Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
LES CARNETS METAPHYSIQUES & SPIRITUELS

A PROPOS

La quête de sens
Le passage vers l’impersonnel
L’exploration de l’être

L’intégration à la présence


 

CARNETS PUBLIES

L'expérience du monde 
Récit (1997-1999)

Solitudes 
Récit (2001)

Le petit chercheur Livre 1  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 2  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 3  
Conte (2004)

Quêteur de sens  
Essai anthologique (2005)

Traversée commune  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 1  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 2  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 3  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 4  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 5  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 6  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 7  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 8  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 9  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 10  
Livre expérimental (2007)

Tourbillon(s) 
Journal & récit (2008-2013)

Le goût d'autre chose 
Journal (2013-2016)

Un homme simple et sage 
Récit (2014)

Une âme sensible Vol 1  
Journal (2016-2019)

Une âme sensible Vol 2 
Journal (2016-2019)

Entre le rêve, le monde... Vol 1  
Journal (2019-2020)

Entre le rêve, le monde... Vol 2  
Journal (2019-2020)

Quelque chose du sang...  
Journal (2020-2021)

En plein cœur Vol 1 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 2 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 3 
Journal (2021-2022)

Si près de nos lèvres... Vol 1 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 2 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 3 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 4 
Journal (2022-2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 1 
Récit (2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 2  
Récit (2023)

Une destinée sans certitude Vol 1 
Journal (2023-2024)

Une destinée sans certitude Vol 2 
Journal (2023-2024)

Entre Dieu et la pierre Vol 1
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 2
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 3
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 4
Journal (2024-2025)

Quelques jours... Vol 1  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 2  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 3  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 4  
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 1
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 2
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 2 partie 1
Journal (2025-2026)

En son for intérieur Vol 2 partie 2
Journal (2025-2026)

 

CARNETS BRUTS

Carnet n°1
L’innocence bafouée

Récit / 1997 / La quête de sens

Carnet n°2
Le naïf

Fiction / 1998 / La quête de sens

Carnet n°3
Une traversée du monde

Journal / 1999 / La quête de sens

Carnet n°4
Le marionnettiste

Fiction / 2000 / La quête de sens

Carnet n°5
Un Robinson moderne

Récit / 2001 / La quête de sens

Carnet n°6
Une chienne de vie

Fiction jeunesse / 2002/ Hors catégorie

Carnet n°7
Pensées vagabondes

Recueil / 2003 / La quête de sens

Carnet n°8
Le voyage clandestin

Récit jeunesse / 2004 / Hors catégorie

Carnet n°9
Le petit chercheur Livre 1

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°10
Le petit chercheur Livre 2

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°11 
Le petit chercheur Livre 3

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°12
Autoportrait aux visages

Récit / 2005 / La quête de sens

Carnet n°13
Quêteur de sens

Recueil / 2005 / La quête de sens

Carnet n°14
Enchaînements

Récit / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°15
Regards croisés

Pensées et photographies / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°16
Traversée commune Intro

Livre expérimental / 2007 / La quête de sens

Carnet n°17
Traversée commune Livre 1

Récit / 2007 / La quête de sens

Carnet n°18
Traversée commune Livre 2

Fiction / 2007/ La quête de sens

Carnet n°19
Traversée commune Livre 3

Récit & fiction / 2007 / La quête de sens

Carnet n°20
Traversée commune Livre 4

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°21
Traversée commune Livre 5

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°22
Traversée commune Livre 6

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°23
Traversée commune Livre 7

Poésie / 2007 / La quête de sens

Carnet n°24
Traversée commune Livre 8

Pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°25
Traversée commune Livre 9

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°26
Traversée commune Livre 10

Guides & synthèse / 2007 / La quête de sens

Carnet n°27
Au seuil de la mi-saison

Journal / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°28
L'Homme-pagaille

Récit / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°29
Saisons souterraines

Journal poétique / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°30
Au terme de l'exil provisoire

Journal / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°31
Fouille hagarde

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°32
A la croisée des nuits

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°33
Les ailes du monde si lourdes

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°34
Pilori

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°35
Ecorce blanche

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°36
Ascèse du vide

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°37
Journal de rupture

Journal / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°38
Elle et moi – poésies pour elle

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°39
Préliminaires et prémices

Journal / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°40
Sous la cognée du vent

Journal poétique / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°41
Empreintes – corps écrits

Poésie et peintures / 2010 / Hors catégorie

Carnet n°42
Entre la lumière

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°43
Au seuil de l'azur

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°44
Une parole brute

Journal poétique / 2012 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°45
Chemin(s)

Recueil / 2013 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°46
L'être et le rien

Journal / 2013 / L’exploration de l’être

Carnet n°47
Simplement

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°48
Notes du haut et du bas

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°49
Un homme simple et sage

Récit / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°50
Quelques mots

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°51
Journal fragmenté

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°52
Réflexions et confidences

Journal / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°53
Le grand saladier

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°54
Ô mon âme

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°55
Le ciel nu

Recueil / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°56
L'infini en soi 

Recueil / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°57
L'office naturel

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°58
Le nuage, l’arbre et le silence

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°59
Entre nous

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°60
La conscience et l'Existant

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°61
La conscience et l'Existant Intro

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°62
La conscience et l'Existant 1 à 5

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°63
La conscience et l'Existant 6

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°64
La conscience et l'Existant 6 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°65
La conscience et l'Existant 6 (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°66
La conscience et l'Existant 7

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°67
La conscience et l'Existant 7 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°68
La conscience et l'Existant 8 et 9

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°69
La conscience et l'Existant (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°70
Notes sensibles

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°71
Notes du ciel et de la terre

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°72
Fulminations et anecdotes...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°73
L'azur et l'horizon

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°74
Paroles pour soi

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°75
Pensées sur soi, le regard...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°76
Hommes, anges et démons

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°77
La sente étroite...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°78
Le fou des collines...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°79
Intimités et réflexions...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°80
Le gris de l'âme derrière la joie

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°81
Pensées et réflexions pour soi

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°82
La peur du silence

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°83
Des bruits aux oreilles sages

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°84
Un timide retour au monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°85
Passagers du monde...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°86
Au plus proche du silence

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°87
Être en ce monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°88
L'homme-regard

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°89
Passant éphémère

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°90
Sur le chemin des jours

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°91
Dans le sillon des feuilles mortes

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°92
La joie et la lumière

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°93
Inclinaisons et épanchements...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°94
Bribes de portrait(s)...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°95
Petites choses

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°96
La lumière, l’infini, le silence...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°97
Penchants et résidus naturels...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°98
La poésie, la joie, la tristesse...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°99
Le soleil se moque bien...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°100
Si proche du paradis

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°101
Il n’y a de hasardeux chemin

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°102
La fragilité des fleurs

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°103
Visage(s)

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°104
Le monde, le poète et l’animal

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°105
Petit état des lieux de l’être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°106
Lumière, visages et tressaillements

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°107
La lumière encore...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°108
Sur la terre, le soleil déjà

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°109
Et la parole, aussi, est douce...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°110
Une parole, un silence...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°111
Le silence, la parole...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°112
Une vérité, un songe peut-être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°113
Silence et causeries

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°114
Un peu de vie, un peu de monde...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°115
Encore un peu de désespérance

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°116
La tâche du monde, du sage...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°117
Dire ce que nous sommes...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°118
Ce que nous sommes – encore...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°119
Entre les étoiles et la lumière

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°120
Joies et tristesses verticales

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°121
Du bruit, des âmes et du silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°122
Encore un peu de tout...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°123
L’amour et les ténèbres

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°124
Le feu, la cendre et l’infortune

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°125
Le tragique des jours et le silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°126
Mille fois déjà peut-être...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°127
L’âme, les pierres, la chair...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°128
De l’or dans la boue

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°129
Quelques jours et l’éternité

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°130
Vivant comme si...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°131
La tristesse et la mort

Récit / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°132
Ce feu au fond de l’âme

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°133
Visage(s) commun(s)

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°134
Au bord de l'impersonnel

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°135
Aux portes de la nuit et du silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°136
Entre le rêve et l'absence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°137
Nous autres, hier et aujourd'hui

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°138
Parenthèse, le temps d'un retour...

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°139 
Au loin, je vois les hommes...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°140
L'étrange labeur de l'âme

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°141
Aux fenêtres de l'âme

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°142
L'âme du monde

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°143
Le temps, le monde, le silence...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°144
Obstination(s)

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°145
L'âme, la prière et le silence

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°146
Envolées

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°147
Au fond

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°148
Le réel et l'éphémère

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°149
Destin et illusion

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°150
L'époque, les siècles et l'atemporel

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°151
En somme...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°152
Passage(s)

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°153
Ici, ailleurs, partout

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°154
A quoi bon...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°155
Ce qui demeure dans le pas

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°156
L'autre vie, en nous, si fragile

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°157
La beauté, le silence, le plus simple...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°158
Et, aujourd'hui, tout revient encore...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°159
Tout - de l'autre côté

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°160
Au milieu du monde...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°161
Sourire en silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°162
Nous et les autres - encore

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°163
L'illusion, l'invisible et l'infranchissable

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°164
Le monde et le poète - peut-être...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°165
Rejoindre

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°166
A regarder le monde

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°167
Alternance et continuité

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°168
Fragments ordinaires

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°169
Reliquats et éclaboussures

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°170
Sur le plus lointain versant...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°171
Au-dehors comme au-dedans

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°172
Matière d'éveil - matière du monde

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°173
Lignes de démarcation

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°174
Jeux d'incomplétude

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°175
Exprimer l'impossible

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°176
De larmes, d'enfance et de fleurs

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°177
Coeur blessé, coeur ouvert, coeur vivant

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°178
Cercles superposés

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°179
Tournants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°180
Le jeu des Dieux et des vivants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°181
Routes, élans et pénétrations

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°182
Elans et miracle

Journal poétique / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°183
D'un temps à l'autre

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°184
Quelque part au-dessus du néant...

