes journalières

Carnet n°196
Notes de la vacuité

Carnet n°197
Notes journalières

Carnet n°198
Notes de la vacuité

Carnet n°199
Notes journalières

Carnet n°200
Notes de la vacuité

Carnet n°201
Notes journalières

Carnet n°202
Notes de la route

Carnet n°203
Notes journalières

Carnet n°204
Notes de voyage

Carnet n°205
Notes journalières

Carnet n°206
Notes du monde

Carnet n°207
Notes journalières

Carnet n°208
Notes sans titre

Carnet n°209
Notes journalières

Carnet n°210
Notes sans titre

Carnet n°211
Notes journalières

Carnet n°212
Notes sans titre

Carnet n°213
Notes journalières

Carnet n°214
Notes sans titre

Carnet n°215
Notes journalières

Carnet n°216
Notes sans titre

Carnet n°217
Notes journalières

Carnet n°218
Notes sans titre

Carnet n°219
Notes journalières

Carnet n°220
Notes sans titre

Carnet n°221
Notes journalières

Carnet n°222
Notes sans titre

Carnet n°223
Notes journalières

Carnet n°224
Notes sans titre

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1 décembre 2017

Carnet n°48 Notes du haut et du bas

Journal poétique / 2014 / L'exploration de l'être

Assis sur la terrasse de pierres, le monde devant mes yeux offre comme un jardin d’Eden ses spectacles et sa beauté. Je me tiens tranquille sur la colline. Nul ne me voit. Mais je vois partout les yeux s’agiter. Comme si nul ne savait où se niche le regard…

 

 

La vie (nue) ne s’encombre d’aucun folklore. Elle (se) défait de tous les décors. Jusqu’à nos plus infimes vêtures et nos plus anodins rituels.

 

 

Le réveil des heures creuses où l’âme s’agite dans son puits…

 

 

Le monde comme une fleur délicate. Aussi enivrant que le vin. Aussi aiguisé qu’un couteau. Qui ne veut mourir de notre indifférence. Il exige que l’on s’agenouille à ses pieds. Mais l’on s’y refuse. On l’invite simplement à s’éveiller à la lumière.

 

 

La malheureuse patrie des hommes où l’on encense les soldats et les médailles. Et où l’on méprise la fragilité et l’innocence. Triste monde qui célèbre le sabre et piétine le brin d’herbe !

 

 

Le temps ne se compte en jours. Il se décompte en heures que nous n’aurons pas vécues…

 

 

Les jours se tiennent tranquilles dans les yeux innocents. Ils n’éperonnent la chair que dans notre prétention.

 

 

Le malheur tient à peu de mots : refus et exigences.

 

 

De l’autre côté de la rivière, la montagne. Massive et souveraine. A ses pieds, le monde s’affaire, insoucieux de sa présence. Comme si les hommes ne pouvaient vivre que dans la plaine…

 

 

L’âme contemplative est plus proche de la vérité que nos pas fébriles. Et nos mains agitées.

 

 

Que peut l’œil face au ciel infini ? S’y perdre est la seule issue.

 

 

Je m’installe à la fenêtre des jours. L’âme tranquille. Devant mes yeux, la nature et le monde vaquent à leurs affaires dans une tapageuse effervescence. On les devine impatients d’en venir à bout. La nuit semble être leur seul repos.

 

 

Le vide appelle au simple et à l’épure. Et nos agitations compliquent et obstruent. Prolongent nos chemins sinueux. Condamnent le passage de la présence lumineuse.

 

 

On aime les cœurs qui nous égaient ou nous reposent. Et nous tournons le dos aux âmes grises et plaintives. Mais chacun n’a-t-il pas besoin de sollicitude et de solitude pour s’éveiller à la grâce ?

 

 

Laisser le cœur se défaire de toutes exigences. Voilà la seule condition pour qu’il brille jusque dans la nuit la plus profonde.

 

 

Le crépuscule s’éteint devant la porte. Mais l’aube sans âge ne s’efface pas dans la nuit.

 

 

Le besoin éternel des saisons et la transparence du ciel. Voilà résumé en quelques mots tout l’univers !

