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LES CARNETS METAPHYSIQUES & SPIRITUELS

A PROPOS

La quête de sens
Le passage vers l’impersonnel
L’exploration de l’être

L’intégration à la présence


 

CARNETS PUBLIES

L'expérience du monde 
Récit (1997-1999)

Solitudes 
Récit (2001)

Le petit chercheur Livre 1  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 2  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 3  
Conte (2004)

Quêteur de sens  
Essai anthologique (2005)

Traversée commune  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 1  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 2  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 3  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 4  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 5  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 6  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 7  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 8  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 9  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 10  
Livre expérimental (2007)

Tourbillon(s) 
Journal & récit (2008-2013)

Le goût d'autre chose 
Journal (2013-2016)

Un homme simple et sage 
Récit (2014)

Une âme sensible Vol 1  
Journal (2016-2019)

Une âme sensible Vol 2 
Journal (2016-2019)

Entre le rêve, le monde... Vol 1  
Journal (2019-2020)

Entre le rêve, le monde... Vol 2  
Journal (2019-2020)

Quelque chose du sang...  
Journal (2020-2021)

En plein cœur Vol 1 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 2 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 3 
Journal (2021-2022)

Si près de nos lèvres... Vol 1 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 2 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 3 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 4 
Journal (2022-2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 1 
Récit (2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 2  
Récit (2023)

Une destinée sans certitude Vol 1 
Journal (2023-2024)

Une destinée sans certitude Vol 2 
Journal (2023-2024)

Entre Dieu et la pierre Vol 1
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 2
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 3
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 4
Journal (2024-2025)

Quelques jours... Vol 1  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 2  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 3  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 4  
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 1
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 2
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 2 partie 1
Journal (2025-2026)

En son for intérieur Vol 2 partie 2
Journal (2025-2026)

 

CARNETS BRUTS

Carnet n°1
L’innocence bafouée

Récit / 1997 / La quête de sens

Carnet n°2
Le naïf

Fiction / 1998 / La quête de sens

Carnet n°3
Une traversée du monde

Journal / 1999 / La quête de sens

Carnet n°4
Le marionnettiste

Fiction / 2000 / La quête de sens

Carnet n°5
Un Robinson moderne

Récit / 2001 / La quête de sens

Carnet n°6
Une chienne de vie

Fiction jeunesse / 2002/ Hors catégorie

Carnet n°7
Pensées vagabondes

Recueil / 2003 / La quête de sens

Carnet n°8
Le voyage clandestin

Récit jeunesse / 2004 / Hors catégorie

Carnet n°9
Le petit chercheur Livre 1

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°10
Le petit chercheur Livre 2

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°11 
Le petit chercheur Livre 3

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°12
Autoportrait aux visages

Récit / 2005 / La quête de sens

Carnet n°13
Quêteur de sens

Recueil / 2005 / La quête de sens

Carnet n°14
Enchaînements

Récit / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°15
Regards croisés

Pensées et photographies / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°16
Traversée commune Intro

Livre expérimental / 2007 / La quête de sens

Carnet n°17
Traversée commune Livre 1

Récit / 2007 / La quête de sens

Carnet n°18
Traversée commune Livre 2

Fiction / 2007/ La quête de sens

Carnet n°19
Traversée commune Livre 3

Récit & fiction / 2007 / La quête de sens

Carnet n°20
Traversée commune Livre 4

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°21
Traversée commune Livre 5

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°22
Traversée commune Livre 6

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°23
Traversée commune Livre 7

Poésie / 2007 / La quête de sens

Carnet n°24
Traversée commune Livre 8

Pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°25
Traversée commune Livre 9

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°26
Traversée commune Livre 10

Guides & synthèse / 2007 / La quête de sens

Carnet n°27
Au seuil de la mi-saison

Journal / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°28
L'Homme-pagaille

Récit / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°29
Saisons souterraines

Journal poétique / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°30
Au terme de l'exil provisoire

Journal / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°31
Fouille hagarde

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°32
A la croisée des nuits

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°33
Les ailes du monde si lourdes

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°34
Pilori

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°35
Ecorce blanche

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°36
Ascèse du vide

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°37
Journal de rupture

Journal / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°38
Elle et moi – poésies pour elle

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°39
Préliminaires et prémices

Journal / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°40
Sous la cognée du vent

Journal poétique / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°41
Empreintes – corps écrits

Poésie et peintures / 2010 / Hors catégorie

Carnet n°42
Entre la lumière

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°43
Au seuil de l'azur

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°44
Une parole brute

Journal poétique / 2012 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°45
Chemin(s)

Recueil / 2013 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°46
L'être et le rien

Journal / 2013 / L’exploration de l’être

Carnet n°47
Simplement

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°48
Notes du haut et du bas

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°49
Un homme simple et sage

Récit / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°50
Quelques mots

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°51
Journal fragmenté

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°52
Réflexions et confidences

Journal / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°53
Le grand saladier

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°54
Ô mon âme

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°55
Le ciel nu

Recueil / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°56
L'infini en soi 

Recueil / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°57
L'office naturel

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°58
Le nuage, l’arbre et le silence

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°59
Entre nous

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°60
La conscience et l'Existant

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°61
La conscience et l'Existant Intro

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°62
La conscience et l'Existant 1 à 5

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°63
La conscience et l'Existant 6

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°64
La conscience et l'Existant 6 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°65
La conscience et l'Existant 6 (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°66
La conscience et l'Existant 7

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°67
La conscience et l'Existant 7 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°68
La conscience et l'Existant 8 et 9

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°69
La conscience et l'Existant (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°70
Notes sensibles

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°71
Notes du ciel et de la terre

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°72
Fulminations et anecdotes...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°73
L'azur et l'horizon

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°74
Paroles pour soi

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°75
Pensées sur soi, le regard...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°76
Hommes, anges et démons

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°77
La sente étroite...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°78
Le fou des collines...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°79
Intimités et réflexions...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°80
Le gris de l'âme derrière la joie

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°81
Pensées et réflexions pour soi

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°82
La peur du silence

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°83
Des bruits aux oreilles sages

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°84
Un timide retour au monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°85
Passagers du monde...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°86
Au plus proche du silence

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°87
Être en ce monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°88
L'homme-regard

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°89
Passant éphémère

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°90
Sur le chemin des jours

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°91
Dans le sillon des feuilles mortes

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°92
La joie et la lumière

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°93
Inclinaisons et épanchements...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°94
Bribes de portrait(s)...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°95
Petites choses

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°96
La lumière, l’infini, le silence...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°97
Penchants et résidus naturels...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°98
La poésie, la joie, la tristesse...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°99
Le soleil se moque bien...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°100
Si proche du paradis

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°101
Il n’y a de hasardeux chemin

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°102
La fragilité des fleurs

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°103
Visage(s)

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°104
Le monde, le poète et l’animal

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°105
Petit état des lieux de l’être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°106
Lumière, visages et tressaillements

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°107
La lumière encore...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°108
Sur la terre, le soleil déjà

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°109
Et la parole, aussi, est douce...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°110
Une parole, un silence...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°111
Le silence, la parole...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°112
Une vérité, un songe peut-être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°113
Silence et causeries

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°114
Un peu de vie, un peu de monde...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°115
Encore un peu de désespérance

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°116
La tâche du monde, du sage...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°117
Dire ce que nous sommes...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°118
Ce que nous sommes – encore...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°119
Entre les étoiles et la lumière

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°120
Joies et tristesses verticales

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°121
Du bruit, des âmes et du silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°122
Encore un peu de tout...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°123
L’amour et les ténèbres

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°124
Le feu, la cendre et l’infortune

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°125
Le tragique des jours et le silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°126
Mille fois déjà peut-être...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°127
L’âme, les pierres, la chair...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°128
De l’or dans la boue

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°129
Quelques jours et l’éternité

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°130
Vivant comme si...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°131
La tristesse et la mort

Récit / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°132
Ce feu au fond de l’âme

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°133
Visage(s) commun(s)

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°134
Au bord de l'impersonnel

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°135
Aux portes de la nuit et du silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°136
Entre le rêve et l'absence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°137
Nous autres, hier et aujourd'hui

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°138
Parenthèse, le temps d'un retour...

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°139 
Au loin, je vois les hommes...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°140
L'étrange labeur de l'âme

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°141
Aux fenêtres de l'âme

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°142
L'âme du monde

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°143
Le temps, le monde, le silence...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°144
Obstination(s)

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°145
L'âme, la prière et le silence

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°146
Envolées

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°147
Au fond

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°148
Le réel et l'éphémère

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°149
Destin et illusion

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°150
L'époque, les siècles et l'atemporel

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°151
En somme...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°152
Passage(s)

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°153
Ici, ailleurs, partout

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°154
A quoi bon...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°155
Ce qui demeure dans le pas

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°156
L'autre vie, en nous, si fragile

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°157
La beauté, le silence, le plus simple...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°158
Et, aujourd'hui, tout revient encore...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°159
Tout - de l'autre côté

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°160
Au milieu du monde...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°161
Sourire en silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°162
Nous et les autres - encore

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°163
L'illusion, l'invisible et l'infranchissable

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°164
Le monde et le poète - peut-être...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°165
Rejoindre

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°166
A regarder le monde

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°167
Alternance et continuité

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°168
Fragments ordinaires

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°169
Reliquats et éclaboussures

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°170
Sur le plus lointain versant...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°171
Au-dehors comme au-dedans

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°172
Matière d'éveil - matière du monde

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°173
Lignes de démarcation

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°174
Jeux d'incomplétude

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°175
Exprimer l'impossible

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°176
De larmes, d'enfance et de fleurs

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°177
Coeur blessé, coeur ouvert, coeur vivant

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°178
Cercles superposés

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°179
Tournants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°180
Le jeu des Dieux et des vivants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°181
Routes, élans et pénétrations

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°182
Elans et miracle

Journal poétique / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°183
D'un temps à l'autre

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°184
Quelque part au-dessus du néant...

