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LES CARNETS METAPHYSIQUES & SPIRITUELS

A PROPOS

La quête de sens
Le passage vers l’impersonnel
L’exploration de l’être

L’intégration à la présence


 

CARNETS PUBLIES

L'expérience du monde 
Récit (1997-1999)

Solitudes 
Récit (2001)

Le petit chercheur Livre 1  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 2  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 3  
Conte (2004)

Quêteur de sens  
Essai anthologique (2005)

Traversée commune  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 1  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 2  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 3  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 4  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 5  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 6  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 7  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 8  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 9  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 10  
Livre expérimental (2007)

Tourbillon(s) 
Journal & récit (2008-2013)

Le goût d'autre chose 
Journal (2013-2016)

Un homme simple et sage 
Récit (2014)

Une âme sensible Vol 1  
Journal (2016-2019)

Une âme sensible Vol 2 
Journal (2016-2019)

Entre le rêve, le monde... Vol 1  
Journal (2019-2020)

Entre le rêve, le monde... Vol 2  
Journal (2019-2020)

Quelque chose du sang...  
Journal (2020-2021)

En plein cœur Vol 1 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 2 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 3 
Journal (2021-2022)

Si près de nos lèvres... Vol 1 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 2 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 3 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 4 
Journal (2022-2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 1 
Récit (2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 2  
Récit (2023)

Une destinée sans certitude Vol 1 
Journal (2023-2024)

Une destinée sans certitude Vol 2 
Journal (2023-2024)

Entre Dieu et la pierre Vol 1
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 2
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 3
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 4
Journal (2024-2025)

Quelques jours... Vol 1  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 2  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 3  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 4  
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 1
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 2
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 2 partie 1
Journal (2025-2026)

En son for intérieur Vol 2 partie 2
Journal (2025-2026)

 

CARNETS BRUTS

Carnet n°1
L’innocence bafouée

Récit / 1997 / La quête de sens

Carnet n°2
Le naïf

Fiction / 1998 / La quête de sens

Carnet n°3
Une traversée du monde

Journal / 1999 / La quête de sens

Carnet n°4
Le marionnettiste

Fiction / 2000 / La quête de sens

Carnet n°5
Un Robinson moderne

Récit / 2001 / La quête de sens

Carnet n°6
Une chienne de vie

Fiction jeunesse / 2002/ Hors catégorie

Carnet n°7
Pensées vagabondes

Recueil / 2003 / La quête de sens

Carnet n°8
Le voyage clandestin

Récit jeunesse / 2004 / Hors catégorie

Carnet n°9
Le petit chercheur Livre 1

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°10
Le petit chercheur Livre 2

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°11 
Le petit chercheur Livre 3

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°12
Autoportrait aux visages

Récit / 2005 / La quête de sens

Carnet n°13
Quêteur de sens

Recueil / 2005 / La quête de sens

Carnet n°14
Enchaînements

Récit / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°15
Regards croisés

Pensées et photographies / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°16
Traversée commune Intro

Livre expérimental / 2007 / La quête de sens

Carnet n°17
Traversée commune Livre 1

Récit / 2007 / La quête de sens

Carnet n°18
Traversée commune Livre 2

Fiction / 2007/ La quête de sens

Carnet n°19
Traversée commune Livre 3

Récit & fiction / 2007 / La quête de sens

Carnet n°20
Traversée commune Livre 4

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°21
Traversée commune Livre 5

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°22
Traversée commune Livre 6

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°23
Traversée commune Livre 7

Poésie / 2007 / La quête de sens

Carnet n°24
Traversée commune Livre 8

Pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°25
Traversée commune Livre 9

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°26
Traversée commune Livre 10

Guides & synthèse / 2007 / La quête de sens

Carnet n°27
Au seuil de la mi-saison

Journal / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°28
L'Homme-pagaille

Récit / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°29
Saisons souterraines

Journal poétique / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°30
Au terme de l'exil provisoire

Journal / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°31
Fouille hagarde

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°32
A la croisée des nuits

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°33
Les ailes du monde si lourdes

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°34
Pilori

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°35
Ecorce blanche

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°36
Ascèse du vide

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°37
Journal de rupture

Journal / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°38
Elle et moi – poésies pour elle

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°39
Préliminaires et prémices

Journal / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°40
Sous la cognée du vent

Journal poétique / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°41
Empreintes – corps écrits

Poésie et peintures / 2010 / Hors catégorie

Carnet n°42
Entre la lumière

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°43
Au seuil de l'azur

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°44
Une parole brute

Journal poétique / 2012 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°45
Chemin(s)

Recueil / 2013 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°46
L'être et le rien

Journal / 2013 / L’exploration de l’être

Carnet n°47
Simplement

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°48
Notes du haut et du bas

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°49
Un homme simple et sage

Récit / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°50
Quelques mots

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°51
Journal fragmenté

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°52
Réflexions et confidences

Journal / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°53
Le grand saladier

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°54
Ô mon âme

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°55
Le ciel nu

Recueil / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°56
L'infini en soi 

Recueil / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°57
L'office naturel

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°58
Le nuage, l’arbre et le silence

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°59
Entre nous

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°60
La conscience et l'Existant

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°61
La conscience et l'Existant Intro

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°62
La conscience et l'Existant 1 à 5

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°63
La conscience et l'Existant 6

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°64
La conscience et l'Existant 6 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°65
La conscience et l'Existant 6 (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°66
La conscience et l'Existant 7

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°67
La conscience et l'Existant 7 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°68
La conscience et l'Existant 8 et 9

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°69
La conscience et l'Existant (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°70
Notes sensibles

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°71
Notes du ciel et de la terre

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°72
Fulminations et anecdotes...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°73
L'azur et l'horizon

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°74
Paroles pour soi

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°75
Pensées sur soi, le regard...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°76
Hommes, anges et démons

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°77
La sente étroite...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°78
Le fou des collines...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°79
Intimités et réflexions...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°80
Le gris de l'âme derrière la joie

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°81
Pensées et réflexions pour soi

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°82
La peur du silence

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°83
Des bruits aux oreilles sages

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°84
Un timide retour au monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°85
Passagers du monde...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°86
Au plus proche du silence

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°87
Être en ce monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°88
L'homme-regard

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°89
Passant éphémère

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°90
Sur le chemin des jours

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°91
Dans le sillon des feuilles mortes

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°92
La joie et la lumière

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°93
Inclinaisons et épanchements...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°94
Bribes de portrait(s)...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°95
Petites choses

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°96
La lumière, l’infini, le silence...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°97
Penchants et résidus naturels...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°98
La poésie, la joie, la tristesse...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°99
Le soleil se moque bien...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°100
Si proche du paradis

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°101
Il n’y a de hasardeux chemin

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°102
La fragilité des fleurs

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°103
Visage(s)

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°104
Le monde, le poète et l’animal

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°105
Petit état des lieux de l’être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°106
Lumière, visages et tressaillements

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°107
La lumière encore...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°108
Sur la terre, le soleil déjà

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°109
Et la parole, aussi, est douce...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°110
Une parole, un silence...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°111
Le silence, la parole...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°112
Une vérité, un songe peut-être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°113
Silence et causeries

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°114
Un peu de vie, un peu de monde...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°115
Encore un peu de désespérance

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°116
La tâche du monde, du sage...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°117
Dire ce que nous sommes...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°118
Ce que nous sommes – encore...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°119
Entre les étoiles et la lumière

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°120
Joies et tristesses verticales

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°121
Du bruit, des âmes et du silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°122
Encore un peu de tout...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°123
L’amour et les ténèbres

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°124
Le feu, la cendre et l’infortune

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°125
Le tragique des jours et le silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°126
Mille fois déjà peut-être...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°127
L’âme, les pierres, la chair...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°128
De l’or dans la boue

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°129
Quelques jours et l’éternité

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°130
Vivant comme si...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°131
La tristesse et la mort

Récit / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°132
Ce feu au fond de l’âme

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°133
Visage(s) commun(s)

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°134
Au bord de l'impersonnel

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°135
Aux portes de la nuit et du silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°136
Entre le rêve et l'absence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°137
Nous autres, hier et aujourd'hui

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°138
Parenthèse, le temps d'un retour...

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°139 
Au loin, je vois les hommes...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°140
L'étrange labeur de l'âme

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°141
Aux fenêtres de l'âme

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°142
L'âme du monde

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°143
Le temps, le monde, le silence...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°144
Obstination(s)

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°145
L'âme, la prière et le silence

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°146
Envolées

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°147
Au fond

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°148
Le réel et l'éphémère

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°149
Destin et illusion

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°150
L'époque, les siècles et l'atemporel

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°151
En somme...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°152
Passage(s)

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°153
Ici, ailleurs, partout

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°154
A quoi bon...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°155
Ce qui demeure dans le pas

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°156
L'autre vie, en nous, si fragile

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°157
La beauté, le silence, le plus simple...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°158
Et, aujourd'hui, tout revient encore...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°159
Tout - de l'autre côté

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°160
Au milieu du monde...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°161
Sourire en silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°162
Nous et les autres - encore

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°163
L'illusion, l'invisible et l'infranchissable

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°164
Le monde et le poète - peut-être...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°165
Rejoindre

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°166
A regarder le monde

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°167
Alternance et continuité

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°168
Fragments ordinaires

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°169
Reliquats et éclaboussures

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°170
Sur le plus lointain versant...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°171
Au-dehors comme au-dedans

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°172
Matière d'éveil - matière du monde

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°173
Lignes de démarcation

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°174
Jeux d'incomplétude

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°175
Exprimer l'impossible

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°176
De larmes, d'enfance et de fleurs

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°177
Coeur blessé, coeur ouvert, coeur vivant

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°178
Cercles superposés

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°179
Tournants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°180
Le jeu des Dieux et des vivants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°181
Routes, élans et pénétrations

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°182
Elans et miracle

Journal poétique / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°183
D'un temps à l'autre

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°184
Quelque part au-dessus du néant...

