Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
LES CARNETS METAPHYSIQUES & SPIRITUELS

A PROPOS

La quête de sens
Le passage vers l’impersonnel
L’exploration de l’être

L’intégration à la présence


 

CARNETS PUBLIES

L'expérience du monde 
Récit (1997-1999)

Solitudes 
Récit (2001)

Le petit chercheur Livre 1  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 2  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 3  
Conte (2004)

Quêteur de sens  
Essai anthologique (2005)

Traversée commune  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 1  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 2  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 3  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 4  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 5  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 6  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 7  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 8  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 9  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 10  
Livre expérimental (2007)

Tourbillon(s) 
Journal & récit (2008-2013)

Le goût d'autre chose 
Journal (2013-2016)

Un homme simple et sage 
Récit (2014)

Une âme sensible Vol 1  
Journal (2016-2019)

Une âme sensible Vol 2 
Journal (2016-2019)

Entre le rêve, le monde... Vol 1  
Journal (2019-2020)

Entre le rêve, le monde... Vol 2  
Journal (2019-2020)

Quelque chose du sang...  
Journal (2020-2021)

En plein cœur Vol 1 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 2 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 3 
Journal (2021-2022)

Si près de nos lèvres... Vol 1 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 2 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 3 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 4 
Journal (2022-2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 1 
Récit (2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 2  
Récit (2023)

Une destinée sans certitude Vol 1 
Journal (2023-2024)

Une destinée sans certitude Vol 2 
Journal (2023-2024)

Entre Dieu et la pierre Vol 1
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 2
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 3
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 4
Journal (2024-2025)

Quelques jours... Vol 1  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 2  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 3  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 4  
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 1
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 2
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 2 partie 1
Journal (2025-2026)

En son for intérieur Vol 2 partie 2
Journal (2025-2026)

 

CARNETS BRUTS

Carnet n°1
L’innocence bafouée

Récit / 1997 / La quête de sens

Carnet n°2
Le naïf

Fiction / 1998 / La quête de sens

Carnet n°3
Une traversée du monde

Journal / 1999 / La quête de sens

Carnet n°4
Le marionnettiste

Fiction / 2000 / La quête de sens

Carnet n°5
Un Robinson moderne

Récit / 2001 / La quête de sens

Carnet n°6
Une chienne de vie

Fiction jeunesse / 2002/ Hors catégorie

Carnet n°7
Pensées vagabondes

Recueil / 2003 / La quête de sens

Carnet n°8
Le voyage clandestin

Récit jeunesse / 2004 / Hors catégorie

Carnet n°9
Le petit chercheur Livre 1

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°10
Le petit chercheur Livre 2

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°11 
Le petit chercheur Livre 3

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°12
Autoportrait aux visages

Récit / 2005 / La quête de sens

Carnet n°13
Quêteur de sens

Recueil / 2005 / La quête de sens

Carnet n°14
Enchaînements

Récit / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°15
Regards croisés

Pensées et photographies / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°16
Traversée commune Intro

Livre expérimental / 2007 / La quête de sens

Carnet n°17
Traversée commune Livre 1

Récit / 2007 / La quête de sens

Carnet n°18
Traversée commune Livre 2

Fiction / 2007/ La quête de sens

Carnet n°19
Traversée commune Livre 3

Récit & fiction / 2007 / La quête de sens

Carnet n°20
Traversée commune Livre 4

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°21
Traversée commune Livre 5

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°22
Traversée commune Livre 6

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°23
Traversée commune Livre 7

Poésie / 2007 / La quête de sens

Carnet n°24
Traversée commune Livre 8

Pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°25
Traversée commune Livre 9

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°26
Traversée commune Livre 10

Guides & synthèse / 2007 / La quête de sens

Carnet n°27
Au seuil de la mi-saison

Journal / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°28
L'Homme-pagaille

Récit / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°29
Saisons souterraines

Journal poétique / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°30
Au terme de l'exil provisoire

Journal / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°31
Fouille hagarde

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°32
A la croisée des nuits

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°33
Les ailes du monde si lourdes

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°34
Pilori

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°35
Ecorce blanche

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°36
Ascèse du vide

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°37
Journal de rupture

Journal / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°38
Elle et moi – poésies pour elle

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°39
Préliminaires et prémices

Journal / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°40
Sous la cognée du vent

Journal poétique / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°41
Empreintes – corps écrits

Poésie et peintures / 2010 / Hors catégorie

Carnet n°42
Entre la lumière

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°43
Au seuil de l'azur

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°44
Une parole brute

Journal poétique / 2012 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°45
Chemin(s)

Recueil / 2013 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°46
L'être et le rien

Journal / 2013 / L’exploration de l’être

Carnet n°47
Simplement

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°48
Notes du haut et du bas

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°49
Un homme simple et sage

Récit / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°50
Quelques mots

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°51
Journal fragmenté

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°52
Réflexions et confidences

Journal / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°53
Le grand saladier

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°54
Ô mon âme

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°55
Le ciel nu

Recueil / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°56
L'infini en soi 

Recueil / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°57
L'office naturel

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°58
Le nuage, l’arbre et le silence

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°59
Entre nous

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°60
La conscience et l'Existant

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°61
La conscience et l'Existant Intro

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°62
La conscience et l'Existant 1 à 5

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°63
La conscience et l'Existant 6

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°64
La conscience et l'Existant 6 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°65
La conscience et l'Existant 6 (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°66
La conscience et l'Existant 7

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°67
La conscience et l'Existant 7 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°68
La conscience et l'Existant 8 et 9

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°69
La conscience et l'Existant (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°70
Notes sensibles

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°71
Notes du ciel et de la terre

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°72
Fulminations et anecdotes...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°73
L'azur et l'horizon

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°74
Paroles pour soi

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°75
Pensées sur soi, le regard...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°76
Hommes, anges et démons

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°77
La sente étroite...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°78
Le fou des collines...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°79
Intimités et réflexions...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°80
Le gris de l'âme derrière la joie

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°81
Pensées et réflexions pour soi

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°82
La peur du silence

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°83
Des bruits aux oreilles sages

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°84
Un timide retour au monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°85
Passagers du monde...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°86
Au plus proche du silence

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°87
Être en ce monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°88
L'homme-regard

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°89
Passant éphémère

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°90
Sur le chemin des jours

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°91
Dans le sillon des feuilles mortes

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°92
La joie et la lumière

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°93
Inclinaisons et épanchements...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°94
Bribes de portrait(s)...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°95
Petites choses

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°96
La lumière, l’infini, le silence...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°97
Penchants et résidus naturels...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°98
La poésie, la joie, la tristesse...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°99
Le soleil se moque bien...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°100
Si proche du paradis

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°101
Il n’y a de hasardeux chemin

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°102
La fragilité des fleurs

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°103
Visage(s)

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°104
Le monde, le poète et l’animal

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°105
Petit état des lieux de l’être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°106
Lumière, visages et tressaillements

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°107
La lumière encore...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°108
Sur la terre, le soleil déjà

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°109
Et la parole, aussi, est douce...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°110
Une parole, un silence...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°111
Le silence, la parole...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°112
Une vérité, un songe peut-être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°113
Silence et causeries

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°114
Un peu de vie, un peu de monde...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°115
Encore un peu de désespérance

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°116
La tâche du monde, du sage...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°117
Dire ce que nous sommes...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°118
Ce que nous sommes – encore...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°119
Entre les étoiles et la lumière

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°120
Joies et tristesses verticales

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°121
Du bruit, des âmes et du silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°122
Encore un peu de tout...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°123
L’amour et les ténèbres

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°124
Le feu, la cendre et l’infortune

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°125
Le tragique des jours et le silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°126
Mille fois déjà peut-être...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°127
L’âme, les pierres, la chair...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°128
De l’or dans la boue

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°129
Quelques jours et l’éternité

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°130
Vivant comme si...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°131
La tristesse et la mort

Récit / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°132
Ce feu au fond de l’âme

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°133
Visage(s) commun(s)

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°134
Au bord de l'impersonnel

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°135
Aux portes de la nuit et du silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°136
Entre le rêve et l'absence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°137
Nous autres, hier et aujourd'hui

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°138
Parenthèse, le temps d'un retour...

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°139 
Au loin, je vois les hommes...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°140
L'étrange labeur de l'âme

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°141
Aux fenêtres de l'âme

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°142
L'âme du monde

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°143
Le temps, le monde, le silence...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°144
Obstination(s)

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°145
L'âme, la prière et le silence

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°146
Envolées

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°147
Au fond

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°148
Le réel et l'éphémère

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°149
Destin et illusion

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°150
L'époque, les siècles et l'atemporel

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°151
En somme...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°152
Passage(s)

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°153
Ici, ailleurs, partout

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°154
A quoi bon...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°155
Ce qui demeure dans le pas

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°156
L'autre vie, en nous, si fragile

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°157
La beauté, le silence, le plus simple...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°158
Et, aujourd'hui, tout revient encore...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°159
Tout - de l'autre côté

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°160
Au milieu du monde...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°161
Sourire en silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°162
Nous et les autres - encore

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°163
L'illusion, l'invisible et l'infranchissable

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°164
Le monde et le poète - peut-être...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°165
Rejoindre

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°166
A regarder le monde

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°167
Alternance et continuité

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°168
Fragments ordinaires

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°169
Reliquats et éclaboussures

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°170
Sur le plus lointain versant...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°171
Au-dehors comme au-dedans

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°172
Matière d'éveil - matière du monde

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°173
Lignes de démarcation

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°174
Jeux d'incomplétude

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°175
Exprimer l'impossible

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°176
De larmes, d'enfance et de fleurs

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°177
Coeur blessé, coeur ouvert, coeur vivant

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°178
Cercles superposés

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°179
Tournants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°180
Le jeu des Dieux et des vivants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°181
Routes, élans et pénétrations

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°182
Elans et miracle

Journal poétique / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°183
D'un temps à l'autre

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°184
Quelque part au-dessus du néant...

