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LES CARNETS METAPHYSIQUES & SPIRITUELS

A PROPOS

La quête de sens
Le passage vers l’impersonnel
L’exploration de l’être

L’intégration à la présence


 

CARNETS PUBLIES

L'expérience du monde 
Récit (1997-1999)

Solitudes 
Récit (2001)

Le petit chercheur Livre 1  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 2  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 3  
Conte (2004)

Quêteur de sens  
Essai anthologique (2005)

Traversée commune  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 1  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 2  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 3  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 4  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 5  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 6  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 7  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 8  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 9  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 10  
Livre expérimental (2007)

Tourbillon(s) 
Journal & récit (2008-2013)

Le goût d'autre chose 
Journal (2013-2016)

Un homme simple et sage 
Récit (2014)

Une âme sensible Vol 1  
Journal (2016-2019)

Une âme sensible Vol 2 
Journal (2016-2019)

Entre le rêve, le monde... Vol 1  
Journal (2019-2020)

Entre le rêve, le monde... Vol 2  
Journal (2019-2020)

Quelque chose du sang...  
Journal (2020-2021)

En plein cœur Vol 1 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 2 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 3 
Journal (2021-2022)

Si près de nos lèvres... Vol 1 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 2 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 3 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 4 
Journal (2022-2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 1 
Récit (2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 2  
Récit (2023)

Une destinée sans certitude Vol 1 
Journal (2023-2024)

Une destinée sans certitude Vol 2 
Journal (2023-2024)

Entre Dieu et la pierre Vol 1
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 2
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 3
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 4
Journal (2024-2025)

Quelques jours... Vol 1  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 2  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 3  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 4  
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 1
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 2
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 2 partie 1
Journal (2025-2026)

En son for intérieur Vol 2 partie 2
Journal (2025-2026)

 

CARNETS BRUTS

Carnet n°1
L’innocence bafouée

Récit / 1997 / La quête de sens

Carnet n°2
Le naïf

Fiction / 1998 / La quête de sens

Carnet n°3
Une traversée du monde

Journal / 1999 / La quête de sens

Carnet n°4
Le marionnettiste

Fiction / 2000 / La quête de sens

Carnet n°5
Un Robinson moderne

Récit / 2001 / La quête de sens

Carnet n°6
Une chienne de vie

Fiction jeunesse / 2002/ Hors catégorie

Carnet n°7
Pensées vagabondes

Recueil / 2003 / La quête de sens

Carnet n°8
Le voyage clandestin

Récit jeunesse / 2004 / Hors catégorie

Carnet n°9
Le petit chercheur Livre 1

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°10
Le petit chercheur Livre 2

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°11 
Le petit chercheur Livre 3

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°12
Autoportrait aux visages

Récit / 2005 / La quête de sens

Carnet n°13
Quêteur de sens

Recueil / 2005 / La quête de sens

Carnet n°14
Enchaînements

Récit / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°15
Regards croisés

Pensées et photographies / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°16
Traversée commune Intro

Livre expérimental / 2007 / La quête de sens

Carnet n°17
Traversée commune Livre 1

Récit / 2007 / La quête de sens

Carnet n°18
Traversée commune Livre 2

Fiction / 2007/ La quête de sens

Carnet n°19
Traversée commune Livre 3

Récit & fiction / 2007 / La quête de sens

Carnet n°20
Traversée commune Livre 4

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°21
Traversée commune Livre 5

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°22
Traversée commune Livre 6

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°23
Traversée commune Livre 7

Poésie / 2007 / La quête de sens

Carnet n°24
Traversée commune Livre 8

Pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°25
Traversée commune Livre 9

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°26
Traversée commune Livre 10

Guides & synthèse / 2007 / La quête de sens

Carnet n°27
Au seuil de la mi-saison

Journal / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°28
L'Homme-pagaille

Récit / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°29
Saisons souterraines

Journal poétique / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°30
Au terme de l'exil provisoire

Journal / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°31
Fouille hagarde

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°32
A la croisée des nuits

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°33
Les ailes du monde si lourdes

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°34
Pilori

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°35
Ecorce blanche

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°36
Ascèse du vide

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°37
Journal de rupture

Journal / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°38
Elle et moi – poésies pour elle

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°39
Préliminaires et prémices

Journal / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°40
Sous la cognée du vent

Journal poétique / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°41
Empreintes – corps écrits

Poésie et peintures / 2010 / Hors catégorie

Carnet n°42
Entre la lumière

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°43
Au seuil de l'azur

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°44
Une parole brute

Journal poétique / 2012 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°45
Chemin(s)

Recueil / 2013 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°46
L'être et le rien

Journal / 2013 / L’exploration de l’être

Carnet n°47
Simplement

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°48
Notes du haut et du bas

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°49
Un homme simple et sage

Récit / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°50
Quelques mots

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°51
Journal fragmenté

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°52
Réflexions et confidences

Journal / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°53
Le grand saladier

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°54
Ô mon âme

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°55
Le ciel nu

Recueil / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°56
L'infini en soi 

Recueil / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°57
L'office naturel

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°58
Le nuage, l’arbre et le silence

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°59
Entre nous

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°60
La conscience et l'Existant

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°61
La conscience et l'Existant Intro

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°62
La conscience et l'Existant 1 à 5

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°63
La conscience et l'Existant 6

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°64
La conscience et l'Existant 6 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°65
La conscience et l'Existant 6 (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°66
La conscience et l'Existant 7

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°67
La conscience et l'Existant 7 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°68
La conscience et l'Existant 8 et 9

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°69
La conscience et l'Existant (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°70
Notes sensibles

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°71
Notes du ciel et de la terre

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°72
Fulminations et anecdotes...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°73
L'azur et l'horizon

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°74
Paroles pour soi

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°75
Pensées sur soi, le regard...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°76
Hommes, anges et démons

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°77
La sente étroite...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°78
Le fou des collines...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°79
Intimités et réflexions...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°80
Le gris de l'âme derrière la joie

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°81
Pensées et réflexions pour soi

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°82
La peur du silence

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°83
Des bruits aux oreilles sages

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°84
Un timide retour au monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°85
Passagers du monde...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°86
Au plus proche du silence

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°87
Être en ce monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°88
L'homme-regard

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°89
Passant éphémère

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°90
Sur le chemin des jours

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°91
Dans le sillon des feuilles mortes

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°92
La joie et la lumière

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°93
Inclinaisons et épanchements...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°94
Bribes de portrait(s)...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°95
Petites choses

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°96
La lumière, l’infini, le silence...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°97
Penchants et résidus naturels...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°98
La poésie, la joie, la tristesse...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°99
Le soleil se moque bien...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°100
Si proche du paradis

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°101
Il n’y a de hasardeux chemin

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°102
La fragilité des fleurs

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°103
Visage(s)

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°104
Le monde, le poète et l’animal

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°105
Petit état des lieux de l’être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°106
Lumière, visages et tressaillements

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°107
La lumière encore...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°108
Sur la terre, le soleil déjà

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°109
Et la parole, aussi, est douce...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°110
Une parole, un silence...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°111
Le silence, la parole...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°112
Une vérité, un songe peut-être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°113
Silence et causeries

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°114
Un peu de vie, un peu de monde...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°115
Encore un peu de désespérance

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°116
La tâche du monde, du sage...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°117
Dire ce que nous sommes...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°118
Ce que nous sommes – encore...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°119
Entre les étoiles et la lumière

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°120
Joies et tristesses verticales

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°121
Du bruit, des âmes et du silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°122
Encore un peu de tout...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°123
L’amour et les ténèbres

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°124
Le feu, la cendre et l’infortune

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°125
Le tragique des jours et le silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°126
Mille fois déjà peut-être...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°127
L’âme, les pierres, la chair...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°128
De l’or dans la boue

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°129
Quelques jours et l’éternité

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°130
Vivant comme si...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°131
La tristesse et la mort

Récit / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°132
Ce feu au fond de l’âme

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°133
Visage(s) commun(s)

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°134
Au bord de l'impersonnel

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°135
Aux portes de la nuit et du silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°136
Entre le rêve et l'absence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°137
Nous autres, hier et aujourd'hui

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°138
Parenthèse, le temps d'un retour...

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°139 
Au loin, je vois les hommes...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°140
L'étrange labeur de l'âme

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°141
Aux fenêtres de l'âme

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°142
L'âme du monde

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°143
Le temps, le monde, le silence...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°144
Obstination(s)

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°145
L'âme, la prière et le silence

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°146
Envolées

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°147
Au fond

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°148
Le réel et l'éphémère

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°149
Destin et illusion

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°150
L'époque, les siècles et l'atemporel

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°151
En somme...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°152
Passage(s)

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°153
Ici, ailleurs, partout

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°154
A quoi bon...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°155
Ce qui demeure dans le pas

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°156
L'autre vie, en nous, si fragile

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°157
La beauté, le silence, le plus simple...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°158
Et, aujourd'hui, tout revient encore...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°159
Tout - de l'autre côté

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°160
Au milieu du monde...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°161
Sourire en silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°162
Nous et les autres - encore

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°163
L'illusion, l'invisible et l'infranchissable

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°164
Le monde et le poète - peut-être...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°165
Rejoindre

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°166
A regarder le monde

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°167
Alternance et continuité

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°168
Fragments ordinaires

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°169
Reliquats et éclaboussures

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°170
Sur le plus lointain versant...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°171
Au-dehors comme au-dedans

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°172
Matière d'éveil - matière du monde

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°173
Lignes de démarcation

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°174
Jeux d'incomplétude

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°175
Exprimer l'impossible

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°176
De larmes, d'enfance et de fleurs

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°177
Coeur blessé, coeur ouvert, coeur vivant

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°178
Cercles superposés

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°179
Tournants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°180
Le jeu des Dieux et des vivants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°181
Routes, élans et pénétrations

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°182
Elans et miracle

Journal poétique / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°183
D'un temps à l'autre

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°184
Quelque part au-dessus du néant...