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°185
Toujours - quelque chose du monde

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°186
Aube et horizon

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°187
L'épaisseur de la trame

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°188
Dans le même creuset

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°189
Notes journalières

Carnet n°190
Notes de la vacuité

Carnet n°191
Notes journalières

Carnet n°192
Notes de la vacuité

Carnet n°193
Notes journalières

Carnet n°194
Notes de la vacuité

Carnet n°195
Notes journalières

Carnet n°196
Notes de la vacuité

Carnet n°197
Notes journalières

Carnet n°198
Notes de la vacuité

Carnet n°199
Notes journalières

Carnet n°200
Notes de la vacuité

Carnet n°201
Notes journalières

Carnet n°202
Notes de la route

Carnet n°203
Notes journalières

Carnet n°204
Notes de voyage

Carnet n°205
Notes journalières

Carnet n°206
Notes du monde

Carnet n°207
Notes journalières

Carnet n°208
Notes sans titre

Carnet n°209
Notes journalières

Carnet n°210
Notes sans titre

Carnet n°211
Notes journalières

Carnet n°212
Notes sans titre

Carnet n°213
Notes journalières

Carnet n°214
Notes sans titre

Carnet n°215
Notes journalières

Carnet n°216
Notes sans titre

Carnet n°217
Notes journalières

Carnet n°218
Notes sans titre

Carnet n°219
Notes journalières

Carnet n°220
Notes sans titre

Carnet n°221
Notes journalières

Carnet n°222
Notes sans titre

Carnet n°223
Notes journalières

Carnet n°224
Notes sans titre

Carnet n°225

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Derrière les mots

Août 2024

 

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Allant sans savoir

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Un œil au cœur de la fable

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Un manteau d'étoiles et de sang

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Carnet n°314
Là où l'on s'incline

Décembre 2024

 

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Devant un Dieu invisible

Janvier 2025

 

Carnet n°316
Ecoutant ce qui demeure

Février 2025

 

Carnet n°317
Et si le monde était l'exil

Mars 2025

 

Carnet n°318
La danse secrète

Avril 2025

 

Carnet n°319
Le cœur engagé dans l'aventure

Mai 2025

 

Carnet n°320
Ce qui veille au fond de l'âme

Juin 2025

 

Carnet n°321
Dans l'écume du mystère

Août 2025

 

Carnet n°322
Vers l'indéchiffrable

Septembre 2025

 

Carnet n°323
Dans l'épaisseur du réel

Octobre 2025

 

Carnet n°324
Entre l'étoile et la boue

Novembre 2025

 

Carnet n°325
Tant qu'il y aura des jours

Décembre 2025

 

Carnet n°326
Des choses et d'autres

Janvier 2026

Epigraphes associées aux carnets

© Les carnets métaphysiques & spirituels

18 août 2020

Carnet n°243 Notes journalières

Dans le défrichement illusoire du monde – la tête penchée – l’âme près du sol – à peine existante – à chercher dans les livres un peu de courage – un surcroît de vitalité – la langue oubliée des Dieux – ce qui nous consolerait de vivre – l’exacte contrepartie de nos malheurs…

 

 

Dans l’antre des monstres et des Dieux – ensemble…

Au plus près du refus – juste derrière – en vérité – là où la connaissance indiffère – devient caduque – là où l’acquiescement est la seule règle – la seule loi – là où nous sommes déjà – sans même le savoir – malgré nos résistances – malgré notre inertie…

 

 

A présent – en ce lieu où le sens prend tournure – sans démenti possible – autant que la plus haute absurdité – dans l’éloignement de ceux qui se disent nôtres – de ceux qui nous ressemblent – dans l’abandon des têtes amies – des têtes alliées – de toutes nos tribus imaginaires…

 

 

De dérive en dérive – jusqu’à l’exclusion – jusqu’aux frontières dépassées du monde – jusqu’à l’autre bord – jusqu’à l’autre rive – jusqu’aux antipodes d’ailleurs – ici même en réalité…

Parfaitement immobile – en quelque sorte…

 

 

La main parfaitement alignée sur l’âme – le centre – l’infini – ce que Dieu attend et ce qu’il est capable de réaliser – à travers nous…

 

 

Tout qui s’enchaîne – jusqu’à la beauté – jusqu’au parfait silence ; la complétude – comme notre seul désir – celui par lequel tout arrive et se succède…

Lâcher l’inutile – abandonner ce qui persiste à s’acharner – se glisser dans la fièvre et les tourments – devenir le mal lui-même – et demeurer au cœur de tous les centres…

Se libérer alors devient la seule possibilité – l’élan naturel au-delà de la volonté – au-delà des exigences du monde et des Dieux…

Notre seule réalité – sans doute…

 

 

Des herbes et des âmes chavirées – piétinées – abandonnées à leur sort – à leur inconsolable solitude – à ce salut qu’elles ignorent – cette manière de se tenir debout – dressées et fragiles parmi les Autres – au milieu d’une nuit qui jamais ne dit son nom…

 

 

Seul – sans manque – sans attente – sans réponse – sans remède – comme un tertre – comme un peu d’air – au milieu du ciel – comme un trou – un peu de terre – à même le sol – tombé là sans que le hasard, ni les Autres s’en mêlent…

Des visages – des pieds et des tombes – au cœur d’un incroyable tohu-bohu…

Du feu – le miroir central et les reflets périphériques – brisé – dilués dans les paysages – une sorte de rupture et de flou – quelque chose de fort peu raisonnable – comme une sensation – une impression de mort au milieu des couleurs – comme une âme vivante au milieu d’un écho très ancien…

 

 

Dans les ténèbres obstinées – le jour qui veille – attentif – derrière tout ce qui a l’air triste et sombre – derrière tout ce qui affiche une noirceur apparente et trompeuse…

 

 

Les lèvres de l’Amour dans nos veines buvant, malgré elles, le sang des Autres – amoureusement – pas même révulsées par la grossièreté (inévitable) de ce monde…

 

 

L’âme triste – les poignets harassés – à force de se hisser vainement au-dessus de ce qu’on ne cesse de nous offrir – comme un manque – une quantité jugée toujours insuffisante – ce qui nous emplit, pourtant, jusqu’à la garde – jusqu’à l’écœurement – jusqu’au franc débordement…

Le cœur et le ventre pleins – repus et sans joie – sans l’émerveillement nécessaire que seule la frugalité reconnaissante peut offrir…

 

 

Immobile – comme le jour – malgré l’affairement alentour – la gesticulation des vivants…

Au milieu des vents – au milieu du sable – la peau et le cœur emmêlés – quelque chose d’une apparence – comme une matière qui tressaille…

 

 

Ce qui danse sous nos carapaces…

Le monde entier dans nos yeux immobiles…

Mille mouvements et mille rythmes au-dedans du vide…

 

 

Rien ne peut mourir dans le regard tant tout semble inexistant – partiellement là – parfaitement relié au reste – de mille manières…

 

 

Le vent sait ce que lui confie le vide et le vide rit de ce que lui confie le vent ; et nous autres, l’un et l’autre – et, très souvent, plus l’un que l’autre – alternativement – comme si trouver son équilibre était la chose la plus difficile au monde…

 

 

Nous sommes la chance du monde – et sa malédiction ; les intentions de l’âme et la vie blessée à mort…

 

 

Il y a de très vieilles douleurs dans les couloirs de l’univers – de très vieilles douleurs et des âmes en fuite – et des âmes en quête – quelque chose d’incompris (et d’incompréhensible par la raison) – quelque chose à défaire et des liens à réaliser ; se rendre compte de nos mensonges et de nos inventions – des ciels et des gouffres que nous avons artificiellement construits…

Des idées autant que des ombres…

Un monde où l’être est absent – en apparence ; un plénipotentiaire déguisé qui prend un malin plaisir à incarner son contraire…

 

 

Des existences où, en vérité, il est impossible de mourir – et où la mort demeure très largement incomprise…

Debout – à travers toutes les naissances…

Debout – sans jamais la moindre fin…

 

 

Nous – dans le jour – avançant confusément – vivant comme si l’innocence n’était qu’un mythe – un idéal hors d’atteinte – une crête invisible au milieu des vents…

Nous – croyant vivre – et ne cessant de mourir – en vérité – les Dieux et la douleur mélangés – et la joie (imperceptible) présente au milieu des danses…

 

 

Des traces sur nos lèvres – sur les chemins – la lumière tenace malgré le défilé des saisons et des visages…

 

 

Ce que nous achevons sans courage…

L’encre et sa cargaison de baume et de venin…

Le monde aussi subtil que nos pages…

Une interminable leçon de modestie…

 

 

Dans le caprice des heures – empêtrés – à la manière d’un feu dans le noir – dans la nuit – visible mais inaccessible – pris dans les nécessités de vivre et l’incroyable vigueur des choses de la terre…

Sans loi – sans nom – dans une veille sans intention – sans ambition – soudés à l’Amour et au langage – aux jeux du monde et des Dieux interprétés par l’esprit…

La tête en sang – dans le vertige de l’imaginaire – comme un enfant soudain séduit par la fraîcheur de l’eau – la tendresse de l’herbe – la beauté des nuages – toute la poésie du monde…

 

 

Au-dedans des ronces – solitaire – à manier le silence comme la seule véritable épiphanie – à la fois perpétuelle et récurremment différente…

 

 

Les signes du corps – de l’âme – du destin – alignés sur la page – pointant sans violence – sans hardiesse – vers le ciel – l’Absolu – le seul repère…

 

 

Toutes les morts additionnées – indéchiffrables – comme des sentinelles autour du sommeil – comme une monstruosité apparente et opportune – comme un piège dans l’espace – la seule issue possible – sans doute…

 

 

Du temps – ce que l’on imagine être le temps – de l’Amour – les mains vides ; ainsi marche-t-on sans souffrance – le parfum de la mort sur les lèvres – comme une fleur nécessaire – délicate – comme une chose que l’on chérit – la condition du changement – des possibles – de la joie…

 

 

Le visage des jours sur l’âme et les mains – flétri(es) – comme la peau d’un ancêtre que l’on aurait revêtue – un peu hiératique – un peu surannée – quelque chose comme un reste de neige – le manteau du passé que l’on aurait traîné trop longtemps derrière soi et qui aurait pris la couleur de la poussière – la couleur des chemins…

Un sourire gris sur la figure – comme une tristesse figée – comme un masque qui découragerait le monde et la joie…

 

 

Un peu de vent sur les yeux – comme une prière – un poème – le langage silencieux des Dieux – sans commentaire – sans explication – comme une caresse – un enchantement – avec l’envergure du rêve et la précision du geste – invitant le Divin dans les mains – sous les paupières – et la terre dans le sang – à se mélanger – à devenir l’élixir – pour instaurer la beauté partout où l’âme et le regard se posent…

 

 

Inaccomplis – le monde comme le mystère – et tous nos secrets – ce que nous conservons à l’abri des regards – derrière notre désinvolture familière…

L’allure légère et le geste éternellement neuf…

Au-dedans de tout – et que nul, jamais, ne pourra ériger en statue…

 

 

Ce qui – lentement – glisse vers la blancheur…

Plus personne pour que l’Amour s’incarne…

Un jour – comme mille autres – le ciel au-dessus – la pierre en dessous – quelque chose comme une âme bancale – maladroite – malhabile face au vent – face au monde – face aux hommes ; comme une sorte de virginité corrompue…

 

 

L’étoile en haut – arborée – comme le signe d’une défaite – la possibilité d’un rêve incarné – ce à quoi l’on s’exerce lorsque l’on imagine ailleurs préférable à ici – lorsque l’on imagine après préférable à maintenant – la preuve que quelque chose cloche – en nous – un lieu terrible – sauvage – séparé de tout – où rien ne peut (véritablement) s’emboîter…

 

 

Incompris – dans nos trop lourdes vêtures – les cailloux du monde plein les poches – à passer d’un côté à l’autre du chemin comme s’il nous fallait (absolument) marcher (et avancer) – comme si l’allure et les pas ne comptaient pas davantage que les lieux traversés…

Lourdes silhouettes dans l’argile – un souffle à peine – pour nous rappeler notre appartenance à cette lointaine généalogie du vent – et un espace ténu – perdu – dissimulé au fond du cœur – pour nous souvenir de notre parenté avec le ciel – avec ce bleu étrange et infini – indifférent à la direction prise par les voyages – aux étapes et à la destination que nous nous astreignons à rejoindre…

 

 

Nous n’implorons personne – que le désert avance – seulement – et que nous sachions nous résoudre à toutes les absences – que lui en nous et nous en lui – apprenions à nous apprivoiser – à devenir l’autre sans la moindre étrangeté…

 

 