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°185
Toujours - quelque chose du monde

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°186
Aube et horizon

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°187
L'épaisseur de la trame

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°188
Dans le même creuset

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°189
Notes journalières

Carnet n°190
Notes de la vacuité

Carnet n°191
Notes journalières

Carnet n°192
Notes de la vacuité

Carnet n°193
Notes journalières

Carnet n°194
Notes de la vacuité

Carnet n°195
Notes journalières

Carnet n°196
Notes de la vacuité

Carnet n°197
Notes journalières

Carnet n°198
Notes de la vacuité

Carnet n°199
Notes journalières

Carnet n°200
Notes de la vacuité

Carnet n°201
Notes journalières

Carnet n°202
Notes de la route

Carnet n°203
Notes journalières

Carnet n°204
Notes de voyage

Carnet n°205
Notes journalières

Carnet n°206
Notes du monde

Carnet n°207
Notes journalières

Carnet n°208
Notes sans titre

Carnet n°209
Notes journalières

Carnet n°210
Notes sans titre

Carnet n°211
Notes journalières

Carnet n°212
Notes sans titre

Carnet n°213
Notes journalières

Carnet n°214
Notes sans titre

Carnet n°215
Notes journalières

Carnet n°216
Notes sans titre

Carnet n°217
Notes journalières

Carnet n°218
Notes sans titre

Carnet n°219
Notes journalières

Carnet n°220
Notes sans titre

Carnet n°221
Notes journalières

Carnet n°222
Notes sans titre

Carnet n°223
Notes journalières

Carnet n°224
Notes sans titre

Carnet n°225

Carnet n°226

Carnet n°227

Carnet n°228

Carnet n°229

Carnet n°230

Carnet n°231

Carnet n°232

Carnet n°233

Carnet n°234

Carnet n°235

Carnet n°236

Carnet n°237

Carnet n°238

Carnet n°239

Carnet n°240

Carnet n°241

Carnet n°242

Carnet n°243

Carnet n°244

Carnet n°245

Carnet n°246

Carnet n°247

Carnet n°248

Carnet n°249

Carnet n°250

Carnet n°251

Carnet n°252

Carnet n°253

Carnet n°254

Carnet n°255

Carnet n°256

Carnet n°257

Carnet n°258

Carnet n°259

Carnet n°260

Carnet n°261

Carnet n°262

Carnet n°263
Au jour le jour

Octobre 2020

Carnet n°264
Au jour le jour

Novembre 2020

Carnet n°265
Au jour le jour

Décembre 2020

Carnet n°266
Au jour le jour

Janvier 2021

Carnet n°267
Au jour le jour

Février 2021

Carnet n°268
Au jour le jour

Mars 2021

Carnet n°269
Au jour le jour

Avril 2021

Carnet n°270
Au jour le jour

Mai 2021

Carnet n°271
Au jour le jour

Juin 2021

Carnet n°272
Au jour le jour

Juillet 2021

Carnet n°273
Au jour le jour

Août 2021

Carnet n°274
Au jour le jour

Septembre 2021

Carnet n°275
Au jour le jour

Octobre 2021

Carnet n°276
Au jour le jour

Novembre 2021

Carnet n°277
Au jour le jour

Décembre 2021

Carnet n°278
Au jour le jour

Janvier 2022

Carnet n°279
Au jour le jour

Février 2022

Carnet n°280
Au jour le jour

Mars 2022

Carnet n°281
Au jour le jour

Avril 2022

Carnet n°282
Au jour le jour

Mai 2022

Carnet n°283
Au jour le jour

Juin 2022

Carnet n°284
Au jour le jour

Juillet 2022

Carnet n°285
Au jour le jour

Août 2022

Carnet n°286
Au jour le jour

Septembre 2022

Carnet n°287
Au jour le jour

Octobre 2022

Carnet n°288
Au jour le jour

Novembre 2022

Carnet n°289
Au jour le jour

Décembre 2022

Carnet n°290
Au jour le jour

Février 2023

Carnet n°291
Au jour le jour

Mars 2023

Carnet n°292
Au jour le jour

Avril 2023

Carnet n°293
Au jour le jour

Mai 2023

Carnet n°294
Au jour le jour

Juin 2023

Carnet n°295
Nomade des bois (part 1)

Juillet 2023

Carnet n°296
Nomade des bois (part 2)

Juillet 2023

Carnet n°297
Au jour le jour

Juillet 2023

Carnet n°298
Au jour le jour

Août 2023

Carnet n°299
Au jour le jour

Septembre 2023

Carnet n°300
Au jour le jour

Octobre 2023

Carnet n°301
Au jour le jour

Novembre 2023

Carnet n°302
Au jour le jour

Décembre 2023

Carnet n°303
Au jour le jour

Janvier 2024


Carnet n°304
Au jour le jour

Février 2024


Carnet n°305
Au jour le jour

Mars 2024

 

Carnet n°306
Au jour le jour
Avril 2024

 

Carnet n°307
Comme à la pointe du rêve
Mai 2024

 

Carnet n°308
A l'orée du plus intime

Juin 2024

 

Carnet n°309
Au bord du monde – la lumière

Juillet 2024

 

Carnet n°310
Derrière les mots

Août 2024

 

Carnet n°311
Allant sans savoir

Septembre 2024

 

Carnet n°312
Un œil au cœur de la fable

Octobre 2024

 

Carnet n°313
Un manteau d'étoiles et de sang

Novembre 2024

 

Carnet n°314
Là où l'on s'incline

Décembre 2024

 

Carnet n°315
Devant un Dieu invisible

Janvier 2025

 

Carnet n°316
Ecoutant ce qui demeure

Février 2025

 

Carnet n°317
Et si le monde était l'exil

Mars 2025

 

Carnet n°318
La danse secrète

Avril 2025

 

Carnet n°319
Le cœur engagé dans l'aventure

Mai 2025

 

Carnet n°320
Ce qui veille au fond de l'âme

Juin 2025

 

Carnet n°321
Dans l'écume du mystère

Août 2025

 

Carnet n°322
Vers l'indéchiffrable

Septembre 2025

 

Carnet n°323
Dans l'épaisseur du réel

Octobre 2025

 

Carnet n°324
Entre l'étoile et la boue

Novembre 2025

 

Carnet n°325
Tant qu'il y aura des jours

Décembre 2025

 

Carnet n°326
Des choses et d'autres

Janvier 2026

Epigraphes associées aux carnets

© Les carnets métaphysiques & spirituels

10 octobre 2023

Carnet n°299 Au jour le jour

Septembre 2023

L'écart et le désir du monde...

Et ce chemin ; et cette voix – qui nous empruntent ; et l'impossibilité du retour ; et l'impossibilité de l'autrement...

Vers le nord ; le grand large – peut-être...

Hors de l'histoire qui se déroule...

Entre la feuille et l'arbre ; entre le feutre et la pierre ; les pas – les lignes ; et tout ce qui nous précède ; et tout ce que l'on ne voit pas...

La tristesse – les mille désastres ; ce qui crève ; et l'impuissance de nos larmes par-dessus...

Et le bleu encore ; et le bleu toujours ; ce à quoi l'on aspire – invariablement (que l'on soit ou non affranchi des volontés personnelles)...

Ce qui cherche à s'atteindre ; à se retrouver ; dans l'effacement des frontières ; dans l’effacement de la distinction ; à travers le trésor mille fois entrevu ; déjà – au fond de l'âme...

Avec rien derrière ; et l'inconnu devant soi...

 

 

Nous éloignant de toutes les absences...

Qu'importe l'éternité et l'existence des Autres...

Qu'importe les promesses du réseau...

Inévitablement ; nous laissant congédier...

Nous détournant de ce qui (nous) détourne...

Vers l'exil des pas – des murs – des solitudes...

Dans l'intimité de ce qui nous ébranle ; de ce qui nous explore ; de ce qui nous fait exploser ; de ce qui nous fait disparaître...

Avec, à nos pieds, ces éclats de miroir et d'identité...

Et sans moquerie – sans épaisseur – sans surprise – ce sourire face au vide rétabli...

Comme une trouée de lumière dans la brume édifiée [et que le monde solidifie ; et dont chaque geste (humain) renforce la consistance]...

Une terre – une matière ; et de l'ineffable ; à la découpe ; liquidés à bas prix pour la gloire de quelques-uns ; au profit de personne...

Et en attendant la fin – l'inévitable déclin – l'ultime danse des choses – peut-être – ce que l'on aperçoit aujourd'hui ; les derniers tours du monde et du temps avant la grande braderie (qui a déjà commencé) ; avant la grande liquidation – la grande métamorphose qui s'annonce...

 

*

 

A pieds joints sur l'évidence...

Le sans nom ; déjà là ; et qui s'enfonce (encore) plus profondément...

A la manière d'un royaume sous la neige du monde ; et sous les confettis colorés des hommes...

Sans rien saisir des lois ; et de la lumière...

Sans rien savoir (sans rien même deviner) de notre (véritable) visage...

Au service – seulement – de ce qui est là ; de ce que l'on porte ; de ce qui nous habite ; sans même nous en douter...

 

 

Le jour précipité ; au cœur de l'infime...

Comme des vibrations ; un rythme – une cadence ; une ouverture – une perspective – peut-être...

A flux tendu ; à travers les failles et les interstices ; à travers toutes les faiblesses...

On devine ; on ne sait pas ; on n'en sait rien ; qui pourrait donc voir (et décrypter) l'invisible ; à qui pourrait être donné ce privilège...

 

 

L'aube et le crépuscule ; d'un même élan ; dans le même tournis...

Quelque chose de l'immobilité dans le mouvement ; et l'inverse aussi (évidemment)...

Presque imperceptible tant que rien n'a fait silence ; au-dedans...

 

 

Le cœur affaibli ; comme épinglé par ceux qui rêvent d'habiter la lune et de collectionner les étoiles...

Percé de toutes parts ; criblé de flèches enflammées...

En dépit de ceux qui dansent (qui continuent de danser) – les chaînes aux pieds – autour du feu – pour célébrer la vie et l'univers...

Et lentement – l'entièreté de la surface que l'on recouvre de laideur et d'infamie...

Avec des histoires plein les yeux ; et que les lèvres se mettent à raconter...

Avec en guise de médaille ; en guise de tatouage ; les épreuves du monde qui marquent la chair et les esprits...