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°185
Toujours - quelque chose du monde

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°186
Aube et horizon

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°187
L'épaisseur de la trame

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°188
Dans le même creuset

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°189
Notes journalières

Carnet n°190
Notes de la vacuité

Carnet n°191
Notes journalières

Carnet n°192
Notes de la vacuité

Carnet n°193
Notes journalières

Carnet n°194
Notes de la vacuité

Carnet n°195
Notes journalières

Carnet n°196
Notes de la vacuité

Carnet n°197
Notes journalières

Carnet n°198
Notes de la vacuité

Carnet n°199
Notes journalières

Carnet n°200
Notes de la vacuité

Carnet n°201
Notes journalières

Carnet n°202
Notes de la route

Carnet n°203
Notes journalières

Carnet n°204
Notes de voyage

Carnet n°205
Notes journalières

Carnet n°206
Notes du monde

Carnet n°207
Notes journalières

Carnet n°208
Notes sans titre

Carnet n°209
Notes journalières

Carnet n°210
Notes sans titre

Carnet n°211
Notes journalières

Carnet n°212
Notes sans titre

Carnet n°213
Notes journalières

Carnet n°214
Notes sans titre

Carnet n°215
Notes journalières

Carnet n°216
Notes sans titre

Carnet n°217
Notes journalières

Carnet n°218
Notes sans titre

Carnet n°219
Notes journalières

Carnet n°220
Notes sans titre

Carnet n°221
Notes journalières

Carnet n°222
Notes sans titre

Carnet n°223
Notes journalières

Carnet n°224
Notes sans titre

Carnet n°225

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A l'orée du plus intime

Juin 2024

 

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Au bord du monde – la lumière

Juillet 2024

 

Carnet n°310
Derrière les mots

Août 2024

 

Carnet n°311
Allant sans savoir

Septembre 2024

 

Carnet n°312
Un œil au cœur de la fable

Octobre 2024

 

Carnet n°313
Un manteau d'étoiles et de sang

Novembre 2024

 

Carnet n°314
Là où l'on s'incline

Décembre 2024

 

Carnet n°315
Devant un Dieu invisible

Janvier 2025

 

Carnet n°316
Ecoutant ce qui demeure

Février 2025

 

Carnet n°317
Et si le monde était l'exil

Mars 2025

 

Carnet n°318
La danse secrète

Avril 2025

 

Carnet n°319
Le cœur engagé dans l'aventure

Mai 2025

 

Carnet n°320
Ce qui veille au fond de l'âme

Juin 2025

 

Carnet n°321
Dans l'écume du mystère

Août 2025

 

Carnet n°322
Vers l'indéchiffrable

Septembre 2025

 

Carnet n°323
Dans l'épaisseur du réel

Octobre 2025

 

Carnet n°324
Entre l'étoile et la boue

Novembre 2025

 

Carnet n°325
Tant qu'il y aura des jours

Décembre 2025

 

Carnet n°326
Des choses et d'autres

Janvier 2026

Epigraphes associées aux carnets

© Les carnets métaphysiques & spirituels

28 octobre 2025

Carnet n°322 Vers l'indéchiffrable

Septembre 2025

La parole exhumée du fond de la misère

pour dire l'inhumanité de ce monde

et les aspirations intactes des âmes

Comme un hurlement dans la nuit

 

 

Nuit du monde

depuis tant de millénaires déjà

dans laquelle s'enfonce plus profondément chaque génération

 

 

Un peu d'innocence encore

sous la cendre et le sang

au milieu des cris

qui ont quitté l'enfance

 

 

Saison après saison

Le même chemin sur lequel

s'éteignent les hommes, les rêves et les étoiles

 

 

Aux limites du ciel

quelque chose du silence

par-dessus les ailes déployées

 

 

Le déferlement du rêve

sur la tête des hommes

submergeant le langage et les ambitions

alourdissant l'esprit et le monde

et enrobant le mystère d'une brume épaisse

 

 

L'aube offerte

s'invitant dans la parole et le geste

devenant une part substantielle (et inaliénable) de l'âme

 

 

Le cœur s'abandonnant à toutes les dérives

se laissant porter par les courants de l'âme et du monde

 

 

Quelques paroles nées de l'émergence d'un très long sommeil

 

 

Le cœur partagé entre le geste et le silence

 

 

Le cœur devant soi

au creux de la paume

partout en vérité

 

 

La perception sensible et acérée de celui qui s'est transformé en regard

 

 

Le cœur

Le vent

L'esprit

Et toutes les danses du monde

 

 

Tout s'effrite

Tout s'affaisse

Tout disparaît

Du monde, il ne restera rien

 

 

Assis par terre

au milieu des feuilles et des insectes

Le cœur emporté par le vent

 

 

L'âme

La terre

Les arbres

Le ciel

Toute notre géographie

 

 

Le cœur égayé par le chant des oiseaux

Sous les hautes et lumineuses frondaisons

 

 

Le cœur au bord de la brume

Le monde ou un rêve peut-être

 

 

Au cœur de l'ordinaire

Si intensément

 

 

Attelé à la tâche (assez) vaine d'écrire

 

 

Dans l'entre-deux des mondes

Une rêverie peut-être

 

 

La vie

Rien qu'une très courte traversée

 

 

Un abîme au fond du cœur

où tout est précipité

 

 

La vérité

quelque chose qui ne se laisse jamais attraper

 

 

De longues traînées de couleurs

derrière les mots du poème

Et le parfum enivrant de la terre mouillée

Avec le ciel par-dessus

 

 

Tant d'ordinaire et de merveilleux

dans notre quotidien

Bien peu de chose(s) en vérité

 

 

Le rien très souvent m'enchante. Et il lui arrive aussi, parfois, de m'accabler...

 

 

L'hôte seulement de ce qui passe

 

 

Et si c'était le réel qui apparaissait sur la page...

 

 

Au milieu des figures invisibles qui laissent deviner leur souffle

 

 

Au-delà de ce qui a lieu

Peut-être un rêve

Peut-être une utopie

Peut-être une partie de la réalité

Qui peut vraiment savoir

 

 

Le frémissement de l'âme

face au monde

face au silence

La preuve que tout est langage et émotion

 

 

Le regard si près des choses – si près du sol – que tout prend une envergure démesurée

 

 

Nous

Si humblement

La main et le mot offerts

Avec quelque chose sur l'épaule

La douleur du monde sans doute

 

 

Né peut-être du soleil et de l'arbre

Sous l'arche inachevée

 

 

Le cœur parmi les pierres

 

 

De lieu en lieu

Silencieusement

Mu par le mouvement même du chemin

 

 

La parole pardonnante

hissée jusqu'à la figure du plus coupable

 

 

Le silence et la forêt

Le livre et la pierre

La bête et le pas

Et quelque chose qui s'écrit

sur le versant le plus escarpé de l'âme

 

 

Le cœur soumis au règne de l'infini

Rouge comme le rêve et le sang

Inachevé pourtant et mortel

A la manière de la fleur

qui côtoie le ciel pendant un court instant

 

 

Au cœur de l'Absolu

Le ciel, le silence, la solitude

Et cette étrange lumière qui éclaire

l'éphémère de ce monde

comme un lieu au-dedans du lieu

le centre des cercles concentriques

vers lequel tout est précipité

 

 

Parce que le jour

Parce que le monde

Et parce que l'homme

Ainsi est notre voyage

Entre terre et ciel

Entre rêve et réalité

Avec mille manières d'aller sur son chemin

 

 

La main du crime

en pleine lumière

tachée d'un sang épais

qui coule encore sur la pierre

Sous le regard impassible des arbres et du ciel

 

 

Quelque chose

comme un feu

né des mots et de la couleur

avec des flammes

hautes comme des montagnes

attisées par le souffle tempétueux du vent

A l'intérieur

 

 

Une voix portée jusqu'au silence

 

 

Le cœur percé par tant de cris

L'esprit bouleversé par tant de crimes

Sans autre espérance que la solitude et la prière

Et la possibilité qu'un Dieu puisse émerger

au milieu de la douleur et du sang

 

 

Là où les ombres s'agitent

remuant l'épaisseur

à la recherche (sans doute) d'une pépite

fouillant la terre

soulevant de sombres strates

et n'amassant que des lambeaux de nuit

 

 

Essayant parfois de hisser la tête

au-dessus du monde ; de l'effroyable mêlée

cherchant un peu de solitude

pour pouvoir (enfin) goûter le jour

 

 

Sans garantie

la joie qui nous est offerte

et à ce titre

ressemblant parfaitement au reste

 

 

Au carrefour de l'enfance

là où tous les chemins se dessinent

là où il faut choisir une sente

parfois dans le sillage du monde

parfois au cœur du langage

parfois vers le plus sauvage

Se fiant à l'étoile qui brille

au fond de son âme

 

 

A ce point vertigineux

ce qui est vécu

ce mélange de sable et de lumière

 

 

Les mots nés du cœur transpercé

glissant selon son inclinaison

d'ici à l'horizon

chargés de cendre et d'encens

offerts aux morts et aux vivants

 

 

Entre deux tourments

ce rêve, cette soif

Un peu de fumée

Ce qui, parfois, initie un voyage

un prétexte pour échapper

aux sentes grises de ce monde

 

 

A chaque pas

un peu plus de rien

Et le vide – inéluctablement – qui se rapproche

 

 

Cette confiance incroyable en ce qui surgit

(jusqu'aux pires surprises parfois)

 

 

Un sol

Un ciel

Là où se croisent

l'esprit et le sang

 

 

Au-delà de la mort

Notre âge secret

 

 

La plume un peu lasse parfois

devant l'ampleur de la tâche

accablée par le labeur des mots

et l'abondance de choses à dire

 

 

Le regard et la main

inséparables

porteurs du même soleil

celui qui éclaire plus encore

lorsque la nuit a tout recouvert

 

 

Entre la terre et la lumière

quelque chose

un œil juché sur un peu de chair

qui apprend, peu à peu, à voir

 

 

La parole et le geste

reflets du mystère

pour celui qui voit

au-delà de la mort

 

 

Le regard accompli

porteur d'un soleil sans ombre

sans angle mort

où la moindre chose de ce monde est perçue

 

 

A ce point

la tendresse et la beauté

au-dedans du regard

accompagnant tous les gestes quotidiens

 

 

Au milieu des mondes qui se reflètent

et se répondent dans le langage des étoiles

exprimant leurs ambitions sans rien demander

et partageant quelques fois le plus désirable

 

 

Les yeux rougis par tant d'images et d'atrocités

 

 

Allant sur la terre

comme dans le ciel

poussé par le vent

entre la roche et les étoiles

 

 

Fumée peut-être

au creux de la main

au fond de l'âme

ce que l'on donne

et ce qui est donné

 

 

Déchiré le rêve

et brûlée la nuit

aux confins de la lumière

 

 

L'âme fortifiée par son dur labeur

purifiée comme le sont les pierres après la pluie

et déployée comme le sont les fleurs par la lumière

 

 

Comme à l'origine

l'immensité et le chemin

et toutes ces âmes qui se faufilent

au milieu de tant de riens

 

 

Depuis les premiers instants du monde

l'aube éternelle

à travers laquelle passeront, un jour, toutes les âmes

 

 

Ce qui se déchire

sans très bien savoir où cela commence

et où cela finit

sans très bien savoir ce que l'on est

d'où l'on vient et où l'on va

sans très bien savoir ce que l'on va devenir

A la manière des nuages

En plein ciel déjà

 

 

Un peu au-dessus des jeux d'enfant

entre les nuages et la terre basse

contemplant les territoires tracés à la craie

écoutant les pleurs et les cris

la bouche gorgée de douleurs et de mots

 

 

Si silencieusement

Le sommeil et les révolutions

 

 

Le cœur caressant

contre les poings du monde

laissant le silence recouvrir les bruits

laissant le vent tout emporter

 

 

Au fond de l'âme

cette rébellion clandestine

contre la nuit

et son immense armée d'ombres

davantage qu'un refus

une véritable dissidence

une mutinerie organisée

un sursaut (vital) de la lumière

 

 

Du côté de ceux qui n'ont rien ; pas même le droit de vivre (aux yeux de ceux qui se disent humains)

 

 

Un cœur, un esprit, des mains ; tout ce dont nous avons besoin pour accomplir le travail de l'homme

 

 

Au cœur même de ce qui commence

Notre dilemme et notre résolution

 

 

La patience du cœur

chahuté sur tous les chemins

hissé parfois au plus haut de la douleur

obligé de côtoyer le mensonge et l'adversité

et de se laisser guider par les apparences

Si touchant dans sa façon d'aimer

et sa manière de se prémunir

contre la haine et l'hostilité

 

 

S'attarder un peu

en ce monde

pour apprivoiser la vérité

 

 

Par-dessus les pierres

un grand ciel orangé

Et cette incroyable lumière

sur les collines

Et cette joie (presque indicible)

d'appartenir à ce fabuleux tableau

 

 

Part du monde ou part du rêve

Qui peut réellement savoir

 

 

Errer comme au commencement du monde

au milieu des embuscades

le cœur toujours englué au fond de l'écueil

 

 

Le cœur penché

sur la pente

parmi les pierres

attiré par les feux du monde

et si peu par la lumière

 

 

En nous

quelque chose de la fumée et de l'infini

 

 

En ce monde de rêve et de douleur

Ce qu'il faut de lumière pour rejoindre l'enfance

 

 

Au fond de la nuit

Le vide et la vérité

rien, en réalité, que nous ne sachions déjà

 

 

A même le cri

Le ciel et le contentement

 

 

Dieu au creux de la paume

dans ce que nous avons dispersé

comme au plus obscur de ce monde

là où depuis trop longtemps règne le sang

au cœur même de la matière

comme un débordement

ou le prolongement naturel du cri – peut-être...