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°185
Toujours - quelque chose du monde

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°186
Aube et horizon

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°187
L'épaisseur de la trame

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°188
Dans le même creuset

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°189
Notes journalières

Carnet n°190
Notes de la vacuité

Carnet n°191
Notes journalières

Carnet n°192
Notes de la vacuité

Carnet n°193
Notes journalières

Carnet n°194
Notes de la vacuité

Carnet n°195
Notes journalières

Carnet n°196
Notes de la vacuité

Carnet n°197
Notes journalières

Carnet n°198
Notes de la vacuité

Carnet n°199
Notes journalières

Carnet n°200
Notes de la vacuité

Carnet n°201
Notes journalières

Carnet n°202
Notes de la route

Carnet n°203
Notes journalières

Carnet n°204
Notes de voyage

Carnet n°205
Notes journalières

Carnet n°206
Notes du monde

Carnet n°207
Notes journalières

Carnet n°208
Notes sans titre

Carnet n°209
Notes journalières

Carnet n°210
Notes sans titre

Carnet n°211
Notes journalières

Carnet n°212
Notes sans titre

Carnet n°213
Notes journalières

Carnet n°214
Notes sans titre

Carnet n°215
Notes journalières

Carnet n°216
Notes sans titre

Carnet n°217
Notes journalières

Carnet n°218
Notes sans titre

Carnet n°219
Notes journalières

Carnet n°220
Notes sans titre

Carnet n°221
Notes journalières

Carnet n°222
Notes sans titre

Carnet n°223
Notes journalières

Carnet n°224
Notes sans titre

Carnet n°225

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A l'orée du plus intime

Juin 2024

 

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Au bord du monde – la lumière

Juillet 2024

 

Carnet n°310
Derrière les mots

Août 2024

 

Carnet n°311
Allant sans savoir

Septembre 2024

 

Carnet n°312
Un œil au cœur de la fable

Octobre 2024

 

Carnet n°313
Un manteau d'étoiles et de sang

Novembre 2024

 

Carnet n°314
Là où l'on s'incline

Décembre 2024

 

Carnet n°315
Devant un Dieu invisible

Janvier 2025

 

Carnet n°316
Ecoutant ce qui demeure

Février 2025

 

Carnet n°317
Et si le monde était l'exil

Mars 2025

 

Carnet n°318
La danse secrète

Avril 2025

 

Carnet n°319
Le cœur engagé dans l'aventure

Mai 2025

 

Carnet n°320
Ce qui veille au fond de l'âme

Juin 2025

 

Carnet n°321
Dans l'écume du mystère

Août 2025

 

Carnet n°322
Vers l'indéchiffrable

Septembre 2025

 

Carnet n°323
Dans l'épaisseur du réel

Octobre 2025

 

Carnet n°324
Entre l'étoile et la boue

Novembre 2025

 

Carnet n°325
Tant qu'il y aura des jours

Décembre 2025

 

Carnet n°326
Des choses et d'autres

Janvier 2026

Epigraphes associées aux carnets

© Les carnets métaphysiques & spirituels

28 septembre 2020

Carnet n°246 Notes journalières

La lumière et l’épuisement – le monde à genoux – ce désir si puissant de solitude et d’élévation…

Penché sur nous – sur eux – l’Amour – comme un visage rayonnant sur l’inconnu – le plus familier – de l’aube au couchant – dans la plus grande fidélité et la plus parfaite obéissance…

 

 

Le grain levé – sur les murs – nos visages – ces portraits colorés – des larmes et des poings – des gestes et un peu de langage – avec, au milieu, ce grand trou – dans la poitrine – à la place du cœur…

 

 

Rien ne demeure – tout – comme l’eau – avec nos larmes – qui coule – s’écoule…

Mille voyages jusqu’à la mort – et au-delà – tout qui continue ou recommence…

 

 

Le feu et les ruines – ce qui doit advenir – la concrétisation – la continuité – le prolongement de tous nos désirs – de tous nos efforts…

 

 

Nous – hurlant sur la transparence ; rien – personne – nous-même(s) – peut-être…

 

 

Le long du vent – avec des noms plein la bouche et des bruits plein les oreilles…

Notre humanité et notre mélancolie – les lèvres entrouvertes – offertes – comme si notre intimité n’existait qu’au cœur de la soif – avec nos rêves – toutes nos chimères – involontaires – si incertaines (et que nos croyances et notre espérance rendent, pourtant, si réelles)…

 

 

La solitude – au-dedans – au-dehors – partout – aussi incomprise et peuplée…

Le monde d’avant – le monde d’après – et ceux qui ne nous reconnaîtront pas…

Un visage – une innocence – affranchis des Autres – libérés des bannières brandies ici et là par tous les adeptes et la plupart des postulants…

Rien que des murs – hauts et infranchissables – et mille portes fermées…

Rien que notre solitude qui cherche celle des Autres – pour réunir (en vain) nos incomplétudes – rendre plus vivables nos absences…

 

 

La certitude de n’être personne…

L’impossibilité du devenir…

La découverte de l’invisible – l’apprentissage de l’effacement…

Se faire, peu à peu, l’auxiliaire du vent et du silence…

 

 

L’heure parsemée de jour – l’oubli écartelé entre la solitude et la possibilité du monde…

Nous – derrière ce que nous croyons avoir construit – l’illusion du désir – le ciel plus puissant que nos ambitions ; et ce que nous abandonnons à l’absurdité des pas trop volontaires…

 

 

Ce que nous pourchassons sous le sommeil – derrière les rêves – au-delà des îles – aux confins de la nuit solitaire ; le monde entre terre et ciel – l’incroyable retournement du temps…

 

 

Le vent et le regard – souverains – nous libérant…

La parole délaissée au profit du silence…

Ce qui bouge avec les feuilles – ce qui disparaît – englouti par le cours (inéluctable) des choses ; nos ailes – et tout ce sable dans notre bouche – sous nos pieds – dans notre sang…

Notre tragédie – nos insignifiances – parmi tous les spectacles du monde…

 

 

Comme une fièvre dans notre solitude – une manière de se réfugier dans la forêt – pour se rejoindre – retrouver, en nous, ce qui a été oublié ou perdu ; cette corde des hauteurs qui nous offre l’occasion de nous balancer au-dessus du monde – au-dessus de toutes ces têtes penchées – front au sol et yeux en l’air…

 

 

Des alphabets trop peu téméraires pour accéder à la vérité – un outil dont nous faisons (presque toujours) mauvais usage – comme si nos existences – nos histoires – nos affronts – nos conquêtes – avaient la moindre importance dans le règne du plus essentiel…

 

 

Seul – comme un radeau à la dérive sur les eaux vives – sur les eaux grises – du monde – des apparences…

Le cœur sous cloche au lieu de libérer le chant – le rire – la lumière prisonnière au fond de l’âme – au fond des ténèbres…

 

 

Dans le cœur de personne – la solitude parfaite – idéale – souveraine – comme un règne – la seule loi possible – le seul parti envisageable – notre autre moitié, en vérité – bien au-delà des rêves et des étoiles – bien au-delà des ruines qui nous entourent – ce que sont devenus les édifices que nous avons construits ; le fruit de nos désirs et de nos ambitions – corrompus et obsolètes…

 

 

Seul – dans les prémices de l’aurore – comme autrefois – dans la fange – le monde sur nos épaules – en vrac – comme un tas de ruines branlantes ; seul encore – au milieu des naufrages – parmi toutes les bouées lancées depuis l’esprit – depuis le rivage – aussi inutiles que toutes nos gesticulations pour retarder la noyade et l’engloutissement…

 

 

La solitude – métamorphosée en ondes – en caresses – inexistante – impossible – à vrai dire – notre immersion parmi tout – le tout au-dedans de nous – chair – sang et tête – tous les visages de la terre – la matière lovée en elle – secouée si souvent – et que l’on saccage – et que l’on arrache – et que l’on éparpille – dans la croyance d’une appropriation ou d’une amélioration possible – comme si les états et les combinaisons étaient soumis à une hiérarchie – à une forme de construction inepte ; en vérité, le reflet parfait du réel – de notre confusion…

 

 

Seul(s) – dans l’herbe des illusions – sous le ciel chimérique – parmi les Autres qui n’existent pas…

 

 

Au doigt – l’alliance de l’étrangeté – entre le réel et l’invisible…

Les mains à tripoter toutes les serrures – tous les cadenas – à s’initier à la rébellion et à la liberté – gesticulant comme les pas qui piétinent – comme les têtes qui cherchent à droite et à gauche – comme les âmes qui piaffent d’impatience – à effeuiller le monde – à fouiller – à creuser – tous les sols – tous les trous – pour dénicher un peu de lumière – ou, à défaut, un peu d’espoir – un peu de consolation…

 

 

Dans nos doigts – cette lumière d’automne – l’esprit et le cœur encore au printemps – et l’âme – seule – heureuse – obstinée – au milieu de l’hiver ; hormis l’été, toutes les saisons auront été le lieu de notre joie…

 

 

Au milieu d’un tourbillon de désirs – la chair vive – bientôt agonisante – bientôt décomposée…

Des gestes – des maux – des joies – ce à quoi nous nous acharnons – l’âme audacieuse (parfois) et le ciel (toujours aussi) joueur…

Et nous autres dans la paume des Dieux qui, d’une main, nous tiennent – et, de l’autre, lancent les dés…

 

 

L’espace – la neige – le feu – notre âme – la solitude et la douleur ; les conditions naturelles de notre émergence – de notre voyage – de l’origine à l’origine en passant par le monde et la terre – ce lieu de passage (ce lieu de presque tous les passages)…

 

 

Nous – grave(s) et gravitant – soumis à toutes les formes d’attraction et de pesanteur. Si étranger(s) à la légèreté des fleurs et du pollen – à l’insouciance de leur périple…

Au-dedans – ce cœur de pierre – cette ossature de glaise – et, dans nos mains, ce miroir tendu au vent – et, entre les lèvres, cette haleine d’ailleurs – du ciel – de ce lieu des hauteurs – qui s’épaissit en nous traversant – qui devient aussi lourde que la terre – aussi dense que nos tourments – que tous nos malheurs accumulés…

 

 

Derrière les barreaux de la cécité – le monde – les choses enchevêtrées – ordures et merveilles – plomb et paillettes – ce sur quoi nous vivons – ce que nous ingurgitons – ce sous quoi nous serons, un jour, enterrés ; partout – toujours – la même matière…

 

 

Notre fausse identité – cette ombre plastifiée – recto-verso – que l’on présente – que l’on affiche – que l’on dresse ou cache – selon les cas – lorsque l’on nous interpelle ; ce visage provisoire et solitaire que l’on affuble de tous les noms…

 

 

Libre – au détriment de rien – comme un surcroît de vie et de possibilités – l’esprit au-dessus de la matière – privilège (rare) de ceux qui se sont pleinement immergés dans l’incarnation et qui sont parvenus à accepter (parfaitement) leurs limites naturelles…

 

 

La nuit – tout autour – comme les Autres – le même visage peut-être – de la même espèce sûrement – comme le prolongement du reste – de ce qui s’est perdu – et abîmé – en tentatives…

 

 

Nous – dans le chant du jour – l’archipel aux mille rivages ; ce que l’on entend au milieu des cris – ce que l’on attend au milieu du sommeil – une barque – de l’eau – et ces courants qui nous portent vers l’origine – vers ce non-lieu de l’enfantement – l’espace matriciel – l’Ithaque premier…

 

 

Ici – partout – la plénitude – ce qui nous hante et nous harcèle…

Ailleurs – rien – un peu d’espérance seulement – le plus inutile de ce monde…

 

 

L’espace prolongé – comme le temps ; ce qui souligne notre cécité et notre ignorance…

 

 

La distance qui nous sépare de l’être ; un pas – un abîme – des années-lumière – exactement le même enfer – comme un léger glissement du centre vers la périphérie…

L’œil rouge et la pupille dilatée à force de larmes – d’hallucinations – de poussière et d’obscurité…

Un long voyage à travers la nuit – les lèvres entrouvertes – et le cœur déjà posé plus loin – un peu à l’écart du monde…

 

 

Le jour – la nuit – ce qui est par nécessité – par sophistication du plus naturel ; comme le prolongement visible – palpable – matériel – du silence…

 

 

L’homme – ni au-dessus – ni en dessous – un parmi les Autres – quelques gouttes de rosée sur la plaine immense – imperceptible depuis l’espace (excepté ce qui s’apparente à la lumière)…

 

 

On se guette – on se rencontre – on s’engloutit ; et au terme du festin – il ne reste plus rien ; l’espace nu et dépeuplé – le vide – le blanc – la transparence – la présence – l’espace vivant qui accueille toutes les naissances – toutes les danses – la magie et le miracle des phénomènes…

Le roc invisible des mondes…

 

 

Des chemins – des destins – qui se croisent – des mains qui se tendent – qui repoussent – qui s’éloignent…

Dans l’œil, les possibles et le goût de l’aventure – comme un souffle qui initie tous les élans – un engouement pour tout ce qui a des airs d’ailleurs – cette faim de soi convertie à toutes les choses – des envies de parcelles infinies – des bras chargés de rêves et de blé…