 

 

Les saisons se ruent sur nos âmes en quête de paix et de lumière. Et dans nos jardins poussent les arbres, dansent les herbes. Et à nos portes, le cirque offre tous ses spectacles.

 

 

Le regard poétique s’émeut de toutes choses. Des êtres, des livres, du monde. De tous ces riens qui voudraient nous faire croire à leur importance…

 

 

L’humble présence s’éprend de toutes choses. Comme si elles étaient siennes et si étrangères à sa paix.

 

 

Pour les myriades d’enfants sages, le ciel ne sera jamais que dans les livres. Pour les rebelles à tout apprentissage, à toute transmission, il pourra naître dans leurs yeux avides de liberté et d’infini lorsque sur leur chemin, ils se retrouveront seuls et démunis face au grand mystère.

 

 

Dans nos yeux fugaces, nos errances. Et au bout du chemin, la présence qui pénètre le regard.

 

 

La fête est une triste consolation pour les âmes ignorantes et frivoles. Si elles savaient seulement que le silence est la plus grandiose des célébrations…

 

 

L’heure ne s’achève que dans la présence.

 

 

Quand l’ère tourne à la furie urbaine et technologique, l’heure pour le sage devient plus que jamais rustique et champêtre. Toujours plus simple et dépouillée d’artifices.

 

 

Les jours vides sont une invitation à l’oubli du monde. Au dépeuplement de l’espace. A l’éradication des chimères. Comme une exhortation à pousser la porte qui ouvre sur l’infini.

 

 

Avide d’espace et de solitude. De liberté et d’Absolu. Puis vient le jour où le monde n’est plus considéré comme un obstacle ni une entrave. Les limites de l’univers relatif sont acceptées. Et transcendées. On se tourne spontanément vers ce qui est naturel sans s’imaginer qu’il représente le terrain propice à sa pleine réalisation. Les choses sont ce qu’elles sont. Elles ne gênent ni ne perturbent. Elles suivent simplement leur cours dans notre regard tranquille.

 

 

Le monde se dessine sous ma plume. Les saisons abritent mes yeux sages. L’heure devient céleste.

 

 

Les jours sombres se reposent à l’abri de la mémoire. Qui étais-je ? Aujourd’hui, je m’éloigne de l’ombre qui autrefois voulait m’enserrer. A mes trousses, le vide m’a rejoint. Et à présent, nous allons ensemble (et en paix) sur la route transparente et les chemins sans visage.

 

 

Le temps qui s’acharnait a-t-il volé en éclats ? Où sont donc passées les heures que je posais devant moi ?

 

 

Sur le mont démuni je me tiens, grelottant de froid et de solitude. Mes yeux sont devant moi. Dans la terre je frissonne, les ailes repliées. Déplumées par le vent. Je ne sais que faire. Je reste assis au bord de moi-même. Dans la brume de mes rêves. Je me suis perdu. Je croyais être arrivé au lieu sans pareil. Mais mon regard m’a surpris hébété sous la pluie. Je me suis égaré sur le chemin que je croyais achevé. Où ai-je donc posé mes pas ? Et pourquoi dans le ciel les nuages me sourient ? Je m’ennuie ferme sur la terre. Le monde a scellé mon exil. Nulle part est mon origine et ma destination. Et j’ai perdu la route qui m’y menait. A présent où pourrais-je bien m’égarer ? Je n’avance qu’en moi-même. Et j’ai perdu la trace qui m’y menait. Les pas se suivent sans fin sur le cercle étroit qui m’entoure. Je n’avance qu’à reculons vers le gouffre qu’est mon centre. Je marche au bord du cercle qui m’enserre. Quand y tomberais-je ? L’horloge s’est enfoui sous la crasse accumulée depuis des siècles. Et je ne sais que faire du temps. Où est donc passée l’heure nouvelle ? Je suis sans ressource face à l’indigence. Et la monnaie n’est d’aucun secours. Les jours et les poches sont aussi vides que le ciel. Et mon regard penche davantage vers l’absence qu’en lui-même. On aimerait parfois habiter un autre songe. Mais tous les rêves sont nos tombeaux. 