 

 

Attaché au monde, à l'origine, au sillon

en dépit de l'envergure du cœur

 

 

Dans l'incroyable simplicité de l'existence

 

 

De l'autre côté de la faim

exactement

 

 

Le cœur gorgé de signes

bardé de chaînes et de nuit

cherchant à se libérer de la pierre

à faire tomber les murs et les masques

pour approcher la lumière

 

 

Le fond du cœur trop rarement sollicité

pour lutter contre l'ivresse du monde

et échapper aux gouffres du temps

 

 

Du côté du silence et de l'instant

sur l'autre versant du monde et du temps

 

 

Le cœur fangeux

comme marqué par le sceau de la terre

 

 

Les étranges piliers de l'âme

à travers lesquels passe le vent

 

 

Alors que partout règnent le ciel et la lumière

ici-bas tout sens dessus dessous

 

 

L'homme

porté à l'indifférence

au lieu de vénérer

la lumière et les tremblements

 

 

Cette rage de vouloir toujours davantage

de vouloir toujours autre chose

de vouloir toujours autrement

comme une ivresse

qui sèmerait la pagaille et les malheurs

 

 

L'âme

scellée dans la terre

et si maladroitement esquissée

avec pourtant, à l'intérieur, toutes les promesses du ciel

 

 

Si imparfaitement habités

l'âme

le corps

le monde

la vie

l'espace

 

 

Le cœur enflammé

comme une montée de sève

une ardeur impatiente

un soleil suspendu au zénith

Comme si le feu de l'âme

s'emparait du dedans

pour brûler les jours et le temps

 

 

Au plus haut du ciel

le moins périssable

les mains jointes

et le cœur éprouvé

 

 

Sur la même terre

Sous la même étoile

Ces pauvres destins

et un ciel – au-dedans – à découvrir

 

 

Sans dire

sans désir

sans espoir

sans certitude

Le cœur parfaitement dépouillé

 

 

Le cœur ouvert aux tremblements et aux tribulations

 

 

L'âme témoignant du silence

pour tenter d'éclairer la parole

 

 

Parfaitement inadapté à ce monde

 

 

Le cœur léger

La figure souriante

Avec du vent sur les épaules

en dépit des pieds enfoncés dans la boue

 

 

L'enfance hissée à la pointe de l'esprit

 

 

Dans les plis de la nuit

comme dans un rêve

cherchant quelques étoiles

pour guider les pas

et donner un sens au voyage

sans jamais s'en remettre à Dieu

 

 

Au milieu de l'écume grise

la mâchoire serrée

tandis que se dessine l'étreinte

tandis que le cri se hisse plus haut

au fond du même rêve

au cœur des mêmes batailles

sur cette terre couleur de sommeil et de sang

 

 

Cet étrange mystère

au fond de l'âme

entre nos mains

parfaitement insaisissable

comme l'air, le sable et l'eau

 

 

Au bord de l'enfance

ces rêves

ce trop plein de sommeil

et ce ciel sans échappée

 

 

Parmi les reflets troubles du monde

 

 

Le cœur comme de l'eau agitée

remuée par une main impavide

qui n'hésite jamais à remuer

la fange des profondeurs

 

 

Le cœur sans mémoire

hissé jusqu'au plus sensible

en réponse à tous les jeux du monde

en réponse à toutes les questions de l'homme

 

 

Le poème humble

reflétant le visage de ceux que l'homme a éclipsés

essayant de corriger l'effarant déséquilibre du monde

 

 

Ami de ceux que l'on condamne, que l'on exploite, que l'on persécute, que l'on extermine

 

 

Familier de l’œil et de la nudité

de ce qui demeure sous tous les règnes

 

 

Surgissant

le jour

le monde

la figure

le poème

souvent auréolés du même mystère

 

 

La main tendue

Le cœur mendiant

La sébile sur le sol

Au pied d'un monde indifférent

 

 

Au fond de soi

L'appel et l'agenouillement

 

 

Au cœur d'un long défilé de visages et d'âmes

Au milieu des prières et des peines

 

 

Au fond du cœur

un mélange de joie et d'infirmité

 

 

L'Absolu arraché au monde et à la nuit

comme une révérence à l'instant

une offrande posée entre nos mains intranquilles

 

 

Hissé par le poème (un peu) au-dessus du monde

 

 

Encore si peu affranchi de la mémoire et du temps

 

 

Le poids de l'encre

à travers le geste de celui

qui s'est laissé traverser par la vie

projetant son âme sur la feuille

en même temps que le monde et les mots

 

 

Au milieu des reflets et des remous

La parole et la main essayant d'échapper aux lois du monde

offrant à la ronde un peu de tendresse et de clarté

quelques signes, peut-être, d'espérance

 

 

Le cœur tourné vers l'indéchiffrable qui habite nos profondeurs

 

 

Au plus près de l'expérience intime du monde

 

 

L'esprit drapé de peines et de questions

cherchant le rire et la lumière

un peu de réconfort au cœur de la nuit

 

 

Au creux des mains

Au fond des yeux

ce feu rougeoyant

qui façonne la boue

bâtit des murs

agrandit le territoire

pour essayer d'échapper

au destin de l'homme

 

 

Entre les rives

passant et repassant

 

 

Une rencontre entre l'âme et le monde

la condition nécessaire pour que naisse le poème

 

 

Un peu partout

cette danse vertigineuse

entre l'esprit et le monde

 

 

Un peu de lumière

au fond des yeux

au fond du cœur

suffisamment pour vivre dans l'obscurité

mais pas assez, sans doute, pour s'en rendre compte

 

 

Et cette insensibilité qui a tout conquis

jusqu'au tréfonds des âmes

 

Ce qui nous hante

la nuit, l'Amour, le mystère

ce qui peu à peu nous avale

et nous fait disparaître

 

 

Au fond de soi

comme une porte qui déboucherait sur le secret

 

 

Les yeux rongés par le désir

ravivant les ambitions

recouvrant tous les autres élans

contaminant l'âme et la main

répandant partout sa nuit et sa hâte (son fol empressement)

 

 

Ici

sans insistance

 

 

Au-delà du langage

Au voisinage du silence déjà

 

 

A l'origine du rêve

le ciel

ou le vent peut-être

 

 

Le regard qui glisse

loin jusqu'à l'horizon

jusqu'au ciel

et au-delà

 

 

Au fond de l'encre

L'âme, la terre, le ciel

Et encore un peu de rêve

 

 

Enjambés le sommeil et l'absence

sur l'autre versant de la parole

là où le poème s'étire entre le geste et la danse

 

 

Tout à soustraire

jusqu'à la plus parfaite nudité

 

 

Par-delà les mots et les images

Par-delà le monde et l'horizon

Par-delà même le ciel

En ce lieu où il n'y a plus de différence entre les choses

 

 

L'âme et le monde piégés

par tant de chiffres et d'images

par tant d'étoiles et d'écrans

par tant de gestes et de paroles obscurs

 

 

L'ignorance et la bêtise vissées au creux de la main

quelque chose des ténèbres

que Dieu a permis

et que l'homme a inventé

 

 

Le regard à même le cœur

avec de vieux désirs éparpillés autour de soi

et les mains serrées contre le chagrin et la joie

 

 

Hors des cercles d'orgueil

après une attente sans fin

au milieu des destins rabougris

 

 

Au même endroit que la veille

au même endroit que la faim

le désir de lumière

 

 

A même le chemin

A même les pas

ce que nous retiendrons de la terre

 

 

Perché plus haut

au-delà des images

quelque part entre le poème et l'oubli

 

Et la danse, elle aussi, hissée au-dessus du mystère

 

 

L'âme penchée au-dessus du vertige

contemplant les larmes de celui

qui témoigne de la folie de ce monde

 

 

Jongler avec la danse du monde, la légèreté de l'âme et l'épaisseur des mots

Peut-être est-ce cela le travail du poète...

 

 

Parmi les cris, les ombres et le sang

parmi les miroirs, les rires et les reflets

saluant la foule d'un doigt d'honneur

 

 

Au-delà du monde

Au-delà de l'abîme

Au-delà de l'exil

 

De plus en plus loin des cercles

de plus en plus près du centre

 

Et qu'importe puisque le mystère

et la joie sont partout

 

 

Par-dessus les murs et l'espoir

là où le destin s'affranchit des hommes

et de l'esprit humain

quelque chose de tendre et de discret

quelque chose d'anonyme

au milieu de mille soleils

au cœur du plus intime

l'expérience de la liberté

 

 

Un monde miraculeux

malgré le bruit des chaînes

et le nombre de fenêtres fermées

 

 

Ce qui demeure

en dépit des ombres

en dépit de la fugacité des vies

ce qu'il nous faut de lumière

 

 

L'âme

comme étrangère au monde

proche de l'enfance et de l'oubli

au-dessus de ce qui est mortel

au cœur d'un pays ignoré

 

 

Le cœur simple et lumineux

comme si quelque chose brillait à l'intérieur

comme si quelque chose se souvenait du savoir ancestral

et se fichait des hommes et des noms qu'ils donnent à Dieu

 

 

Par-delà le front et la terre infamante

Par-delà les mornes prairies

où s'agglutinent les hommes

le cœur posé entre l'arbre et le soleil

Seul – si seul – au milieu de ces tristes contrées

 

 

Là où s'efface le temps

quelque chose du vent et de l'évidence

 

 

Par-delà les signes et la terre

l'esprit curieux qui part à l'aventure

 

 

L'envergure insaisissable de l'esprit

 

 

Au cœur de cercles étranges

là où la lune côtoie les brins d'herbe et l'eau de la rivière

là où les bêtes saluent les pierres et les étoiles

là où l'homme se réconcilie avec l'âme du monde

dans la compagnie de toutes ces combinaisons admirables et insensées

 

 

A force de souffle et de lumière

l'éternelle surgie du monde

sans intention ; sans ambition

apparaissant sans autre raison que le vertige

 

 

Un sourire au loin

Une étoile peut-être

qui a cessé d'être

depuis bien longtemps

 

 

Le vent dans les feuillages

La nuit tombée déjà

Et la pluie qui danse

sur le toit

 

 

Quelque chose

comme un feu mortel

quelques flammes

quelques jours

Le cœur battant

 

 

Sous le regard de la mort

ces mains qui tremblent

ces mondes qui vacillent

comme des flammes fragiles

malgré notre attachement à la lumière

 

 

Au fond du sommeil

ces yeux apeurés

ces âmes perdues

et les jours qui passent

avec indifférence

 

 

L’œil et le ciel embrasés

par ce grand feu qui crépite

au fond de l'âme

et qui daigne parfois participer

aux danses de la terre

 

 

En échange de rien

simplement présent

 

 

Par-dessus l'abîme

à l'abri du temps

auprès de ceux qui dansent

avec le mystère

 

