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LES CARNETS METAPHYSIQUES & SPIRITUELS

A PROPOS

La quête de sens
Le passage vers l’impersonnel
L’exploration de l’être

L’intégration à la présence


 

CARNETS PUBLIES

L'expérience du monde 
Récit (1997-1999)

Solitudes 
Récit (2001)

Le petit chercheur Livre 1  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 2  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 3  
Conte (2004)

Quêteur de sens  
Essai anthologique (2005)

Traversée commune  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 1  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 2  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 3  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 4  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 5  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 6  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 7  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 8  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 9  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 10  
Livre expérimental (2007)

Tourbillon(s) 
Journal & récit (2008-2013)

Le goût d'autre chose 
Journal (2013-2016)

Un homme simple et sage 
Récit (2014)

Une âme sensible Vol 1  
Journal (2016-2019)

Une âme sensible Vol 2 
Journal (2016-2019)

Entre le rêve, le monde... Vol 1  
Journal (2019-2020)

Entre le rêve, le monde... Vol 2  
Journal (2019-2020)

Quelque chose du sang...  
Journal (2020-2021)

En plein cœur Vol 1 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 2 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 3 
Journal (2021-2022)

Si près de nos lèvres... Vol 1 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 2 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 3 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 4 
Journal (2022-2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 1 
Récit (2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 2  
Récit (2023)

Une destinée sans certitude Vol 1 
Journal (2023-2024)

Une destinée sans certitude Vol 2 
Journal (2023-2024)

Entre Dieu et la pierre Vol 1
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 2
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 3
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 4
Journal (2024-2025)

Quelques jours... Vol 1  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 2  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 3  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 4  
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 1
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 2
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 2 partie 1
Journal (2025-2026)

En son for intérieur Vol 2 partie 2
Journal (2025-2026)

 

CARNETS BRUTS

Carnet n°1
L’innocence bafouée

Récit / 1997 / La quête de sens

Carnet n°2
Le naïf

Fiction / 1998 / La quête de sens

Carnet n°3
Une traversée du monde

Journal / 1999 / La quête de sens

Carnet n°4
Le marionnettiste

Fiction / 2000 / La quête de sens

Carnet n°5
Un Robinson moderne

Récit / 2001 / La quête de sens

Carnet n°6
Une chienne de vie

Fiction jeunesse / 2002/ Hors catégorie

Carnet n°7
Pensées vagabondes

Recueil / 2003 / La quête de sens

Carnet n°8
Le voyage clandestin

Récit jeunesse / 2004 / Hors catégorie

Carnet n°9
Le petit chercheur Livre 1

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°10
Le petit chercheur Livre 2

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°11 
Le petit chercheur Livre 3

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°12
Autoportrait aux visages

Récit / 2005 / La quête de sens

Carnet n°13
Quêteur de sens

Recueil / 2005 / La quête de sens

Carnet n°14
Enchaînements

Récit / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°15
Regards croisés

Pensées et photographies / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°16
Traversée commune Intro

Livre expérimental / 2007 / La quête de sens

Carnet n°17
Traversée commune Livre 1

Récit / 2007 / La quête de sens

Carnet n°18
Traversée commune Livre 2

Fiction / 2007/ La quête de sens

Carnet n°19
Traversée commune Livre 3

Récit & fiction / 2007 / La quête de sens

Carnet n°20
Traversée commune Livre 4

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°21
Traversée commune Livre 5

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°22
Traversée commune Livre 6

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°23
Traversée commune Livre 7

Poésie / 2007 / La quête de sens

Carnet n°24
Traversée commune Livre 8

Pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°25
Traversée commune Livre 9

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°26
Traversée commune Livre 10

Guides & synthèse / 2007 / La quête de sens

Carnet n°27
Au seuil de la mi-saison

Journal / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°28
L'Homme-pagaille

Récit / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°29
Saisons souterraines

Journal poétique / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°30
Au terme de l'exil provisoire

Journal / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°31
Fouille hagarde

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°32
A la croisée des nuits

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°33
Les ailes du monde si lourdes

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°34
Pilori

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°35
Ecorce blanche

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°36
Ascèse du vide

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°37
Journal de rupture

Journal / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°38
Elle et moi – poésies pour elle

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°39
Préliminaires et prémices

Journal / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°40
Sous la cognée du vent

Journal poétique / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°41
Empreintes – corps écrits

Poésie et peintures / 2010 / Hors catégorie

Carnet n°42
Entre la lumière

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°43
Au seuil de l'azur

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°44
Une parole brute

Journal poétique / 2012 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°45
Chemin(s)

Recueil / 2013 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°46
L'être et le rien

Journal / 2013 / L’exploration de l’être

Carnet n°47
Simplement

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°48
Notes du haut et du bas

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°49
Un homme simple et sage

Récit / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°50
Quelques mots

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°51
Journal fragmenté

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°52
Réflexions et confidences

Journal / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°53
Le grand saladier

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°54
Ô mon âme

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°55
Le ciel nu

Recueil / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°56
L'infini en soi 

Recueil / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°57
L'office naturel

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°58
Le nuage, l’arbre et le silence

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°59
Entre nous

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°60
La conscience et l'Existant

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°61
La conscience et l'Existant Intro

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°62
La conscience et l'Existant 1 à 5

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°63
La conscience et l'Existant 6

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°64
La conscience et l'Existant 6 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°65
La conscience et l'Existant 6 (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°66
La conscience et l'Existant 7

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°67
La conscience et l'Existant 7 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°68
La conscience et l'Existant 8 et 9

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°69
La conscience et l'Existant (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°70
Notes sensibles

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°71
Notes du ciel et de la terre

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°72
Fulminations et anecdotes...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°73
L'azur et l'horizon

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°74
Paroles pour soi

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°75
Pensées sur soi, le regard...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°76
Hommes, anges et démons

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°77
La sente étroite...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°78
Le fou des collines...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°79
Intimités et réflexions...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°80
Le gris de l'âme derrière la joie

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°81
Pensées et réflexions pour soi

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°82
La peur du silence

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°83
Des bruits aux oreilles sages

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°84
Un timide retour au monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°85
Passagers du monde...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°86
Au plus proche du silence

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°87
Être en ce monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°88
L'homme-regard

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°89
Passant éphémère

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°90
Sur le chemin des jours

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°91
Dans le sillon des feuilles mortes

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°92
La joie et la lumière

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°93
Inclinaisons et épanchements...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°94
Bribes de portrait(s)...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°95
Petites choses

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°96
La lumière, l’infini, le silence...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°97
Penchants et résidus naturels...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°98
La poésie, la joie, la tristesse...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°99
Le soleil se moque bien...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°100
Si proche du paradis

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°101
Il n’y a de hasardeux chemin

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°102
La fragilité des fleurs

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°103
Visage(s)

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°104
Le monde, le poète et l’animal

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°105
Petit état des lieux de l’être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°106
Lumière, visages et tressaillements

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°107
La lumière encore...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°108
Sur la terre, le soleil déjà

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°109
Et la parole, aussi, est douce...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°110
Une parole, un silence...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°111
Le silence, la parole...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°112
Une vérité, un songe peut-être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°113
Silence et causeries

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°114
Un peu de vie, un peu de monde...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°115
Encore un peu de désespérance

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°116
La tâche du monde, du sage...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°117
Dire ce que nous sommes...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°118
Ce que nous sommes – encore...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°119
Entre les étoiles et la lumière

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°120
Joies et tristesses verticales

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°121
Du bruit, des âmes et du silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°122
Encore un peu de tout...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°123
L’amour et les ténèbres

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°124
Le feu, la cendre et l’infortune

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°125
Le tragique des jours et le silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°126
Mille fois déjà peut-être...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°127
L’âme, les pierres, la chair...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°128
De l’or dans la boue

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°129
Quelques jours et l’éternité

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°130
Vivant comme si...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°131
La tristesse et la mort

Récit / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°132
Ce feu au fond de l’âme

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°133
Visage(s) commun(s)

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°134
Au bord de l'impersonnel

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°135
Aux portes de la nuit et du silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°136
Entre le rêve et l'absence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°137
Nous autres, hier et aujourd'hui

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°138
Parenthèse, le temps d'un retour...

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°139 
Au loin, je vois les hommes...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°140
L'étrange labeur de l'âme

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°141
Aux fenêtres de l'âme

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°142
L'âme du monde

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°143
Le temps, le monde, le silence...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°144
Obstination(s)

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°145
L'âme, la prière et le silence

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°146
Envolées

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°147
Au fond

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°148
Le réel et l'éphémère

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°149
Destin et illusion

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°150
L'époque, les siècles et l'atemporel

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°151
En somme...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°152
Passage(s)

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°153
Ici, ailleurs, partout

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°154
A quoi bon...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°155
Ce qui demeure dans le pas

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°156
L'autre vie, en nous, si fragile

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°157
La beauté, le silence, le plus simple...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°158
Et, aujourd'hui, tout revient encore...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°159
Tout - de l'autre côté

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°160
Au milieu du monde...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°161
Sourire en silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°162
Nous et les autres - encore

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°163
L'illusion, l'invisible et l'infranchissable

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°164
Le monde et le poète - peut-être...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°165
Rejoindre

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°166
A regarder le monde

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°167
Alternance et continuité

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°168
Fragments ordinaires

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°169
Reliquats et éclaboussures

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°170
Sur le plus lointain versant...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°171
Au-dehors comme au-dedans

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°172
Matière d'éveil - matière du monde

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°173
Lignes de démarcation

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°174
Jeux d'incomplétude

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°175
Exprimer l'impossible

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°176
De larmes, d'enfance et de fleurs

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°177
Coeur blessé, coeur ouvert, coeur vivant

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°178
Cercles superposés

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°179
Tournants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°180
Le jeu des Dieux et des vivants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°181
Routes, élans et pénétrations

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°182
Elans et miracle

Journal poétique / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°183
D'un temps à l'autre

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°184
Quelque part au-dessus du néant...

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°185
Toujours - quelque chose du monde

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°186
Aube et horizon

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°187
L'épaisseur de la trame

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°188
Dans le même creuset

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°189
Notes journalières

Carnet n°190
Notes de la vacuité

Carnet n°191
Notes journalières

Carnet n°192
Notes de la vacuité

Carnet n°193
Notes journalières

Carnet n°194
Notes de la vacuité

Carnet n°195
Notes journalières

Carnet n°196
Notes de la vacuité

Carnet n°197
Notes journalières

Carnet n°198
Notes de la vacuité

Carnet n°199
Notes journalières

Carnet n°200
Notes de la vacuité

Carnet n°201
Notes journalières

Carnet n°202
Notes de la route

Carnet n°203
Notes journalières

Carnet n°204
Notes de voyage

Carnet n°205
Notes journalières

Carnet n°206
Notes du monde

Carnet n°207
Notes journalières

Carnet n°208
Notes sans titre

Carnet n°209
Notes journalières

Carnet n°210
Notes sans titre

Carnet n°211
Notes journalières

Carnet n°212
Notes sans titre

Carnet n°213
Notes journalières

Carnet n°214
Notes sans titre

Carnet n°215
Notes journalières

Carnet n°216
Notes sans titre

Carnet n°217
Notes journalières

Carnet n°218
Notes sans titre

Carnet n°219
Notes journalières

Carnet n°220
Notes sans titre

Carnet n°221
Notes journalières

Carnet n°222
Notes sans titre

Carnet n°223
Notes journalières

Carnet n°224
Notes sans titre

Carnet n°225

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Comme à la pointe du rêve
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Carnet n°308
A l'orée du plus intime

Juin 2024

 

Carnet n°309
Au bord du monde – la lumière

Juillet 2024

 

Carnet n°310
Derrière les mots

Août 2024

 

Carnet n°311
Allant sans savoir

Septembre 2024

 

Carnet n°312
Un œil au cœur de la fable

Octobre 2024

 

Carnet n°313
Un manteau d'étoiles et de sang

Novembre 2024

 

Carnet n°314
Là où l'on s'incline

Décembre 2024

 

Carnet n°315
Devant un Dieu invisible

Janvier 2025

 

Carnet n°316
Ecoutant ce qui demeure

Février 2025

 

Carnet n°317
Et si le monde était l'exil

Mars 2025

 

Carnet n°318
La danse secrète

Avril 2025

 

Carnet n°319
Le cœur engagé dans l'aventure

Mai 2025

 

Carnet n°320
Ce qui veille au fond de l'âme

Juin 2025

 

Carnet n°321
Dans l'écume du mystère

Août 2025

 

Carnet n°322
Vers l'indéchiffrable

Septembre 2025

 

Carnet n°323
Dans l'épaisseur du réel

Octobre 2025

 

Carnet n°324
Entre l'étoile et la boue

Novembre 2025

 

Carnet n°325
Tant qu'il y aura des jours

Décembre 2025

 

Carnet n°326
Des choses et d'autres

Janvier 2026

Epigraphes associées aux carnets

© Les carnets métaphysiques & spirituels

4 mars 2026

Carnet n°326 Des choses et d'autres

Janvier 2026

Le silence que parfois la douleur atteint

 

 

Vers un ciel sans exigence

 

 

Le cœur-fantôme

errant parmi les rêves

en quête de quelque chose

que le vent ne pourrait emporter

 

 

Là où s'efface la mémoire des Hommes

Là où commence l'inconnu

 

 

Au seuil d'une maisonnée sans mur

d'un territoire sans frontière

d'un royaume dont chacun serait le souverain

 

 

Sans autre maintenant que celui que l'on vit

 

 

Allant comme de pauvres mortels

L'espoir au cœur et l'échine courbée

 

 

Au fil d'une existence faite de larmes, de cris et de voluptés

 

 

Le cœur penché sur le sacré du monde

Les lèvres posées sur la pierre

La nuque offerte au ciel

Dans cet allant de la prière

 

 

A notre fenêtre

Le ciel et le monde

Quelque chose de la lumière et de la mort

 

 

Le soupir du voyageur

qui use ses souliers

sur tous les chemins

au lieu de se pencher

au-dessus de l'âme

pour s'abreuver à la source

 

 

Les mains du désir

qui se posent un peu partout

 

 

Quelle joie

lorsque l'on secoue les pages de son carnet

au-dessus de la table

et qu'il en tombe un peu de lumière

 

 

Au cœur de ces rives

où s'invitent tous les rêves

 

 

L'âme tout de guingois

à force de coups

à force de ruses

à force de désirs

et de soif inassouvis

 

 

Au fond de la chair

là où le cœur tremble

 

 

Le cœur écorché

refusant les alliances

et les compromissions

refusant les fausses révérences

si authentique et sensible

qu'il ne peut que s'attrister

de son sort en ce monde

 

 

A errer parmi les âmes et les pierres

cherchant un passage entre la terre et le ciel

et une passerelle entre les bêtes et les hommes

 

 

Les Hommes ?

Des ombres qui se frôlent dans la nuit

 

 

Sous cette lumière

Tant de vie(s) et de souffles

Tant de sang et de mort(s)

 

 

Allant en boitant

sous la lumière

 

 

Les lèvres collées sur des images

Notre folle manière d'aimer

 

 

L'expérience animique du monde

Le seul chemin pour comprendre

 

 

Toutes ces choses

jetées sans ménagement

au fond du cœur

 

 

Derrière la fenêtre

Mille étoiles

et les lumières de la ville

 

 

A la place que la vie nous a choisie

 

 

La vie désirante

et la vie désirée

s'empoignant parfois

jusqu'à ce que s'éteigne tout idéalisme

 

 

Un souffle chargé de tous les autres

 

 

Au bord d'un rêve

où le monde ne serait qu'une image

 

 

Porteur de tant de caresses et de vibrations

que l'âme offre ses résonances et sa tendresse

à tous ceux qui passent

 

 

L'âme s'enhardissant

dans l'étreinte et les retrouvailles

 

 

Allongé

sous les étoiles

les yeux plongés

dans l'immensité

 

 

Là où se dessine l'inconnu

 

 

Pieds nus sur la terre

les yeux comme ceux du premier homme

tournés vers le ciel

 

 

Ah ! Ce vieux rêve de lumière

 

 

En ce lieu

où l'aube, le rêve et le monde

ne font plus qu'un

 

 

Toutes ces ombres affamées

au cœur et aux mains avides

qui se bousculent et se querellent

pour récupérer quelques miettes de joie

 

 

Le chant du petit jour

Face à l'éternité

 

 

Que contient ce grand rêve de lumière ?

 

 

Au bord de la voix

comme un grand silence sans étoile

 

 

Que cache donc l'épaisse étoffe du monde ?

 

 

Un grand ciel

et des réserves de joie

au fond du cœur

 

 

L'infini déjà au fond des yeux

avec par-dessus quantité de rêves et d'images

 

 

Le cœur peu à peu déchiré

par l'indifférence et les mensonges

 

 

Dans le grand silence de la solitude

 

 

La danse tranquille des arbres

sous le regard blasé de la lune

 

 

Le souffle de l'infini

sur nos vies minuscules et misérables

 

 

Au cœur de l'intime

dans notre vocation d'Homme

 

 

Si peu de place entre les rêves

 

 

Le cœur de moins en moins clandestin

à mesure qu'on s'approche du mystère

 

 

D'un baiser à l'autre

entre tous ces poings brandis

 

 

La figure de la simplicité

au cœur de cette abondance de mots

 

 

Glissant peu à peu

vers l'intérieur

jusqu'à l'origine

 

 

Dieu jetant quelquefois

au-dessus des têtes et des âmes

de minuscules poignées de hasard

 

 

La besogne du poète

rejoignant parfois

le labeur des étoiles

 

 

Rien que des désirs et du temps

au-dedans des têtes

 

 

Les lèvres susurrant au vent

quelques poèmes

 

 

Le cœur lacéré par les vents du monde

et écrasé par les foulées du temps

 

 

S'exerçant à son rude métier d'Homme

sous le ciel et les étoiles

sur la pierre

au milieu de ses pairs et des malheurs

 

 

Dans le dénuement de l'âme et du poème

quelque chose d'intime

la figure joyeuse du Divin

 

 

Jamais à l'écart de la vie

malgré la chair qui s'use et disparaît

malgré l'esprit qui se lasse et s'absente

 

L'imprévisible et tumultueuse traversée du monde et du temps

 

 

 

Si fugace ce parfum d'éternité

que connaissent la fleur, la bête et l'homme

 

 

Jetés ces amas de rêves

dont nous n'aurons plus jamais l'usage

 

 

Face aux chimères

tous ces cœurs qui se pressent

tressaillant devant tant de promesses

et s'éloignant du mystère (sans même le savoir)

 

 

Qu'importe l'avenir de l'Homme et du monde

pour peu que l'on obéisse aux lois de la terre et du ciel

 

 

Gorgées de sang et de lumière

cette âme et cette chair

qui se redressent

 

 

Tourné vers cet Absolu

qui habite autant le monde

que le fond de l'âme

 

 

Mêlés à l'or et au rêve

cette déchirure et ce peu de joie

comme un appât à portée

de ceux qui vivent au fond du gouffre

 

 

Vivre

à la manière des nuages

qui parcourent le ciel

 

 

Au lieu de vivre le réel

nous le représentant

et dissertant (sans fin) sur ses reflets

 

 

Et si Dieu n'était qu'un rêve supplémentaire...

 

 

Rien que l'enfance

et, autour, un monde disparu

 

 

La vie et le cœur réinventés

par celui qui est vivant

 

 

Où va donc celui qui vient de mourir ?