Soulignant cette arrogance (naturelle) de l'homme (nourrie par sa longue lutte pour la survie et la domination) qui s'imagine libre et brave alors que son cœur et sa langue – que ses mains et ses pieds – sont mus par l'invisible au gré des rencontres entre la lumière et l'obscurité ; sans savoir que tous les fils sont emmêlés à ceux de la danse – à ceux de la trame ; à ceux de la nasse ; et que nul ne peut s'en extraire ; et que nul ne peut y échapper...

Indistinctement ; l'espace et les créatures terrestres ; et tous les yeux prisonniers du même angle mort...

 

*

 

A travers les fureurs et les hécatombes ; les bras soulevés par la peur...

Les reins surchargés ; sur lesquels on entasse tous les objets du monde...

Et ça avance – cahin-caha – au milieu des champs de bataille – manquant de se disloquer – à chaque pas ; et de faire tomber le lourd chargement...

Sans explication ; parmi le long défilé des têtes qui passent ; qui émergent puis qui tombent et disparaissent...

Sur le territoire oublié où le temps file et appelle la mort...

Et la faim crispée dans le sang qui pousse au crime et réduit l'âme à une sorte de bête fauve (et furieuse) qui tente de briser (en vain) les barreaux de sa cage...

 

 

L'air irrespirable du monde...

Vidant le ciel de son essence ; de sa lumière...

Des choses pâles ; des âmes exsangues...

Et le rouge qui nourrit (qui continue de nourrir) la terre ; et le noir que déversent (que continuent de déverser) les cœurs...

Une longue suite de peurs ; puis, des pierres tombales alignées...

Ce qui ressemble à notre histoire ; trait pour trait – notre visage ; notre destin...

Le bleu si lointain ; et même plus de larmes pour pleurer...

 

 

Quelque chose que l'on attend ; et qui tarde ; déjà là – pourtant ; si imperceptible par le cœur (et les yeux) des vivants...

Comme une lumière liée à notre manière de vivre – de respirer – d'entrer en relation avec le reste...

Parfois lueur – parfois étincelle – candélabre (plus rarement) dans la nuit (continue) du monde et de l'âme...

Ce qui se voit – ce que certains voient – comme un nez au milieu de la figure...

 

 

Là où l'autorité s'éclipse ; la joie comme un feu qui crépite...

Les lois arrachées à mains nues ; sur la demande du plus insistant...

Comme une évidence ; l'espace à partager ; les frontières piétinées par la danse...

Relié(s) ; sans autre obstacle – sans autre muraille – que ses (propres) absences...

 

 

Le feutre qui glisse ; le feutre qui danse...

Entre la joie et l'effacement ; sur le désespoir et l'attente ; sans rien espérer ni du monde – ni de ceux qui serrent les dents (ou les poings au fond de leurs poches)...

Apôtre de l'impossible et de l'insolence...

A l'intention de ceux qui parcourent (et cartographient) le réel et l'existence en s'abandonnant à ce qui les excite – à ce qui les éclaire – à ce qui les enflamme...

Funambule sans miroir ; au milieu du vide ; au milieu des vents ; au milieu des siens ; seul – sans personne (évidemment)...

 

 

L'errance encore ; dans ce repli du ciel descendu...

A la lumière des étoiles ; et en silence...

Les mains tendues ; sans impatience...

L'être ; en dehors des rails...

Au grand dam des chiffres (et des statisticiens) ; au grand dam de ceux qui assassinent l'aventure...

Gravé sur la plaque ; le sans nom...

Sous le règne de l'invisible qui se gausse ; et qui s'en fout ; quand bien même remuerait-on la terre et le ciel pour le découvrir ; et vivre dans son intimité...

Pas plus que de la neige qui brille – et qui fond – sous le soleil...

Dans les pas de l'éphémère ; le socle du monde balancé derrière soi...

Et, au loin, ce qui frappe ; ce qui assomme ; la catastrophe à laquelle on échappe...

 

*

 

Dans la lumière ; l'équilibre des ombres ; le fil du temps cassé net ; et les pas qui cherchent l'espace ; ce qu'il reste lorsque tout fusionne ; lorsque tout s'efface...

Le cycle du feu ; puis le vent qui éparpille les cendres ; puis l'eau qui réapparaît ; et dans laquelle naîtra le nouveau monde qui enfantera les générations nouvelles qui s'élanceront avec une énergie vierge (et incandescente)...

Jusqu'à la fin des temps ; et cet intervalle de vide nécessaire pour que tout puisse recommencer d'une autre manière...

Dans cette perpétuelle respiration ; les existences – toutes les existences ; entrevoyant à travers le souffle – chaque instant – l'implacable déroulement de l'histoire – le cours inéluctable des choses ; de vie en vie – de monde en monde – sans que rien ne puisse s'y opposer...

 

 

En aveugle esseulé ; l'irréfutable...

Parmi nous ; le souffle creusé par l'angoisse...

Le cœur en détresse ; comme une absence...

Entouré(s) de murs infranchissables ; à la manière d'une citadelle...

Et nous ; sans perspective obsidionale...

L'essence du monde ; et l'écume tragique bien en peine d'échapper à son destin...

Voué au miroir et au manque ; et à découvrir – ici et là (presque par hasard) quelques éclats de vérité – sans jamais pouvoir réunir toutes les pièces du puzzle...

La risée des Dieux – peut-être ; la risée des Dieux – sans doute ; sur ces rives où la nuit s'est installée...

 

 

Le cœur (vaguement) nimbé de bleu...

La matière – l'épaisseur ; et la lumière en filigrane...

Des ombres clouées au rêve ; et vouées à la possibilité céleste – seulement...

L'ignorance et la barbarie ; à l'intérieur ; projetées sur le monde ; à la manière d'une exhibition – d'un spectacle ; comme un grand cirque ; une foire d'empoigne...

Suivi(s) (presque) aussitôt par les blessures – la douleur – les peines et les pleurs ; jusqu'à l'autre extrémité de l'âme et de la terre...

L'enfance chahutée ; et, peu à peu, désinvestie ; et dans les têtes – plus qu'un rêve d'innocence ; de plus en plus lointain ; de plus en plus abstrait ; un éden disparu – en quelque sorte – devenu introuvable ici-bas – inaccessible aux cœurs tels qu'ils sont devenus...

Et le monde allant vers les os et les fantômes ; à travers le chant et la fatigue des hommes et des bêtes...

La vie éprouvée ; un peu de sable – un peu de sang – un semblant d'existence ; un peu d'éternité...

La ronde funeste des cœurs qui tournent – dans tous les sens – autour de l'abîme et du bleu...

 

*

 

L'espace redessiné par l'esprit...

De plus en plus vide ; comme le monde – l'invisible ; et que le regard continue de creuser...

Comme une présence qui s'ouvre...

Avec, chaque jour, un peu plus de rien (qui éclipse tous les précédents – et qui continue leur œuvre néanmoins) ; jusqu'au règne (absolu) de la lumière...

 

 

Un peu de bleu sur l'écume (sur l'écume blanche) qui feint (qui a toujours feint) l'allégresse et la liberté ; et qui a toujours confondu l'exubérance de la séparation avec l'ivresse de l'essence et la dissolution des contours ; et à laquelle il faudrait offrir un cœur et des yeux (ouverts) pour commencer à voir – à sentir et à comprendre (un peu)...

 

 

Des hurlements ; en face...

Des larmes dans le silence...

Ce qui se tient là ; en déséquilibre (d'une manière affreusement asymétrique)...

Ni jour – ni visage ; l'ombre tremblante de l'enfance...

 

 

Les lèvres trempées dans les hautes eaux de la terre ; miroir des Dieux...

Et le plus funeste à venir...

Dans la perspective de l'horizon naufragé...

Du sable et de la nuit ; sans un seul oiseau de passage ; sans une seule bête rescapée...

Aveuglément ; plongé(s) dans la vitesse et le progrès ; de manière si profonde – si abrupte – si violente – que tout s'inverse – que tout s'empale dans la chair – que tout se transforme en image – en abstraction – que l'esprit déroule (à sa guise) dans la durée...

Existences et pensées vides où ne se reflète – en creux – que le visage livide (et fantomatique) de nos inventions...

La terre saccagée ; négligée – oubliée ; comme tous ceux qui l'ont, un jour, habitée...

Vivant – survivant (à peine) – et mourant – en écrasant le peu qui reste ; sans jamais avoir vu (ni même imaginé) le déploiement (magistral) du bleu...

Seulement une (affreuse) couronne de papier sur toutes ces têtes têtues qui se pavanent dans la plus parfaite indifférence au reste ; sans un seul regard (sans la moindre attention) – ni pour le sol – ni pour le ciel...

L'invention de l'enfer dans lequel nous vivons...

 

 

Tant de pierres portées par les bêtes...

Et tant de têtes tombées par l'épée...

Des éboulis et des amas de chair ; l'empire de l'homme ; sans conteste – le royaume du pire...

L'ivresse de la main agentive – du désir qui se projette – du pouvoir qui s'incarne – élargissant la plaie – aggravant la douleur – intensifiant les cris – déployant sur la terre entière le mythe de la civilisation qui feint d'ignorer son absurdité et sa barbarie...

L'affirmation de soi et la soif de puissance ; et cette (absolue) tyrannie de l'extension – dans la tête de tous les conquérants (petits et grands – illustres et anonymes) ; et l'origine du mal dans le cœur des Autres – de ceux qui nous font face – de ceux qui ne nous ressemblent pas ; et que notre ardeur – et notre influence – altèrent – éradiquent – anéantissent ; fort heureusement...

Comme plongé(s) dans cette longue nuit qui jamais ne verra l'aurore ; des esprits et des âmes piégés dans l'épaisseur et l'opacité...

 

 

Et le geste ; et le cœur – qui creusent l'âme – l'Autre – le monde – la matière et l'esprit ; toutes les géographies – le visible et l'invisible – le grossier et l'indicible – le mouvement et l'immobilité ; jusqu'à l'effacement ; jusqu'au plus rien ; jusqu'au vide ; jusqu'au (juste) retour de l'infini qui pourra (enfin) reprendre sa place (et son rôle) ; jusqu'au parfait déploiement de l'espace ; jusqu'au complet rétablissement de l'intelligence et de la sensibilité ; jusqu'à ce qu'il n'y ait plus personne (ni visage – ni voix) pour inventer des mythes – raconter des histoires – s'approprier le monde...

 

*

 

La compréhension pâle et plate ; comme le corps ; comme le monde ; parfaitement ternes – éteints – bidimensionnels...