Et partout – diffuse et envoûtante – l’odeur mystérieuse de l’océan – et son attrait démultiplié dans l’obscurité…

Cette longue marche à tâtons – au milieu des siens – au milieu de soi – nous-même(s) – partout – avec ce corps incroyable et démesuré…

 

 

Nous – nous reposant au milieu de la nuit – au fond de l’abîme – au cœur de notre âme – peut-être…

L’envergure du monde dans le corps – avec des chocs – des ondes – des tremblements – ce qui tente de se révéler – de nous éveiller – de jaillir de ces eaux sombres – de ces lieux noirâtres et angoissants…

 

 

La nuit démesurée – au milieu des ombres – le silence dans notre chambre – le feu – ce qui échappe aux hauteurs – la mort comme éternelle récurrence – la tête parmi trop de rêves et de visages – ce que les hommes édifient – ce que nous construisons pendant notre sommeil…

D’une extrémité à l’autre de l’exil – l’absence…

 

 

Nous – dans le cercle de poussière – vaillants – bruyants – conquérants – à la manière des gladiateurs…

Des armes – des outils – de nouveaux horizons peut-être ; tous les combats à mener – les uns après les autres…

Les luttes – la fatigue – les cris et les baisers de la foule alentour…

Et tous nos continents submergés par la ruse – le pouvoir – la corruption…

A mille lieues de l’Amour – à mille lieues du silence…

 

 

Absent – comme dans le feu et le vent – comme si le réel était ailleurs…

Tout – dans l’imaginaire – le monde et le ciel – les visages et la neige – cet épais tapis de pierres et de sable – les yeux dans l’herbe et la poussière qui regardent plus haut – les âmes fragiles et délicates qui tentent de se hisser sur la berge des Dieux – des bouches qui épellent le nom de toutes les choses – la fatigue dans les bras – les jambes lourdes – le corps harassé – titubant – familier des marches interminables – de l’usure à l’excès – la chair et les os – l’invisible et l’esprit – rassemblés dans la même foulée – tendus vers le même espace – ce lieu de silence et de révélation – ce que les hommes, dans leur ignorance, appellent le salut – parfois le paradis – la simple continuité des choses – une modeste étape – en réalité – dans ce qui ressemble à un voyage – un point – une escale provisoire dans ce qui n’aura (jamais) de fin…

Notre apparence (mille fois – dix mille fois – des milliards de fois – changeante) et le cœur de ce que nous sommes – essentiellement…

 

 

L’espace submergé par les eaux et la fumée – trahi par le monde – sa propre création – les têtes parmi les flammes et les vagues – les âmes asphyxiées – les corps brûlés et emportés plus loin – partout des ruines et des larmes…

La nuit qu’il (nous) faut affronter…

La joie et les rires repliés au fond de la poitrine – en attendant le jour – l’annonce des saisons nouvelles – une ère terrestre plus apaisée…

 

 

Au-dedans même de la plaie – les doigts – la joie et la guérison qui adviendront lorsque la blessure nous aura recouvert(s) – nous aura (totalement) englouti(s)…

 

 

Sous les frondaisons – le front humble ; le monde et la feuille réunis – la main sur la page qui trace ses lettres de feu – la mort et la vie (étroitement) entrelacées dans le trait esquissé par le feutre noir…

Le cœur – presque toujours – au milieu de l’incendie…

 

 

L’hiver – comme un fil – un lieu – notre manière de vivre et d’être au monde – quelque chose de froid et de solitaire – comme une désolation apparente ; la grandeur – la beauté et l’émerveillement – plus intérieurs – presque cachés – presque secrets – sous le prodige de la neige ; l’innocence des gestes – la lenteur et l’immobilité souveraine – l’expérience de l’être et de l’Autre – sous la longue traîne des vertus naturelles que nous portons, en toute saison, sur l’incroyable – sur l’interminable – chemin…

 

 

Des fleurs dans les mains – le baiser des Dieux – offerts à ceux qui naissent – à ceux qui passent…

Et dans le cœur – tous les fils emmêlés…

L’âme nue sur la peau découverte…

Dans les profondeurs d’un destin apparent…

La terre – le ciel – sans légende…

 

 

Sous les paupières – ces mondes anciens – ces Dieux dépravés – ces pans de ciel caduques – l’exaltation de tous les ailleurs – la frilosité qui interdit le franchissement des seuils – des frontières – la fidélité aux territoires – au périmètre autorisé…

L’enfance de l’homme – craintive – sur la pointe des pieds – dans la fausse légèreté de l’âme – comme une absence…

 

 

Des radeaux à la dérive – des couvre-chefs qui se croisent et se saluent…

Le monde à l’air vicié – sans racine – aux horizons circonscrits…

La vie – comme un chemin d’habitude – les fers aux pieds – et ces lourdes chaînes que l’on traîne derrière soi comme de pitoyables prisonniers…

 

 

Dans les jardins – sur l’échafaud – en tous ces lieux confondus – notre fierté et notre modestie – notre vrai visage et toutes nos identités – mélangés – sens dessus dessous – la tête à l’envers et tous les versants renversés…

Et au-dessus du désordre – le regard qui s’interroge…

 

 

A marcher discrètement – au bord de la mort – sur les pourtours sans fin du vide – l’abîme partout – au-dehors et au-dedans – de part et d’autre du front – ici et là-bas – où que nous soyons – où que nous allions – l’épouvante – la condamnation – l’abandon et la liberté – le soleil – le monde – qui s’éloignent – l’aube qui jaillit du secret découvert – la vie – notre cœur sur tous les autels – ce qui, en nous, se dresse comme la seule réponse…

 

 

Le blanc des masques devant les visages – et cette indolence à se reconnaître – à dévoiler le plus précieux sous le plus grossier – le plus fragile – le plus repoussant…

Notre histoire à tous – l’âme et le cahier (le livre des confidences) grands ouverts – malgré notre pudeur – ce que nous croyons être nos singularités…

 

 

Nos silhouettes qui se redressent pour apercevoir la tête sur l’échafaud ; et notre étonnement – notre sidération – soudain à reconnaître la nôtre sous le couperet – puis roulant vers le petit panier de la mort…

 

 

La peau rougie par tous les fouets du monde – la chair lacérée – entaillée ; des marques – des sillons – larges et profonds – laissés par la violence – les moqueries – l’indifférence – des Autres – blessé jusqu’au cœur – jusque dans les tréfonds de l’âme…

La tête basse – le cou dans les épaules – les yeux qui se baissent – qui se détournent – qui pénètrent les terres de l’intériorité – qui découvrent la solitude – l’exil et l’anonymat sur les rives les plus lointaines…

Toutes les illusions perdues – autant que l’espérance…

L’empreinte tenace – indélébile – du passé sur notre figure présente…

 

 

Une île au fond de chaque phrase – une terre à rejoindre – une terre où se perdre – une terre pliée en quatre au cœur de l’abondance – au cœur des mots prolifiques ; une manière de faire entendre le secret – le silence – au milieu du bruit et des apparences ; le vide – l’espace – le plus rien – le plus sacré – au cœur de ce qui ressemble à une forêt de signes – à mille broussailles impénétrables – à un rempart d’herbes folles et sauvages…

 

 

La soif – étalée devant nous – comme une flaque – un lac – asséchés – vestige d’une âpre bataille – autrefois océan de larmes et de feu – étendue arrachée aux naufrages et aux malheurs…

A présent – soleil et ferveur d’automne – souffle et couronne sans intention – libre d’aller ou de demeurer – affranchi des routes et du voyage…

Le cœur frémissant – couleur de ciel – couleur de joie…

 

 

L’étrangeté invisible installée au fond de l’esprit – en bonne place – aux côtés du monde – des Autres – de la folie…

Les tyrans – devant nous – au milieu du sommeil – comme dans une boîte – rangée parmi d’autres boîtes au contenu surprenant ; et le lieu – et le possesseur – de la clé – de toutes les clés de toutes les boîtes – de toutes les chambres – de toutes les pièces de l’esprit – inconnus – disparus – oubliés – enterrés peut-être…

 

 

Notre voix – celle qui jaillit – celle qui serpente – celle qui trouve sa couleur et sa texture sur le blanc de la page – comme une trouée – une percée – un tunnel – dans un foisonnement de signes ; des bruits feutrés – comme étouffés par le tapis des mots – par le tapis de feuilles – sur lequel marche toute tentative poétique – l’élan de Dieu à travers notre main – peut-être…

Qui sait à qui appartient le feutre qui abandonne ses traits – noirs et sans élégance – sur l’étendue quadrillée…

 

 

Autour de nous – les mêmes apparences – ce que les yeux opiniâtres ont réussi à percer – et cette fumée – à présent – comme un brouillard – née de cet immense feu d’images et d’illusions – et qui brûlent encore – et qui brûleront toujours – comme si pour vivre, il fallait incendier le monde et l’esprit – tout enflammer jusqu’à l’incandescence – jusqu’à l’invisibilité – jusqu’aux dernières traces de souillure…

 

 

Nos pas dans ceux des Autres – des mots – des lignes – que l’on reprend – que l’on prolonge – que l’on réinvente avec sa petite musique à soi

Des milliers de pages aujourd’hui…

 

 

Jusqu’au bout du vol – jusqu’à l’épuisement…

Déjà dans la tristesse du jour suivant…

Les mots – comme une danse – en soi – avec le monde et les choses – une étreinte de l’invisible qui serre l’âme avec tant de force que toutes les peurs se dissipent – que le langage s’éveille de son mutisme pour jaillir et s’élancer dans un tourbillon d’allégresse…

 

 

La vérité qui brûle – avec nous – dans le feu…

Le jour d’après – les cendres – et nous – et elle – renaissants – incandescents – nous consumant déjà au milieu d’autres flammes…

 

 

Dans le cœur – ces nuages gris et épais – stationnaires – aussi étranges que le ciel invisible au-dessus – et que la terre – ces lieux criards et gémissants – en dessous…

 

 

Nous – sans le même visage – avec tous les visages différents – nous éveillant, peu à peu, au réel – aux dimensions multiples et changeantes du réel…

 

 

Dans notre tête – dans nos mains – les mêmes habitudes – mille tâches inachevées…

 

 

Naufragé(s) d’un monde qui n’existe pas…

Chercheur(s) d’une terre improbable…

Au milieu des choses – au milieu du ciel – pourtant…

Nous vivons à la manière des enfants sauvages – aux lisières d’une réalité introuvable – mystérieuse – inexpliquée…

 

 

La tête ailleurs – dans nos ténèbres fabuleuses et inventées – les pieds dans la glaise – et l’âme souillée par le suintement fétide des idées qui débordent de leur vasque étroite…

Nous – parmi ces choses – ne comprenant pas qui nous sommes – ne comprenant pas même ce que nous faisons…

 

 

Le jour – entre nous – écartelé…

La pensée qui tournoie et se cogne – qui abuse l’esprit – et donne à l’homme – partout – le même visage…

 

 

Le cœur – de moins en moins épais – de moins en moins chair – qui s’allège et s’élargit…

 

 

Le monde – autour de soi – comme une étrange (et lointaine) compagnie – de moins en moins nécessaire…

 

 

Ce que nous pourchassons – ce à quoi nous nous éreintons avant d’habiter l’espace – cette aire-réceptacle de la matière…

A mesure que nous nous rejoignons…

 

 

Le jour qui se lève – comme les ombres d’autrefois – dans l’air le plus familier – dans l’air le plus quotidien – au cœur de notre existence…

 

 