 

 

Rien que vivre et mourir

Nous n'avons rien d'autre

Et nous ne savons rien d'autre

 

 

Cette incandescence au fond de l'âme

qui brûle tout ce qui naît

tout ce qui recommence

 

 

Au fond de soi

quelque chose

que beaucoup ignorent

 

 

Au seuil de ce qui s'écrit

le silence

 

 

Ces noces étranges

entre la lumière et la nuit

entre le silence et la voix

entre la solitude et le monde

 

 

Tant de pourquoi qui se heurtent

aux lois énigmatiques de la terre et du ciel

allant ainsi sans réponse vers le mystère

 

 

D'un jour à l'autre

D'une page à l'autre

Ainsi s'écrit le livre

Ainsi s'écrit la vie

 

 

Attendant peut-être

ce qui ne viendra jamais

 

 

L'âme nue

au milieu des arbres

devant la page qui s'écrit

 

 

Témoin de toutes les fantaisies de l'âme et de l'esprit

 

 

Entre l'âme et la pierre

Entre le ciel et le monde

Cette langue qui explore

l'intime et le lointain

 

 

Sur cette rive

où la parole fait dériver

le cercle des possibles

 

 

Le cœur érodé par le monde

et que le silence (si patiemment) reconstitue

 

 

Devenir l'arbre et l'oiseau

le ciel et le monde

tout le dehors

sans l'aide de quiconque

sans l'aide d'un seul mot

 

 

Happé par cette danse

qui emporte tout

 

 

Qu'importe la mort

et qu'importe le nom

lorsque l'ivresse nous saisit

au cœur de cette longue veille

 

 

Autour de soi

tant d'arbres et de livres

tant de ciel et d'horizons

 

 

Sans même le savoir

le poème hissé

à la pointe de la langue

en équilibre

au-dessus des bavardages du monde

 

 

Le cœur intègre

le cœur vertueux

débordant de ce ciel

dont la terre a tant besoin

 

 

Par-dessous le sommeil

ce qui veille silencieusement

et ce qui guette la lumière

 

 

Nous défaisant de l'argile, de l'image et du rêve

pour échapper aux ombres du monde

et révéler la nudité de l'âme

 

 

Allant au rythme des étoiles

brûlant comme le soleil et le jour

insoucieux des fantaisies du voyage

l’œil rivé sur l'horizon

 

 

Sous la même étoile que les bêtes

et sur la pierre à leur côté

 

 

Dans l'intimité de l'herbe

le vent et la rosée

sous le jour qui se lève

 

 

Caché parmi l'enfance et les jeux

le grand secret

cette source capable

d'étancher toutes les soifs

 

 

Là-haut

presque rien

aussi peu qu'ici-bas

et ce qu'il faut de nudité

pour y goûter sans désespérer

 

 

Passant et repassant

dans notre paume

et au fond de notre âme

sans jamais se laisser attraper

 

 

Essayant de s'extirper de cette langue

avec laquelle rien ne peut être exprimé

 

 

Mu par l'obsession de dire

et de trouver sa voix

au cœur du silence

 

 

Creuser à même la soif

pour dégoter l'essence de l'Homme

l'essence de tout ce qui vit

 

 

Comme un hurlement

au-dessus des cimes éternelles

le cri de Dieu peut-être

en voyant l’œuvre des Hommes

 

 

Flaque de boue et de sang

dans laquelle pataugent les Hommes

 

 

Entre le cœur et la fumée

ce rire qui éclate

comme un bouquet de fleurs sauvages

 

 

Au fond de l'impensable

cette étrange lumière

que cherche le cœur de l'Homme

 

 

Au cœur de la fouille et des gravats

à même les rêves du monde

la figure vraie de l'innocence

 

 

Entre le ciel et l'écume

ces mains fouineuses

qui cherchent un peu de vérité

 

 

Éclat de rire

comme un soleil en pleine nuit

une parole en plein cœur

quelque chose de l'émerveillement

capable de redresser l'âme

 

 

Sans espérance

ce voyage du dehors

où tout se querelle et se quitte

comme si les désirs sans cesse divergeaient

comme si rien ne pouvait contenter le cœur

 

 

Personne

Seulement une âme, une main, une voix

Et un rire immense et anonyme

 

 

Le cœur mendiant

Le cœur endormi

 

 

Autour de soi

Tant de noms qui s'appellent

Le visage hors du cercle

et le cœur absent

 

 

Né des tremblements de la chair

ce désir de lumière

 

 

Comme un rêve

cette ascension vers le ciel

 

 

Le cœur consentant

à toutes les dimensions de l'existence et du temps

 

 

Si près de la joie et de l'éternité

 

 

Si vide que le monde et le temps n'existent plus

 

 

Sans conscience

Sans Dieu

Sans prière

ce monde qui croit aller

sous la direction de l'Homme

 

 

Notre cœur cherchant si désespérément la joie

 

 

Comme un anneau invisible qui enserre

le cœur et la tête des créatures de ce monde

Leur alliance (si méconnue) avec le Divin

 

 

Si solitaire

sur la pierre nue

 

 

Quelques mots encore

histoire d'offrir une place à la parole

dans ce monde de bavardages et de cris

 

 

Caché dans l'intimité de la lumière

Le secret

 

 

Si démuni face au monde et au ciel

 

 

Sans autre outil que soi-même

 

 

Le réel couronné

à l'instant où l'esprit comprend

 

Le cœur plongé dans cette clarté insondable

 

 

Refusant

sans savoir

que le non est un naufrage

 

 

Au fond du cœur

parfois un gouffre

parfois un sourire

le lieu où se joue

le destin de l'Homme

 

 

Si près du monde

Si près du don et de la douleur

Ce Dieu sans autre royaume

que le cœur de l'Homme

 

 

Jetés au monde

comme des flammes au milieu du feu

tous ces visages qui s'interrogent

 

 

A la manière des indigents

toutes ces mains tendues

 

 

Plus haut que le monde, les mots

Et plus haut encore, le silence

 

 

Dieu poussant l'aube de sa main

accompagnant le soleil tout au long du jour

puis tirant les rideaux le soir venu

 

 

Mille routes vers le même ciel

Et autant de manières d'exister

 

 

Sur ce rivage qui n'est accessible

qu'à ceux qui ont trouvé la joie

au cœur de leurs défaites

 

 

A la pointe de la voix

le cœur et la main offrant leur présent

 

 

Ce qui peuple la parole

sans même y avoir été invité

 

 

Dans l'enclos du réel

croyons-nous

et si nous étions l'espace, la clôture

et la clé qui ouvre toutes les portes ?

 

 

La parole habitée

par l'arbre et la bête

presque autant que le cœur

 

 

Debout

au fond du cœur la soif assouvie

nous tenant appuyé contre le ciel

et les choses de la terre

 

 

Dieu

à genoux

penché sur tous nos jeux

 

 

La chambre sous les étoiles

ouverte aux vents

et à la vie alentour

 

 

L'impérissable

au cœur de l'éphémère

 

 

En soi

des provisions de tendresse et de lumière

pour aller de par le monde

 

 

Au seuil de l'invisible

la main tremblante

et le cœur hésitant

 

 

Et s'il n'y avait d'autre jour qu'aujourd'hui ?

 

 

D'un ciel à l'autre

sans aller nulle part

sans rien traverser

 

 

Quelques restes de lumière

au fond du rêve

 

 

Pas de refuge

ni de fausses étoiles

dans le ciel du réel

une pente abrupte

et le silence

 

 

Le visage de l'arbre

penché sur nous

attentif et bienveillant

si innocent

regardant avec étonnement

la hache dans la main

de certains hommes

 

 

Oubliant tous les désirs de l'Homme

pour œuvrer en silence

à une tâche que nous n'avons pas choisie

 

 

Au creux de la parole

du vide et du silence

la figure d'un Dieu sans visage

 

 

Nous devenant

de plus en plus personne

 

 

A peine quelque chose

au creux de la main

au fond de la voix

comme une joie presque quelconque

 

 

Au cœur du rêve

la terre et le ciel

tout ce que touchent les mains

tout ce que voient les yeux

le recommencement du monde et du temps

 

 

Rien

à la place de la lumière

sinon l'étrange jeu des ombres

en ces lieux si obscurs

 

 

Comme un manteau de joie

sous cette pluie battante

le chant du monde

aux oreilles de l'innocent

 

 

Allant désunis

contre les flancs de l'infini

 

 

De notre plein gré

cette obscurité et cette lumière

 

 

Ce qui nous redresse

tantôt l'orgueil

tantôt la gratitude

comme si l'on était encore incapable

de choisir entre soi et le monde

 

 

Un cœur quelconque

aussi obscur que lumineux

se laissant saisir par (presque) tout ce qui passe

 

 

D'un pas laborieux

vers ce qui s'est hissé si haut

avant (bien avant) notre naissance

 

 

Ici-bas la voie terrestre

comme le seul chemin

qui mène aux portes du ciel

 

 

Non pas la langue des livres

mais celle d'un cœur ouvert

 

 

En un lieu où le vent

est plus important

que le rêve et la mort

 

 

Chacun

à sa façon

sur cette terre

comme face au ciel

 

 

Sans parler

dire beaucoup

sans compter (bien sûr)

ce que révèlent les gestes

 

 

Répondant à cet appel (irrésistible) de l'infini

 

 

Le souffle et la soif

pour aller à travers les jours

 

 

Sans rien oublier

Les paumes ouvertes

 

 

Plus intensément l'accueil

à mesure que l'on s'oublie

 

 

L'Homme déserté par un Dieu

qui aime parfois (un peu trop)

célébrer l'absence et la nuit

 

 

Tout mêlé à la terre et au ciel

les choses du monde (bien sûr)

mais aussi Dieu, l'âme et l'invisible

 

 

Glissant avec le temps

sur la pierre

parmi les âmes et les rêves

 

 

De moins en moins à dire

à mesure que l'étreinte se resserre

 

 

S'exprimant dans la langue des confidences

une langue qui relie la mort et l'enfance

une langue au-delà de la parole des Hommes

une langue vouée à disparaître un jour

au profit du silence

 

 

Poèmes nés de la fréquentation du monde et du ciel

de l'intimité de la douleur et de la joie

offerts à tous les damnés de la terre

 

 

Sans plus rien savoir

se laissant mener

comme se laissent porter par le vent

ces immenses oiseaux qui traversent le ciel

 

 

Nous

toujours

en dépit des blessures et des coups

en dépit de l'adversité du monde

et de la vie si rude sur la pierre

en dépit de la mort

aussi vivants qu'au premier jour

 

 

Livrée au monde

cette parole pierreuse et obsolète

 

 

Ce qui danse

au cœur du poème

comme – espérons-le –

dans l'âme de celui qui l'écoute

 

 

Des rêves

quantité de rêves

qui s'amoncellent

pour échapper

à la lame de l'étreinte

 

 

Ce qui en soi

demeure si triste

en dépit du ciel

 

 

Le cœur silencieux

au cours de cette traversée du sommeil

puis sur cette pente qui mène à la lumière

 

 

Sous l'arbre plutôt que sous l'étoile

l’œil encore troublé par ces restes de nuit

immobile (pourtant) sous les hautes frondaisons

qui laissent passer la lumière

 

 

Le cœur confiant

nous livrant corps et âme

à ce qui n'a de nom

 

 

Face à l'invisible

comme face au ciel

comme face à la vie

l'esprit émerveillé

et le cœur battant

 

A la marge

et dans les profondeurs

Loin du commun

qui refuse le voyage

de gravir la pente

de franchir le seuil du cercle

où il se trouve enfermé

 

 

Sans appui

Sans même une pierre

sous les pieds de l'âme

 

 

Des mots jetés sur la feuille

en gerbes invisibles

depuis le plus haut

et par des voies souterraines aussi

 

 

Des noms

Du vent

Et le ciel qui se moque

de nos (pauvres) mains tendues

 

 

L'âme enfermée dans le poème

lançant ses cris

cherchant une issue

la possibilité d'une parole silencieuse

d'un verbe au-delà du verbe

d'un langage sachant se passer de mots

 

 

La main protégeant les yeux de l'étoile

réservant à l'âme tous les trésors

que le cœur pourra trouver

 

 

Ne nous lassant (presque) jamais du rêve

 

 

Entre le ciel et la boue

cette chair froissée qui frissonne

rien qu'à l'idée du voyage

 

 

On voit mille choses sur un visage

l'âme, la terre, le ciel

et tout ce que le cœur a traversé

 

 

L'esprit simple et éclairé

affranchi de toutes les complexités

du cœur et du monde

 

 

La parole comme un pont jeté

entre le monde et le silence

entre l'infime et l'infini

 

 

Jetées du plus haut du ciel

toutes ces étoiles qui tenaient dans la main

 

 

Le cœur

en plein vent

emporté comme l'oiseau

vers le grand ciel

 

 

En ce lieu posé au milieu de nulle part

là où il n'y a ni dehors ni dedans

 

 

Arpenté par la tendresse

jusqu'à l’étreinte finale

 

 

Sans un mot

ce qui s'accomplit

 

 

Ni célébration

Ni funérailles

à l'heure de la rencontre

Juste la main tendue

et l'âme suspendue

au secret qu'on lui murmure

 

 

Qu'y a-t-il dans ces mots

qui puisse s'incarner ?

 

 

Le cœur scellant le destin

que la vie nous a choisi

 

 

Dans ce retranchement du temps

le fond du jour

cette lumière brûlante

capable de renverser

le sommeil et la mort

 

 

Au fond des yeux

ce gouffre où tout se jette

où tout se perd

 

 

A coups d'espoir et d'oubli

ce qui (bien souvent) se joue

au fond de l'âme

 

 

Toutes ces perches lancées

à ceux qui sommeillent et qui rêvent

pour essayer de rejoindre

la route des origines

 

 

Contre les flancs du rêve

tout ce sang et toutes ces larmes

que l’œil refuse de voir

suspendu à l'espoir d'une vie meilleure

 

 

Au fil des mots

un visage qui se dessine

peut-être celui de l'âme

ou, peut-être – allez savoir ! –

seulement celui du monde

 

 

En dehors du nom

quelque chose d'inoubliable

dont l'esprit, parfois, se souvient

 

 

Le lieu du retour

Là où mène le poème

 

 

D'une parole à l'autre

ce que l'on arpente de l'âme et du monde

et, pourtant, la géographie s'oublie

ne subsiste que ce que nous avons compris du voyage

 

 

Dans l'ombre de l'origine

 

 

Caché l'invisible

derrière la masse (invraisemblable)

des visages et des choses

 

 

Le cœur parvenu

au-delà de la parole

jusqu'à ce silence

que réclament (sans même le savoir)

l'âme et le monde

 

 

Sur le visage

un sourire

reflet de celui de l'âme

affranchi des événements du monde

 

 

Sur cette rive

où tout est jeté

dans un grand désordre

où le sang côtoie la lumière et le silence

où la folie et la sagesse s'entremêlent

au fond de tous les cœurs

 

 

Criant les yeux fermés

puis optant (plus sagement)

à mesure qu'ils se dessillent

pour le silence

 

 

Ce qu'il y a de plus vivant en soi

embryonnaire ou fissuré

en devenir ou en éclat

presque jamais entier

ce qui fait de nous

des Hommes infirmes

 

 

Dans cette folle (et dangereuse) apesanteur du rêve

 

 

Quelque chose sur la feuille

Des signes

Un peu d'encre

Des taches peut-être

Des bouts d'âme

qui dessinent un portrait

 

 

Dire avec cette langue sous-jacente

qui parvient, parfois, à hisser

la parole jusqu'au silence

 

 

Obscurément

ces pas

sans distinguer les horizons

 

 

Plus près (sans doute) de l'épaisseur que de la lumière

 

 

Le cœur détourné de sa fonction

occupé à légitimer l'appétit du ventre et des yeux

à jeter par brassées l'or dont il est dépositaire

 

 

Tous ces désirs dans le sang

animant les têtes

agitant les mains

forçant les destins

à plier sous le poids de l'illusion

 

 

Quelques reflets encore

au fond des yeux éteints

 

 

Toute cette nuit engrangée

au fond de l'absence

 

 

Si étrangers les uns aux autres

tous ces visages côte à côte

qui ne se regardent même pas

 

 

Près de l'arbre

cet halo de lumière

Le visage

contre la pierre

Et des mots

pour prolonger l'âme en prière

 

 

Au fond de soi

Le ciel et les mots

L'issue et le poème

hésitant encore

tant l'esprit aime la langue

tant le cœur aime partager

 

 

La roue de l'incertitude

jetée dans le destin des âmes et du monde

 

 

Derrière l'évidence

peut-être une illusion

peut-être le mystère

la tête encore bien trop loin du seuil pour savoir

 

 

Des choses et d'autres

Des sourires et des absences

Le cœur aux mains

de ce qui est perdu

Voilà peut-être notre chance

 

 

Au seuil de l'infini

l'impossibilité du langage

le signe peut-être

que quelque chose a été rencontré

 

 

Au cœur des retrouvailles

le cœur illuminé

cette joie des cimes

qui ne saurait être comparée

 

Au cœur de cette grande perte

qui nous rend tout si familier

 

 

Comme des enfants jouant dans la poussière

Comme des enfants jouant dans la lumière

 

 

Le règne du rêve obligeant le cœur

à abandonner ses belles aspirations

 

 

Sur ces rives où le rêve

n'est qu'un pitoyable fonds de commerce

qu'importe la nuit et l'obscurité des existences

pourvu que l'on croit accéder aux étoiles

 

 

Ce qui tend vers rien

de manière si discrète

en passant presque inaperçu

 

 

De nos propres mains

cette absence que nous avons bâtie

 

 

Nul poème ne peut être considéré

comme un outil ou un territoire

seulement un peu de vérité

ou, parfois, un peu de beauté

quelque chose que l'on offre

et que l'on sait parfois recevoir

 

 

D'une feuille à l'autre

cette exploration du dedans

que la main tire de l'obscurité

 

 

Tenant notre main

une autre main

dont nous ignorons (à peu près) tout

 

 

Creusée à même le ciel

cette lumière

 

 

Un ramassis d'illusions

Et quelques prières

plutôt qu'une vérité à vivre acérée

 

 

L'apparence du monde

et sa matrice invisible

 

 

Du côté de la terre

le cœur si serré

de voir tous ces ravages impunis

 

 

Au bord de l'infini

celui qui reconnaît

son insignifiance

 

 

Au milieu du rêve

la danse des reflets et des étoiles

 

 

Sur ces rives

où tout s'ignore

 

 

Sous le ciel et l'arbre

le cœur contemplatif

 

 

Tous rassemblés

sous la bannière du sommeil

avec le rêve en étendard

 

 

La voix du cœur

affranchie de la fébrilité du monde

et du sang qui coule dans les veines

 

 

Comme des fils tissés ensemble

au cœur de cette trame

composée d'alliances et d'oppositions

 

 

Tout un monde

fait de pierre(s) et d'âme(s)

de chair et de ciel

 

 

Quelque chose de dressé

au fond du cœur

tantôt une crainte

tantôt un doute

tantôt une confiance

et plus profondément enfouie encore

la certitude du Divin

 

 

Naufragés sans doute

échoués sur cette rive

entre terre et ciel

 

 

Un peu de poussière encore

pour épaissir l'écume

 

 

Devant les arbres de la forêt

comme face à une assemblée

le cœur un peu tremblant

et l'âme silencieuse et intimidée

 