Une déchirure – immense – qui sépare le monde – l’océan – en deux parts inégales – incomparables – le grossier et la souffrance d’un côté et l’invisible et la joie de l’autre…

Et nous autres – coupés en deux – obligés de se réunir – de se rejoindre – de retrouver l’unité originelle…

 

 

Une place entre le monde et le ciel – quelques millimètres de frontière qui occupent toute la place – l’essentiel de notre vie – nos refus – nos résistances – nos désaccords – une étendue dédiée aux pierres et aux vagues – aux fracas contre la roche – aux luttes inévitables entre les formes – au lieu d’oublier nos querelles – de façonner ensemble les conditions de la réconciliation – de réunifier les contraires – d’œuvrer à la superposition de la surface et des profondeurs – du centre et de tous les lieux qui ne s’avèrent être, en réalité, que des périphéries…

 

 

Parfois – devenir – ce que la mort nous préfère – une onde – une vibration – un courant plutôt qu’une chose définie – circonscrite – à attraper ; une fenêtre immense plutôt qu’une hache ou une minuscule trappe cadenassée…

 

 

Toutes les vertus du silence – en toute discrétion – sans la moindre bannière – sans la moindre préférence…

Ce qui s’impose – ce qui fait tout voler en éclats autant que ce qui nous soustrait…

 

 

De moins en moins – tels serait, peut-être, la direction – le sens involontaire de la marche – jusqu’au seuil où tout s’inverse – où tout est identique – où tout s’achève et recommence – où dans l’acquiescement joyeux du plus rien, tout est offert…

 

 

Tout, un jour, finit par nous déserter. Ni Dieu – ni sens – ni message – et moins encore d’explication ; le quotidien – tout mélangé – ensemble – et tous les gestes naturels qui s’imposent…

 

 

Au fond – dans le monde – dans les yeux – rien ne change – ça a juste l’air de vieillir – comme la peau et la chair – une apparence en déclin…

Et la vérité (inchangée) du regard premier – ensoleillé et venteux – à travers les siècles – dissimulé (avec une grande intelligence) dans le cœur de chacun…

 

 

Nous – désorientés par la magie du changement – l’avenir que l’on dessine à grands traits trop clairs – comme les eaux trop prévisibles d’un fleuve – comme ce que l’on édifie à chaque carrefour central dans la croyance en un improbable déploiement métaphysique ou l’espérance de circonstances plus favorables…

La tête si lasse – si lointaine – absente en quelque sorte – les yeux perdus dans la vaine élaboration des possibilités…

A essayer de devenir – comme si l’on pouvait ainsi se réaliser…

 

 

Nous dansons – la tête déjà ailleurs – déjà plus haut – déjà plus loin – comme si le monde et l’espace antérieur étaient de vieux souvenirs – de simples étapes sur l’itinéraire – une manière provisoire (et presque involontaire) d’apprendre, peu à peu, à embrasser le jour…

 

 

A s’imaginer pouvoir comme si nous étions le soleil ou un grand magicien – le réel avant l’aube – les règles d’un jeu trop cruel – la lumière guérissante – les bras incroyablement tendres de l’Amour – quelque chose d’infrangible – l’œil capable d’inverser tous les règnes et toutes les lois du monde…

Plus originel que la matrice initiale – plus vivant que la Vie – plus divers que l’infinité des visages – plus divin que Dieu, en quelque sorte – et, en tout cas, bien davantage que ce que l’on pourrait imaginer…

 

 

Rien qu’une étreinte fervente – le ciel en fusion – le partage impossible qui se réalise…

 

 

Tout qui avance – tout qui s’efface – la grande faille qui s’ouvre – les secrets qui se retirent – l’infini qui recouvre ses visages – et le déploiement du grand corps à sa suite…

Rien qui ne puisse être saisi – nous échapper ; le vide acquiesçant – partout – triomphant – l’unique présence – l’unique existence ici-bas – en ce monde – et dans tous les ailleurs possibles…

 

 

Dans cette perte totale – fanatique – le grand départ et l’origine retrouvée – l’aube et la lumière jusqu’à l’impossible fin du voyage ; l’itinéraire – tous les itinéraires – éclairés d’une autre manière…

 

 

La beauté au-delà du rêve – l’Absolu au-dedans – le passage des choses – éphémère(s) – ce qui se balance au-dessus du néant – au-dessus de la nuit – l’esprit sans impatience – la marche mesurée au gré des circonstances…

 

 

Au centre du cercle – la terre où se posent nos pas – au milieu du désert et des eaux naturelles – partout à la fois – ici et là – en haut et en bas – au-dessus et en dessous – sans que rien ne puisse s’enfuir – sans que rien ne puisse être retenu prisonnier…

 

 

Du vent et de la buée – un seul regard – vaste et profond – présence permanente aux lèvres tendres et aux dents sévères – intraitables – acérées comme des lames – détruisant tout ce qui s’attarde après avoir été (royalement) accueilli – après avoir été (très largement) remercié – trop (beaucoup trop) désireux de prolonger son existence – son passage – trop (beaucoup trop) insoucieux des autres objets – des autres visages – de toutes les autres formes sur la longue liste des choses du monde (qui ne cesse de se réécrire)…

 

 

La grande migration océane – d’ici à la fin (toujours impossible) du chemin – l’éternel voyage – l’eau errante et circulante – et toute la saveur du monde goûtée depuis le regard-soleil…

 

 

Des pactes et des prières – des alliances ; tout le commerce du monde et l’illégitimité de toute morale dans le grand cirque des échanges ; les têtes intéressées – corrompues – détournées de l’œuvre originelle – de l’offrande spontanée qui ni ne ruse, ni ne calcule – qui se donne tout entière – spontanément – de manière parfaitement gratuite (sans la moindre arrière-pensée)…

 

 

Nous sommes ce que l’on attendait plus – le rire derrière la farce – le rire derrière la douleur – le rire derrière le rire – l’envers du monde et de ses pauvres décors de carton-pâte – l’envers des visages – de tous les costumes – de toutes les façades – le dedans de tous les vivants – la caresse sur toutes les chairs engagées – l’espace où tout se meut – inconfortablement – si souvent…

 

 

Dans l’éternel décalage entre le regard et le monde – ce qui s’abrite au fond du cœur – à l’abri des insignifiantes tempêtes qui agitent la terre – les têtes – la surface même des apparences ; rien de profond – rien de consistant – rien même de suffisamment vrai pour appartenir au réel ; des ombres – un peu de volonté – accueillies comme le reste – avec Amour – respect et attention – dans une écoute pleinement ouverte – disponible – sans embarras – sans intention – dans cette forme incroyable de présence qui transforme les routes et les montagnes en visages – les joies et les malheurs en chair à célébrer – et qui aime tant la nuit – et les choses sombres – qu’elle renonce à les éclairer avant qu’elles ne consentent à voir le jour…

 

 

Le cœur creusé par le regard – au-delà de l’os – jusqu’au tombeau – jusque derrière la mort – tout au long du voyage – sur ce fil interminable que le monde tisse avec celui des Autres…

Parfois jeté aussi bas que les ordures – d’autres fois lancé aussi loin que les idées – mais toujours devant nos pieds – en vérité…

 

 

C’est l’issue impensable qu’il convient de vivre…

Au bord du monde – seul – au-delà de tout désir – au-delà de toute pensée – sans autre témoin que celui qui vit

 

 

Dans les mains des Autres – ni aux cieux – ni en enfer – dans l’entre-deux du monde dont on ne peut rien dire…

Ni providence – ni malédiction – dans l’écheveau complexe – des milliards de fils entremêlés…

 

 

Toutes nos lampes enfilées en collier sur la poitrine – comme si l’on pouvait éclairer nos pas – la marche – trouver une direction – précise – déterminée – comme si nous étions les principaux acteurs de la lumière – comme si l’artifice avait la moindre incidence…

L’identité-soleil – au-delà de la volonté – au-delà de nos intentions (et de nos efforts) d’éclairage…

 

 

Devant chaque porte – une main – à mendier quelques petits riens – des restes dans l’assiette – et sous les fesses, un coussin de clous – des épines et des échardes plein les paumes – et ces larmes résignées – invisibles – sur les joues – ravalées lestement pour avoir l’air moins seul – plus présentable – suffisamment fier – moins que pitoyable…

Notre nature d’homme avec ce visage partagé – déchiré – brisé en mille éclats – en mille volontés – en mille désirs – contradictoires…

 

 

De temps à autre – une fenêtre – comme un voyage (immobile) – mille choses qui passent – qui bruissent – dans le silence – des battements de cœur qui émeuvent le regard – et des épines qui viennent encore parfois se ficher dans le cœur…

 

 

Vide – le panier des rêves – comme le soir qui tombe sur la route – le début d’une nuit plus légère – plus lumineuse…

Sans gloire – sans hasard – le même visage – à travers les épreuves – qui, peu à peu, s’efface – s’éclaire – révèle cet Amour et cette lumière – trop longtemps cachés – trop longtemps oubliés…

 

 

Ce chant qui – en nous – éveille la beauté – qui ouvre les yeux de ceux qui attendent impatiemment à leur fenêtre – comme un baiser glissé sans bruit dans le silence…

 

 

Une prière autour du cou – perpétuelle et silencieuse – sans exigence – comme un peu de neige sur la soif du monde – une main tendre et délicate sur la peau du jour – la fraîcheur de l’eau dans la gorge sèche – du feu au fond de la mémoire – un peu de légèreté dans l’âme…

 

 

L’habitude et le mensonge que reflète le miroir – pas un visage – pas même le soupçon d’un avenir – le passé plié en couches successives – embrouillé – et qui tourne (encore) la tête des moins aguerris – des plus naïfs…

 

 

De la terre à l’errance – le même chemin à suivre – longtemps – pendant des jours – pendant des années – pendant des siècles – jusqu’à la fin…

Et Dieu dissimulé parmi nos visages – derrière – et, chez quelques-uns (trop rares encore), au milieu de l’âme – rayonnant – infiniment perceptible – à travers les yeux et les mains – comme une sensibilité – une tendresse – vivantes…

 

 

Rien du rêve – plutôt un sourire parmi les fleurs – un livre très ancien écrit dans la poussière – sur la pierre, peu à peu, pulvérisée – usée par les vents et la pluie – fidèle, en somme, à l’insaisissable vérité…

 

 

L’heure la plus belle – la plus sauvage – la plus solitaire – vécue depuis le centre de tous les cercles – réunis – unanimement…

Rien – pas même un nom – le silence…

 

 

Dans un monde qui n’existe pas – là où il n’y a jamais rien eu – nous y sommes – pourtant…

 

 

Ce que l’on nous promet – à toutes les fins – la même alternative – le même verdict – le paradis ou l’enfer – ce que nous avons nous-même(s) créé dans notre tête si naïve – la continuité de ce séjour et de l’ensemble des voyages antérieurs – déployés…

 

 

Nous ne franchirons jamais rien ; il n’y a jamais eu de frontières – l’étendue entière était déjà là – présente partout…

 

 

L’obscurcissement et le sang – le même désir involontaire – la même tête – la même parodie de fête – le même simulacre d’existence – le sacre de l’apparence ; ce qui ressemble à un guet-apens qui, en définitive, ne piège que le vent…

Nous ne sommes que l’histoire – il n’y a de contenu – une étendue bleue – seulement – parsemée de terre et de trous – des reflets – ce qui, rassemblés, ressemble à la vie – avec son ignorance et ses substances circulantes…