 

Là où le monde est une nuit

un naufrage

un rêve peut-être

un spectacle sans doute

où se heurtent toutes les solitudes

 

 

Le cœur silencieux

parmi les arbres et les pierres

sur ce chemin qui se perd dans le lointain

 

 

A l'affût de l'ensemble

cherchant à rejoindre

la grande communauté

 

 

Au fond du cœur

le ciel étreint

le ciel confiant

 

 

Sans plus savoir

où est la lumière

tant tout rayonne

jusqu'aux ombres qui offrent

le plus obscur de la tendresse

 

 

Détaché des visages

comme un flambeau

le cœur si près de la fête

si près de la danse

à mesure que s'intensifie la flamme

à mesure que s'envolent les cendres

 

 

Figure simple et enjouée

allant par les bois

insoucieuse des âmes perdues

et du sommeil

 

 

Le cœur inspiré

par les figures d'écorce et de bois

le souffle du vent

la course des nuages

et tous les seuils qu'il reste à franchir

 

 

Seul depuis si longtemps

que l'écume du monde

ses bruits, ses danses et ses aventures

n'ont plus guère d'incidence

sur la quiétude de l'âme

 

 

Ému (si ému) devant le merveilleux de ce monde

 

 

Le front discipliné

la main obéissante

heureux de se faire

les instruments du cœur

Et le cœur, le disciple diligent du ciel

 

 

Une voix dans la nuit

parmi les simples

abandonnant à l'ombre

ses mouvements et ses traces

transformant parfois les yeux ensommeillés

pour favoriser la tendresse et la terre

 

 

Le cœur converti en palimpseste

où le vent peut enfin écrire son œuvre

 

 

Comme une lumière indéfinissable

à travers les morsures et les pièges

 

 

Dans l'entrelacs des mondes

 

 

En ce lieu où l'Amour colore le cœur et les gestes quotidiens

 

 

Le sommeil couleur de suie

ruisselant dans le noir

distillant sa nuit

encerclant les âmes

et oppressant l'esprit

 

 

La lumière

sur la vie et la mort

sur le monde et le temps

effaçant les peurs et les commentaires

charriant avec elle la confiance et le vent

édifiant quelque chose au-dedans

 

 

Le cœur attaché au chant de l'oiseau

aux âmes qui peuplent les sous-bois

aux danses folles et secrètes

aux vents et aux rivages

à cette parcelle du monde

qui, pour l'instant, échappe

à la main de l'homme

 

 

Le cœur

outil trop souvent oublié de la langue

faisant comprendre d'un sourire – d'un geste discret

ce que l'âme a compris

 

 

Au cœur du royaume

sous des milliers d'étoiles

mille merveilles

et autant de lèvres impatientes de raconter

 

 

Une clarté sans image

comme des baisers et des bouquets de fleurs

au fond des yeux

un regard capable d'apaiser la soif

quelque chose d'assez mystérieux

 

 

Au-delà de la mort

le souffle

en dépit des apparences

et plus loin encore

quelque chose d'infini

 

 

Les yeux de l'Amour

posés sur l'âme et le monde

pour qu'ils puissent échapper à la nuit

 

 

Le cœur offert

si éloigné de l'idée de conquête

laissant apparaître l'âme, le jour, le monde

le mystère enveloppé de rêves

offrant aux oreilles attentives

quelques sourires et quelques secrets

 

 

Au cœur des mots

cette voix discrète

née du silence

offrant, peut-être, le plus précieux

 

 

Au carrefour des vents

L'âme joyeuse

entraînée par la danse des mondes

 

 

Au-delà des contrées humaines

au-delà du petit royaume terrestre

là où l'âme devient libre et souveraine

parfaitement adaptée aux péripéties du voyage

 

 

Le front contre l'aube

déchirant les mirages et l'écume

écartant les mains du rêve

jouant avec les ombres et le temps

 

 

Dans nos mains

les flammes et les cendres du monde

 

 

Au pays du rêve et de la lumière

là où tout se mêle au sommeil et à l'espérance

jusqu'au vent qui fouette les visages

jusqu'aux étoiles qui brillent au fond de la nuit

 

 

Quelque chose

tantôt la mort

tantôt l'inconnu

terrifiant l'âme

tétanisant l'esprit

exacerbant les ténèbres et l'angoisse

 

 

Comme en rêve

le monde

la vie

la mort

ce que l'on fait

ce que l'on sait

ce que l'on sent

tout ce que l'on expérimente

tout ce que l'on nous dit

 

 

Souffle et fumée

ce monde

rien qu'un peu d'air qui tourbillonne

 

 

A nous jeter dans l'enclos

refusant la liberté

pour un territoire circonscrit

pour une existence organisée

 

 

Le cœur indéfiniment jeté à terre et piétiné par les hommes

 

 

Personne

A la jointure des mondes

Seulement quelques figures curieuses

et deux ou trois âmes égarées

 

 

Si sûr de notre silence

au milieu de toutes ces bouches bavardes

 

 

Par-delà les servitudes du monde

le front encore plissé (pourtant) par d'anciens soucis

la pensée toujours aussi vagabonde

mais peu soucieux, à présent, de savoir où elle mène

contemplant en riant les sillons et les rivages

heureux d'expérimenter toutes les dimensions du voyage

 

 

Le poème dans sa robe de mots et de lumière

 

 

Incarner ce qui demeure

autant que le périssable

chanter le monde et le mystère

vivre de la plus intense des manières

 

 

Sur son lit de chair

le visage de la nuit

à la voix inaudible

aux mains tremblantes

recouvrant les joies et les âmes

et fermant les cœurs et les yeux

 

 

Au cœur du plus âpre

parmi les pierres et les hurlements

dans le froid et la nuit

au milieu des ombres qui dansent

un peu de lumière et de joie

 

 

Les figures simples

réunies autour du feu

s'approchant les unes des autres

silencieusement

pour célébrer le royaume

des morts et des vivants

 

 

Allant, allant

le cœur penché sur son labeur

si silencieusement

 

 

Des pierres

des rêves

et, pourtant, ici

quelque chose de l'infini

 

 

Entre les rêves et les flammes

comme si le ciel s'était retiré

comme si la vie devait forcément (nous) être fatale

comme si l'on devait sauter à pieds joints dans son destin

 

 

Franchi le seuil

au-delà du désir

soumis au vent qui tourne

et qui pousse vers ce que nous avons à vivre

 

 

Au plus près du silence

le chant de la forêt

comme la confidence du monde

que tous, en ces terres, entendent

 

 

Suspendu aux rêves des bêtes

le cœur si aimant

la tête penchée

pour suivre les pas

de nos illustres devanciers

 

 

Le cœur scellé dans la terre

abreuvé de mirages et de spectacles

avec au fond de l'âme

et sous les pas

ce qu'il faut de nuit

pour continuer d'aller aveuglément

 

 

Longtemps sur la même pierre ; trop longtemps peut-être...

 

 

Sous la lampe

la page quotidienne

qui témoigne des aspirations et des états de l'âme

autant que des pas et des jours qui passent

 

 

Passant de monde en monde

les yeux fermés

l'âme entre les rives

avec, parfois, la joie par-dessus

 

 

Sans autre preuve

ni d'autre appui

que soi

 

 

Sous un ciel désert et silencieux

la multitude bavarde et affairée

 

 

Sous la même lumière

et au fond de la même nuit

ce qui demeure

et ce qui finit

les yeux fermés

et les yeux ouverts

tous les états de la conscience et du monde

 

 

Sans hâte

entre le rêve et le pays des morts

par le seul passage possible

 

 

L'esprit de l'homme

infatigablement

penché sur ses peines

 

 

Au milieu des rêves du monde

comme une halte sous les étoiles

une danse dans un cercle clos

 

 

La vie à même la roche et la poussière

Le front si peu enclin à chercher la lumière

 

 

Un cœur à tout faire

agissant (presque toujours) en secret

 

 

Nous reconnaissant

malgré nos yeux aveugles

 

 

En vain

ces efforts et ce labeur

comme si seule comptait l’œuvre du vent

 

 

De légende en légende

d'illusion en illusion

sans jamais trouver la lumière

comme si nul ne pouvait

échapper au sommeil

 

 

Sans le cœur

il n'y a de chemin

Seulement des pas qui s'enchaînent

 

 

Par des chemins hors du temps

loin de l'esprit de raison

loin des livres et des voies toutes tracées

l'esprit affranchi des lumières factices

enjambant les pièges

et contournant les âmes endormies

qui patientent au fond du gouffre des jours

saison après saison

 

 

Miroir sans doute de notre insomnie

ces pages arrachées à la terre

offrant aux paysages lacunaires des hommes

un regard dédié au voyage

et assez de lumière peut-être

pour initier (chez certains) un sursaut de l'esprit

 

 

Loin de cette fièvre endiablée

où l'on s'enchaîne depuis si longtemps

au même sommeil

rivage après rivage

sillon après sillon

sans jamais rien découvrir

 

 

Le monde laissé à la fantaisie

de ceux qui négligent la lumière et l'esprit

 

 

Parmi les cimes ombragées

le cœur posé entre la pierre et le ciel

à l'exacte place de l'homme

 

 

Si loin des reflets

là où les mots effleurent le silence

là où le cœur transforme le rêve

là où la lumière est scellée dans la terre

là où le monde redevient le monde

 

 

Ce qui se dit

Ce qui s'écrit

les mille états du monde, de l'âme et de l'esprit

 

 

Rien que la tendresse et des larmes de joie

comme aux premiers jours de l'enfance

 

 

Pieds nus sur la pierre

loin des bruits

et des douleurs du monde

là ; sans la moindre espérance

au plus près du sauvage

sans autre témoins

que le ciel et les étoiles

 

 

La vie ? Le monde ?

Ce que nous faisons ?

Rien qu'un peu de paille

Et des rêves qui nous emportent

 

 

Le regard et la parole sans filtre

au plus près du cœur sensible

dédiés à la tendresse et au partage

 

 

La danse dérisoire de l'écume

si réelle en apparence

moins que vraie

pas plus qu'un rêve

à l'heure de la transparence

 

 

Au chaos du dehors

au désordre du dedans

l'âme (presque) toujours qui consent

 

 

En ce lieu que l'on nomme le ciel

 

 

Des brassées de rien

Des brassées de vent

Ce que l'on nous offre

Et ce que nous offrons

 

 

La main de Dieu dans la nôtre

si réelle, si palpable, si vivante

 

 

Au plus haut de la raison

Là où l'esprit devient le cœur

 

 

A l'ombre de ce qui demeure

tous les chemins

 

 

L'infini dans la paume de la main

 

 

Dire comme disent les miroirs

sans autre visage

sans la nécessité des mots

 

 

Tout mélangé

comme partout où est la vie

 

 

Le poème à la pointe de l'écume

un peu au-dessus du monde

un peu au-dessus du chemin

 

 

Si péniblement parfois ce voyage

 

 

Pensif face à l’insaisissable source

comme si la vérité s'évaporait

aussitôt que l'esprit tentait de la saisir

comme si l'on nous retirait le tapis sous les pieds

pour nous inviter à habiter le vide

plutôt que l'idée du Divin

 

 

En ces lieux si terrestres

de la matière

des ornières

et mille rêves qui fleurissent

comme autant de manières maladroites

d'enjamber les malheurs

de se risquer à faire un (petit) pas de côté

 

 

Par la faille étroite de l'origine

tout ce qui est né

et nos mains vides à présent

 

 

L'étreinte après tant d'entailles

 