Et le regard qui leur offre leur relief – leur couleur – leur éclat...

Un peu de lumière sur les paysages que nous sommes tous (au fond)...

 

 

Saurait-on dire ce qu'est le silence ; ce qu'est le regard ; et ce qu'ils procurent ; et ce qu'ils soustraient ;

Et comment décrire les visages et le temps – l'Autre – le monde et l'Absolu ; ce que nous traversons ; ce qui nous échoit ; ce que nous sommes...

Dans le désordre et la confusion ; des fragments de ce que l'on perçoit ; à l'image du cœur versatile et de la main qui se pose devant elle ; et qui sentent que quelque chose existe – un monde, peut-être, au-dehors et en soi (qu'il nous appartient de découvrir) ; et qui apprennent peu à peu (au fil des expériences – à mesure que la sensibilité s'aiguise) à faire disparaître la frontière qui semble les séparer...

 

 

La voix – de plus en plus – basse ; la bouche – de plus en plus – taiseuse...

Le corps – comme l'âme – de plus en plus immobile...

Et le monde – de plus en plus – transparent...

Quoi d'autre que l'espace ; que le vide – que le centre – que la tendresse et la lumière – que nous avons déjà atteints ; sans rien faire – sans même bouger...

 

 

Grassement offerts ; le destin et le dénuement...

Et l'intervalle sans possession – sous le règne tantôt du cœur – tantôt du sommeil...

Et le parfum (enivrant) de la chair vouée à la putréfaction...

Dans cette lumière qui caresse le visage ; et qui éclaire l'âme – quelques fois...

La solitude constellée de petits riens...

Dérisoire et vertigineux ; le poids de l'existence...

 

 

Dans la démesure du temps ; le royaume du sang et l'énigme de ce qui se joue...

La folie monstrueuse ; à la fois chimère et malédiction...

Face aux déconvenues et à la férocité...

Rien qui n'incite à la tendresse ; à répliquer plutôt – comme sur la scène d'un théâtre d'ombres...

Des surprises et des retournements jusqu'au dénouement de la pièce – jusqu'à la fin du spectacle...

Et l'âme triste et sans souffle ; à la fin [après que le (grand) régisseur a baissé le rideau]...

Avec le ciel comme seul spectateur ; et son silence comme seuls applaudissements...

 

 

La buée de l'Autre ; sa parole – comme une brume intraduisible...

Comme une plongée dans les eaux (assez troubles) du monde...

Les mâchoires serrées pour conserver intact le cri ; cette rage qui fait loi chez les hommes (et, plus encore, chez les assassins)...

Sans même que soit posée la question du vide – du monde – de l'altérité...

Mâchant – et remâchant – (de manière mécanique) cette chair inerte et odorante pendant que les jours (et les saisons) passent ; (assez) inutilement (à vrai dire) ; avec cet affreux rictus – cette sorte de grimace résignée – qui déforme les lèvres épaisses – ignares et grasses...

 

*

 

« Entre » ; porteur, peut-être, de toutes les vérité du monde ; le plus essentiel (sans doute) de cette expérience terrestre...

 

 

A même le ciel ; l'existence installée...

A chercher le jour et la lumière ; déjà présents...

A chercher la tendresse au-dehors alors qu'elle a été assez maladroitement* enfouie au fond de l'âme par des mains malicieuses...

* à dessein – évidemment...

Trop enfoncé(e)(s) dans la matière – peut-être – pour comprendre (et réaliser)...

De la fumée ; un passe-temps ; tous ces gestes sans autre utilité que celle d'emprunter des routes propédeutiques – d'initier un parcours préalable qui, un jour – au détour d'un chemin, pointera vers le centre – à l'intérieur ; ainsi commencera le (véritable) voyage qui nous mènera – après une marche plus ou moins longue* – jusqu'au royaume...

* au cours de laquelle il faudra se débarrasser de tout superflu...

 

 

Sans solution ; le corps – l'esprit...

La matière épuisée ; l'invisible négligé...

Qu'importe notre manière de faire face à l'usure et au merveilleux...

Le sentiment (incurable) du sacrifice ; et des limites trop fréquemment ressenties...

En ce monde ; ces rives et, parfois, cette innocence trop intensément investi(e)(s)...

Comme relégué(s) (en dépit de tous nos efforts) à la périphérie de tous les centres...

L'haleine et le geste (vaguement) saupoudrés d'un peu de lumière...

Le regard (infiniment) triste – dans ce jardin aux allures si terrestres – sur ces destins si provisoires...

 

 

Ressuscitée – sous les paupières – la clarté...

Hors du cercle des songes et des (communes) divagations...

Assez égaré (en vérité) ; sans repère précis ; et, de manière (très) concrète, tournant en rond...

Avec sur les lèvres – le givre des visages ; et les pas englués dans l'épaisseur et le froid ; en plein hiver...

Enfoncé(s) dans la neige – jusqu'au cou ; jusqu'à hauteur d'âme ; au milieu des Autres qui sourient (un peu bêtement ou, parfois, un peu béatement) en s'imaginant vivre sous une bonne étoile ; heureux du minuscule carré de ciel au-dessus de leur tête qu'ils s'obstinent, chaque jour, à repeindre aux couleurs (changeantes) de l'espérance...

 

 

Rien jamais d'offert ; sans la nécessité de se dessaisir – de se débarrasser des scories du cœur – de l'esprit – de la chair – des amas superflus qui encombrent (et étouffent) leur support...

Créatures (pauvres créatures) du monde aux yeux (parfois) sages – aux yeux (parfois) fous – remplissant la blessure de leurs jeux et de leur substance – se livrant à mille rituels – obéissant à mille croyances – à seule fin (s'imaginent-elles) de réduire la distance avec le ciel – avec Dieu ou la providence...

En plein rêve ; en plein sommeil ; et le destin déjà qui s'achève ; et l'âme, au dernier souffle, (passablement) mélancolique...

 

*

 

En pointillé – le voyage...

(Presque) sans jamais croire celui qui parle depuis le dehors...

Sous la lumière blafarde de ce qu'il a appris ; et de ce que l'on enseigne – sans (véritable) expérience du propos...

Trop extérieur – trop à côté – en quelque sorte ; la parole si peu juste ; l'âme si peu engagée ; alors que les circonstances du monde sont si éloquentes...

Le regard des cœurs taiseux ; et le rayonnement des objets ; et ce que dessinent les ombres...

Sans s'encombrer des jeux de ceux qu'ignore l'esprit...

Rien ni personne (bien sûr) ; et le besoin pourtant si farouche (si impératif) de découvrir son identité (véritable) ; et la lignée – la longue lignée ; et la famille (la grande famille) – auxquelles on appartient...

 

 

Des cris ; des effacements ; face au miroir...

Quelque chose qui jaillit ; et quelque chose qui disparaît ; par bribes...

La silhouette de l'âme dont les contours, peu à peu, apparaissent – se dessinent – s'étoffent ; le dedans en creux – en quelque sorte ; dans les interstices laissés par le monde...

 

 

(Pauvres) pénitents peinant sur la pierre ; gravitant autour de la même croix – accablés par le poids du péché ; agitant à tout va leur crécelle ou leur crucifix...

S'enfonçant dans le sillon de la souffrance creusé par leurs (illustres) aînés ; infatigables apôtres de la pauvreté et de la mortification ; chantres du paradis et du pardon tentant de convertir le monde et leur prochain – d'affermir leur foi et de faire advenir ici-bas les lois du ciel à seule fin d'échapper au châtiment divin...

 

 

Sans Graal – sans épopée – sans disciple (sans même le moindre compagnonnage)...

Seul avec le plus secret ; et le plus corrosif ; la connaissance tapie au fond de l'âme...

Face au ciel – face à ce qui se tient devant soi ; les yeux baissés ; la présence (si intensément) rayonnante quelque part dans ses tréfonds (et qui, parfois, irradie jusqu'au-dehors)...

Le visage tourné tantôt vers l'Autre – tantôt vers l'abîme ; dont les frontières, si souvent, se confondent...

Sous le ruissellement continuel de la source qui parvient (un peu) à adoucir l'existence de ceux qui sont condamnés à vivre (et à s'épanouir) au milieu des ombres – au milieu des rebuts – au milieu des pièges et des plaies à vif...

La bouche muette (toujours muette) ; de trop de douleurs ; et sans mot dire face à l'immensité et à l'ordre (assez convainquant) de ce monde...

Se découvrant là ; étrangement au cœur de toutes ces peines et de toutes ces étreintes...

Toutes les créatures – au même titre que Dieu ; de part et d'autre ; (à peu près) partout pour ainsi dire ; les uns bruyants et (Ô combien) saisissables et l'Autre demeurant invisible et silencieux au milieu de tous ceux qui crient (ou dénoncent) son absence*...

* son indifférence ou ses carences...

 

 

Un suaire (un peu suranné) sur toutes les lois et toutes les théories...

L'esprit et la tendresse plutôt que le mythe et l'hécatombe...

L'abandon plutôt que l'assouvissement du désir (et ses innombrables prolongements)...

Laissant l'Autre – l'homme – le monde – sillonner l'écume de long en large ; tourner en rond sans percevoir ni le ciel – ni la direction...

Au cœur du vide – de l'essentiel – déjà ; auprès des âmes et des choses ; aux confins du visible et de l'ineffable...

 

*

 

A chaque instant ; quelque chose de traversé...

Comme une flèche ; la pointe de l'esprit...

Le monde comme il va ; la vie comme elle vient...

Entre le silence et l'intensité...

Un feu et des étincelles nés des cendres de l'instant précédent...

La silhouette qui disparaît, peu à peu, dans les paysages ; après la dissolution du visage et du nom...

 

 

Le geste aussi blanc que la feuille...

Porteurs d'un peu de silence ; d'un peu de lumière – parfois...

Ce qui s'offre ; le cœur naturel et l'esprit poétique ; cette manière (si singulière) d'être au monde...

L’œil ouvert ; et l'âme obéissante et sans sommeil...

Invariablement penché sur l'ouvrage du jour...

 

 

Corollaire du dehors ; la multitude agitée...

Comme contaminée par l'inquiétude du monde et son désir (singulier) d'aventure ; et niant (presque toujours) l'effroi et la frénésie – l'ignorance et la blessure...