 

Du bleu à l'ombre

en un instant

et de l'ombre au bleu

à travers un très long voyage

 

 

La parole vive

née de l'âme éprise d'Absolu

comme un cri lancé vers le ciel

depuis ce gouffre où tout est englué

dans le rêve et le sommeil

 

 

Des désirs

De la douleur

Et des chagrins

en ces terres sans espoir

en ces terres sans soleil

 

 

Au fond de l'âme

quelque chose comme un cri et une déchirure

comme si les astres s'étaient éloignés du cercle

comme si le monde avait effacé la lumière

comme si le corps était le lieu de toutes les dévastations

comme s'il n'y avait d'autre espoir que de briser le miroir

 

 

Si étranger à la poussière

L'Homme qui se pense au faîte du monde

ne comprenant pas qu'il fait partie de l'écume

 

 

Transportant les pierres et la soif

d'un lieu à l'autre pour bâtir

des chapelles et des illusions

 

 

Nous jetant dans les vagues

si passionnément

Nous laissant emporter vers le large

si amoureusement

 

 

L'Homme si peu ambitieux

qu'il en a oublié la soif

 

 

Au fond de l'âme

Un peu de lumière

Quelques prières

Et ce qu'il faut de place

pour n'oublier personne

 

 

Le cœur dans la lumière

qu'importe l'angoisse

et les mains qui s'agrippent

qu'importe l'absence

et la danse des reflets dans le miroir

à demeure

sans rien avoir à démêler

 

 

Ici même

nous affranchissant des rêves du monde

pour vivre l'enfance au milieu des bois

 

 

Le cœur de moins en moins étranger

aux choses de ce monde

 

 

Comme un éblouissement

au terme (bien souvent)

d'un très long chemin de pertes

 

 

Sans même un nom à hisser

au-dessus de la joie

 

 

L'effervescence et l'ombre dissipées

à mesure que le cœur et l'esprit de l'Homme se simplifient

 

 

Voix libre

qui explore les profondeurs de l'âme

en quête de quelques vérités

 

 

Dire la vie de la forêt et le monde de l'esprit

Le cœur allégé par le chant du merle

et la besogne qui nous attend sur la table de bois

 

 

Entre les mains du temps

l'Homme est un jouet insignifiant

 

 

Un peu de ciel dans la voix

et l'encre du poème

un restant de joie

par-dessus cette boue

dont on ne sait que faire

 

 

Refusant un Dieu qui a réponse à tout

Lui préférant un Dieu qui s'interroge

et qui prie avec nous sur la pierre

 

 

Quelque chose

à l'intérieur

sans très bien savoir quoi

 

Le front en pleine lumière

sur cette terre de nuit et d’yeux fermés

 

 

La main posée sur la pierre

Le cœur livré à la prière

Loin des bruits du monde

(presque) affranchi du jeu des mortels

 

 

Ce qui se déchire

au fond de l'âme

tantôt la vérité

tantôt les illusions

 

 

Sans se hâter

vers la plus imprévisible des absences

 

 

Au fond de l'esprit

rien ne pèse plus lourd

que les souvenirs du monde et du temps

 

 

Sans impasse ni détour

cet étrange chemin

 

 

Au fond de son cœur

comme un grand ciel réparateur

 

 

Derrière notre besogne

il y a l'âme et l'enfance

le jeu inévitable du dehors et du dedans

toutes les sentinelles de l'esprit

et ce qu'il faut d'espérance et de révolte

pour poser son cœur sur la table

 

 

Entrer en soi

comme l'on ouvrirait le portail d'un parc immense

qui abriterait un fabuleux château

 

 

Seul à seul

face au ciel

face à l'arbre

avec au-dedans

le plus sensible de l'âme

et le plus aiguisé de l'esprit

 

 

Ce qu'il faut de silence

pour quitter le monde

et ce qu'il faut de tendresse

pour l'aimer

 

 

Autour de l'infini

Tant de têtes qui tournent

 

 

Entouré de rien

et pas épargné pour autant

comme si le plus menaçant

se trouvait au-dedans

 

 

Le fond du jour

Ce qui veille

au-dedans du cœur

qu'importe que tout soit haine et nuit

qu'importe que le feu soit éteint

installé là depuis le premier instant

et qui durera jusqu'à la fin des temps

 

 

Cette lumière

au fond des yeux

au creux des mains

Source vive

capable d'éclairer les âmes

et d'illuminer la vie

 

 

Dieu

de tout son poids

dans notre regard

et dans nos gestes

s'invitant le plus souvent

à l'insu de l'Homme

 

 

Au cœur du mystère

la redécouverte du monde

 

 

Sur trop de cendre et de sang

Cette fête qui dure depuis si longtemps

 

 

Quelque chose

comme un dehors

une sorte d'étrangeté

qui ne serait pas (chose impossible)

reliée au-dedans de l'âme

 

 

Quelques mots

Quelques gestes

Quelques pas

Et presque rien d'autre

 

 

Ce vers quoi nous allons

peut-être la vie

peut-être la mort

qui peut savoir

 

 

Ce que révèle la parole

bien plus que le sens des mots

les secrets de l'âme

 

 

Si nu celui qui se livre

celui qui a l'impudeur de témoigner

 

 

Comme de très anciens restes de tendresse

qui se languissent au fond du cœur

Tellement las de ne jamais servir

 

 

Tout converti en or et en sommeil

jusqu'aux plus haute aspirations

offrant au monde

son lots d'angoisses et d'abominations

 

 

Sous le ciel noir des pensées

l’œuvre des vents et des intuitions

réinventant le désert nécessaire

pour accueillir la lumière

 

 

Si bas que tout a l'aspect de la poussière

et la couleur des songes

même le ciel, même l'âme et la prière

comme si rien ne pouvait s'extirper du monde

comme si rien ne pouvait se hisser jusqu'au sacré

 

 

La main besogneuse

traçant inlassablement sur la page

sa cargaison de signes

sous les auspices du ciel et de l'âme

 

 

Au fond de la perte

cette tendresse et cette paix

tant espérées

 

 

Laisser la joie ruisseler

voilà peut-être la tâche

la plus essentielle du jour

 

 

A chaque instant

laisser le cœur agir

s'émouvoir, parler

répondre, aller peu à peu

vers le silence

 

 

Le plus simple

Quelque chose comme un sourire

ou le retour à Ithaque peut-être

 

 

Un recueil de mots

non comme un objet

et moins encore comme une marchandise

Une offrande plutôt

un don de soi silencieux

 

 

Qu'y a-t-il à montrer

si ce n'est le vide et le rien

ce que nous sommes par-delà les apparences

 

 

Et si le cœur n'était que l'outil de l'Amour et de la lumière ?

Et si la main n'était que l'instrument nécessaire

pour les faire advenir en ce monde ?

 

 

Un peu plus qu'un Homme

Un cœur et un regard

 

 

Le pouls du monde

au fond de notre poitrine

donnant son rythme à notre sang

 

 

Sous cette lumière

qui déchire, une à une, les illusions

 

 

Sous la grande arche des rêves

le sang épais et noir des suppliciés

 

 

Dieu

dans notre chant

peu soucieux de la place

qu'on lui accorde

 

 

A travers les filets de l'oubli

ce qu'il reste de la lumière et de la mort

 

 

Le cœur aussi proche du sang que du rêve

laissant le monde dessiner ses rivages

exacerber la douleur et le sommeil

jusqu'à perdre (presque entièrement) sa joie et sa lumière

 

 

Glissant peu à peu vers le pays des ombres

 

 

Voir le chant et le cri

se heurter au mur des visages

parfaitement impassibles

en dépit de la douleur et de la joie

que l'âme voudrait partager

 

 

Esquissant le seuil

cette invisible frontière

entre le silence et le monde

entre le jour et la nuit

puis effaçant toutes les traces

pour que ne reste que la joie

 

 

Là où se mêlent la voix et le silence

Le fond de l'âme jeté sur la page

 

 

Sur cette pente où l'âme se laisse traverser

par le monde et les exigences du cœur

 

 

A danser sous la lune

devant l'ombre des arbres

et les yeux de la forêt

 

 

Au loin

quelque chose

par-dessous la source de l'ombre sans doute

ce rire éternel qui nous maintient debout

 

 

Le cœur enfoui dans les feuillages

regardant le ciel

la lune et les étoiles

et là-bas au loin

la mort qui plane

au-dessus des têtes

 

 

Dans la grisaille commune

l'horizon singulier de celui qui marche

vers cette lumière que nul ne voit

 

 

Le peuple de l'obscurité

comme resserré derrière ses abstractions

laissant tout filer

laissant tout s'enfuir

l'ombre et la douleur

autant que l'espoir et la lumière

 

 

Devenir (sciemment) la matière même de la Vie

Ce par quoi se fait le réel

 

 

Plus qu'une parole

une fenêtre sur l'âme et le monde

le dévoilement d'une partie du secret

la possibilité d'une étreinte

avec cette part mystérieuse

qui échappe au bavardage des Hommes

 

 

Par là où passe le poème

à travers cet ailleurs

présent au fond de l'âme

 

 

Un silence au fond de la voix

une manière de dissiper la nuit

et de réinviter le jour

 

 

Demeurer hors des cercles

et attendre la main tendue

 

 

Il y a au fond de soi

quelque chose que ni le temps ni la mort

ne pourront effacer

 

 

Seul

sur la pierre

le cœur endolori

 

 

Des mots

comme des amas d'étoiles

jetés depuis le fond de l'âme

 

 

De ces lèvres

si proches de l'humus et de la nuit

sort un chant fait de glaise et de lumière

quelque chose né du cœur et du cri

 

 

derrière le visage

et sous la chair

au fond de la poitrine

et entre les plis

l'expression du plus sacré

 

 

Si léger

et si dense

ce qui nous habite

et ce qui nous traverse

 

 

Dans ce pays sans Dieu

où tout paraît si obscur

si insignifiant

si incompréhensible

 

4 mars 2026

Carnet n°325 Tant qu'il y aura des jours

Décembre 2025

Parmi tant de signes insignifiants

le silence et la joie

comme des portes vers un ailleurs habité

 

 

Des restes de cœur encore portés par l'écume

 

 

Ce que la main dessine sur la page

sans rien comprendre à la lumière

 

 

Le vent, peu à peu, apprivoisé par l'âme

qui sait se faire aimante et attentive

 

 

Cet incessant contact

entre le manque et l'Absolu

 

 

Ce qui nous unit plus que ce qui nous distingue

pour bâtir un monde plus respectueux de la différence

 

 

Des lignes offertes au monde

comme une pierre lancée vers le ciel

 

 

Au son des tambours

l'âme qui s'avance

qui apparaît soudain

au cœur de la brume et de l'épaisseur

pour tenter de réconcilier

ce qui relève du monde

et ce qui relève du cœur

 

 

Derrière ce qui semble disparaître

l'émergence du plus grand soleil

et les plus hautes terres de l'enfance

 

 

Là où les rêves nous quittent

là où le secret se révèle

là où le monde et le mystère prêtent (enfin) à rire

 

 

Parmi les étoiles

les ombres de la nuit

dansantes elles aussi

à travers le passage

où se faufilent les âmes

 

 

Blotti contre la pierre

le cœur enfoui dans l'humus

à attendre la fin du jour

 

 

Sans que jamais s'éteignent

les désirs et les cris des hommes

 

 

Absent

comme si l'on était déjà hors du monde

comme si l'on était déjà la lumière

 

 

Tout converti

en beauté et en poème

jusqu'aux cœurs les plus barbares

 

 

De l'autre côté du cœur

un peu plus qu'un ciel

une incroyable lumière

capable de transformer

l'âme de tous les hommes

 

 

A la pointe du geste

cette caresse qui s'offre

à tout ce que la main touche

 

 

Seul au milieu des choses

le cœur comme abandonné

 

 

C'est le dedans qui exprime

ce que le dehors ne peut qu'effleurer

 

 

L'esprit silencieux

contemplant son œuvre

du haut de l'échelle

et laissant parfois couler quelques larmes

 

 

Dépossédé

jusqu'au fond de l'âme

et plus profondément encore

comme si rien ne nous appartenait

comme s'il n'y avait que le ciel

 

 

Porté jusqu'au silence et jusqu'à la lumière

 

 

Quelque chose entre les lèvres

comme un murmure

le dévoilement du secret – peut-être

 

 

A travers l'épaisseur de la chair

l'acuité du regard

quelques tremblements

le début d'un cri – peut-être

un reste de joie – sans doute

et une manière aussi (bien sûr) de dire merci

 

 

Au-delà du monde et du temps

le royaume de l'Amour

 

 

De l'autre côté de l'étrangeté

là où le monde est une absence

là où l'absence est une manière (pour l'esprit)

de retrouver le pays des couleurs

 

 

Ce qu'il faut de ressources et d'allant

pour traverser l'existence

parcourir le monde

et plus encore pour atteindre

le fond de l'âme

 

 

Par-dessus la ligne

celui qui marche

dans les pas de personne

 

 

Des jeux encore

pour célébrer

tantôt la vie

tantôt l'absence

 

 

Là où tout recommence

sans jamais prendre appui sur le passé

 

 

Seul

sans même couper tous les fils qui nous relient

 

 

La chair chaude des bêtes

contre la peau

dans ce fouillis de souffles et de poils

comme si se vivait là une fraternité d'âme

 

 

A même l'oubli

ce qui s'éternise

 

 

La terre étreinte et caressée

au lieu de la folie des hommes

à exploiter la roche

et à faire couler la sève et le sang

 

 

Les mains jointes

comme si elles renfermaient un secret

 

 

Le grand vide

au fond de l’œil

dans lequel

un jour, tout finira par disparaître

 

 

Plus vieux que le temps

ce qui succédera à l'homme

 

 

Au seuil de l'infranchissable

 

 

Là où tout a commencé

aux sources même du silence

avant (bien avant) que ne soient initiés

les jeux du monde

 

 

Les yeux posés sur l'ombre et le manque

au lieu de regarder l'autre versant de la vie

 

 

Des vibrations

une résonance

là où la danse remplace le sang

là où la joie remplace la faim

là où la vie se hisse sur les épaules de la mort

 

 

Dessinés tous ces murs érigés en labyrinthe

 

 

Et si, au fond, il n'y avait que la Vie...

 

 

Des wagons de lumière

sur le chemin du retour

 

 

La solitude plutôt que le théâtre du monde

 

 

Si près de l'âme

le reflet et le miroir

 

 

Au fond de la chair

quelque chose du ciel

qui, parfois, se laisse approcher

 

 

D'incessants allers et retours

entre l'âme et la langue

pour que l'encre est la couleur du ciel et du sang

 

 

Œuvrer à la nudité de l'âme

 

 

Le regard (si) reconnaissant

 

 

La chair et l'âme se laissant peu à peu

traverser par la lumière et le vent

 

 

Le cœur si près de la mousse

si près de l'arbre et de la feuille

que l'encre coule (presque) verte sur la page

 

 

Ce feu ardent au fond de soi

qui cherche à transformer le manque

 

 

Quelques instants

pour oublier la violence et la poussière

enjamber les désastres et les malheurs

rejoindre cette part de l'âme

qui échappe aux mains (impitoyables) de la mort

 

 

La parole hissée

au faîte de la solitude

là où il est (encore) possible

de dialoguer avec le monde

 

 

Attablé sans personne

avec en soi

tous les reflets du monde

 

Alors que la nuit s'étend

alors que la nuit s'éternise

quelque chose en nous apparaît (et se déploie)

la lumière d'avant le monde peut-être

 

 

Au même endroit que le silence

ce qui est si vivant

 

 

Le vent allié

guidant notre chemin

soufflant sur l'âme ses vœux

nous poussant là où il veut

nous poussant là où il peut

 

 

En des temps où Dieu

nous parlait sans intermédiaire

habitait l’œil et l'âme

autant que les lèvres et les mains

 

 

Dieu au fond de chaque fissure

attendant que l'on porte vers elle

l'attention et la tendresse nécessaires

pour apparaître (et se déployer)

 

 

Les yeux fermés devant Dieu

et fascinés face aux reflets du miroir

 

 

Ce que le geste nous apprend

bien plus que les livres (le plus souvent)

 

 

De l'autre côté

Là où il n'y a plus de frontière

 

 

Comme le chant de l'oiseau

le poème

emporté par le vent

 

 

La parole

offerte à ceux qui célèbrent et protègent la vie

autant qu'à ceux qui l'offensent et la meurtrissent

 

 

Le lieu où l'on vit

cette patrie aux frontières du plus sauvage

où l'Amour côtoie, sans doute, le moins sage

 

 

Le cœur parfois engoncé dans le poème

comme à l'étroit dans cette parole

qui (bien souvent) ne peut échapper

aux limites du langage

 

 

Au cœur du poème

Le ciel et la terre mélangés

qui donnent à l'encre cette couleur métissée

 

 

Chaque jour

ce qui recommence

 

 

Là où rien ne nous protège

Là où rien ne peut nous protéger

 

 

Pourtant là

quelque part

alors que si peu savent

où se trouvent le lieu et le chemin

 

 

Les mots lancés dans la joie – simples et clairs –

célébrant l'âme, le cœur, le monde,

le ciel et la vie commune

 

 

Affranchi de ces tourbillons de mots

le geste – fort heureusement

 

 

De désir en délire

jusqu'à ce que mort s'en suive

jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien

 

 

Alors que tout nous assaille

jusqu'à la désespérance (parfois)

quelque chose – en soi

ose le pas de côté

comme un suspens – un surplomb

qui permet, au cœur du plus sombre,

à la joie d'exister

 

 

Entre les mains des désirs et des images

à leur obéir si servilement

 

 

Tout contre les rêves

ce sommeil si profond

 

 

Le cœur happé par cette course folle

 

 

La tête parfois penchée sur le pire

 

 

Où trouver la beauté

dans ce monde sans âme ?