 

 

Tiens-toi à la source. Et la vie sera fraîche. Tu contempleras le cours sinueux des rivières. Leur folle agitation jusqu’à l’estuaire et les terres marécageuses avant le grand plongeon dans l’océan.

 

 

Je baigne dans l’infini du ciel. Et l’eau des rivières m’emporte.

 

 

Assieds-toi à la source. Et laisse les rivières s’écouler.

 

 

Les murs sont lisses derrière les barricades. Et les assaillants ont déserté la place. La révolution a-t-elle eu lieu ?

 

 

Que la maison soit en ordre ou pas, que tu ailles ici ou là, que tes actes aboutissent ou pas, tout cela n’a d’importance que pour ton esprit. Et disons même que ton existence (que tu existes ou n’existes pas) n’a strictement aucune importance à l’échelle de l’univers. Quant à la présence, elle n’est guère concernée par ce qui se passe… elle éclaire simplement ce qui se déroule en elle… mais tout ce qui existe est précieux et mérite, à ce titre, toute notre attention et notre bienveillance…

 

 

La plupart de nos actes ne sont en réalité que des gesticulations pour donner consistance au personnage auquel nous nous identifions, à cette entité que nous croyons être…

 

 

L’exil se répand sur les jours. Et me voilà condamné à errer vers le centre. Serais-je donc au milieu du ciel ? En bas, je vois les hommes qui s’agitent. Et en haut, les nuages qui passent. Serais-je donc en ce lieu qui, dans mes rêves, contentait ma faim ? Les rebords du monde se sont repliés sur mes yeux fatigués. Les chemins se sont effacés. Où irai-je donc quand le vent aura cessé ? Serai-je toujours vivant pour voir mes pas parcourir la terre ? Et le ciel aura-t-il rempli mon regard ? Irai-je le visage éclairé de son ardeur ? Je l’ignore. Je me contenterais d’un ilot. D’une infime parcelle où le corps usé, j’attendrais que m’enserrent les bras de l’infini. A côté du monde je me tiendrai, lui offrant une main humble et secourable pour le hisser jusqu’au lieu qu’il cherche. Mais peut-être le vent m’emportera-t-il ailleurs ? Peut-être me détournera-t-il de ces terres familières pour me conduire en des contrées moins hospitalières où je ne reconnaîtrai pas les miens… le vent sera ma seule force. Et si le ciel est habité, il n’y a lieu de s’inquiéter des moissons et des récoltes, du modeste édifice que nous avons érigé à la célébration du chemin qui mène à l’anéantissement du monde pour répondre à la gloire éternelle du rien et au sacre du royaume auquel on ne peut échapper…

 

 

Il n’y a de refuge qu’en soi-même. Dans cette tranquillité au-delà du mental. La vie phénoménale n’est que violence et hostilité. La société humaine a beau essayer d’en adoucir les formes et d’en atténuer les effets, la matière (les corps et les psychismes) est soumise à rude épreuve. Le monde reste une jungle où seule règne la loi de la puissance et de la destruction.

 

 

Assis sur la terrasse de pierres, le monde devant mes yeux offre comme un jardin d’Eden ses spectacles et sa beauté. Je me tiens tranquille sur la colline. Nul ne me voit. Mais je vois partout les yeux s’agiter. Comme si nul ne savait où se niche le regard…

 

 

Ô amis humains, où avez-vous mis vos yeux pour marcher avec tant d’aveuglement ? Si vous saviez comme le regard respecte l’Existant, vous auriez sans doute honte de tant de dévastation…

 

 

Sur la montagne solitaire, l’heure n’est jamais mortifère. Qu’elle soit vide ou pleine, on la regarde passer comme les nuages.

 

 

Le regard des sommets jamais ne blâme les yeux des plaines. Immense commisération pour toutes les prunelles.

 

 

J’aime me laisser caresser par les yeux des arbres, les yeux des herbes, les yeux des rochers, les yeux du vent… et le regard du ciel que j’habite.

 

 

Que jaillisse spontanément la parole nue qui exprimerait avec justesse la présence silencieuse. Voilà ma seule ambition poétique !