 

Sans plus rien amasser

s'offrir au monde

et jouer avec ce qu'il donne à vivre

 

 

L'épouvantable (et effrayante) faim de l'homme

à l'origine de presque toute son œuvre

 

 

Seul au cœur du monde

comme au cœur du poème

 

 

Allant ; allant

sans le souci de soi

 

 

Emporté comme les graines et les feuilles

au gré du vent

 

 

Ce qui s'écrit

comme l'eau qui coule

 

 

Fragments de terre, d'air, d'eau et de feu

grossièrement mélangés à un peu de lumière

 

 

Sous la dictée de la terre et du ciel

là où pousse la nécessité

 

 

Dans l'interminable et sombre cortège des vivants

de trop rares âmes rieuses (réellement – profondément – rieuses)

 

 

Le cœur si profondément sondé

outil du ciel et de l'étreinte

pour accepter de ne plus rien savoir

pour accepter de s'abandonner

aux exigences de l'âme et du monde

 

 

Le rêve planté dans la bêtise et la violence

déposé là sur un sol inconnu

au milieu des pierres, des bêtes et des visages

rivalisant (essayant de rivaliser)

avec la tendresse du Divin

 

 

Dans la fumée épaisse du monde et du temps

L'âme recouverte de poussière et de vent

Si joyeuse encore

 

 

Dans nos mains

la même ardeur

le même visage

et ce que le monde nous a offert

abandonnés

 

21 octobre 2025

Carnet n°321 Dans l'écume du mystère

Août 2025

Les yeux fermés de l'intérieur

 

 

Sous une avalanche de circonstances ordinaires

 

 

A travers l'épaisseur

La pointe du songe

 

 

Au milieu des cœurs hirsutes

A la résonance si proche du ventre

Sans un mot

L'âme tremblante

Et le reste figé sous la peau

 

 

Encore des signes vainement jetés vers le monde...

 

 

Ici ; sans être sûr de rien...

 

 

La nuit cadenassée

à hauteur des yeux

Et au-dessus

Et au-dedans

Peut-être la promesse d'une clé

 

 

A la pointe de la solitude

Le cœur en équilibre

 

 

Derrière la fièvre

La danse de l'âme

Le rire et la lumière

 

 

Assoupi parmi les pierres

le corps abandonné

 

 

Les mains vaguement en prière

Avec dans l’œil quelque chose de la lumière

 

 

Le cœur comme empalé par le chaos

incapable au milieu de ce monde

d'habiter la paix et le silence

 

 

La boue de l'homme

et ses éclaboussures sur le monde

et ses éclaboussures sur l'esprit

au point où le regard et le ciel parfois s'engrisaillent

 

 

Aveuglément

Nos petites aventures

Allant partout sans jamais fouiller là où il faudrait

 

 

La parole promue

un peu au-dessus de la langue

entre le poème et le silence

 

 

Au fond du temps

Derrière ces grilles infranchissables

A avancer péniblement entre le début et la fin

Cherchant vainement un chemin

Les Sisyphes des heures

 

 

[La posture de l'homme]

Les mains jointes devant soi

Comme si la vie était une aumône

Comme si la vie était une prière

 

 

[A la surface de l'être, de l'âme et du monde]

A peine effleurés

ce qui nous habite

ce que nous sommes

ce qui nous compose

 

 

Dans ce qui émerge de l'impénétrable

Quelque chose, peut-être, de la trahison

porteur d'une semence (presque toujours) infirme et dévoyée

 

 

La nuit encore

Et cette inclination à l'obscurité

Le cœur si étranger à la lumière

 

 

Dans le sillage du Seul

 

 

Essayant de nous réchauffer au faible feu de l'âme

 

 

Des feuilles et des forêts

Des mots et des pas

Un peu à l'écart du monde

 

 

Joyeux comme si le ciel était déjà en nous...

 

 

Les portes de l'âme grandes ouvertes...

 

 

A l'intérieur même de la lumière

ce qui tient lieu de vérité

 

 

A voir la course du monde comme une longue dérive désastreuse

 

 

En nous, quelque chose qui se plie à toutes les exigences

 

 

La tête épaissie par la consistance du rêve

 

 

Les mots bousculés par les remous du silence

 

 

Ce qu'il nous faudra, un jour, payer ; l'incroyable persistance de notre aveuglement

 

 

En nous, une autre lumière que celle du dehors

 

 

Comme par magie

ce que l'esprit dissimule

et ce qu'il fait apparaître

 

 

Au chevet du monde

Là où l'Homme passe, s'enfuit ou se désengage

Le cœur, l'esprit et le corps solidaires (jusqu'aux limites du possible)

 

 

Du ciel incrusté

jusque dans les pas les plus lourds

 

 

Nos vies ; un amas de branchages que la joie embrase

 

 

Sans rien trahir de l'origine ; le déploiement

 

 

De la nuit encore

A l'intérieur du secret

A la lumière de ce qui voit

 

 

En soi ; ce lieu où tout se passe

 

 

Le cœur, la tête et les mains vides qui, en un instant, s'emplissent du monde et qui, l'instant suivant, déposent sur la page ce qui les a traversés, ce qui les a nourris, froissés ou émerveillés...

 

 

A pas pesant parfois

Allant de par le monde avec cette foulée si humaine

 

 

Sous la mémoire

ce qui échappe aux éboulis du temps

 

 

Rien que de l'extraordinaire sous les yeux, au fond de l'âme, au cœur du monde, derrière les visages et les choses

 

 

Dire parfois ce qui nous émerveille

Et d'autres fois ce qui nous meurtrit

 

 

Si serré contre soi ; le monde

 

 

Comme condamné(s) au dehors ; sans le moindre ailleurs

Le cœur sans doute trop lâche et trop étroit pour explorer d'autres routes

 

 

Au bout du cri et du murmure ; le même silence ; antérieur et postérieur à toute expression ; et, si l'on est attentif, présent aussi dans ce qui se dit

 

 

Plongé(s) au cœur d'une nuit si profonde alors que tout flotte comme un rêve... Le monde, notre monde, l'existence, notre existence, l'histoire, toutes les histoires...

 

 

Ce qui danse devant nous

Comme si tout (enfin) commençait à vivre...

 

 

De l'autre côté de l'attente

Dans l'arrière-pays du silence

Là où tout danse au milieu du jour

 

 

A travers les mots

L'exploration de cette immensité si peuplée

La découverte des souffles de la trame

La multitude errante et dérivante

Tout ce qui invite au voyage

 

 

Au plus près de la lumière ; cet Amour sans résistance

 

 

Si bleue ; la danse

Comme si le ciel tournait dans nos bras

Comme si la terre devenait (enfin) un lieu à vivre

 

 

Derrière le saccage

L'enfance décimée

Le cœur dévasté

Et derrière le masque

le visage de l'homme

Et sous les apparences

ce que la terre et le ciel ont dicté

 

 

A travers le vent ; le passage

Du sol au ciel en un instant

 

 

Le cœur raviné par la furie des malheurs qui dévalent les pentes du monde

 

 

Essayer de dire le silence et l'infini

Tenter de transformer la parole en geste

et le texte en présence

et les offrir

comme si l'on voulait abolir les frontières

Voilà l'enjeu de ce qui s'écrit ici

 

 

Les yeux baissés

sur le monde

tantôt par honte

tantôt par pudeur

 

 

En ce monde où tout s'enchaîne

Les circonstances, les corps et les âmes

 

 

Au plus haut de la tendresse

l'obscurité embrassée

 

 

Le cœur hissé au-dessus de ce qui blesse

 

 

A travers la fatigue et le temps

Allant encore...

 

 

Si près de ce qui émerge

qu'il n'y a plus de différence

entre soi et le monde

entre l'âme et le sang

 

 

Des éclats de lumière

à travers l'épaisseur des mots

comme si quelque chose scintillait sous la langue

 

 

Sous la douleur

le renversement de l'âme

et le dévoilement progressif du mystère

 

 

La vie depuis toujours

La vie à jamais

 

 

La parole éruptive

comme deux mains jaillissant

de l'épaisseur du monde

de la pâte du temps

 

 

Le cœur renversé

énigmatique

sur son socle bancal

laissant entrevoir la pente et la chute à venir

à travers le sang qui coule

et édifiant déjà sa ruine

comme un triomphe

 

 

Au plus près du vivre ; la parole

offrant à l'existence une humble tribune

comme s'il (nous) fallait davantage que des gestes

 

 

L'encre restituant inlassablement l’œuvre de l'âme et du monde

 

 

Là où le temps faiblit

devient une faille

l'instant tente de s'extirper de sa gangue continue

pour se hisser sur la pierre

et au fond de l'âme

afin que cesse le rêve

et que soit célébré l'éternel

 

 

« Travaillé(s) » inlassablement par le mystère

 

 

Enchevêtrés

le minuscule et l'immensité

au fond de l'âme comme au cœur du monde

 

 

Le cœur effacé dans l'équation du rêve

comme si l'on voulait nous voler l'innocence

comme si l'on voulait remplacer le ciel et la lumière

par une épaisseur impénétrable

 

 

La faim, la semence et le meurtre

sans alternative

depuis que le monde est monde

 

 

Au terme du voyage

Au commencement de la danse

En ces lieux où l'on se moque des figures, du rythme et des pas

En ces lieux où la sauvagerie côtoie la plus haute intelligence

En ces lieux où la seule clé est le sourire et la joie de l'âme

 

 

Ici

sans mot dire

Le silence scellé au fond du cœur

 

 

Les livres ; ces si précieux amis...

 

 

Un écart à peine

sépare la danse du poème

la bête de l'homme

la terre du ciel

l'idiot du sage

C'est à partir d'une origine commune

que le monde s'est diversifié

et c'est grâce à cet infime décalage

que l'on peut distinguer ce qui a été engendré

 

 

De plus en plus proche des bêtes

Le cœur de plus en plus sauvage

 

 

Si tendre

ce regard sur le monde

 

 

La parole sylvestre

comme si la sève avait remplacé l'encre sur l'écorce blanche

 

 

Le cœur dévasté par le désastre

L'âme si noire à force de malheurs

 

 

La terre dévastée par le passage de l'homme

Ce que nous dit l’œil de la bête, le cœur des plantes, l'âme du monde

Cette célébration partout de la mort au profit d'une seule espèce

Ces génocides sans résistance ; presque sans voix pour s'indigner

Ce qui blesse – et attriste – ce qu'il y a de plus sensible en nous

 

 

Le cœur morcelé

à force de piétinement

malgré la beauté des choses et l'amitié du monde

 

 

Par-delà l'abondance et les excès

ce qui, en nous, aspire aux joies de la frugalité

sur cette terre où les ressources sont limitées

sur cette terre où piller est un sacrilège

 

 

Le cœur plein d'ombres et d'images

 

 

Quelque part

sur les décombres du monde

Sous cette lumière sombre

qui donne à la langue sa couleur

 

 

La parole tremblante

encerclée par les illusions du monde

usée par les usages prosaïques

cherchant un trou dans le miroir

une faille dans les reflets

Une trouée dans la nuit

pour témoigner de la beauté du réel

 

 

Lieu de vie et du voyage

Et socle du langage

Cette âme tachée d'encre et de monde

 

 

Expressément

L'Amour ou le massacre

selon la trajectoire de la lumière

 

 

Encore si près du sommeil

l'esprit et le monde de l'homme

comme privés de lumière et de sensibilité

 

 

A la verticale du plus vétuste

ce qui nous attend

 

 

Le sacré au milieu des larmes

 