 

 

Rien jamais ne finira

en dépit de ce que l'on voit

en dépit de ce que l'on croit

 

 

En un éclair

les mots jetés sur la page

les yeux fermés

sur ce que le cœur octroie

 

 

Le sommeil sur la pierre

jusqu'à la fin des temps

 

 

Dieu

en voyant le monde

se posant les mêmes questions que l'Homme

 

 

La vérité est la vie

qui nous fait face

qui s'immisce en nous

nous invitant à un dialogue

fait non de mots mais de gestes

 

 

Paroles encore

qui cherchent

une vérité à vivre

 

 

Des mots

comme de la rosée sur le monde

 

 

Comme au fond d'un piège

Et autour de soi de hautes parois

et en soi une corde dont on ne sait

si elle monte ou si elle descend

 

 

Sur la pierre

silencieux

à contempler les spectacles du monde

 

 

Dans la respiration de l'arbre

de la lumière

suffisamment pour aller

à travers les saisons et les siècles

 

 

Toute une vie de dialogue

avec ce qui n'a de voix

 

 

Le monde blotti contre notre peau

dormant lorsque l'on dort

festoyant lorsque l'on festoie

posé devant soi comme un étrange miroir

 

 

Dans cette absence d'horizon

Le poème et le pas

 

 

A travers ces lignes

minutieusement alignées sur la page

ce qu'il faut de silence et d'espace

pour dessiner (assez maladroitement)

le visage de celui qui parcourt le poème

 

 

Paroles offertes

mais d'abord rencontre et dialogue

avec ce que l'on porte en soi

 

 

Allant et revenant

passant et repassant

explorant ainsi chaque parcelle du territoire

 

 

Un peu de lumière

un peu de joie

 

 

Rêve d'une lumière

qui éclairerait le monde

et qui troublerait suffisamment les âmes

pour imposer le silence

 

 

Depuis si longtemps déjà sous cette étoile

qui ne fait que briller au-dessus de la pierre

 

 

D'un ciel à l'autre

et ces ombres que l'on traîne partout avec soi

 

 

Sans rien attendre

Le cœur prêt à toutes les retrouvailles

 

 

Si aveuglément

ces cœurs fébriles et combatifs

allant fièrement à travers la nuit

les yeux hagards et brillants

pour déployer partout le rêve et la mort

 

 

Comme un appel

à privilégier l'Absolu

plutôt que le destin de l'homme

 

 

En ce lieu où même les mots privilégient le silence

 

 

De chimère en chimère

sans jamais connaître la fin du rêve

 

 

Comme une couronne de feu

sur la parole sacrifiée

offrant à l'âme

en plus de la cendre

un sort funeste

 

 

Au faîte du consentement

quelque chose de l'abandon

Et assez de tendresse

pour faire face à l'hostilité du monde

 

 

Ce que la parole contient

qu'importe le sens et le son des mots

l'âme de celui qu'elle a traversé

comme un morceau de cœur

livré à celui qui l'écoute ou la lit

 

 

Écartés les souvenirs et les images

qui ravivent artificiellement la douleur ou la joie

de celui qui pense ou se souvient

 

 

Couverts de larmes et de sang

les morts et les vivants

 

 

Le lieu du sommeil

et le lieu de la lumière

identiques pour celui qui sait

 

 

La vie et le vide si mélangés

dans le monde comme dans nos tréfonds

 

 

Rien entre les mains

Et l’œil aussi vide que l'âme

manière de se tenir disponible

et de renvoyer son vrai visage

à ce(lui) qui nous fait face

 

De la fumée et de la mort

comme un étrange baiser

à ce qui se tient impassible

 

 

Le peu que la vie nous prête

pour quelques instants

 

 

L'âme triste parfois

de voir l'opacité des yeux

et la brume du monde

gagner le fond du cœur

 

 

Le cœur parfois aussi lourd que la parole

 

 

Mille poèmes pour dire

ce qu'est (réellement) l'âme de l'homme

 

 

Du sang, du monde, des histoires

 

 

Qui peut savoir ce qui se cache derrière les apparences ?

 

 

Nous appartenons davantage à la question qu'à la réponse

Ainsi est fait l'esprit de l'homme

 

 

Qui donc se cache derrière le reflet du miroir ?

 

 

Le cœur à travers toutes les pensées

essayant (maladroitement) de dire ce que sont

l'âme du monde et l'essence de la vie

Le travail sensible du poète

 

 

La parole offerte à ceux qui n'ont pas de voix

 

 

Penché sur ces restes de lumière

qui gisent au milieu des gravats et de la poussière

 

 

Entre le rêve et l'impossible

le cœur et l'esprit de l'homme

ne sachant (le plus souvent) choisir

 

 

Antérieurs au temps

cet instant qui nous échappe

cette éternité à laquelle on ne comprend rien

 

 

Le monde fait de douleur et de lumière

par un Dieu peut-être inconséquent ou trop naïf

 

 

Si près de nous

ce que nous sommes

 

 

Plus vrais que la vérité

notre présence au monde

et tous les gestes que nous réalisons

 

 

Comme l'eau de la rivière

le flux de la pensée

débordant sur les berges

et allant, et allant

jusqu'au ciel et à l'océan

 

 

Les signes évidents

d'une présence intérieure

faite de silence et de lumière

ce qui offre à l'existence

perspective et consistance

 

 

Ce qu'il (nous) faut désapprendre

pour échapper à l'ignorance de l'homme

 

 

Le cœur traversé par tant de conscience et de mort

 

 

Sans rien affronter

le pas de côté

le regard glissant

ou dans le sens du courant

 

 

Les yeux éternels du jour

sur ce que l'on considère comme la nuit

 

 

Le cœur

arpentant tous les territoires

ceux de l'âme comme ceux du monde

 

 

Bien plus qu'une parole

cette longue prière

davantage feu que fumée

plus qu'une expression ; une ardeur

comme une flèche décochée vers Dieu

 

 

Existant comme un ajout

quelque chose d'excédentaire

surimposé à l'essentiel

à la substance même de la vie

Assez superflu en somme

 

 

Rien que des ombres éclairées par un grand soleil

 

 

Adepte de toutes les géographies

dialoguant avec – et dessinant – tous les horizons intérieurs

 

 

Au fond du précipice

là où tout se jette

là où tout se fracasse

là où la fin signe peut-être

le début d'une belle histoire

 

 

Si étrangère cette ombre qui nous suit

 

 

Mille existences que l'on s'invente

pour avoir l'air d'être quelqu'un

pour ne pas avoir vécu en ayant été personne

 

 

Là où les rêves ont le visage de la mort

Là où la mort n'est qu'un rêve parmi les autres

à travers ce destin où il n'y a, peut-être, ni nuit ni sommeil

 

 

Tous ces cris qui montent

du fond de l'âme et de la terre

comme une révolte des sans voix

face aux désastres et aux crimes

perpétrés par les Hommes

 

 

Si près du ciel

nos mains affranchies de l'écume

 

 

Ce que le cœur épuise et dilapide

à force de refus

 

 

Toute la richesse du monde

aux mains de quelques âmes cupides et insensibles

 

 

Dieu réfugié avec nous sous la voûte ?

Pas si sûr...

 

 

Des mots, des arbres et des chemins

Tant qu'il y aura des jours

 

 

Parfois désert

parfois source de tous les ruissellements

cet espace qui nous habite

 

 

Au-delà des règles de ce monde

au cœur de l'illisible et de l'indéchiffrable

là où le ciel écrit à la craie blanche

sur la roche des lois incompréhensibles

 

 

En soi

l'ombre, le fauve et la cage

et ce qu'il faut de solitude

pour trouver une issue

 

 

Penché sur le plus ordinaire

sans miracle

sans travestissement

la vérité au creux de la paume

 

 

Qu'importe l'histoire du monde

pourvu que nous tremblions

 

 

Tandis que tout est temps et soleil

nous continuons d'ignorer la mort et l'Absolu

 

 

Le cœur parfois empêché par la faim

l'antienne du ventre qui réclame sa ration

 

 

Plus haut que les cris et les chuchotements

là où tout se transforme en joie

même le monde piégé au fond de la douleur

 

 

Sous un étrange ruissellement de lumière

 

 

Le vent qui balaye tous nos jeux

nos superflus de noir et de matière

ce que nous avons édifié

pour vivre au cœur du chaos

ce dont nous nous sommes entourés

pour apprivoiser le néant

balayés d'un souffle salvateur et joyeux

 

 

(Un peu) au-dessus de cette épaisse fumée

qui maintient le monde dans l'obscurité

 

 

Des activités nécessaires et des gestes ordinaires

rien qui ne soit embarrassant et inutile

 

 

Là où l'origine s'est établie

autant que là où elle s'est déployée

 

 

Le cœur somnambulique allant les yeux fermés

vers ce rêve qui a des airs de fin du monde

 

 

Ce qui, en nous, s'ouvre

à mesure que la lumière au-dedans s'insinue

 

 

A travers la parole

ce qu'il faut de vie et de lumière

ce qu'il faut de rêve et de douleur

pour qu'elle puisse être comprise

 

 

Dans cette divagation organisée

le rôle si prépondérant de l'Homme

 

 

La vie propre du poème

dans son commerce non avec le monde

mais avec le cœur et l'invisible

 

 

Ce grand incendie en soi

causé par le feu de l'âme

 

 

Jetés dans le grand brasier du monde

les cœurs apeurés

la chair sacrifiée

et ces larmes qui coulent

devant l'inéluctabilité de l'incendie

 

 

A errer autour du festin

comme des bêtes affamées

 

 

A s'amuser sans risque avec la lumière

mais bien souvent à nos dépens

lorsque l'on joue avec la vie

 

 

Depuis le lieu où tout se transforme

mais où rien ne change pourtant

 

 

Comme un cri

au fond de l'écoute

qui voudrait percer le secret

 

 

Cette profonde tranquillité

au cœur de la danse des mots

 

 

Cette lumière au fond des yeux

comme si le jour se levait au fond de l'âme

 

 

Entre nos mains

cette éternité dont nous ne savons que faire

 

 

La forêt endormie

sous le regard de la lune

offrant aux yeux un spectacle

et à l'âme un poème

 

 

Le cœur plongé dans la lumière et le sang

 

 

Vers le lieu de toutes les migrations

nous aussi

 

 

Tant de mondes en ce monde

Et tant d'ombre qu'on ne les voit pas

 

 

La vérité des mots n'est rien

comparée à celle des gestes

 

 

Poussière et cendres

depuis toujours

 

 

Là où se sont immiscés les yeux

autant d'ombre que de lumière

 

 

Comme une ardeur au fond de l'âme

prête à fendre la fumée et l'épaisseur

 

 

Dieu penché sur chaque âme

De l'intérieur

 

 

Les mains célébrant la vie et l'impérissable

offrant leur aumône et leur prière

 

 

Sur nos joues

et dans nos veines

tout le sang et toutes les larmes du monde

 

 

Derrière les tremblements du ciel

le cri des bêtes et des Hommes

et ce qu'il faut de tendresse et de lumière

 

Le destin secret de l'âme

Parallèlement à ce que l'on vit

 

 

Quelle réalité inventons-nous ?

Et s'il n'y avait que le vide...

 

 

Trop d'étoiles à l'intérieur

pour qu'apparaisse la lumière

 

 

Jusqu'à ce que la nuit se transforme en jour

 

 

Des mots encore

comme si le langage

pouvait faire vivre la vérité

 

 

Du sang et des images

comme un déluge

Notre manière si infirme d'être vivant

 

 

C'est la soif qui nous fait chercher

au-delà des visages et des choses

au-delà de la réalité de ce monde

 

 

Le ciel

toujours à la distance appropriée

 

 

Le cœur sans cesse réapprovisionné

par les canaux de l'invisible

 

 

D'un ciel à l'autre

sans même s'en rendre compte

 

 

Entre nos mains

des monceaux de fleurs et d'épines

que l'on distribue ici et là

au fil du voyage

 

 

Presque indéracinable

ce qui loge au fond du rêve

 

 

Au fond de l'âme

du feu et de la joie

Et cette étoile qui brille

dans toutes les têtes

 

 

Le cœur parfois recouvert d'un long manteau noir

 

 

L'étrange géographie de l'invisible

qui nous fait réapprendre

d'une autre manière

toutes les leçons du monde

 

 

Le cœur alourdi par la mémoire

ces milliards d'images empilées

derrière lesquelles danse l'impensable

 

 

Un monde d'histoires et d'équations

où nul n'écoute

où nul ne comprend rien

 

 

Des mots pour révéler le silence

qui se cache derrière la langue

 

 

De plus en plus éloigné du monde

De plus en plus proche de soi

 

 

Dans les empreintes de tous nos devanciers

 

 

La géométrie de la parole

avec ses lignes, ses cercles

ses figures, ses tangentes

et ses combinaisons à l'infini

 

 

Absorbé par le monde

par le temps et l'infini

sans rien savoir de la destination

 

 

Le cœur

en pleine nuit

cherchant partout

un peu de lumière

 

 

Là où le jour se retire

La soif au bord des lèvres

 

 

L'âme courbée par les rêves et les chemins

 

 

Vivant de manière si abstraite

 

 

Certains sont aveuglés par le monde

Et d'autres le sont par Dieu

 

 

 

En silence

depuis toujours

sous la même étoile

 

 

A vivre (et à aimer)

comme si tout était séparé

comme si on avait oublié l'essentiel

 

 

La noirceur des nuages parfois

qui traversent le ciel de l'esprit

éclipsant les mille soleils

qui brillent au fond de l'âme

 

 

Des millénaires de paroles

Et des siècles de livres

qui, au fond, n'ont pas changé grand-chose

 

 

Le cœur battant depuis toujours

comme s'il n'y avait que le voyage

comme si la mort était une invention

 

 

Au cœur de l'insondable

le jour qui s'éclaire

et les gestes qui prennent le pas

sur les questions

 

 

Le cœur confiant

l’œil immobile

jetant sur les rêves

un regard tranquille

 

 

Si sûr de l'étreinte

alors que tout se querelle

depuis toujours sous la même étoile

 

 

Le cœur recueilli

passionnément contemplatif

posé entre les mondes

attentif à tous les vivants

 

Rien ne peut briser les chaînes

qui nous relient au reste (à tout le reste)

 

 

Sans rien espérer

Le visage penché sur le monde

 

 

Contre le corps

tout ce dehors

qui ressemble

tantôt à une caresse

tantôt à un piège

tantôt à une perche

 

 

Plus près que l'étoile, le reflet du visage

Et plus près que le reflet du visage

ce qui nous appelle au fond de l'âme

 

 

Nous cherchant dans la nuit

remuant le sang et la boue

en quête derrière le trouble et l'épaisseur

de cette part de ciel depuis si longtemps promise

depuis si longtemps perdue

 

 

Au cœur des eaux troubles de ce monde

des promesses et des poings brandis

son pesant de douleur et de sang

des paroles comme des perches

au bout desquelles pendent la mort et le néant

 

 

Dans son panier

(à peu près) toutes les choses du monde

un peu de lumière et de nuit

et tous les masques de la métamorphose

comme des mues que l'on rechignerait

à laisser derrière soi

 

 

La parole comme emmurée en elle-même

incapable de lutter contre la gifle ou le canon

incapable d'exprimer la beauté du monde

confinée seulement à l'apologie de la langue

sans autre finalité que sa propre expression

 

 

Dans la géographie du sommeil

tant de fausses vérités

 

 

Ce qu'il faut de silence

pour faire jaillir une parole juste

 

 

Trouver refuge derrière les apparences

Là où il n'y a plus de question

Là où le poème est aussi nécessaire que le pain

 

 

Sur cette terre

où la Vie est le maître-mot

où tout se mélange avec elle

jusqu'aux ténèbres

jusqu'à l'incurie

jusqu'aux plus hautes abstractions

 

 

Porté par les courants qui cheminent

entre la pierre et le ciel

entre le monde et l'invisible

au-dessus des gouffres

creusés par la main de l'Homme

 

 

Nous détachant des choses et des bruits

des promesses et des éblouissements

des espoirs nichés au fond de la nuit

de tous les rêves du monde

 

 

Modeste ouvrier du langage

usinant les mots avec un peu de lumière

pour offrir au monde quelques poèmes

 

 

Comme à l'origine

la main tendue

et le cœur en prière

 

 

Le cœur déserté

et ces rêves au fond de la tête

et ces pillages sans retenue

donnant au monde ce triste visage

 

 

Ce qui coule dans les veines

jusqu'à engendrer les malheurs

 

 

Effroyables nos alliances et notre étroitesse

source de tant de massacres

comme si le destin des autres nous était égal

 

 

La solitude et le silence presque assassins

pour ceux qui ne savent les habiter

 

 

Mille et un poèmes

presque rien en soi

 

 

Des mots

Des mondes

et le plus essentiel

qui se cache dans les interstices

 

 

Au bras de la mort

qui nous dépossède

de toutes les ambitions

 

 

Aussi proche du ciel que du néant

 

 

Comme un bruit étrange

là où le cœur tremble

quelque chose du temps

l'écho d'une déchirure

le murmure d'un monde oublié peut-être

 

 

Le ciel et l'ombre

réunis dans la même danse

sur cette terre

où tout sait si bien se mélanger

 

 

L'âme tendre

Et le cœur apaisé

 

 

Au cœur de la chambre

là où tout commence

là où tout s'achève

mais que nous ne savons habiter

le reste du temps

 

 

Du bleu encore

jeté sur le monde

et qui parvient parfois

à colorer quelques cœurs inassouvis

 

 

Témoin de tant de reflets

et de tant d'obscurité

que la parole parfois s'éparpille

que la parole parfois s'assombrit

 

 

Le silence de l'âme parfois entendu

par celui qui s'éloigne (un peu) des bruits du monde

 

 

Le cœur encore hésitant face à l'indéchiffrable

 

 

Le cœur rassuré par le feu et la lumière

qui logent dans ses tréfonds

 

 

Si discrètement

le jour qui se lève

derrière la fenêtre des yeux

 

 

Des pelletées de terre et de nuit

dans les yeux tournés vers le dehors

incapables encore d'esquisser

une petite révérence à l'intérieur

 

 

Au cours du voyage

mille perches tendues

et mille dérives possibles

 

 

La tête si proche d'un ciel qui n'existe pas

 

 

La tête si théâtrale

dans ses expressions

déroulant une à une

ses images comme

de petits tableaux

 

 

D'une absence à l'autre

sans se rendre compte

qu'il n'y a jamais eu personne

 

 

La chair soulevée

par les désirs du monde

emportée là où il y a

envie et jouissance

 

 

Si rétif à porter son nom avec orgueil

à redresser le buste avec fierté

laissant le vent tout effilocher,

tout balayer, tout emporter

 

 

Bien plus rayonnant

que l'éclat des mots

le cœur qui consent

 

 

La vie bouleversée

par toutes les fantaisies du destin

 

 

Nous écrirons

jusqu'à ce que le poème

puisse mener au-delà des mots

 

 

Sans même se souvenir

de ces empreintes dans la nuit

qui nous ont mené jusqu'à la lumière

 

 

La tête chargée de cette langue

vouée à célébrer le silence et l'invisible

Manière, sans doute, d'échapper

aux bruits et à la grossièreté de ce monde

 

 

Dans le huis clos de l'âme

les yeux scrutant l'abîme et la lumière

d'une égale manière

 

 

Le souffle et le rêve

mêlant leurs élans

dansant au milieu des apparences du monde

pour le plus grand malheur des hommes

 

 

Traqué(s) inlassablement par l'infini

qui aimerait, en nous, retrouver ses terres

 

 

Au-dedans du même rêve

cette noirceur et cette lumière

 

 

Le monde, les choses

et les circonstances tels qu'ils sont

sans rien enjoliver

sans rien enlaidir

sans rien ajouter

sans rien soustraire

sans rien transformer

sans rien esquiver

accueillis par le cœur qui a compris

 

 

Du bleu encore

jusqu'au fond des yeux

 

 

Aux confins du jour

le chant du temps

comme un murmure

susurré à l'oreille

de celui qui sait

habiter l'instant

 

 

En ces lieux de vertige

autour desquels tout tournoie

dans l'ivresse de l'enfance

excité par tous les jeux

auxquels se livrent les vivants

 

 

Au-dessus du cirque

où se jettent bien des malheurs

le cœur sans doute trop délicat et voyageur

pour y demeurer

préférant à la rudesse du monde

la tendresse et l'inconnu

 

 

Le ciel

au creux de la paume

 

L'esprit vagabond

éparpillé au milieu de ses désirs

 

 

A haute voix

ce qui se dit au fond de l'esprit

 

 

Sans même brandir le silence en étendard

 

 

Avec tout le sommeil engrangé

de quoi dormir pendant des siècles

 

 

Si fugace

la vie

l'amour

la parole

 

 

Au fond du regard

la nuit métamorphosée en lumière

et le cri transmuté en silence

 

 

Dans cette absence saisissante du Divin

l'homme plongé au fond de l'obscurité

 

 

Et tous ces gestes

Et toutes ces vies

qui, sans même le savoir,

aspirent au vide et à l'infini

 

 

Pas d'espoir

ni de désir

derrière nos grilles

mais un feu capable

de brûler toutes les images

et tous les rêves

 

 

Plus haut que la douleur

le cœur battant

et plus haut encore

le soleil qui se terre

au fond de l'âme

 

 

Allant comme les astres

dans ce cercle (presque) parfait

 

 

Si familier du ciel et des chemins

du secret des pierres

tremblant avec ce qui tremble

joyeux avec ce qui est en joie

traversant le monde et le temps

les yeux posés par-dessus

l'horizon et les reflets

 

 

Au bord du vide

le cœur blotti contre le temps

 

 

Hissé si haut que le soleil

apparaît en contrebas

 

 

Entre l'étreinte et l'éblouissement

 

 

Pieds nus

dans la forêt

le cœur battant

à l'affût des nuages et du vent

 

 

Soi

l'autre

le monde

qu'un rêve peut-être

 

 

Sous ce ciel sans commencement

la terre des mortels

le feu, la faim et la soif

sans cesse recommencés

 

 

Sans attente

les heures qui passent

 

 

De l'or recueilli

dans les mains ouvertes

 

 

Le geste est le langage de l'âme

 

 

Le cœur souriant

devant la simplicité des traits

qui se dessinent sur la page

 

 

Jusqu'au cœur de l'inoubliable

 

 

Par des chemins obscurs

la lumière

 

 

A nous attarder au cœur de l'imaginaire

au lieu de se laisser caresser par la lumière

 

 

Au pays de l'intime

quelque chose du silence et de la joie

une manière de se tenir au cœur de l'innocence

 

 

Bien plus loin que là où s'arrêtent les yeux

 

 

Dans les bras de l'infini déjà

 

 

Comme effacée l'obscurité du cœur

remplacée par ce qui brille au fond de l'âme

 

 

La main si lourdement terrestre

cherchant la lumière et le vent

 

 

Le jeu sans l'inquiétude

les yeux juchés sur le jour

en équilibre sur le fil

 

 

Le cœur en plein sommeil

 

 

Du vent et du sacré

au cœur du vide

Ce à quoi nous aspirons !