 

 

Nous n’avons rien à craindre – des images et des illusions…

La vérité est au-delà – plus loin – plus vaste – plus féroce que la soif – ce manque si vif de soi…

L’absence souveraine – déclarée…

 

 

Une obscure passion pour la lumière – le monde fragmenté – en morceaux – comme si les points de vue – si infimes – avaient morcelé le réel – comme s’il nous fallait retrouver notre envergure initiale – nous abandonner à l’infini en devenant (exactement – parfaitement) la seule chose que nous sommes – cette intelligence fine – aiguë – cette part inséparable de son autre moitié – l’Amour – cette tendresse sensible et délicate ; et le tout comme une aire de bienveillance surmontée d’un halo tranchant – extraordinairement précis…

 

 

Rien qu’une prière – un état d’esprit – pour faire naître le souffle, puis l’acte – le geste de plus en plus juste – la parole de moins en moins nécessaire – le silence acquiesçant – cet éloignement inévitable du monde – des hommes – de l’ordinaire commun…

 

 

Au bout du chemin – l’enfouissement ou l’envol – la disparition – l’absence…

Et cette voix – en nous – rassurante – fascinante – évidente – qui crie au mensonge…

 

 

Qui sommes-nous réellement nous qui ignorons – nous qui ne voyons pas – nous qui sommes étrangers à toute forme de sensibilité – nous qui ne sommes pas encore (véritablement) des hommes…

 

 

Tant de mots – de gestes – de vent – pour si peu de chose – en somme…

Mille tourbillons d’air dans le vide…

A peine un souffle sur le visage de Dieu – entre les lèvres de la vérité…

 

 

La docilité de l’âme devant l’esprit peureux – effrayé – condamnée à l’obéissance…

 

 

Des yeux devant nos lignes – comme un guetteur au regard tendre – fasciné par l’appel – le ciel – l’Absolu ; un frère (bien) au-delà de la terre et du temps…

 

 

Nous croyons voyager – les paysages changent – bien sûr – mais seul le regard se transforme…

De l’exiguïté au miracle – du refus à l’acquiescement…

De la terre à la terre – en passant par ce que certains considèrent comme le ciel…

Nous-même(s) – du silence au silence…

Notre vie – toutes nos vies – comme une manière incessante de quitter l’origine – et d’y revenir ; de jaillir de la matrice – et d’y retourner…

 

 

Dieu partout – jusque dans nos gestes – jusque dans nos livres – jusque dans nos tombes – tendre et hilare – malgré la peine – la douleur – l’obscurité et la mort…

Si nous savions – nous délaisserions aussitôt le repos – la torpeur – le sommeil – pour embrasser la vie – le monde – les joies et les malheurs ; tout ce qui nous échoit – avec justesse – avec précision…

 

 

Imbibé(s) de prières et de ciel – dans le sillage de ces longues années stériles et silencieuses – sur ces berges où l’on récolte ce que tous les Autres – tous les vents – ont semé – la bouche pleine de sable – la mémoire encore trop vive pour se tenir (réellement) debout – être présent(s) – et soutenir d’une main attentive l’œuvre de Dieu – l’œuvre des hommes – tout saisir puis, tout jeter au loin – comme si ce labeur d’un autre âge – ce labeur extérieur – ne nous concernait pas – comme si nous étions le premier homme – sans la moindre généalogie – naufragé(s) sur une île déserte – seul(s) – loin de la terre et du ciel – obligé(s) de renoncer au repos pour se mettre en marche – pour se mettre en quête peut-être – pour découvrir ce qui se cache au fond de l’âme – au cœur du silence – lorsque toutes nos croyances et toutes nos idoles – lorsque tous nos désirs et tous nos rêves – nous ont quitté(s) – et que dans notre nudité, nous nous retrouvons – à force de ténacité et d’abandon – sur le seuil du jour – modeste(s) et innocent(s) – enfin prêt(s) à rencontrer – à retrouver – l’impensable…

 

 

Absent – désert – l’espace – comme nos pas – qu’importe les visages et le sourire ; nous n’existons pas – nous n’aurons jamais existé…

 

 

Des vagues et des âmes – fragiles – féroces…

Des larmes, parfois vraies – parfois comme un simulacre…

Des histoires – des rumeurs – nouvelles et anciennes…

Des mensonges hors du cercle – et d’autres (dont nous sommes) qui préfèrent la solitude et le mutisme…

De la peine au vide – du bavardage au silence…

Plus solitaire que jamais – et plus heureux aussi – comme si nous étions le seul hôte à accueillir – le seul être à aimer – en tout cas le premier (avec toute sa communauté) avant tous les autres qui suivront (avec la leur)…

 

 

Nous – dans l’effacement des frontières – l’élargissement du territoire – vaste – si vaste – sans la moindre limite – avec tous les horizons réunis devenus centre – en un seul espace…

 

 

Pas de rencontre – l’étrange prolongement de soi alors qu’à l’extérieur, rien n’a changé – l’apparence – des contours et des confins – toujours – et, au-dedans, la même étendue avec des trous – des bosses – des aspérités – ce que nous appelons des individualités – apparemment distinctes – apparemment différentes – incroyablement changeantes et provisoires – comme une illusion – une perception de surface sans la moindre profondeur – sans la moindre perspective…

 

 

Des yeux – un cœur – par milliers – unique ; le jour recouvert de larmes – de rire – de neige ; la même lumière qui, lentement, éclaire les âmes – les esprits – notre apparence – si sombres et si nocturnes – couleur de mort et de chagrin…

Comme un air de tristesse et une offrande de joie – d’une extrémité à l’autre – (enfin) réunies…

 

18 août 2020

Carnet n°242 Notes journalières

L’aube – la lampe – l’étreinte…

Ce qui nous conduit ici même – sans détour – sans trahison…

 

 

Au fil des naufrages – de plus en plus rien…

La tête inconnaissante – devenue presque superflue aujourd’hui – un peu de chair nécessaire au fonctionnement quotidien…

 

 

La danse – le chant – le rire – expressions des profondeurs – naturelles – sans volonté – comme un hymne permanent à l’Amour – au vivant – au silence…

Nous – sans arrière-pensée – sans apprentissage nécessaire…

Le ciel sur terre décadenassé…

 

 

Des jours et des mains – seuls outils pour venir à bout du labyrinthe – se rendre compte de l’illusion – devenir réellement vivant…

 

 

Des fenêtres à perte de vue – comme les seules frontières – ce qui tient le monde à distance…

Avec tous nos rêves derrière le mur – au loin…

Quelque chose d’impossible à franchir malgré l’apparente facilité du passage…

 

 

Nos paumes brûlantes – comme notre front – sur ces pierres mystérieuses et angoissantes…

Ce qui sonne – au fond de nous – comme un secret révélé – une onde de choc – le bleu retrouvé – notre seule envergure – sans doute…

 

 

La perte manifeste du monde au profit du jour – ce à quoi nous accédons en abandonnant ce qui semblait nous appartenir…

Des larmes à la place des cris – des rires au lieu de grimaces…

Le soleil – mûr à point pour apparaître au fond du noir – dans la pleine obscurité des yeux – derrière l’âme attentive et aguerrie qui se tient à la périphérie du monde – au bord du silence – aux confins de l’infini et de l’éternité…

Nous – nous retrouvant…

 

 

La terre ignorée – au bord d’un ciel désastreux – celui qu’elle a maladroitement inventé…

Quelque chose de la frustration – de l’attente – de l’espoir – pour essayer de vivre moins inconfortablement – pour essayer d’échapper à la tristesse – à l’absurdité et au néant apparents…

 

 

Toutes les portes fermées – autour de nous – comme l’écrin de la plus précieuse invitation…

De l’absence et du cri à la chute – en soi – comme la découverte d’un soleil au-dedans…

L’absence, peut-être, convertie en regard – bientôt…

 

 

Des rêves plus anciens que notre peau – plus anciens même que la surface du monde – mille univers en un seul ; des routes – des cieux – des océans – et des oiseaux plus courageux (et plus tenaces) que nos pas – recommençant inlassablement leur envol et leur voyage – de la terre vers la terre comme si l’azur et la légèreté n’étaient que des états – de (très) brefs passages…

 

 

Personne – aucun appui pour nous relever – aucune âme – aucune main – pour nous réconforter. Le monde disparu – le monde au-dedans – comme seul témoin – seule possibilité de tendresse ; la sagesse arrivera (peut-être) plus tard lorsque l’on se sera familiarisé avec la beauté – avec le silence et l’autonomie – lorsqu’il ne restera plus un seul visage vivant sur terre…

 

 

Tous nos complices se sont enfuis et toutes nos corruptions nous ont révélé(s) ; ne reste plus aujourd’hui que la possibilité de l’Amour…

Sur ce sol ancestral – au-dessus des yeux, ces étoiles – entre le ciel et le front – trop haut pour la main – et pas assez pour l’ambition…

Quelque chose – en nous – ne peut ignorer notre besoin (impératif) d’Absolu – la nécessité de tous les épuisements – ce que doit connaître l’âme avant le plongeon et l’envol – ce que nous deviendrons, peut-être, après notre acquiesçante capitulation…

 

 

Hors du sable – dans un nid d’étoiles tombées ici et là et rassemblées un peu au hasard pour permettre au rêve d’exister – de briller au-dessus de nos têtes comme une guirlande mensongère…

Une manière, sans doute, d’éloigner la tristesse et la mort…

 

 

En silence – comme l’arbre – debout et nu – majestueux et vulnérable – à la merci des hommes sans humanité…

 

 

Parmi nos frères – entrelacés – l’Amour sur toutes les lèvres – dans tous les cœurs – comme une respiration – naturelle – spontanée – au fond de l’âme…

 

 

Avec toutes nos mains tendues vers le ciel – nos chants qui s’élèvent – comme une prière entendue par les Dieux – le bleu qui recouvre la soif – qui pénètre la peau – la chair – d’un bout à l’autre du corps – dans tous les recoins de l’âme – cherchant son assise permanente – celle qui saura résister à la mort – à la multitude des formes et des passages…

 

 

Nous – plus loin que le monde – plus loin que la faim – au seuil déjà du silence et du vide…

 

 

Où que l’on soit – quoi que l’on fasse – toujours au centre du périmètre – comme des rois au milieu de leur royaume – entourés par tous les soleils – la main chargée des larmes des Autres pour débarrasser les âmes de leur tristesse – l’esprit vide à l’envergure promise – l’esprit aussi dense et clair qu’une roche transparente – le miracle et la joie sans le poids de vivre…

Nos seuls habits sous le vieillissement…

 

 

Ce que la mort enseigne à la terre – les râles et la sueur de notre quête – le sang qui coule (encore) trop souvent. L’espoir qui nous crève les yeux ; en nous – tous les démons qui grondent…

Ce que nous avons de plus désespéré – peut-être…

 

 

Des larmes dans notre sourire – quelque chose du monde – comme une ambivalence – un surcroît de matière sur le bleu seigneurial – une forme d’enfermement au cœur de la liberté…

Ce que nous incarnons peut-être – malgré nous…

 

 

Un point fixe dans la nuit – jusqu’à mourir – cette immobilité – comme si quelque chose, en nous, nous perforait ; un clou ou un regard – qui peut savoir…