 

Au fond de la nuit

Sous les étoiles

Nos malheurs comme amplifiés

 

 

De la même couleur que la nuit

Ce que nous élaborons pour tenter d'y échapper

 

 

Sur cette pierre un peu âpre

Le goût d'autre chose

et, peut-être, le plus inexorable

 

 

L'échine fuyante

sous les coups et les malheurs

 

 

Sans jamais rien atteindre

Le cœur comme empêché

Le doigt pourtant pointé vers la lune

Le bras pourtant tendu vers l'horizon

A courir en vain jusqu'au ciel

Ainsi trop souvent vivent les hommes

 

 

Sous la lune

L'âme aussi tremblante que les frondaisons

Le séant sur la pierre blanche

où se reflètent quelques étoiles

Le cœur absorbé par l'immensité nocturne

 

 

Matin d'herbe fraîche et de rosée

Matin encore empli de rêve et de nuit

alors que le soleil apparaît à l'horizon

 

 

C'est au fond du cœur que s'invente une joie affranchie des circonstances

 

 

Comme au dernier soir du monde

Le cœur en cendres

Les larmes qui coulent sur la joue, sur la pierre et le sang séché

A la manière d'une âme encore pleine d’innocence

 

 

Sans rien céder aux critiques, aux menaces, aux hurlements

Sur le socle mouvant du monde

Le soleil entre les mains

 

 

La courbure mystérieuse des destins

Et son lot de surprises

Pas à pas sur le chemin

 

 

Jetant tout dans le feu du silence

 

 

L’œil si vif qu'il pénètre le réel jusqu'à l'essence

 

 

Inavouable parfois

ce qui s'écoule du fond du cœur

 

 

Là où est le feu et la folie

Au cœur de la trame

comme au fond des yeux

 

 

Le Dieu céruléen

dépourvu d'images et de sang

sans croix ni couronne

Juste le cœur, l'infini et la lumière

 

 

A marcher là où le silence a laissé quelques traces...

 

 

Le désarroi du cœur parfois

devant l'impuissance de la parole

 

 

A se plaindre du temps passé et du lieu d'où l'on vient

A s'inquiéter du temps à venir et du lieu où l'on va

(Presque) sans jamais se soucier de l'instant que l'on vit et du lieu où l'on est

 

 

Dissoute l'obscurité

A l'instant où frappe la lumière

De la même manière que l'homme s'éclipse

lorsque apparaît le Divin

 

 

Depuis l'origine

Allant aussi loin que possible

puis retournant vers elle

Le destin de tout ce qui existe

 

 

Le cœur trempé dans tant de poèmes

que, dans les veines, l'encre et le rêve

ont remplacé le sang

 

 

Sans que nul ne sache

ce qui peut advenir

au cœur de la disparition

 

 

La danse de l'âme

entre la pierre et le ciel

sous le regard indifférent des astres

 

 

Au-delà des mots ; le souffle

Quelque chose de l'enjambement

Un allant ; une manière de s'élancer ;

de sauter par la fenêtre du réel ;

de s'offrir un grand plongeon

dans l'immensité

 

 

Le cœur

Au bord du précipice

A la frontière de la démesure

Porteur peut-être des tout derniers éclats de l'homme

 

 

L'invisible teinté du sang que nous faisons couler ;

et drapé de tous les linceuls du monde

 

 

Là où l'illusion n'est plus qu'un voile en lambeaux

qui ne sépare plus l'obscurité de la lumière

ni ce qui est vu de celui qui voit

 

 

Derrière l'illusion (cet enchevêtrement d'images)

le réel intact

 

 

Au pied du monde

Ce que les âmes ont abandonné

 

 

Achevé le temps du Dieu du dehors

 

 

Les yeux grands ouverts sur le sommeil du monde

 

 

Le bol tendu devant l’œil qui passe et la main indifférente

Mais sous un ciel qui a vu et qui offre son assentiment

en faisant tomber un peu d'or dans notre sébile

 

 

Sans jamais en avoir l'air

Le plus nécessaire

et le plus précieux

 

 

Derrière la mosaïque de figures

Le même visage

Derrière la fragilité et la finitude

La puissance et l'éternité

Derrière l'effervescence et le bruit

Le silence et la tranquillité

Cet incroyable mystère que nous sommes

 

 

Poème où tout est tissé de monde et de Divin

où tout se mêle à la douleur et au merveilleux

 

 

Qu'importe la mémoire

La parole aussi neuve et innocente

que l'esprit et l'âme en sont capables

 

 

Cette étrange poussière qui flotte devant l’œil qui donne au monde une allure de rêve

Comme si tout était recouvert d'un voile pulvérulent

 

 

L’œil témoin du ciel et du monde

des élans et des tentatives

des drames et des mascarades

de toutes les simagrées

de toutes les cécités

 

 

Par-delà les figurants et les assemblages

Le mystère

Et les questions (toutes les questions) de l'homme

Et l'écoute nécessaire pour résoudre toutes les énigmes

et percer tous les secrets

 

 

Une légère traînée de poussière derrière nos pas

ce que récoltera le monde après notre passage

Et pas davantage

 

 

Par-dessus les ornements

Le déploiement de la parole

Piétinant les rêves et le superflu

Pointant l'essentiel pour les âmes

 

 

Le bleu de l'enfance

faisant fi des désirs et des crimes

comme hissé à la pointe d'une hampe

et devenant, malgré lui, l'étendard des âmes innocentes

 

 

La lumière impliquée clandestinement

dans la boue et les légendes du monde

accompagnant même la bêtise hargneuse des foules

et l'aveuglement des assassins

S'investissant dans le dessein des civilisations

pour donner aux vies obscures

un peu de perspective et de clarté

 

Exilé du monde et de la page

L'âme et l'encre vagabondes

 

 

Hors de l'échiquier du monde

 

 

Une vie à la dérobée

dans les interstices et les marges

 

 

Le cœur écarté

comme si seule la fable comptait

comme si l'histoire avait plus de poids que le silence

comme si la nécessité empêchait de voir le bleu du monde

 

 

L'âme forgée par les épreuves

 

 

Le cœur mille fois écarté

pour survivre aux péripéties du voyage

 

 

La tête parfois plus proche de l'écume que de l'énigme

 

 

Autour du bleu

Le silence

L'âme sans âge qui danse

Les mots ciselés par l'expérience

Le chemin à travers l'obscurité

 

 

Sous les auspices du vent et de la solitude ; le voyage

 

 

Comme une très ancienne parole née, peut-être, du premier souffle

 

 

Tant de portes au fond du regard

et qui débouchent sur l'espace du cœur

cette immensité qui se prolonge

jusqu'aux plus lointaines périphéries du monde

 

 

Allant entre le sourire et l’effritement

dans cet intervalle terrestre

où tout finit par nous fausser compagnie

où tout finit par rencontrer la lumière

 

 

La porte de la chambre ouverte sur la forêt ;

sur les arbres, le ciel, les collines et l’horizon

Près du gîte des bêtes

Les yeux posés sur le vivant

Aux lisières du royaume sauvage

Le temps d'une nuit

Le temps d'une vie

 

 

La mort écartée d'un geste respectueux

Le regard posé au-delà des apparences

Aux confins du plus étrange

Là où le réel perd son déguisement

 

 

Par-delà la rudesse et l'indifférence

Le monde posé au-dedans du regard

qui échappe aux âmes trop peu tremblantes

et aux esprits trop engourdis

 

 

Entre les mains

Le cœur vivant

L'âme du monde

La pointe du rêve

Mille possibles

 

 

La souillure hissée

jusqu'au faîte de l'âme

Sans doute l'un des pires sortilèges

 

 

Le bleu répudié au profit du rêve

 

 

La peur enfilée comme un déguisement tenace

 

 

Dans la paume

Des lignes et un chemin

La vie ; la mort

Peut-être un destin

 

 

Nous écartant de la longue file

Allant là où il n'y a ni pair ni trace

 

 

Le cœur animal

Si proche du mystère

Libre et vulnérable

Sous ce ciel de neige

Cherchant une âme

peut-être un visage

un peu de chair

ou un abri

Arpentant indéfiniment

le monde sauvage

 

 

Accolé aux cendres

Accolé au temps

Parcourant le ciel et la terre

A la recherche de l'origine du monde

 

 

Le souffle précurseur

Explorant les mondes

S'insinuant partout

Vigoureux

Endurant

Indestructible

 

 

L’œil dénudé

comme l'âme et la chair

Allant sans charge

A travers le pays des hommes et de la langue

 

 

Entre les extrémités du temps

ne connaissant que trop la variabilité de l'âme

et la grande diversité des états

zigzaguant entre toujours et jamais

 

 

Des rêves sans couleur

des signes en noir et blanc

comme une étrange calligraphie

au fond de l'âme

quelque chose de l'absence

Aussi beaux que les paysages abrupts et pentus du cœur

 

 

A travers l'innocence

La seule étreinte possible

 

 

A la suite de cette longue filiation ;

quelques souffles, quelques signes, quelques pas

 

 

Là où la langue est un soleil

Entre les lèvres de celui qui parle

Le mystère et les mots tressés ensemble

comme le silence et la lumière

 

 

Au-delà du voyage

et des seuils franchis

L'itinéraire intérieur

déjouant toutes les chausse-trapes

du désir et de la mémoire

offrant à l'esprit le plus beau des promontoires

 

 

Dans la courbure naturelle du monde

La vie

Et le bleu-remède

Ce qui n'a de nom

qui illumine la danse et les pas

et qui donne à l'écart

le vertige des premières fois

 

 

Où que l'on soit

La possibilité du retour et du recommencement

 

 

Le cœur parfait

appuyé sur le vent

ouvert aux choses de la terre et du ciel

prompt à se prêter à tous les jeux

allant indifféremment vers le saccage ou la préservation

obéissant à l'Amour et aux exigences des situations

 

 

Le rêve enroulé autour du cou jusqu'à la suffocation...

