Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
LES CARNETS METAPHYSIQUES & SPIRITUELS

A PROPOS

La quête de sens
Le passage vers l’impersonnel
L’exploration de l’être

L’intégration à la présence


 

CARNETS PUBLIES

L'expérience du monde 
Récit (1997-1999)

Solitudes 
Récit (2001)

Le petit chercheur Livre 1  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 2  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 3  
Conte (2004)

Quêteur de sens  
Essai anthologique (2005)

Traversée commune  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 1  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 2  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 3  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 4  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 5  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 6  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 7  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 8  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 9  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 10  
Livre expérimental (2007)

Tourbillon(s) 
Journal & récit (2008-2013)

Le goût d'autre chose 
Journal (2013-2016)

Un homme simple et sage 
Récit (2014)

Une âme sensible Vol 1  
Journal (2016-2019)

Une âme sensible Vol 2 
Journal (2016-2019)

Entre le rêve, le monde... Vol 1  
Journal (2019-2020)

Entre le rêve, le monde... Vol 2  
Journal (2019-2020)

Quelque chose du sang...  
Journal (2020-2021)

En plein cœur Vol 1 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 2 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 3 
Journal (2021-2022)

Si près de nos lèvres... Vol 1 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 2 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 3 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 4 
Journal (2022-2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 1 
Récit (2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 2  
Récit (2023)

Une destinée sans certitude Vol 1 
Journal (2023-2024)

Une destinée sans certitude Vol 2 
Journal (2023-2024)

Entre Dieu et la pierre Vol 1
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 2
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 3
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 4
Journal (2024-2025)

Quelques jours... Vol 1  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 2  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 3  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 4  
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 1
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 2
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 2 partie 1
Journal (2025-2026)

En son for intérieur Vol 2 partie 2
Journal (2025-2026)

 

CARNETS BRUTS

Carnet n°1
L’innocence bafouée

Récit / 1997 / La quête de sens

Carnet n°2
Le naïf

Fiction / 1998 / La quête de sens

Carnet n°3
Une traversée du monde

Journal / 1999 / La quête de sens

Carnet n°4
Le marionnettiste

Fiction / 2000 / La quête de sens

Carnet n°5
Un Robinson moderne

Récit / 2001 / La quête de sens

Carnet n°6
Une chienne de vie

Fiction jeunesse / 2002/ Hors catégorie

Carnet n°7
Pensées vagabondes

Recueil / 2003 / La quête de sens

Carnet n°8
Le voyage clandestin

Récit jeunesse / 2004 / Hors catégorie

Carnet n°9
Le petit chercheur Livre 1

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°10
Le petit chercheur Livre 2

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°11 
Le petit chercheur Livre 3

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°12
Autoportrait aux visages

Récit / 2005 / La quête de sens

Carnet n°13
Quêteur de sens

Recueil / 2005 / La quête de sens

Carnet n°14
Enchaînements

Récit / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°15
Regards croisés

Pensées et photographies / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°16
Traversée commune Intro

Livre expérimental / 2007 / La quête de sens

Carnet n°17
Traversée commune Livre 1

Récit / 2007 / La quête de sens

Carnet n°18
Traversée commune Livre 2

Fiction / 2007/ La quête de sens

Carnet n°19
Traversée commune Livre 3

Récit & fiction / 2007 / La quête de sens

Carnet n°20
Traversée commune Livre 4

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°21
Traversée commune Livre 5

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°22
Traversée commune Livre 6

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°23
Traversée commune Livre 7

Poésie / 2007 / La quête de sens

Carnet n°24
Traversée commune Livre 8

Pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°25
Traversée commune Livre 9

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°26
Traversée commune Livre 10

Guides & synthèse / 2007 / La quête de sens

Carnet n°27
Au seuil de la mi-saison

Journal / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°28
L'Homme-pagaille

Récit / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°29
Saisons souterraines

Journal poétique / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°30
Au terme de l'exil provisoire

Journal / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°31
Fouille hagarde

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°32
A la croisée des nuits

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°33
Les ailes du monde si lourdes

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°34
Pilori

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°35
Ecorce blanche

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°36
Ascèse du vide

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°37
Journal de rupture

Journal / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°38
Elle et moi – poésies pour elle

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°39
Préliminaires et prémices

Journal / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°40
Sous la cognée du vent

Journal poétique / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°41
Empreintes – corps écrits

Poésie et peintures / 2010 / Hors catégorie

Carnet n°42
Entre la lumière

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°43
Au seuil de l'azur

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°44
Une parole brute

Journal poétique / 2012 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°45
Chemin(s)

Recueil / 2013 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°46
L'être et le rien

Journal / 2013 / L’exploration de l’être

Carnet n°47
Simplement

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°48
Notes du haut et du bas

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°49
Un homme simple et sage

Récit / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°50
Quelques mots

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°51
Journal fragmenté

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°52
Réflexions et confidences

Journal / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°53
Le grand saladier

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°54
Ô mon âme

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°55
Le ciel nu

Recueil / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°56
L'infini en soi 

Recueil / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°57
L'office naturel

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°58
Le nuage, l’arbre et le silence

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°59
Entre nous

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°60
La conscience et l'Existant

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°61
La conscience et l'Existant Intro

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°62
La conscience et l'Existant 1 à 5

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°63
La conscience et l'Existant 6

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°64
La conscience et l'Existant 6 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°65
La conscience et l'Existant 6 (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°66
La conscience et l'Existant 7

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°67
La conscience et l'Existant 7 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°68
La conscience et l'Existant 8 et 9

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°69
La conscience et l'Existant (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°70
Notes sensibles

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°71
Notes du ciel et de la terre

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°72
Fulminations et anecdotes...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°73
L'azur et l'horizon

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°74
Paroles pour soi

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°75
Pensées sur soi, le regard...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°76
Hommes, anges et démons

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°77
La sente étroite...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°78
Le fou des collines...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°79
Intimités et réflexions...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°80
Le gris de l'âme derrière la joie

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°81
Pensées et réflexions pour soi

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°82
La peur du silence

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°83
Des bruits aux oreilles sages

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°84
Un timide retour au monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°85
Passagers du monde...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°86
Au plus proche du silence

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°87
Être en ce monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°88
L'homme-regard

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°89
Passant éphémère

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°90
Sur le chemin des jours

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°91
Dans le sillon des feuilles mortes

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°92
La joie et la lumière

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°93
Inclinaisons et épanchements...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°94
Bribes de portrait(s)...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°95
Petites choses

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°96
La lumière, l’infini, le silence...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°97
Penchants et résidus naturels...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°98
La poésie, la joie, la tristesse...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°99
Le soleil se moque bien...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°100
Si proche du paradis

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°101
Il n’y a de hasardeux chemin

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°102
La fragilité des fleurs

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°103
Visage(s)

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°104
Le monde, le poète et l’animal

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°105
Petit état des lieux de l’être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°106
Lumière, visages et tressaillements

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°107
La lumière encore...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°108
Sur la terre, le soleil déjà

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°109
Et la parole, aussi, est douce...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°110
Une parole, un silence...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°111
Le silence, la parole...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°112
Une vérité, un songe peut-être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°113
Silence et causeries

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°114
Un peu de vie, un peu de monde...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°115
Encore un peu de désespérance

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°116
La tâche du monde, du sage...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°117
Dire ce que nous sommes...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°118
Ce que nous sommes – encore...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°119
Entre les étoiles et la lumière

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°120
Joies et tristesses verticales

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°121
Du bruit, des âmes et du silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°122
Encore un peu de tout...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°123
L’amour et les ténèbres

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°124
Le feu, la cendre et l’infortune

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°125
Le tragique des jours et le silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°126
Mille fois déjà peut-être...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°127
L’âme, les pierres, la chair...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°128
De l’or dans la boue

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°129
Quelques jours et l’éternité

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°130
Vivant comme si...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°131
La tristesse et la mort

Récit / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°132
Ce feu au fond de l’âme

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°133
Visage(s) commun(s)

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°134
Au bord de l'impersonnel

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°135
Aux portes de la nuit et du silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°136
Entre le rêve et l'absence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°137
Nous autres, hier et aujourd'hui

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°138
Parenthèse, le temps d'un retour...

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°139 
Au loin, je vois les hommes...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°140
L'étrange labeur de l'âme

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°141
Aux fenêtres de l'âme

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°142
L'âme du monde

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°143
Le temps, le monde, le silence...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°144
Obstination(s)

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°145
L'âme, la prière et le silence

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°146
Envolées

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°147
Au fond

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°148
Le réel et l'éphémère

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°149
Destin et illusion

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°150
L'époque, les siècles et l'atemporel

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°151
En somme...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°152
Passage(s)

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°153
Ici, ailleurs, partout

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°154
A quoi bon...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°155
Ce qui demeure dans le pas

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°156
L'autre vie, en nous, si fragile

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°157
La beauté, le silence, le plus simple...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°158
Et, aujourd'hui, tout revient encore...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°159
Tout - de l'autre côté

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°160
Au milieu du monde...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°161
Sourire en silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°162
Nous et les autres - encore

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°163
L'illusion, l'invisible et l'infranchissable

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°164
Le monde et le poète - peut-être...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°165
Rejoindre

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°166
A regarder le monde

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°167
Alternance et continuité

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°168
Fragments ordinaires

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°169
Reliquats et éclaboussures

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°170
Sur le plus lointain versant...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°171
Au-dehors comme au-dedans

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°172
Matière d'éveil - matière du monde

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°173
Lignes de démarcation

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°174
Jeux d'incomplétude

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°175
Exprimer l'impossible

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°176
De larmes, d'enfance et de fleurs

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°177
Coeur blessé, coeur ouvert, coeur vivant

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°178
Cercles superposés

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°179
Tournants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°180
Le jeu des Dieux et des vivants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°181
Routes, élans et pénétrations

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°182
Elans et miracle

Journal poétique / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°183
D'un temps à l'autre

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°184
Quelque part au-dessus du néant...