 

 

Du feu – au-dedans – au cœur de notre vie secrète…

Nous – debout – à genoux – sans que rien – jamais – ne nous arrête…

 

 

Des peines et des joies – dans la tête – la même chanson – si souvent – quelque chose de l’oiseau migrateur – infiniment passager – infiniment provisoire – comme tous les voyages – sans réel territoire ; lui-même – nous-même(s) – en plein vol – seulement…

 

 

De la chair – des émotions – des pensées – toutes nos existences…

Et le même cœur au fond des âmes – au fond des choses – invariant – à l’apparence si changeante – pourtant – comme la matière – comme ce qui nous traverse – la surface du monde…

 

 

La nuit et le monde – amoureusement – sauvagement – enlacés…

Comme nous et la mort – au-delà des apparences…

 

 

Ce que le vide nous enseigne ; ses parfaites épousailles avec la forme…

 

 

Des âmes comme des désirs – comme des crachats – plongées au cœur du même enfer…

 

 

Dans notre poitrine – notre souffle – notre âge – le monde soustrait – comme une obligation en moins – la terre libre – rendue au vent – à ses propres veines – à cette respiration monumentale que nous ont confiée les Dieux…

Nous autres – aux côtés de la faim – apprivoisée ; et le sommeil de moins en moins obéissant…

 

 

Mille visages sous la peau – mille éclats de ciel entre les doigts – quelque chose d’indescriptible…

La douleur – comme la joie – clouée provisoirement en nous – mais les ailes libres (déjà) – comme le souffle et le sang – malgré leur allure de prisonnier…

 

 

Tout est surpris dans les bras de l’Amour – même la haine – surtout la haine…

 

 

Nous – aussi proches de la terre que du mystère. Instables sur nos pieds d’argile – sur nos pieds de ciel – sur nos pieds de vent…

 

 

Toutes les ombres – toutes les bêtes – que nous avons pourchassées – que nous avons poursuivies jusqu’à l’encerclement – jusqu’à la mise à mort – et que le silence, si nous avions attendu – si nous avions eu la patience d’attendre, aurait transformées en oiseaux magnifiques – libres – provisoires – souverains…

 

 

Seuls la pensée et le souvenir nous dévorent – nous dérobent – la nuit tombée sur les pierres – les visages fatigués – ce que les Dieux – un jour – entre nous – ont déposé…

Et nos larmes – et notre tristesse que rien ne pourra apaiser…

 

 

Nous – dans notre propre rêve – ou celui des Dieux – le visage rouge à force de rire – à force de honte – à force de colère parfois – distraits par tous les miroirs tendus par les yeux des Autres – effleurant le monde – le secret – la vérité – comme s’il s’agissait de fleurs ordinaires – trop anodines – trop insignifiantes – pour notre stupide ambition – pour notre bêtise et notre aveuglement sans mesure…

 

 

Echappés des saisons – de notre peine – de cette irrépressible obstination à chercher – la lune – la mort – le dialogue sibyllin des âmes – des arbres – de la terre – le chant clair du jour – la fureur cacophonique des hommes et du vivant – la douce mélodie de l’absurde et du désespoir…

Toute la beauté du monde – dans nos larmes – dans notre rire…

 

 

Nous délaissons le visage de la vérité pour quelques reflets charmants – une épaule affectueuse et rassurante – des lèvres suaves et réconfortantes – des livres – des paroles – une communauté – inutiles – l’esprit en déséquilibre sur un tas de cendre ou de poussière au lieu d’embrasser la solitude – la nudité de l’âme – la beauté intacte du monde – les couleurs changeantes (et mensongères) des cieux ; l’apparent privilège des oisifs – des non-nécessiteux – peut-être – qui négligent le véritable voyage – qui renoncent au plongeon et à l’aventure dans la douleur et la laideur des choses – qui se privent des délices et des merveilles du chemin et des (possibles) retrouvailles…

 

 

D’une autre perfection que celle du monde – quelques étoiles et des béquilles en tête – comme pour poursuivre (un peu lourdement) le même idéal – un pas déjà dans la tombe et l’autre (encore) à piétiner inutilement le sol – avec un crayon dans l’âme et des feuilles, un jour, qui s’envoleront par milliers…

 

 

La lune – en nous – dans les mots que nous tenons trop près de notre bouche – en suspens dans l’air alentour – comme un voile épais et invisible – comme une folie supplémentaire dont nous n’avons pas même conscience…

 

 

Dans l’insomnie d’une nuit tragique – quelque chose du somnambule – poignard et regard de côté – posés de travers – pointés vers l’avant – dans une crainte démesurée de ce qui pourrait exister après les heures – à la fin de notre histoire – derrière ce noir que nous avons toujours connu…

 

 

Tout brûle – même les étoiles – les étoiles plus que tout, peut-être – la cruauté et nos fausses aventures – l’œil ébloui – fasciné – condescendant – nos artères trop encombrées – nos idéaux – ce que nous avons décidé d’achever – tous nos désirs – jusqu’au dernier – et cette folle – cette incroyable – ambition d’aurore permanente…

 

 

Nous – nu(s) – au milieu de la danse – convié(s) au partage – à la fête – à toutes les formes de reconnaissance…

 

 

Parmi les oiseaux de passage – notre Amour – irrésistible – aux gestes miraculeux – au-dessus de toutes les soifs – comme une source – les eaux originelles et notre premier breuvage – celui qui nous offrait la fraîcheur et la sauvagerie des Dieux – cet allant naturel et spontané aujourd’hui perdu – celui qui, dès la première gorgée, nous faisait fréquenter le monde – sans image – sans désir – avec légèreté – comme si nous habitions un pays lointain – une terre bien trop étrangère pour nous considérer à demeure ici-bas…

 

 

Au dernier jour du monde – un peu de tristesse – comme si, en définitive, nous nous étions habitués à la bêtise – à la douleur – à la mort ; à la merci des masses – de la violence – des limitations de la matière et de la psyché…

 

 

La chair en feu – puis, un jour, consumée – puis, un peu plus tard, en cendres – puis, plus rien avant le recommencement (très probable) du cycle…

 

 

Nous – devenant le temps – les saisons et la mort – voleurs de tout ce qu’offrent les lèvres – de tout ce que peuvent saisir les yeux – la tête – les mains – nous emplissant comme une outre – marchant là où tombe la pluie – là où le soleil peut remplacer la tristesse – partout où les jambes et l’âme peuvent aller et se sentir libres…

 

 

Le visage inquiet sur les fleurs fanées – comme un épais rideau sur notre joie – fragile – si dépendante des états et des circonstances. Le désespoir jamais très loin du rire – les rêves et les pensées enchâssés – notre fièvre et notre angoisse de ne plus exister…

Et cette espérance insensée de vouloir vivre encore – de vouloir vivre toujours – de prolonger nos limites et notre détention…

 

 

Sous les yeux de ce qui nous a vu naître ; à la merci de ce qui nous emporte…

 

 

Des rites inutiles – la célébration de ce qui n’existe pas – des amours fragiles et bancales – des façons d’être ensemble comme des alliances (de toutes sortes) – de la douleur et quelques restes (un peu trop discrets) de silence et de blancheur…

La nuit terrible – qui se prolonge…

Nous tous – vaincus et prisonniers – en apparence…

 

 

Rien que du rêve et des rires – histoire de pavoiser dans notre néant – des corps que l’on piétine comme s’ils n’existaient pas…

Des monstres et des cœurs lacérés – déchirés – dépecés – comme si la faim était la seule loi des vivants…

 

 

De la douleur sous les étoiles – sur ce coin de terre livré à tous les désenchantements…

Trop de murs pour échapper au temps – au confinement de notre chambre…

L’ignorance qui nous ferme les yeux – le cœur trop usé de ne jamais servir…

Nos efforts – nos peines et nos prières – risibles (si risibles) face à l’incroyable défi qu’il faudrait relever pour découvrir – apprivoiser – et habiter l’espace que nous abritons – infime parcelle, en quelque sorte, de l’espace que nous sommes…

 

 

A force de désir – nous contrarions le destin des paresseux – des idiots et des sages – de tous ceux qui s’abandonnent (parfois – un peu trop) négligemment à la providence et à l’infortune…

 

 

Lasse – sans idée – sans la moindre philosophie – la tête – presque absente – involontairement d’abord – comme un état naturel – le prolongement du cerveau des pierres – puis délibérément – comme la résultante provisoire d’un long processus – sans l’accablement premier – dans une sorte d’indifférence apparente – joyeuse et sensible…

Avec, parfois, le baiser des Dieux sur notre front – sur notre émerveillement. Et l’âme qui s’ouvre, peu à peu, comme l’ultime porte sur le jour…

 

 

Habillé d’herbe et de lune – mâchant le temps – ressassant les jours et les saisons – comme si leur ingestion était possible – comme si l’on habitait la terre durablement – comme si l’on n’avait plus rien à perdre – comme si l’aurore n’était qu’un vieux rêve pour les fous…

 

 

Dans les yeux – une épaisseur sombre – la même que celle qu’abritent les âmes – comme une terre inculte où aucune fleur ne peut pousser…

Peut-être est-ce la nuit… peut-être est-ce le sang… ou, peut-être, est-ce seulement le visage des hommes…

La voie du monde – sans doute – celle qui, un jour, nous ouvrira à ce qui existe derrière la faim…

 

 

Les arbres et les troupeaux – au service de ce qui est utile…

La nudité du plus précieux ; des portes – une multitude de portes – qui dissimulent le froid et l’indigence des ambitions…

Toutes les rives du monde – où l’on s’excite – où l’on court dans tous les sens – à perdre haleine – sans (réellement) savoir ce que l’on cherche…

Le feu – le souffle et la faim…

Tous ensemble – anonymes – de plus en plus laids – de plus en plus loin de l’origine – comme si un retour – un regard au-dedans – vers l’arrière – vers ce qui regarde – étaient impensables – impossibles…

 

 

La nuit – transparente – comme tout le reste – en dépit de ce que l’on voit – en dépit de ce que l’on (nous) dit…

L’étoile et l’oiseau – au-dessus de nos têtes – et des rêves aussi…

Et sous nos pieds – ce sang rouge sur le sol ravagé – des corps – des morts – du sommeil…

Des grilles au fond des yeux – les mêmes que celles que l’on trouve autour de soi…

Des fleurs dans un coin et un peu de lucidité que nous saisirons plus tard – l’orage et le songe passés…

 

 

Sommes-nous nés pour survivre ou pour aimer…

Sommes-nous nés pour écouter ou éblouir…

Ou ne sommes-nous nés que pour apprendre – attendre et mourir…

Avec, peut-être, des milliards d’existences – pour (presque) rien…

 

 

Nos vies – comme un espace circulaire – minuscule – déformable. Un peu de soleil contre la joue – un peu de lumière et de chaleur dans un monde sombre et froid – caverneux…

 

 

La tête contre la porte du monde – au seuil de tous les sens possibles – comme un oiseau silencieux – déterminée malgré ses faiblesses et sa fragilité…

 

 

Une voix – comme une arme – celle de la résistance – celle de la révolte et de la liberté – celle qui annonce les révolutions silencieuses – nécessaires – solitaires – intérieures – celles qui mettent le feu aux idées et aux images du monde – celles qui, emplies de gratitude et de respect, prennent soin de ce qui existe – des pierres et des vivants – celles qui transforment nos attentes et notre tristesse en joie libérée des circonstances et du temps…