 

 

La simplicité et le dépouillement sont le reflet manifeste de la présence comme la complexité, le foisonnement et la diversité sont l’expression du vivant (et accessoirement du mental).

 

 

La silhouette dépouillée et le pas simple empruntent l’unique chemin à travers les décors somptueux et foisonnants du monde.

 

 

Je m’enivre du parfum des fleurs. Et des saisons éphémères. La solitude s’habite en silence. Le monde ne vit que dans le regard.

 

 

La fureur du monde se défait dans nos yeux innocents. Les mouvements se succèdent sans fin dans le silence. La paix enveloppe toutes les agitations. Le temps se lézarde.

 

 

Sur la table, la carafe et le bol, la feuille et le stylo attendent le baiser de Dieu. L’univers est en ordre. Comme sa marche sans fin qui s’attache à vouloir toucher le ciel. 

 

 

Balayer le sol. Marcher dans les collines. S’asseoir sur un rocher. S’allonger sur le sol. Ouvrir un livre. S’étendre sur sa couche. Manger en silence. Le regard éclaire le quotidien. Offre à tous les gestes et toutes les activités une beauté indicible. Notre cœur déborde de gratitude. On célèbre le sacré de l’existence. Et nos mains sages se recueillent en silence.

 

 

Le chant des oiseaux, l’écho de la forêt. Les paroles de la terre sont sages. Il n’y a que les hommes pour ne pas les entendre. L’instant si fragile dans mes mains ouvertes. Seul dans la forêt, les bruits du monde n’ont plus d’importance. On se retire de toutes volontés. On célèbre dans le silence ce qu’il y a devant nos yeux. Présent à ce que l’oreille entend. L’heure est légère. Elle s’éprend des beautés du jour. Les yeux assagis se reposent. Le tumulte qui autrefois nous agitait n’a plus prise sur le regard de paix. Les mains ont beau encore parfois s’agiter, les pas peuvent encore bien de temps à autre retrouver leur fébrilité d’autrefois, les yeux suivent, tranquilles, l’effervescence passagère. En attendant le silence, ils laissent les bruits s’éteindre.

 

 

Que sommes-nous face au mystère ? Rien. Nous sommes à la fois le mystère. Et son connaisseur. Et c’est dans notre ignorance que peut se révéler la compréhension.

 

 

Sous le soleil, les hommes suivent leur sillon, les uns labourent leur champ, d’autre creusent des trous. Les chiens courent après les chats. Les chats après les souris. Tout est en ordre. Instants fugaces. Mouvements éternels.

 

 

Les oiseaux passent sous la lumière du soleil. Traversent le ciel. Parcourent l’immensité. Ne laissent aucune trace de leur itinéraire.

 

 

Assis dans l’herbe, l’immensité m’environne. Je suis l’infini qui observe. Je suis sans origine, les yeux ont beau se poser ici et là, les pas aller ici et là, je ne vais nulle part. Nous sommes toujours là.

 

 

Seul dans le souvenir, le monde est peuplé. Dans la présence, il n’y a personne.

 

 

Connaissance, ignorance. Pensée, non-pensée. Action, non-action. Corps, absence de corps. Mouvements, absence de mouvements. Aucune importance !

 

 

Un papillon passe devant moi. Je le salue. Je sais que nous habitons le même ciel.

 

 