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°185
Toujours - quelque chose du monde

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°186
Aube et horizon

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°187
L'épaisseur de la trame

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°188
Dans le même creuset

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°189
Notes journalières

Carnet n°190
Notes de la vacuité

Carnet n°191
Notes journalières

Carnet n°192
Notes de la vacuité

Carnet n°193
Notes journalières

Carnet n°194
Notes de la vacuité

Carnet n°195
Notes journalières

Carnet n°196
Notes de la vacuité

Carnet n°197
Notes journalières

Carnet n°198
Notes de la vacuité

Carnet n°199
Notes journalières

Carnet n°200
Notes de la vacuité

Carnet n°201
Notes journalières

Carnet n°202
Notes de la route

Carnet n°203
Notes journalières

Carnet n°204
Notes de voyage

Carnet n°205
Notes journalières

Carnet n°206
Notes du monde

Carnet n°207
Notes journalières

Carnet n°208
Notes sans titre

Carnet n°209
Notes journalières

Carnet n°210
Notes sans titre

Carnet n°211
Notes journalières

Carnet n°212
Notes sans titre

Carnet n°213
Notes journalières

Carnet n°214
Notes sans titre

Carnet n°215
Notes journalières

Carnet n°216
Notes sans titre

Carnet n°217
Notes journalières

Carnet n°218
Notes sans titre

Carnet n°219
Notes journalières

Carnet n°220
Notes sans titre

Carnet n°221
Notes journalières

Carnet n°222
Notes sans titre

Carnet n°223
Notes journalières

Carnet n°224
Notes sans titre

Carnet n°225

Carnet n°226

Carnet n°227

Carnet n°228

Carnet n°229

Carnet n°230

Carnet n°231

Carnet n°232

Carnet n°233

Carnet n°234

Carnet n°235

Carnet n°236

Carnet n°237

Carnet n°238

Carnet n°239

Carnet n°240

Carnet n°241

Carnet n°242

Carnet n°243

Carnet n°244

Carnet n°245

Carnet n°246

Carnet n°247

Carnet n°248

Carnet n°249

Carnet n°250

Carnet n°251

Carnet n°252

Carnet n°253

Carnet n°254

Carnet n°255

Carnet n°256

Carnet n°257

Carnet n°258

Carnet n°259

Carnet n°260

Carnet n°261

Carnet n°262

Carnet n°263
Au jour le jour

Octobre 2020

Carnet n°264
Au jour le jour

Novembre 2020

Carnet n°265
Au jour le jour

Décembre 2020

Carnet n°266
Au jour le jour

Janvier 2021

Carnet n°267
Au jour le jour

Février 2021

Carnet n°268
Au jour le jour

Mars 2021

Carnet n°269
Au jour le jour

Avril 2021

Carnet n°270
Au jour le jour

Mai 2021

Carnet n°271
Au jour le jour

Juin 2021

Carnet n°272
Au jour le jour

Juillet 2021

Carnet n°273
Au jour le jour

Août 2021

Carnet n°274
Au jour le jour

Septembre 2021

Carnet n°275
Au jour le jour

Octobre 2021

Carnet n°276
Au jour le jour

Novembre 2021

Carnet n°277
Au jour le jour

Décembre 2021

Carnet n°278
Au jour le jour

Janvier 2022

Carnet n°279
Au jour le jour

Février 2022

Carnet n°280
Au jour le jour

Mars 2022

Carnet n°281
Au jour le jour

Avril 2022

Carnet n°282
Au jour le jour

Mai 2022

Carnet n°283
Au jour le jour

Juin 2022

Carnet n°284
Au jour le jour

Juillet 2022

Carnet n°285
Au jour le jour

Août 2022

Carnet n°286
Au jour le jour

Septembre 2022

Carnet n°287
Au jour le jour

Octobre 2022

Carnet n°288
Au jour le jour

Novembre 2022

Carnet n°289
Au jour le jour

Décembre 2022

Carnet n°290
Au jour le jour

Février 2023

Carnet n°291
Au jour le jour

Mars 2023

Carnet n°292
Au jour le jour

Avril 2023

Carnet n°293
Au jour le jour

Mai 2023

Carnet n°294
Au jour le jour

Juin 2023

Carnet n°295
Nomade des bois (part 1)

Juillet 2023

Carnet n°296
Nomade des bois (part 2)

Juillet 2023

Carnet n°297
Au jour le jour

Juillet 2023

Carnet n°298
Au jour le jour

Août 2023

Carnet n°299
Au jour le jour

Septembre 2023

Carnet n°300
Au jour le jour

Octobre 2023

Carnet n°301
Au jour le jour

Novembre 2023

Carnet n°302
Au jour le jour

Décembre 2023

Carnet n°303
Au jour le jour

Janvier 2024


Carnet n°304
Au jour le jour

Février 2024


Carnet n°305
Au jour le jour

Mars 2024

 

Carnet n°306
Au jour le jour
Avril 2024

 

Carnet n°307
Comme à la pointe du rêve
Mai 2024

 

Carnet n°308
A l'orée du plus intime

Juin 2024

 

Carnet n°309
Au bord du monde – la lumière

Juillet 2024

 

Carnet n°310
Derrière les mots

Août 2024

 

Carnet n°311
Allant sans savoir

Septembre 2024

 

Carnet n°312
Un œil au cœur de la fable

Octobre 2024

 

Carnet n°313
Un manteau d'étoiles et de sang

Novembre 2024

 

Carnet n°314
Là où l'on s'incline

Décembre 2024

 

Carnet n°315
Devant un Dieu invisible

Janvier 2025

 

Carnet n°316
Ecoutant ce qui demeure

Février 2025

 

Carnet n°317
Et si le monde était l'exil

Mars 2025

 

Carnet n°318
La danse secrète

Avril 2025

 

Carnet n°319
Le cœur engagé dans l'aventure

Mai 2025

 

Carnet n°320
Ce qui veille au fond de l'âme

Juin 2025

 

Carnet n°321
Dans l'écume du mystère

Août 2025

 

Carnet n°322
Vers l'indéchiffrable

Septembre 2025

 

Carnet n°323
Dans l'épaisseur du réel

Octobre 2025

 

Carnet n°324
Entre l'étoile et la boue

Novembre 2025

 

Carnet n°325
Tant qu'il y aura des jours

Décembre 2025

 

Carnet n°326
Des choses et d'autres

Janvier 2026

Epigraphes associées aux carnets

© Les carnets métaphysiques & spirituels

19 décembre 2020

Carnet n°252 Notes journalières

Parfois – devenir – comme si nous pouvions nous transformer malgré le sommeil…

La tête lasse – à écouter toujours la même voix – à se soumettre toujours au même rêve…

L’avenir triste – fidèle à notre immaturité…

Nous – dans l’entrebâillement de la porte…

 

 

Le monde – devant soi – avec cette mine patibulaire – cet air insistant – la mâchoire d’une bête carnassière…

 

 

Plus loin que ce qui nous sépare – ce qui nous console – le visage dénoué – défait de l’ombre – le sourire franc – oublieux de tous les mensonges – de toutes les (fausses) gloires passées…

 

 

Notre sort entre les mains d’un Autre…

Le destin que l’on nous réserve…

Quelque chose comme un élan – un franchissement – la résultante d’une tête, peu à peu, abolie…

 

 

Un peu de soleil à la place du sang – la part secrète de l’homme – la part secrète du monde – le jour en soi – la brillance des pierres et des étoiles sur notre chemin – les signes (évidents) d’une vie plus claire…

Une existence plus souveraine – moins encline à la fièvre et à la folie…

Le corps et l’âme – bien davantage qu’une enveloppe…

 

 

Ce que l’on soustrait au cœur – absurdement…

De la poussière envahissante – au-dedans…

Quelque chose en creux – comme une farce…

Un mélange de honte et de dérive…

Ce qui nous cisaille et nous englue dans une forme de silence vicié – une sorte d’étouffement – comme un délire jusqu’à l’asphyxie…

 

 

La joie – au milieu de tous les vertiges (terrestres)…

L’oubli de soi en plein silence…

Sans mémoire – au centre des cercles…

Authentique ; les masques – les malheurs et les bonheurs trop communs – jetés à terre…

 

 

Dans le sang – le cœur du monde – ce qui nous maintient vivant – ce qui nous pousse au-dehors – ce qui nous invite au-dedans…

En creux – la découverte (progressive) de notre visage – cette longue errance vers nous-même(s)…

 

 

La vérité – enfouie au fond de l’âme – couchée parmi les pierres – dissimulée au cœur du ciel – avec nos joies et nos peines – ce qui nous incite aujourd’hui à esquisser un sourire – quelques pas de danse…

Et cette présence discrète au milieu de la poitrine…

Semblable à l’arbre – avec toutes nos alliances avec le monde – le silence – la parole…

 

 

Nous – dans la ferveur toute proche ; ce que l’on creuse – ce qui crève – sous notre regard…

La chair souillée par le désir et l’excès de jouissance…

L’âme dévoyée par la nuit célébrée – célébrante…

Sur nos pages – pas un seul rêve ne résistera…

 

 

Ce que la souffrance attise – ce qu’elle détourne – ce qu’elle disperse…

Un visage – mille choses – une seule saison…

 

 

Dans l’âme – le ventre – ce qui nous porte à la faim ; en nous – ce qui nous corrompt – ce que nous avons (depuis trop longtemps) oublié…

 

 

Sous les secousses – le ciel descendu…

Dans les replis où l’on se cache – des tempêtes – trop de soleils mensongers – la force des habitudes qui tient notre angoisse en laisse…

Plus haut – de nouveaux jeux – un air de fête – une vaste étendue sur laquelle nous pourrions vivre sans artifice – une présence sensible au-dessus des pierres…

 

 

Le monde à moitié endormi – sous nos paupières – le début, à peine, du jour…

Tous nos malheurs – toutes les saisons de notre enfance – rassemblés dans une seule larme – l’esquisse timide d’un sourire…

Nous – l’essentiel – dans le même espace – avec le ciel et le silence au-dessus – quelques oiseaux de passage – l’envol d’une parole…

Notre vie – aux marges des rives communes – parmi les signes et les sens – au milieu des alphabets, étalés devant nos yeux, avec lesquels nous essayons de reconstituer la vérité…

 

 

Le jour – comme un saut dans le vide – le sourire des Dieux devant nos grimaces – ce que le feu nous réserve…

 

 

Nous – dans la fange – jusqu’au cou – à théoriser sur la lumière et la liberté – en pataugeant dans l’obscurité…

La terre – du noir – des grilles – la boue et l’aveuglement – l’impossibilité de l’affranchissement…

De la blancheur qu’en rêve – de l’écume – de la bave – nos gesticulations et nos crachats…

 

 

Du sang – partout – où nos pas sont allés…

Nous – dans les flammes et l’enchevêtrement des ronces…

 

 

A notre table – dans notre tête – dans notre vie – rien – du vide – un peu de passage – seulement…

Du ciel et quelque chose de la rivière – ce qui coule le long des rives – le long des rides de notre visage…

De l’eau – de la pluie – des larmes…

Ce que l’on aimerait retenir pour offrir aux fleurs un surcroît de vigueur – un surcroît de beauté…

 

 

L’absence – le faîte de la tristesse ; à ses côtés, la mort paraît presque aimable – enviable ; l’impossibilité du retour – la présence qui n’est conjugable qu’au passé ; le temps où nos mains se touchaient – où nos âmes se surprenaient – vivantes…

A présent – personne – rien que du vide inhabité…

 

 

Ce que le jour – autrefois (il y a si longtemps) – a déposé sous notre front – au fond de l’âme – mélangé à la chair – au sang et au souffle qui circulent – à toutes les substances qui entrent et sortent – qui jouent avec le monde autant que le monde joue avec elles…

La saveur vivante que l’on goûte (en général) les yeux fermés…

 

 

Rien – le sens – les mains posées sur le monde – contre la vitre – comme un bout de chair inutile – condamné à l’impuissance…

L’apparence d’un outil – d’une caresse possible – seulement…

 

 

Des fleurs – sans crainte – comme un sourire – une invitation – la nature du vivant offerte à l’air – à l’Autre – comme un rappel – une caresse – la seule perspective possible si le monde pouvait échapper à la folie ambiante – un aperçu de ce que l’on est – profondément – en apparence – ce que nul (bien sûr) ne peut renier ; une beauté fragile et éphémère – un peu de ciel et de matière – le souffle (puissant) de la vie…

La texture et la couleur de notre visage – de notre voyage ; bien davantage que l’âme et la chair…

 

 

Nous portons – avec cette terre – l’esprit de la naissance – la douleur et la légèreté de toutes les morts – tous les rêves d’un autre monde – et l’âme – sage – sans âge – enfouie – cachée – surplombant la pierre et le sable – volant parmi les oiseaux et les fantômes – au cœur de l’invisible – sur tous les chemins – à travers le ciel…

 

 