A coups de têtes et de répliques (seulement)...

Un peu de soleil ; et qu'importe le proche ; et qu'importe le merveilleux ; tant que persistera dans l'esprit la possibilité de l'après ; la possibilité de l'ailleurs – toutes les conjugaisons (imaginables) d'un autrement...

 

 

Le souffle dissipé ; le souffle réincarné...

Célébrant le ciel et le secret ; la lumière et ce qui se cache (à dessein – bien sûr)...

Ni totalement satisfait(s) ; ni totalement accablé(s)...

Comme écartelé(s) entre l'ordre (la surface) et la profondeur – le fantasque...

Voué(s) – en quelque sorte – à recommencer (inlassablement) sans (réellement) comprendre l'esprit – les lieux et la récurrence...

Abandonnant leur cœur à des bras trop étroits ; ballotté(s) entre l'espace (ses possibilités) – les promesses de ce monde et l'envergure (très limitée) de l'homme...

 

 

Fuyant le nombre et l'histoire...

L'âme attelée aux vents ; se laissant mener vers l'inconnu ; l'impensé ; l'improbable ; le point de non-retour...

Sans défi – sans enjeu ; sans rien gager de soi ; sans engager le monde...

Désertant l'épaisseur et la gravité...

Se plaisant à goûter le bleu dissimulé au cœur des visages et des choses...

Laissant la place à l'errance ; s'abandonnant aux forces invisibles ; malgré notre (inconditionnel) penchant pour l'immobilité sage...

Disposé à l'effacement et au règne de la plus grande subjectivité ; qu'importe ce qui nous fait face ; qu'importe les moqueries – les grimaces et les sourires en coin...

 

 

S'agitant dans leur gangue étroite ; essayant même de danser ou (pire) de s'échapper (à la moindre occasion) ; comme si la liberté consistait à s'extraire (ou à oublier) ; alors qu'elle trouve les sages parfaitement tranquilles – immergés et consentants...

 

*

 

Véritablement ; l'être...

Le blanc effacé pour laisser place à la couleur...

Le monde trop pâle (enfin) éclairé par la lumière...

Sans rien définir ; sans rien délimiter...

Dans le désordre – l'abondance et le foisonnement (qui dissimulent – presque parfaitement – le vide)...

Le fond de l'indistinction par-dessous ce qui crépite et circule ; à travers la danse des éléments...

Le dehors qui tourne autour du dedans ; là où se tient l’œil-maître du mouvement...

 

 

Le monde ; rien – comme volatilisé...

Emporté par les veines ; avec le sang...

Circulant dans le vivre et le vivant...

Traces de poussière (fugaces) jusqu'au dernier souffle ; et après aussi (bien sûr)...

Des corps – des yeux – des âmes ; le visible et l'invisible aspirés et recrachés par le regard ; comme tous les paysages du monde...

La vie qui vient ; la vie qui va ; et tout qui s'arrête ; et tout qui reprend ; et tout qui recommence et continue...

 

 

Envoûté par le réel ; ses profondeurs – ses replis et ses recoins...

Les rails pulvérisés; et jetés contre les fantômes...

En roue libre (à présent) ; en mesure (enfin) d'échapper au monde – aux hommes – aux lois...

Seul ; et sans autre recours que soi (et ce qui est porté au-dedans)...

Allant au-delà des horizons où s'entassent les carcasses ; où s'arrêtent les yeux...

Les vertèbres (parfaitement) alignées sur les étoiles et les pierres du chemin...

Se laissant aller à la dérive entre les bords (inimaginables) de l'immensité...

S'abandonnant à la surprise et à l'émerveillement...

La chair (peu à peu) limée par l'imprévu...

L'âme aguerrie et sensible ; vers le centre et l'essentiel – assurément...

 

 

Et, de plus en plus, cette folle envie de fête silencieuse qui nécessiterait de vivre au-delà du périmètre ; de renverser les tables et les cartes du territoire ; de faire sauter les postures et les points cardinaux ; de faire table rase – en quelque sorte – afin de s'aboucher avec toutes les âmes dénuées de parole [mais pourvues de langage – (encore) incompréhensible par les hommes]...

Le pied (et le poids – un peu lourd – du secret) posé(s) sur toutes les têtes prétentieuses qui continuent à dénier l'Autre (le grand Autre) dans son existence et ses droits ; et dont elles sont (pourtant) le prolongement ; et sans lequel elles ne pourraient vivre...

Bien décidé – à mesure de l'éloignement – à mesure du grand bouleversement – d'envoyer valser les plaintes et les (absurdes) (r)appels à la raison ; pas dupe du grand manège ; pas berné par les ruses et les subterfuges...

Heureux dans la compagnie des humbles – au milieu des rebuts et des sans-voix ; le cœur sensible à leurs vibrations ; sans aucun souci des doigts pointés et du qu'en-dira-t-on...

 

 

Méthodiquement ; la danse ; (presque) le tournis...

Dans la résonance des pierres ; le sel de l'âme...

La marche qui octroie et soustrait ; sous des yeux moqueurs et incrédules ; les (incessantes) transformations de la perspective...

 

*

 

Le cœur et les yeux clos et infirmes ; comme estropiés par la proximité des hommes – du monde...

Par toutes ces ombres envahissantes – qui avancent (toujours) en nombre ; à la manière d'une armée immense ; face à la lumière ; face à l'innocence ; face à ce qui pourrait les détourner de leur tâche ; face à toutes les autres possibilités...

Tout ; happé(s) par le plus commun ; ce que l'on aimerait dire ; et l'interrogation des âmes...

Qu'importe que la parole soit née du silence ; et qu'elle puisse (parfois) se transformer en chant (presque) sacré...

Avec (bien sûr) quelque chose d'immobile dans ce qui résonne ; et quelque chose de l'immensité dans le plus infime...

Ignorant qu'à terme, la multitude sera réduite au seul [sans compter l'incommunicabilité et la solitude de toutes les créatures – de tous les (bons petits) soldats]...

Et ce goût – inaltérable – pour le silence et la tendresse – pour la subjectivité (naturelle) – qui nous sauvera (un jour) de cette triste (et misérable) uniformité...

 

 

Le cœur malmené par cette permanente façon d'invoquer le monde ; de le convoquer à tout propos ; à tout bout de champ...

L'air qui vibre – à travers le jour – soudain vicié par cette référence ; par cette intrusion...

Et les âmes chargées de peines et de paroles ; blessées – défaites – silencieuses – jusqu'à leur dernier souffle...

Contraint(e)(s) de traverser (avant la mort) ce lieu où l'on perd pied ; ce lieu où l'on défaille ; tremblant(e)(s) [tout(e)(s) tremblant(e)(s)] devant ce qui nous quitte ; devant ce qui se présente...

 

 

La danse féroce des créatures animées par la peur et la faim ; et troublée(s) (de temps à autre) par quelques éclairs d'intelligence...

Comme des trouées de lumière dans l'épaisseur sombre et opaque...

Un (minuscule) pas de côté ; les linéaments d'une dérive – peut-être...

A prédire (avec tant de facilité) le sort du monde (inéluctablement) voué à la récurrence des cycles ; aux catastrophes et aux hécatombes ; à moins d'un grand bouleversement que l'histoire opère déjà...

Avec des tremblements sur la pierre et des yeux hagards ; et des âmes perdues...

A travers ce basculement ; emportés (inévitablement) vers l'en-bas ; sans que rien (ni personne) ne puisse s'y opposer...

 

 

Comme un chant silencieux au fond du crâne...

Reflet impartageable du vide et de la liberté ; laissant l'écho se répercuter en contrebas – contre les grilles grises de notre cachot (commun)...

Une existence sans rituel – sans prière – sans sortilège ; aussi naturelle que possible ; l'individualité sur le point de se dissoudre – de s'effacer ; et de s'offrir au reste – à travers un détachement du corps et de l'âme qui apprennent (peu à peu) à se fondre dans l'invisible et la matière ; qui regagnent (progressivement) leur juste place (celle qu'ils n'ont pourtant, l'un et l'autre, quittée que de manière apparente)...

 

*

 

L'infime et l'immensité ; face à face – l'un dans l'autre ; puis, un jour, la rencontre ajournée (comme suspendue)...

Et, à la place, le goutte à goutte ; comme une très longue (et très lente) plongée dans le gouffre...

L'esprit parfaitement engagé dans la chair (sans la moindre explication) ; et qui se frotte (et qui apprend à se frotter) aux parois du vide et du réel ; ce que semble être le monde ; en plus de la multitude...

Et la tête si capricieuse – si défaillante – si infidèle – qui ne se souvient ni du premier visage – ni de tous ceux qui lui ont succédé...

A vivre un instant – une existence ; à vivre pour toujours ; comme si le temps (et le voyage) n'existai(en)t pas...

 

 

Les larmes ; sur le même trajet que la sueur ; de l'âme vers la chair ; de la chair vers la peau ; de la peau vers le monde ; nourrissant la terre, peut-être, des plus invisibles aspirations des bêtes et des hommes...

L'esprit très près des yeux devinant quelques fois les étreintes discrètes (et délicates) du secret et de la matière...

Et avec, de temps à autre, un rire pour se rappeler que nous ne sommes pas réduits, en ce bas monde, au labeur et au tombeau ; qu'il existe aussi un ciel qui, parfois, se laisse entrevoir...

 

 

A pas comptés ; à tourner en rond ; depuis tant de siècles – depuis tant de millénaires ; et puis, soudain, l'emballement et la furie ; le règne du désir et de la vitesse pour le (plus grand) malheur du monde...

Dans chaque œil ; le prix – la proie ; le reflet de ce qui brille ; dans une forme d'aveuglement collectif – primitif et primesautier – totalement généralisé – totalement incontrôlable...

Et la multitude attelée à la tâche ; édifiant – bâtissant – agrandissant – développant ; déployant son ardeur et son imaginaire au profit de sa gloire (jusqu'à la démesure) ; à l'image, sans doute, de son architecture mentale ; œuvrant dans une sorte d’éblouissement obscur...

Et ainsi a-t-on précipité l'histoire – et, avec elle, toutes les créatures de ce monde – dans le piège de l'essor et de la complexification ; sous le diktat de la domination humaine...