 

 

De quoi parle-t-on lorsque la parole perd son usage prosaïque – à qui s’adresse-t-on lorsque la périphérie s’est éloignée…

De l’aube à l’aube – le même silence – ce chant né des hauteurs du monde – au croisement de la terre et du ciel…

Dans la nature et le rythme de ce qui existe ; la foule – la multitude des naissances – les chemins – tous les horizons…

Le dehors et le dedans réunis par le vent – l’éclatement des frontières – dans nos gestes les plus quotidiens…

 

 

Nous – sans la mort – sans les monstres et les idées qui nous assaillent – sans question – au centre de l’arène – au cœur du royaume – au milieu de tous les déserts – de tous les espaces populeux – sans la nécessité des Autres – sans haine pour les limites de la chair et du souffle – acquiesçant à toutes les formes de resserrement et d’ignorance…

 

 

Des dépouilles en contrebas – et cette bouche – au centre – qui crie ; un hurlement terrible qui secoue les cendres – qui déplace les racines et coiffe le monde d’une peur gigantesque…

 

 

Nous parlons – sans jamais rendre compte du secret que chacun ignore (superbement) – une manière de remplir l’esprit – notre relation au monde et le silence – de nous précipiter dans l’espace avant le désespoir – de croire que nous conservons les yeux ouverts malgré la prégnance du sommeil épidémique – hautement contagieux…

 

 

Dans notre coffre – nos feuilles – nos (minuscules) trésors – nos carnets que quelques-uns liront, peut-être, un jour…

Quelques poignées de feu sur des fragments d’âme défigurée – des ailes attachées à la sensibilité – pour échapper à la monstruosité régnante…

 

 

Des rives – des miroirs – des rêves – tous les visages de l’abîme…

Personne – et, pourtant, tant de peines…

 

 

Des empires bâtis par le sang et la salive…

Prisonniers de tous les viscères et de tous les crachats des vivants – cette nuit du monde qui semble impérissable…

Une poignée de réfugiés sur quelques pierres fragiles – en surplomb de la bave et des charniers…

 

 

Le même mystère sur notre peau tatouée par la mort…

Une illusoire planche de salut – la sensation d’un voyage – une marche apparente – chimérique – autant que nous semblent réels les Autres – les rencontres – la moindre fenêtre sous nos yeux…

Des larmes sur nos joues – contre la vitre – derrière laquelle, un jour, tout disparaît…

 

 

Ce que nous nouons à l’ombre du soleil – mille choses – mille pensées – et toutes nos dépouilles successives…

 

 

Rien que nous jouant dans la cendre – dans la joie des âmes retrouvées – réunies – au centre de tous les ensembles – provisoirement convertis en communautés – en périphéries…

 

 

Le sang et nos (fausses) racines en turban – long – autour de la tête – couvrant les yeux – les chemins – le monde – l’inconnu – ce qui pourrait nous être révélé – la vérité…

 

 

Nous vivons comme des sentinelles au-dessus de l’abîme – scrutant la moindre chute – la moindre remontée – tous les monstres et toutes les ombres dévalant et escaladant à l’envi – au lieu de plonger notre âme dans nos plus immédiates profondeurs…

 

 

La nuit – nous-même(s) – nous lamentant – comme ces prisonniers aux mains attachées au-dessus desquels virevoltent des myriades d’oiseaux ; le monde d’en haut qui, vu d’en bas, semble narguer toutes les créatures trop trivialement terrestres…

L’infini jonglant avec lui-même – très haut au-dessus des têtes et du sommeil…

 

 

Personne contre notre peau – le bruit – la mort – et mille vagues successives – des milliards de circonstances – devant nos yeux – quelques désastres – une ou deux catastrophes – parmi une foule d’insignifiances précieuses – quotidiennes – faussement routinières…

La vie – les rencontres – et tous les passages possibles (dont le nôtre, bien sûr)…

Des spectres et de la salive – seulement…

 

 

Des gestes d’autorité et des postures – et ce qui doit, peu à peu, émerger de sa gangue de glaise – de cette terre de sommeil ; l’identité première encore enfouie en dessous des têtes – au cœur de la chair – au fond des âmes – intacte – pure – innocente – vierge à tout jamais – et libre (depuis toujours) du temps et des circonstances…

 

 

Du vent – autour de nous – et des bourrasques à l’intérieur…

Des précipices où rien ne subsiste – où rien ne végète…

Le monde à l’envers dans nos mains rocailleuses…

Notre sang qui circule dans toutes les veines…

L’harmonie des saisons dans notre parole – et dans notre silence…

La même posture – l’absence – face au temps et aux exigences (très grossières) des hommes…

 

 

Rien – pas la moindre épaule – pas la moindre présence…

Notre cœur hissé – déchiré – qui se propage – qui se déploie – devenant le monde – devenant l’espace ; tout ce qui existe comme avalé – apprivoisé – nôtre…

Rien que le jour – l’Amour – sans personne – sans la moindre possibilité de résistance…

 

 

Sur nos ombres – rien que des mots et des commentaires – d’inutiles gesticulations – sans incidence – une foule de choses qui ne renforcent – ni ne dissolvent – ce qui doit exister (très) provisoirement…

 

 

Dans l’antre secret des passages – un rire – ce qui ressemble à des monstres – à des serpents (chimériques) – des feuilles par milliers qui n’attendent que leur envol – leur éparpillement…

Mille raisons de demeurer vivant – et autant de vouloir quitter le monde – de retrouver une envergure perdue – plus large – plus folle – parfaitement appropriée aux sollicitations de la terre et aux retrouvailles (toujours possibles) avec le bleu profond et mystérieux…

 

 

Nous – sans attrait – comme des hommes de paille, en quelque sorte – des silhouettes sans intérêt – de simples apparences engendrées à des fins ludiques et impérieuses – à vivre ici et là – sans pudeur – sans (véritable) ambition – dans l’intention d’un plus grand que nous – sous le joug, sans doute, d’une volonté que l’on pourrait qualifier de divine…

 

 

De la page au geste où tout se mêle – l’Amour sans posture – sans costume – le vent dans tous les angles – dans tous les recoins…

Eparpillées – en nous – l’indiscipline et l’intensité de l’attention…

 

 

A nos côtés – sur la même rive – la mort – nos bouches muettes – sans espérance – la parole sans hantise – née du plus ancien silence…

 

 

Le monde et nos rires – ficelés – et jetés ensemble dans le même abîme – perdus au fond des eaux – comme un rêve étrange – fatal – parallèle au cours des choses – à toutes les dimensions du réel et de l’esprit…

Des trous et des cailloux – l’oubli – et des milliers de portes qui se referment – simultanément…

L’âme seule – embarrassée – au milieu de la route…

 

 

Des étoiles sous notre front brûlant – impatient de quitter la nuit – de retrouver sa sente – les rives inconnues d’une terre nouvelle…

 

 

De l’argile à l’océan – de la surface aux profondeurs insoupçonnées du ciel…

Tout un monde à escalader – dont il faut se défaire – qui attend notre venue – notre accueil – cet acquiescement involontaire – ce oui immense – sans réticence – au-dedans – qui n’est ni un mensonge, ni une stratégie – le seul passage, sans doute, entre ce dont nous avons l’air et ce que nous sommes…

 

 

Hormis quelques cris – quelques plaintes – et un peu d’espérance peut-être – rien au fond de l’âme – rien au fond de la poitrine ; des miroirs et les reflets de personne ; l’effigie du vide – et de sa multitude – de ses incarnations argileuses – ce que l’on découvre et ce que l’on reconnaît – en regardant en soi – autour de soi – le monde dont nous sommes, à la fois, le centre et la périphérie…

 

18 août 2020

Carnet n°241 Notes journalières

Rien que des éclats de surface et des couleurs – notre ignorance exposée…

Le monde comme un mur – un sourire – un langage – sans doute la même illusion…

 

 

Dans ce bain de terre – terrible – terrifiant ; immergé jusqu’au cou – jusqu’au fond de l’âme ; toute cette matière ruisselante – et après laquelle nous courrons tous – et dont on voudrait nous faire croire qu’elle abrite tous nos secrets…

 

 

Le plus simple nous invite à toutes les extinctions – à se laisser mener par ce qui s’impose – à convertir toutes les questions en silence…

Le plus bel acquiescement…

 

 

La beauté d’un monde inconnu – incomparable – comme son envergure – l’infini devant nous qui éclot à l’intérieur – et cherche, sous quelques restes d’orgueil, son lit pour toutes les saisons – la vacance nécessaire à son éternité…

 

 

Tous les noms – dans notre cœur – qui se mélangent – s’empruntant ceci et cela – confondant la tête – le corps et l’âme – des uns et des autres – cherchant à s’assembler pour ne former qu’une seule créature – étrange – hybride – unique – notre figure commune – porteuse de toutes nos différences – de toutes nos singularités…

 

 

Le ciel – là où tout commence – aux premiers instants de l’écoute – lorsque les yeux se ferment – comme la bouche – lorsque le silence tient lieu de geste – de parole – de vérité – la seule matière du monde – réel – entendable…

 

 

Les choses éparpillées – au-dedans de tout – sans notre volonté – la fin de l’histoire – là où nous n’avons plus besoin d’être…

Le vide – plein – sans rien ni personne…

L’espace que nous sommes…

 

 

L’ombre – toutes nos ombres – jetées dans le silence – comme si l’on pouvait épuiser la lumière – devenir une fenêtre dans la nuit – un peu d’intelligence au milieu des hommes…

 

 

Le bleu des hauteurs – la transparence des profondeurs…

Et toutes les pierres hors des poches…

Le sommeil sous la cendre – où se consument tous nos restes…

L’ignorance au fond de l’abîme…

Et toutes les cimes – et tous les cieux – sur nos frêles épaules…

 

 

Nous tremblons à l’approche des Autres – de crainte ou d’excitation – qu’importe – fragiles devant notre continuité – comme si nous ne pouvions réellement croire en un tel prolongement – tantôt sombre – tantôt rieur – et presque toujours irréel tant nous ne savons nous reconnaître…

 

 

Lucarnes noires – face auxquelles nous sommes installés – patients – immobiles – sans curiosité – comme au théâtre où des ombres arpentent la scène en silence – avec fracas – avec fureur – sans jamais connaître la dernière heure – ni l’issue – du spectacle – endormis déjà avant que ne commence le premier acte…

 

 

Trempé dans le plus réel – dans le plus vivant – de la beauté – comme un recours – une manière d’aller au-delà du monde – des hommes – de la nuit (presque) toujours assassine – de traverser tous les déserts qui nous séparent du jour – de remonter la laideur jusqu’à la source – et de tout embrasser sans rien résoudre – sans rien demander ; devenir ce que le temps ne peut sauver – ce que les fleurs célèbrent après la mort…

 

 

Les tourments posés en deçà de la mémoire – dans ce gouffre où l’on a jeté tous nos livres – notre âme – et jusqu’à notre épuisement à vivre – là où le feu du jour brûle tout ce que nous avions cru important – essentiel – jusqu’à la dernière étoile mensongère – jusqu’à nos plus précieuses idoles ; les images de Dieu et de l’Amour – comme le reste – rongées par les flammes…

 

 