Ce que nous réalisons spontanément – sans la moindre application – tout au long du passage – présent(s) – conscient(s) – les gestes aussi légers que l’air – aussi denses que la pierre – comme une grâce sans cesse renouvelée – au fil des jours et des saisons…

 

 

De la sueur – encore (beaucoup trop – sans doute) – comme le signe principal de notre présence…

Du temps consumé par la fièvre et l’ardeur…

De la peau, peu à peu, brunie par le soleil…

Des gestes – des tourbillons d’air dans l’espace…

Du bruit – quelques mots – une parole (très) ordinaire…

Mille choses dont on pourrait se passer…

De la roche – puis de la pierre – puis du gravier…

Le règne permanent du devenir ; la poussière…

Nos misérables existences – toutes nos pauvres lois – et ainsi jusqu’à la mort…

 

 

Pas la moindre empreinte – du sang – le parfum de la terre – de l’air (par brassées) et de la sueur – cette odeur de l’homme instinctuel et besogneux…

 

 

D’un jour à l’autre – sans preuve…

Sur les traces de l’oubli…

 

 

Le monde pourchassé par la langue – comme des mains avides de compréhension…

Nommer comme rêve – comme possibilité – comme détention…

L’outil des prosaïques et des poètes…

A l’intersection de tant de perspectives – comme si le réel pouvait être saisi – et ses pourtours circonscrits…

Jeu de dupe – jeu de l’esprit – velléités et tentatives imaginaires – seulement…

 

 

Là – dans cette folie inconnue – sans la moindre malice – à marcher à l’envers de l’aurore – à inspecter les alentours – les secrets – toutes les cachettes possibles…

Le dénominateur commun des vivants…

 

 

Toute une vie à fouiller dans les broussailles – à remuer le sable – à ôter le rêve et la cendre du réel – à se sentir moins humain (bien moins humain) que la plupart des hommes – dans une recherche à la fois franche et oblique – ardente – véhémente parfois – prêt à tout retourner – à tout incendier – à tout anéantir – pour qu’à travers nos grilles – un peu de fumée – se révèlent quelques lambeaux de vérité…

 

 

Au large – toujours plus loin – comme le mentionnent (si mensongèrement) tous les oracles – alors qu’au centre se creuse – s’approfondit – se sculpte l’écrin – le socle de ce que nous cherchons – quelque chose d’oublié depuis le premier jour…

 

 

Nous – pâles icônes d’un Dieu ruisselant – sobre – inhibé – excité – conscient – sans douleur – à notre (imparfaite) image – fort heureusement…

Espace vivant – présence incompréhensible – apophatiques – à la fois première et ultime chose éprouvée – lieu habité – ce autour de quoi tournent toutes les vies – tous les mondes – toutes les choses inventées…

 

 

Le temps décomposé – les enjeux déjoués – les épreuves démontées…

A la violence et au tumulte succéderont, sans doute – bien vite, les caresses et la paix…

 

 

L’urgence du voyage – vital – au milieu des siens – les arbres…

Pierres et nuages – herbes et buissons – le royaume des bêtes et des solitaires – dans une commune respiration…

 

 

Dans notre bouche – le sang du monde ; dans notre sang – ce qui a vécu – l’air et le soleil apprivoisés – transformés – en soi – devenus chair et respiration d’un Autre – comme le prolongement, sans cesse, réinventé du souffle et de la pierre…

 

 

A pieds joints dans la nuit – dans les braises…

A se rouler au milieu des éclaboussures – le soleil en tête – trop faible – trop lointain – pour pénétrer l’âme – se soustraire à la peau écarlate – brunie – brûlée – et à la chair – cette matière hautement putrescible…

Invincible – pourtant ; et cet espace – cette présence – en soi – éternels…

 

 

Matrice de l’œil et de la main – des rites et de toutes les dépravations ; le jour – la liberté célébrante – la misère et les fers désespérants – ce que l’on s’attache à conquérir – la tristesse de nos déséquilibres – de nos obsessions – de nos ressassements…

 

 

Le monde habillé d’espérance et de désespoir…

Des mots sans tenue – sans promesse – sans la moindre verticalité – autour desquels s’enroulent (pourtant) toutes les vies – tous les visages ; un abîme – un néant que l’on tente de remplir – de peupler – d’habiter ; du néant supplémentaire – en couches vaines et épaisses que l’on empile les unes sur les autres en attendant un Dieu moins exigeant – plus accessible – un frémissement de l’âme – un tremblement de terre – un changement de sillon engendré par le hasard – la nécessité – une secousse suffisante – une étincelle dans l’esprit ; un phénomène conséquent – suffisamment pour transformer notre perspective…

 

 

Ici – et partout ailleurs – la même chose – rien – un peu de ci – un peu de ça – tout – l’infini – sans la moindre importance…

 

 

Au centre de la matrice aux périphéries parfois désaccordées…

De l’œil et de la chair – dispersés – continu et discontinue

Une sorte de chant – comme des vibrations – au fond de la poitrine…

 

 

Nous – dans les rouages d’un ogre – d’un monstre – mécanisme(s) des Autres…

Au cœur d’une machinerie grinçante qui écrase et soumet – qui crache et vomit sans discontinuer des débris – des scories – qu’un jour, à coup sûr, nous deviendrons…

 

 

Ce qu’éructe le feutre – l’âme et la chair blessées – le cœur qui saigne – le cœur qui soigne – le sang cadenassé – l’impossibilité de l’homme – les regrets de la main agrippée à tous les arcs-en-ciel créés par l’esprit ; illusions – bien sûr…

 

 

Plus loin que soi – au-delà même de ce que certains appellent la source – le monde liquide – le monde évaporé – semblable à mille autres mondes – et (comme les autres) singulièrement différent – aux marges du cœur – à la périphérie du silence – là où l’on nous somme de nous dépouiller avant de franchir le seuil – de pénétrer l’espace étrange et mystérieux – sans frontière – où tout est accolé – où tout se rejoint – où rien jamais ne peut être séparé excepté (bien sûr) le regard engagé – lointain – entremêlé aux choses – infiniment présent – et libre, pourtant, des phénomènes et des circonstances – affranchi des mondes – des naissances – de toutes les formes d’illusion et de temps…

 

 

Nous – comme des éclairs – le socle de la lumière – le cercle autour du monde – autour du verbe. Et au cœur même de l’obscurité – la force claire – originelle – l’assise première de tout ce qui naît – de tout ce qui passe ; l’Amour et le regard – ce qui engendre toutes les transformations – toutes les révolutions – toutes les alternances – tous les passages…

 

 

D’une saison à l’autre – hors du temps – où l’heure est l’égale du jour – le jour l’égal de l’année – l’année l’égale du siècle…

Au creux de l’arbre – comme l’ombre recluse – soudain éclairée – qui se rabougrit plus encore – à l’opposé des fruits qui mûrissent – gorgés d’eau et de soleil – dégoulinant de sucre et de chaleur…

Et nous – au milieu – derrière la clôture – tendant la main pour goûter l’obscurité – la maturité – la diversité qu’offre le monde et découvrant, peu à peu, la danse absurde des choses et du temps – l’emboîtement et l’entremêlement du noir et du jour – l’immense écheveau gris (aux mille nœuds – aux mille nuances) dans lequel nous évoluons…

 

 

A vif – dans la nécessité des mots – le rouge du cœur – du sang – des révolutions ; ce qui nous tient en haleine – ce qui nous maintient vivant – jusqu’à la métamorphose silencieuse – cette transformation radicale – invisible depuis l’extérieur…

 

 

Rien pour imaginer le monde – et (presque) tout pour y vivre ; la douleur comme un jeu – une énigme – une épreuve – un défi – nos allées et venues parmi les drames – les larmes et la tragédie – le feu et le sang – le ciel au-dessus de l’agitation – et, au-dedans, cette respiration de l’homme – du vivant – tous les souffles de la terre et les âmes à l’envergure variable…

Et à l’origine de ce fatras – cette source immuable – cet espace parfois habité – parfois dépeuplé – dont les courants invisibles nous nourrissent et nous transportent…

A la verticale de la faim…

Le monde à la recherche de l’or – de l’âme – de la beauté et de la lumière…

Et ce que l’innocence finit, un jour, par imposer – malgré elle – malgré nous ; le vide – l’Amour – le silence…

 

 

Des hanches obsolètes – le ventre enflé – des substances stagnantes – une semence asséchée…

Trop de feu et de cruauté…

Et ce repli – cette faiblesse – ce resserrement dans le sang – pour demeurer vivant – inutile et vivant – comme le prolongement caduque d’une chair vieillissante – au bord de la mort – plongée dans l’attente et l’agonie…

 

 

Ce que la nuit précipite – en nous – la peur cinglante de mourir – le jour – sous des couches de temps accumulées – l’homme debout – sans rancune – sans perspective – errant en lui-même – dans l’apparence extérieure de l’espace…

 

 

Le jour renouvelé – comme la vie et la mort – la lumière inscrite sur la peau – de moins en moins épaisse – de moins en moins frontière – au fil des années – à mesure que les appels et la vocation (naturelle) se précisent et s’intensifient…

 

 

Nous – colonne du monde et socle des Autres…

Au-dedans – repliés – notre source – notre gisement – les courants terrestres – aériens – océaniques – qui portent les choses et les visages – au-delà de l’absence – au-delà des rivages existants…

 

 

Nudité sans généalogie – antérieure au temps – au monde régi par les jours – les siècles – les millénaires…

 

 

Une présence – comme une écoute ; un silence vivant – un espace infiniment sensible – inscrit – engagé – partout – qu’importe la texture et la densité du vide et de la matière…

Habitable – à chaque instant – par tous…

 

 

Rien que du temps – une mémoire de l’absence – la totalité du vide – plus loin (bien sûr) que nos visages pétrifiés…

 

 

Le jour penché – à travers le monde au-dehors – sur nos actes (jusqu’aux plus insignifiants)…

 

 

Nous – au bord – dans la nuit – à compter les heures passées – les heures restantes – à nous souvenir et à imaginer la chair – la peau et les os – puis le squelette – peu à peu – ce qui glisse si promptement – en quelques milliers de jours – en un éclair – vers la neige – la tombe recouverte de terre ; la tristesse – l’existence – la vérité – inhumées…

 

 

Ce qui se cogne – ce qui s’use – aux extrémités – la parole intérieure – comme un silence abandonné – livré au monde – et s’éloignant, peu à peu, du tumulte – des querelles – de toutes les possibilités du monde – de tous les usages du temps – comme le centre d’un cercle qui, progressivement, se rapprocherait…

 

 

L’espace à apprivoiser – à faire sien ; et la terre commune – à partager…

Derrière chaque pierre – l’âme du monde – des larmes – et ce qui ne pourra jamais se réduire à la poussière…

 

 

Ce qui nous saccage – le parti pris des Dieux – le monde – ce que nous confondons (trop souvent) avec la cruauté – cette sauvagerie ignorante (en apparence) – ce pour quoi nous sommes venus – ce pour quoi nous sommes vivants – ici-bas…

 

 

Rien qu’un espace – une source – un regard – et mille danses autour – au-dedans…

Les fleurs et les fruits d’un immense jardin sauvage…

Trop rouge – comme le sang et l’animosité du monde…

Et ce bleu – si infime – encore incapable d’investir les âmes – de retrouver son territoire – le vide derrière les visages – toutes les parcelles libres auxquelles nous aurons pris soin, au préalable, d’arracher le nom…

 

 

Les ombres dévastatrices – contre le soleil – à proximité de la source – partout où se frottent les peaux – la chair – les visages…