L’oiseau se pose sur la branche frêle qui surplombe la rivière. L’eau s’écoule en contre bas. Mon cœur est chaviré par la beauté fragile du monde. Tout semble à la fois si précaire et immuable. Toujours les oiseaux parcourront le ciel en trouvant refuge dans les arbres. Et toujours l’eau s’écoulera. Allongé sur la rive, je regarde la rivière. Elle suit son cours sinueux. Immobile dans mes yeux tranquilles. L’étang dort sous la brume. L’eau s’écoule silencieuse. Matin d’éveil. Cascades et étangs, rivières et fleuves, flaques et océans, nuages, l’eau n’obéit qu’aux forces naturelles. Climats et paysages façonnent son parcours. Elle s’offre ainsi à tous sans exception. Devenant refuge pour les uns et promesse de croissance ou d’abondance pour les autres. Partout, elle est source de vie. Chacun lui trouve un usage ou une fonction. Il n’y a que les hommes pour l’instrumentaliser à outrance en essayant parfois avec une monstrueuse ingéniosité d’en maîtriser les aléas. Pour eux, l’eau — comme toutes choses — doit se soumettre à leur volonté de puissance qui n’est en réalité animée que par la peur. Les hommes gouvernent ainsi la terre parce que le ciel leur échappe. Ils peuvent bien y envoyer leurs avions, leurs fusées et leurs satellites, ils ne l’habiteront pas ainsi. Ils peuvent bien dépecer tous les dieux qu’ils ont érigés à la gloire du ciel depuis la naissance de l’humanité, ils ne parviendront jamais à en découvrir les lois de cette façon. Il n’y a rien à savoir du ciel et des montagnes. Des arbres et des plaines. Ni même des hommes. L’en-haut et de l’en-bas n’ont aucune importance. Pas davantage le ici que le là-bas. Le familier que l’inconnu. Le proche que le lointain. Tout, à la fois exact reflet de soi et si étranger à notre nature vide. La présence est si proche. Si proche. A la source même du regard qu’il est étrange de voir les Hommes s’égarer à la périphérie, dans une ramification toujours plus complexe et sophistiquée. Quelle maladresse ! Et quel manque de clairvoyance ! Au lieu d’aller toujours plus en avant, il leur faudrait au contraire remonter à la source. Mais on n’est saisi par ce mouvement (d’inversion) qu’après avoir perdu tout espoir à l’égard de tous les chemins que nous avons arpentés tant de fois — et de mille manières — et que nous avons toujours quittés, bredouilles, les mains toujours aussi vides et le cœur toujours aussi avide. Mais tout est parfait en ce monde. Toutes ces impasses et ces détours sont nécessaires au mûrissement de la compréhension. Et à son douloureux et incontournable passage : la grande désillusion devant l’impossibilité de trouver la moindre réponse, la moindre issue dans l’univers phénoménal où nous n’avons cessé depuis l’aube des temps de tourner, de nous enliser et de nous fourvoyer.   

 

 

L’heure s’émancipe des jours. Et de nos détours. Il n’y a d’heures creuses que dans l’arène. A la tribune des jours, personne. Les nuages passent. La lumière et l’espace sont les seuls habitants. A qui s’en plaindre ? Le regard est le cadre où défile le monde.

 

 

Assis sous un arbre, j’écoute la pluie tomber. Et les corneilles qui jouent dans le vent. Au loin, le bruit des voitures. Et au-dessus de la tête, le ciel nuageux. Les yeux et la terre sont paisibles. Le monde est parfois si étranger à mon cœur. Comme s’il n’existait que pour la tête. On ressent pourtant que l’univers entier est en soi. Et l’on éprouve pour tout ce qui est là un amour profond. Mais on ne se perd ni dans les pensées ni dans l’imaginaire. On vit simplement au plus proche  — dans l’intimité même — de ce qui est.

 

 

Une joie incommensurable enveloppe l’être quand il s’habite de la plus simple façon. En étant simplement là sans attente, sans désir ni prétention. Quand toutes nos volontés se sont éteintes...

 

 

Une bande de terre où poser ses pas. Pour arpenter les sentiers de pierres. Et parcourir les collines. S’asseoir sur un rocher. S’offrir au vent, au soleil et à la pluie. Au ciel infini. Et laisser la diversité de l’univers apparaître dans le regard et s’éteindre dans le silence. Observer l’incessant jeu tantôt espiègle tantôt funeste des mouvements. Voir les formes et les phénomènes naître, virevolter, s’essayer à quelques cabrioles paisibles ou ardues avant de mourir. Beauté de chaque instant.

 

 

L’heure s’écarte du jour. Les saisons resplendissent.

 

 

Un monde peuplé d’absence et de fantômes. Et certains ici-bas se targuent de gouverner leur barque, leur existence, leur pays ou les lois de l’univers ! Quelle idiotie ! Et quel manque de clarté !