Comme soumis aux caprices d'une enfance tardive – fébrile et orgueilleuse ; poussant toutes les têtes à une étourdissante et funeste surenchère ; se taillant (en vérité) un scalp pour l'avenir ; dressant (sans même s'en rendre compte) une large et haute potence au bout de laquelle se balancera bientôt la dépouille de cette civilisation absurde ; et qui, dans sa chute et son pourrissement, deviendra, peut-être (espérons-le), le terreau d'un monde moins bête – moins ingrat – moins borné...

 

*

 

Sous la terre brûlée ; quelque chose qui se débat...

Identique à ce qui circule dans le souffle et le sang...

La vie brute – primitive – invincible peut-être ; malgré sa (très) grande vulnérabilité...

Ce que l'on entend (parfois) se dresser à la verticale ; vers le ciel...

Quelque chose que nul ne peut ignorer...

Comme une vibration dans les tréfonds de l'âme ; le seul legs possible ; le plus précieux – sans aucun doute...

 

 

Des âmes serrées les unes contre les autres ; en dépit de la chair...

Manière (sans doute) de se réchauffer ; à défaut de lumière (au-dedans)...

Comme un grand corps abandonné sous le ciel...

Comme des ombres nées des yeux ignorants...

Reflet (involontaire) du temps originel ; du règne du plus que soi qui, aujourd'hui, appartient à l'invisible – (presque) à l'impossible...

 

 

L'invisible à la place du monde...

Et des âmes vivantes à la place des choses...

En ce lieu ; en cet état – sans conteste...

Du silence – du retrait – de la solitude ; toutes les conditions requises pour rencontrer l'ineffable ; ce qui nous habite...

L'esprit apaisé ; pas même à l'affût ; pas même impatient...

Le cœur libre ; le corps immergé...

Ouvert à l’insaisissable...

Les infrastructures (internes et externes) parfaitement démantelées...

Vide et attentif ; l'âme s'abandonnant – laissant agir les coïncidences et la porosité...

 

 

L'incessant voyage de la matière dans l’œil immobile ; ce qui se meut (indéfiniment) sous la lumière inchangée – perpétuelle ; avec quelques éclipses, parfois, sous les paupières...

Dans l'infiniment rejoignable – déjà ; tous les horizons ; et dans l'intimité inaltérable aussi ; oscillant sans cesse (selon la perspective et les circonstances) entre l'écart (la distance) et l'effacement (la dissolution)…

 

*

 

L'infime – toujours – à portée des yeux du plus grand...

Parmi les pierres et les rafales de vent...

La beauté sans contour ; illimitée et incernable – bien sûr...

Le dehors et les frontières aussi inexistants que le reste ; et le temps qui semble borner l'expérience...

Aussi merveilleux que le poudroiement de la parole parvenue ; au fond – et au faîte – de l'âme...

Dans les fêlures de la matière ; un peu de lumière ; puis, la traversée de l'improbable (dans le meilleur des cas)...

Les yeux fermés ; se laissant guider par ce qui voit ; à l'intérieur...

Dans le désordre ; l'abandon et l'immobilité...

Le cœur qui (enfin) découvre le relief et la couleur du monde...

Et s'approchant ; et s'éloignant ; ce qui aide à changer d'angle (et de point) de vue ; ce qui aide à la découverte de l'inconsistance ; et (en partie – plus tard) à la transformation du regard et à l'effacement...

 

 

Sans légende ; le goût de l'Autre...

Au plus haut de la terre ; les mains soutenues...

Des choses ; indéfiniment ; et émergeant (quelques fois) de la mélasse, un visage – un cœur – une paume tendue ; quelque chose d'apparemment vivant ; vouant au ciel une sorte de culte (vague et imprécis) encombré de croyances, d'appels et de rituels obscurs...

Et nous ; le cœur vide – sans dogme – ni certitude ; accueillant (autant qu'on peut l'être) ; lançant, selon les circonstances, un bras ou une parole pour essayer (en vain) d'extraire les malheureux de leur supplice (et de leur plainte)...

Les yeux tristes ; les poings serrés et les joues ruisselantes ; bien des fois ; apprenant à nous abandonner à l'impossibilité et à l'impuissance ; éclaboussé pourtant (chaque jour) par l'écume et chamboulé par les cris qui montent de ce magma de matière ; au bord du vertige – entre cette rive (légèrement en surplomb) et cet océan de malheurs...

L'âme écorchée par le rude apprentissage de la place de l'homme ; les aspirations coincées entre l'épaisseur de la chair et les grilles du monde ; sous un ciel changeant et silencieux ; énigmatique (à bien des égards) ...

 

*

 

La force de l'en-bas ; une poussée verticale ; comme un chaos rassemblé ; et (maladroitement) redirigé vers l'immensité...

Et le sort des créatures terrestres (provisoirement) scellé ; vouées au voyage – au plus lointain ; dans un perpétuel va-et-vient entre l'ici et l'ailleurs...

Une sorte de danse ; des yeux au fond de la nuit...

Du rien à la plénitude ; puis, de la plénitude au lieu où ont émergé la discorde et le temps...

Et tout au long de ce périple ; la profondeur de l'ombre ; la lumière envoûtée ; et le désir ; et la peur ; et les tremblements de ceux qui parcourent ces rives (un peu) ternes et tristes...

 

 

Le bleu – (presque) toujours arrangeant ; et essayant de s'accentuer dans les pires cas d'obscurité – dans les pires cas d'indélicatesse...

A travers le chevauchement des choses et des visages ; autant que dans l'incise et la pénétration ; l'une des seules réponses au désordre de ce monde – aux carences des âmes ; s'insinuer – imprégner – tout submerger jusqu'à ce que le noir devienne brillant ; jusqu'à ce qu'il puisse refléter la lumière (après avoir absorbé tous les manquements et tous les malheurs)...

 

 

L'âme et l'air ; poussés ensemble dans le précipice ; avant de se mêler au feu et à la terre ; avant d'être plongés dans l'eau ; puis, secoués pour agencer (un peu) la forme...

Entre vertige et turbulence...

Sur la roche et l'étendue ; une masse grise et monumentale ; entre horizontalité et (très) légère inclinaison verticale...

Et le souffle qui apprend, peu à peu, à la traverser ; et à l'habiter (très provisoirement) ; initiant le passage de la matière à la chair...

Puis le gris qui s'assombrit (un peu) jusqu'au brun ; ou qui pâlit (un peu) jusqu'au rose ; éclairé(e) par la lumière qui cherche un interstice ; une anfractuosité pour s'y loger (en quantité infime)...

Ainsi (sans doute) naquirent les premiers visages du monde animé...

Puis apparut le règne du mouvement ; à travers un chahut et un débordement de gestes – de courses et d'ardeur ; qui engendrèrent mille tentatives – mille apprentissages – mille transformations...

Entre collisions et collusions ; entre défi et fragilité ; et après avoir été (très laborieusement et très miraculeusement) façonnée, la matière vivante enjointe, elle aussi, d’œuvrer à la création ; entre réplication et prolongement ; dans les marges (très) étroites qui lui ont été (assez chichement) octroyées...

Toute une histoire – tout un destin ; qui s'écrit – qui se dessine ; et nous autres – là-dedans ; poussés – tirés – brinquebalés – malmenés ; parfaitement enferrés dans le cours des choses et l'évolution du monde...

 

*

 

L'âme miraculée ; qui peut (enfin) se réjouir après cette interminable attente...

Sous l'ombre des ailes d'un grand oiseau noir...

Conservant le rire ; et le souvenir du ciel...

Au cœur de la lumière – déjà ; en dépit des peurs et des corps meurtris...

Et ce que les lèvres murmurent à ce que le cœur devine ; à ce qu'il a (très subrepticement) entrevu...

 

 

Tant d'ombre(s) et de peine(s)...

A être là ; à vivre là ; sans rien comprendre – sans rien découvrir – sans rien décider ;

Côte à côte ; bien plus qu'ensemble...

L'Amour (au mieux) comme un rêve ; pas même un désir...

Et tirant sur nos chaînes ; et secouant (en vain) les barreaux de notre cage ; comme si l'on pouvait briser ses attaches ; s'extraire de sa servitude...

La corde si serrée autour du cou que le moindre mouvement – la moindre tentative d'évasion – nous serait fatal(e)...

 

 

Au sortir du monde ; une halte...

Sans craindre la vie – sans craindre la mort – sans craindre le temps ; sans craindre ni l'après – ni l'au-delà – ni l'autrement...

L'inespéré aux allures d'hérésie ; ressenti avec force – avec clarté...

Et le peu donné à la chance ; jusqu'à la folie mortelle – jusqu'à la gloire des assassins – jusqu'aux confins de l'imaginaire...

Effacée la frontière gardée par les spectres de l'esprit...

Le visage neutre (à présent) ; et tous les masques jetés au feu ; avec les traditions et les lois du père...

Et, à travers les voiles déchirés, la soudaine apparition de la lumière ; les prémices de son règne sur ces rives obscures – sur ces têtes enténébrées...

 

 

A l'instant même de la capitulation...

De l'agacement au miracle...

Des singeries mimétiques au regard singulier ; et la longue suite de gestes conséquents...

De l'inadvertance à l'immobilité...

De l'incompréhension à l'impensable – en quelque sorte ; et tout l'itinéraire à défricher (l’œuvre de l'âme – bien sûr)...

Jusqu'au monde – jusqu'à la vie – jusqu'au cœur – dénudés ; jusqu'au regard vide ; et les pas (toujours) dans le sens du vent...

 

*

 

Cette fatigue tragique qui, peu à peu (si vite), nous étreint ; nous accable ; nous assomme...

A peine le temps de tourner la tête ; de faire quelques pas ; et nous voilà déjà en train de tomber à la renverse...

Qu'importe que la lumière brille encore ; qu'importe que le fond de l'âme continue de désirer...

Des bruits – de l'incertitude ; quelques visages aperçus (au loin) dans la brume ; puis le renversement ; la chute ; le noir et le silence...

Et cette peur qui nous envahit avant d'être happé par la mort...

 

 

A aller ; sans savoir où ; avec quelques restes qui résistent ; qui s'accrochent ; qui ne souhaitent pas quitter les lieux ; qui ne veulent pas abandonner ce qu'ils connaissent...