 

 

La figure infinie

tournée vers le plus infime

 

 

Passant en silence

sans un murmure

sans un signe

sans même un adieu

 

 

Là où le secret se déroule

A même le cœur et la peau

 

 

Les yeux si près du ciel

Les yeux si près de la pierre

que tout est vu bien au-delà des vivants

 

 

Depuis le dedans

jusqu'à l'origine

 

 

Funambule sur le fil de l'absence

se faufilant entre les vivants et les morts

 

 

La parole incandescente

comme si l'âme était en feu

 

 

A travers la fenêtre de l'âme

mille choses du dedans

et mille choses du dehors

parfaitement enchevêtrées

 

 

Pas de rature dans l'âme

Des soustractions et des oublis

 

 

Le cœur si près de l'enfance

allant sans rien savoir

sans nommer les choses

confondant (pour sa plus grande joie)

l'âme et le monde

le silence et le bruit

l'infime et l'infini

 

 

Le cœur penché sur les mains et les choses

offrant au monde une présence (et des gestes)

d'une grande pureté

 

 

Sous les feuillages clairs

au milieu des fleurs

le visage posé sur la pierre

le cœur parfaitement apaisé

 

 

Au-dessus des chemins et des reflets

Cette autre vie, cet autre monde

où la douleur n'a plus cours

 

 

A travers la fenêtre

le vent et les yeux détachés

 

 

Les doigts trempés dans la boue

et l'âme, dans le ciel

ainsi se compose le poème

 

 

Le pas libéré du chemin

au cours de cette traversée de l'invisible

 

 

Au cœur de ces signes vagabonds

l'âme attentive

le cœur vivant

et un surplus de tendresse

 

 

Quelques mots

lancés entre la terre et le ciel

essayant de parvenir en ce lieu

ignoré par les Hommes

 

 

Un voyage sans hasard ni fin

 

 

Là où tout est silencieux

l'âme et le monde apaisés

au bord d'un chemin

où tout continue de passer

 

 

Sous le ciel de décembre

le jour immobile

le cœur clair

et ce regard franc

qui ne s'attarde sur rien

 

 

Personne

dans ce rêve un peu fou

du vent et des étoiles

et des ombres qui courent partout

 

 

Des mots si solitaires

que le monde semble lointain

 

 

Mystérieusement vivant

entre le songe et la terre

entre le ciel et la nuit

 

 

En ce lieu

où le voyage prend fin

mais ni le pas ni le chemin

 

 

Au cœur de cette patrie

faîte d'âme, de silence et de magie

 

 

Comme un soleil

à chaque recoin de ce monde

 

 

Le monde ?

Des noms et des histoires de frontières

 

 

Le cœur traversé par le monde et les siècles

 

 

Au-dessous d'un ciel qui se souvient

 

 

Devant un Dieu sans exigence

le geste dicté par le cœur

et le cœur guidé par la nécessité

 

 

Sous le joug de ce qui habite l'âme,

l'esprit et les tréfonds de la chair

 

 

Au plus profond

cette lumière impérissable

qui illumine

jusqu'aux plus lointaines

périphéries du monde

 

 

Au fond du ciel

cette voix qui n'appartient à personne

 

 

Le monde et le temps

avalés par la lumière

 

 

L'encre bien déterminée à refléter le ciel

 

 

Encore si loin des plus hautes cimes

 

 

Tant de formes, de couleurs et de solitude

en ce bas monde

 

 

Par-dessus l'épaule

le vent qui emporte tout

 

Ce qui traverse tout

jusqu'au fond de l'âme et de la chair

 

 

Ce qui relève de l'être

parfaitement mélangé

au cœur, à l'esprit, à la chair

et qui se tient là dans l'invisible

 

 

Flottant parmi les âmes

la vie et la mort

en dépit de ce que l'on voit

en dépit de ce que l'on croit

 

 

Au cœur de ces siècles si sauvages

 

 

Vent et poussière

ce monde

pas grand-chose

presque rien (en vérité)

 

 

Ici

sans que rien se hâte

ni le monde

ni le temps

 

 

Au-dedans de cette nuit

qui cingle et qui encercle

les yeux fous et les cœurs assombris

 

 

Allant d'un pas maladroit

vers ce vieux rêve de poème parfait

 

 

En ce pays où le mystère indiffère

comme si nul ne le pressentait

comme s'il était trop profondément enfoui

 

 

De l'autre côté de la parole

là où le silence est la seule offrande possible

 

 

Libéré du monde et de la lumière

en ce lieu où plus rien n'a (vraiment) d'importance

 

4 mars 2026

Carnet n°324 Entre l'étoile et la boue

Novembre 2025

De plus loin que la mémoire

jusqu'au premier instant du monde peut-être

le cœur échappé de la lumière

le cœur cherchant un autre rivage

cherchant aussi sans doute un autre visage

une manière de s'éloigner

et qui a créé (malgré lui) l'ombre et l'obscurité

 

 

A force d'innocence

ce que le cœur peut ressentir

ce que l'âme peut percevoir

la magie et le merveilleux du monde

tout ce bleu capable de remplir les yeux

en dépit des blessures et des soucis

 

 

Les mots parfois aussi puissants que les larmes

capables de repousser les parois du cœur

jusqu'aux dernières limites du monde

capables d'éclairer tout ce que les yeux ne voient pas

 

 

Au seuil d'une terre indivisible

le long de la lumière

par-delà la pensée et l'imaginaire

 

 

Au-dessus de l'écume

Ces eaux aux mains noueuses

qui déferlent sur la grève

Des étoiles grises plein les rêves

Et ce grand corps révérencieux

qui s'incline face au jour

 

 

Cette terre gelée

soumise au règne du froid

où les cœurs ploient sous le poids des ombres

où tout se penche et obéit

où tout aspire à plonger dans le grand sommeil

 

 

D'un bout à l'autre du monde

le même corps

la même respiration

sur fond de silence et de lumière

 

 

Non pas de l'autre côté du monde

Non pas de l'autre côté de l'âme

ici-même

en ce lieu – et dans l'état – où nous sommes

 

 

Sans même se souvenir de l'enfance

sans même se souvenir du nom

Au-delà du visage et des mots

quelque chose d'éternel

 

 

Le regard encore

partout où le mot ne peut aller

partout où le geste est défaillant

 

 

Si près des ombres et des vivants

Si près de l'écume et des reflets

En ce lieu où l'infini est partout

 

 

Le ciel dans la main ouverte

Le feu dans le poing fermé

Et entre les deux

Le rire, le vent

et tous les états de l'âme

 

 

Comme un ciel d'orage

ce monde si gris et si pressé

comme un ciel d'hiver

avec le cœur déjà enfoui sous la neige

 

 

La tête si près de la pierre

L'âme si proche du ciel

qu'il ne sert à rien de renier le monde

qu'il convient seulement de se tenir en équilibre

sur cette étrange passerelle

 

 

Vivre

comme vont l'eau et le vent

comme embrassent les lèvres

et comme étreignent les bras

sans très bien savoir pour quoi

 

 

Dans l'ivresse d'une présence brûlante

Je crois qu'il n'y a, en ce monde, de plus grande joie

 

 

Au cœur des siècles

Au cœur du monde

ces flammes et ces cendres

et cette ardeur fébrile

qui mène à l'oubli

si obstinément

 

 

Là où l'âme se frotte

aux aspérités du miroir

aux déformations des reflets

comme une pierre qui rayerait le visage

 

 

Sans plus savoir distinguer

l'ombre de la couleur

le silence du monde

la paume pourtant pleine de présages

 

 

Par-dessus l'écume

l'aube bleue

son parfum et sa lumière

Impassible devant nos tremblements

comme au premier jour du monde

 

 

Le cœur vieillissant

bien moins sensible au vertige du monde

accomplissant son destin à l'écart des étoiles

porté, à présent, davantage par la lumière que par le sang

 

 

Sans autres bagages que ceux que porte l'âme

sans autre joie que celle d'être là

sensible à ce Dieu qui sait s'agenouiller

avec nous sur la pierre

 

 

Et maintenant que le rêve s'achève

Et maintenant que la nuit est derrière nous

le cœur peut esquisser un sourire

la tristesse s'en est allée

 

 

Peut-être n'y a-t-il qu'à éclairer l'ombre pour voir ?

 

 

Au plus près de la chair blessée

Et au plus près des larmes

l'esprit qui sent ; l'esprit qui sait

 

 

Du silence et de l'oubli

au cœur de cette âme sans âge

qui habite nos tréfonds

 

 

La paume posée sur la pierre

contemplant le long défilé des nuages

abandonnant à la terre l'impatience et le temps

cherchant dans la lenteur et le passage

la réponse à toutes les questions

 

 

Quelque chose du bleu et du voyage

au pays des morts et des vivants

 

 

Le visage fouetté par l'écume et le vent

sans oublier que l'âme, en ce monde, est la seule qui voyage

 

 

Quelque chose du ciel

peut-être un visage

un peu de chair tremblante

derrière ces murs menaçants

 

 

Bâtie à même le silence

cette parole vivante

qui tutoie la pierre et le temps

 

 

Là où la nuit devient secrète

Si proche du mystère

qu'elle coule dans le sang

pour essayer de rejoindre l'aube prochaine

celle que les hommes, un jour peut-être,

sauront inventer

 

 

Alors que tout se tait

un destin s'exprime

l'âme dessine le fil

sur lequel il faudra marcher

 

 

Ce qui habite le plus familier

ce regard et ce feu

qui n'ont besoin ni de l'âme ni des yeux

 

 

Sur l'horizon

ce vent bleu qui souffle

emportant dans ses griffes

tous les rêves de la terre

 

 

Du plus profond de la mémoire

Ce silence et ce feu

et cet horizon de pierres

 

 

Ce qui brille au fond des yeux

assombri, si souvent, par le chaos du monde

 

 

Des mots comme une passerelle

jetée entre les âmes

entre les mondes

Manière de réunir ce qui semble séparé

 

 

Derrière nos sourires et nos grimaces

des tremblements nés de la rupture inaugurale

entre les âmes, les êtres et les choses

 

 

Au creux de la parole

le langage de l'âme

des signes invisibles

le commencement de l'au-delà

 

 

Sans même se souvenir du royaume

Déjà la tendresse et la lumière

dissimulées sous les larmes

derrière la violence et l'obscurité

comme si la nuit n'était qu'une apparence

 

 

Seulement le cœur et l'esprit

pour affronter la barbarie

Seulement le vent et la pluie

pour nettoyer toutes ces ignominies

 

 

Le regard glissant avec la langue

vers ces flammes immenses

où tout est jeté

jusqu'au cri

jusqu'à l'ombre

jusqu'à la cécité

 

 

Le cœur encore rempli d'écume et de cendres

recouvrant presque parfaitement le secret

 

 

Un seul mot parfois

Et tout s'illumine

 

 

Dans le bleu de cette voix

l'écho triste du monde

et le cri des désespérés

 

 

A même le rêve et la nuit

quelque chose de l'aube

Une porte ouverte sur l'étendue

et ce qu'il faut d'écoute et de lumière

pour que ce qui se murmure soit entendu

 

 

Comme un ciel

au-dedans du cœur

que rien ne pourrait assombrir

 

 

Assemblés tous les rêves

comme la toile sur laquelle nous marchons

tous en file indienne

 

 

Les uns contre les autres

si loin encore des premières cimes

dans le froid du monde

dans le froid des cœurs et des mains

L'âme enfouie sous des tonnes de glace

 

 

Le cœur si lourd

Le cœur si vaste

qu'au-dedans habitent tous les mondes

 

 

Si mystérieusement la vie

comme un pont de pierre

qui rejoindrait deux rives inconnues

 

 

Il y a comme un silence

au-dedans de la lumière

qu'aucune parole ne peut rejoindre

 

 

Sur la terrasse du temps

à contempler le défilé fugace

et le recommencement perpétuel du monde

 

 

Des mots imbibés du regard

où le verbe est tissé de silence

où la voix est d'abord une écoute

et une expression de la tendresse

 

 

Sous mille soleils déjà

cette terre où s'épanouissent les fleurs

où le sensible est penché sur son avenir

où la caresse a remplacé le cri

où l'homme n'est plus qu'un instrument de la vie

 

 

Sous trop de peines et d'écume

ces échines courbées

ces vies parsemées de mort(s) et de drames

ces âmes trop peu familières de l'invisible

 

 

Hors du rêve

le visage du monde

au-delà même des mots

 

 

En ce lieu de silence

où rien ne peut être oublié

le merveilleux comme l'impardonnable

La lumière comme l'obscurité

comme si toutes les choses de la terre

se retrouvaient (enfin) à égalité

 

 

Dans la lumière seule

les reflets du poème

l'encre tremblante de la parole

 

 

Le cœur qui partage sa tendresse

sous tant d'yeux indifférents

donnant aux âmes de ce monde

tout ce qu'elles réclament

 

 

Entre l'étoile et la boue

Parvenu à ce seuil sans gloire

 

 

Si près du pas

Le visage de la douleur

Le dérisoire de ce monde

sans jamais entendre ce qui se murmure

sans jamais attendre les fruits de la prière

 

 

Par-delà les choses

Le rire et le vent

 

 

Le cœur submergé

par les tremblements du ciel

la fragilité d'un Dieu sans défense

l'éternelle fraîcheur de la lumière

 

 

Le bruit de ce qui ne s'entend pas

à travers le poème

comme un secret livré à l'écume

un peu de tendresse offerte à ce monde infirme

 

 

A même le mirage et le sommeil

les danses du monde

insensible aux voix

et à ce qui se penche

si délicatement sur les âmes

 

 

La bouche grande ouverte

comme une béance

poussant un cri

crachant un feu immense

du fond de la nuit

 

 

Nous déchirant

si souvent

et sans même le savoir

jusqu'à l'insupportable

 

 

Allant

comme une nuée de créatures

au ventre proéminent

refusant la frugalité et l'innocence

au profit de la chair et de l'abondance

 

 

Tant de choses

sous ce ciel infini

 

 

Dans un coin du cœur

cette inépuisable source de larmes

l'antichambre, peut-être, de l'infini

 

 

La bouche bée

devant la beauté des nuages

leur étrange ballet

leur étrange langage

et l'inconsistance de leur passage

 

 

Au fond de la mémoire

cette joie sans raison

recouverte (trop souvent)

de grisaille et d'angoisse

 

 

Patiemment

les jours qui passent

comme tombe la neige

insoucieux des regards joyeux ou implorants

 

 

Comme un miracle

au-dedans de cette fragilité

 

 

Quelques pas

sur la pierre

un voyage peut-être

 

 

D'un seul trait

la réponse à tous les pourquoi

 

 

Le cœur penché sur sa tâche

inlassablement

 

 

Comme un surcroît de vent

presque une tempête

qui fait virevolter la poussière

au-dedans

 

 

Un jour après l'autre

Un pas devant soi

 

Un pas après l'autre

Le jour devant soi

 

 

En cet étrange pays

l'âme dressée

comme un mât de cocagne

 

 

Et ce chemin

sous les paupières

qui mène vers le mystère

 

 

La géographie de l'âme

avec ses crêtes et ses abîmes

avec ses rives et son Orient

et toutes les terres

qu'il nous reste à explorer

 

 

Sur la route

qui mène vers ce lieu

où le temps s'efface

et où la main se tend

 

 

A petits pas

jusqu'au bord du jour

 

 

Là où, peu à peu, le silence remplace les hurlements

Là où, peu à peu, la joie remplace les tremblements

 

 

A proximité d'une présence qui abolit le langage

qui place l'esprit face à un tas de poussière

et qui fait jaillir un fil vers lequel se pressent les pas

 

 

Sur les décombres du connu

le cœur posé à la manière d'un soleil

pour éclairer l'incertitude de la route

 

 

Là où le bleu parvient à colorer la langue

à déplacer le monde et à ouvrir les yeux

ici même quelquefois

 

 

A la charnière du vent

un peu de ciel

et quelques mots pour en témoigner

 

 

L'incommensurable poids de la mémoire

sur le monde et l'esprit

 

 

La tête un peu perdue

comme éclipsée

à mesure que le cœur s'élargit

 

 

Sous les yeux

et sous le front

exactement le même chemin

 

 

Derrière le si peu

comme une hauteur (presque) inatteignable

 

 

Ce qui consent

jusqu'à acquiescer au pire quelquefois

 

 

Sur le lit défait des rêves

un peu de lune et d'enfance

et quelque chose (bien sûr) du mystère

 

 

Le cœur à l'envers

confondant le jour et la nuit

recomptant les étoiles et les cris

comme s'il s'agissait d'inestimables trésors

 

 

Sous la même lumière

le ciel et la terre

l'âme et la poussière

le rêve et la prière

 

 

Seul

sur le sol

sous le ciel

face au vent

la condition de l'Homme

 

 

Comme un immense vertige

sur cette corde tendue

au-dessus de l’immensité

sans très bien savoir

où elle commence

et où elle finit

sans très bien savoir

où se trouve l'abîme

peut-être au-dehors

peut-être au-dedans

 

 

Les uns contre les autres

dans tous les sens

l'histoire du monde

 

 

Attentive

l'âme redressée

à l'écoute de ce qui remplace les mots

 

 

Le cœur offert à la poussière

 

 

Si loin des inventions de ce siècle

 

Quelque chose que l'on ne perçoit pas

comme une éclipse

peut-être un suspens

au milieu des histoires du monde

 

 

Au recommencement perpétuel du jour et de la rencontre

 

 

Si haut que seuls le cœur et l'esprit peuvent y pénétrer

 

 

Que penser de l'incroyable fraternisation de l'esprit et du monde avec la folie ?