Des mots-chair qui saignent par notre faute…

Et le jour d’après – comme une promesse – une trop improbable récompense…

 

 

Nous – dans les heures grises du jour – enlisé(s) dans les sables du monde – comme une parenthèse sombre – obscure – marécageuse – un interstice qui aurait pris des allures de gouffre – un abîme à échelle humaine – une anfractuosité à peine perceptible depuis l’espace où le regard est perché…

 

 

Autour de nous – la même barbarie – le même sourire – le même potentiel qu’à l’intérieur ; le même espace en deçà et au-delà de la peau…

Le même parfum malgré les apparences et l’invention des frontières…

Des vasques ouvertes sur le dessus – porteuses de la même lumière et du même fracas…

Nous tous – exilés de cette trop lointaine partie du ciel – naufragés sur cette infime parcelle de terre – cherchant la vérité et l’épanouissement – la beauté du même visage qui, à travers la prière – qui, à travers la poésie – qui, à travers le geste juste – chacun arpentant le monde sans relâche – approfondissant sa foi – déployant ses possibilités et sa présence – l’âme et le sourire de plus en plus légers – de moins en moins humains…

 

 

Des fenêtres – en soi – comme un matin clair – dans la noirceur du monde – dans l’obscurité de l’âme…

 

 

Rien que des images – du parfum – comme des bruits – comme des voiles sur le réel – des frontières (presque) insécables – ce que l’on agite devant notre nez – dans notre tête – entre nos oreilles – le monde d’avant la rupture – ce que nous vivons au cœur de la séparation…

 

 

Les visages qui avancent – qui vieillissent – qui s’effacent – devenant toujours le suivant – jusqu’à l’épuisement des amassements – des combinaisons – des possibilités…

Quelque chose d’un monde (encore) inconnu – qui s’éveille – peu à peu…

 

 

Sous les paupières – le même monde que devant nos yeux – où se mêlent (presque toujours) le désir et le rêve – la texture idéalisée du réel – ce à quoi l’on aspirerait plus intensément si la volonté pouvait (réellement) se déployer…

 

 

Des ombres – du règne – avant d’accéder au silence…

La nuit atteinte et traversée…

La lumière et ses mille colonnes – la liberté au cœur des temples les plus naturels…

Le silence parfait et sans prophétie…

Le temps et le mouvement percés à jour…

 

 

La folle ivresse du sommeil où le rêve se réalise hors du monde – en des terres étranges qui échappent aux exigences du réel…

Un univers – mille univers – inventés au sein d’un autre – plus vaste et plus encombré…

 

 

Au-delà du monde – le regard…

Et, partout, le silence – identique aux bêlements des peuples…

L’homme dans son enfance – passant d’une nuit à un soleil immature (balbutiant) – jonglant avec la soif et le désir – comprenant, peu à peu, qu’il est (essentiellement) ces voiles qui obstruent toutes les possibilités de la clarté…

 

 

Au-dedans de la magie – le monde des oiseaux – l’envergure du plus lointain – la cloche quotidienne qui rythme les heures et les jours – la dénomination précise de Dieu et du temps – l’enfance qui s’éloigne…

Toutes les frontières ridicules (et illusoires) sous la lumière changeante des saisons – du printemps à l’hiver…

Nous – presque aussi ardent(s) qu’autrefois…

Notre tête – surprise – ravie – dans le silence – toujours ensommeillée…

 

 

En rond – derrière nos murs – la tête à terre – les yeux longeant le sillage étroit des étoiles – l’âme nue et dépareillée – et la bouche toujours aussi ingrate mâchant et remâchant la même parole – l’incompréhension de l’esprit – notre paresse et notre vantardise…

La nuit – comme notre propre malheur – démesuré(e)…

 

 

Ni route – ni sommeil – l’aveuglement en face – les yeux devant la cécité galopante – foudroyante…

Un monde qui ressemble au monde – à tous les mondes…

La terre sans obstacle – sans tranchée – sans frontière…

 

 

Notre étonnement face aux rivages – aux tempêtes – avec ce brouillard au fond des yeux – et cette peur tapie derrière le regard – derrière le moindre geste…

 

 

En nous – ce sac de désirs en désordre et le soc acéré de l’intimité – retranchés dans la plus lointaine arrière-cour du cœur – dissimulée aux yeux de passage – à tous ceux qui rêveraient de nous voir marcher à leurs côtés…

 

 

Sur le plus vil continent du monde – cloîtrés – désemparés – agglutinés – furieux – à vivre derrière les mêmes murs – à tambouriner aux mêmes portes – aux confins de tous les seuils infranchissables…

 

28 septembre 2020

Carnet n°245 Notes journalières

L’âme sur les lèvres – au bout des doigts – à chaque rencontre – le centre et le monde autour – la magie de l’Amour et de la lumière – la joie et le silence…

Être soi en tout – sans la moindre résistance – sans la moindre restriction…

 

 

Une paire d’ailes – immenses – pour vivre – la tête dans le souffle des Dieux – légère – si légère – intensément aérienne – bien sûr…

L’homme transcendé – pleinement réalisé – devenu (enfin) ce qui l’a enfanté…

 

 

Au cœur du cercle – l’incertitude et l’errance…

Au-dehors – ce qui a cédé et ce que l’on nous a arraché…

Au centre – l’Amour et la lumière…

Autour – toutes les images et toutes les ombres ; toutes nos tentatives infructueuses réunies – comme un tas immense que le vent transforme, peu à peu, en boue – en pluie – en neige – en souffle pour ceux qui suivront…

Qui sait ce que laissera le chemin…

 

 

Personne sur les tombes – un peu de rire – au-dedans – un peu de magie – ce qui pourrait ressembler à une farce s’il ne nous restait sur les joues ces vieilles couches de larmes séchées – ces monceaux de peines lorsque nos yeux étaient encore incapables de voir – l’âme voilée avec ces vieux restes de nuit – et dans les poches ces mouchoirs déchiquetés encore trempés de pleurs – encore gorgés de malheurs – imprégnés de toutes ces défaites successives face à l’absence – face à la disparition…

L’enfance de l’homme – blessé par les instincts et les chants guerriers du monde – avec cette odeur et cette couleur de sang sur les mains – et la chair rongée de tous les frères que nous avons enterrés…

 

 

L’heure – à présent – révolue de la prière – le goût exact des choses – le geste juste – et toutes nos feuilles par terre – froissées…

Ces lignes (comme toutes celles qui précèdent – comme toutes celles qui suivront) devenues obsolètes – comme une nécessaire propédeutique de l’être – peut-être…

 

 

Des poignées de prières lancées en l’air – par jeu – pour rire – sans destinataire…

Un peu de silence – un peu de poésie – offert…

 

 

Du sang – des blessures – le gouffre…

La douleur et le chemin – naturels…

Le même chant – sur toutes les rives – sur toutes les barques ; la même bannière et la même voile – celles de l’espoir – déployées de bas en haut – sur toute leur longueur – pour attirer ou pousser vers les circonstances favorables…

Et la terre – et la mer – immenses – sur lesquelles – toujours – on se perd…

 

 

A empiler la glaise pour faire de nos vies – des visages – du monde – des statues – de belles images – comme une décoration – sans substance – quelque chose que l’on regarderait de loin – derrière une vitre – avec envie – comme une chose désirable – dorée – inexistante – un mirage ; ce que sont, sans doute, nos vies – nos visages – le monde…

 

 

Une fine lame – entre les lèvres – pour embrasser d’abord – puis, pour tailler en pièces…

Ce que nous sommes – ce qui demeure et ce qui passe…

 

 

Sous nos semelles – ces mots – comme des gouttes de pluie – un peu d’eau – quelques larmes – mélangé(es) à la terre ; toute la boue de notre vie…

 

 

Des restes de chair et de vent – quelques os – quelques mots – une manière naturelle et tragique de vivre (et de mourir)…

 

 

De tous les lieux – quels qu’ils soient – jusqu’à l’inconnu – à moins que cela ne soit, en définitive, le contraire…

Tout mélangé – simultanément – successivement – et, bien sûr, sans fin…

 

 

La vie – le jour – la nuit – la mort – renversés, soudain, dans le silence – avec, par-dessus, quelques mots (les nôtres) et la lune au-dessus de notre tête – et autour l’espace et le silence – et partout – au-dehors et au-dedans – l’Amour et la lumière qui jouent à apparaître et à s’absenter – à se faire peur – à nous ravir – à nous effrayer…

 

 

Nous – dans le silence – comme un jour d’oubli…

Le monde – à la fenêtre – des habitudes au milieu des Autres – des rires – un peu de lumière – et, pourtant, un peu de tristesse sur les visages – reflet, peut-être, des rêves impossibles – des limitations – de l’âpreté du réel…

Un peu de vérité – comme une ombre passagère – sur nos illusions (trop) colorées…

 

 

Ce que l’on attend – l’autre moitié de notre visage – de notre labeur – ce qu’il reste lorsque nous avons tout donné ; la part manquante – ce qui comblerait parfaitement notre vide – ce qui compléterait parfaitement notre incomplétude – ou, à défaut, un peu de consolation…

 

 

Ce que nous dispersons – pour d’obscures raisons – pour ne pas affronter ce qui nous effraye…

Des gestes las – sans beauté – une âme aride et prisonnière…

L’hiver et la nuit – dans la tête – simultanément…

 

 

Dans la forêt – nos paroles – le silence – quelque chose qui brille au fond de l’âme – la joie – un peu de lumière – la nuit alentour rayonnante…

 

 

Des mots – des choses – le jour suivant…

Ce qui, sans cesse, avance – ce qui, sans cesse, se dissipe ; la somme des soustractions…

Et nous – au milieu – avec nos larmes – nos mouchoirs et nos yeux perdus…

 

 

Installés à même la terre – sur notre lit de pierres – occupés à soulager le cœur fébrile – naïf – passionné par le monde et les dangers – tout ce qui risque de (et tout ce qui finit par) le meurtrir…

 

 

La main tendue – les pieds sur une corde – au cou – le même collier qu’au premier jour – qu’au premier pas – des fleurs – des rires – et ce qu’il faut d’événements (et de souffrance) pour offrir une place de choix (et son pesant d’or) à la déception…

 

 

Par insouciance – par négligence – par ignorance – ce qui nous absente – les yeux dans les yeux – sans personne…

 

 

Le monde – devant nous – sans jamais desserrer les dents – les yeux fixes puis, clignotants – fiévreux – émotifs – inexpressifs pourtant – incapables de refléter notre lassitude des choses…

Dans les bras de ce qui nous comblera encore – comme toujours – comme à chaque fois – avec, au fil du temps, un peu moins de désir(s) et davantage de patience…

 

 

Le cœur serré – au fond d’un buisson ardent – sur un tapis d’épines – livré tel quel – sans mensonge – sans déguisement…

Et rien que le ciel – en nous – pour nous écouter – nous accueillir – nous offrir ce dont nous avons besoin…

 

 

Le monde – de vagues silhouettes – des fantômes peut-être – sur des rives désertes. Et les eaux du fleuve – tantôt débordant – tantôt (presque) asséché – qui nous traversent ; les eaux vives – les eaux mortes – dans notre poitrine – dans nos propres méandres…

 

 

Ce qui nous froisse autant que ce que nous avons froissé…

Des vibrations douloureuses ou jubilatoires – l’extase ou la peine…

Ce que nous réserve le voyage – ce que nous offrent les saisons et les chemins…

Quelques restes, peut-être, d’humanité…

 

 

Un peu de nostalgie à devenir – comme si être pouvait attendre notre venue – comme si notre passé était glorieux et mémorable – comme si l’avenir nous réservait quelques (divines) surprises…