Sensibles à la leçon des Dieux – la tête plongée dans tous les livres du monde – dans la croyance d’une conversion possible…

 

 

Les vents – merveilleux – qui transforment les songes en immenses fenêtres – qui déploient le rire sur toutes les aventures – qui délivrent d’un regard (exclusivement) posé sur les pierres – qui invitent toutes les couleurs à désobscurcir nos yeux mécaniques – rougis par les soucis et les malheurs…

 

 

Du côté des étoiles – la chair frémissante – l’âme au milieu des danses terrestres – de tous les vertiges – flirtant avec les vivants et les morts – présent(s) au cœur de tous les passages proposés – apaisant ce qui tente de s’enfuir – guidant ce qui tente de s’affranchir – comme une fenêtre ouverte sur le monde – un bout de ciel parmi nous – un peu de sagesse blottie contre le front – à l’abri des saisons et des âges – si fragiles – si provisoires…

Nous – parmi les Autres – avec la gravité et le sommeil en commun…

 

 

Tout s’insère dans la lumière ; cris et prières – mots et détours – invitations et rejets – l’espace – la densité du monde – le silence – notre présence – la vérité – tous les jeux et toutes les illusions du temps…

 

 

Nous – au sommet de la beauté – l’innocence à la ceinture – nu(s) – debout parmi les vents – fragile(s) et authentique(s) – éternel(s)…

 

 

En nous – la dépossession – l’œuvre de l’invisible – la liberté, peu à peu, dépiégée – entre l’Absolu et le néant – sur cet étroit chemin qu’ignorent les yeux…

 

 

Nous – avec la lune là-haut – bien au-dessus de nos têtes – étrangement mystérieuse – comme si elle reflétait une lumière lointaine – étrangère – inconnue – comme si elle annonçait le début prometteur d’un autre cercle – incroyable – insensé – inaccessible…

 

 

Le temps désacralisé – soudain plus vaste – aux contours visitables – dont on aurait brusquement comblé les profondeurs…

Une image – seulement – bien moins effrayante pour l’âme et la chair…

L’esprit contre la porte – à écouter sans crainte les bruits du jour – la rumeur des siècles – le murmure des rêves – le chant des étoiles – comme un léger et lointain clapotis – un peu d’ombre innocente…

 

 

Conscient(s) – debout – comme si la joie avait besoin de notre présence (et de nos gestes) pour être rassurée…

Le nez (pourtant) encore dans la matière – de la terre sous les pieds – de l’air sous les aisselles – et le vent qui circule partout – au-dehors et au-dedans – comme un souffle divin dans un intervalle terrestre provisoire ; la vie – le temps d’un claquement de doigts ; les existences – de naissance à trépas – en un clin d’œil…

De tentative en tentative – jour après jour – une longue suite de pas pour rapprocher les rives du ciel – l’horloge du pied – et tout réunir – en soi – en désordre – dans un esprit de fête où chacun pourrait (enfin) devenir le regard et la danse – l’enchantement et la tendresse unifiés – inséparables…

 

 

Sans solennité – sans faux-semblant – la terre – la chair – la vie – contraintes de persévérer dans leur œuvre – de poursuivre leur trajectoire naturelle – d’acquiescer aux forces extérieures – aux puissances internes dominantes – à l’absurdité apparente de ce monde…

Soumises aux blessures – aux alliances – aux trahisons…

La gorge – presque toujours – nouée par l’angoisse…

Tiraillées entre la réalité et l’attrait pour l’ailleurs – ces contrées de vent – de vide et de joie – où la terre – la chair – la vie – ne sont que les éléments provisoires d’un mauvais rêve – sans importance…

 

 

Nous – dans la brume – le désert – le rêve des Autres – comme un objet – un cadavre – un bout de chair à dévorer – quelque chose qui nous précipiterait vers la mort – ailleurs – un pays sans méfiance qui aurait éradiqué tous les dangers…

Nous – devenus nos propres os – nos propres lois – hors du monde grâce au manque – au-dessus des couches de déchets accumulés – ce sur quoi l’esprit et la chair s’éternisent par défaut de compréhension et de volonté…

Nous – au milieu de l’oubli – comme quelques Autres – sur cet archipel dont on ne revient pas…

 

 

Ce que nous foulons – avec la terre – des liens qui enserrent le cœur – l’âme – le cou et les poignets – la mobilité (presque) entièrement entravée et cette liberté intérieure que nous n’avons jamais (réellement) éprouvée…

L’expérimentation de la solitude et de la nudité…

Le monde en appui sur nos épaules…

Cette farce inventée pour se persuader d’exister – la poursuite chimérique de ce que nous appelons notre vie…

Nous – déjà – dans l’œil de la mort – silencieux – prêt(s) à tout – bien au-delà du vivant…

 

 

La terre – sous nos pieds – dans nos bras – étreinte et piétinée – et dont notre chair n’est que le prolongement…

Un peu de bleu et le souffle suffisant ; ce qu’il nous manque, sans doute, pour vivre – décemment…

 

 

A l’intérieur – en soi – cet ogre – ce monstre – ce silence – cet Amour ; nous – instruments de tous…

Présents – en demi-cercle – poreux et pénétrant là où on leur ordonne de s’imposer…

Nous – durs et secrets – au centre de cet espace sans frontière – sans intervalle – témoins de la perpétuelle continuité des phénomènes – assistant au défilé – et à la transformation permanente – des entités – au déroulement de tous les spectacles – simultanés – successivement – les uns empiétant (presque) toujours sur les autres…

 

 

Un reste de joie ancienne déniché dans l’œil à jeun – l’âme vierge – et qui se dissipera avant nos premiers pas sur la vaste étendue blanche…

 

 

D’un silence à l’autre – sans rien comprendre…

 

 

Nous – plongé(s) dans le temps ancestral – celui des hommes et des Dieux chimériques – à l’époque de tous les supplices terrestres où tout tournait autour de l’axe du manque – entraîné(s) par la roue perpétuelle des désirs – entre la pluie et le soleil – entre les rires et les larmes – entre le désespoir et toutes les illusions – avançant à tâtons – craintif(s) et frileux…

Le monde devant nos yeux – ce périple – ce rêve – cette histoire – que nous n’avons cessé de réinventer…

 

 

Notre impuissance – la terre infranchissable – ce que les circonstances éveillent au cœur de nos entrailles…

Nous seul(s) – approchant…

 

 

L’ère liminaire de l’aube – des Autres célébrés – de soi – les lèvres muettes – la pensée défaite – la langue intérieure soudainement libérée – comme un voyage à travers nos continents les plus reculés – le seul périple – en vérité – de notre cœur à l’être – à travers tous les chemins possibles – à travers toutes les voies imaginables…

Dieu et l’esprit – dans notre chair – ce qui ne fait, bien sûr, aucun doute…

 

19 décembre 2020

Carnet n°251 Notes journalières

Nous – dissonant(s) – allant notre chemin – mal éclairé(s) – nous dirigeant comme au fond d’un gouffre – presque ivre(s) – guidé(s) par la faim et la folie – les yeux fermés au milieu du vide…

Inquiet(s) et confiant(s) – comme si quoi que nous fassions, la terre avait raison – le ciel nous attendait…

Nous – nous appartenant – en définitive…

 

 

Un chemin d’obscurité où chacun ne marche que sur les traces de l’absence – comme si la vie et la mort étaient irréelles…

Nulle empreinte – pas la moindre lumière…

Notre rire comme seul éclat – et ce qu’il faut de force pour affronter ce qui nous fait face…

 

 

Le monde – de plus en plus lointain – comme une délivrance – un appui supplémentaire…

L’absence de tout – jusqu’aux cimes les plus hautes…

Nos pas dans la neige – notre âme au cœur de l’espace – le règne de personne – et ce qui, peu à peu, remplace toutes nos défaillances…

 

 

Dire – sans passion – sans appartenance – depuis la première extrémité du temps…

La vie – le monde – sans témoin – le discours – sans auditoire – sans promontoire ; le silence – épais et originel – ce qui suffit à faire naître le regard – à déployer l’Amour et le silence nécessaires à toutes les éclosions – à toutes les expressions…

La pente naturelle et inaltérable sur laquelle, sans même le savoir, nous glissons…

 

 

Nos allées et venues – dans l’espace étroit – sur l’étendue escarpée – obstrués à force de tentatives – saturés de voix et de volonté – de cette tyrannie du désir – du rêve – de l’ambition ; façonnés par cette irrépressible aspiration à vivre ailleurs – autrement – à être différent(s) – autre(s) – méconnaissable(s) – cette (maladive) attirance pour les reflets – la surface – cette (terrible) dénégation des profondeurs – de l’infini – le refus (obstiné) de notre identité – sans mesure – sans qualificatif…

 

 

Là où la lumière éclaire l’escarpement – notre écorce rugueuse…

Nous – nous souvenant des fleurs – de la beauté exilée du monde – la poésie du regard – l’envergure du souffle…

Notre âme engagée dans toutes les correspondances terrestres…

 

 

Ce que nous vivons – le sang à l’extérieur – les choses renversées – le monde à l’envers…

La sagesse et le silence au lieu du crime et du simulacre…

Notre dénuement face à l’anéantissement…

Ce à quoi invite la (presque) fin du voyage – les dernières ornières du chemin – peut-être…

 

 

La main qui frappe sur le tambour intérieur – la résonance de l’abîme – sur la peau du ciel – le cuir du monde…

Toute notre force – toute notre ardeur – bien plus impressionnantes que la fureur feinte des Dieux…

 

 

Nous – au sommet du rocher – sur la pointe des pieds (pour gagner un peu de hauteur) – bras levés – mains tendues (à l’extrême) – attendant le déferlement du vent – la suite (non accidentelle) des circonstances – ce qui déferlera sur nous comme un torrent – notre destin initié par le jeu des Dieux – à l’assaut du monde – le souffle noir mêlé à la ferveur lumineuse de l’enfance…

 

 

Les angles du voyage – le plus abrupt du chemin – le roulis et le tangage – les eaux du monde se déversant dans tous les recoins de l’âme – la souveraineté de la voile qui se gonfle – le vent sur toutes nos somnolences – notre tête à la proue du navire – notre fragile embarcation vers sa destination (toujours) imprécise…

Des étapes et des ports sans attache…

Le prolongement de la ligne que l’on étirera jusqu’à la cassure…

 

 

La lumière – au-delà ; en deçà – les racines…

Et – partout – la même origine…

 

 

Le langage et la sagesse – conçus sans hâte – ramifiés – se fourvoyant comme le monde ; comme le prolongement de la bêtise et du sommeil – comme un surcroît de sang – un surcroît de sève…

L’immensité sans témoin – sans alibi…

Et – souvent (très souvent) – le même naufrage…

 

 

La vie – le souffle – le silence – sans équation…

L’âme et l’Amour engagés – peu à peu apprivoisés par l’ignorant…

 

 

La solitude – au plus haut des visages – comme une lumière sur ce que nous avons brisé – sur ce que nous avons délaissé…

Un regard inséparable de l’immensité…

Des édifices – des fantômes…

Le poing – dur et levé – arraché par un éclat de tendresse…

Des chaînes brisées – jusqu’à l’infini…

Le monde recouvert de morts et d’écume…

Et nos cris – comme une vibration perpétuelle dans l’abîme que nous avons façonné au milieu du vide – au milieu du silence…

 

 