 

 

Quelque chose entre la tristesse et l'extase

tout ce qui nous est donné à vivre

 

 

Plus haut que le jour

Là où l'être prend sa source

le visage de ce qui n'est jamais né

le visage de ce qui ne meurt jamais

 

 

Au cœur du rien

Là où le ciel nous fait face

Là où le cœur s'enfonce

Là où le souffle et la soif s'enlacent

 

 

A la hauteur du cœur

ce qu'offre la main

ce que l'esprit éclaire

 

 

A genoux

sur la pierre

Là où la route se divise

Là où le voyage transcende l'humain

 

 

La joie

par la pente la plus abrupte parfois

 

 

Tout si scrupuleusement secoué

pour que (dans nos vies) tout se détache

 

 

Bientôt nous deviendrons

cadavre et poussière éparpillée sur la terre

âme survolant le monde des vivants

un peu de vent au bras de Dieu et de la lumière

 

 

Ainsi

sans réponse

sans pourquoi

 

 

Le tribut du temps

offert au cœur de l'instant

 

 

De si loin parfois

le voyage

 

 

Le langage morcelé

à l'image de la pensée

qui jamais ne peut saisir la vie

dans sa globalité

 

 

Plus haut que l'évidence

 

 

Le trait de plus en plus exigeant

à mesure que le chemin se dessine

à mesure que l'absence de destination se précise

 

 

Paroles du ciel plutôt que langage

Manière d'être au monde plutôt qu'expression

 

 

Derrière le sommeil

les marges silencieuses du monde

 

 

Le parfum de la langue

à travers le poème

Et cette joie

dans la danse des mots

 

 

Au fond de l'âme

Au fond de l'encre

ce qu'il reste de l'enfance

 

 

Par-dessus le cœur

ce ciel d'ivresse

qui invite l'âme et le pas à la danse

 

 

S'asseoir en silence

et attendre la fin du temps

et le recommencement de la joie

 

 

Quelque chose

derrière le silence

le murmure des Dieux

 

 

Si serrés les nœuds

que rien ne peut s'extraire de l'étoffe

 

 

Sans pourquoi

le cœur s'engage

le poème s'écrit

porté par ce qui a traversé l'âme

 

 

Comme un trou dans le rêve

pour que s'écoule sa substance

pour qu'apparaisse un peu de ciel

 

 

Rien que des signes

obscurément dessinés sur la page

Pas une histoire

Pas un récit

Pas une réponse

Quelque chose de la fulgurance et de la fumée

 

 

Par-dessus le monde et le temps

Ce à quoi invite le poème

vers cette contrée de l'enfance

où le ciel parvient à colorer

le regard et les mots

 

 

Et s'il suffisait de guider le rêve pour s'en défaire

le conduire sur des chemins si haut

qu'on le verrait s'essouffler

et quitter, peu à peu, le cœur et l'esprit

 

 

Et si la lumière n'était que le prolongement de la poussière

et si la lumière n'était que la vérité au fond du sang ;

une manière innocente de vivre les circonstances

 

 

 

Le cœur voué à la vie, au monde et au vide

Quelque chose du destin (sans doute)

 

 

Alors que tout se révèle

rien de nouveau n'advient

Comme toujours – tout recommence

 

 

A la jonction de l'obscur et de l'étoile

là où se tient le passage

là où traversent tous ceux qui voyagent

 

 

Au plus haut de l'infini

La même poussière qu'ici-bas

 

 

Si près de l'ivresse

là où le monde et le temps s'effacent

là où le cœur se fracture et se répand

là où se posent simplement les pas

 

 

Le murmure de la roche qui se mêle

peu à peu au chant des étoiles

L'oreille de plus en plus fine et attentive

 

 

Au pied de ce qui demeure

Quelques âmes

et un peu de poussière

 

 

Au fil de l'histoire

ce qu'il faut oublier

 

 

Le cœur flétri

à force de mensonges

 

 

Au fil des saisons

toujours moins d'esprit

Et toujours plus de sang

 

 

A enfoncer toujours plus profondément les têtes

au fond de la nuit

alors que le monde réclame

davantage de cœur et de lumière

 

 

Au pied du monde

Au pied du temps

De vieux restes de mémoire

 

 

Et si l'on habitait un autre lieu que le rêve ?

 

 

Là où l'âme et la langue quittent leur refuge

sont prêtes à se consumer au contact de la lumière

 

 

De nouveau

le tournant manqué

et le retour au lieu initial

comme si la passerelle avait été brisée par l'élan

la volonté trop grande d'arriver

 

 

Du dedans ; ce rêve du monde

 

 

Et cette moue sur les lèvres

Et ce dégoût au fond du cœur

en voyant s'étendre le sommeil

 

 

A défaut de parole

une danse

un geste

ce qui s'esquisse

si près de la source

 

 

Là où le silence s'installe au cœur du jeu

pour rebattre les cartes

et redéfinir les rôles et la place de l'oubli

 

 

Le cœur au bord des lèvres

délivrant sa prière

et laissant le vent l'emporter

 

 

Au pied de l'inconnu

en cette terre où tout est à sa place

 

 

Les malheurs ?

Comme une très ancienne neige

tombée au premier jour du monde

et que ni le soleil ni le temps

n'ont (encore) réussi à faire fondre

 

 

Hors de l'épaisseur

ce qui nous modèle

ce qui nous cisaille

ce qui nous façonne

pour nous permettre

d'enjamber les traditions

 

 

Le bleu instinctif au front

laissant derrière nos pas

une longue traînée de couleur

 

 

Entraîné(s) vers le fond de la nuit

avec pour seul héritage l'aveuglement et l'illusion

 

 

Le cœur terré sous la langue

Manière, sans doute, de donner

un peu de poids aux mots

 

 

Ce qui se cache

sous le recommencement de la chair

ce qui prend parfois l'allure d'un mythe

mais qui a, en réalité, le visage du mystère

 

 

La fraternité des corps et des cœurs

allant ensemble

après le franchissement du dernier rêve

 

 

Des lieux où se mêlent le jeu, la prière et l'innocence

 

 

De l'autre côté du temps

là où tout est Amour et poésie

 

 

Au cœur de cette tribu fraternelle

où l'on se sustente de tendresse et de poème

où l'on danse jusqu'à l'aube

serrés les uns contre les autres

en écoutant le cœur et la langue

s'entremêler en gestes et en mots

 

 

Ce feu au fond du cœur

qui réchauffe l'âme et le monde

de manière ininterrompue

 

 

Au fond de la mémoire

cette amitié incertaine

née avant le commencement du temps

écrasée par toutes les histoires

et tous les souvenirs du monde

 

 

Tout mêlé au rêve, au sang et à la cendre

 

 

Il faudrait un grand vent

pour balayer tous nos mensonges

 

 

A portée de cœur

ce qui se cache

sous le nom et la peau

 

 

En quel lieu secret s'est retranché le désert ?

 

 

Si savamment mélangées

ces parts de l'âme

et ces parcelles de monde

 

 

Tant de peines, de sueur et de sang

pour (en définitive) obtenir si peu de choses

 

 

Et tous ces ongles qui rayent rageusement le ciel

comme si l'on pouvait s'en emparer ainsi

 

 

Rien que des promesses et des larmes

 

 

La soif par-dessous les grimaces et les cris

sans même le savoir

 

 

Le cœur à l'ouvrage ; littéralement

 

 

De seuil en seuil

jusqu'à dissiper le rêve

 

 

Nous écartant, peu à peu, du bruit des mots

des esprits qui tentent d'éclairer les routes de ce monde

des voix qui tentent d'expliquer le chemin de l'âme

de tous ceux qui font passer la prière avant la joie

 

 

Près du feu

autour duquel ne cesse de tourner la mort

autour duquel ne cessent de danser les vivants

 

 

Le cœur si joyeux

le cœur si chantant

comme si une nuée d'oiseaux

y avaient trouvé refuge

 

 

Le cœur enfoncé dans son destin

voyageur sans histoire ni chemin

s'en remettant au ciel et au vent

 

 

Parfois, les yeux en l'air

comme une sorte d'étrange travail de l'âme

une manière (peut-être) d'alléger le poids du monde

et d'imaginer un salut pour

ce qui semble ici-bas si misérable

et si plein de soucis

 

 

Le pas léger

face aux obstacles

la mine enjouée

par ce qui nous porte

et initie tous les élans

 

 

Du haut de la mort

jeté à la face du monde

cet effroi qui traverse

l'âme et la chair des vivants

 

 

De plus en plus fort

ce que nous susurre l'Amour

 

 

Le cœur penché

sur ce sang si épais qui se répand

si horriblement sur cette terre

 

 

Le cœur de plus en plus sautillant

à mesure que la légèreté

remplace l'angoisse (tyrannique) des vivants

 

 

Allant

par-delà le monde et la blessure

par-delà l'âme et le sang

vers ce pays qui n'existe pas

 

 

Quelque chose du mystère

derrière le visage de l'homme

 

 

Nul vivant ne peut s'extraire des forces de la terre et du feu

Nulle âme ne peut échapper à la puissance de l'Amour et de la lumière

 

 

Les yeux brillants

le cœur battant

à la vue de ce qui se dessine

sur la page

 

 

Au fond de l'âme

cette ivresse et cette clarté si puissantes

qu'elles font fermer les yeux

 

 

Derrière tous les désirs

l'ultime désir

et ce qui semble inépuisable

 

 

Ce que l'on dépose modestement

(si modestement) au pied du reste

quelques gestes

quelques mots

une manière indiscutable d'être ensemble

 

 

Quelque chose (bien sûr) de la lumière dans la parole

 

 

L'âme dressée comme un rempart contre le sommeil

 

 

Le cœur triste et féroce

à mesure que les possibles s'amenuisent

comme si l'on savait

que rien ne pourra plus être assouvi

 

 

Au large du monde

le ressort du merveilleux

caché sous une pluie d'étoiles

 

 

Les yeux absorbés par le rêve

au lieu de contempler la vie et la mort

 

 

Témoin de tant d'évidences

que la vérité nous échappe

 

 

Porté peut-être au plus haut du sacré

 

 

Si prodigieusement vivant

 

 

Au plus noire des heures

un reste de joie

la substance intarissable de l'âme

 

 

Dressé face à la déchéance

la tête hors de l'intervalle décrié

pieds nus sur la pierre

luttant contre la lassitude et le découragement

 

 

L'esprit fou

plongé dans l'onirisme et le délire

porteur des initiales du monde

et honoré comme la pièce essentielle du jeu

sans laquelle s'écrouleraient tous les châteaux de sable

 

 

Sous les habits rugueux de la forêt

l'âme dans son royaume

côtoyant les fleurs et les nuages

écoutant les esprits des bois

recueillant le chant des feuilles et du vent

honorant sa loyauté envers tous ses habitants

 

 

Le cœur dévoré par la perte

rongé par la nuit qui avale

par la tristesse qui s'immisce et s'infiltre

en train de mourir peut-être

 

 

Sur la pierre blanche

dans la compagnie des herbes et des bêtes

le monde au fond de l’œil

et la main délivrée du labeur de l'homme

 

 

La part éclatante du secret

au fond du cœur

au fond des yeux

comme si quelque chose, en nous, savait déjà

 

 

De quoi aller comme les nuages

sous les auspices d'un ciel parfois (un peu) trop sage

 

 

Cette incroyable profusion de signes sur la page

presque autant que d'étoiles dans le ciel

 

 

Le cœur retranché au-dedans

lorsque la vie se montre trop cruelle

lorsque le monde fait couler trop de sang

 

 

Au cœur de l'hiver

comme un feu – un peu de lumière

pour affronter la rudesse de ce monde

 

 

Sur cette terre sans espérance

ce qu'offrent le cœur et la main

à ce qui ne fait que passer

 

 

Et cet aveu inespéré du moins tangible

qui habite quelquefois le geste et le poème

 

 

Sur les hauteurs de l'invisible

cet Amour aux mains détachées

qui n'obéit qu'aux injonctions de l'âme

 

 

Assis sur la pierre froide

contemplant tous les reflets

ce qui traverse le monde et l'esprit

et attentif à ce qui résonne

aux échos du cœur

à ce qui résiste à la folie des Hommes

 

 

A la place de l'Homme

face au sang et au secret

essayant de déchiffrer

tous les signes du mystère

 

Le cœur retourné

à la périphérie du cercle

passant et repassant

devant le ciel posé à l'envers

 

 

Le silence susurré

à l'oreille de ceux qui veillent

 

 

Semblable à soi

Dieu

L'Autre

Le reste

 

 

Comme une réserve inépuisable de ferveur

au fond de l'âme qui croit

quelque chose entre l'Amour et l'espoir

qui donne à tous les gestes une allure de prière

 

 

C'est la couleur du rêve qui, un jour, nous fera douter...

 

 

La lumière au-dessus des yeux

plus haut (un peu plus haut) que l'âme

en ce lieu où cesse la pensée

où le monde est une absence

où le silence devient le seul refuge

 

 

Une parole sans assurance

témoignant seulement d'une expérience

cherchant dans le regard et au fond de l'âme

la preuve de ce qu'elle affirme

 

 

Sur les ruines bientôt d'un monde

qui n'aura cessé de piétiner l'idée du Divin

en cherchant son salut

dans ce qui causera sa chute

 

 

Laisser la prière s'extirper du sommeil

pour soutenir dans son œuvre le cœur de l'homme

 

 

Allant vers cette contrée

où la vie et la mort se tiennent par la main

où rien n'est plus vivant que le poème

où rien n'existe vraiment sinon peut-être

la voix et le cœur qui bat

 

 

Si éloigné des choses du rêve

des images et de la prépondérance du nom

de cette vie considérée comme un séjour

une parenthèse peut-être dans le voyage

de ce versant de la vie

où il n'y a rien d'autre

que l'immobilité, l'attente et la mort

 

 

L'âme dans l'espérance d'un ciel

et encore soumise aux jeux du monde

engluée dans cette angoisse folle du pari

 

 

Le cœur si étranger à la fête et à l'artifice

 

 

A l'ombre de si grandes figures

La table vide

La feuille blanche

Les mots que dicte l'âme

et le poème qui, peu à peu, se dessine

 

 

La voix debout

murmurant l'indicible

rejoignant les bords déchirés de l'Amour

osant une parole capable de guérir

 

 

Le cœur placé au-dehors

comme un phare – un minuscule repère

pour les âmes égarées

 

 

Au milieu de la terreur et du sommeil

le cœur à l'ouvrage

en dépit du nombre

en dépit de l'Homme

 

 

Au cœur du silence

la chair du monde

dont nul (bien sûr) ne peut s'extraire

 

 

Le cœur aussi vieux que la nuit et l'enfance

aussi vieux que la mort et les malheurs

cherchant dans le geste et la langue

un point de passage vers ce qui les a précédés

 

 

A la tombée de la nuit

Le cri de la chouette

Les paupières fermées

Quelque chose qui s'immisce dans l'âme

Peut-être les secrets de la forêt

 

 

Moins Homme que brume

moins chair que âme

et tout qui, peu à peu, s'efface

et tout qui, peu à peu, s'enlace

sans même le besoin de croire

 

 

Au cœur du sommeil

pas des hommes

pas des cœurs

pas des âmes

des mains agissantes

rudes et froides

déterminées

qui donnent la mort

sans trembler

et qui font reculer dans l'esprit

l'importance de la vie

 

 

La mort comme un miroir

devant lequel il convient de baisser les yeux

 

 

Entre nous

des liasses de feuilles

et ce silence qui effraye tant les Hommes

 

 

Entre les mains d'une absence

qui oscille entre la tendresse et le monde

 

 

Le cœur si serré dans les mains du vide

 

 

Tous nos cris, peu à peu, transformés en poème

 

 

Là où plus rien n'a de sens

comme si, au fond, il n'y en avait jamais eu

 

 

L'air de rien

peut-être le seul indice

 

 

Rouge

l'encre sur la page

comme si le cœur y avait laissé son empreinte

 

 

A chaque instant

si près du visage de la mort

 

 

Le peu de poids du cœur sur les choses de ce monde

Et le peu de poids du monde sur les choses du cœur

 

 

Vivant

sans même savoir ce qu'est l'âme

sans même savoir ce qu'est le monde

sans même savoir ce qu'est l'Homme

 

 

Tandis que nous vivons

tandis que nous essayons d'inventer une terre et un ciel

partout règnent la douleur et la cécité

et jusque dans l'âme de celui qui s'imagine épargné

 

 

Comme un passage vers la lumière

à travers la brume de ce monde

 

 

Ici et ailleurs

d'autres mondes

d'autres lumières

d'autres silences

et d'autres éternités

que ceux que nous imaginons

 

 

Rien que du ciel et du vent

au fond de l'âme

et cette cargaison d'oiseaux et d'étoiles

qui virevoltent et scintillent

au-dedans du sang

 

 

Là où tout se disperse et se confond

comme les nuages

mêlant leur souffle, leur visage et leur nom

 

 

A remuer en vain

tout ce sable et tout ce sang

 

 

Et cette joie de voir, parfois, vaincues la douleur et la misère

 

 

Face à la débâcle du monde

un ciel

une fleur

un poème

quelque chose qui résiste en silence

 

 

Ruisselant de larmes et de lumière

ce visage qui fait face au monde

 

 

Ce que la fin (heureusement) nous révèle

avant d'arriver à son seuil

 

 

Ce que le cœur devine

Ce que l'esprit comprend

la présence d'autres vies à l'intérieur de cette vie

l'existence d'autres mondes à l'intérieur de ce monde

et cette joie et ce silence que rien ne saurait souiller

 

 

A force de ne plus rien désirer

A force de ne plus résister

Dieu finit par tout remplacer

 

 

Au-delà du monde

Au-delà du songe

l'autre chemin

celui qui mène

à l'étreinte et à l'éternité

 

 

Et ce sourire qui n'est qu'un reflet de la lumière

 

 

Tout désormais entre les mains

d'un Dieu rieur et dansant

qui nous prend dans ses bras

et qui fait tournoyer les âmes

pour transformer le monde

en une ronde joyeuse et colorée

 

 

La foulée et l'aventure de plus en plus joyeuses

 

 

Aux frontières de l'infranchissable

 

 

Là où la douleur s'efface

Là où s'émancipe la chair

Là où l'esprit se délasse

Là où s'enjambent les frontières

Quelque part en soi

 

 

Calligraphie libre

mais pas encore (totalement) affranchie

du tumulte du monde

 

 

Signes dessinés avec l'âme

Poussières noires

sur le blanc de la page

Et, quelquefois, presque incongru

un petit nuage à la course tranquille

qui s'échappe du petit troupeau sombre

 

 

De la lumière dans le sang

et nos pieds nus sur la roche

Le destin de l'Homme

paré de sa richesse et de son infirmité

 

 

Le cœur inoffensif

placé là où les choses nous échappent

là où Dieu s'est immiscé derrière les visages

là où il n'y a plus rien ni personne

pour guider les âmes de passage

 

 

Au fond de la perte (et de la défaillance)

quelque chose du chant

comme une cloche pour initier le rire et la danse

et inaugurer l'expérience nécessaire

à la solitude et à l'abandon

 

 

Et si, au fond, notre parole et nos poèmes n'étaient adressés à personne...