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°185
Toujours - quelque chose du monde

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°186
Aube et horizon

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°187
L'épaisseur de la trame

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°188
Dans le même creuset

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°189
Notes journalières

Carnet n°190
Notes de la vacuité

Carnet n°191
Notes journalières

Carnet n°192
Notes de la vacuité

Carnet n°193
Notes journalières

Carnet n°194
Notes de la vacuité

Carnet n°195
Notes journalières

Carnet n°196
Notes de la vacuité

Carnet n°197
Notes journalières

Carnet n°198
Notes de la vacuité

Carnet n°199
Notes journalières

Carnet n°200
Notes de la vacuité

Carnet n°201
Notes journalières

Carnet n°202
Notes de la route

Carnet n°203
Notes journalières

Carnet n°204
Notes de voyage

Carnet n°205
Notes journalières

Carnet n°206
Notes du monde

Carnet n°207
Notes journalières

Carnet n°208
Notes sans titre

Carnet n°209
Notes journalières

Carnet n°210
Notes sans titre

Carnet n°211
Notes journalières

Carnet n°212
Notes sans titre

Carnet n°213
Notes journalières

Carnet n°214
Notes sans titre

Carnet n°215
Notes journalières

Carnet n°216
Notes sans titre

Carnet n°217
Notes journalières

Carnet n°218
Notes sans titre

Carnet n°219
Notes journalières

Carnet n°220
Notes sans titre

Carnet n°221
Notes journalières

Carnet n°222
Notes sans titre

Carnet n°223
Notes journalières

Carnet n°224
Notes sans titre

Carnet n°225

Carnet n°226

Carnet n°227

Carnet n°228

Carnet n°229

Carnet n°230

Carnet n°231

Carnet n°232

Carnet n°233

Carnet n°234

Carnet n°235

Carnet n°236

Carnet n°237

Carnet n°238

Carnet n°239

Carnet n°240

Carnet n°241

Carnet n°242

Carnet n°243

Carnet n°244

Carnet n°245

Carnet n°246

Carnet n°247

Carnet n°248

Carnet n°249

Carnet n°250

Carnet n°251

Carnet n°252

Carnet n°253

Carnet n°254

Carnet n°255

Carnet n°256

Carnet n°257

Carnet n°258

Carnet n°259

Carnet n°260

Carnet n°261

Carnet n°262

Carnet n°263
Au jour le jour

Octobre 2020

Carnet n°264
Au jour le jour

Novembre 2020

Carnet n°265
Au jour le jour

Décembre 2020

Carnet n°266
Au jour le jour

Janvier 2021

Carnet n°267
Au jour le jour

Février 2021

Carnet n°268
Au jour le jour

Mars 2021

Carnet n°269
Au jour le jour

Avril 2021

Carnet n°270
Au jour le jour

Mai 2021

Carnet n°271
Au jour le jour

Juin 2021

Carnet n°272
Au jour le jour

Juillet 2021

Carnet n°273
Au jour le jour

Août 2021

Carnet n°274
Au jour le jour

Septembre 2021

Carnet n°275
Au jour le jour

Octobre 2021

Carnet n°276
Au jour le jour

Novembre 2021

Carnet n°277
Au jour le jour

Décembre 2021

Carnet n°278
Au jour le jour

Janvier 2022

Carnet n°279
Au jour le jour

Février 2022

Carnet n°280
Au jour le jour

Mars 2022

Carnet n°281
Au jour le jour

Avril 2022

Carnet n°282
Au jour le jour

Mai 2022

Carnet n°283
Au jour le jour

Juin 2022

Carnet n°284
Au jour le jour

Juillet 2022

Carnet n°285
Au jour le jour

Août 2022

Carnet n°286
Au jour le jour

Septembre 2022

Carnet n°287
Au jour le jour

Octobre 2022

Carnet n°288
Au jour le jour

Novembre 2022

Carnet n°289
Au jour le jour

Décembre 2022

Carnet n°290
Au jour le jour

Février 2023

Carnet n°291
Au jour le jour

Mars 2023

Carnet n°292
Au jour le jour

Avril 2023

Carnet n°293
Au jour le jour

Mai 2023

Carnet n°294
Au jour le jour

Juin 2023

Carnet n°295
Nomade des bois (part 1)

Juillet 2023

Carnet n°296
Nomade des bois (part 2)

Juillet 2023

Carnet n°297
Au jour le jour

Juillet 2023

Carnet n°298
Au jour le jour

Août 2023

Carnet n°299
Au jour le jour

Septembre 2023

Carnet n°300
Au jour le jour

Octobre 2023

Carnet n°301
Au jour le jour

Novembre 2023

Carnet n°302
Au jour le jour

Décembre 2023

Carnet n°303
Au jour le jour

Janvier 2024


Carnet n°304
Au jour le jour

Février 2024


Carnet n°305
Au jour le jour

Mars 2024

 

Carnet n°306
Au jour le jour
Avril 2024

 

Carnet n°307
Comme à la pointe du rêve
Mai 2024

 

Carnet n°308
A l'orée du plus intime

Juin 2024

 

Carnet n°309
Au bord du monde – la lumière

Juillet 2024

 

Carnet n°310
Derrière les mots

Août 2024

 

Carnet n°311
Allant sans savoir

Septembre 2024

 

Carnet n°312
Un œil au cœur de la fable

Octobre 2024

 

Carnet n°313
Un manteau d'étoiles et de sang

Novembre 2024

 

Carnet n°314
Là où l'on s'incline

Décembre 2024

 

Carnet n°315
Devant un Dieu invisible

Janvier 2025

 

Carnet n°316
Ecoutant ce qui demeure

Février 2025

 

Carnet n°317
Et si le monde était l'exil

Mars 2025

 

Carnet n°318
La danse secrète

Avril 2025

 

Carnet n°319
Le cœur engagé dans l'aventure

Mai 2025

 

Carnet n°320
Ce qui veille au fond de l'âme

Juin 2025

 

Carnet n°321
Dans l'écume du mystère

Août 2025

 

Carnet n°322
Vers l'indéchiffrable

Septembre 2025

 

Carnet n°323
Dans l'épaisseur du réel

Octobre 2025

 

Carnet n°324
Entre l'étoile et la boue

Novembre 2025

 

Carnet n°325
Tant qu'il y aura des jours

Décembre 2025

 

Carnet n°326
Des choses et d'autres

Janvier 2026

Epigraphes associées aux carnets

© Les carnets métaphysiques & spirituels

19 octobre 2019

Carnet n°208 Notes sans titre

Ce qui vient – l’unique – l’essentiel – le plus fondamental – un pas – un oiseau – un chant – une pensée – un geste – la pluie – l’orage – le soir – la lumière – la moindre chose qui se présente…

 

 

Un cœur – un vol – une vie – tout finit, un jour, par s’arrêter…

 

 

La plus belle couleur de la terre – celle qui se marie avec l’étendue intérieure…

La plus grande envergure de l’âme…

 

 

La consistance de l’être – l’épaisseur métaphysique – comme un tourbillon d’air pur – un feu immense – une joie silencieuse ; la seule manière de vivre – sans doute…

 

 

Un arbre qui se dresse – un insecte qui vole – un visage que l’on oublie – un nom définitivement effacé – une raideur dans le verbe – un geste de joie – une pensée. Tout apparaît – et se défait au-dedans de l’œil – au-dedans de la psyché…

Le monde – ainsi – passe en nous…

 

 

Rien à la source du malheur – si – le plus sombre de l’esprit – ce qui se cache, parfois, derrière le plus attrayant – le plus plaisant – le plus joyeux…

 

 

De l’esprit et de la lumière – de l’âme et du cœur – de l’intelligence et de l’Amour – autant que nous le pouvons – et autant, bien sûr, que nous le pourrons…

 

 

Cette haute colonne de lumière – comme une ogive bleue – l’axe central du monde – le soubassement de l’esprit – le socle des âmes – notre pays natal sûrement…

 

 

En nous – ce que la nuit a déposé et ce qu’elle ne peut nous dérober ; un étrange mélange de douceur et de puissance qui revêt tantôt les robes du malheur, tantôt la pèlerine de la providence…

A osciller sans cesse entre la joie et l’infortune – entre la violence et la tendresse…

 

 

Une terre – une pierre où l’on pourrait vivre – et mourir – celles dont le nom (et les reflets) se marient si bien avec ce que l’on porte en soi ; rudes et délicates – grises et argentées – comme un peu de bleu, de silence et d’infini au milieu de ces contrées si ternes – si étroites – si bruyantes…

 

 

Qui a déjà ressenti l’envergure d’un seul jour – d’un seul instant…

 

 

Ce qui s’annonce avec l’aube – avec la nuit – et ce qui arrive réellement à leur suite…

Le réel et son ombre – ce qui est et sa représentation (imaginaire)…

 

 

D’une verticalité à l’autre – reliées par la fine cordelette que tiennent nos mains…

 

 

Des nuages et des horizons – ce qui empourpre les visages – ce qui inaugure le voyage – ce qui attise l’ardeur des pas ; la conjonction de toutes les coïncidences…

 

 

Une étoile, parfois, hissée au bout d’un fil que traîne le vent. Et les pieds comme des racines qui plongent au-dedans de ce que nous croyons être le monde…

Et l’âme – déjà ailleurs – qui tente sa chance…

 

 

Parfois, le délice – parfois le supplice – comme ça – sans raison ; une simple inclination – une simple coloration – de l’âme. Le passage tantôt blanc – tantôt noir – du monde et des idées…

 

 

Des visages comme des bouées dans l’immensité de la foule – un sourire – un attrait – une confiance – comme si rien ne nous séparait. Le partage du même lieu – du même lien – du même océan ; l’infini en commun…

 

 

Des dérives passagères – quelques passages particuliers. Un défi – rien d’insurmontable – le destin qui se vrille – la nécessité d’un arrêt – d’un retrait. Un pas de côté – la tête en arrière – les yeux en haut plantés dans le ciel. L’infini sans image – l’esprit sans pensée – quelque chose comme une jonction verticale qui ouvre l’espace – qui éclaire, pendant un instant, le dédale de la psyché et donne à voir l’envergure de l’âme…

 

 

Derrière la noirceur – les espiègleries du ciel – le bleu volontairement entravé – obscurci – entaché. Comme une manière de se moquer de lui-même – une sorte d’auto-dérision à travers notre tête…

 

 

Ce que le regard efface – ce que la marche estompe – la grande incompréhension de l’âme face à tant de pertes et d’oubli…

 

 

Miracle – parfois – de bout en bout…

Comme un horizon sans fin – un voyage sans avarie…

Le lieu magique par excellence…

Comme une source qui jaillit – quelque chose d’intarissable – pourvu que nous soyons pleinement présent – vide et attentif – là où nous sommes…

 

 

De soi à soi – sans la volonté d’un Autre ; le plus urgent à rencontrer et le plus immuable sans doute – ce qui ne peut ni se décréter, ni se destituer. Ce qui – au-dedans – est le plus précieux – et qui manque parfois (trop souvent) au-dehors…

 

 

Une frontière ténue – trois fois rien – sépare le désastre du miracle. Un souffle de plus – un souffle de moins – et tout bascule…

 

 

Et cette chose – au fond de soi – tantôt mourante – presque effacée – tantôt renaissante – virevoltante – vive – si incroyablement vivante. Comme si nous abritions – à la fois – le feu et son absence – la bête et l’innocence – l’immonde et la grâce. Tout condensé dans un espace si restreint – l’infini dans un confetti…

 

 

L’exploration déconstruite – inversée – non du plus singulier vers l’universel – non du plus étroit vers le plus large – mais l’individualité qui creuse vers le plus intime – vers le plus spécifique – avec, à la fin, le franchissement de l’ultime frontière où tout se rejoint – où tout devient étonnamment semblable…

 

 

Un point au-dessus de l’horizon – une aubaine pour l’œil – un repère dans l’espace. Et voilà soudain une destination pour la marche – un lieu enfin où se rendre…

 

 

Un sombre éclat d’étoile – quelque chose d’épineux qui crée comme un enfer au-dedans…

La douleur et l’impuissance – la culpabilité et l’enfermement – ce qui rend chaque instant insupportable…

Des barreaux plantés dans l’esprit qui, peu à peu, se resserrent…

 

 

Au coin de l’œil – ce qui alterne et change inlassablement de forme et de couleur. L’éternel parfum des jours – la récurrence des saisons – ce que l’on considère communément comme le monde – cette étrangeté – cette bizarrerie extérieure…

 

 

Le recours à la prière – la confiance en l’intention – en la volonté – en l’impossible…