La charge – du feu – portée sur l’épaule – dans l’œil trop vif…

Partout – des batailles – des querelles – contagieuses – et le ciel (vainement) questionné…

Le silence souverain – comme l’unique réponse (possible) – tous les acquiescements – l’Amour exprimé – la tendresse offerte – prodiguée à toutes les âmes – à toutes les têtes – à toutes les bêtes – l’herbe et la pierre entièrement consolées – le monde pardonné pour tous les vivants tombés sous notre cognée…

 

 

Tout – sur la même ligne – la même étendue – dans une invraisemblable continuité – le perpétuel prolongement de l’origine…

Tout – réuni – d’un seul tenant – pour transcender l’illusion des frontières et du temps…

 

 

Ce qui grandit – à travers l’Amour – ni donné – ni reçu – vécu – éprouvé dans le sang et l’espace – et qui tourne autour de nos griefs et de notre impatience…

 

 

Au milieu de l’océan – le vent – le centre – confondus…

Et nos ailes poussives – malhabiles – déroutées vers la périphérie – en des lieux qui ne comptent que par leur éloignement – leur absence de répercussions sur l’essentiel…

Une rive dont on se rapproche au fur et à mesure – et qui donne au monde une distance étrange – un acquiescement (véritable) à l’écart – à l’isolement – à l’exil…

 

 

Un corps – un cœur – une tête – façonnés, peu à peu, dans l’argile – s’affinant – se perfectionnant – améliorant leurs capacités à sentir – à comprendre – à vivre – accédant, de proche en proche, à l’espace et à la sensibilité – découvrant la trajectoire – l’étendue – l’origine – la ligne – le pas à pas – la discontinuité – la surface et les profondeurs vivantes…

La présence éternelle et infinie jouant avec les frontières – les contractions – la transparence…

Nos mains et nos gestes – sur les Autres – sur nous-même(s)…

 

 

Le monde et le temps à rebours ; notre visage le plus matinal – antérieur (bien sûr) au premier jour inventé…

 

 

Notre âme – l’âme de chacun – confondue avec l’immensité bleue – vivante – sensible…

Comme du sel – une fleur qui pousse entre nos lèvres – ce qui devrait nous rendre plus respirant(s) – plus incarné(s) – plus présent(s) – que les morts…

 

 

Nous – cessant de fuir devant l’absence et la disparition – apprenant à aimer la (fausse) fin du voyage – chaque pas – chaque tronçon – chaque étape de cette interminable pérégrination (avec ses détours et ses éloignements) autour du centre que nous sommes – depuis toujours…

 

 

La figure qui tressaille et qui se détourne du feu – en elle – comme une vie sommeillante qui ne rêve qu’à des surprises attendues – qu’à des plaisirs certains et circonscrits…

Un état – un horizon – et parfois même jusqu’à la folie d’un autre – pour agrémenter l’ennui – s’imaginer voyageur – jouer à l’explorateur…

Un livre – une fenêtre – et les voilà, déjà, repus d’aventures…

 

 

Tout s’ordonne autour de l’ombre et de la futilité ; l’inertie du cœur – comme un axe autour duquel tournent mollement les existences…

 

 

Ce qu’on lance contre le vent – contre le feu – aggrave la nuit – accentue l’étroitesse et le ressassement – donne à notre âme une allure de cactus desséché…

Un lieu de plus en plus éloigné de l’océan – une (quasi) impossibilité…

 

 

Nous – dans le mensonge outrancier – au lieu de goûter la nudité hivernale – le vide sans parure – au creux de l’enfance – au cœur de la nuit – le monde et la vérité retrouvée – loin de la douleur – le ciel, à la manière des oiseaux, parfaitement habité…

 

 

Ce que l’on supporte – au fond de la fosse – la blessure dramatisée – ce que nous détruisons à force de volonté – à force d’obstination…

Le jour – hors des tempêtes – la flamme immense et brûlante que l’on dresse contre ce qui favorise l’obscurité – au milieu de la rosée – et l’océan, bientôt, qui retrouvera son étendue…

 

 

Dans le sang – la graine et la récolte de l’homme – les seules pour l’ensemble des saisons…

Une route vers la voie ; et un champ, déjà, dans l’immensité…

 

 

Enclave en soi – inviolable…

Lumière intime…

Le corps abandonné aux vents – la tête au monde – l’âme aux puissances de l’invisible…

Ce que l’on affectionne et ce que l’on redoute – lors de la traversée – à demeure…

 

 

Une lanterne au bout du bras – autour de la souffrance – cherchant un remède – un guérisseur – un peu de réconfort – au lieu de plonger dans la plaie le couteau à la main…

 

 

Nous – dans l’abattement – des fractions de vérité plein la bouche – une connaissance impossible à ensemencer sans la mort – l’abandon…

Une longue agonie sans sauveur – hors du monde…

 

 

Le ciel en face – dans nos bras amoureux – encore à la merci du monde – du noir – de n’importe quel Autre aux aspirations instinctives – aux idées dogmatiques…

Et dans les reins – cette force – et dans le corps – cet appui sur les pierres…

La possibilité d’un Dieu – à travers les vies et les morts successives…

Le vide en tête – avec, au fond de l’esprit, quelques lignes inoubliables…

 

 

Nous – basculant – aussi dur(s) que le granite – dégringolant jusqu’en bas – vers la plus haute nudité…

Seul(s) et lisse(s) – de plus en plus – sur cette route sans mémoire – à la recherche de l’Amour et de la clairvoyance – sur l’antécime de l’en-bas – si proches et si lointains à la fois – prisonnier(s) de ce voyage interminable – en somme…

 

 

Rien qu’une danse autour du vide – animée par la même flamme – éternellement. Et devant soi – en nous – tantôt des cieux clairs – tantôt des cieux noirs – le chagrin et la joie jouant ensemble – à se déconstruire…

 

 

Ce que nous sommes – l’absence – l’éloignement – la transformation – ce qui, peu à peu, nous rapproche de nous-même(s)…

Hôte – ce qu’il faut de neige entre l’enfance et la tombe (et inversement) – l’oubli nécessaire pour échapper à l’indigence de ce monde – aux chemins médiocrement éclairés – aux étendues étoilées – où le rêve a remplacé les arbres – s’est substitué à la respiration (naturelle) – est devenu, en quelque sorte, l’unique perspective – la seule fenêtre derrière laquelle nous restons prisonniers pendant des années – pendant des siècles ; grilles, bien sûr, plutôt que tremplin…

Le cœur de plus en plus exsangue – le cœur, peu à peu, cloué…

 

 

Les édifices humains – malheureusement – plus hauts que les arbres de la forêt…

Des choses que l’on pioche – au hasard – parmi les débris – les vestiges – d’un monde en ruines…

L’avenir qui nous attend…

 

 

Ce que l’on dresse (et que l’on redresse parfois) – face à l’obscurité – le feu et les cendres brûlantes au fond de l’océan – l’emprise des ténèbres sur l’image et le halo circonstanciel de la lumière – le centre épargné – bien sûr – malgré les assauts – l’hostilité – l’acharnement…

 

 

Dos au ciel – au précipice – aux yeux sournois – aux mains meurtrières – à la merci du monde et des foules – ce qui nous soulèvera au-dessus de nous-même(s) – aussi fragile(s) et aussi haut(s) que l’innocence…

 

 

Le geste et la parole enchevêtrés – nourris du même silence – porteurs de la même joie – solitaires – comme la route et le poème…

Le regard – le voyage – parfaitement immobiles…

Et ce qu’il y a de plus tranchant derrière l’acquiescement – l’impérative nécessité de l’oubli derrière les lèvres et les mains amoureuses…

 

 

L’enfance du monde – dos à l’océan – recroquevillé sur ses peurs – son besoin de conquête et de domination – élargissant, peu à peu (puis, de plus en plus vite), la route vers la nuit inventée – effaçant jusqu’à la possibilité du poème – toutes les formes de résistance aux ténèbres…

 

 

La hache dans une main et le ciel dans l’autre – le Dieu inepte des cyclopes – poseurs de dogmes et faiseurs de mort – en déséquilibre sur son trône – et que le sang qu’ils versent en son nom fera chuter…

 

 

Sur la terre brûlée – le désert – le sol aride – notre absence et notre nudité – ce que les Autres – quelques-uns – cherchent à nous subtiliser…

Le monde déchiré jusqu’à la dernière secousse – jusqu’à l’ultime sourire…

Et la lune – au loin – pâle et suffocante…

 

 

Ce que l’on descend – en soi – à l’instant de la glissade – puis, à l’instant de la chute – et ce qui se redresse – malgré nous…

Ses encombrements – ses angoisses – ses entraves – et cet espace affranchi de nos gravats et de nos terreurs – intact – comme un ciel inentamé – malgré la puissance (et la densité) de la roche – l’amoncellement de la terre – la faiblesse de notre âme…

 

 

De la foudre sur le plus simple – une sorte de frayeur – le vent qui se lève – la famine déployée – la faim violente – les vivants bientôt décharnés jusqu’à la déchéance – jusqu’à l’incendie – jusqu’à la brûlure vertigineuse – jusqu’à l’immunité…

Nous – sans entrave – au-dessus des éboulis – sur une (haute) colonne de lumière – invisible – célébrant la vie et le monde – en frappant sur un tambour – au rythme de ce qui respire…

 

 

Une gêne – parfois – une larme – souvent – une colère insatiable (une rage presque indicible) – toujours – au milieu – si près – des bourreaux – des oppresseurs – des jouisseurs – des frivoles – des ensommeillés – cherchant (par tous les moyens) le confort – le plaisir – l’usage avantageux – si nombreux – si communs…

Si nous en avions le courage (et la dose d’inconscience appropriée), nous les étranglerions de nos propres mains – symboliquement – bien sûr – afin de les libérer de leurs chaînes – de les éveiller à eux-mêmes…

 

 

Nous – dans le signal (et la trajectoire) de la lumière – les yeux sombres pourtant – autant que l’âme – le visage triste – avec comme une nuit à l’intérieur – le centre même des ténèbres – peut-être – entre l’inquiétude et la mort…

 

 

Ce qui nous émeut – l’Amour sans visage – dans le geste – la ressemblance – la différence – la solitude manifeste…

Une parole humble – qui éclaire la vie – et éclairée par elle – indissociables – comme le feu et le silence perpétuels – toujours étroitement associés – comme instruments sculptés en elle – à l’intérieur – rayonnants…

 

 

Un peu de sueur dans ce verbe qui s’est frotté à la nuit – au monde – aux choses du monde – à l’Autre – tous dressés sur leur piédestal – hostiles ou indifférents – faisant (presque) toujours peu cas de notre présence – de notre labeur – de nos aspirations…

Et grâce à eux (et à la solitude), le chemin a été remonté jusqu’à l’origine…

Une vaste étendue – encourageant à manier la faux avec vigueur sur tous les visages – puis, une fois la besogne accomplie, à les recouvrir d’une bâche épaisse pour précipiter leur décomposition – leur disparition – préparer le désert (en quelque sorte) – la nudité – l’innocence – l’éclosion (ou la progressive découverte) de ce que nous sommes – communément – derrière nos différences et nos singularités apparentes…

 

 

Le visage déchiqueté par le réel ; des éclats d’identité jetés les uns contre les autres…

Et la parole qui émerge du sang – du carnage – du désastre – qui pointe d’abord l’incompréhension et l’absurdité apparente de l’existence (et comment pourrait-elle y échapper ?)…