 

 

Sous le masque du rêve

la mort qui se balance

au-dessus du monde

la chair pétrifiée des bêtes

et la prière de quelques hommes

 

 

Des éclats de sang

et des reflets de lumière

sous la chair incandescente

 

 

Le cœur affranchi des grands rites humains

allant dans le désordre de son feu

braises rouges dans ses rouages

quelque chose comme un rire

et un (irrévocable) besoin d'aller au-delà de l'Homme

 

 

Sous le cliquetis de la parole murmurée

tous les hurlements du monde

 

 

Bêtes et hommes côte à côte dans la douleur

le cœur écorcé à force de déchirures

fracturé à coups de hache

s'émiettant et tombant en lambeaux

 

 

Le temps à venir ne sera pas celui du monde

 

 

Mots et voyage sans distinction

 

 

Bien au-delà de ce que peuvent dire les mots

quelque chose du sourire

quelque chose de l'Absolu

Et la joie de l'âme qui danse au milieu des pages

 

 

Au pied de la vie

ce que nous avons abandonné

et qui, un jour, se redressera

pour danser au rythme des tambours du temps

 

 

Au fond de notre cœur

quelque chose d'incomplet

et le secret qui s'impatiente

 

 

Par là où tout passe

s'enlace, s'efface et repart

une fois la soif assouvie

 

 

Sous nos genoux

le sang noir de la terre

 

 

Le cœur penché sur la pierre

témoin de tous les drames

 

 

Toujours la lumière

par-dessus la mort

 

 

A travers le sort de la parole

notre destin

 

 

Tant de gisements au fond du cœur

dans lesquels nous ne piochons pas assez

 

 

Des millénaires d'histoire(s)

qui, au fond, ne veulent pas dire grand-chose

 

 

La chair usée à force de jours

Et le cœur exténué qui bat encore

 

 

Jaillissant du dedans

ces gestes vers le monde

ces paroles offertes

cette présence attentive

comme si le regard éclairait

les yeux et le fond de l'âme

 

 

Tout rassemblé

sous l'arbre

et dans la parole

 

 

Comme un murmure

au fond de la solitude

et l'accueil du silence

et le reflet de mille autres mondes

 

 

En ce lieu privé de sens

où tout se passe

 

 

De la chair et du sang

recouverts de peau

et ce qu'il faut d'Amour et de lumière

pour que le monde soit vivable

 

 

Sans courir

sans compter

allant et venant

comme les nuages et la neige

assez innocemment

 

4 mars 2026

Carnet n°323 Dans l'épaisseur du réel

Octobre 2025

L'effort délaissé

au profit de l'abandon

comme absorbé par un espace

au cœur duquel tout se dilue et se déchire

où seule la nécessité s'impose

 

 

L'enfance du monde

le cœur balbutiant

si immature encore

 

 

Le silence si haut

bien au-dessus des affaires du monde

et si l'on est (un tant soit peu) attentif

plongé au cœur même des êtres et des choses

 

 

L'expérience du monde

et la parole qui va avec

 

 

Dans l'obscurité

l'âme et la main qui s'avancent

pleines d'offrandes et d'espérance

Tâtonnant sur la roche

 

 

Sur le ballast des âges

un peu d'éternité

 

 

Agrippé(s) par cette danse folle du monde

sans jamais pouvoir s'arrêter

sans jamais pouvoir faire un pas de côté

tournant et tournant

jusqu'à ce que le reste nous avale

 

 

Sous le souffle du monde

le cœur battant

l'âme et la peau tannées par les coups

jour après jour

sans révolte possible

sans dialogue possible

sous le règne impérieux des circonstances

 

 

Blottis les uns contre les autres

dans cette chaleur animale

 

 

Sur la ligne d'horizon

l’œil et le vide

ensemble

dans le même passage

seuls éléments du monde

et témoins l'un de l'autre peut-être

 

 

A moitié exposé

à moitié caché

au milieu de ces pages

 

 

Rien que la voix et l'étreinte

et la course infatigable du monde

 

 

Jour après jour

sans étoile à suivre

sans la moindre goutte de sang versée

aussi seul et aussi présent que possible

 

 

Grignoté peu à peu par le monde

puis, un jour, entièrement avalé

 

 

Ne laissant derrière soi qu'un récit fragmenté

des éclats de vie ponctués de quelques silences

 

 

Depuis toujours

le temps sans cesse recommencé

 

 

Dieu dans le geste

davantage que dans la prière

 

 

Présence prisonnière

tantôt du monde

tantôt de la lumière

 

 

Effacées les questions d'autrefois

dissoutes dans l'impossibilité de la réponse

 

 

Parcourir l'âme et le monde

en adepte de toutes les géographies

 

 

Sans rien détruire

sans rien construire

une présence

qui laisse le monde intact

 

 

A la manière de l'âme

le poème penche

parfois vers le silence

parfois vers le mot

 

 

A contre-jour

assez aveugle assurément

comme si l’œil était coincé

dans l'un des interstices sombres du réel

où tout a l'apparence du monde

 

 

Dans l'épaisseur du réel

le jeu, le rire, le Divin et la joie

ce qu'expriment les visages quelquefois

 

 

Rien que la pierre et le ciel

 

 

Ce que nous faisons de notre existence

et ce que l'existence fait de nous

 

 

Tiré(s) à hue et à dia par tant de nécessités

sans jamais pouvoir échapper

ni au règne terrestre

ni aux lois du monde

 

 

Le vide en soi

au milieu de tant de forces

 

 

Le monde

au-delà de la pensée

Là où il y a quelque chose peut-être

 

 

Au cœur de la source déjà

comme un mendiant assis sur un trésor

qui, pour s'enrichir,

ne jurerait que par le voyage

 

 

A travers le geste et le mot ; le parcours

 

 

Des signes

pour nous défaire de la pesanteur et du temps

déconstruire ce que nous appelons le monde

pour retrouver en soi la souveraineté du vide

 

 

Où suis-je ?

Qui suis-je ?

moi qui ne suis

ni cette chair

ni cet esprit ?

 

 

Tant de vies

Tant de rêves

Tant de riens

A travers nos identités incertaines

 

 

Quelques traces

un peu d'épaisseur

pour les pas qui suivront

 

 

Derrière les ombres grises

ce parfum d'enfance entêtant

que le vent disperse au-dessus des têtes

 

 

L'infini ajusté à l'âme

de manière si parfaite

et lui offrant toujours

les transformations nécessaires

 

 

La chambre posée sous les nuages

ouverte au vent

se laissant traverser

par ceux qui habitent la forêt

 

 

Au fil de l'errance

peu à peu le soleil

et le goût du voyage

 

 

A même la lourdeur

ce qu'il faut de joie, de tendresse et de lumière

 

 

Rêver encore

comme si l'esprit n'avait d'autre carte à jouer

 

 

Chaque jour ainsi

recommençant

 

 

Là où l'on sème

nous ne verrons aucune récolte

 

 

Le destin de personne

celui d'un fantôme peut-être

 

 

Au fond du sommeil

l'apparence du monde

et au-dehors rien

du vent et de la liberté

 

 

Ce qu'il faut parfois inventer de mensonge

pour continuer à vivre

 

 

Douloureusement

en ce monde de pierres et de larmes

l'histoire de l'homme

l'éternel destin du vivant

 

 

Sous le sommeil

les blessures de l'âme

une absence que nul ne saurait guérir

que nul ne saurait apaiser

 

 

Le nom qui s'émiette

comme un bout de terre noire

une proéminence inutile

quelque chose du monde

dont l'âme, peu à peu, apprend à se défaire

 

 

Un peu de l'âme

un peu de lumière

une simple présence peut-être

Et parfois même qu'un sourire

ou quelques larmes

derrière cette profusion de mots

 

 

De la même couleur que le ciel ; notre aveuglement

 

 

Derrière la sauvagerie des corps

le souffle des âmes

et l'assentiment divin

 

 

Au-dessus du cirque irréel

le ciel impassible

 

 

Au plus clair de la vie personnelle

tout n'est qu'impersonnel

comme si l'individualité

en était la pointe

l'une de ses infimes expressions

la dérisoire facette d'un seul visage

dansant au milieu des autres

 

 

Le cœur sans ombre

sans soif, sans litanie

indifférent aux exubérances et aux rêves

obnubilé seulement par le poème et les yeux fermés

 

 

Mille mondes qui se chevauchent

comme un immense labyrinthe

où se côtoient mille réalités

où tout finit par se rencontrer

où tout finit par se mélanger

 

 

La parole nourricière

dans laquelle le monde

pioche sa substance

 

 

Jusqu'à la dernière heure

recommencer

 

 

Plus haut que la mort ; le tremblement

 

 

Le cœur bleu

à force de contempler le ciel

 

 

Une vie – des gestes

où se côtoient l'infime et l'infini

 

 

D'un monde à l'autre

jusqu'à l'éblouissement

qui fait ouvrir les yeux

 

 

Le cœur crevassé

d'où suinte un restant de tendresse

 

 

Là où la lumière devient un appel

 

 

Là où l'immensité remplace la pierre

comme une plongée dans le renversement du hasard

 

 

Découpé le temps

et quadrillé le monde

pour essayer de donner

du sens au voyage

 

 

Il y a tant de monde(s)

sous le poème

autant peut-être qu'au cœur du silence

 

 

Dans le champ de la lumière

même ce qui se cache dans l'ombre

 

 

La vie traversée

sans aucun retour possible

 

 

Ce qui s'entasse dans l'esprit

à force de rêves

 

 

Au rythme du cœur

la vie

le monde

le poème

 

 

Un autre mystère

derrière le mystère

et ainsi indéfiniment

 

 

Cet interminable travail sur soi

posé là ; irrésolu

livré à lui-même

abandonné à la vie

 

 

Des mots malgré soi

et le labeur de l'âme

indéfiniment

 

 

Le cœur partagé

entre le silence et les mots

entre la compréhension et l'oubli

 

 

Des arbres, des bêtes, des hommes

comme des nuages

soumis aux vents

et au règne des étoiles

 

 

Au cœur de la lumière

cette conversation silencieuse

 

 

Attendre encore que rien ne se passe

 

 

De dérive en dérive

de limite en limite

d'un bord à l'autre du monde

sans jamais franchir

les frontières de l'esprit

 

 

L'apparence d'un destin

une fiction peut-être

dont nous serions le personnage

 

 

Tapissés de chair et de sang

notre ossature

nos désirs

le visage de l'absence

quelque chose pour nous donner

un peu de consistance

 

 

Si lourd

le monde

derrière nos paupières

 

 

L'invisible

au cœur de notre géographie intime

 

 

Rien dans l'équation

ni d'un côté

ni de l'autre

 

 

Du vent et des courants d'air

le monde et nous

 

 

Par-dessus le désastre

le regard silencieux

 

 

Face au ciel

le cœur sans exigence

 

 

Ce qu'il faut rompre

au lieu de succomber

pour continuer le voyage

vers la lumière

 

 

Si solidement ancré

alors que tout crépite

que tout tournoie

que tout est emporté

comme s'il y avait une autre terre sous la terre

comme s'il y avait un autre ciel par-dessus le ciel

 

 

Gravitant autour du centre

selon les lois d'une géométrie bien étrange (et assez incompréhensible)

 

 

Le cœur périmé

à force d'attendre

à force de ne pas servir

 

 

Alourdis l’œil et le monde

par la danse du visible

 

 

Le cœur arpenté par la lumière

 

 

Loin de soi

au cœur du plus intime

là où se ressource la tendresse

 

 

Nos bras

soulevant le monde entier

là où l'esprit et le cœur ont failli

 

 

En soi

si profondément

que cela demeure un mystère

 

 

Le cœur (en partie) défait des désirs de l'homme

s'abandonnant au règne de l'étreinte

laissant la tendresse rétablir tous les liens

 

 

De la nature de la rosée

le corps

le cœur

le monde

le ciel

 

 

Le cœur rebelle aux lois du monde

rétif à tous les rouages

à tous les cercles

à tous les systèmes

préférant la solitude des marges

 

 

Sous les assauts de la soif

le cœur si consentant

 

 

Intactes les larmes sur nos joues

depuis le premier jour du monde

 

 

Et s'il n'y avait rien

rien et tous les possibles

 

 

Qu'exposent les mots ?

Et que dissimulent-ils ?

 

 

Et s'il n'y avait rien que l'Amour et le silence

 

 

Qu'attendre de la parole des hommes

sinon le prolongement du mensonge

ou, au mieux, de l'illusion

 

 

Il y a parfois aussi peu à dire qu'à faire

 

 

Revenir à Dieu

comme d'autres rentrent chez eux

 

 

Le silence et l'oubli

au terme du voyage

 

 

Le réel comme le rêve

Quelque chose, bien sûr, qui nous échappe

 

 

Là où sont le labyrinthe et la poussière

il y a aussi la joie et l'infini

 

 

Au seuil d'un ciel

dont la terre est la seule issue

 

 

Mourir encore et encore

jusqu'à disparaître

jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien

 

 

Le cœur triste et grognon

à trop regarder le monde

à vivre trop près des hommes

 

 

Aux marges de la condition humaine

là où il n'y a presque plus personne

hormis quelques âmes solitaires

quelques cœurs délicats

là où l'Amour peut entrer en résistance

là où le ciel se dessine déjà

 

 

Nous sommes plus vieux que la terre et le ciel

Nous sommes nés avec le premier jour du monde

alors qu'il n'y avait encore ni âme ni sang

en ce temps où tout ressemblait à tout

où tout ne ressemblait à rien

où le poème existait sans les mots

où le langage était le silence

en ce temps où il n'y avait ni soleil ni massacre

où il n'y avait ni destin ni personne

en ce temps où le début était le prolongement de la fin

où le temps n'avait pas encore été inventé

où les êtres et les choses (si l'on peut parler ainsi)

suivaient sans restriction toutes leurs fantaisies

 

 

Rien que le silence

et nos tremblements

 

 

La vie et le poème

comme les signes d'une présence mystérieuse

 

 

Au plus intime de l'âme

le souffle du monde encore

 

 

Intègre et ingénu

malgré toutes nos mutilations

 

 

Aucune sentence

si ce n'est ce que la vie nous donne à vivre

 

 

Ces pages ?

Ce que le cœur peut restituer

 

 

Face au monde

comme face au miroir

sans très bien savoir quoi faire

 

 

Au milieu des livres

Au milieu des danses

Au milieu de la poussière

 

 

Marié(s) à la roche et à la lumière

Qu'importe les épreuves et le chemin

 

 

Abandonné

sans rien posséder

Dans l'ivresse de la solitude et du dépouillement

 

 

Qui s'affrontent donc au-dedans de nous

pour avoir le cœur en si grand désordre ?

 

 

Dire la respiration de l'âme et du monde

leur beauté, leurs tremblements et leur lumière

 

 

Ce qui rayonne à notre insu

 

 

Si seul(s) dans nos séparations

en dépit de tous ces liens

que nous ne savons voir

 

 

Là où tout se rencontre

même les cœurs les plus étrangers

 

 

Sans rien savoir

comme abandonné(s) à l'obscurité

 

 

Le cœur plein de silence et de mots

pour dire la joie et les malheurs

de l'âme et du monde

 

 

Dans cet extravagant partage

Un peu de simplicité et de vent

et ce qu'il faut de lumière peut-être

pour apercevoir les barreaux

et la clé de notre geôle

 

 

L'âme à moitié étouffée

au fond de sa pauvre gangue de chair

 

 

Ah ! Ces lèvres folles qui disent et embrassent

comme si le monde était digne de recevoir

notre amour et d'écouter nos confidences

 

 

Aux bras de l'éternité

l'enfance qui s'avance

sans craindre ni la mort ni les désastres

 

 

Au milieu des soupçons et des menaces

Au milieu des crimes et de l'obscurité

Ce qui nous éclaire et ne peut périr

 

 

Au cœur du poème

Le souffle du monde et du temps

Le prolongement de l'âme

Et quelquefois le visage (apprivoisé) de la mort

quelque chose entre le sursaut et le tremblement

un tremplin peut-être vers le silence

 

 

Au recommencement de la faim

A la source de toutes les rengaines

le manque et la peur

le désir perpétuellement inassouvi du corps et de l'âme

 

 

Peu à peu

comme un passage qui se dessine

entre les murs qui s'effritent et se fissurent

comme si l'on abandonnait le sommeil et le temps

comme si l'on s'extirpait de la gangue du monde

une expérience au-delà (bien au-delà) de l'âme et du nom

 

 

Un peu de fumée

contre l'épaule

comme les rêves

qui peuplent la tête

auxquels rien ne s'oppose

sinon peut-être le vent

et le cœur lucide

 

 

Le récit de soi

d'un seul souffle

 

 

Sans jamais s'insurger

contre la poussière et la mort

ce à quoi nos vies ne peuvent échapper

 

 

Là où le cœur s'installe

à la place de la sauvagerie

pour que cesse l'abomination ;

le règne de la monstruosité

 

 

Quelque chose du secret

sous l'épaisseur du monde

derrière le tremblement des âmes

Le mystère que le cœur s'efforce d'éclaircir

 

 

L'âme clandestine

glissant sous les feuillages

dansant près des rivages

courant sur tous les chemins

pour échapper au monde et au sommeil

 

 

Ce feu au fond de l'âme

qui fait chauffer le sang

qui incendie le monde

qui brûle la vie

Ce feu au fond de l'âme

qui rend le cœur si vivant

 

 

Il y a tant d'horizons

au cœur du poème

que nous ne toucherons

que du bout des doigts

 

 

Il faut beaucoup de prétention ou d'ignorance

pour penser que sa vie a quelque importance

 

 

L'écriture morcelée

comme le cœur et l'esprit sans doute

 

 

La monstrueuse machinerie du monde en marche

 

 

 

Sous les apparences

le cœur et l'Absolu

 

 

A l'extrême pointe de l'âme

l'immensité et la lumière

 

 

Infiniment poreux

tous ces morceaux de monde

que l'esprit de l'homme a découpés

Sans la moindre frontière en vérité

 

 

Comme un espace

au fond de l’œil

où tout est suspendu

 

 

Le même jour

indéfiniment vécu

 

Le cœur arraché par le sommeil

 

 

Le cœur affolé

tantôt par le monde

tantôt par le vent

 

 

Victimes du même rêve

détenteurs de la même folie

dans ce monde sans remède

 

 

Ce qui rôde autour de nous

les loups et la brume

prêts à engloutir le mirage

ce rêve étrange que nous sommes

 

 

L'homme englué dans ses propres délires

dans ses ambitions et son ivresse

fondés sur le sang versé

 

 

Nous ne sommes personne

 

 

Là où s'éclipse la nuit

là où naît le poème

là où s'attarde la lumière

en ce lieu, si souvent, déserté par les Hommes

 

 

Parmi les ombres et les menaces

le cœur limpide

l'âme acérée

ce qui s'obstine à la justesse

malgré la corruption et l'hypocrisie

 

 

Au faîte de l'enfance

au-dessus des monstruosités du monde

quelque chose du silence

 

 

A voix basse

le poème

à peine audible

pour ne pas ajouter du bruit aux bruits

pour ne pas interrompre le silence

 