Et derrière le dogme – la croyance en l’esprit et en la pensée – et en leur aptitude à transformer la matière – les mouvements – le cours des choses…

Le pouvoir de l’invisible sur le visible…

Le substrat et l’apparence du monde…

 

 

Tout – dans le déclin – la lente détérioration des choses. Le plus à même, parfois, de nous éveiller à ce qui ne peut périr…

Le malheur et l’abomination – révélateurs de la grâce et de la beauté…

Le plus concret nous plongeant dans la plus grande abstraction – et inversement, parfois…

 

 

La force du réel et la pauvre imagination du monde. Ce que peuvent percevoir les sens et le plus haut degré de l’invisible…

 

 

Ces mots – comme le préambule d’un autre langage – d’une autre manière d’exprimer – la tentative, peut-être, d’effleurer l’indicible – l’ineffable – ce qui ne se laisse enfermer ni par les concepts, ni par les représentations…

L’inconcevable – l’irreprésentable – que les gestes et la manière d’être au monde révèlent davantage que la parole et les images…

Les balbutiements, peut-être, de mots-gestes – de mots-émotions – de mots-esprit – de mots-conscience – les prémices maladroites (et encore restreintes) du courant de l’infini traversant le plus infime – le plus singulier…

 

 

Comme un bandeau au milieu du visage – recouvrant partiellement les sens. Comme une lame enfoncée dans le cerveau – sectionnant des pans entiers d’intelligence et presque toutes les possibilités de compréhension…

 

 

Un jour sans lendemain – un monde sans avenir. La nécessité de l’exacte justesse du pas présent – la seule chose qui soit – en vérité. La seule chose dont on peut être sûr à cet instant…

 

 

Ce que le vent nous révèle – la puissance et l’emprise de l’invisible…

La domination du mystère dans nos vies…

Quelque chose de redoutable pour la raison…

 

 

De soi à soi – sans autre chemin qu’en soi-même – emprunté, si souvent, après mille errances dans le monde et mille désillusions dans la fréquentation de l’Autre…

Passages incontournables – semble-t-il…

 

 

Se poser là où l’échancrure du monde révèle sa profondeur – les abysses de l’être – l’énigme magistrale d’exister – autrement dit, à peu près partout…

 

 

Ce qui passe – avec les nuages – à peu près toute chose…

Rien ne résiste au temps – à la durée…

Rien ne dure jamais plus d’un instant…

Et ce qui s’éternise a besoin de notre attention – de notre Amour – puis, de notre oubli…

 

 

Au-dedans de soi autant qu’à côté du monde – là où l’Autre, à la fois, n’existe pas et pourrait être reconnu comme un frère (si d’aventure l’altérité existait)…

 

 

L’apparence et la profondeur – ce qui semble et ce qui est – le perceptible et le mystère. Cette manière si humaine d’osciller entre le pragmatique et l’abstrait – entre les possibilités horizontales et la verticalité…

 

 

Il y a – toujours – en soi – les prémices de l’altérité – la distance – la proximité – l’union – la séparation – la fusion – et l’éradication de tout Autre – l’avant-goût du centre et de son rayonnement jusqu’aux plus lointaines périphéries…

 

 

L’âme à genoux qui, parfois, prie – et qui, d’autres fois, fléchit. Ce à quoi nous nous soumettons et ce à quoi nous sommes contraints. D’une manière ou d’une autre – nous n’avons jamais la main…

 

 

Des lignes et de folles enjambées à travers les forêts et l’impossible. Des frontières franchies qui ouvrent sur d’autres horizons – d’autres sommets – et des choses de l’âme parfois terribles. Des monts – des abysses – des merveilles. Et tout l’attirail de la marche et de l’esprit. Et la main qui écrit toujours prête à prendre des notes…

 

 

Et cet effroi au-dedans de soi – comme une rive intérieure – l’artère principale par laquelle doivent passer toutes les choses du monde avant de pénétrer l’âme…

 

 

Nous sommes cette résistance au partage – à la multitude – à l’existence de l’Autre. Cette étrange crispation de l’infini qui retient le monde comme s’il était le sien…

 

 

L’archipel de l’oubli – la mémoire et ses abysses – et nous autres à la dérive sur le grand océan du monde – entre le risque de naufrage et la lointaine possibilité d’une île – d’un refuge – d’un lieu où il nous serait (enfin) possible d’être sans la moindre condition – sans la moindre restriction…

 

 

Les bruits des Autres – et les siens – comme manière de recouvrir le silence – et la voie même qui peut, en nous, enfanter la fureur – la folie – l’enfer – ce qui est susceptible d’éveiller, au fond de notre âme, le plus sombre…

 

 

Des reliefs particuliers – des textures différentes – le goût des paysages sauvages bien davantage que celui des visages humains aux contours trop restreints – trop similaires – trop prévisibles…

 

 

Ce que le vide – en nous – creuse. Et ce qui jaillit de cette excavation. Les tréfonds de l’âme et du monde. L’abîme commun. Les profondeurs inexplorées. Là où réside la source du feu originel – intarissable. La mesure de toutes choses – en soi – celle qu’offre le regard – tantôt envergure, tantôt restriction – tantôt vacuité, tantôt encombrement – tantôt beauté, tantôt barbarie. Au-dedans – la focale et la mise au point – et tous les filtres du réel dont on doit se débarrasser pour retrouver des yeux nus – la blancheur et l’innocence nécessaires à l’accueil des contenus bruts – non déformés…

 

 

La matière du monde – pâte à façonner. Comme une mélasse bigarrée…

 

 

Le plus mystérieux parcours entre l’origine et l’ombre – quelque chose d’inconnaissable…

L’émergence et l’intégration des puissances obscures. Ce qui s’est sournoisement mélangé au reste au point de ne plus rien distinguer…

Le point zéro de l’ignorance en deçà duquel nul ne peut remonter…

 

 

Le désastre a, parfois, une couleur inattendue ; on l’imagine gris alors qu’il lui arrive de se dissimuler sous les airs les plus joyeux et les plus colorés…

 

 

Ce que la nuit – en nous – a corrompu. Ce que la nuit – en nous – a révélé…

 

 

Le monde comme une permanente étrangeté…

 

 

De la misère et de l’ennui – et tout ce que l’on peut mettre par-dessus pour tromper le monde et l’esprit…

Un condensé du pire dans les cités et au fond de certaines âmes…

 

 

Ce que devient le monde – dans l’imaginaire – lorsque personne ne nous attend – lorsque la solitude est devenue le seul repère – la seule possibilité ; un spectacle – un décor – une sorte d’inimportance. Une chose lointaine – abstraite – et dont on se passe très facilement…

 

 

De petites parcelles et de petits cubes – sans grâce – alignés les uns à côté des autres – comme un puzzle géant. Des pièces et des pions – des mouvements et du bruit. Des fonctions, des rôles et des représentations…

Et au cœur de cette effervescence organisée – le plus essentiel qui agit en silence – qui façonne les apparences recouvertes de torpeur et de boue…

Le mystère à l’œuvre… Ce qui se manifeste dans le sens (profond) de l’histoire du monde. Et ce qui se perçoit ici et là chez chacun – par moment – par période parfois ; le plus précieux face au pire – face à l’inertie – face aux résistances…

 

 

Un coin de ciel – parfois – suffit. Rien qu’un peu de bleu au fond de l’âme – et nous voilà sauvé de ce gris affreux du monde – de cette gaieté d’apparat qui nous navre et nous écœure…

 

 

Un monde sans larme – sans profondeur – ou alors seulement théâtralisées…

 

 

Des visages – des vies – qui se ressemblent…

Comme une étrange fratrie orpheline…

 

 

Des règles trop strictes – des choses trop séparées – de petits carrés – de petites frontières – de petites étiquettes…

La psyché essayant de régenter la vie – d’organiser le monde – de mettre un peu d’ordre dans ce joyeux fourbis – d’instaurer une manière restrictive d’être au monde – de vivre – d’aimer – de respirer. Un étau et des compartiments insupportables pour l’esprit…

 

 

Du blanc – partout – pour souligner, peut-être, l’inimportance de la couleur – ou la présence de l’innocence en toutes choses – ou notre devoir de ne jamais faillir sur le chemin de la vérité et de l’abandon…

 

 

De la misère et de l’imbécillité – ce que l’on nous offre – ce que l’on nous propose – ce à quoi l’on nous invite. De la connerie fabriquée à la chaîne – de manière industrielle – distribuée en boîtes et en bâtonnets. L’indigence et la niaiserie organisées à grande échelle. Ce à quoi aspirent les hommes – ce dont ils ne peuvent se passer…

Une perspective à laquelle l’humanité ne semble pouvoir échapper…

 

 

Des rubans multicolores dans les cheveux du monde – le vent autour de la taille qui s’engouffre dans la poitrine. Les pas parfaits – la posture impeccable. Ce pourquoi le monde est fait ; la représentation et le spectacle – le jeu permanent de l’illusion – le divertissement et les farandoles. Une manière d’oublier les enjeux – de s’en écarter – de s’en affranchir – jusqu’au dernier souffle – une manière de se distraire en permanence de ce réel à l’apparence si rude – si triste – si déroutante – si incompréhensible…

 

 

Ce que dessine l’instant – une manière d’être – une façon d’accueillir – exactement ce que nous sommes…

Mille – cent mille – des milliards d’instants – et toute la palette des Je suis – toute la palette des possibles – exprimée…

 

 

Pas de règle – pas de loi – pas de principe. Ce qui jaillit – fatalement – ce qui jaillit…

Nulle autre possibilité…

 

 

Un instant, ceci – un autre, cela. Et le rouge que soulignent les jours – ce qui revient – ce que l’on prend pour une habitude – une tendance – un sillon – ce qui se démarque – ce qui surprend – ce qui désarçonne ; toujours nous – entièrement – des orteils à la pointe des cheveux – le ciel et la terre mélangés – ce qui, parmi tous les horizons, s’éveille au fond de l’âme…

 

 

L’œil sur la devanture – le chemin des apparences. Ce que l’on a l’air d’être. Le plus en surface de soi – ce qui varie – ce qui change – et ce qui est offert au reste…

 

 

Des étiquettes déchirées – des fragments mélangés – et recollés n’importe comment – de manière infiniment provisoire – et qui se redécollent presque aussitôt pour s’assembler à d’autres – au fil des circonstances – des chemins – des rencontres…

Nous sommes – cette mosaïque changeante…

 

 

Sur fond gris – l’arc-en-ciel – parfois, le bleu intense – excessif – paroxystique – les couleurs de l’âme et les reflets bigarrés du monde. Une seule étoffe – une seule peau – faite de toutes les chairs assemblées et des esprits réunis. Le corps de l’univers – le corps de l’Existant – ce qui est né du plus lointain silence – du mystère le plus profond…

 

 

Le désossement de l’archipel – le déblaiement des embarras. L’inutile relégué. Et l’ensemble jeté au fond de l’abîme. Et ce qui reste ; le plus nu – ce que rien, ni personne ne peut dérober…

 

 

Comme chaque jour – à sa table de travail – au milieu du monde. Le labeur joyeux et assidu dans l’âme et sur la page…

 

 

Parfois – rien – à peine le bruit d’une mouche – le frémissement d’un feuillage – le chant lointain d’un oiseau. Le vent sur le visage. Les profondeurs de la forêt. La tranquillité du monde qui fait écho au silence – à la vacuité silencieuse du dedans…