 

 

Le geste arraché à l'absence

Si proche de l'invisible

Mêlant l'âme à toutes les choses de ce monde

 

 

Le ciel à genoux

devant tant d'ignorance, de maladresse et de sang

 

 

Faisant peu à peu glisser les choses hors de soi

jusqu'au parfait détachement

 

 

A travers les mots ; à travers la voix – c'est l'âme toute entière que l'on entend

 

 

Cet espace au fond du cœur qui – bien mieux que la tête – peut approcher la vérité

 

 

Auprès des arbres et de la lumière

Sans maître, sans croyance, sans vérité

Entre la pierre et l'infini

 

 

Au faîte de l'absence ; là où tout s'inverse et se révèle

 

 

A même la chair ; l'aventure

L'esprit engagé dans l'expérience

 

 

A partir du feu et du souffle

Le déploiement de la vie

Les pas bridés par le possible ;

rencontrant (inévitablement) les limites de la matière

 

 

Nous frayant un chemin

au milieu des vents

Allant ; allant

l'âme et la chair se frottant

aux aspérités du monde

 

 

Le cœur humide

Et le langage engagé dans l'expérience sensible

entre la roche et la feuille

entre le feutre et l'étoile

La parole aussi vivante que l'âme

 

 

Le réel mêlant l'infini et le monde ;

l'invisible et la matière

Le dicible et l'ineffable

sur fond de silence et de prière

 

 

Aux mains du réel

L'âme envoûtée

par la couleur des choses

et les textures du monde

 

 

D'une enfance à l'autre

sans jamais grandir

 

 

Au fond du cœur

Le plus précieux de l'enfance

 

 

Vivant

parfois à la manière des nuages qui traversent le ciel

parfois à la manière du ciel qui voit défiler les nuages

 

 

De l'autre côté du muret de pierre

L'envers de la fable

La face lumineuse du monde

 

 

Par-dessus le faîte

La vie vraie

et la lumière qui s'offre

au cœur arrivé au terme de son apprentissage

 

 

Par-delà les rives et les horizons

Par-delà la course folle des hommes

Par-delà ce que perçoivent les vigies

Par-delà les mythes et les fables

Sifflant dans le vent

Le cœur posé sur la grève déserte

L'esprit de celui qui regarde au loin

Et son inénarrable aventure vers l'invisible

qui règne sur les âmes de ce monde

 

 

Le cœur battant

A force d'épreuves et de voyages

A force de tours et de découvertes

Lancé dans le chenal des conquérants

Si obstinément

Loin des foules et des arènes

Jetant toutes ses forces

dans l'exploration du moins connu

 

 

La main de l'aube

Et la main du temps

Si serrées dans les nôtres

 

 

Le cœur sous les nuages

Au milieu des fleurs fanées

Entonnant une prière pour les vivants

 

 

L'infini s'insinuant

à travers les plaies de la chair

et les peines de l'âme

partout où règne la douleur

 

 

Sur cette ligne infinie

tant d'âmes se sont posées

ont cheminé avant et avec nous

accompagnant nos découvertes et nos pas

 

 

Dieu derrière nos yeux fermés

dans notre main tendue

dans notre poing brandi

partout où nous avons essayé de le remplacer

 

 

Dire l'homme, l'âme et le monde

 

 

Le geste

Le ciel

Et le poème

 

 

S'asseoir sous les frondaisons

et ressentir ; et regarder la vie

 

 

Pas après pas

Page après page

Sur le même chemin

 

 

Des mots

Parfois comme une caresse

Parfois comme un cri

Parfois comme une secousse

 

 

Seul le vent décide de la direction

L'âme, elle, se laisse mener

 

 

Face au poème

L'âme ravie

Et le cœur incliné

 

 

Ce qu'est chacun

exactement ce qu'il faut

 

 

Le cœur parfois aussi blanc que la neige

 

 

Face au ciel

Face au monde

Face aux hommes

Le même regard libre

mais le cœur attaché

 

 

Fidèle au jour

Fidèle au monde

Et à l'écart nécessaire

 

 

Au cœur même du jeu et de la trame

 

 

Au milieu de l'abondance et de la frivolité

Quelque chose de l'ascétisme et du dépouillement

 

 

Une parole où tout est emmêlé

Quelque chose de l'âme et de l'infini

Des bribes de monde

Et des fragments de silence

Un élan irrépressible vers l'invisible

 

 

Passager provisoire d'un monde précaire

Allant comme vont les bateaux, le vent et les étoiles

 

 

Sous la blessure invisible

Le soleil promis

Et l’œil encore humide

 

 

Au fond de la blessure

Quelque chose de la joie silencieuse

Une manière de sourire et d'être présent au monde

qui révèle l'état le plus secret de l'âme

 

 

Le cœur fripé

à force d'avarice

à force d'étroitesse

à force de repli

 

 

L'état du ciel

et l'état du cœur

après l'orage

 

 

A tâtons

dans l'obscurité

Le cœur qui cherche

 

 

Dans les tremblements de la chair

et les battements du cœur

Ce que révèle la rencontre

 

 

Le cœur étendu

sur sa terre originelle

Revenu d'exil

sans cérémonie

retrouvant intact son royaume

aussi seul aujourd'hui qu'autrefois

 

 

Si solitaire

celui qui va

explorer le monde

arpenter le dedans

ne supportant que Dieu pour compagnie

allant sans attache

sans jamais se contenter de l'horizon

 

 

L'aube au sortir du sommeil

Cette lumière rêvée

Cette lumière tant espérée

comme une cathédrale

après tant de songes et de prières

 

 

Seul dans la vastitude du monde

le cœur au-dehors

accroché à l'âme

qui surplombe le sommeil

qui enjambe la fièvre

qui arpente l'autre versant de la nuit

 

 

A voyager léger

et sans assistance

au gré des vents et des étoiles

 

 

Accueillant tout ce qui s'invite

ne laissant rien à la porte de l'âme

et qu'importe que le cœur ou la chair

soit caressé(e) ou meurtri(e)

 

 

Le geste

A la manière d'une calligraphie

Quelques traits invisibles

dessinés depuis les profondeurs de l'âme

 

 

Le cœur si serré par l'inoubliable

 

 

Au milieu des astres éparpillés

Au milieu des visages dispersés

La même énigme

 

 

Entre Dieu et l'homme

la distance nécessaire

à la découverte du mystère et des origines

 

 

En ce monde

où tout est si parfaitement divers

si parfaitement ajusté au reste

avant que l'homme ne saccage la terre et le vivant

et prépare (malgré lui) une ère nouvelle

où tout deviendra synthétique et immatériel

et où l'on vivra sous le règne

de la similitude, de l'interchangeabilité et du remplacement

 

 

Abandonné(s) à la vie

à la mort

au monde

et aux circonstances

comme un brin de paille

porté par le vent

 

 

Rien qu'un nom

pour croire en son devenir

en son déploiement

Sous les yeux de ceux qui ignorent

 

 

Emporté jusqu'à cette rive

où rien ne peut être bâti

aussi vide qu'essentielle

et que nul ne peut faire sienne

 

 

Le cœur porté par le voyage

jusqu'au point de retournement

 

 

Sur la terre

Sous le ciel

Au bord de l'énigme

 

 

Au-delà des fables, des possibles, du hasard

Ce qui, de loin, ressemble à une chute

Et, de près, à un envol

Et, de l'intérieur, à une délivrance

Quelque chose qui a le goût de la vérité

 

 

Coincée sous le sommeil, un peu de lumière

 

 

Toutes les choses

Tous les êtres

Tous les états

L'âme, la vie, le monde, le temps, la mort

Parfaitement réversibles

 

 

Sans raison

La vie qui danse

 

 

La nuit

Et le sommeil des hommes

Identiques depuis le premier jour du monde

 

 

Dans la compagnie d'un Dieu silencieux et sans préférence

 

 

Au cœur du destin

La ronde des visages

Mille détours et mille chemins

Sous un ciel sans consigne

Ce que l'homme – en général – relègue à l'obscurité

 

 

Vers le silence et la joie

Bien plus que ce qu'il y a à en dire...

 

 

Auprès de ceux qui n'ont ni rite ni croyance

L'âme au cœur de l'incertitude

La vie sans socle

Allant comme la fumée et les nuages

Sur ce chemin étrange

où rien ne peut survivre

 

 

Sans rien atteindre

Sans rien réussir

A patauger dans l'indécence et l’obscénité

Et ne trouvant rien qu'un gisement d'excréments

 

 

Aux premières heures du jour

Le plus clair du monde

La terre dans ses habits de lumière

Et cette joie si vive

Et ce regard si innocent

 

 

Au cœur de cette étrange géographie du langage

où le silence tient une place si centrale

 

 

La gorge sèche

à force de mots

à force de joie

 

 

Sous la magie des rayons du soleil

qui transpercent les sous-bois

donnant au monde

cette étrange atmosphère des premières fois

 

 

Agenouillé

devant les visages du monde

comme devant un paysage de sable

si fragile – si provisoire

qui sera bientôt emporté par le vent

et la main de Dieu

avec un sourire au fond de l'âme

 

 

Si vaste cette nuit

presque autant que le ciel et le mystère

 

 

Sur cette route étrange qui mène au silence

 

 

Encore dans l'écume du mystère

 

 

Au bord de l'oubli

Ce qui s'exhibe si humblement

 

 

Au-delà du cœur

Au-delà du temps

Ce qui échappe (si adroitement)

aux aléas de l'existence,

à l'hostilité du monde

et aux griffes inévitables de la mort

 

 

Le cœur affranchi des transactions

Le regard vaste et libre

La preuve qu'une alternative

est possible en ce monde

 

 

Quelque chose de vague

peut-être un territoire

peut-être un passage

un voyage sans doute

vers un lieu que chacun ignore

 

 

Accordé à la vie sans cesse changeante

Le cœur communautaire

et l'âme aventureuse

 

 

Franchissant seuil après seuil

Sans jamais s'en rendre compte

 

 

Le sort des bêtes fixé – malheureusement – par la faim et l'humeur de l'homme

 

 

Du fond de l'âme

Le voyage

 

 

Là où la terre se jette dans l'infini

Là où le monde pèse moins lourd que l'âme

Là où tout n'est plus que tendresse et vibrations

 

 

Le cœur parfois entaillé par la trame

 

 

Les tremblements de la chair face à la lumière

 

 

Le cœur de plus en plus sylvestre et solitaire

 

 

L'âme si proche du secret

 

 

Sur cet étrange sentier qui mène au mystère

 

 

Mille manières de vivre auprès de la lumière

 

 

Le cœur pressé de découvrir ; contraint d'explorer ; puis d'apprendre peu à peu à devenir le territoire à arpenter

 

 

Délaissant peu à peu les mots pour la vie sauvage

 

 

Le cœur infiniment reconnaissable

à travers cette manière d'être au monde

comme une signature infalsifiable

 

 

Réduits parfois à la langue

Les gestes de l'âme

comme empêtrés dans les mots

Vague éboulis

dans cette avalanche un peu absurde de signes

 

 

A écouter en soi

la respiration du vivant

A déceler ses origines et ses intentions

comme s'il s'agissait d'un livre ouvert

 

 

Le cœur bondissant

hors de l'alignement

animé par ce désir un peu fou (mais si légitime)

de faire cavalier seul

d'explorer l'existence et le monde à sa façon

 

 

Au cœur du mouvement

Mille fenêtres ouvertes

sur l'immobilité

 

 

Ni trace

Ni voix

Seulement un immense feu de joie

au fond de l'obscurité

 

 

En lettres blanches sur la grâce

cette étrange inscription

que ne réussissent à lire

que ceux qui se sont affranchis du langage

 

 

Une partie de l'âme

encore dans le sommeil

Et l'autre sautant à pieds joints

au cœur du merveilleux

 

 

Tant d'équivoques

dans ce que nous appelons la vérité

 

 

Écouter le monde au loin

Et le vent

Et les bruits de la forêt (tout proches)

Dans un sentiment de joie inouï

 

 

Le cœur innocent

posé sur la main ouverte

 

 

A regarder le monde

depuis la pointe de l'âme

 

 

Tout danse

Se sent vivant

puis, un jour, se désagrège

sous la lumière impassible

 

 

L'âme portée en étendard

flottant au vent

Et sur nos épaules nues

la couverture de l'innocence

 

 

Des traits sur la pierre

Des traits dans le ciel

qui se rejoignent dans l'atelier de l'âme

avant de se transformer en mots sur la page

 

 

Des mots hésitants

Et des gestes tremblants

comme si rien ne pouvait (réellement) s'afficher avec certitude

 

 

L'arbre

La fleur

La bête

La pierre

Le ciel

Le vent

Tel que nous vivons le monde

Et tel qu'il se dessine sur la page

 

 

Des larmes

Comme un élan de tendresse et de joie

Une douce ivresse

 

 

Qu'est-ce qui se cache au fond de la chair en plus du souffle et du feu ? Serait-ce donc un peu d'âme ?