L’âme désertée – notre plus grand malheur – sans doute – le destin aussi tragique (et inutile) que celui d’un orphelin sans descendance – soumis à cette terrifiante appartenance au peuple des absents – à ces silhouettes d’ombre et de glaise que font tournoyer les vents…

 

 

Dans la tourmente du temps – avec des larmes sèches sur les joues – accumulées chaque jour en strates successives – comme un masque de tristesse – avec notre sommeil figé dans cette cire transparente…

 

 

Nous – non résolus – et sauvés déjà…

Dans le ciel – au fond du gouffre – simultanément – sans même que nous le sachions – sans même que nous nous en apercevions – le chant du jour et la lumière – ce que nous espérions autrefois de notre désert inhabité…

 

 

Rien que des signes où l’on croit deviner l’avenir – du côté clair du ciel, imagine-t-on, alors que l’immensité enrobe l’hiver – toutes les saisons – la nuit – l’aube et le jour – dans le désordre – comme si nous vivions selon le désir des Dieux – les circonstances – la fatalité du monde – comme si l’on pouvait échapper à son destin…

Rien que des présages ineptes – la peur figée qui n’aspire qu’à contrôler l’après – l’ailleurs – l’impossible – ce qui n’existe pas – ce qui ne pourra jamais exister…

Notre pathétique crispation sur les misérables choses du monde…

 

 

Dans l’étroitesse d’un corps – le grand Amour – la liberté cadenassée – des paupières sur des yeux déjà fermés – un cœur frémissant – palpitant malgré lui – une respiration aussi involontaire que la naissance…

L’homme dans son existence commune…

L’incarcération incarnée…

 

 

La nuit – aussi provisoire que le reste…

Ce que l’on approche avant l’hiver – ces rives étranges où tout semble mystérieux – (presque) inversé – incompréhensible…

Le temps déserté et l’intimité de la mort…

Quelque chose de lointain – et d’infiniment familier – pourtant…

 

 

Ce que les gestes nous révèlent de l’intensité de la pente – de la hauteur des murs – de l’épaisseur des remparts à franchir ; la distance qu’il nous reste à parcourir…

 

 

Sans précaution – sans risque (réel) – ces pas qui ne semblent jamais suffisants – la tête à travers les grilles – malgré la marche – le noir – la pluie – et cette peur qui nous fait oublier le silence – sa douceur et sa nécessité…

 

 

L’âme à la fenêtre – la main tendue vers l’impossibilité de l’horizon – comme une promesse (intenable) – le gage (incertain) d’un avenir plus clair – moins chaotique – moins malheureux – une illusion supplémentaire dans notre rêve déjà obstrué – saturé – sur le point, peut-être, de nous fermer les yeux – à jamais…

 

 

Sans référence – l’âme face au monde – au milieu des vents – de la tourmente – sans souci – plus libre qu’autrefois – lorsque l’on s’accrochait aux rails trop laborieusement construits par notre destin mensonger…

 

 

Ici – des éclairs – de la nuit – de la joie – l’enfance face au monde – face à elle-même – quelque chose de l’imprudence et de l’impossibilité du partage…

L’être au milieu de lui-même – visages contre visages – et ce rire – féroce – incroyable – qui donne envie de destituer tous les rois – d’abolir tous les règnes – toutes les lois – de révéler aux choses et aux visages – la beauté harmonieuse – et mordante (si mordante parfois) – du désordre et du chaos…

 

 

Quelque part – quelqu’un – qui n’existent pas. Des fables et des histoires – ce que l’on nous a appris – cette croyance si tenace – plus qu’obstinée – en notre existence – en l’existence de l’Autre et du monde…

 

 

Nous – pris déjà dans la vérité (indémontrable) de la vie

 

 

Rien ne pèse sur nos phrases – sinon le poids qu’on leur concède…

Du vent – en quelque sorte – et un peu de mort ; quelque chose qui nous entoure déjà – et qui nous insuffle ce qui nous manque – peut-être…

 

 

Chacun face à sa crédulité – à son désir – à son héritage – ce qu’il offre au monde – en vérité…

 

 

Nous n’avons le temps que de quelques gestes – quelques idées – en creux – presque rien, en somme – un peu de mémoire antérieure – ce qui existait déjà avant le premier élan ; nous – le monde – sans référence – la même chose qu’au fond des yeux – ce qui demeure face aux saisons – ce qui subsiste éternellement…

 

 

Nous – sans les livres – au milieu des arbres – en ce lieu sans circonstance – dans l’oubli et l’alternance des choses…

L’âme sensible et le regard dégagé…

Ce que nous serions tous – la véritable incarnation – si nous savions vivre dans la suspension du temps…

 

 

Le seul voyage qui compte – vraiment – d’ici à ici en passant par tous les ailleurs – tous les autrement. Des marches et des nuits – par milliers – par millions – par milliards – la force perpétuelle d’avancer – avec d’abord, des pierres dans les poches – puis, un peu de poésie – puis (enfin) du vent – du vide – une once incalculable de vérité…

L’âme et le geste libres – denses – réellement vivants…

 

 

Ce que le voyage révèle de nous-même(s) – une manière d’être involontaire – l’essence de notre singularité – la fine pointe de l’être nous traversant…

Ce que nous ne pouvons dissimuler – nos bagages les plus intimes – sans doute…

 

 

Sans affaire – sans lendemain – oubliées les heures passées sur le chemin – à notre table de travail – rien au-dedans – personne à nos côtés – le monde opaque – du moins son apparence ; au loin – de l’autre côté du mur – sur l’autre rive – du côté du temps inventé – du temps approximatif – des Autres hypothétiques ; là-bas, la certitude du voyage – ce que l’on frotte – ce que l’on use au contact du réel ; ici – qui peut savoir – personne n’existe vraiment – et si d’aventure nous étions réellement vivants, nul ne serait assez fou pour oser se faire le témoin de tous ces riens

 

 

Le sommeil si profond – comme une honte – un refuge – inévitable – une nécessité de pantin…

Ce qui se traîne – aux abois – derrière les chaînes d’un Autre – de mille Autres – cette longue lignée de prédécesseurs – le monde d’avant nous – aussi malhabile et inutile que le nôtre – mais pas moins essentiel à notre (progressif) dévoilement…

 

 

Notre magnificence incarcérante – ce que l’on nous offre comme une (piètre) consolation…

 

 

Nous – déployé(s) – plus puissant(s) que les sages et les prophètes – libre(s) de toutes les fonctions – de tous les usages. Le bleu pas même en étendard – débordant comme si nous étions le ciel – plus haut que le ciel – plus large que le ciel – l’infini – notre nature – notre miroir – à tous…

 

 

L’esprit – dans l’angle des Dieux – comme coincé entre la mort et le temps – entre leurs promesses et nos frontières – toutes nos limitations – à l’épreuve – comme si nous avions oublié notre plus vrai – notre plus ancien – visage…

 

 

Nous – à l’époque périphérique – instable(s) – extérieur(s) – exilé(s) – mal à l’aise – comme si nous vivions à l’étroit – sur un infime carré de pierres tranchantes – isolé(s) du monde – des Autres – malgré l’étouffante promiscuité…

L’ombre de nous-même(s) – derrière la lumière…

Avant la route intérieure – égaré(s) – en désordre – passablement hagard(s) et embarrassé(s)…

 

 

A l’envers du langage – les arbres – le geste – ce qui est nécessaire – le réel sans superflu – sans humanité futile…

De l’autre côté ; le temps indésirable – l’ombre du regard – ce qui semble appartenir au monde – à la surface – aux apparences – le temps de la pensée et du devenir – ce qui a l’air de croître – de se déployer – de décliner – de disparaître – quelque chose de provisoire et d’inconsistant – avec, au-dedans, comme un étrange halo de lumière – une matière presque invisible – presque indécelable par les sens humains…

 

 

Une langue – des tentatives – des rangées de cerveaux mal alignés – en interaction réticulaire – partielle – que l’on pourrait prendre (à tort) pour du hasard…

 

 

Si éloigné(s) du sol – du ciel – dans cet entre-deux chimérique – artificiellement inventé – ce qui constitue ce que les hommes appellent le monde…

Ce qui existe entre nous et la lumière – comme un long corridor apparent – le subterfuge de (presque) toutes les existences – de l’ignorance commune – de notre (si enfantine) cruauté…

 

 

Par-delà les mots – les substances – les orifices – la porosité des surfaces – le vide et sa structure – l’espace et l’invisible (inorganiques, bien sûr) – ce que nous emplissons de gestes – de livres – de rêves – de ciel ; la terre du temps – sans arrêt…

 

 

Seul – comme d’autres – endormi(s) au cœur du mystère…

 

 

Dans la tête – l’écho de plus en plus éloigné de notre nom – en deçà de la mémoire – sous le seuil du souvenir – comme les vibrations d’une résonance très ancienne – première peut-être…

 

 

A la fin – le front rempli de bleu – comme le reste…

Plus de frontière ; l’espace sans grille – sans carte – tous les territoires (apparents) d’un seul tenant – parfaitement réunis…

 

 

Le jour – fidèle – malgré la lenteur et l’oubli – la fièvre et la désolation – les itinéraires risibles – grotesques – indécents – malgré le sang et l’amoncellement des cadavres sur le sol – sur tous les chemins de la terre – malgré le fourvoiement des visages et la danse (si frivole) des identités…

 

 

Ici – le franchissement ; ailleurs – on ne sait pas – on pourrait tout imaginer – inutilement…

 

 

Parfois – le bruit et l’énigme entremêlés – quelque chose comme une rengaine – le silence et le monde offerts – sous nos yeux – bavards – tapageurs – comme un corps déstructuré et se restructurant sans cesse – unifié et se scindant sans cesse – alternant le pugilat, l’emboîtement et le dialogue…

Sérieux et joueur – simultanément – successivement – comme pris dans l’incroyable désordre du temps…

 

 

Dans tous les angles à la fois – comme le prolongement de l’espace ; l’inutilité des murs que nous nous sommes éreintés à bâtir…

 

 

Le regard qui s’avance – qui explore – qui se déploie. Et le corps qui se défait sous nos yeux ébahis. Le silence qui (enfin) peut se rejoindre…

 

 

Des passages et des rêves qui s’estompent – du sable – d’une terre à l’autre – ce qui résonne – ce qui nous détruit – ce qui nous offre sa force et son ampleur…

Nous tous – dans la même pièce – avec le même visage – cet espace commun immense dont chacun est, à la fois, le centre et la figure singulière…

 

 

A partir d’ici – comme une poussée – une force invisible et déterminante – quelque chose du ciel dans une vêture terrestre – une forme apparente – fidèle à sa matrice – obstinée – insensible à toutes les revendications identitaires – à toutes les résistances qu’on lui oppose…

 

 

Nous – à travers le temps – défait – et ce qui aimerait continuer – persévérer – dans l’illusion d’un prolongement – d’une suite possible…

Nous – retardés – trop écartelés encore pour que le silence et l’harmonie remplacent le dialogue et le conflit…

 

 

Tout – passant d’un lieu à l’autre – d’un corps à l’autre ; l’ampleur de l’espace et ce avec quoi nous essayons de le remplir…

 

 

Toutes ces existences qui s’éloignent de l’enfance – puériles toujours malgré les années – les certitudes et le peu d’expérience – ce que l’on cache – honteux – sous la table et les tapis – ce qui fait de nous des auxiliaires (essentiels) de l’ombre – du noir – de la nuit…