 

 

Le monde – en soi – cadenassé – au milieu de l’ignorance et des malheurs…

Et, en nous, cette once – si vaine – si détestable – d’espérance…

 

 

Il faudrait creuser dans sa tendresse – aller au-delà de la chair – suivre la voie du sang – et la dépasser – entendre les battements du cœur – les os craquer – puis, s’élever au-dessus – plus haut – un peu plus haut que la tête – pour voir l’ensemble – l’âme et la tristesse – l’acquiescement incomplet à notre naissance au monde – cette part, en nous, qui a refusé l’incarnation…

Devenir – revenir – jusqu’au ciel…

 

 

En nous – ce peuple révolté – désobéissant – façonné pour la lutte et la résistance – qui penche vers la joie plutôt que vers la vie passée – vers la présence plutôt que vers l’avenir inutile – vers le silence plutôt que vers le cœur tendu – brisé…

La vertu de l’étrange – la bonté à même la peau…

 

 

Des paroles – des mythes – plein la bouche – comme si nous étions faits d’éclats – de bouts d’histoires – de fragments des Autres – quelque chose qui n’existe pas réellement…

Une construction – une chimère – pour s’imaginer vivants – entiers – indestructibles – immortels – ce que nous sommes, bien sûr, mais d’une autre manière…

 

 

Homme(s) de milliers de rêves – insaisissable(s) ; dans les yeux – dans les mains – le même vide – les mêmes histoires – celui dont on est constitué – celles que l’on nous a racontées depuis notre naissance – ce que l’on offre, en vérité, à toutes les enfances…

 

 

En nous – quelque chose avance – s’insinue partout – pénètre l’âme et la chair – tient tête à ce que, sans cesse, nous lui opposons ; une sorte de ciel – un dégradé de l’enfance – quelque chose qui s’imagine héritier – une profondeur et une consistance antérieures – un souffle très ancien qui était déjà là avant la naissance du monde…

 

 

Ce qui nous a précédé ; inexistant – envolé – présent (tout entier) dans ce que nous sommes à cet instant ; la modestie et le courage – notre manière d’offrir une réponse – ce que l’on est et ce que l’on donne – lorsque les circonstances réclament un geste – une parole – une présence…

 

 

Des accords et des tourments – ce qui se dérobe et ce qu’il faut bâtir – le monde et l’abîme – réunis – main dans la main – pour la longue liste des tâches – les mille choses à faire – au fil des saisons – la vie passante…

 

 

La douleur et le rire inquiet – notre honnêteté ; ce que font tous les innocents avec leurs chaînes – un pied après l’autre – pas à pas – le voyage – le long périple – notre manière de nous rapprocher de ce qui nous attend…

 

 

Ce que l’on aligne – geste après geste – jour après jour – et que l’on assemble, chaque année, en un recueil ; des mots – des phrases – des pages – en espérant que ce ne soit pas des murs que nous construisons…

 

 

Des émotions et des pierres – quelques projets – et mille ruines – bientôt…

Ce que nous faisons – un peu de bruit – un peu de vent et de fumée – en attendant l’éternité…

 

 

Où est donc l’Amour qui sait se faire le serviteur – impératif – qui ne respecte ni les ordres – ni les cérémonies (trop solennelles) – ni les croyances – ni l’irrespect ; un Amour-miroir – comme une manière de lever tous les interdits – de révéler toutes les failles – de refléter tous les excès – pour hisser ce que nous sommes au sommet du vent et laisser tous les élans s’affronter – sans crainte – sans retenue…

 

 

La vie – comme un lieu à couronner – avec des ombres et des éclats – des âmes fragiles et la compagnie des Autres – des rumeurs et du temps – ce que nous considérons (trop ?) souvent comme insupportable…

Le voyage – juste et droit – sans autre alliance que celle de l’invisible…

 

 

Une minuscule lucarne – là où l’œil peut se glisser pour voir – découvrir la féerie et la magie du monde – depuis la chambre close – l’espace exigu à l’air vicié – manière de vivre derrière la vitre – sans risque – sans danger – sans courage – de rester coincé pendant mille ans derrière les misérables grilles de l’enfance…

 

 

Dans nos mains – l’aube – le silence – la poésie – que nous sommes – profondément – mais dont nous ne pourrons jamais faire le moindre usage ; des substances essentielles dont sont composés le regard et les choses – une manière de voir le monde – d’y vivre et de l’aimer – tel qu’il est – sans distorsion – sans déformation – sans espérer qu’il change (ou s’améliore)…

 

 

En lutte – comme si nous n’étions frères – comme si nous avions dressé entre nous d’infranchissables barrières – comme si la différence apparente comptait davantage que la matière et l’origine communes…

Des bêtes qui pensent (un peu) – éloignées de toute forme de plénitude – plongées tout entières dans le manque et l’incomplétude – dans l’attente illusoire d’une offrande extérieure – d’un présent offert par des Dieux lointains – inconnus – totalement imaginaires…

 

 

Nous – déjà – épris d’Absolu – amoureux de l’origine – de l’espace – du silence – communs – et nous en rapprochant au fil des naissances – et nous en éloignant, soudain, une fois retrouvés ; pris dans la danse des Dieux et le jeu de l’Un ; notre accord – notre alliance – nos refus et nos résistances – et ce qu’il faut d’innocence et d’oubli pour y consentir encore et encore…

Happé(s) par les tourbillons des rires et des peines – le cœur tremblant – la peur (dressée) sous le front – et l’âme plus charnelle que le soleil et les vents ; et ce qu’il nous manque pour recommencer toujours…

 

 

L’esprit – enfoncé dans ses propres entrailles – parmi les strates et la pestilence – ces couches d’immondices putréfiés – ce capharnaüm de souvenirs et de pensées – à moitié enterrés – à moitié décomposés…

 

 

La nuit changeante – comme notre histoire – ce que les Autres en disent – les limites de notre chant et le miroir de notre émerveillement – passés sous silence ; nos vieilles rengaines plutôt – et nos difformités – ce qui intéresse les foules…

 

 

Nous tâtonnons au milieu des peines – au milieu du temps – parmi les Autres – cherchant ailleurs l’énergie d’approfondir – de poursuivre notre quête – ce que nous ne savons pas même nommer…

 

 

Le tour de la chambre des adieux – sans relâche – obstinément – de fond en comble – sans jamais rien trouver – sinon la force de continuer notre fouille – de prolonger l’ineptie jusqu’à l’écœurement – jusqu’à la faillite – jusqu’à la capitulation ; la porte qui se cherchait – le seuil possible de l’abandon – du passage vers la transformation – notre regard sur les choses du monde – le terme de la marche liminaire – les débuts, peut-être, de la fabuleuse aventure…

 

 

Inutile de se souvenir – il faut enfreindre toutes les lois – franchir tous les seuils – s’opposer à toutes les formes d’autorité – exclure ce qui nous corsète – ce qui nous organise – ce qui nous constitue ; allumer un feu immense – et y jeter tous ses désirs – toutes ses chimères – toutes ses illusions – tout jusqu’à sa dernière chemise – et célébrer la nudité – la simplicité et la joie de ne plus rien être – de ne plus paraître humain – comme le cœur premier du monde – ce qu’il reste lorsque tout a disparu – l’irremplaçable – l’indestructible ; l’être dans sa chair la plus innocente…

 

 

En soi – de hautes flammes – sans idéologie…

A vivre au-dessus du malaise – sans se souvenir – sans louvoyer – sans essayer d’échapper à l’inconfort…

Moins opaque – peut-être – aujourd’hui – dans un monde qui nous ressemble de moins en moins…

 

 

La beauté – en nous – sacrifiée par la danse et les ambitions – les Dieux enivrés – l’opulence du corps et l’âme famélique…

Partout – la folie – les ténèbres exultantes…

La pauvreté et l’étroitesse du cœur – des hommes…

Nos yeux de bourreaux qui brillent dans la peur et le noir…

La terre épaisse – imprégnée de sueur et de sang ; des torrents de larmes – comme des rivières ; et la semence du monde grâce à laquelle tout renaît – grâce à laquelle tout, sans cesse, recommence…

L’enfer et l’ignorance (presque) éternels…

La tête plongée dans toutes les substances vivantes – immergée dans la matière terrestre…

Et le jardin immense – secret – caché à l’autre extrémité du cœur – derrière ces murs que si peu franchissent…

 

 

Trop de rêves et de bavardages – trop de piétinements ; d’incessantes gesticulations avec les lèvres et les mains ; les pieds qui cherchent leur terre – leur territoire – leur périmètre intime ; et l’âme en quête de son carré de ciel – d’un lieu de confiance et de prières – un endroit où il ferait bon vivre pour le corps – le cœur – l’esprit ; une sorte de fable – un mythe que l’on promet à toutes les enfances – quelque chose de (presque) impossible – une manière de parler le plus souvent – un rêve – une ambition qui peut, parfois, envahir la tête – l’existence entière – devenir l’axe central – le pays natal – le paradis perdu – le trésor que l’on s’efforce de retrouver coûte que coûte – le saint Graal perché au plus haut du ciel – enfoui au plus profond des ténèbres – partout – au-dehors et au-dedans – et qui, parfois, se révèle à celui qui s’obstine…

Une vie – des vies – comme un long chemin pour se débarrasser de ce qui nous encombre – de ce qui nous entrave…

 

 

L’infâme et la détresse – dans les plis du monde – là où nous sommes cachés – la misère noire des foules – et du visage perdu en elles…

L’ignorance et la cruauté – une terre sans éclat – sans soleil – sans espoir…

Nos voyages et nos parades inutiles – aussi tristes que nos rêves…

 

 

Présence dépeuplée ; des merveilles sur le pavé – comme une route qui traverse l’imaginaire – la féerie des paysages – les jours bleus – les carrefours et les rencontres – le monde d’à côté avec ses vieux objets et ses esprits caduques – ses lampes qui s’éteignent dans le noir – et cette roue qui tourne éternellement au-dessus des jardins du temps…

 

 

Le plus désirable – comme un parfum lointain – une ligne droite – un fil dans la géométrie complexe de l’espace – ce qui s’engendre à partir de rien…

Un rêve seulement – peut-être…

 

 

A nos côtés – nos préférences – et ce qui se tient dehors – à bonne distance – dans l’axe du doute – nos pas et nos renaissances ; ce qui dure – et se perpétue – sur tous les versants du monde…

Derrière notre dos – l’angle …

Et devant nos yeux – la tangente verticale…

 

 

Frères – derrière les mêmes grilles – à vivre – à méditer sur leurs (misérables) conditions…

Ce que nous fuyons sans envergure – le monde clos…

Et cette recherche – inerte et paresseuse – du périmètre sans frontière – du mouvement juste dans l’immobilité…

L’être – notre visage – à l’exact endroit…

 

 

La folie – la vraie – la belle – le contraire de la raison parcimonieuse – l’excès jusqu’au cœur de la justesse – le contraire du calcul – de la peur – de la retenue…

Ce qui vaut pour l’esprit vaut pour le cœur et le corps – vaut pour la vie ; cette chose incroyable – miraculeuse – que presque tous croient bâtir ou inventer…

Ah ! S’ils savaient…

 

 

Toutes ces boursouflures qui ne tiennent qu’à force de mots et d’images – de vieux restes d’orgueil…

 

 

Parmi les troncs et les feuillages – parmi les feuilles mortes tombées sur le sol – à notre place – parmi les nôtres…