 

Invisible dans cette ère du paraître

 

 

De plus en plus anonyme

voilà ma seule gloire

 

 

Des mots abrités en lieu sûr

pelotonnés dans le poème

 

 

L'âme

comme un rêve dans le vent

comme du vent dans le rêve

et qui va là où nul ne l'attend

 

 

Par-dessus le lieu des habitudes

au rythme du sang

pour échapper au sommeil et à la mort

 

 

A force de tourner en rond

lassé par sa propre géographie

comme enfermé sur son minuscule territoire

 

 

Le corps immense

de toutes les infimes parcelles de la vie

reliées ensemble par ce que l'homme ne voit pas

 

 

Parvenu au seuil

au-delà duquel tout est égal

 

 

L’œil et le cœur attentifs

à toutes les douleurs

à toutes les peines

à tous les déchirements

 

 

Le monde

sous la lumière des profondeurs

 

 

Ce qui s'échafaude

depuis le fond de l'âme

cette étrange échelle vers la lumière

 

 

Au cœur même de l'ignorance

Ce qui sait déjà

 

 

Sous les masques

cette tendresse et cette innocence

dont le monde a tant besoin

 

 

Sous l'apparence des mots

L'âme sensible

Le cœur généreux

L'esprit affûté

L'être tout entier qui s'exprime

 

 

La proie de tout

Le prédateur de rien

voilà à quoi s'abandonne

celui qui sait

 

 

Le ciel au milieu des étoiles

Et, parfois, au milieu des visages

 

 

Le cœur souvent plus obscur que la nuit

 

 

L'esprit de l'homme galvanisé

par l'odeur de la peur, du sang et de la mort

 

 

A la lumière de ce qui ne se voit pas

Des pensées comme des nuages

Des chants sacrés et du silence

Et des leçons que l'on n'apprend pas

 

 

Le cœur tout entier dans le même désir

 

 

Comme un outil déposé aux pieds des autres

 

 

Et cette inquiétude au fond de l'âme

que l'on ne peut arracher

 

 

Dans le secret de la chambre

un souffle, un œil, des notes

mille gestes nécessaires

sous l'étoile la moins lointaine

 

 

Des prières et des gestes

comme des éclats d'âme et de monde

une manière, sans doute, de consentir à la vie

 

 

Là où logent le sang et la barbarie

au fond du cœur de l'homme

 

 

L'apparence du monde

qu'escortent la tête et les gestes

presque sans jamais s'interroger

 

 

Là où se façonnent la matière et le vivant

Là où règnent l'obscur et l'oubli

Au fond de l'esprit de l'homme

depuis que le monde est monde

 

 

Invisiblement notre identité

 

 

Traverser la vie comme si elle était un poème

et d'autres fois comme si elle était une tempête

Le cœur malhabile dans tous les cas

 

 

Dans l'incertitude de la terre et du ciel

dans cet entre-deux sans garantie

un pied dans l'un et un pied dans l'autre

et le cœur et la tête qui hésitent encore

 

 

Ce que le cœur abrite

bien plus que le visible

 

 

Éphémères

la saison des larmes

les blessures et les soucis

tout ce qui habite la chair et l'esprit

 

 

Tout ce qui se vit

Tout ce qui s'oublie

à la manière de la course hasardeuse des nuages

sous un ciel silencieux

 

 

Demeure en soi un sourire

en dépit de l’œuvre des hommes

 

 

Le cœur si près de la pierre

que l'on sent battre le pouls du monde

 

 

Sans autre consolation que la prière

et ce qui habite le fond de l'âme

 

 

Un peu au-dessus du cirque

Serait-ce là notre seule consolation ?

 

 

Le pas dansant

sur l'horizon incertain

 

 

Le poème et la prière

sur les hauteurs du monde

lancés par des lèvres tendres

 

 

Le chemin de plus en plus glissant

à mesure que l'on approche de la vérité

 

 

Rien que des images et des idées

pour appréhender le réel

Quelque chose, bien sûr, de l'infirmité

 

 

Ce qui vient avec le poème

Des bouts d'âme et de monde

 

 

Comme installé(s) au faîte de l'ivresse

en croyant toucher le ciel

alors que les pieds sont encore

englués dans la glaise

 

 

Jouet de l'enfance

comme l'eau qui coule

sans carte

sans se soucier de l'âme

embrassant le monde

sans craindre son destin

 

 

Les yeux posés sur la terre et le ciel

simultanément

sans rien séparer

ni soi ni le reste

ni l'être ni le monde

comme au cœur des liens qui se tissent

 

 

Déjà en soi

et qui nous porte (encore plus sûrement) vers nous-même

 

 

Sans hasard

Sans résistance

Sans raison

D'un lieu à l'autre

Le cœur et le pas silencieux

 

 

L'âme

comme une large fenêtre sur l'infini

et une manière aussi de faire entrer le vent et la lumière

 

 

Au-delà de la chair

Le mélange, la danse et le tournis

bien davantage qu'un désir

bien davantage qu'une prière

le lieu de la survie

 

 

Sur cette pente sans repère

à marche forcée

sans étoile

sans mémoire

sans appui

à travers ce que la vie

(nous) donne à vivre

 

 

Au-delà des cercles de ce monde

par-dessus les lois et la pensée

dans le sillage de quelques devanciers

 

 

Abattues les murailles de l’immensité

agenouillé à présent au milieu de la lumière

 

 

Le geste et la parole

infiniment reconnaissables

de ceux dont le cœur sait habiter le silence

 

 

Là où la route s'arrête

devient une perspective

comme un regain de clarté

bien plus qu'un horizon

quelque chose de la lumière

une manière d'aller le cœur désentravé

 

 

Plus vivant que jamais

quand la joie danse

au fond de l'âme

 

 

Passer

entre l'éternité et la mort

entre l'abîme et la lumière

sans l'ombre d'une hésitation

sans l'ombre d'un ressentiment

 

 

La vie aussi simple qu'un instant léger et dansant

lorsque le cœur est (profondément) habité

 

 

Chaque parole

un monde inconnu

un horizon qui s'invite

quelques possibles

et, parfois, un poème

 

 

L'au-delà des mots

et le dedans de l'âme

ce à quoi invite le poème

 

 

Mille jeux

au cœur du sommeil

où même Dieu a les yeux fermés

 

 

Le chant parfois (trop rarement) suffit

à faire taire les canons

à ouvrir les cœurs à la tendresse

à faire oublier pendant quelques instants le sang versé

 

 

Dans cette enclave

que sont l'âme et le poème

résistant à tous les assauts du monde

à tous les élans de la barbarie

sans autre drapeau que le silence et la prière

 

 

Sous les astres et l'étendue

rassemblées et dispersées

les âmes de ce monde

 

 

Là où le chant devient silence

en ce lieu où le sourire est la seule prière

 

 

Entre poussière et lumière

si souvent écartelé(s)

et confondant parfois le retour et le chemin

les avancées et les embourbements

 

 

Le viatique léger

un sourire

un peu de tendresse et de clarté

que l'on offre aux quelques âmes que nous croisons

 

 

Accepter, c'est aller vers l'aube

le cœur et les mains libres

affranchi des désastres et du désordre du monde

 

 

Être touché et traversé

comme l'arbre par la lumière

 

 

Là où tout se rencontre

Le sang et la prière

Les noms et les visages

La douleur et la joie

Les vivants et les morts

Tout ce qui existe ici et ailleurs

En ce monde et un peu plus loin

 

 

Ce qui se cherche

à inventer peut-être

 

 

Blottis contre le rêve

d'une manière presque animale

entre l'humus et le soleil

à défaut de pouvoir exister autrement

 

 

De plus en plus sauvage

la foire d'empoigne

en dépit des règles et des lois

 

 

Ce qui se renouvelle

au fil des jours, des siècles, des saisons

à mesure que les choses du monde s'achèvent

 

 

Au cœur de l'aube

comme un commencement du monde

la lumière au bord des yeux

un sourire au bord des lèvres

et, sur la joue, des larmes de joie

 

 

Pareils au bleu du cœur

le sommeil et les absences

toutes les indélicatesses de ce monde

 

 

D'un côté, le poids du passé

et de l'autre, celui de l'instant qui passe

 

 

Un peu trop de rêve et de monde sur la balance

 

 

Si inspirants ces nuages qui courent dans le ciel immense

qu'ils nous laissent bouche bée et le cœur attendri

 

 

Comme l'animal à l'aube

qui s'ébroue au seuil de la nuit

affamé de soleil et de tendresse

 

 

Funambule(s)

sur cet étrange fil

qu'est notre vie

 

 

Le cœur assailli

par le monde, l'attente et la nuit

si démuni face aux outrages

face aux outrances du langage

sans autre refuge que son secret

 

 

Humiliées jusque dans leur prière

les bêtes sacrifiées sur l'autel des hommes

 

 

Quelques lignes sous les étoiles

parfois silence

parfois poème

au gré des exigences du cœur

 

 

En ce monde

rien que le cœur battant

et quelques traits gribouillés

 

 

Le cœur tenace

si rieur aujourd'hui face à la nuit

se moquant de son impatience et de son opacité

se laissant à présent ensemencer

par tout ce qui le traverse

 

 

Quelque chose du chuchotement

ce qui se dit

si proche de l'écoute

comme un jeu étrange avec le silence

 

Rien qu'un regard et un feu

pour traverser l'hiver du monde

ce grand désert sans réponse

dans un voyage aux allures de contemplation

 

 

Au-delà de l’œil et de l'attente

cette longue veille sous les étoiles

Le cœur au milieu des ombres

à dévisager toutes les figures du temps

 

 

Le tic-tac du temps

comme si le monde était posé

sur une balançoire éternelle

 

 

Sans s'interroger

comme si nous étions des hommes

depuis toujours

 

 

Pas si loin d'un monde apocalyptique

 

 

Alternativement

champ de bataille et champ de ruines

 

 

Sur l'épaule

ces ombres millénaires

et, dans la main, une épée

comme si l'on vivait depuis toujours

sous le règne d'un Dieu sans yeux

 

 

Passant

comme le soleil

la parole et le destin

avant d'être avalé(s) par la nuit

 

 

Comme figé à jamais dans l'étincelle

 

 

Si fugace

ce souffle

sur le papier

 

 

Nous tous

Pas si loin, en réalité, de l'instant de la mort

 

 

Comme le roseau courbé par le vent

nous devrions, à notre tour, nous incliner

et esquisser une petite révérence

 

 

Là où nul ne peut demeurer

 

 

A mesure que la parole s'érode

le silence, au fond de l'âme, devient plus intense

 

 

Sans même le souci du dernier jour

 

 

Diluant la nuit (toute cette nuit)

dans l'immensité du regard

 

 

Balayés la poudre et le poids

les mensonges du monde et du temps

comme les nuages emportés par le vent

 

 

Par-delà la hâte et le sommeil

loin des rumeurs et des arènes

sous la douce lumière du jour

allant là où il n'y a plus de pente à gravir

là où il n'y a plus ni chaîne ni combat

là où il n'y a plus rien ni plus personne à condamner

 

 

Au fil de cette longue veille

tant de découvertes et de merveilles

et ce qu'il nous faut abandonner

 

 

Le silence

comme un peu de rosée

sur le bout de la langue

comme un vent frais

qui balaye les tréfonds de l'âme

 

 

A chaque mot

le cœur livré

jusqu'à ce que

tout disparaisse en soi

 

 

Ligne après ligne

comme si la poésie

pouvait aider le monde

 

 

Le cœur enivré

comme si Dieu était à l'intérieur

 

 

Sans autre besoin

que ce qu'offre le jour

 

 

Aller jusqu'au bout du langage

par-dessus les règles et les mots

par-dessus le verbe et les lieux

jusqu'à la pointe de l'indicible

 

 

Si aveuglément

cette traversée

comme si la lumière

manquait à l'intérieur

 

 

Le cœur affamé

avide de vent et d'horizons

cherchant l'essence du monde et de l'âme

la tendresse et le souffle de la liberté

quelque chose que la main ne peut saisir

et qui s'offre à celui qui s'est effacé

 

 

Sur ces pentes noires

où tout sent la perte et la nuit

où tout est recouvert de fumée et de cendres

jusqu'aux passants et à leurs offrandes

réunis au milieu du feu

 

 

A l'abri des braises

là où le monde ne ressemble plus à un incendie

là où le regard a la fraîcheur de la brise

là où la porte est à la fois ouverte et fermée

là où la raison n'est pas capable d'entrer

 

 

Si haut sur la page

comme hissé au faîte d'un amas de pierre

à mi-chemin entre le ciel et le silence

là où le poème peut être déposé

 

 

L'âme intègre

comme la mort et la douleur

indifférente à toutes les futilités

 

 

Sur cette route invisible

qui nous donne à vivre mille expériences

tiré(s) ici et poussé(s) là

sans rien comprendre

comme aimanté(s)

comme possédé(s)

laissant (malgré soi) au mystère

le soin de décider

 

 

Sans autre réponse

que ce qui nous anime

que ce qui nous heurte

que ce qui nous blesse

que ce qui nous caresse

que ce qui nous efface

que ce qui nous broie

 

 

Derrière notre silence

tant de questions abolies

comme si plus rien n'avait d'importance

comme si l'on n'avait jamais existé

 

 

A l'ombre d'un temps infini

les petites danses du monde

les petits tracas et les petits soucis

les mille âmes qui s'interrogent et s'impatientent

et la lumière que rien ne détruit

 

 

Comme un rêve

ce qui s'achève

sous le regard

de ce qui dure encore

 

 

Au-dedans même de la lumière

cette boue et ces cris

ces ombres qui tremblent

et cette chair vouée à la mort

 

 

Par le même chemin que les larmes

la joie ruisselante

le feu de l'âme

qui change le chagrin

en neige des cimes

 

 

Le cœur-langage

ce dont le monde a besoin

quelque chose qui s'émeut et s'exprime

qui offre des gestes de tendresse et d'affection

non pour consoler de vivre

mais pour dire la joie d'être ensemble

 

 

Le poème

des paroles de sable

trop souvent

et qui réussissent parfois

à faire grincer les dents

 

 

La terre est un ciel

né d'un autre ciel

où s'ennuient les Dieux

 

 

Le cœur si familier de ce qui se trame

 

 

Rien que du souffle et des larmes

qui, eux aussi, ne nous appartiennent pas

 

 

Tant de choses tissées ensemble

 

 

Si léger le pas qui danse

Si légère la voix qui chante

Et cette infinie tendresse offerte à celui

qui a eu l'intelligence (et la délicatesse) de s'effacer

 

 

Au fin fond des bois

ces râles et ces cris

ce qui meurt et ce qui vit

qu'un seul souffle sépare

 

 

Le cœur vénéré

à mesure que la vie empoigne

à mesure que le monde se révèle

à mesure que le temps passe

jamais assez tendre

jamais assez large

jamais assez sage

le seul véritable territoire de l'Homme pourtant

qu'il convient de hisser comme un fanal

au faîte de la pierre

 

 

Sans rien inventer

le poème qui prolonge

(qui se contente de prolonger) le rêve

 

 

Dans une solitude souriante

qui fait de cette rive une invitation

 

 

Nous aventurant plus avant

dans cette incertitude qui semble si fraternelle

 

 

La possibilité du retour

arrachée du poème

laissant la gorge éructer son cri

et la main caresser la promesse

 

 

Sur nos pages

Dans nos mains

quelque chose

comme l'empreinte d'un chemin

 

 

Au fond de l'âme

comme une inquiétude

et une question peut-être

que les millénaires ont déguisées en certitude

 

 

Là où plus rien n'a de poids

ni l'âme, ni l'autre, ni le monde

le cœur aussi léger que la voix

 

 

Des tourbillons et des tremblements

La vie et le monde tels qu'ils nous empoignent et nous emportent

et rien pour s'y opposer

pas même nos cris, nos larmes ou nos mains tendues

 

 

Nous plongeant dans le mystère

ce qui regarde lorsque l'on ne voit pas

ce qui s'anime lorsque rien ne bouge

sans même qu'il soit question

de lumière et de mouvement

 

 

A l'heure où tout se hâte

A l'heure où tout se gâte

Nos amours et nos incartades

Nos tentatives et nos dérobades

alors que l'automne est encore printanier

 

 

De l'autre côté du ciel

sur le versant de l'âme le plus infréquenté

le chemin et la destination

ce lieu où il n'y a ni rêve, ni règle

ce lieu où il n'y a rien ni personne

pas même des jours et des êtres qui passent

 

 

Ce qui nous a quitté

abandonné sans inquiétude

 

 

Si proche de l'oiseau dans le vent

qui hésite entre son nid et le plein ciel

 

 

Le cœur si proche de l'estomac

comment les yeux pourraient-ils se détourner

de ce qui peut assouvir la faim ?

 

 

Vivant sans un seul regard pour l'âme, le ciel et Dieu

 

 

Dans nos mains

toutes les autres mains

Et dans notre cœur

toutes celles qui s'y sont refusées

 

 

De plus en plus rien

De plus en plus personne

De plus en plus n'importe où

De plus en plus n'importe quand

Et si c'était cela exister ?

 

 

Au-delà de l'obscurité

ce que cache le jour

 

 

Silencieusement

aux marges de l'étendue

alors qu'au cœur du monde

les hommes s'affairent (assez bruyamment)

 

 

Quelque chose sur le visage

l'ombre du monde

et la lumière de l'âme

ce que le cœur laisse parfois entrevoir

 

 

Derrière la blessure secrète

un feu et un sourire

que rien ne saurait effacer

 

 

Face à l'immensité

le cœur sans espoir

le cœur émerveillé

 

 

La main tendue

vers ce qui n'appartient à personne

 

 

Là où nulle part est un lieu

celui où le cœur sort de sa captivité

 

 

Sans même le vouloir

ce que dit le poème

comme une évidence

à la place des mots

 

 

Dieu sous toutes les ossatures

Ce qu'il faut découvrir

au cœur des apparences de ce monde

 

 

Au-delà (bien au-delà) de l'homme et du mot

La porte ouverte vers laquelle convergent

tous les chemins et toutes les voix

 

 

Le poème mélangé à la roche et au sang

autant qu'au ciel et au silence

Ce qui se construit pour dire

ce que ne peuvent exprimer les mots

 

 

Si près de la lumière que le cœur réclame

Et si loin encore du recommencement perpétuel

 

 

Là où il n'y a que des larmes et de l'avidité

Là où il n'y a que des ombres et des âmes égarées

au cœur de ce monde déjà posé en pleine lumière

 

 

S'effacer inépuisablement

afin que l'âme se réjouisse de son ivresse

 

 

De la lumière plein les mains

Et des mots jetés en l'air

Et qu'importe que la grâce nous fasse défaut

 

 

Mystérieusement

ce qui surgit

 

 

Dans le respect du silence

La vérité qui se vit

 

 

Sur cette longue route faite de prières et de mots

 

 

Sous les arbres qui nous murmurent de sages paroles

et que l'on porte jusqu'au cœur pour nous autoriser

à danser sous les étoiles

à courir comme les nuages

à demeurer droit dans le vent

à vivre et à mourir

comme les bêtes et les hommes

 

 

Sans bruit

dans la chambre de la forêt

pour laisser la voix des bêtes et de la nuit

se poser sur notre seuil

et relayer les paroles du jour

 

 

Troublé par la peine des arbres

que les chants du vent propagent

nous abritant derrière les mots

pour laisser passer l'orage