Puis, au fil des blessures – l’âme qui se désagrège peu à peu – qui comprend – qui éprouve plutôt – de manière (quasi) proportionnelle à l’effacement – à la lente disparition de notre fausse identité – la vérité (changeante et non conceptuelle) du monde – de l’instant…

 

 

Une terre de tombes et d’écume – raclée – sarclée et retournée – maintes et maintes fois – sans succès – ou pour un piètre résultat ; assurer sa pitance – à peine – édifier des murs – bâtir un (misérable) abri – s’octroyer un périmètre – une infime parcelle du monde – mais du mystère, rien – pas la moindre pelletée – pas la moindre poussière…

 

 

Debout – la tête dans le vent – à imaginer un autre ciel – une porte ouverte de l’autre côté de l’horizon – la main de Dieu tendue vers nous – la possibilité d’un langage moins grossier – plus silencieux ; un espace à la place de la tête – un vertige sous le front – une longue série d’extases dans la poitrine – et l’Amour à la place du cœur…

La lumière et l’innocence retrouvées…

 

 

Tout égal – ici-bas – dans le ciel – à cet instant – autrefois – plus tard – la même inimportance…

En désordre – ce qu’il faut oublier – accueillir – aimer et, aussitôt, oublier…

Toujours disponible pour ce qui vient – pour ce qui arrive – maintenant…

Aucun degré hiérarchique – les battements du cœur – seulement…

Ce qui recommence – dans une parfaite équivalence…

 

 

Envoûté – depuis des millénaires – le premier jour – le monde qui se tisse et se resserre…

Les alphabets de l’abîme qui – régulièrement – se réinventent…

Les atrocités avec les dents – les couteaux – les armes mécaniques – les gaz – la fission des atomes…

La sophistication des instruments de destruction et de propagande – le déploiement du mensonge et de la barbarie…

Le manque – le crime – les mille tragédies vécues et initiées…

Cette effroyable (et permanente) conquête du surcroît et du franchissement…

Le fondement même de nos civilisations successives…

La même erreur – infiniment répétée – continuellement reconduite – perpétuellement prolongée…

 

 

Ce qui nous escorte jusqu’à l’agonie et ce qui nous fait traverser la mort – maintes et maintes fois – et presque toujours de la même manière…

Nous autres – ici – ailleurs – là-bas – un peu plus loin – de l’autre côté – aux antipodes – comme des habitués – hôtes permanents ayant déjà été invités un peu partout – à la maison dans tous les lieux du monde – avec, en quelque sorte, un rond de serviette dans tous les foyers…

 

 

Des milliards de nuits à trembler – à repérer les différences – puis la mort et la cendre – au lieu de souligner les ressemblances – de faire naître dans notre ciel commun mille scintillements – mille rapprochements possibles…

 

 

Ce qu’il faut pour être aimé – et compris – pour donner au vivre ensemble une irrécusable réalité…

 

 

Nous – nous accompagnant – avec ce sourire étrange sur les lèvres – cette malice – cet enchantement – ce regard – au milieu du visage – les attributs d’une joie qui ne nous appartient pas…

Le jour et la nuit soudés dans nos yeux – devenant filtres et miroirs – défigurant le réel – déformant la lumière – transformant le monde en ombres et en absurdités…

Il faudrait se défaire des idées – des images et des couleurs – pour voir autrement – réellement – comprendre notre chance d’habiter l’espace – la route et la voûte – notre entière souveraineté – comme mille soleils réunis au milieu des danses terrestres…

Nous – vivants et joyeux – comme au cœur d’une fête ininterrompue…

 

 

De haut en bas – l’éclat…

De bas en haut – la brusquerie…

Entre le sommeil et l’insomnie…

Le dos voûté – la nuit durant…

A jeûner jusqu’à la dernière heure…

Le monde et la peur – rassemblés – en nous…

Et, parfois, une prière – comme une espérance – un peu de cendre lancée vers le ciel…

Sur la terre – le feu et la contradiction…

Et près de la source – la blessure…

Le monde désarçonné…

La fleur – l’oppression et la lumière…

Ce qui gouverne nos vies – nos voies souterraines…

Et ce qu’offre le déchirement…

 

 

Le soleil – devant soi…

Ce qui se répète – à notre insu – la même parole…

La nuit qui tourne autour du même axe…

Notre présence – ni commune – ni singulière – comme une distance avec les danses involontaires du monde – exaspérantes – si souvent…

 

 

Au bord d’un fleuve aux berges obscures…

Un voyage sans viatique…

Les leçons du provisoire…

Ce qui se dissipe…

Ce qui émerge – à peine – de la poussière…

 

 

Des peuples sauvages – le cri hissé jusqu’à la bouche – engendré par le manque ressenti au fond de l’âme…

Et notre langue irritée – qui accentue les aspérités sur la roche – sur la pente où glissent les vivants – dans un élan désespéré de résistance – pour que les hommes apprennent, peu à peu, à remplacer la douleur et les hurlements par la joie et le silence…

 

 

Nous – jouant sur des colonnes inconnues – le dos courbé – le front plissé – sous la charge des soucis et le poids des circonstances – devinant l’ivresse à venir – nous affranchissant de l’obscurité antérieure – et goûtant le vertige présent – le sable dispersé sur les dunes vivantes – le monde et la mort impérieuse – nécessaire – sous le joug perpétuel du vide et du verbe…

 

 

A demi – comme l’ombre sur notre joue – la lumière plus bas qui souligne notre impertinence…

Les murs et la chair écorchés – toutes nos chimères…

Le déroulement de notre enfance – de bout en bout…

 

 

Nous – à contre-jour – sans force – sans voix – à nous complaire dans la boue et les détritus accumulés sur notre tertre – immergé(s) dans le délire et le rêve – cherchant un foyer – un abri contre l’orage – les tempêtes – les Autres et la fièvre – une terre où il serait possible d’habiter le silence – d’écouter le chant des oiseaux – de vivre parmi les arbres – libre(s) du joug du monde – libre(s) du regard des hommes…

 

 

Nous – dans la brume – la parole régressive – avec ces étranges mimiques sur la figure – comme une innocence perdue – une enfance retrouvée – qui aspire à s’égarer plus encore – à fuir le tablier noir des responsabilités – à échapper aux enseignements d’un ciel trop lucide…

Encore inapte(s) – bien sûr – à ôter nos masques et nos oripeaux – à regarder le rouge – la substance vivante du monde – qui dégouline sur la chair – la terre ; notre barbarie et notre cruauté…

 

 

En ce lieu étrange où les frontières et les portes deviennent obsolètes – inutiles – incongrues – où l’on sourit comme l’on respirait autrefois – où le vide est bien davantage qu’une manière de parler – notre nature – ses profondeurs – de haut en bas – l’être – ce qui nous entoure et ce qui nous constitue…

 

 

Le long des murs – le vent – le silence vertical au sommet du sang – le jour au centre du visage – ce qui nourrit la sensibilité – l’attention – l’innocence – ce qui dissipe la fièvre et la folie…

Et la parole – aujourd’hui – tranquillisée – comme un peu de baume sur l’âme – la chair – la page – autrefois si angoissée(s)…

La vie et le rire – la mort et la joie – célébrés…

Nous – plus que tout au monde…

 

 

Des lèvres contre la terre – la roche…

La vitre – le miroir – ce qui fait, parfois, encore obstacle à la transparence – à la tendresse…

 

 

Un peu de vent sur le feu balbutiant…

Nos bras – dans le cercle – qui s’entrouvrent…

Nous – menés par le visage de la mort – hideux depuis la terre – déformé – à l’étroit dans le cadre trop restreint des yeux humains…

Le temps déchiré – l’issue qui se précise…

Le nord exposé – mis en évidence…

Le doigt pointé vers l’hiver – et l’âme repliée – à l’abri dans sa solitude…

Aux premières heures du jour – déjà…

 

 

Nous – glissant, peu à peu, vers l’oubli…

A l’inverse des hommes – à l’inverse de (presque) tous les Autres…

Notre tertre soustractif – comme une halte dans la longue énumération…

Sur la crête étroite bordée de nuit et de périls – l’abîme du monde en contrebas…

Au cœur de ce qui nous attend – depuis toujours…

 

 

Des souliers téméraires dans l’obscurité persistante – des murs à franchir – de fausses sources à tarir…

Plus d’un meurtre sur le dos – des béances – des blessures – des balafres…

Un quotidien sans lumière…

Cette lourdeur – notre nudité – ce que le monde arrache à notre prétention – la rudesse – la brusquerie – toute la maladresse des hommes…

Sur des traces déjà mille fois répertoriées – sur des pistes déjà mille fois parcourues…

Ce qui brille au fond des destins – nos mains pieuses et pleines de sang – nos ambitions et nos soliloques…

Ce qui se déploie avec la marche – le mensonge et l’usurpation dans ce que les hommes appellent le voyage…

Nous – encore trop faiblement conscients…

 

 

La mâchoire et le front instinctifs – tremblants – sans désir intermédiaire…

Notre vie – la terre sans éminence – le sable humide…

Ce que survolent (très superficiellement) notre angoisse et notre peur ancestrale du manque…

 

19 décembre 2020

Carnet n°250 Notes journalières

En tous sens – de tous côtés – cette matière minimale – comme une oxygénation des abîmes – un redéploiement (permanent) de la source – le plus noir découpé en strates – sous la lumière polymorphe et polyvalente – le retour du plus essentiel…

Le monde sans bordure – à la manière d’un ciel découpé et offert à chacun…

Un triangle d’étoiles avec – au milieu – un feu et un alphabet élémentaire – pour essayer de relier les racines du réel aux hauteurs invisibles – de replacer l’axe vertical au cœur de toutes les horizontalités…

Le signe d’une présence infinie (particulièrement) ascendante…

 

 

Au creux des mains – cette étoile impossible – fuyante – que personne ne voit et à laquelle si peu aspirent ; un véritable présent – pourtant…

Et en contre-haut – ce qui nous semble (encore) invisible…

 

 

Nous – envahi(s) et écrasé(s) par l’exil des Autres – leur fuite momentanée des terres communes…

Ce que nous notons ; l’horizon pollué – le mécontentement – ce qui rivalise avec notre silence – l’accueil impossible des fronts endormis…

 

 

Sur les rives – rien – pas l’ombre d’une silhouette – pas l’ombre d’un visage – pas l’ombre d’un chien ; des bêtes haineuses et féroces – bien plus que sauvages – prêtes à tout engloutir – à tout ravager – pour leur seul plaisir – assouvir leur faim…

Des figures qui ont l’air de sourire – avec juste derrière – des crocs et le poignard dissimulés…

 

 

Des âges et l’éternité ; et l’instant pour détrôner tous les fantasmes d’immortalité…

 

 

Un mur – long – orbe – infranchissable – dans la tête et le sang – qui sépare le monde et nous place du côté des malheurs comme s’ils étaient le socle des existences – une contrée sans secret – l’une des rares terres capables d’effacer le ciel et de loger dans les hauteurs une promesse – mille mensonges – comme une autre terre inaccessible – aussi chimérique que celle sur laquelle nous avons l’air de vivre…

 

 

Devant la pierre – l’effacement – ce qui demeure – la nuit éparpillée – le monde des ancêtres – tous nos malheurs et nos (pitoyables) secrets – presque au-delà des heures passives et partisanes…

 

 

L’arbre – ce qui nous éloigne de l’enfer – après le temps des images – avec le ciel par-dessus toutes les ombres…

 

 

Ce que cache la tête – ce qu’efface la fréquentation du ciel – toutes ces impressions trop strictement terrestres…