Le ciel et le silence – la solitude heureuse et apaisée…

L’envergure de l’esprit – cette hauteur atteinte – comme si les lois du monde et les mesures des hommes n’avaient plus la moindre importance…

En ce lieu désert – sur cette croix terrestre – serein – sans douleur – comme dans le regard immense d’un Dieu juste et tendre…

 

 

Ce qui nous surprend – la tête à l’envers – en train d’essayer d’attraper quelque chose – un peu de rêve peut-être – le désir des Autres – ce que l’on a décidé à notre place ; notre seul destin – malheureusement…

 

 

Nous – dans l’alignement des mots et le désordre des pages – un espace de silence peuplé de bruits et d’idées – dissimulé sous ce qui ressemble à du tapage ; des syllabes qui se suivent – qui s’enchaînent – qui s’entrechoquent – qui se répondent (souvent) – une longue suite de sens et de sons – une longue suite de choses – l’inventaire de l’être – l’inventaire du monde – forme et fond mélangés…

 

 

En nous – advenues – les figures marginales du désastre (avec le pire – toujours – à venir)…

Ce à quoi nous n’osons pas même penser…

Comme un cauchemar pour l’imaginaire…

L’esprit – au plus bas – comme éprouvé déjà avant l’épreuve…

 

 

Au cœur des retrouvailles nécessaires – le visage à deux faces – les mains asymétriques – là où l’on croit s’installer pour toujours – ce qui confirme notre inexpérience du monde – notre fréquentation immature des choses et des visages – ce que l’on croit rencontrer – la douceur de lèvres familières – la caresse d’une peau étrangère – le désastre – le martyre – l’impossibilité – qui nous révéleront – plus tard…

 

 

Figures de proue du monde déclinant – en déperdition – les terres anciennes naufragées – les limites de l’esprit atteintes ; le pourtour exploré pas à pas – immense mais circonscrit – au relief formaté – aux méandres organisés en réseaux – somme toute, un (très) étroit périmètre…

 

 

Ce que nous traversons – du piège au bleu – le chemin de l’oiseau – la cage – l’envol – la liberté – la vie en désordre qui court entre les pierres – entre les branches – d’étoile en étoile – d’abîme en abîme – de ciel en ciel – sans jamais tarir son ardeur…

 

 

Sous la lune – la même terreur qu’au fond d’un trou – tous les soleils couchés ou agonisants – la pierre tranchante – l’innocence recroquevillée – immobile dans l’attente – l’âme tremblante de crainte et de solitude – dans le grand froid des Autres – de leurs yeux indifférents – de leurs mains occupées à d’autres tâches – de leur esprit chargé de calculs et de soucis…

A marcher là – à tourner en rond – à errer (si souvent) – le jour, pourtant, déjà posé contre notre joue…

 

 

Le destin déserté – un dernier soupir – le monde au loin – comme une absence de plus en plus déterminante…

La joie d’aller là où (nous) poussent les vents – sans préparation – sans explication…

Vivre comme l’on irait à une fête pleine de bruits et de lumière avec, en nous, cette folie et cette certitude du silence…

 

 

Le pas joyeux et solitaire – manière d’aller plus loin que l’impatience – le souffle long – la faim féroce – l’élan qui puise dans ses propres forces…

Un oiseau au-dessus des rochers – au-dessus de l’océan…

Une prière qui s’élève – comme une flèche en plein cœur – en plein ciel…

La marche et l’envol – parfaits…

 

 

Des chaînes aux pieds – sur la route – de plus en plus près de l’obéissance – de plus en plus près du lieu de l’Amour…

Et cette voix sans bâton qui nous encourage…

 

 

L’hiver – en nous – comme un bruit de pas feutré…

L’immensité blanche – une habitude…

Chaque jour – et la veille – et le lendemain – la même étendue – le même éclat…

Nulle pensée – nul souvenir…

La réponse – couchée – à la renverse – depuis des millions d’années – qui, soudain, se redresse et se déploie dans la cavité vide du cœur blotti contre les parois de la poitrine d’un plus grand que nous – à l’intérieur…

Dieu – sans réserve – qui s’installe et prend ses aises…

Dieu dans son indulgence et son Amour – sans la moindre pitié – debout – présent de toute sa hauteur – d’une extrémité à l’autre – démesuré dans notre âme – dans notre main – devenu enfin irremplaçable…

 

 

Nous – oublieux des ombres – familiers de la plaine autant que des crêtes dépeuplées – toute notre ardeur dans notre chant – nos tentatives – nos prouesses – le feu et la tristesse à la source – vif – flamboyante – un collier de cendre et de larmes sur la poitrine – le signe de notre appartenance (indéfectible) à la terre…

La grande solitude et cette longue nuit sans magie qui coulent dans nos veines…

 

 

Nous ne vieillissons pas – la pierre se fend ; elle ne s’use – elle se brise – à force de coups – à force de pas – à force d’Amour ; elle s’offre à ce qui est devant elle – à ce qui en fera usage ; elle se métamorphose et se démultiplie…

Et comme la neige – nous disparaissons…

 

 

Les hommes – la nuit – le monde…

Tous les chemins où glissent nos chimères…

La gorge haute et la tête dressée…

Trop d’ambition dans les yeux et l’âme…

Des parures colorées – au loin – aux teintes artificielles…

Des vies sans sacrifice – perdues – qui ne se consacrent qu’à la victoire – et qui deviendront, en définitive, un immense mausolée – l’autel sur lequel seront célébrées toutes les défaites – la débâcle générale – la totale (et saine et nécessaire) capitulation du cœur…

 

 

L’œil sensible – comme le cœur – le sang vif – comme le regard – les mains blanches – comme l’âme – et cet air bourru – et ces gestes austères – qui cachent si bien la lumière – tous nos élans de tendresse concentrés au fond de la poitrine – et ce frémissement de la peau à chaque rencontre – à chaque frôlement de la matière…

Nous – parmi les Autres et les choses…

Le monde – avec, au centre – avec, autour – l’esprit amoureux…

 

 

Rien de feint sur le visage – sous la neige – le réel saillant – la vérité de l’être et du sang – la terre et le ciel creusés l’un dans l’autre – indissociables – inextricables – comme la lumière (un peu de lumière) sur le petit théâtre des ombres…

 

 

La naissance et la mort – toujours…

Nos yeux fébriles – scintillants – et ces quelques larmes sur les joues – comme de l’or au milieu du sable – un peu de chair sur la pierre…

Cette étrange manière qu’ont les vivants de nous émouvoir…

 

 

A la manière de la graine et du ver – les bras haut levés comme pour montrer la direction ; n’importe laquelle, en définitive, ferait l’affaire tant l’essentiel se déroule ailleurs – dans le regard…

L’œuvre de l’invisible – en soi…

 

 

Au contact de tout – sans la moindre possibilité de fuite – parmi les visages et les choses…

Au cœur de la solitude pourtant…

 

 

Le monde en soi – au-dedans de l’ogre au cœur généreux – à la bouche vorace – à la faim monstrueuse…

Inexistant – comme le reste – absolument…

 

 

Rien que des rochers – la mer et le silence – le vent et les vagues – notre regard et notre main en visière pour tenter d’apercevoir le ciel – l’horizon – les îles – au loin – dressés comme des promesses…

Et nous – au milieu de rien – sur ces quelques pierres qui constituent notre empire – le lieu où nous sommes nés – le lieu où nous vivons – le lieu où nous mourrons ; seul(s) avec – au-dedans – notre mystère et (toutes) nos interrogations…

 

 

Des chemins qui serpentent entre les fleurs – les tombes – les cimes. Mille marcheurs – mille voyages – et le mystère intact devant nous – au fond des yeux – au-dehors et au-dedans – dont nous sommes tous le trait d’union – la passerelle indispensable…

 

 

Les hommes – entre le réel et le sommeil – au seuil des terres habitées – entre le rêve et la mort – ni vraiment vivants – ni vraiment fantômes – dans l’entre-deux de tout – des mondes – des cercles – la tête lasse – un pied déjà ailleurs – la tête plus loin et un pied qui traîne ; le juste équilibre – la parfaite harmonie – l’alignement provisoire – à découvrir au fond du cœur…

 

28 septembre 2020

Carnet n°244 Notes journalières

Le jeu des Autres qui – derrière nos cris – à travers notre joie – se dissimule…

Nous ne sommes qu’en apparence ; dans les profondeurs – au centre – l’espace et le monde nous habitent…

 

 

Derrière le rire – le soleil invisible…

L’espace pénétrant la tête – pénétrant la chair…

La beauté – la vérité – de l’instant – perdant toute retenue – toute pudeur…

Le grand jour qui se répand sans le moindre état d’âme…

 

 

Le silence qui danse – la tête jamais taciturne – les mains sur les hanches – vers le ciel – comme un oiseau – quelques feuilles – quelques plumes – dans le vent – à la merci des orages et des tempêtes – jouant sous la pluie – dans les bourrasques – complice de toutes les pertes – de tous les obstacles – n’ignorant jamais qu’il est seul au milieu de la multitude apparente…

 

 

Vif – comme le feu – venu nous consulter – venu nous envahir – venu nous reconnaître…

Sur le bûcher – toutes nos ombres et tous nos fantômes – tous les noms et toutes les vérités gravées dans les livres – au fond des têtes – le crépitement des mythes jetés dans les flammes et le frémissement de nos terres les plus lointaines – les plus étrangères…

Un immense brasier où, par-dessus les larmes, la joie s’est invitée…

 

 

Des notes sur le chemin que piétinent les hommes – qui se mélangent à la poussière – à la terre noire – à la nuit…

Ce qui indiffère – ou, pire, ce que dénigrent l’ignorance et la torpeur des têtes affairées…

 

 

Le monde – des remous – du désir – de la nostalgie – de l’amour tissé dans l’ombre – l’apparence d’un voyage – le visage de la multitude – ce à quoi nous condamnent les limites…

Le long apprentissage du rire et du soleil – l’intimité avec l’invisible – malgré la bêtise et la peur…

La naissance (souvent laborieuse) des ailes pour échapper à la gravité…

 

 

Sur la route – écartelé entre l’apparence d’un début et l’illusion d’une fin – condamné, en quelque sorte, à un intervalle restreint – privé de liberté – obligé, en définitive, de découvrir au-dedans le lieu de la verticalité – un espace – une étendue – vers le ciel – l’univers – l’infini ; une manière de vivre le corps sur terre – au milieu des Autres – et l’âme au-dessus des têtes – au-dessus du monde – de rendre l’existence (passablement) vivable…

 

 

Des fleurs au milieu du rêve – comme une lampe pour les naïfs – un semblant de lumière pour donner l’illusion d’un voyage – l’illusion d’un spectacle – une parenthèse dans la nuit sombre et sans fin…

 

 

La moitié du visage emportée par la colère. Et l’autre – déjà folle – soumise aux exigences de la tête…

L’âme et la main – dociles – prêtes à briser le sol – à jeter le venin accumulé – à anéantir la moindre tentative de résistance…

Comme un orage né du mariage étrange (et presque contre nature) entre les hauteurs et les abîmes – véhiculé par obéissance au règne de la noirceur et l’agilité des transmissions entre les cercles…

Notre prédilection pour le rouge écarlate – coups de sang et coups de cœur – comme pour mieux souligner notre impuissance face aux forces terrestres – face aux incroyables passions qui gouvernent le monde…

 

 

Dans le regard – le monde entier – les conditions même du geste juste – ce vers quoi tendent toutes les formes de vie…

 

 

Rien que des ailes dans le vent – dans le ciel – et le sourire, en contrebas, des grands arbres fidèles – émerveillés par les danses qui les surplombent…