Toutes ces vies qui ressemblent à des mensonges érigés en tour – en totem – le dévoiement et la fatigue – l’aveuglement et le langage – tous ces gestes atrocement dénaturés – la fausse légèreté des voyages – séjours plutôt – hypocritement paisibles – incroyablement monotones – les pas et l’esprit vacillants – cet éloignement (presque) permanent du centre – comme si les Dieux s’évertuaient à retenir, d’une main trop ferme (et pour on ne sait quelles obscures raisons), notre véritable élan…

 

 

A tâtons dans la géographie du rêve et du verbe – au lieu d’aiguiser le geste et la justesse – le non-savoir sachant – l’obéissance libre – la joie et le goût des circonstances (présentes) ; le grand acquiescement pour que l’esprit et le monde dansent l’un dans l’autre…

 

 

Tout tourne – comme si nous étions là depuis trop longtemps ; des circonstances – des émotions – des choses à dire – des choses à faire – comme si quelqu’un se souciait (réellement) du monde…

Nous ne sommes qu’une main tendue vers le ciel et l’horizon – une rive qu’on longe sans jamais accoster – un signe – une ligne parfois – énigmatique sur le livre mystérieux du monde…

 

 

Nous aimerions disparaître – être happé(s) par le déséquilibre – et glisser jusqu’en bas – là où ont commencé tous les récits…

Tout est rare (et précieux) dans nos histoires – des vestiges, pourtant, bientôt – à notre place…

 

 

Nous aurons insisté là où il aurait fallu passer – inaperçus – comme les herbes et les crachats – comme les grains de poussière dans l’air – invisibles – et que les vents emportent plus loin – et plus haut quelques fois lorsque Dieu voit dans leur manière d’être [dans leur manière d’être au monde] une grâce – la justesse et la tendresse d’une perpétuelle prière…

 

 

A notre place – là où rien ne nous réclame – où les Autres – les rives – le vent – ne sont que les reflets de notre visage – et l’âme – toutes les âmes – le miroir parfait de la lumière…

 

 

Nous veillons – sans y penser – en attendant le jour suivant et la mort – l’amour d’un Autre qui nous gratifia (de manière circonstancielle) d’un baiser ou d’une parole réconfortante – et qui n’est plus là – et qui n’existe pas – et qui n’a, sans doute, existé que dans notre imaginaire pour prolonger notre désir si ancien – si enfantin – d’être aimé…

 

 

Rien ne suit – tout s’éloigne – tout se perd et disparaît ; nous ne sommes que des fantômes avides de chair et de certitudes…

Sans repère – dans la nuit – au milieu des Autres – inconnu(s) – happé(s) par les forces maléfiques du monde – du ciel – gesticulant là où il faudrait rester immobile(s) – imaginant là où il faudrait agir – nous laissant influencer (et dominer) par les couleurs et les formes au lieu de nous essayer à la transparence…

 

 

Les forces de la terre – contre nous – dehors – sur notre peau fragile et brûlante – de cette fièvre dessinée par l’apparition du ciel – au-dedans…

Tout a l’air si proche – si neuf – les couleurs et les choses qui chantent – les jours qui passent – comme si nous nous étions échappés de l’horloge – de cet atroce confinement dans le périmètre circulaire du cadran…

 

 

Des bras que l’on ne voit pas et qui nous saisissent ; un souffle – mille souffles – et, parfois, un lent déclin avant l’effacement…

Nos vies à tous – magnifiques et crasseuses – à l’apparence aussi monotone que les pages d’un calendrier…

 

 

Sur cette terre aux lourdes frontières inscrites sur le sol – dans les têtes – pour délimiter les choses et les territoires – légitimer les instincts d’appropriation et de conquête…

Les luttes aux fronts noirs – les pierres que l’on se jette – les drapeaux que l’on hisse et que l’on s’arrache – ce que l’on abandonne – l’effervescence inquiète du monde ; tous les temples (misérables) que l’on érige sur les hauteurs vers ce que l’on imagine (presque) toujours plus haut – et trop rarement au-dedans…

Notre âme et nos mains fabuleuses de mendiant(s) enchaîné(s)…

 

 

Nous sommes la route infinie – découpée, parfois, en étapes – en tronçons – ceux qui voyagent comme ceux qui demeurent dans leur chambre – et le ciel au-dessus – au loin – qui surplombe le monde…

 

 

Le cri des vivants plus perceptible que celui des morts – la même peur et la même ignorance – pourtant ; l’inconnu qu’il va falloir affronter…

 

 

Le même mystère – autant ici qu’ailleurs – et, trop souvent, la même incompréhension…

 

 

Seul – avec le ciel à notre table – le monde autour de nous – peut-être – sans la moindre importance…

Les bruits et les ombres enserrés dans notre enceinte – ce périmètre de croyances que les Autres prennent pour notre vrai visage – notre seule identité…

 

 

Nous – dans les limites que l’on nous impose – que l’on croit nous imposer. Et sur le sol – et dans le ciel – notre sourire et nos empreintes plus larges – immenses – invisibles, bien sûr…

 

 

Ce que le vide – en nous – insère…

Du bleu sur quelques fleurs desséchées – un peu de ciel au fond de la terre…

Un regard discret – tendre et permanent – sur nos allées et venues…

 

 

Cette tristesse – au fond des gestes – comme une seconde peau – notre nature la plus secrète – peut-être – comme une sorte de substitution au vide de l’âme…

Un soleil terrestre – un peu d’Amour – sur la surface – sur la partie la plus visible du visage…

Une sphère bruyante et frémissante – en perpétuel mouvement…

De la chair déplacée – autant que du vent – comme si seuls comptaient le souffle et l’intention qui précède l’élan…

Notre veille – notre présence inquiète – en plus du silence dévasté…

 

 

Des yeux près de la source – sans fierté – au milieu du monde – parmi tous ces Autres qui, soudain, n’en sont plus – devenus, comme par magie, des parts familières de notre visage…

 

 

Lignes nues qui charrient des fleurs et des oiseaux – et ce qu’il faut de silence pour comprendre et s’émerveiller…

 

 

Nous – marchant – sans rien traverser – intermittent(s) – comme la rêverie dans le cours naturel des choses…

 

 

Les Autres autour de nous – avec leurs bruits – leur voix – leur visage – les têtes qui cherchent – qui réclament – en basculant, si souvent, dans la plainte – martelant un temps arrêté – inexistant – à coup de désirs et de mémoire – obstruant la lumière souveraine – délicate – déjà célébrante…

 

 

Trop de doute et de certitudes pour s’ouvrir à la clarté – laisser le regard désobscurcir l’esprit – l’âme – le monde – et dissiper nos vieux restes d’existence…

 

 

Ne rien attendre…

Rien – en nous – ne demeure…

Nos lèvres rouges – seulement – et l’enfance…

Et quelques larmes encore – comme le signe d’une sensibilité toujours vaillante malgré l’époque – le contexte – l’indifférence ambiante…

 

 

Nous sommes cette figure étrange de l’appel et du nécessaire – de la voix qui se répand sur la feuille pour désengorger l’âme – offrir à la tête une alternative – une (saine) manière d’échapper à l’abondance et à la folie…

 

 

Personne – autour de nous – des pierres et de grands arbres – la forêt dense – épaisse – l’horizon impénétrable – l’eau vive de la rivière – et quelques bêtes discrètes tapies dans les taillis ; le monde – notre monde – la beauté du soleil et la magie vivante sur toutes les peaux – les âmes joyeuses – fidèles à l’étrange splendeur des choses…

 

 

Nous abandonne ce qui doit disparaître – le superflu – l’inimportant

Tout nous quitte – mille voies – mille traces à suivre – sur lesquelles ce qui demeure n’a pas le moindre regard…

 

 

A distance – comme si le monde était une île – lointaine – inaccessible – inutile – une terre minuscule secouée par le temps et les Dieux – une étoile éphémère aux origines troubles – au devenir sombre – sans réelle perspective. Un univers sorti, sans doute, de notre imaginaire – à peine une idée – une chose qui s’est esquissée et dont nous ne savons rien (et dont nous ne voulons rien savoir)…

Une œuvre – peut-être – sans réponse et sans sagesse – le fil dont nous devons nous défaire…

 

 

Des fables – des griffes – des caresses ; toutes nos histoires – sans intérêt…

Le silence – reconnu – en nous – qui nous offre l’élan pour nous défaire…

 

 

Nos gestes – de plus en plus discrets…

La présence de l’aube – de plus en plus évidente…

 

 

Un songe – presque rien – ce qui, pourtant, parvient à nous fermer les yeux…

 

 

En nous – le sol – le seul lieu où vivre…

Et cette nuit où nos pieds – notre tête – notre âme – sont empêtrés…

 

 

Des cris – des murmures – toutes nos souffrances ; le dérèglement des corps – les fragilités de la matière – la couleur des étoiles – ce qui affecte les visages…

 

 

Trop de danses – de ruptures – d’incertitude…

Des fissures – des béances – des ruines – comme un (immense) vertige…

 

 

Nous seul(s) – nous tous – face à la nuit…

 

 

Ça se resserre – en nous – au lieu de s’ouvrir…

Ça résiste – partout – au lieu de s’abandonner…

Ça parle comme un écho mécanique…

Le silence a lieu – et nous ne l’avons, pas une seule fois, accueilli…

 

 

La vie – le temps – la mort – finiront, un jour, par s’éloigner…

Et l’esprit, sans doute, saura quoi faire en pareilles circonstances…

 

 

Une danse dans l’âme – dans la voix – dans le geste – vertigineux…

Dieu au cœur de la fièvre…

Des murs – des tentatives – de l’oubli…

De l’impatience et du feu…

Notre manière de nous rejoindre – et de nous réjouir – au milieu des ruines et des morts…

 

 

Au jour substitué – combien de terreurs traversées – combien d’espoirs – combien de nuits passées à veiller – les yeux effrayés devant l’inconnu – à tenir – à bout de force – à bout de bras – cette vieille étendue noire – la tête sous la terre – à pleurer – à rêver – à imaginer une tournure différente pour l’âme – à susurrer une parole dans l’air trop rare – dans l’air vicié…

 

 

Le visage si beau – si pur – effrayé par le monde du dehors – cette force brute – ces forces vives – dirigées sans raison – sans autre destination que le jeu et la satisfaction du manque…

Dieu, lui-même, peut-être, source de toutes les pénuries – de cette solitude originelle – trop austère, sans doute, pour jouer sans la multitude…

 

 

Trop tôt – trop tard – nous parlons comme si le temps existait – comme s’il avait la moindre importance dans nos vies…

La ligne de l’enfant et celle de la momie ; la mort réalisée – et la vie qui se rattache à ce que l’on espère d’elle…

Ce qui nous sépare – ce qui nous relie – et la main des Autres qui se retire ou qui se tend…

Le monde dans notre écoute et notre cœur dans les paumes du monde…

 

 

Ce que nous n’osons dire à haute voix…

Ce que nous murmurons aux âmes recluses…

Toutes les scènes de notre vie – une à une – répertoriées – comme si l’absence – comme si toutes les portes fermées – nous avaient laissé(s) une blessure – une envergure en suspens – le plus odieux – et le plus frustrant, peut-être – de ce que nous aurons vécu…