 

 

De boîte en boîte – de sphère en sphère – comme si chaque naissance était le prolongement de l’histoire – la suite – une surprise et un enjeu – la continuité de l’ouverture et de la dévoration – une fabuleuse invitation, selon les inclinations, à poursuivre ou à recommencer…

 

 

Le jour – en nous – tétanisé par nos craintes et notre rigidité…

Une tour de guet – sur nos remparts – derrière nos murailles de livres et d’objets – d’images et d’idées – mille choses, bien sûr, destinées (à terme) au feu…

 

 

Notre nudité sur la terre – l’âme dans son trou – à l’abri – puis, qui apprend à s’exposer à tous les vents – sans le moindre dommage…

Sans influence – libre des horizons convoités – célébrés – rendus bêtement attractifs…

Dans la profondeur du corps et de l’esprit – le cœur revisité – exploré parcelle après parcelle – de la même couleur et de la même texture que le reste…

L’œil au milieu de la mémoire dévastée – devenue, peu à peu, obsolète – inutile…

Au cœur de l’espace – sans racine – sans langage – silencieux – une présence – des gestes – quelques paroles parfois…

Ce que nous réclamons tous – sans la moindre exception…

 

 

Nous – nous laissant dévorer par toutes les bêtes – cet amas grouillant – impressionnant – d’insectes – de mâchoires – de serpents ; de la chair – de l’âme – des monstres – plein la bouche – sous ces milliers de dents qui nous arrachent – nous perforent – nous mastiquent – dans la gueule (immense) de la terre qui, peu à peu, nous engloutit…

 

 

Dans le mouvement – la trace de la rupture – le silence sous-jacent – cette immobilité muette – juste au-dessus de la vie et de la mort – juste au-dessus de nos têtes…

Le prolongement de la solitude livré au monde…

 

 

Les paumes ouvertes sous le ciel rouge – la mort agenouillée – à nos côtés…

L’Absolu et l’aveuglement…

Les viscères à l’air et l’âme exposée…

Indifférent aux pyramides – à tous les édifices érigés (trop orgueilleusement) à notre gloire…

 

 

Ce que la vie reconduit – naturellement – systématiquement – sa continuité – son déploiement – l’opacité de l’esprit – cette neige à l’intérieur – comme un éclat trop éblouissant pour oser s’y aventurer…

 

 

Perdu(s) – en contrebas de l’aube – sous cette lune trop blanche – le front – la tête – jamais épargné(s) ni par la bêtise – ni par la folie…

Et – en nous – les ombres bousculées – fébriles – exultantes – l’air brassé – au-dedans – comme d’incessants tourbillons dans le vide…

Ce qui gesticule – sans cesse – à l’intérieur – comme un jeu – un élan – irrépressible…

Ce qui nous hante et se répand – nos fantômes qui repoussent la lumière – toutes les possibilités de la lumière…

Et nos pas sur la route grise – harassés – découragés par la distance qui nous sépare de nous-même(s) – de ce lieu-présence inespéré…

 

 

Sur la peau – la même joie qu’à l’intérieur ; au-dedans – des spectres qui encerclent l’innocence – comme un siège autour de notre absence de remparts ; nos ancêtres mi-gardiens mi-guerriers repoussés – le royaume retranché dans les hauteurs – inaccessible par les escaliers de pierre – et qui descendra vers nous lorsque nous serons capables de nous hisser jusqu’aux cordes du monde tissées dans la trame générale – lorsque nous serons capables de faire naître (au fond de l’âme) une échelle de vent (immense) pour y grimper avec la plus grande légèreté – et accéder ainsi à notre plus ancien – à notre premier – visage – le seul en mesure de nous offrir suffisamment de force et de ravissement pour retrouver le monde – et y vivre sans tristesse – sans amertume – sans espérance…

Revêtir cette grâce d’être – quelles que soient les circonstances et les parcelles de la terre fréquentées…

 

 

La tête en arrière – renversée – comme un tambour – un instrument en peau de bête – sur lequel taperaient les mains d’un Dieu – agile – farceur – diablement expérimenté – comme un appel – une manière de disperser nos souvenirs – de désenclaver l’esprit – de démembrer la mémoire – de rendre nos idées caduques – et suffisamment innocentes pour que nous puissions nous familiariser avec le vide et nous laisser habiter par l’inconnu – le regard – l’Amour – le silence…

Comme une invitation à une transe étrange – longue et indirecte – une sorte de marche immobile vers la tendresse – vers notre figure – notre versant le plus tranquille…

 

 

Du côté de la vie – de la mort – de la danse – simultanément…

Dans l’intimité de ce qui nous étreint…

Le plus sauvage assagi – comme la conscience première et naturelle – la civilisation originelle peut-être…

 

 

Le monde de l’enfance – avec l’innocence – sans la naïveté – l’alphabet dans la tête – une lettre à la main et ce collier invisible sur la poitrine qui attend quelque chose – un signe du ciel validé par l’esprit – au-delà de la raison pensante – à la manière d’une peau-lumière qui indiquerait la route à suivre – le lieu de l’acquiescement – de toutes les intégrations – désert ou thébaïde – en soi – la terre de la liberté et du recommencement…

 

 

Un monde parallèle au monde – au cœur du bruit – ce qui nous habite et qui s’ouvre grâce au regard de l’enfance – le pas emporté – le geste affranchi – ce que nous devenons (naturellement) une fois libéré(s) de l’esprit-malle – de cet univers de strates mortes et inutiles – comme une plongée – un saut – un envol – vers une parcelle (irrécusable) de lumière…

 

 

Au bord des lèvres – du partage – le monde oublié – la grandeur, en nous, engouffrée – déployable à l’envi – selon les visages et les circonstances ; dans la main – en particulier – comme le prolongement du plus essentiel…

Bien davantage qu’un univers – bien davantage qu’un lieu où végéteraient quelques-uns de nos fantômes – bien davantage qu’une aura supplémentaire ; l’être éclatant – dans sa plus émouvante nudité…

Ce que nous sommes – ce que nous deviendrons – tous – en vérité…

 

 

Nous – prenant notre place – devenant (presque) l’indicible – le feu fragile – la nuit légère – la couleur la plus éclatante de l’Amour – ce qui, en fin de compte, nous a toujours été offert – mais que nous comprenons (en général) très tardivement – après une longue et indispensable propédeutique…

Le silence et la sérénité qui finissent par se substituer à la soif et aux cris – à cette danse infernale du manque…

 

 

Devant l’imperfectible – le feu et le désastre – le désespoir parfois – ce qui fortifie nos racines – et nous plonge plus profondément encore dans le roc – au lieu de nous élancer vers la seule étoile possible – les bras ouverts – la tête la première vers le grand soleil – la vie-merveille – la vie éclatante…

Et nos feuilles pour témoigner de ce voyage – de ce (très ancien) secret – sans la moindre importance…

 

 

Ce dont nous souffrons – ce pitoyable labeur – cette besogne acharnée – les labours et les récoltes – pour apaiser la faim – et essayer d’emplir ce vide (immense) – comme un renoncement (presque) permanent à la métamorphose…

 

 

Engagé(s) – dès le plus jeune âge – dans cette ronde sans incarnation – comme une transe sur le sol de l’oubli – les yeux plongés dans la conquête des apparences – avec des mémoires à bâtir – à retrouver – à rénover…

Des flammes sur toutes les errances – sur tous les fourvoiements – le règne, partout, du mensonge – la tête célébrée – les viles passions – comme de simples instincts que l’on a peu à peu (et artificiellement) sophistiqués pour nous croire supérieurs (ou différents)…

 

 

La terre – la vie – que nous saignons comme de pures abstractions – une inclination née de la bêtise et de la cécité…

Partout – depuis (trop) longtemps – les fruits avariés de notre domination – de notre illégitime suprématie…

 

 

En apparence – le manque et la peur – comme les masques (étranges) du silence – les mille choses du monde – et tous les vents – puissants – incertains – et le frémissement de nos visages – collés juste derrière ; comme un regard sur tous les exils – sur toutes les luttes – sur ce vil orgueil – cette (incroyable) distance qui nous maintient hors de la lumière…

 

 

Nous marchons à côté de nos ailes – déployées – invisibles – prêtes à l’usage – dans la transparence d’un monde pas encore advenu – notre seule issue avant le déluge – avant la fin des temps – l’unique manière (sans doute) d’échapper à l’apocalypse…

 

 

Le vide et ses fenêtres en quinconce – les unes pour découvrir le monde – les autres pour entrevoir l’immensité bleue – et quelques-unes (trop rares) pour goûter leur mélange – en d’étranges combinaisons provisoires…

 

 

Dehors – la multitude – au-dedans – le regard réjouissant – émerveillé – étrangement surpris par la nature des spectacles – le pouvoir des conditionnements – l’extraordinaire apprentissage des formes – les capacités du monde à se renouveler – toutes nos histoires – toutes nos inventions…

 

 

Des étoiles sans perfection – dans un grand tumulte – l’incroyable désordre des choses – le bouillonnement des idées – ce que nous nous murmurons dans le silence ; notre manière (si particulière) d’être vivant…

 

 

Ce que nous exigeons – avec obstination – avec véhémence – avec des gestes puérils et impatients – des paroles malhabiles – le front baissé (ou trop fier)…

La longue liste des désirs tatoués à l’envers de la chair – le manque – nos cris – nos lamentations – tous nos gémissements…

 

 

Ce que nous arborons comme l’étendard humain – toutes ces exigences pour un si bref passage – beaucoup d’attentes et de tourments pour un séjour sans (véritable) potentiel – sans (véritable) apprentissage – sans (véritable) actualisation…

L’éternel recommencement du même voyage – comme une folie bloquée dans un seul sillon – la même ornière qui, peu à peu, se creuse – et qui devient (très vite) une habitude et un piège – un gouffre – un abîme – l’espace entier réduit bientôt à un (pitoyable et désespérant) néant…

 

 

Devant nous – ce bleu ardent – joyeux – le rire sur les lèvres – l’œil malicieux – le monde à notre fenêtre – l’esprit vide – face au désespoir – face au tumulte des Autres…

Dehors – sous le ciel – le regard jamais harassé – le nez collé sur la beauté – adossé à (presque) tous les vents – la tête par l’embrasure de toutes les portes ouvertes…

Des cris et des murmures – quelques plaintes – un peu de joie – puis le silence (enfin)…

 

 

Rien que l’hiver – un seul mot – un geste léger – comme une flèche indiquant l’ouverture et le passage – dans la douceur de l’air – la profondeur du regard – dans la félicité du feu et l’agilité de l’oiseau…

Dans la main – la fécondité et l’enchevêtrement de tous les signes – une présence encore très (très) lointaine…

 

 

D’un ciel à l’autre – sans angoisse – avec le goût de l’agonie sur les lèvres et, au fond de la poitrine, l’étrange parfum de la mort…

Ce que l’on perpétue dans la faillibilité des croyances et des idées – le monde à l’envers – comme s’il nous fallait entreprendre un autre voyage (ou recommencer celui-ci d’une autre manière)…

 

 

Tout semble démesuré – avec ce poids sur les épaules – une marche harassante – l’envergure du ciel – à travers les yeux – le vertige d’un parcours supplémentaire et la possibilité d’une ampleur additionnelle – ce qui, en cas de réussite, reléguerait toutes les autres aventures – toutes les autres explorations – à une sorte de plaisanterie – à une forme de distraction inutile…