La sagesse de notre monde – l’âme dans sa pleine envergure – en tous lieux habitables – en tous lieux possibles – là où tout existe – et est orchestré pour se résoudre – pour se révéler…

 

 

Des pierres – des larmes – des refus – l’âme penchée – vacillante – autant que nos certitudes – autant que les restes, peu vaillants, de notre volonté ; ce que l’on brûle et ce que l’on lèche – indifféremment – comme si la nuit et le soleil étaient des atomes insignifiants – une part infime de ce que nous sommes – dans notre (involontaire) rayonnement…

 

 

Le silence – à l’abri des bruits – à l’abri des vents – à l’abri des Dieux… inaccessible par les choses du monde – sauf à creuser en elles…

L’attention-mère – originelle – la matrice première des mondes successifs…

 

 

Toutes les formes et toutes les possibilités – en nous – prêtes à surgir et à se déployer…

Des couleurs – des parfums – des lunes – des rires – des mondes – tapis dans l’ombre – dissimulés avec prudence – en désordre – dans l’attente d’un souffle – d’un élan – pour jaillir et naître au jour…

 

 

Des mains que l’on abandonne – comme un don supplémentaire – un surcroît d’offrande – une manière, peut-être, d’offrir à la prière un peu de densité – un peu de consistance – assez de chair pour devenir réelle…

 

 

Dans les filets d’une main qui nous soulève – l’œil aux aguets – là où les paupières sont encore closes…

Et au cou – ce lourd collier de chaînes…

 

 

Une douleur – à chaque carrefour – nous attend – une possibilité de délivrance – à chaque instant – l’envol ou la poursuite (laborieuse) du voyage…

La fièvre et l’abattement – d’un côté ; le chant – l’Amour et le silence – de l’autre…

Depuis toujours – la même alternative…

Nous – sans cesse – oscillant entre le réel et la croyance…

 

 

Nous – revêtus de noir et d’obéissance – de cet uniforme sans visage – sans influence – sans aspérité – les habits tristes de la séparation et du désenchantement – pris à tous les pièges du monde – prisonniers de la tête aux pieds…

 

 

Ce que nous subtilisons au soleil – l’âme et les yeux à la dérive – sur le dos, notre charge quotidienne – la perspective jamais au-delà de l’horizon – des murs d’écume devant nous – comme des obstacles – une forme grossière de détention…

 

 

Rien pour prier – remercier – se prosterner…

Rien qu’un désert – rien que des pierres aussi tranchantes que des lames – avec des grilles et des fleurs plein la tête – comme un rêve – une invitation au voyage – à s’enfuir aussi loin que possible – à rejoindre tous les ailleurs accessibles…

Un pied dans le ciel et l’océan – et l’autre immergé dans la terre – submergé par l’abondance et le sang…

 

 

Un fil – un passage – aux allures de croix – de sacrifice – de crucifix – avec du vent et des couronnes d’épines – avec des ombres (les nôtres et celles des Autres) et des révélations…

Notre nature au-delà du monde – au-delà des apparences ; nos retrouvailles tant espérées…

 

 

Une étoile ou un trou au centre – ce que l’on y met malgré nous – la façon dont nous habitons le monde – la façon dont nous habillons l’esprit – la façon dont nous nous tenons face aux Autres…

 

 

Paumes ouvertes – hors du désir des hommes – hors du désir du monde – épargné par le règne terrifiant de la folie – là où les ailes se déploient – deviennent le faîte de l’esprit hors de soupçon – l’envergure promise au-dessus des danses et du néant que l’on habille, trop souvent, de couleurs et de bruits – et que l’on agrémente – éhontément – d’une présence infiniment restrictive – incroyablement mensongère…

 

 

Une autre douleur que celle de la nuit – intérieure – profonde – inéluctable – sa continuité déployée, en quelque sorte ; l’illusion et l’escroquerie – comme un décor et un contenu que nous aurions inventés pour nous donner le sentiment de pouvoir échapper à la misère et aux (terrifiantes) limitations de l’existence terrestre…

 

 

Le sang des Autres sur notre plaie…

Le silence par-dessus la douleur et le courage – les mains tendues face aux interrogations – comme l’aveu d’une impuissance – un coup de poignard dans l’eau – un élan de résistance inutile – les yeux, sans doute, lavés par trop de larmes et de pluie – le monde devant nous – inerte et triste…

 

 

Le verbe et les étoiles – à demeure – dans le prolongement de notre stature – comme un axe – une colonne autour de laquelle graviteraient le silence et mille autres soleils…

Tous nos frères de naissance – la part promise à notre intimité…

Illusion(s) – comme le reste – bien sûr…

 

 

Des paroles autour de la faim – le monde à nos pieds – intacts – comme le plus familier – au bord et au centre – en surface et en profondeur – perceptibles – comme l’invisible – selon le degré d’inclinaison de l’esprit…

 

 

L’âme glissante – dans son échappée – sa fuite des dogmes – insaisissable – comme le monde et la vérité – comme tout, en réalité ; circonstantielle – de passage – simplement…

 

 

Dans le regard – ce qui est – provisoirement – ce qui se goûte…

Au cœur de l’antre des sages et des Dieux – sans désir – sans souci – dans cette luminosité dense et rayonnante…

La mort apprivoisée qui rejoint l’Amour – la terre accessible – le ciel désacralisé – comme si l’on avait (enfin) compris que la douleur – l’insupportable – ne se trouvaient que dans le refus…

 

 

L’oiseau et l’infini dans le même ciel – dans le même chant – ceux qui naissent des âmes libres – affranchies des vieilles lunes du monde humain – des anciens cercles d’existence et de torture – réels, en somme, comme le plus immuable en nous – ce qui échappe à notre fièvre (féroce) et à nos désirs (si puérils) de blancheur…

 

 

Quelques mots – quelques lignes – comme des flèches décochées contre des murs d’écume – imposants – massifs – impénétrables…

Nul dans les gradins – nul aux fenêtres – rien qu’une foule curieuse des histoires – de la surface – l’horloge au poignet qui berce la torpeur de son bruit régulier et monotone – avant, un jour (très vite) de sonner le glas du monde, puis, bien plus tardivement, celui de l’illusion…

 

 

L’écrin de toutes nos mélancolies – de tous nos élans vers la bêtise et le crime…

Le désespoir des Dieux devant tous nos horizons obstrués…

 

 

Le long de nos esprits vides – des amas d’illusions inventées, puis rejetées – la crête sur laquelle piétinent toutes les âmes – les aiguilles mensongères du temps – la logique et la raison – ce qui s’éloigne sans inquiétude – les rêves et l’anxiété – tout ce qui semble nous composer – en somme…

Le monde, bientôt, au seuil de l’effondrement – sous le joug du règne soustractif…

 

 

A notre place – sous la neige – au cœur de l’hiver qui se prolonge et se perpétue – dans la blancheur du ciel déployé – loin des ombres et du noir au milieu desquels nous avons grandi – au milieu desquels se sont, peu à peu, fomentés toutes nos tentatives – tous nos élans vers un ailleurs plus vivable – moins prévisible – moins circonscrit…

 

 

Parallèle au périple – le seuil accessible – notre fortune…

 

 

L’émerveillement du regard affranchi du désir – toute la beauté du monde offerte…

La rosée du matin et les fleurs au crépuscule – l’arc-en-ciel au-dessus des dédales – notre égarement dans tous les labyrinthes improvisés…

Nos yeux anxieux qui scrutent le ciel sombre et menaçant – notre seule perspective…

Notre long témoignage sur ces pages – les confidences d’une âme chercheuse que la surface et les périphéries n’ont jamais su contenter…

 

 

La solitude errante – des origines – à l’œil curieux et sans viscère – démystifiée – exacerbée et célébrée par la proximité permanente de la mort – par la fréquentation continuelle de l’incertitude – par l’immersion quasi totale dans le vide – l’instant – notre présence sans identité (véritablement) reconnaissable…

Le signe, sans doute, que l’âme a remplacé la tête et que le front est devenu un passage – comme le corps – comme les mains – comme le cœur – ouverts à tout ce qui les traverse – à tout ce qui les entoure – à tout ce qui existe – libérés des frontières entre ce qui semble à l’intérieur et ce qui semble au-dehors – bien plus vivants (et bien plus rieurs) qu’autrefois…

 

 

Pourquoi pensons-nous que nous n’existons qu’à travers les signes et les représentations… Sommes-nous donc si peu réels pour n’accorder de crédit qu’aux images et aux symboles…

 

 

Incarner le sourire – le jeu – le chant – le silence – qui naissent de l’innocence…

 

 

Des colonnes d’invisible – le soleil en ruban dans nos cheveux libres – défaits…

Le monde redécouvert par le silence – à travers l’âme (presque) guérie – (presque) réconciliée – entière…

A la jointure du secret et de la lumière…

 

 

Sur la sente des noms inutiles – des choses et des pensées accumulées – sur le pont d’un navire au naufrage annoncé…

La fièvre qui guide les pas – les gestes et les paroles – fidèles à nos croyances – soumis à nos désirs – si pleins encore d’ardeur et d’idéaux…

A nous attarder paresseusement – indéfiniment – dans les coulisses de l’avant-voyage…

 

 

Au sol – dans l’air – et plus haut (bien plus haut) – les vibrations de la voix – la torche de la vérité rayonnante – lumineuse – éclairant l’Amour sur ses hautes échasses – le silence à proximité – à portée de l’enfance – et les cages aux grilles solides au fond desquelles nous nous tenons…

 

 

Au milieu du néant – au cœur de l’abîme – la monstruosité – infidèle à l’origine – soumise aux forces noires du monde…

La terre en tête – dans le sang qui circule – jusque dans l’âme contrariée – à peine consciente de son dévoiement…

 

 

Des cris – des mains rouges – de la chair blessée – en tous lieux – des taches et des ombres grandissantes – de plus en plus souveraines – des flèches et des étoiles – des amas de désirs et de dépouilles ; des créatures si impuissantes – si risibles – si ridicules face à la beauté et à l’immensité du jour…

 

 

Par endroits – la transparence – la profondeur des résonances ressenties – le jour qui se propage comme si rien ne pouvait lui faire obstacle…

L’intelligence louvoyant entre les aspérités – pénétrant les angles – épousant tous les recoins – la moindre anfractuosité – imprégnant les sols – l’air et l’eau – les étoiles – tout ce qui frémit et tout ce qui la réclame – sous le sommeil…

 

 

Nous – décochés comme des flèches dans la nuit – survolant le monde (une partie du monde) – transperçant quelques broutilles – errant au-dessus des têtes – de la raison – de la sagesse – avant de retomber dans le sable lointain – abandonnés à notre sort – au dessèchement – à la solitude – aux conditions nécessaires pour que se réalise le passage – cette traversée sombre et éprouvante du désert qui mène au ciel – au jour – au bleu indéfini et sans mystère…

 

 

Les mains jointes et noires – creusant, parfois, la terre – levées, parfois, vers l’infini comme une flèche immobile – saisissant le nécessaire – les quelques trésors posés devant elles – parant les coups – réparant, de temps à autre, les dégâts – devenant la preuve de tous les possibles – la cause du plus grand vertige dans nos combats – dans notre danse avec la matière – dans nos opiniâtres tentatives d’envol…

Le grand défi de l’homme face au mouvement – face au silence – face à la vérité…

 

 

Trop de fièvre encore dans la voix – dans les mains et les rêves – trop d’infidélité encore au silence et à l’immobilité – pour que nos ambitions coïncident avec les circonstances et reflètent, de manière parfaite, l’Amour et la justesse…