 

 

Des histoires particulières comme seule manière d’être là – au monde – vivant. Rien que de petites histoires. Et à peu près les mêmes partout…

 

 

Lieu – lien – passerelle entre le dehors et le dedans – cet esprit démesuré. Partout où l’on est – partout où l’on va…

La clairière du dedans – cette étrange messagère de la clarté – les laborieuses prémices de la lumière – après mille siècles d’obscure besogne…

 

 

L’ensemencement de l’horizon – l’élagage – l’abattage – le débroussaillage – le tronçonnage – de moins en moins à planter – et de plus en plus vide – libre – dégagé…

 

 

Parfois le plus lourd – parfois le plus cruel – devant nous et au-dedans de l’âme – et au creux des mains – tant d’impuissance. Quelque chose qui creuse – en nous – de la rage d’abord (et de la tristesse souvent), puis, peu à peu (et parfois très lentement) la nécessité de l’abandon – ce lieu-refuge au cœur du monde – au cœur de la plus grande intranquillité…

 

 

Regard-créateur et regard-réceptacle – celui qui initie l’élan – les mille mouvements du réel – et celui qui les reçoit…

 

 

Ce que nous laissons – comme des pierres sur le chemin… tantôt repères – tantôt obstacles – selon les âmes et les pas…

 

 

Ce qui s’invite au centre du regard a besoin d’attention – d’un geste – d’une parole – d’une chose – d’une indication – d’une explication ; qu’importe ce qu’il réclame, on le lui offre pendant le temps nécessaire… 

 

 

Il n’y a d’itinéraire – de destin – de voyage. Il n’y a que ce qui est à cet instant. Avant – après – ne sont que des mirages…

Tout mêlé – emmêlé – mélangé – puis, selon les conditions – quelque chose émerge – jaillit – croît – ni le meilleur – ni le pire – le nécessaire – l’inévitable – le plus approprié…

 

 

Le monde – ce qui passe – un défilé permanent – l’inéluctable en mouvement…

 

 

L’horizon qui se rétrécit – qui s’élargit – notre manière de voir – de vivre – d’être au monde…

Des jours qui passent – au creux de l’âme – seulement. Des pages et du silence – et les bruits du monde à côté – un peu plus loin…

 

 

Des traits sur une grande toile – aussitôt tracés – aussitôt effacés – le monde et les circonstances qui traversent l’esprit un court instant – l’existence comme le temps du passage…

La profondeur et le jaillissement. L’envergure et la surface. Et l’ambivalence de cet étrange mélange…

 

 

Le flux et le reflux du monde et de la pensée – de la matière visible et invisible – dans l’esprit – ce lieu de présence introuvable – non localisable physiquement – à la manière des vagues sur la grève – à la manière des vagues dans l’océan…

 

 

Cette ambivalence – cette confusion – cet écartèlement – parfois de l’homme – du vivant peut-être – à l’intersection de plusieurs dimensions – de plusieurs perspectives – de plusieurs réalités…

Limites et potentialités qui s’entremêlent – se conjuguent – s’opposent – se répondent…

Nous sommes – cet étrange mélange de tout – ce presque rien au cœur de la vacuité…

 

 

A la source même du souffle et du langage. Là où naissent la vie et le verbe. Dans les profondeurs de la matrice du monde…

 

 

Ce que les Dieux nous cachent et ce qu’ils nous révèlent. Au fond de leur poitrine – dans l’antre étrange des origines. Ce que l’expérience des jours nous fait, peu à peu, découvrir…

 

 

Ce qui pénètre l’esprit – glisse à sa surface – et tombe tout au fond – est évacué à la manière des eaux souterraines – à la manière de l’eau qui s’évapore – transformée(s) en autre chose – et qui reviendra – et qui reviendront – traverser l’esprit de mille autres manières – ailleurs – un peu plus tard…

 

 

Au cœur même du mur – l’horizon – le ciel – l’envergure et la liberté – ce que nous pouvons à peine imaginer…

 

 

Des mots comme des gestes pour exprimer – répondre à l’éternel retour des choses – à la cyclicité du monde ; une manière de tout refaire à neuf – de tout recommencer chaque jour – à chaque instant – de vivre comme pour la première fois toutes les nécessités – toutes les servitudes consenties – l’essence même de la matérialité…

 

 

Parfois, rien – parfois, le monde – ce qui est là – simplement – ce qui est là…

 

 

La plus grande immersion possible et le plus lointain faîte accessible – à chaque instant – entre l’enracinement et l’envol…

De la haute voltige permanente…

 

 

Des portes – des crêtes – des fosses à foison. Des chemins qui serpentent – des passages par milliers entre les obstacles posés ici et là – un peu partout – par les hommes – par le monde – par l’esprit. D’étroits sillons à travers les reliefs. Et ce que le pas décide au cours de la traversée…

Des trous – des impasses – le retour vers le centre – l’origine des élans. Mille étapes – sans doute, le plus long des voyages…

 

 

Des jours – des nuits – des rêves et de la fébrilité. Comme un allant infatigable. Des forces profondes – obscures – souterraines – intarissables. Ce qui ne peut s’arrêter – ce que rien ne peut immobiliser. Le mouvement même – perpétuel…

 

 

De l’entité à la ruine – du temps à l’éternité – d’étranges changements de perspective…

 

 

Les heures rares – rougeoyantes. Ce que l’on ne manquerait pour rien au monde…

 

 

Le jour espiègle qui se cache, parfois, derrière le changement – parfois, derrière la routine. Et les yeux qui cherchent ailleurs – derrière – à côté – plus loin – au lieu de plonger – et de disparaître – dans l’épaisseur, si légère, du regard…

 

 

La vie sans appui – le saut sans filet – le monde sans masque – ce que l’on aime vivre et expérimenter. Ce qui ôte toutes les certitudes. L’existence – l’instant – dans l’éclatement de tous les repères – ce qui est sans la moindre référence…

 

 

Du dedans et du dehors entremêlés – des choses pas à leur place – mal rangées – qui traînent au milieu de tout – le bazar – le fouillis – ce qui ne s’aligne, ni ne s’emboîte. L’intrication – le détour – la boucle – l’extrême mélange où tout change et varie – où tout s’étoffe et se défait – où tout s’enracine et s’efface…

Dans le même instant – la prolifération et l’éradication du monde. Le plus utile et ce que l’on oublie. Ce qui s’en va et ce qui nous est nécessaire…

La danse des circonstances et des visages…

Mille – cent mille – voyages en un seul…

 

 

De l’or et du malheur – les mêmes phénomènes réunis – mis bout à bout…

Tout qui se chevauche et s’écarte…

Le monde à la manière de mille toupies sur mille circuits différents – comme les sillons d’une peau immense…

 

 

Dans le même instant – la mort et le regain du monde. Nos pertes et nos découvertes – ce qui nous blesse et nous offre un peu de joie…

Le monde – la vie – les pierres et les visages – comme nouveauté et éternel retour…

 

 

Ce que nous sommes et essayons de décrire – de définir – les contours variants d’une surface – d’une profondeur – d’une présence – inchangées – invariables…

 

19 octobre 2019

Carnet n°207 Notes journalières

Il y a le jour comme un horizon – une possibilité au-delà du mur. Un air plus chaud – un sol moins abîmé. L’autre extrémité de l’âme…

 

 

Plus loin – il y a cette ombre grandissante – cette traversée terrifiante – ce qui nous sépare de la blancheur – et le jour qui patiemment se rapproche…

 

 

Dans la psyché – cette mémoire résistante – le passé-palimpseste que réécrit l’esprit – histoire de gagner en importance – comme si ce qui nous intéresse pouvait susciter l’intérêt du dehors…

Il n’y a que des récits – et l’on devrait sur eux tirer un trait et un lourd rideau de lumière…

 

 

A la fin – une partie de nous reste – et l’autre s’en va ; la terre et le ciel – si mélangés de notre vivant – retrouvent (enfin) leur territoire…

 

 

Du temps, de la violence et de la folie – voilà tout ce que nous possédons et la manière dont nous sommes (tous) possédés…

 

 

Juste au-dessus de l’herbe – l’œil singulier. Le talon comme une herse – le malheur des vivants – et la malédiction qui, peu à peu, nous enferre…

 

 

Rien ne s’installe plus durablement que l’ombre – excepté la lumière (à son heure)…

 

 

Ce que nous foulons en même temps que le sol…

Ce que nous respirons en même temps que l’air…

Ce que nous vivons en même temps que notre vie extérieure…

Les mille dimensions de l’être sous l’apparence de l’homme…

 

 

Entre deux frontières – le mur – l’espace – l’au-delà. L’horizon comme le reflet rougeoyant du monde. La terre sans fenêtre – le feu – ce qui reste vivant sous les cendres – sur la pierre nue et noire – derrière la fatigue ; cette envergure au-dedans de l’épaisseur du front…

 

 

Au-delà de la terre – le jour. Au-delà du jour – le silence. Au-delà du silence – l’Amour. Et en deçà – l’enfer…

 

 

Le plus hostile – comme une longue écharde dans l’âme – une fenêtre sur le monde qui déboucherait sur le néant. Rien qu’un sol et un feu – et le ciel (toujours) hors d’atteinte…

 

 

Tout en fleurs et en ciel lorsque l’âme s’agenouille

Tout en pointes et en flèches – en braises et en lames acérées – lorsqu’elle prend assise sur son droit supposé – mensonger – fallacieux – inventé – lorsqu’elle actionne la main torturante et torturée – ce qui nous donne de faux grands airs…

Quelques souffles et nous sommes par terre – à genoux

 

 

Rien ne peut nous blesser – lorsque rien ne nous devance – lorsque l’on ne traîne rien derrière soi…

 

 

Cette fatigue à remplir le ciel – en vain…

 

 

Rien au-dessus – rien en-dessous ; éperdument seul – là où tout commence vraiment…

 

 

Ça se répand – en soi – comme un torrent – une cascade – une eau brûlante – de la lave en ébullition – un reste de ciel qui a pris feu et s’est liquéfié…

 

 

A vivre sans trop savoir à quoi ressemblait notre tête d’hier – comme si l’on pouvait vivre sans histoire – sans mémoire – sans le faux ciel ni la fausse envergure de la psyché – sans même savoir si l’on a encore visage humain…

 

 

Rien qu’une trouée – en nous – un peu de peau sur des instincts avec, au fond, un grand silence – pas même un mystère – une étendue inerte avec, au milieu, une sorte de béance…

Un absurde mélange de distance et de verticalité noire…

 

 

Tout est emporté – et nous emporte dans son sillage. Une traversée – des courants – quelques mots – quelques ombres – pas pire qu’ailleurs. Des arbres – du sable – tout passe très vite – et ne laisse, à la fin, que quelques os…

 

 

Rien que des traits qui dessinent le monde. D’un instant à l’autre – tout s’efface – le monde disparaît – puis, se reconstruit l’instant suivant – presque à l’identique…

 

 

Parfois – on s’arrête – on se met de côté – un peu à l’écart du monde – des Autres – de tout – loin du grand cirque. On se resserre – on se recentre – on réunit les fragments – les morceaux épars – on se répare – on aère les abysses – on accueille l’air qui formera le nouveau souffle qui fera naître un nouvel élan…