D'une rive à l'autre ; de jardin en jardin ; entre l'enfer et le paradis ; déjà...

En plus du nombre ; les bruits ; les coups et le sang...

Et ce qui en réchappe ; jusqu'au prochain piège ; jusqu'à la prochaine embuscade ; et la mort au bout de la vie ; et la vie au bout de la mort ; dans une sorte de prolongement – entre recommencement et continuité ; et ainsi indéfiniment...

 

 

L'errance ; jusqu'au vertige ; jusqu'à l'inexistence ; jusqu'à l'effacement...

Et tous les sorts conjurés...

De la vitesse à la lenteur ; et de la lenteur à l'immobilité...

Ce à quoi nous invitent tous les chemins ; toutes les déambulations ; l'essence même du mouvement et de la géographie...

Sous le soleil ; dans la poussière ; cette (très) lente dissolution ; au goutte à goutte...

Le cœur (toujours) collé aux choses – au monde – à la nuit – aux routes qui s'éparpillent et se perdent ; aux paysages traversés ; sans rêve – sans fantasmagorie...

La chair mêlée au reste ; et ce qui subsiste ; le souffle et les yeux – unis au regard...

Qu'importe ce qui nous entoure ; qu'importe l'imprécision...

Des larmes de joie devant l'évidence...

Et cette lumière sur les gestes – le passage ; ce que nous sommes...

Qu'importe la langue – le rythme – la foule ; ce que l'on nous glisse à l'oreille...

L'étreinte silencieuse – inimaginable – entre la matière et l'esprit ; et dans laquelle on s'insère (d'une parfaite manière)...

 

*

 

Le temps écoulé ; jusqu'à la dernière goutte ; jusqu'au dernier grain ; essoré par la terre et le vent ; consumé par le voyage...

Et le cœur immergé dans la coulée puis, dans l'assèchement ; comme planté dans l'entaille...

Persévérant jusqu'au désespoir ; jusqu'à l'abandon...

Et là où il s'arrête ; cessant de battre ; et espérant que le désir le mène plus loin – au-delà...

Et lui ; et nous (par conséquent) – parcourant l'espace par intermittence ; au rythme des sauts et des saccades ; et par à-coups – seulement...

Avec la chair (à porter comme un faix) ; et apprenant, peu à peu, à s'apparier ; à s'emboîter de manière suffisante pour s'élancer ensemble vers l'inconnu ; dans le monde – vers l'étendue mystérieuse ; pour s'essayer à l'envergure promise par les Dieux...

 

 

Au jour le jour ; indifférent aux voix et aux visages (trop) lointains...

Faisant corps avec le monde et le vent ; avec ce qui s'inscrit dans la proximité...

D'intervalle en intervalle ; et se révélant dans le vide déplié – sans recoin...

Traversant, peut-être, les premières frontières de l'impensable...

 

 

A l'image de la vie ; l'homme – simple élément du vivant – tentant (depuis très longtemps) de créer son propre itinéraire – ses propres mondes – son propre destin...

L'évolution de la matière ; le cours des choses ; de révolution en bouleversement ; à travers cette longue série de transformations et de métamorphoses...

Et devinant déjà vers quelle apothéose – vers quelles épreuves – vers quel désastre – mènera cette œuvre collective involontaire et inconsciente*...

* pour l'essentiel des esprits contemporains

 

 

Dans la tension d'un souffle incertain...

Un halètement ; aux marges du monde et du temps ; hors du cercle des visages et des questions...

Comme une forme de présence ; née d'un (très) long surgissement ; créant des obstacles dans l'air qui circule au-dedans...

Rien ; pas même une inclinaison de l'âme ; une sorte d'accident – une manifestation involontaire (née de trop de désir et d'un empêchement)...

De la fumée qui a obstrué – et lézardé – le dispositif naturel...

A la manière d'une ombre qui s'est insinuée ; et qui, avec elle, a apporté l'absence ; une certaine orientation...

Favorisant – sans conteste – une altération des possibles ; de la lumière en moins ; condamnant cette existence à une forme de demi-mesure ; à une diminution (assez drastique) des capacités habituelles ; et l'acheminant (lentement) vers son épilogue...

A bout de souffle ; comme une lacune susceptible de provoquer une (conséquente) soustraction des jours...

 

 

Sans pouvoir ignorer l'élan et l'inscription...

A la verticale du monde ; les soubresauts de l'âme qui se débat avec l'indifférence (pathologique) des visages et les (innombrables) surprises du voyage ; ce à quoi on se sent (malgré soi) relié ; en dépit du nombre de dépouilles (qui s'accumulent d'une extravagante manière)...

 

*

 

Le cœur noir et flétri ; comme recroquevillé dans l'ombre ; sans rien – sans l'Autre...

Défaillant ; et insensible aux cris de l'âme qui cherche le jour – le monde – la lumière ; des vibrations et des rencontres ; du vent et de l'intimité ; pas une caverne obscure et hermétique...

Des étreintes avec ce qui passe ; même furtivement ; même des amours à la dérobée ; de quoi enfanter de la différence et du toujours ; un peu de l'Autre ; un peu d'éternité...

 

 

Ce qui reste en retrait du murmure ; derrière les lèvres entrouvertes ; quelque chose du mélange et de l’ambiguïté ; entre l'élan et le silence...

Un visage – un parfum – un secret – que l'on aimerait (à la fois) partager et conserver pour soi ; le signe d'une immaturité encore – d'une incompréhension ; impossibles, peut-être, à dissiper...

 

 

Sur la courbe enraillé(s) ; un séjour au cœur de l'abîme...

Entouré(s) de chutes – de menaces – d'ignorance...

Condamné(s) aux élans et aux agissements...

Comme poussé(s) vers l'avant ; dans les traces des précédents ; et devançant de peu tous les suivants...

Périple sans au-delà ; destin sans dérobade...

Le cœur abandonné ; sans écho – sans résonance...

Façonné(s) pour le geste et l'action ; et le reste comme atrophié...

Vivant la déchirure et (presque) jamais la transformation...

 

 

Comme une main hagarde tendue vers le monde – la misère – les cœurs déchirés – les corps infirmes et mutilés – les âmes hantées par le manque et l'absence...

En vain ; tant tout est soumis à l'ombre et au rêve ; tant le chant et la fièvre (si souvent) se confondent ; tant la terre est blessée et la fable monstrueuse...

 

*

 

Ce qui nous sied ; là où la lumière va ; là où l'âme se faufile (parvient à se faufiler)...

Près du bleu ; (tout) tremblant ; près du monde qui tourne...

Sous les bruits intermittents ; là où suinte le sang ; là où s'enferrent les yeux fermés...

Partout où nous sommes ; partout où nous nous obstinons...

 

 

Le regard et l'espace ; se confondant (parfois)...

Et cette ombre grandissante sur le monde – sur les visages qui ne savent pas ; qui n'osent imaginer que par à-coups de peur que le ciel ne se fende ; que le feu ne se propage sur la terre ; jusque dans le cœur et la parole ; et que tout ne devienne invivable et incandescent ; et que l'odeur de ce qui brûle ne soit infecte et insupportable ; et qu'après il ne reste que des cendres ; des cendres et des regrets...

Des existences où ne régneraient que la nostalgie de l'enfance et la possibilité d'un avenir sombre ; qui (nous) éloigneraient (inexorablement) de la maturité et de la joie...

 

 

Là où se cache le plus précieux ; le secret des Dieux et des vivants...

Derrière ; encore derrière ; toujours derrière...

Au cœur de l'invisible ; et comme mélangé au reste aussi...

Perceptible depuis la perte ; et qui grandit ; et qui redresse l'âme – à l'instant même où il a été découvert – et reconnu ; et qui transforme la débâcle en une grande fête silencieuse ; et qui amorce un grand voyage qui offrira à chaque pas – à chaque paysage – au moindre geste – le bleu et la joie qui leur manquaient...

 

 

En secret ; la dissolution et ce qui – en soi – goûte et jubile – sans rien attendre – sans rien affronter...

Qu'importe l'hostilité (et la violence) du monde ; qu'importe les offenses et la douleur – les ténèbres et la mort ; partout – le règne du jeu et de la danse...

 

*

 

Le gris encore ; seul reflet de l'homme d'aujourd'hui...

Comme les objets ternes que le cœur amoncelle...

Paysages de toujours ; dans cet espace apparemment saturé...

Des choses à faire ; et du temps à tuer ; sans très bien savoir – sans très bien sentir – ce qui flotte autour des corps et des âmes...

Et, parfois (trop rarement – sans doute), un rire – une étincelle ; comme pour se rappeler du bleu ; et quelque chose de notre présence ici-bas – sous ce ciel changeant et mystérieux...

 

 

Rien qu'un nom pour définir ce si peu de chose ; à peu près rien ; un souffle fragile et provisoire ; un bout de chair infime et (à peine) saillant qui semble (très légèrement) émerger de la masse sombre et grise composée de milliards d'Autres dont les postures et les gesticulations donnent sa couleur et son mouvement à la matière ; une sorte de magma (quasi) immobile qui semble se déplacer au milieu de nulle part – piétiner dans le vide ; un peu de bruit – quelques bousculades – quelques gémissements – des heurts – des remous – des secousses ; mille contusions – mille fêlures – mille échanges – mille passages – lorsque les éléments se frottent ou se rencontrent ; de l'air (un peu d'air) qui tourbillonne...

 

 

Contre la terre ; le front obstiné...

La nuit si parfaitement partagée ; blanche – spectrale ; teintant jusqu'à la lumière du jour...

Et le reste – angulaire ou arrondi – parfaitement réel – (bien) plus qu'emblématique ; comme une évidence...

La danse du vide ; à la manière d'une épopée – entre le ciel et la terre ; l'impérative nécessité de l'espace...

Haut ; plus haut que le rêve ; que le désir et le rêve ; l'expression de l'Absolu à travers ses prolongements ; à travers toutes ses possibilités...

La seule ambition qui soit [entendable – (réellement) raisonnable] ; dans cette confusion des esprits qui tremblent à l'idée du monde ; à l'idée du bleu ; à l'idée du grand mélange ; à l'idée de la séparation (apparente)...