 

 

Des visages – une croix – contre notre joue…

Ce que les larmes nous révèlent…

Ce que nos mains ont tenté de bâtir – des enclos – des frontières – des remparts – un lieu où vivre à l’abri de la fureur du monde – incapable, bien sûr, de nous protéger des démons à l’intérieur…

 

 

Assis au milieu des herbes – loin du grand labyrinthe fait de briques et de visages – de peurs et d’ambitions – seul dans la multitude végétale – sur cette étendue verte épargnée par les édifices et les instruments humains – abandonnée aux habitants des marges auxquels nous appartenons…

 

 

Des feux – en cascade – jusqu’à l’aube…

Ni chemin – ni pèlerin – ni viatique…

La monnaie et le plus précieux à l’intérieur – le nécessaire pour l’échange – un peu d’embarras contre un coin de ciel bleu…

Mille ans de repos après tant de guerres – de sueur et d’efforts…

Le rire à la suite des larmes – comme une couronne (presque) invisible – offerte sans raison…

Le vide après la tristesse – après des siècles d’absence – d’abandon et d’infortune – puis, un jour, le silence et la complétude – ce que nous n’espérions plus…

Le terme (provisoire) de cette marche folle et obstinée…

 

 

Le monde à genoux – derrière l’oratoire – des prières plein les poches – des sermons plein la tête – mille conseils pour les âmes naïves et dociles – encore insensibles à ce qui les traverse – aux lois directes du ciel – à l’Amour sans intermédiaire – à la lumière non retranscrite par les scribes dans les livres – à l’immensité qui nous attend tous au-dedans – à la découverte et au déploiement de l’espace que notre orgueil – notre ignorance – notre ambition – dissimulent obstinément…

 

 

Un ruban d’ennui autour de la tête – nous passons – en désordre – déréglés – avec, sur le visage et au fond du cœur, cette passion obscène pour la matière – la faim des affamés ; des rires sous le jour – inconscients – comme si nous étions tombés là par hasard – comme si nous étions censés vivre ici pour l’éternité…

 

 

Un pays de pierres et de larmes – d’espoirs et d’instincts – peuplé d’infimes créatures aux yeux – et au cœur – fermés – dans le prolongement des premières cellules – des premières entités vivantes à l’évolution longue et laborieuse – pleine(s) de merveilles – de surprises et d’empêchements…

 

 

Les heures les plus familières pour apprivoiser le monde – sa sauvagerie et ses limitations – l’impossibilité immédiate du ciel…

Guidé(s) par la main impatiente des enfants – montrant ceci et cela – ici et ailleurs – là-bas et plus loin – trop rarement (presque jamais) le lieu originel – le lieu où toutes les histoires ont commencé…

 

 

Des yeux à l’air libre et des âmes engoncées…

Des danses qui célèbrent – et prolongent – la nuit…

 

 

Des têtes aux songes créatifs – ce dont rêvent les esprits – ce que fabriquent les mains – mille inventions et quelques interrogations tenaces en arrière-plan – comme une métaphysique naturelle – nécessaire à notre manière de vivre – à notre manière d’appréhender l’histoire – à notre manière de conduire les destins…

 

 

Tous les noms inscrits sur la longue liste des choses du monde – tous les objets unis par la même chair – façonnés par le même regard – ensemble dans le même espace – fragments du seul existant

 

 

Parfois, la nuit – comme une ombre sous les paupières – ce qui ravage la terre – un monde de soif – de manque – d’élans – où la satisfaction des désirs n’apaise que de manière (très) provisoire…

Immobiles – comme si les murs nous encerclaient – à la croisée de tous les prolongements…

 

 

Entre nos doigts – le monde – l’univers – le vide – et toutes leurs créatures difformes – boursouflées – que l’attrait des Autres dilate – enlaidit – plus encore…

 

 

Des verrous – de l’eau qui coule – des âmes à genoux – les semelles chargées de terre – la chambre et l’espace à explorer…

Sur le même fil – la même parcelle de boue – à rêver – à nous complaire…

 

 

Tout arrive à celui qui s’arpente – qui s’égrène – qui se désagrège…

L’infini à portée du souffle – du feu – du vent…

 

 

Sous le front – entre les tempes – la douleur qui s’estompe – notre fraternité recroquevillée…

Pieds nus dans les eaux du fleuve – comme envoûtés…

Les mains avides et gesticulantes – à la recherche d’un peu d’or – quelques misérables paillettes…

Entre nos doigts – du sable et d’infâmes restes à partager…

Toute la vie – dans nos yeux – dans nos veines…

La figure de l’Amour au pays des vivants – au pays de la mort…

Le chapelet dans notre main – s’égrainant – comme nous dans celle de Dieu – ici, la chambre – là, l’univers – ici, les saisons – là, la folle allure du temps…

Et partout – les mêmes âmes et les mêmes yeux épris d’Amour et de lumière – convertis déjà au silence malgré les apparences – malgré l’affairement et les bruits…

 

 

De pierre en pierre – les yeux ravagés par la soif et la folie – les mains fébriles – l’âme pleine de nœuds et de murmures – au pied d’un long mur – une enceinte interminable peut-être – comme des enfants qui attendent, impatients, leur mère – un peu d’eau et de sagesse – une (vague) espérance – la possibilité de contourner l’édifice – la forteresse – d’entrer de plain-pied dans l’existence vivante – dans l’existence réelle – dans l’existence vibrante – frémissante – amoureuse…

Au cœur de l’intimité de l’être…

 

 

Pas même le souvenir de la douleur – du manque acéré porté dans l’âme jusqu’à l’incandescence – l’impatience d’aller pieds et tête nus – en agitant les bracelets à nos bras – au milieu de la fête – au milieu de l’absence…

Nos danses sur les rives du grand fleuve chimérique…

Notre chevelure changeante – jusqu’au blanc du temps passé…

Nos chants – tous nos chants – pour apprendre à défier la nuit et la malchance…

Le poids des soucis dans le miroir – implacable – saisissant – qui creuse, chaque jour, notre visage ; qui forme les rides de l’accoutumance et de la résignation…

Rien qu’un peu de chair et d’espérance – en somme – qui finira ses pauvres jours – sa brève et misérable existence – en cendres – en poussière – entre quatre planches – pleuré par quelques-uns pendant quelques instants – poussé ailleurs – un peu plus loin – contraint très vite de revenir – de bâtir, à nouveau, quelques édifices avec un peu de sable et de vent – entre rires et grimaces – entre espoir et douleur – soumis (inexorablement) au lot commun (ordinaire)…

 

 

Dans les affres de l’ombre et de l’assise – le monde devant nous – sur le sable – des larmes sur la joue – un sourire discret aux coins des lèvres – des images et des pensées – une manière de tracer sa route – à mains nues – sans privilège – sans concession…

Toute la beauté de notre voyage – peut-être…

 

 

Nous respirons – comme si l’infini était derrière nous – au-dessus – en dessous – mais jamais au-dedans – jamais à proximité ; un souffle sans envergure – une dispersion des énergies et des ambitions – comme le plus vaste provisoirement contracté – provisoirement circonscrit…

 

 

Il n’y a rien à faire – rien à chercher ; la compréhension invite au chant et à la danse – les plus justes (et les plus belles) expressions du silence lorsque celui-ci est habité – l’individualité alors jouit et jubile – rien d’autre ne lui est nécessaire – rien d’autre ne l’intéresse…

L’espace seul – comme le lieu de la joie et de la jouissance – l’envergure incroyable et surprenante que nous habitons – que nous respirons – que nous sommes ; et cette frénésie de gestes – de pas et de paroles – tranquilles et silencieux…

 

 

Les mots qui glissent comme des pieds – une main – un modeste baiser – sur la glace – la feuille – la peau – des fleurs lancées sur les pierres – sur les têtes – dans les bras de ceux qui attendent avec impatience – un peu de vérité sur les brûlures – sur les désirs et l’espoir – un feu supplémentaire – des flammes hautes et dansantes dans la mémoire – au milieu des idées – un incendie réparateur qui détruit les amassements – l’inutile – et laisse la terre noire – le sol et notre visage – aussi lisses qu’un miroir…

Le terrain le plus propice au silence et au recueillement – les prémices de l’innocence et de la légèreté – l’antichambre de la tendresse – de la lumière – de la joie…

Notre plus fidèle portrait – en somme – de long en large – de bout en bout…

 

 

La terre – comme une main tendue – offerte ; et cette marche aveugle – inconnaissante – inattendue et impatiente…

Ce qui nous hante…

Nous – vers le feu – puis, au milieu du feu – puis, devenant le feu…

Le monde – les arbres et les oiseaux…

Le sol où tout, sans cesse, recommence…

 

 

Nous – vers la chute certaine – dans le piétinement jusqu’au trou…

Trop rarement – l’envol et la liberté…

Ce qui appartient encore aux yeux des hommes et au monde des Dieux…

La tête – dans ses filets d’illusions ; le regard trop enfoui – trop lointain – qu’un rien, pourtant, pourrait faire naître…

 

 

Nous – au milieu des Autres – à penser l’incertitude – à vivre au milieu des bruits – comme si nous étions là pour composer avec ce qui nous entoure – exhumer ce qui loge au fond de nos viscères – confirmer l’insignifiance et l’indigence de notre destin ; cette nuit longue et tragique – sans étoile…

 

 

Nous – à l’extrémité du monde – et les Autres, apparemment, de l’autre côté…

Au bord de la vérité – peut-être ; et les hommes si profondément dissimulés en elle qu’ils ne peuvent la découvrir – ni la faire jaillir – au-dehors – à travers leurs gestes et leurs paroles…

 

 

Le sang versé – pardonnable…

La souffrance infligée – utile peut-être…

L’âme – esseulée – sur son rocher noir – recluse sur son archipel des épouvantes – comme un passage nécessaire – le seul paysage qui, dans ses sous-sols, abrite le plus précieux – la sensibilité et l’acuité du regard – ce qui, peu à peu, donnera naissance à l’Amour et à la lumière…

 

 

Nous – longtemps après le lever du soleil et longtemps après son extinction – pour toujours – sur le sable – sans consolation – au milieu de la nuit – avec un immense sourire au fond de l’âme…

Qu’importe le contexte et les circonstances lorsque le cœur – les lèvres et les mains – sont réunis et alignés sur les exigences du monde et des Dieux…

 

 

Nous avons – trop longtemps – confondu le monde – la route et les noms – les visages – les choses et les fonctions – emmêlant tout – mettant tout cul par-dessus tête – nous laissant engloutir au-dedans des coups – des mains qui cognent et du sang – essayant de nous ranger toujours du côté des alliés et des vainqueurs – du côté de ceux qui gouvernent le monde – de ceux qui conduisent les destins – de ceux qui inventent ou rénovent le langage ; les pieds – l’âme – la tête – sur le versant du mensonge et de l’inutile…

 

 

Nous – seul(s) au monde – au seuil du réel – à proximité du lieu où veille l’Amour – aux avant-postes du silence – pas si loin, au fond, du sommeil des hommes…

 

 

Le souffle brut – sans trahison – au fond de l’âme et de la poitrine – naissant ailleurs – plus loin – plus profondément – dans cet espace de liberté et d’obéissance – au cœur de cette présence fidèle à toutes les lois et à tous les règnes du monde – dans le vide qui demeure au-delà des choses (construites et inventées) – au-delà des murs – au-delà des larmes et du langage…

Au fond de cette béance qui nous abrite – que nous abritons – que nous sommes, bien sûr, de toutes les manières possibles…