On n’imagine rien – on respire…

Se retrouver – c’est aussi cela vivre – et peut-être principalement…

Un peu d’air pur…

 

 

Rien que des choses qui brûlent – rien qui ne restera. Ce qui – en nous – est le plus fondamental ; la beauté – l’évanescence – la fragilité – mélangées au regard qui n’est pas d’ici – qui n’appartient à personne – qui est là – offert – lucide – sensible – perçant – généreux – et qui fait sa part – son joyeux labeur – pendant que nous nous éreintons sur la pierre…

 

 

Des ombres entre elles – avec le pire dans les yeux – au fond du sommeil – ce qui se déverse sur le sable – et qui forme de petites flaques – puis, comme des auréoles dans la poussière. Rien de très sérieux – malgré les sursauts et l’effroi dans la psyché…

 

 

Des choses qui manquent – des choses qui s’effacent – et d’autres que l’on oublie. Juste la vie qui passe – avec ce grand bazar au-dedans de soi…

 

 

Des éclats de terre – en nous – comme de petits tas de pierres pour bâtir une tour si haute que l’on pourrait toucher le ciel. Il y a de la naïveté (beaucoup) et de la fantaisie (un peu) dans cette image de Dieu ainsi accessible…

Creuser – vider – s’abandonner – ne sont pas les premiers outils disponibles sous le front. Il faut épuiser l’enfance avant de pouvoir débuter le véritable labeur

 

 

Ce qui – en nous – s’obstine – se dérobe – se déploie – s’invite – se déchire. La tête tout étourdie – l’âme à genoux – le cœur indécis. Vivant et respirant comme avec des pelletées de terre dans la gorge…

Le souffle coupé…

 

 

Ça s’installe parfois au-dedans comme une défaillance – quelque chose d’extérieur introduit à l’intérieur et dont on tirerait les ficelles du dehors. Comme un pantin articulé par des forces corrompues – corruptrices – mal intentionnées – qui nous donnent un air un peu bancal…

 

 

Il n’existe de pansement pour l’âme – mais il y a une multitude de compensations psychiques – c’est pour l’esprit une manière de soigner avec le monde ce qui ne peut être guéri par le monde – mais c’est la seule chose à laquelle consent l’âme immature…

 

 

Comme une chose que l’on répète pour ne pas l’oublier. Un refrain incompréhensible – quelque chose avec de la poussière par-dessus – comme un bibelot – l’une de ces boîtes à musique d’autrefois – restée là pendant des siècles – et que l’on aurait – soudain – placée au centre de la psyché pour l’envoûter – la contrôler – l’enjoindre d’obéir – elle qui ne peut – comme toutes choses – s’épanouir que dans l’absence de contrainte – libre – affranchie du monde – de la croyance et de la volonté…

 

 

Le vrai visage du monde – soudain – révélé ; introuvable – inexistant – comme un vieux rêve rabâché – auquel l’esprit – distrait – aurait fini par croire – et qu’il aurait, peu à peu, transformé en réalité…

 

 

Le feu – le froid – le corps. Et des passages possibles dans tous les recoins du ciel. Quelque chose que nous n’avions jamais vu auparavant…

 

 

Du bleu – du vrai – ce qui ne sert à rien pour vivre – mais qui oriente le rire et la parole – la marche dans le sens des arbres – le vent intense sur la paresse des espèces – l’inclinaison de la feuille qui cherche le silence…

 

 

Tout tremblant – comme un peu de terre fragile dont on aurait percé le centre – une sorte de trou – comme une ornière verticale – pour y déposer un peu de ciel – la substance de l’âme peut-être – et que l’on aurait recouvert de chair et de sang – les marques de la faiblesse et de la grossièreté…

 

 

Du rouge – partout – au-dedans du ventre – et qui va jusqu’à colorer toute la tuyauterie de l’âme…

Sève vermillon dans ce fouillis d’instincts…

 

 

Peu de place pour la générosité et la tendresse…

De la matière – de l’énergie grossière – mélangée, peut-être, avec un peu de Dieu et d’étoiles…

Une créature enfantine – une ébauche qu’essayent (laborieusement) de peaufiner les siècles…

 

 

Le monde comme une spirale – une pente – un désert. Comme une gifle qui s’abat sur la joue. Comme du vent un jour de pluie. Comme un rêve – une fenêtre. Et, sans doute, plus que tout comme manière (commune) de parler…

 

 

Des siècles – des années – des histoires…

Rien de très important – en somme…

Le plus essentiel – invisible toujours…

 

 

Qui sait d’où nous venons – où nous allons… Trop de murs nous empêchent de voir. Et le ciel reste silencieux…

Une seule certitude ; ça a l’air de bouger dans ce qui ressemble à une forme d’immobilité…

 

 

Parfois devant – parfois derrière – parfois, on sait – d’autres fois, on ignore – mais la plupart du temps, on essaye seulement de deviner…

Peut-être n’y a-t-il personne pour savoir – juste du temps – l’illusion de la durée – des choses – mille choses – des circonstances – mille circonstances – et par-dessus l’incertitude et l’infini – et par-dessus encore l’esprit et le silence – et tout en haut, les Dieux du monde qui rigolent dans leurs habits de fête…

 

 

Il y a toujours chez l’homme quelque chose de l’ordre du labeur – comme un poids à hisser – à traîner – à porter partout avec soi – où que l’on aille…

 

 

Du feu et du ciel réunis sous la peau. Et un peu de terre jetée par-dessus…

 

 

L’envergure d’un Autre – en soi – quelque chose d’immense – d’infini. Et le sentiment, parfois, d’une éternité…

L’immuable derrière l’apparence des visages et du temps…

 

 

De la forêt – rien que de la forêt avec du bleu au-dessus. Le silence – juste le chant (discret) des oiseaux. Et le cœur léger…

Rien d’autre pour l’instant…

 

 

Tout change – bien sûr – mais où se trouvent la limite et l’ultime transformation…

Des obstacles – oui. Des résistances – oui. Et un désir puissant d’immobilité – bien sûr ; le point zéro du changement…

 

 

Ce que l’on repousse, revient – et ce que l’on accueille, s’efface. Et nous qui nous barricadons – et qui accumulons – presque toujours – appuyés sur nos armes et nos réserves…

 

 

Le plus délicat à négocier – le lisse des parois – ce qui n’offre aucune prise – là où l’on n’en finit plus de glisser vers ailleurs…

 

 

Ce qui s’inscrit sur la page n’est que la surface du dedans. Le silence, lui, est bien en deçà – et bien au-delà…

 

 

Rien – en nous – ne se creuse davantage que le ciel. Une forme de don pour les abysses. Et le feu à tous les coins de la terre…

 

 

Peut-être venons-nous d’ailleurs pour – à ce point – ne rien comprendre au monde humain…

 

 

Le front plus haut que la terre – mais trop bas pour se hisser jusqu’au ciel – et voir la longueur du mur – l’étendue du désastre – et le chemin qu’il (nous) reste à parcourir…

 

 

Rien n’est plus lourd que ce que nous nous échinons à porter. Et – pourtant – personne ne nous y oblige…

Partout – la charge – le faix – l’épuisement…

L’allure qui ralentit – et la quasi immobilité jusqu’au grand âge – ensuite, la mort qui nous fauche avec toutes ces niaiseries dans l’âme et sur le dos…

Il convient – donc – de voyager léger ; juste l’essentiel – quant au nécessaire, les jours, y pourvoiront…

 

 

De plus en plus pauvre – de plus en plus rien…

Juste le jour et la matière à vivre…

Quelques pas – quelques pages…

De la solitude et du silence…

Et presque rien d’autre…

 

 

Rien – la limite – l’épuisement – la certitude que personne ne se risquerait à nous tendre la main. Le gouffre – le puits de la solitude. Les derniers échelons, peut-être, avant la chute abyssale – définitive – les derniers pas – l’ultime saut – qui scelleront l’impossibilité du retour…

 

 

Ce qui nous surprend ; être là – pleinement – et totalement désengagé. Et, parfois, le contraire…

Nous sommes – le centre de tous les possibles…

 

 

A chaque instant – ce qui s’achève et ce qui commence. L’évidence de tout et l’incompréhension. Ce qui aboutit et ce qui s’enlise…

Tout pourrait arriver – se produire – devenir – s’effacer ; nous serions toujours présent(s) – toujours vivant(s) – irremplaçable(s)…

 

 

Nous sommes l’événement – chaque événement – et le regard – à travers tout ce qui voit – les ressentis – tous les ressentis – et ce qui ressent…

 

 

L’oreille et le mur – l’extase et ce qui occupe l’attente. L’Autre et le rien – l’attention en éveil – la somnolence et le souvenir…

Inlassablement – toutes les différences – le possible jusqu’à l’infini – ce qu’aucun regard – ce qu’aucun silence – ne saurait arrêter…

 

 

On croit se tenir en face – en vérité – tout est déjà au-dedans…

Rien en dehors de l’attention…

 

 

Il y a cette manière tendre de se tenir au milieu du monde – innocent – dérisoire – puissant – magnifique – sans espoir – attentif – émerveillé par ce qui se présente – sans cette dureté et cette méfiance de l’individualité ordinaire…

 

 

Rien que des mouvements et de l’émotion – la multitude et le pur joyau – l’étincelle et le prolongement du feu – le souffle et la bouche des écorchés – la maladresse des cris et le soc de la charrue qui racle les pierres – comme si le dehors n’était qu’un océan noir bordé de ciel et de chimères…

 

 

Rien – à la fois le plus familier et le plus étranger – le plus proche et le plus lointain – qui se mélangent…

Comme un tourbillon d’incompréhension… et qui tourne… et qui tourne…

 

 

Des jours métalliques – une délicatesse troublante. Nous marchons dans le noir – les mains tendues – notre feuille de route devant les yeux – papier illisible – inutile ; le chemin sous nos pieds s’égare dans l’air – pénètre sous la terre – traverse les océans ; l’âme rechigne à l’inconnu – à l’imprévisible – les seules certitudes pourtant…

Et au-dessus du chantier – au-dessus de l’itinéraire – ce qui se tient plus qu’immobile…

 

 

Et cette folie dans les yeux qui réclament la terre…

Et cette folie dans les yeux qui renoncent à la terre…

La folie de toutes parts…

Encerclés nous autres, les aliénés…

 

 

Ça jaillit – les mots – comme du magma – un long monologue – des choses et des choses – comme si nous recrachions la terre – le monde – les siècles – les civilisations – tout jusqu’à l’origine – tout jusqu’à la fin des temps – et que nous recommencions indéfiniment ce dialogue entre nous, le regard et le premier homme…

 

 

Et cette faiblesse dans notre âme – et cette beauté des chemins, des forêts et des ravins. La route devant soi et l’itinéraire à l’intérieur…

Comment pourrions-nous savoir… Comment pourrions-nous trouver la force d’avancer…

Pas à pas – la découverte – le contour, peu à peu, exploré…

A la marge – encore dans la périphérie du passage…

 

 

Ecrire – marcher – avancer toujours – jusqu’à l’épuisement…

Ce qui prépare à l’inachevé…

 

 