 

 

Je regarde avec tristesse et effroi (teinté de colère) le bord de la rivière, jonché de détritus, des bouteilles en plastique par centaine, des myriades de sacs plastiques éventrés, d’innombrables débris de verre charriés par la dernière crue, arrêtés dans leur course vers l’océan par les joncs, les cannes et les souches d’arbres qui peuplent les iscles. Et je pleure en silence devant l’infâme dévastation des hommes, aveuglés par leur seul et restreint profit. 

 

 

La beauté des cerisiers en fleurs. Au-delà de l’image usée jusqu’à la corde. Quel spectacle ! Comme si les branches se couvraient d’une fragile et cotonneuse pellicule de neige au printemps.

 

 

Les oiseaux de pierre ne s’envoleront jamais. Ils s’entasseront dans les cimetières en attendant vainement l’heure glorieuse tant espérée. Monde d’espoirs et de peines qui relègue le ciel au lointain. Pataugeant sur les terres marécageuses, les hommes s’épuisent. Peu savent où leurs pas les dirigent. Avant le tombeau, ils ne s’interrogent. Blâmant le chemin et profitant maigrement des paysages, les yeux rivés sur leur misérable sente. La colline et l’Eden terrestre sont pourtant proches de leurs yeux perdus. Ils cherchent en tous sens. Parcourent la terre, les sous-sols, le fond des mers et le ciel en vain. Ne trouvent que désarroi et misères en se pâmant devant leurs misérables trouvailles (et leurs exploits dérisoires)… les lois du jour n’égaieront pas leurs yeux tristes. Ne protègeront pas leur corps usé. N’allègeront pas leur psychisme saturé. Elles offriront davantage de puissance aux seigneurs, à ces petits maîtres qui imposeront avec encore plus de force et de contraintes leur joug à la masse laborieuse.

 

 

Un chemin parsemé d’étoiles et de feuilles mortes. Un ciel nu. Toujours. Et la lumière incessante qui guide les marcheurs jusqu’à elle. Les paysages et les pas. Tous les éléments du décor nous rappellent à sa présence. Et nous invitent à la retrouver. Aussi vive aujourd’hui qu’autrefois. Eternelle lumière sans commencement ni fin que nous pouvons habiter sans tache quand se sont éteintes toutes les lueurs de l’horizon.

 

 

Le mystère n’abrite aucune légende. On s’y repose enfin quand tous les mythes et les contes (toutes nos histoires) ont été anéanti(e)s.

 

 

Apre exercice parfois que celui de se familiariser avec le rien en laissant se dissoudre sans impatience l’opacité sensorielle qui en entrave la saveur (opacité sensorielle renforcée par l’ingestion occasionnelle de viande qui semble accroître l’agitation et la consommation habituelle de glucide qui semble provoquer une stagnation énergétique sans compter évidemment la consommation tabagique).

 

 

J’entends déjà l’eau ruisseler sur ma tombe. Et le rire des corbeaux dans le ciel. A la vue de ma dépouille, les yeux se détourneront. Et je girai seul parmi les ronces. Et bientôt sur mon sépulcre fleuriront les orties, les fleurs des prés et les herbes folles des chemins dont se repaîtront les bêtes affamées. Et je rirai seul de me voir si misérable. Et démuni parmi mes pairs à la tête ahurie et aux yeux effarés, frappés de stupeur de voir tant de joie et de gaieté dans cet enfer.

 

 

A la saison des amours, les formes mues par l’instinct d’unité se rapprochent et s’enlacent. Sous mes yeux, l’éternelle chorégraphie du vivant. La danse joyeuse et funeste des corps. Leurs pirouettes et leurs cabrioles cycliques qui célèbrent la Vie avant que ne s’achève leur brève existence.

 

 

N’être rien qu’une ombre qui danse dans le vent. Et voir l’ombre des branches danser avec elle. Sur le sol, nos traces éphémères s’enlacent. En se moquant bien des mariages convenus. Nous savons que ces jeux ne sont que des images fugaces. Des traits sans consistance. Et nous nous offrons avec amusement à cette farce passagère.