 

 

Ce que l'on caresse ou encourage

et ce que l'on dévaste ou anéantit

sans même le savoir

à travers notre manière d'être au monde

 

 

Le ciel ancestral

sous nos yeux ébahis

Si brumeux

que l'on se croirait

plongé dans quelque rêve étrange

 

 

A mesure que le cœur s'éclaircit

le monde, bien sûr, devient moins sombre

 

 

L'âme explorée comme un territoire

 

 

Le cœur et le regard

la seule issue pour l'âme, l'homme et le monde

la seule perspective possible

pour transformer le destin terrestre

 

 

Au cœur de ce rêve d'arbres et d'oiseaux

de nuages et de rosée

de bêtes et de rochers

le monde célébré comme une fête

 

 

Au plus près du sommeil

cet élan mécanique

coupé du ciel et des étoiles

coupé de l'âme et des vivants

si bestial

si peu sensible

si atrocement humain

 

 

Blottis à l'intérieur

le parfum du Divin

le goût de la fête et du silence

mêlés au souffle de l'homme

 

 

Dans le vertige de l'écart

quelque chose de fou

quelque chose de vrai

affranchi des farces et des faux-semblants

 

 

Le rêve exposé

Jamais expliqué

Imbibant l'âme et le monde

les gestes et les yeux

 

 

Le goût si tenace de l'impensable

 

 

Nourrir l'âme, la terre, le reste

d'un regard ou d'un geste tendre et hospitalier

 

 

Le cœur si plein du mystère

Pourquoi irait-on explorer ailleurs...

 

 

Rétif aux malheurs

Les stoppant d'un regard

Les faisant rebrousser chemin d'un sourire

 

 

La joie si présente

si manifeste

si expressive

qu'elle accueille, nourrit,

transforme et emporte tout

 

 

Le cœur sauvegardé

dans sa gangue de poussière

sur ces terres arides et reptiliennes

où la tendresse et la lumière

se font bien rares

 

En soi

les malheurs et les tracas

enrobés de quelques paroles

et d'un peu de folie

pas assez sans doute pour jouer avec

et danser sur la pente de la joie

qui, vue depuis le monde, semble bien peu fréquentée

 

 

Partageant la misère

et l'opportunité d'y échapper

 

 

L'homme jetant ses dernières forces

dans cette civilisation sans avenir

 

 

Depuis toujours

Le cœur véritable

 

 

La lente métamorphose de l'âme

passant du néant à l'épreuve

puis de l'épreuve à la joie

au cours d'un long et rude périple

 

 

D'un même élan

Ce qui se perd

et ce qui se trouve

 

 

Depuis des millénaires

la faim, le désir et l'oubli

et son lot (inévitable) de meurtres et de profanations

 

 

Quelque chose, peut-être, qui ressemblerait à un destin

 

 

Ce que l'on rencontre

offrande aussi (bien sûr)

 

 

La tendresse et la lumière

par-delà la mémoire et l'imaginaire

 

 

Le cœur en friche

sans revendication

sans autre récolte que la joie

 

 

Les yeux à l'intérieur

Et le geste affranchi des nécessités du monde

 

 

L'âme aussi près que possible des choses de la terre et du ciel

 

 

Oublié l'alphabet du silence

comme l'atteste cette abondance de mots

 

 

L'expérience intérieure

Libre de toutes les mainmises

 

 

Écrasés par la monstruosité du monde

ces quelques fragments d'innocence

 

 

Pas à pas

au cœur des ténèbres

 

 

En retrait du monde

Le labeur discret

Le cœur silencieux

Mais l'âme vigoureuse

 

 

La forêt

Et les bêtes

Si organiquement

Comme si rien ne nous séparait

 

 

Le don et l'étreinte plutôt que l’échange

 

 

Le cœur

au sommet de l'échelle

depuis l'origine

bien plus que les instincts, la discorde et le chaos

bien plus que le désir, le sang et les lois de la terre

 

 

L'Absolu

infailliblement

en dépit de l'éphémère

 

 

La calligraphie du moins certain

sur les pages tremblantes du monde

 

 

Amoureux de ce qui nous donne cette étrange allure de nuage

 

 

Le fond de l'âme

si souvent ignoré

si souvent méconnu

comme si l'on préférait

la chair à la lumière

la surface à la profondeur

 

 

Soupesant la valeur de la parole esquissée

au regard de ses liens avec l'âme et la vie

Trait après trait

ignorant la gloire et la taille de l'auditoire

préférant s'offrir au ciel et aux nuages

 

 

Seul

et sans devenir

Le ciel parfaitement lové

sous les paupières

 

 

Si proche de tout ce qui a été estropié

Si proche de tout ce qui a été déconstruit

Plein de plaies, de bosses et de néant

mais le cœur joyeux à présent

 

 

Patiemment le poème

Comme s'est défaite la mémoire

 

 

Bout d'étoffe calligraphié

à la manière d'un sac et d'une fenêtre

gracieusement offert(s) aux âmes de ce monde

 

 

L'âme patiemment évincée

par le règne du monde

malgré les sourires et les poèmes

malgré le labeur incessant des innocents

 

 

Le cœur usé

par l'usage du rêve

avec encore un peu de souffle

quelques élans de vie

au fond de l'âme de ceux qui résistent

 

 

Au creux de la main

par-dessous les cales

l'innocence qui guette

la justesse du geste

 

 

Par-dessus ces pierres millénaires

notre âge ridicule

 

 

Quelque chose du silence dans tous ces mots offerts

 

 

Là où l'on fouille

pour pouvoir célébrer plus encore

la vie et le travail de l'âme

 

 

La terre dessinée

autour des saisons

dans l'axe de l'arbre et du soleil

la tête aussi haute que les montagnes

la chair-océan

et les âmes qui passent comme des nuages

 

 

Ce que l'on entend

à travers le hurlement des bêtes

toute la détresse du monde

 

 

Folie impétueuse dit-on

alors que les têtes acquiescent

ou essaient parfois de résister au chaos intérieur

à la danse tumultueuse des forces

qui s'opposent ou se chevauchent

Le monde, l'homme et l'âme tels qu'ils sont

 

 

Tout mélangé

Le délire et la sagesse

Le cri et le poème

La bête et l'homme

Le meurtre et la prière

Le rêve et la réalité

 

 

Au cœur des pas

La nuit qui se retire

Le souffle de l'âme

guidé par la naissance de la lumière

 

 

Le rêve commun

depuis toujours

au-delà des combinaisons de chair

au-delà même des désirs de l'âme

Le ciel et la paix

Et la terre libérée du délire et des prières

 

 

Et si au lieu de dire, il nous fallait seulement aimer

 

 

A l'intérieur

comme les pierres respirent

Le cœur par-dessus les murs

parcourant ainsi l'espace

Loin des assemblées

et du long cortège des âmes endormies

 

 

Au cœur de la matière dansante et bruyante

Ce qui peut être vécu depuis l'immobilité et le silence

 

 

A la cime de l'innocence

Le mystère

Une forme indicible de joie et de liberté

Bien au-delà du rêve et du poème

 

 

Le cœur si sauvage

après avoir longtemps erré autour du sommeil

s'extirpant du périmètre

enjambant la lisière

pour échapper aux jeux du monde

et aux ambitions des hommes

 

 

Derrière les rideaux du ciel

La clarté

comme à travers un rêve

 

 

Des restes de rêves

Et des jeux clandestins

Comme si tout était autorisé à revenir

Comme si tout était autorisé à se déployer

 

 

A travers le moins certain

A travers le plus précaire

L'étrange surgie du mystère

 

 

Incapable(s) de créer un monde frugal et joyeux

Haïssant le naturel et l’innocence

N’œuvrant qu'à la gloire destructrice de l'homme

 

 

Le cœur retiré

Imperceptiblement

Se redressant au rythme lent de l'arbre

Indifférent aux commentaires

aux critiques et aux compliments

 

 

Dans le sillage imperceptible du silence

 

 

Comme un souffle inconnu

ce bouleversement de la terre

si différent des révolutions d'autrefois

où hier et demain se tenaient par la main

où les choses suivaient leur cours naturel

où les gestes étaient le prolongement de la terre

où les têtes n'étaient pas encore totalement

plongées dans le délire et le rêve

 

 

Nous écartant peu à peu de l'élan initié par le souffle premier

Nous éloignant indiscutablement de la terre et du vivant

 

 

Le rouge étreint jusqu'à la moelle

jusqu'au fond de la douleur

puis, un jour, comme par magie oublié

 

 

A l'écoute de l'esprit de la forêt

sur le même versant que les pierres et les bêtes

si proche de l'humus

comme si l'écorce, les lichens et les poils

étaient notre peau

 

 

Sur un chemin qui, peu à peu, nous éloigne des hommes

allant avec les bêtes et les nuages à travers le ciel et la forêt

 

 

Comme un chien fidèle à la sauvagerie

 

 

Au commencement de l'encre ; cette folle envie de bleu qui donne à la phrase cet élan incontrôlable

 

 

Au plus loin de l'homme

Dans ce grand jardin

où poussent des arbres millénaires

où il n'y a ni mur ni meurtre

où il fait si bon vivre

où ne règnent que l'Amour, la solitude, le voyage et le poème

 

 

Si près de l'os que tout vibre au fond de l'âme

 

 

Rien que des pierres autour de soi

et le langage du sol et des montagnes

et les reflets du ciel

qui scintillent sur la pente

que nos pas ont choisie

 

 

Sur la scène

aucun visage

Juste le vent

et ce chant qui monte

du fond de l'âme

 

 

Moins loin qu'ailleurs

entre ici et le pas de côté

comme suspendu

au-dessus du monde

 

 

Ce qui tourne encore

au fond du ventre

au fond du cœur

au fond de la tête

au milieu des vents et de l'obscurité

 

 

Coupés

les fils du monde et du temps

L'existence réduite à l'ici et à l'instant

et qu'importe que nous soyons mortels

 

 

A l'autre bout de soi

un grand feu de joie

autour duquel nous sommes déjà tous réunis

 

 

Rien au-dessus de l'échelle du temps

Le même monde

où tout est encore condamné

à grimper plus haut

toujours plus haut

 

 

Face au ciel

Le cœur blessé

Et l'oiseau qui chante

 

 

Autre chose que soi

Peut-être le silence

 

 

Au fond de soi

Le vent

Et ce qui écoute

 

 

Des signes imprimés sur la page

Des pas peut-être vers le silence

 

 

Au cœur des saisons

Ce qui défile comme les nuages

 

 

Presque rien

Un peu d'âme

Un peu de terre

Un peu de vent

Et quelque chose à déployer

 

 

La terre et le cœur labourés

par l'angoisse et la mémoire

L'histoire de l'homme

L'histoire du monde

 

 

Sous la pluie d'automne

les morts pour compagnie

et des siècles de souvenirs

 

 

Sur les registres du monde

Tant d'histoires et de fins tragiques

Et ces larmes perpétuelles

Et ces désirs presque intacts

 

 

Le nom effacé

Le visage presque parfaitement dilué dans les liens

Sans rien trouver

sinon un peu d'âme et de chair

Allant partout où on l'appelle

Ne désirant rien d'autre que ce qui s'invite

 

 

L'âme, le geste et le mot parfaitement alignés

Et cette joie presque clandestine

qui surplombe ces lignes

 

 

L’œil dansant au milieu des voiles

tantôt caressé

tantôt percuté

tantôt traversant la brume épaisse des images et des idées

parfois collé à la trame du réel

parfois posé en surplomb des tentatives et des mouvements

 

 

Fils de la terre et des nuages

aussi fidèle à la danse qu'au ciel