Notre vie – comme de l’eau qui coule – quelque chose que l’on ne retient pas – qui se déverse jusqu’à la dernière goutte – et que l’air et la terre avalent à la fin… avant de revenir un peu plus tard – un peu plus loin – de se poser à quelques mètres de là – entre la boue du monde et le ciel…

 

 

Des parties de nous – au loin – qui ne nous ressemblent pas ; des yeux rageurs – des mains folles – l’esprit, comme une plaie, aussi furieux que la terre. Une âme à genoux – blessée – moitié dans l’air au-dessus de la tête – moitié dans le ravin…

Et personne pour nous aider – nous rassembler – nous tendre la main – un miroir – n’importe quoi…

Seul avec ces bouts épars et notre désarroi…

 

 

Et – soudain – comme un peu de lumière au bout d’un chemin – un lieu où l’on s’attarde – une pierre sur laquelle l’âme aurait envie de graver toutes ses défaites…

 

 

Un mur sans raison d’être – un poème écrasé par le monde – des doigts qui dessinent à l’aveuglette un visage…

Une manière de poser mille obstacles sur le chemin des origines…

Après tout – rien de très important (si l’on n’est pas pressé d’en finir)…

 

 

Rien qu’une pierre – parfois. Et l’âme ignorée qui s’en va…

 

 

Des livres comme une pente – une perte – une attente sans rencontre – sans résultat…

Juste des lignes – comme du lierre qui a fini par recouvrir la verticalité. Et le monde – devant – qui se tient inerte – inerte et indifférent – aussi inutile que nos pages…

 

 

Il n’y a rien – en vérité – à franchir – à atteindre – ni même de choses à obtenir ou dont il faudrait s’affranchir…

Rien que des yeux pour voir et s’attrister…

Rien que des bras pour servir et porter les morts…

 

 

Tout s’ouvre – et la bouche n’a plus rien à dire…

 

 

La fin des jours de grands labours – rien que ces longues heures de marche au cœur de la forêt…

Le ciel simplement. L’air et le feu…

Et ce qui était séparé se retrouve – enfin…

 

 

On n’avance pas – on hésite – on se heurte ; trop de résistances en nous – trop de bagages – de barrages – d’encombrements. Pas encore assez proche de l’épuisement – de la capitulation…

Le territoire – malheureusement – ne s’abandonne pas si facilement…

 

 

Parfois – on ne sait plus même dans quelle direction poser le pas. Pas le choix – le chemin se dessine de lui-même – comme l’allure et les obstacles…

En vérité – il n’y a rien – ni personne – et pas même un voyage – juste un flux – des flux – de la fluidité – et, parfois, des choses qui bloquent – qui résistent – qui obstruent – qui immobilisent…

 

 

Les souliers dans une eau poisseuse – épaissie par le temps et l’inertie. Et la tête boueuse. L’âme à dix pieds sous terre – le cœur marécageux – presque amphibie…

 

 

On aimerait des feuilles plus légères – mais c’est le contenu de l’âme qui donne l’épaisseur – le poids – l’accablement – comme une charge à porter au quotidien – comme si l’immensité pesait sur nos épaules…

 

 

Quelque chose qui se recroqueville au milieu de l’infini – une étrange chose à vrai dire – comme une lampe sous le soleil dont l’ampoule, peu à peu, s’éteindrait…

Rien qui ne puisse être perçu de l’extérieur – sauf à avoir le nez dessus…

 

 

L’insuffisance et l’incomplétude – comme une invitation à chercher le reste à l’extérieur – et, bien sûr, à ne rien trouver…

Et après mille – dix mille – cent mille – des milliards de tentatives infructueuses – commencer à regarder en soi – à fouiller au-dedans sans très bien savoir comment, ni quoi chercher…

Acte volontaire naturel mais (totalement) inapproprié ; on cherche à l’intérieur de la même façon que l’on cherchait au-dehors ; on s’enlise – on piétine – on enrage – on ne trouve rien – des eaux sales et du fumier – des océans d’eaux sales et des tonnes de fumier – on cherche encore – et on ne découvre rien – pas la moindre chose – pas la moindre piste – pas le moindre chemin – pas la moindre lumière…

Prélude – à peine – à peine…

Tout commencera – réellement – avec l’abandon – la capitulation ; le jour où l’on s’en remettra à un Autre que nous-même en nous-même ; processus des petits pas et des monumentales surprises – de résistance en résistance – de choses qui cèdent dans l’esprit en barrages reconstruits – plus hauts – plus longs – plus solides…

Le labeur de l’homme – comme un travail de titan – pour que tout se vide – se liquéfie – se nettoie – se libère – et puisse demeurer indéfiniment vierge et affranchi malgré les assauts incessants du monde et de la psyché…

 

 

Au loin – comme un bruit de galop – qui se rapproche. Au-dedans de la tête à présent. De plus en plus fort. Et qui dure – et qui dure – comme si le cheval lancé à vive allure faisait du surplace…

Pendant des jours et des jours – jusqu’à en devenir fou…

Terrassé par le bruit – sans que la nécessité du silence soit entendue…

 

 

Le jour, peu à peu, s’efface. Rien qui ne puisse réfréner – retarder – son départ. La zone au-dedans est trop dévastée, à présent, pour tenter quoi que ce soit…

Laisser tout disparaître ; voilà la voie la plus sage – celle qu’il nous faut – la seule possible, en vérité…

 

 

Lâcher l’impossible – ce que nous avons vécu – ce que nous avons manqué. Rester couché sur son lit de pierre – regarder l’ombre arriver – nous envahir – osciller – et nos doigts dessiner quelque chose sur le mur…

La vie fragile – et le plus précieux caché – à l’intérieur…

 

 

La violence et le faîte – puis, la dégringolade jusqu’en bas – plus bas encore – jusqu’à cette terre dont on ne remonte jamais. L’âme émiettée par la réalité – avec des bouts de soi dispersés par le vent – écrasés par les pieds des Autres. A peine visibles – presque inexistants – partis déjà de l’autre côté du monde – au-delà de la frontière qui sépare les morts des vivants…

 

 

Rien que des mains tendues et l’âme renonçante. Plus même un nom – le quart d’un visage jeté au vent – jeté aux loups. Dans un coin où le feu brûle les restes de soi – les restes du monde – la mémoire disloquée – comme une flaque au bas de la pente…

La tête en cendres – le buste raide – à l’horizontale…

Et la beauté qui tarde à sortir de sa gangue défaite…

 

 

Le pli et la crispation – ce qui creuse la peur et le sillon – l’étroitesse sous toutes ses formes…

Tout – toujours – se joue au-delà de nous – presque en soi…

Et les faits – toujours – bien moins dramatiques qu’ils n’en ont l’air…

 

 

Ecrire nous place à un autre endroit que celui où nous avons l’air d’être – là où l’œil commun sait, parfois, se glisser – en ce lieu étrange – légèrement en retrait – un peu hors du monde – où tout se transforme en spectacle – en actions dissociées du regard – en circonstances lointaines – presque abstraites – et, en même temps, là où l’émotion peut être la plus vive – la plus haute… dans cette sorte d’espace de sensibilité extrême et désengagée…

 

 

La violence aveugle – ce qui heurte – ce qui blesse – ce qui anéantit. Et – en nous – ce qui demeure à l’abri – ce qu’aucune tempête ne peut atteindre…

Deux dimensions – deux réalités – trop rarement en contact – trop rarement réunies…

 

 

Un nom – une main – une âme ; ce que l’on voit en apparence – pas la réalité – pas le feu qui nous permet de nous offrir – et, parfois, juste la chaleur d’une parole…

 

 

Rien qu’une route – des routes – des milliards de routes – et une armée de pas ; des foulées vives – harassées – titubantes. Des marches brèves – dans tous les sens. Des corps qui courent – des corps qui chutent – et remplacés aussitôt qu’ils tombent…

L’histoire du monde – le cours des choses…

De jour en jour – pendant des siècles – pendant des millénaires – depuis la naissance du premier visage…

 

 

On est là – simplement ; on vit… On ne s’essaye à plus grand-chose ; toutes les tentatives sont derrière nous à présent – on ne gesticule plus guère – on ne fait plus le mariole – on évite ce qui gêne – on va là où nous portent les nécessités. On reste là – silencieux – la plupart du temps – seul – oui, seul, bien sûr – avec, selon les jours, tout le poids ou toute la légèreté à l’intérieur…

Des pas – des pages – quelques gestes – un peu de silence. La vie qui passe – lentement – hâtivement – on ne sait pas – on ne sait plus – une seule chose à la fois…

 

19 octobre 2019

Carnet n°206 Notes du monde – notes itinérantes

Rien de vrai – ni de réel – des illusions – une imposture – des mensonges – érigés en dogmes et en système – une manière de transformer son ignorance en savoir – d’effacer ses inaptitudes – de vivre comme si de rien n’était – sans jamais rien remettre en question…

 

 

Une apparence déclassée – moins qu’un visage – moins qu’une étiquette. Et, bien sûr, l’être sous-jacent – à la moindre parole – au moindre geste – à la manière de se tenir dans le monde…

 

 

Le plus beau bleu de la solitude ; davantage qu’une parure – une lumière – une façon d’être présent à soi – aux circonstances…

 

 

Parfois – on aimerait être – à la manière des enfants (avec cette naïveté de l’âme) – au dernier chapitre de l’histoire du monde – par simple curiosité – pour voir le dénouement final – la fin de cette incroyable (et dérisoire) épopée…

 

 

Des couleurs, parfois, qui donnent le sentiment d’une profondeur – d’une envergure – d’une vérité vécue de manière lumineuse et singulière. Des apparences seulement sur lesquelles on greffe des images ; des mensonges sur d’autres mensonges…

On ne peut se fier à rien excepté à l’être et au ressenti de l’instant – en écoutant prioritairement – centralement – l’élan intérieur de la plus simple et innocente manière (avec l’esprit vide et vierge)…

 

 

Des bandes de vert – collées sur le bleu et le blanc du ciel. La terre et l’azur – l’œil et la foi – l’indélicatesse et l’illusion. Et des instincts à foison…

L’apparence du réel – et tous les plans – tous les mondes – derrière…

 

 

Ce qui s’installe en dépit de nos avertissements – rien qui ne puisse être entravé – ni stoppé…

Les élans et les mouvements naturels façonnent et agencent la réalité triviale – et apparente – du monde. Quant à l’essentiel – il demeure toujours au-dedans – la perspective sous-jacente à ce qui est perceptible par les sens – et qui reste étrangère (et très souvent inconnue) aux âmes terrestres…

 

 

L’extraordinaire se glisse – très souvent – au fond du plus commun. Pour le déceler – il faut s’approcher jusqu’au cœur des choses – pénétrer leur essence – découvrir ce qu’elles sont en réalité. Et être suffisamment patient pour qu’elles se dévoilent…

 

 

Des taches sombres sur le vert – des taches blanches sur le bleu – la terre et le ciel en quinconce…

Des courbes – des formes – et une seule ligne de démarcation…

 

 

Des bruits – ce qui déchire le silence – rien qui ne puisse arracher les hommes à leur sommeil…

 

 

Derrière le fouillis du nombre – la splendeur de l’Un – si bien caché(e) – trop bien caché(e) parfois…

 

 

En général – l’apparence belliqueuse dissimule la crainte. Quant à la tranquillité véritable, elle naît d’une juste compréhension de ce que nous sommes

 

 