 

 

Le vide engorgé – presque jusqu’à l’étouffement ; le feu et la mort qui se perpétuent pour compenser l’efflorescence et la prolifération…

 

 

Parmi les hampes et les yeux sauvages – les têtes indisciplinées – les bustes armés – mille traces à suivre – avec des ravins – des déserts – des pays – à franchir…

Le reflet de tous les Autres sur notre visage – l’histoire du monde dans chacun de nos pas…

L’absence (si ordinaire) comme un piège – ce qui pourrait, un jour, nous transpercer le cœur – nous transformer ou nous faire mourir – définitivement…

 

 

Un jour au milieu du jour – un abîme au cœur duquel il nous est possible de vivre – d’aimer – de mourir…

Ce qui – en nous – existe – dans la multitude (apparente) des surfaces…

Le vide – toujours ; au cœur du silence et de l’Amour…

Comme un vertige et une respiration naturelle…

 

 

Nous – suspendu(s) aux traces laissées par nos aïeux – sur ces anciens itinéraires d’avant-garde et d’exploration – devenus aujourd’hui lieux de confort et de facilité – bordés de barrières et de lignes blanches – à droite – à gauche – devant et derrière soi – qui confinent à une restriction – à une forme d’enfermement – à quelques vaines gesticulations – à de pitoyables aventures – au cœur d’un cadre (extraordinairement) restreint…

Une cage – une tour – des voyages immobiles…

Une marche circulaire au cœur d’un périmètre étroit – totalement circonscrit (et cartographié)…

 

 

Quelque chose du manque – du cri – dans notre étranglement…

La silhouette d’un oiseau qui émerge – imaginaire…

Le reflet des barreaux sur notre visage…

La chambre où l’on nous a installé(s) au début du voyage et qui devient, peu à peu, une salle de tortures…

Jusqu’à notre mort – par asphyxie…

 

 

La tête assiégée – autant que l’espace…

Les marionnettes de la blancheur et du silence…

D’une ligne à l’autre – grâce à un alphabet variable et coloré qui sait mêler les teintes et les textures – qui sait combiner les profondeurs et la surface – pour extraire le réel du rêve ; la voie – l’issue pour dessiner une flèche sur le sol – dans l’esprit – au milieu des images et des idées – pour essayer d’échapper à l’aveuglement presque minéral et au sort quasi sacrificiel des vivants – pour tenter de retrouver l’enfance – le ciel – la présence – ce regard émerveillé sur les choses du monde et l’infinité des cycles – la multitude des possibles et des passages – l’immobilité face à l’éternelle métamorphose…

 

 

Parce que l’air ; parce que l’eau ; parce que la terre ; fruit(s) et instrument(s) de la matière…

Le jour transfiguré – la tête blanche – et cette apparence sombre et tumultueuse – le reflet vivant (et provisoire) de ce qui nous attache à ce qui échappe au temps…

 

 

Nous – vivant sous le même ciel que les morts – sur la même terre que tous ceux qui vécurent – un jour…

Dans l’âme – sous le front – tous les vestiges du monde – les fossiles de nos ancêtres – des restes présents – vibrants – fondamentalement en nous – comme éléments du puzzle – pièces indispensables à l’ensemble…

 

 

Nous – à la renverse sur l’horizon – debout – ici-bas – ailleurs – à genoux – dans l’engourdissement ; au-dessus de la tête – des visions – quelque chose d’incompréhensible – du vide et de la solitude – l’espace – les seuls vrais remparts contre l’enfer que nous créons – nos absurdes tentatives – nos vaines accumulations…

 

 

Parfois – du blanc – du silence – ce que nous offrons – ce qui est possible – seulement…

Une partie de l’existence et du monde que très peu connaissent…

Parmi – cette foule – pourtant – que rien ne satisfait – que rien ne comble – que rien ne peut ravir…

Et nos âmes – presque jamais dépouillées – sans image – sans appui – totalement nues – dans la nuit torride – sauvage – dressée autour de nous – inamicalement…

 

 

Perdu(s) – parmi nous – incompris ; la relation comme absence – comme négation (presque) absolue…

La nuit – au-dedans – en face – tout autour – dans les yeux de chacun – le cœur trop recouvert – la tête trop dressée – à l’affût de la moindre image – du moindre reflet…

Mille voyages – sans vivre – sans respirer…

Un détour – une déroute en apnée…

 

 

Ni silence – ni langage ; du bruit seulement – quasi continuel – entre le cri et l’onomatopée…

 

 

Nous – depuis l’origine – l’histoire (officielle) ininterrompue (et cyclique) du vivant – des formes vivantes…

De la vie élémentaire jusqu’au silence – et tous les langages – toutes les manières de l’exprimer comme preuve et témoignage…

Miroirs et reflets non linéaires de notre visage…

De la molécule à l’étoile – de la pierre à l’Amour – à travers la même salive…

De la matrice à la matrice – de bout en bout – en passant par tous les stades – par tous les mondes – par tous les possibles…

 

 

Tout nous prépare à l’immobilité ; apprentissage et invitation – (sans doute) la science la plus précieuse…

 

 

Nous – attelés à notre tâche…

De l’air dans l’air – brassé – entremêlé – entrecoupé – comme une constellation – quelques signes (insignifiants) dans l’infini ; presque rien – en somme ; quelque chose d’incroyablement propice à l’oubli – comme une infime portion sur l’orbite (quasi circulaire) du temps…

 

 

Au-delà des livres – un visage – un frère – un compagnon de voyage – le temps de quelques pas – de quelques saisons – jusqu’à l’étape suivante – jusqu’à la prochaine destination…

Nous tous – les uns derrière les autres – sur la même route – nous croisant – nous poursuivant – nous dirigeant vers le centre du cercle – le visage et la main de plus en plus proches de l’Amour et de la lumière – vers le silence sensible – le geste vivant – juste et nécessaire ; vers nous-même(s) en présence – sans la moindre image – entier(s) – ensemble – dans une seule et même respiration…

 

 

Nous – vivant(s) – dans l’axe du soleil – inclus dans le mouvement des étoiles – le voyage – à la dérive – dans l’ignorance merveilleuse du monde et du temps – de ce qui n’existe (presque) pas – confiant(s) – conscient(s) – par-delà les cartes et les livres – par-delà les lieux et les territoires…

Le grand vertige du souffle…

 

 

A la merci des jours – le vide – ce à quoi doivent faire face la main et le front ; des êtres effrayés – violents – claquemurés – faussement expressifs…

Nous tous – absents et séparables – malgré d’infimes ressemblances…

 

 

Ce que la lampe dévoile – ce que l’esprit refuse – le monde à l’envers – ce que nous serrons (obstinément) dans nos tenailles…

Un peu de rêve et de poussière…

Nos existences et le contenu (complet) de nos têtes…

Presque rien – suffisamment, pourtant, pour inventer des alphabets – mille langages – et écrire des milliards de feuillets – inutiles…

Des pas de danse (quelques pas de danse) – un peu de bruit – dans l’espace – le silence…

 

 

Des tiges volubiles autour des pierres – des montagnes – des tours – ce qui, pour grandir, a besoin d’attaches et de tuteur…

A l’intérieur – comme une présence – cachée derrière la bêtise et l’aveuglement – ce que l’on définit (en général) comme l’apparence…

 

 

Mille possibilités avant l’aube…

Des échelles – de la neige – du silence…

Du pouvoir et de la terreur – et ce blanc dont on ne peut (quasiment) rien dire…

La mort – des visions – et cette parole (pourtant) inépuisable sur la pierre…

En ce monde – presque rien d’autre…

Tout l’attirail pour être et agir…

Ce que nécessite l’Amour – en désordre…

 

 

La vérité – ce que l’on cherche – devant nos yeux – au-dedans – dans les replis de la moindre aventure ; ce qu’offre chaque instant – chaque rencontre – chaque circonstance…

Dans tous nos gestes – le même infini – cet air des hauteurs – cette respiration d’envergure – le grand ciel oxygéné…

Notre nature (obstinément) erratique – (fondamentalement) invariante…

 

 

Avant nous – l’espoir d’une continuité – d’un parfait prolongement des traditions – après nous – des yeux noirs qui fixent le monde – ce avec quoi débutent le questionnement et l’errance…

 

 

Ce qui ruisselle avec la peur…

Nous – dans l’incessant recommencement du monde…

Un pied sur la terre – un autre aux confins du ciel – dans l’entre-deux du mouvement – du voyage…

Nous – à travers les courants – ce qui passe – de l’esprit – de la chair – des os…

La ronde des vêtures et des saisons…

Des choses – des visages – des apparences au centre…

 

 

Sous notre peau – l’œil de la mort qui veille – qui scrute – qui patiente – en guidant le parcours de la chair – l’ouverture (progressive) de l’âme sur le jour – la grande réconciliation avec ce qui a l’air de s’inscrire (médiocrement) dans la durée – dans ces instants (vainement et illusoirement) accumulés – que l’on envisage et que l’on empile comme de simples fractions de temps…

 

 

Notre figure apeurée dans le passage ; des ombres mouvantes que révèle la lumière – le moindre éclairage – la moindre clarté (même subjective)…

Et – simultanément – ce qui s’ouvre au fond de l’âme…

Ce qui exulte avec cette émergence – ce déploiement du souffle et de l’espace – ce qui existe par-delà les malheurs et le chagrin – dans la matière vivante…

 

 

Sur le bord de l’être – là où la dimension enseigne – la terre comme absence – la vérité trop étroite des noms – notre aspiration à l’essentiel – à l’infini ; tous les jeux affranchis de nos (funestes) ambitions…

 

 

Des fontaines à la source tarie – partout – des ruines et des fleurs – l’ancien monde enchevêtré – l’humanité et les bêtes dans leur vieux vêtement de peau…

Les amours mortes – déçues – comme échouées sur des tertres arides…

Le royaume de toutes les détresses – de toutes les tristesses…

Un peu de rêve – le pauvre sel de la terre…

 

 

Au cœur de la forêt – l’effondrement terrestre – l’âme délicate – au-dedans de la tête – l’espace – ce qui accueille les reflets – la métamorphose perpétuelle des phénomènes – ce qui débute – ce qui se déroule – ce qui s’achève (à plus ou moins brève échéance)…

Les apparences pourrissantes…

 

 

Sur le sable gris – nos bouches – la bave – le sommeil – ce qui ne nous surprend plus – les habitudes du monde – les repas à heure fixe – l’ignorance – l’incompréhension – la bêtise et l’ignominie des hommes – ce pour quoi nous vivons – ensemble – séparés – ici-bas…

 

 

Si curieux et affamés de soi – que nous transformons toutes les choses – tous les visages rencontrés – en miroir – à la surface d’un puzzle non reconstitué (et dont l’achèvement nous importe peu) – l’esprit morcelé – tiraillé, sans cesse, par les (apparentes) extrémités du temps…

 

 

Ce que l’on trace à la craie face à l’absence – comme une piètre tentative de résistance…

La vie à reculons – un autre monde à inventer – des cercles sans fin à bâtir – à assembler…

Notre visage dans la transparence…

Notre précieuse existence d’animal solitaire…

 

 

La tête baissée vers l’enfance oubliée – l’innocence perdue – l’aspiration naturelle de l’homme dévoyée – ce que notre infidélité a engendré – le sort que l’on réserve à la terre ; la dévoration et la perte du plus précieux – ce dont nous ne pouvons nous passer – l’essentiel sans lequel nul ne peut vivre – véritablement…