 

 

Sur l’étang, le reflet des saisons resplendit. Et entre les rides, créées par le vent, nos jours fastes sont engloutis. Le monde est un adieu perpétuel.

 

 

Sur les jonquilles, l’or est plus franc que sur les lèvres.

 

 

J’aime m’attabler avec moi-même. M’allonger sur ma couche avec moi-même. M’entretenir des hauts et des bas avec moi-même. Et lorsque je me suis déserté, les oiseaux, les arbres et les étoiles me répondent. Et m’enseignent. Puis je regagne le ciel. En paix. Je peux alors être là pour le monde. Les oiseaux, les arbres, les étoiles et le ciel le savent bien. Et même parmi les hommes, certains doivent le ressentir.

 

 

Condamné à vivre jusqu’à l’être plein.

 

 

Le difficile exercice des jours pour les âmes creuses qui s’impatientent de se remplir…

 

 

La pesanteur de nos pas décharnés. La lourdeur de nos paupières closes. Et de nos prunelles hagardes. Obstruant l’espace où le chemin pourrait se faufiler.

 

 

Il y a une grâce à toucher le ciel. Mais la plus magistrale est de l’habiter à chaque instant. En silence.

 

 

[Carnet d’exploration de l’être]

L’éternelle soumission au vent. L’incessant processus de dépouillement. Jusqu’à la plus grande nudité. Rien. De plus en plus, rien. Aussi vide qu’une outre sèche. Un vague contenant organique poreux et vibrant à ce qui l’environne. Soumis seulement à sa forme conditionnée et à ses caractéristiques naturelles. On sent avec force et lucidité que tout encombrement, toute tentative d’amassement ou toute prétention entraverait et obstruerait aussitôt l’étroit passage ouvert par la brusque éradication ou la lente déliquescence de nos chimères. Empêchant dès lors de ressentir la puissance, les merveilles et la simplicité de l’être nu, dépouillé de toute image. De toute illusion. A leurs égards, la vérité est toujours d’une intransigeance tranchante. Elle les coupe sans pitié pour faire place nette et ouvrir (ou maintenir ouvert) le passage nécessaire à l’être qui ne peut souffrir, pour être ressenti, le moindre obstacle. Tout acte, toute parole, tout geste visant à redonner consistance à une image quelle qu’elle soit — en particulier lorsqu’elle concerne le personnage auquel nous avons l’habitude de nous identifier — est ressenti comme un éloignement (de l’être). Et lorsqu’il arrive qu’une telle attitude se manifeste, on la laisse se déployer mais on n’en est pas dupe. On ne l’alimente pas. Ce mouvement perd donc automatiquement sa force et l’on sait qu’il s’éteindra naturellement à son propre rythme. De façon générale, on laisse simplement se manifester ce qui vient naturellement et spontanément… 

 

 

L’heure est toujours tragique pour le mental. Ressassant l’heure passée, soucieux de l’heure qui passe et inquiet de l’heure à venir. Comme l’araignée, le mental tisse sa toile. A la seule différence qu’il en est le seul prisonnier…

 

 

Happé par la force des jours dans le grand tourbillon labyrinthique ou absorbé dans les distractions anesthésiantes, l’Homme effleure la surface du monde. Et ne peut quitter la périphérie de l’être. Comme condamné à l’errance et à la superficialité. Trop immature encore pour explorer la profondeur, la consistance et la sensibilité. Pas assez poreux encore pour se laisser traverser par ce qu’il ne cesse, à chaque instant, de rencontrer. Trop encombré encore par les idées, les images et ce qu’il croit être…

 

 

Le scintillement des eaux claires et la lumière artificielle des lampadaires. Et les millions d’hommes et d’insectes comme envoûtés, fascinés par le spectacle — la farce miroitante. Prisonniers des apparences toujours trompeuses. S’ils savaient (et s’ils le pouvaient), ils riraient de tant d’aveuglement et de maladresse. Et fouilleraient aussitôt avec une farouche détermination en d’autres lieux. Mais qui connaît cet espace lumineux enfoui en nos profondeurs qui ne se dévoile qu’à ceux qui se sont délestés de tous les mirages ?