Rayures apparentes, parfois, sur nos vêtements trop amples. Du noir et du blanc que nous imaginons séparés mais qui – en vérité – s’entremêlent toujours avec nuance…

La vie – et son (extraordinaire) intelligence du mélange – de la subtilité…

 

 

Rideaux sombres sur le jour – manière d’ignorer la beauté – l’étrangeté – la surprise – la nouveauté – de ce qui, sans cesse, se présente…

 

 

Des instincts hasardeux – la providence et l’infortune – la nostalgie, parfois, du premier homme – la capacité intuitive – la solitude et le silence indispensables. L’être comme seule nécessité – et les autres instances – (presque) toujours secondaires…

Ce qui se joue – en nous – à chaque instant ; le plus haut et la fuite – l’évitement du monde humain – notre ligne étroite – cette pente glissante qui toujours nous conduit vers le plus naturel…

 

 

Tout ce qui concourt à l’émergence du vrai ; ni l’éradication du mal – ni la propagation du bien…

 

 

Ce qui se dessine sans notre consentement – un monde de contours et de fumée…

Sur la vitre – la buée – et derrière, des pas qui s’éloignent…

Et ce qui les unit – une forme de respiration – un souffle – un élan vers le possible…

 

 

Ce qui se désagrège – l’inutile – le superflu – l’inessentiel…

Ce qui reste – presque rien ; le regard – une forme de présence sans contenu – une manière de faire renaître, à chaque instant, l’aventure…

 

 

Ce qui s’oublie en vivant – le plus essentiel…

Ce que l’on préserve – malgré nous – le moins légitime…

 

 

Cette peau sur la peau qui empêche la liberté – sous laquelle on étouffe – on s’éteint – on meurt…

Masque-carapace – armure-parure – que l’on croit devoir revêtir pour dissimuler notre nudité – que l’on imagine (à tort) fragile ; il n’y a rien de plus puissant – de plus tenace…

Notre indestructible nature…

 

 

Sur le sol d’un autre jour – sous l’étoile d’un autre ciel – pas si différents de ceux que voient les hommes – comme une dimension au-dedans de celle où nous avons coutume d’évoluer – comme une perspective au-dedans de la perspective commune. Rien d’extraordinaire – rien non plus qui ne puisse s’approcher avec les yeux – avec le cœur trop débordant – avec la tête trop pleine d’ombres et d’idées…

Le plus simple – naturellement – qui s’offre à ceux qui ne sont plus rien – à ceux dont le nom et le visage ont retrouvé le banc des anonymes – à ceux dont l’âme s’est offerte – à ceux qui n’ont plus rien à demander – un peu de silence et de solitude, peut-être, lorsque la folie de ce monde leur semble trop envahissante…

 

 

Des choses – des lignes – des rebuts – des débris. Et des instances pour réguler la circulation des mouvements. Une organisation et des hiérarchies complexes – changeantes – évolutives…

Mille façons de vivre…

Et une seule manière d’être au monde…

 

 

Un magma de forces contraires. Monde d’objets et d’orbites – de trajectoires entrecroisées. Rondes et arabesques. Pas de plan d’ensemble – à l’image de ces nuées d’oiseaux et de ces bancs de poissons qui dessinent, dans l’air et sous les eaux, d’admirables figures où chaque individu n’ajuste pourtant sa position qu’en fonction des quelques autres autour de lui…

Ainsi, sans doute, fonctionne le monde et s’initient les directions terrestres collectives…

Pas d’évolution linéaire – pas de programme, pas de planification…

Chacun – à la fois – construisant et suivant le mouvement général…

 

 

L’inlassable labeur de la pierre – ce qui semble immobile – inerte. Et pourtant…

 

 

Une roue immense et incontrôlable. Quelques lois provisoires dans un contexte très largement anomique ; rien de sûr – rien qui ne se décide à l’avance – la pure spontanéité dans un cadre conditionné et changeant…

Ni science, ni philosophie nécessaires. Une attention – une sensibilité – et l’indispensable aptitude au déblaiement et à l’oubli…

 

 

Des heures ni graves, ni légères – ni frivoles, ni sérieuses. Une forme de présence en retrait – presque entièrement dévouée à l’intériorité…

Le regard simple – l’âme aussi nue que possible ; les interactions les plus naturelles du corps et de l’esprit avec leur environnement ; l’air – le souffle – la faim – la nourriture (élémentaire) – l’eau – la soif – les fonctions physiologiques – la marche – le mouvement – les énergies qui circulent – la cognition – l’écriture – la pensée – l’intériorité – la solitude – le silence. L’attention et la présence vivante et désencombrée – l’existence quotidienne et la contemplation…

Peut-être le plus simple et le plus naturel de l’homme autant que la plus vive (et permanente) intensité métaphysique et spirituelle…

 

 

Ces lignes – prolongement de la rencontre entre la perception et ce qui est – à un instant donné – en un lieu précis…

Rien d’important – la résultante intérieure exposée sur la page…

Ni loi – ni principe – ni vérité ; la résonance naturelle et spontanée qui ne vaut que pour le moment particulier où l’événement (ou le non-événement) a été vécu…

 

 

La matière viscérale du monde – la chair et la pierre – ce que l’on porte malgré soi – les apparences trompeuses…

 

 

Il suffit de poser un œil sur ce qui est devant soi – attendre l’écho intérieur – laisser jaillir le premier mot – et, à sa suite, les suivants – comme une petite cascade de fraîcheur…

Le déroulement du fil intérieur – quelque chose comme l’interface entre l’âme et le monde – le lien – le joint – la colle qui les assemble…

 

 

Un cercle – une fenêtre – des possibles. L’invention du monde et des territoires parallèles – le rêve – le réel – l’imaginaire. L’extrême porosité des frontières. Ce que le regard déconstruit et unifie – capable de se poser partout de la même manière…

Mille lieux – un seul centre – et la même façon d’être présent partout…

 

 

Existence et écriture sans autre contrainte que celles qui s’imposent à l’instant où l’on vit – à l’instant où l’on écrit. Rien de déterminé – ni de programmé – ce qui advient de la plus naturelle façon…

Pas et traits exécutés dans l’inconnu et l’incertitude – sans destination – pour la simple joie d’aller et la beauté de vivre et d’exprimer…

Rien de construit – rien qui ne s’édifie – rien qui ne s’agglomère ; des bouts – des bribes – des fragments – comme des instants singuliers à la fois séparés et alignés les uns derrière les autres…

Pas de trajectoire précise – pas de voyage. D’infimes éléments mais qui constituent l’essentiel subjectifau moment où ils surgissent – au moment où ils existent et s’invitent dans l’âme – dans l’esprit – sur la page…

 

 

Des fleurs – des tombes – des collines – l’espace parcellisé en fonction des usages, des utilités, des contingences. La vie agissante – la vie foisonnante…

Des mouvements – des bruits. Trop de mouvements – trop de bruits. Et le cri, dans la poitrine, qui explose comme une folie passagère – et qui s’empare de nous pour dire l’insupportable impossibilité – en soi – du silence…

 

 

Soi – comme le lieu de toutes les guerres – terrain où s’opposent toutes les forces du monde – concentrées – contenues – confinées dans cet espace restreint – et qui se révèlent, à ce titre, plus destructrices encore – et qui soulignent à l’instant où elles s’affrontent le manque d’envergure – le besoin de distance que l’on est incapable de leur offrir…

 

 

Au fond de l’âme – des éléments de la folie du monde – enfouis dans les profondeurs – dans les fondements même – de notre être…

 

 

Grandeur et précipices ; ce qui serpente entre les failles – ce qui sillonne à travers les reliefs – contournant – se déversant – au gré des expansions et des rétrécissements…

Contours de la sauvagerie ordinaire…

 

 

Parfois – on aimerait creuser un trou immense pour pouvoir tout y jeter – lorsque l’oubli dysfonctionne et que les choses du monde – de l’âme – de l’esprit – s’accumulent dans l’espace (trop) étroit de la psyché…

L’enfer – et la folie qui guette – face à l’entassement grossissant…

 

 

Trop plein de tout – et nous voilà bientôt – très vite – presque aussitôt – submergé – inondé – étouffant – asphyxié. Et ça se débat pour échapper à l’emprise – ça bouge – ça saute – ça gueule – ça trépigne – ça frappe le sol – les murs – avec les poings – les talons – ça gesticule dans tous les sens – ça voudrait que ça s’arrête – fuir aussi loin que possible – s’arracher la peau – la tête – pour trouver un peu d’air – un peu d’espace – la distance nécessaire pour ne pas devenir fou…

Et c’est au-dedans (bien sûr) que l’envergure manque. Et l’on ne sait comment faire pour élargir l’intérieur – repousser les parois pour respirer un peu – retrouver un inconfort acceptable – vivre sans cette oppression – échapper à cette détention – à cet enfermement – insupportables…

 

 

Seul sur la falaise… Seul sur la falaise… Seul sur la falaise… Avec soi… Avec soi… Avec soi ; sorte de mantra pour retrouver l’esprit autonome

 

 

Ce que le jour offre – ce que l’esprit écarte. Ce que la nuit reprend – ce que nous sommes prêts à abandonner…

Une tension – toujours – existe entre ce qui est et ce qui est possible…

A chacun de décider dans quel univers il souhaite vivre – le réel ou l’imaginaire…

Ni enjeu – ni hiérarchie – dans ce choix – une manière simplement différente d’être au monde…

 

 

De l’herbe – des arbres – des nuages – le ciel et la terre. Plus qu’un territoire – les indices d’une histoire – celle qui se rejoue chaque jour depuis la naissance du monde…

 

 

Des choses accrochées ici et là – au gré des ascensions et des dégringolades. Des visages qui résistent ou se soumettent – au gré des efforts, des faiblesses et des renoncements…

 

 

Parfois – le désir d’une autre matière que celle du monde – plus souple – plus légère – moins fragile. D’autres fois – le désir du vide intégral – de la vacuité complète – du silence absolu. Ni bruit, ni mouvement. La présence seule – et consciencieusement évidée. Dieu sans les formes – Dieu sans la matière. L’Un et le plus rien

 

 

La danse des formes – les excès et les abondances. Le désert et la pénurie. Tout se répond à travers l’espace et le temps ; ce qui comptait ne compte plus – ce que l’on évitait est désiré – ce que l’on pensait irremplaçable est destitué. Le manque et le surplus d’une chose appellent – presque toujours – leur contraire…

La valse des opposés – tout finit par se retourner – par s’inverser – par devenir ce qu’il n’était pas…

Tout – dans la continuité – comme une inlassable répétition – l’éternelle nouveauté – l’éternel changement – l’éternel retour…

La loi implacable et universelle des cycles et de la récurrence…

 

 

Rien en deçà du monde – rien en deçà de la volonté – ou plutôt – tout mais inversé – comme l’image déformée d’un autre univers au-dedans de celui que l’on a coutume de voir – une infinité de territoires gigognes et parallèles – quelque chose de totalement incompréhensible par l’esprit…

 

 

De la grandeur et de l’insignifiance – ce faux prestige de l’homme – une simple prétention – rien qui ne mérite notre considération…

 

 

Des faces qui geignent – des faces qui rient – la bouche ouverte – dégoulinante de bave avec, entre les dents, quelques restes de nourriture…

Une psyché grossière juchée sur un amas de chair et de substances…

L’animalité humaine ordinaire…

 

 

Ça ne vit qu’à travers le corps oisif – le corps réclamant. Et ça s’imagine esprit ingénieux – éminente intelligence…

Quelques neurones sur un tas de graisse et d’excréments…

 

 

Un manque de tenue corporelle et psychique. Entre l’infirme et l’informe – quelque chose d’incroyablement incomplet…

Une manière de vivre entre le mollusque et l’avachissement…

Aucune fraîcheur – ni dans le geste – ni dans la parole. Rien d’attrayant dans la manière d’être au monde…

Des repoussoirs sur pattes…

Et, pourtant, ça vit en couple – en famille – en groupe – en collectivité ; ça copule – ça s’accouple – ça se reproduit – le pire qui se transmet au fil des générations…

 

 

Ce que nous offrent les pierres – les arbres – les chemins – la beauté silencieuse du monde naturel – l’harmonie et la rudesse – cet espace où se mêlent, partout, la vie et la mort – la lutte et la survie des vivants – la faiblesse et la force – les instincts et les territoires…

Chacun aux prises avec ce qu’il porte et le reste du monde – s’affiliant – se regroupant – s’isolant – selon ses gènes – ses impératifs – ses nécessités. Ce à quoi n’échappent nullement les hommes malgré leurs aménités…

Il faudrait un saut significatif vers la conscience pour transformer cette animalité ; passer de la cognition élémentaire à un balbutiement d’intelligence…

Une transformation qui nécessitera des millénaires de labeur assidu et de tentatives acharnées…

 

 

Le pire – parfois – s’invite – ce qu’offre la vie malicieuse – le face-à-face direct avec ce que l’on craint – avec ce que l’on exècre – avec le plus atroce en – et devant – soi…

On serre les dents – on serre les poings. Mais quelque chose – au fond de la poitrine – hurle sa gêne – son inconfort – ce qui lui est (absolument) insupportable…

Comme une pulsion irrépressible – une explosion qui pourrait tout détruire – tout anéantir – pour que cesse cette oppression – cet encerclement – cette détention…

 

 

Du mépris et de la haine pour la normalité – cette tiédeur – cette torpeur – cette mollesse d’esprit, de corps et d’âme – ce sans-gêne – cette manière permanente de se placer au centre de tout – cette bêtise – cette prétention ; des envies de fuir – de tout briser – de la furie en soi – presque de la folie tant ce spectacle – et pire, cette proximité – nous répugnent – nous insupportent – nous horrifient…

 

 

Des bruits – de l’air que l’on brasse – cette manière absurde d’exister – de remplir ce qui ne peut rien contenir – de combler ce qui ne peut l’être – ce désœuvrement et cette agitation…

 

 

Le besoin d’un autre monde – d’une autre terre. Et cet exil du dedans qui nous condamne à l’extériorité – à vivre parmi la folie et l’indigence de nos congénères…

Sans doute est-on (particulièrement)maudit

 

 

Des souliers en attente – des souliers qui piétinent – des souliers alignés – en ordre de marche. Le monde tel qu’il est – le monde tel que l’on voudrait qu’il soit – le monde impossible…

Trop de vaines tentatives – de défaites – d’impossibilités…

Il faudrait remonter à la source – revenir à l’origine – rejoindre l’aire première – se revitaliser dans la proximité du premier souffle – s’agenouiller devant l’envergure de l’infini – s’établir dans le plus profond silence – et y demeurer mille siècles – pour être capable de retourner dans le monde et de fréquenter, à nouveau, les hommes…

 

 

 

Nu – comme le plus grand privilège – mais rien de définitif. Dans le règne permanent de l’incertitude et de la précarité…

 

 

Radicalisation de la marginalité et de la solitude…

 

 

L’Absolu excluant et écrasant… Et cette impossible union – en soi – avec le relatif…

 

 

Dans la directe descendance du néant…

La folie originelle – et contaminante…

Ce qui nous escortera, sans doute, jusqu’à la fin…

 

 

Le siège du pire – de la noirceur – le berceau des récriminations…

L’excès et la brûlure – ce que réprouvent la tiédeur – le monde – les conventions…

 

 

En soi – l’haleine terrifiante du dragon – ce qui nous empêche de vivre parmi les hommes…

 

 

Des carrés gris sur l’asphalte – des herbes folles sur le bord des chemins – de petits murets de pierre – et le pas infatigable (avec, dans la main, le bâton du pèlerin)…

 

 

Une pente – de la roche – la destination de l’homme – la route vers la liberté – quelque chose qui roule et s’abandonne…

Loin des masques, des règles et de l’usurpation…

 

 

Ce que l’on efface – tout – comme de minuscules dessins sur la vitre embuée. Une (simple) manière d’occuper le jour et la main…

 

 

Entre l’homme et le silence – ce trop-plein d’ardeur qui s’acquitte de sa tâche – ce que le monde emploie toujours pour son usage…

 

 

L’Autre – c’est déjà le monde – le lointain – l’inabordable – ce que l’on désire toucher – atteindre – conquérir – posséder – anéantir – qu’importe… L’objet de toutes les tentations…

Ce qui nous emporte – ce qui nous égare – ce qui nous éloigne de l’essentiel – de la solitude comme seule compagnie propice…

 

 

Ce qui se rétracte lors de la lutte – lorsque la bataille fait rage ; l’innocence bafouée – l’innocence écrasée…

 

 

Devant soi – plus haut – quelque part au-dessus de la tête – ce que l’on oublie – ce que l’on voudrait – ce qui au-dedans nous ferait un refuge…

 

 

Des murs encore – construits et démolis – peints et repeints – mille fois – devant lesquels on passe et repasse – comme des éléments inévitables – consubstantiels…

 

 

Ce qui nous éloigne – l’absence de familiarité – le hors cercle…

 

 

Il n’y a d’autre alternative ; soit on récuse tout – soit on accueille tout. Et comme l’un et l’autre nous sont impossibles – on s’enlise – on s’éternise dans la demi-mesure, les compromissions et l’inconfort…

 

 

Au-delà de soi – il y a le reste – ce qu’il nous faut découvrir et apprivoiser…

Tout ce qui existe encore au-dedans…

 

 

Des portes ouvertes ou fermées – des paysages inconnus – des sentiers qui serpentent et se perdent au loin – des visages sans sympathie – des semblants d’âme peut-être ; rien qui ne laisse présager un agréable voyage – plutôt une ascension épique – une exploration aventureuse – une longue errance – une quête âpre et sans concession…

 

 

Dans le sillage des Autres – en nous – inconnus ; ceux qui nous redressent et ceux qui nous font chuter…

 

 

Il y aurait des fenêtres à ouvrir sur les âmes – une manière de se tourner vers l’innocence – une façon de se tenir ni trop près – ni trop loin – des délices et des abominations ; quelque chose sans excès – quelque chose de l’entre-deux – mais trop éloigné de notre nature bouillonnante – incandescente – explosive – de ce feu tellurique qui nous habite…

 

 

L’impossible et inutile inventaire du réel – bien plus de choses inconnues que de choses connues. Et en chacune d’elles – le tout – l’ensemble de l’univers – la globalité de l’Existant…

Aussi – à quoi bon passer son temps à répertorier ; approfondir une seule chose suffirait à comprendre le réel – le monde – la vie – ce que nous sommes…

 

 

Parfois le ciel – parfois la nuit. Parfois la roche – parfois la fleur…

Rien qu’un regard sur la diversité…

Rien qu’une manière de se tenir debout – vivant – au milieu du monde…

 

 

Ce que les visages nous cachent – et ce qu’ils nous révèlent…

 

 

Dans le monde d’après – il n’y a pas d’après ; le présent – éternellement…

 

 

C’est à mains nues qu’il faut déblayer nos entassements – un tas après l’autre – une chose après l’autre – ou alors l’ensemble – d’un seul coup – réuni dans la poigne ferme de l’oubli…

 

 

Vide – comme un enchantement particulier à vivre. Les premiers pas sur un chemin auquel rien ne prépare. Passer de l’existence – du vivre élémentaire – commun – trivial – à quelque chose de plus grand – à quelque chose de plus stable et de moins fragile…

Effleurer une envergure qui se passe d’explication et de commentaire. Un corollaire du silence. Une manière de vivre au plus près de soi – du monde – où rien n’entache – où rien n’invalide…

 

 

Des parcelles successives – carrés de terre – fragments de chemin – bouts de ciel et de destin. Florilège hétéroclite du monde où l’âme est – trop souvent – absente…

 

 

Ce qu’engendre(nt) l’anéantissement – la capitulation – les forces qui abandonnent. Le souffle qui suit le point d’inversion de la désespérance. Ce qui se dévoile – ce qui se voit – après l’effondrement de la structure du monde…

Qui s’est-il déjà senti capable d’aller au bout du plus long chemin terrestre et de franchir les ultimes confins de l’existence et du monde humains – les frontières qui séparent l’homme du reste – la bête humaine de l’au-delà de l’homme…

 

 

L’esprit d’un Autre qui se manifeste – la liberté – l’éloignement du monde – des conventions – de la normalité. Quelque chose d’irrépressible – d’inévitable…

Ce qui pousse au-dedans comme une nécessité – un impératif vital – absolu…

 

 

La malhonnêteté voudrait que l’on se taise – que l’on incrimine et vilipende au-dedans – en silence. Au contraire – il faut laisser jaillir ; il faut que ça explose – que ça circule – que ce qui nous traverse – traverse aussi le monde – et retourne à ce qui le fit naître…

Energie – matière invisible – enfantées par la machine à créer les choses – les circonstances – le mouvement

 

 

Une manière de s’inviter ailleurs – en deçà de la surface – au-delà des horizons connus – derrière les apparences – plus loin que les trop simples évidences du visible…

 

 

Comme un appel – une déchirure dans l’âme qui nécessite une réparation ; un fil cousu – un baume – inconnus du monde et des hommes ; le pouvoir guérisseur d’un accueil et d’une envergure…

 

 

Des lieux sans fondement – qui révèlent notre étrangeté – notre démesure – notre folie – le plus miraculeux – ce qui peut naître et croître au milieu du néant…

 

 

Rien qu’un tour de piste – le dernier – avant de quitter le grand cirque. Entre clown et magie – le triste défilé des borgnes – des manchots – des infirmes – ceux auxquels on a ôté la grâce et l’intelligence – et qui se rattrapent – et tentent de nous séduire – par leurs mimiques et leurs grimaces – par leurs singeries gestuelles et langagières – ces beaux parleurs qui essayent de nous embobiner avec leurs histoires pour nous faire oublier leur sournoiserie et leur laideur…

 

 

L’heure nuptiale – sans un cri – sans même un frémissement de l’âme ; ce qui nous a traversé – sans douleur – sans effort – comme une forme, peut-être, de geste inaugural initié par les beaux jours et le silence…

 

 

A tue-tête – parfois – au fond de la poitrine – la joie silencieuse – ce qui ne transparaît jamais sur le visage ou alors dans les yeux – seulement – plus vifs – plus pénétrants – et dans cette aptitude si particulière (et si universelle) de l’esprit à couper court à toute histoire – à trancher pour aller toujours au plus simple – au plus essentiel – à fonctionner, en somme, à l’inverse de la psyché…