Peu certain(s) [si peu certain(s)] du socle sur lequel se sont bâties les légendes et les civilisations – toutes les histoires humaines ; ignorant(s) – en définitive – ce qui est vrai (ce qui existe – ce qui est vivant) et ce qui relève du mythe et du mensonge...

 

*

 

La voix encore ; qui chuchote à l'oreille de l'âme...

La bouche muette ; le geste à la place de la langue...

Le cœur ouvert ; lumineux ; de cette lumière qui n'appartient à personne...

La solitude rayonnante ; tous les liens en évidence ; sans rien demander...

Au faîte de l'écoute ; le silence et le rythme du monde...

La joie sans intermittence...

 

 

Sur l'épaule ; le souffle de l'espace ; tendre – léger – sensuel – amical ; si singulièrement impersonnel...

Les choses ; simplement ; et quelques visages – parfois...

Le vide – le monde – la lumière ; et l'esprit sans attente – sans mémoire...

Le silence et le chant des oiseaux ; ensemble – en paix – sous les frondaisons...

 

*

 

Du visible à l'invisible ; d'un seul regard...

Seul(s) à nous accompagner...

Le feu au-dedans ; et le rire face au monde ; face aux étoiles...

Devant cette immensité qui (nous) laisse sans voix ; si minuscule(s) ; sauf le cœur et les yeux...

Comme une fenêtre à travers laquelle on aperçoit la vie qui défile ; le destin qui se déroule ; le temps qui semble passer...

Du noir et de la lumière ; dans leur danse obscène et merveilleuse...

 

 

Le sourire ; les jours illuminés...

Tournoyant comme un grain de sable dans le vent...

Sans nom ; le monde ; aussi proche que présent ; sans se départir de la vitesse et des reflets ; si indistinctement ; là où nous sommes ; déjà arrivé(s)...

 

 

Le monde et le silence ; jamais entiers – jamais soumis ; et que nul ne peut conquérir...

Et qui réprouvent la haine et l'appropriation ; à travers tant de malentendus...

L'histoire de l'homme ; et ses mille dynasties ; et ses mille civilisations...

Cette hégémonie dictatoriale ; ce déferlement de violence ; écrasant et asservissant le reste (et l'essentiel des siens) ; avec le prétendu assentiment de Dieu et des étoiles...

Ce grand cirque présomptueusement ascensionnel ; comme si l'on pouvait échapper au déclin et au pourrissement...

Comme la terre et le ciel ; comme la matière ; comme la langue et la mémoire – provisoire et mouvant – inconsistant et périssable ; un peu d'air – à peine une idée ; et quelques images dans les yeux peu clairvoyants...

Tout voué à l'abîme et à la transformation ; soumis à cette volonté farouche de l'Absolu qui chérit la métamorphose de ses constituants qui (pour la plupart) s'imaginent croupir dans une inaltérable obscurité...

 

*

 

Le cœur acquiesçant...

Comme le jour...

La main caressante...

La voix que l'on reconnaît...

Les lèvres que l'on attend...

Et ce long frisson sur la peau...

Son visage – son souffle ; tout proches...

Et cette tendresse offerte ; et, sans cesse, renouvelée...

 

 

Ensemble ; le rire et l'enfance ; dans la poitrine ouverte...

Le ciel se répétant la prière (maladroite) des hommes...

Un tour de soleil comme un tour de manège...

Le bonheur autour des yeux...

A moins croire ; et à voir davantage...

Le cœur comme seule boussole ; comme seule lumière...

 

 

D'une abstraction à l'autre...

Du sable – du vent – entre les doigts...

Et en un éclair ; l'explosion de l'absurde...

 

 

Toutes les mains du monde tendues ; l'essentiel pour prendre (ou quémander) ; et de très rares pour donner (ou secourir)...

Chacun tentant sa chance ; trouvant, ici et là, un peu d'or ou de tendresse ; parfois un peu de lumière...

La terre creusée – et parcourue – de long en large – à la recherche d'un cœur – d'une aile – d'un rire – d'un visage ; ce qui pourrait nous hisser – pour un instant – vers le ciel ; ce qui pourrait nous extraire de ce bourbier...

 

 

Le cœur emmuré ; avec des restes (assez) conséquents d'indifférence ; dans la proximité du monde et du secret...

Sans même savoir ce qui circule avec le sang...

Si incrédule(s) face aux cris – face aux ombres – face aux souvenirs du premier royaume...

 

*

 

Les yeux habités ; comme une fenêtre ouverte – un territoire infini – une lumière sans reflet...

Au milieu des Autres et de la nuit...

Porté(s) par le regard franc ; et la voix vierge...

Promu(s) par le silence ; et le visage de l'innocence...

Quelque chose de la beauté ; capable de faire taire la douleur et les cris...

 

 

Assis sur la pierre ; l'herbe plus haute (beaucoup plus haute) que le nom ; et ce sourire sur les signes et les dates – sur tous les reflets de l'ineffable (qui défilent en ordre dispersé)...

Le corps dissous dans la matière environnante ; vivant (éminemment vivant) et presque imperceptible ; la force à l'intérieur ; et les yeux posés sur le vent...

L'âme dressée vers le ciel ; déjà...

Face à la mort ; confiant ; ni peur – ni adieu ; comme une tendresse – plutôt ; une forme (parfaite) d'abandon...

 

 

La route intime ; dans le sens du contraire...

Anonymement ; dans l'espace ; l'éloignement ; puis, le retour...

Le souffle à travers les circonstances ; par-delà toutes les chimères et toutes les inventions...

Le monde – encore ; et, sous ses (multiples) masques, son vrai visage...

L'apparence ; et tous ses miroitements...

L'abîme et le vertige...

Mille fragments de l'esprit...

Et cette fièvre ; jusqu'au non-sens...

De jour en jour ; vers la chute et le dénouement...

L’œil et la voix essayant d'échapper au brouillard...

Sur la crête ; cette piste lointaine (peut-être imaginaire)...

Et cette soif ; cet élan vers le plus proche...

La vie miraculeuse...

Et la main folle – et fière – de ses crimes...

Et la possibilité du rêve ; et la possibilité de soi ; au cœur des mêmes profondeurs...

 

 

De manière décisive ; l'ignorance et l'immobilité...

L'éclipse et le viatique...

Dans la même flèche ; vers le centre [inversé(e) par l'aube]...

Et sous la même lumière ; la faim et les prières ; et quelques conversions – parfois...

Des paysages ; des trappes et des chemins...

Quelque chose du manège et de la circonvolution...

Autour du mythe et du mystère ; cette danse – ces agenouillements ; cette folle agitation...

 

 

A s'exhiber devant l'incertain...

A sillonner les crêtes et l'étendue...

Et dans son sillage ; des restes de signes – des paroles à décrypter ; qui invitent les lèvres à abandonner leur psalmodie pour se tourner vers le silence...

L'âme vide et égarée face au ciel ; face au monde ; plongée (en quelque sorte) devant le même abîme...

Et dans les arcanes de la solitude et de la joie ; la découverte (inattendue) d'un royaume insoupçonné...

 

*

 

Vacillant ; dans le silence ; les lèvres muettes – juste un sourire ; un sourire et le vent...

Face aux visages ; notre voix (ou celle d'un Autre – qu'importe)...

Du jaune partout ; sur ce fond bleu immobile ; comme de l'or...

Et le monde qui tourne (qui semble tourner)...

Et le temps qui passe (qui semble passer)...

Et le mystère toujours ; dans lequel chacun est plongé...

Quelque chose à la main ; et que la mort emporte...

Et nous ; tant de fois écartelé(s)...

 

 

Sans même le désir ; les yeux qui pétillent...

Sans même les livres ; sans même le monde ; à la même fenêtre – l'espace...

Cette succession d'instants dans la lumière...

La joie dans l'âme ; dans l'encre et dans la voix – pour célébrer cette danse (étrange) entre l'écume et le mystère...

Et la place (solennelle) de l'ombre...

Comme une (très singulière) entrée en matière...

 

 

Le cœur comblé ; insaisissable et sans réplique...

Fouillé depuis des millénaires pour y trouver le secret (mal enfoui) ; la réponse au mystère...

Et aujourd'hui ; la caresse et le coutelas pour seule sagesse...

Ce qui accueille et ce qui tranche (le moindre superflu) ; dans cette myriade d'êtres et de choses – ce flot d'images insensé(es) – la plus infime croyance...

Ce qui (nous) gouverne comme un somnambule en proie à la folie ; et qui rêve (malgré lui) de faire basculer le monde dans sa chute...

Et tous les remparts ; et toutes les histoires ; anéantis d'un seul regard ; et que la main balaie d'un geste (très) précis...

Et ce qui subsiste ; le verbe (la parole rare et vraie de celui qui s'est abandonné à l'inexplicable) ; les contours (si variables) de l'âme ; l'absence de frontière ; et le centre qui avale tout ce qu'on lui offre ; pierres – mots – noms – objets – visages – fatigue et prières...

Indéchiffrablement ; sans doute – le plus élémentaire...

 

*

 

Au cœur de l'intime ; tête renversée...

La douceur sur les lèvres...

Le monde et la lumière ; si proches...

Le souffle sur la peau ; et le silence...

Le jour et la vie...

L'âme et le ciel...

Et passant ; et demeurant ; à la fois – sur cette terre ; comme la fleur et l'éternité...

Sur la roche ; éclairée par le soleil ; rien qu'un peu de glaise ; rien qu'un peu de boue – l'énigmatique reflet du mystère...

 

 

Là ; dans notre misère ; et notre splendeur...

Et tous ces besoins bégayés par la bouche...

Et toutes ces merveilles cachées au fond du cœur...

Comme un grand voyage ; partout (ou à peu près)...

Et le parfum de la douleur ; là où se posent les pas ; et plus loin – là-bas – toute la fortune à venir ; sans voir ce qui nous file entre les doigts...

 

 

Le ciel ; au-delà – comme une exaltation...

Évaporés ; le corps – l'âme – la moindre frontière...

Sans défense ; sans rien (pouvoir) saisir ; plus qu'offert – à la merci...

Si présent ; si disposé ; et si (incroyablement) disponible ; dans la haute intensité de l'inconsistance – le mystère (partiellement) ressenti...

L'espace réunifié ; l'invisible et la matière ; indiscernables – entremêlés...

Plus ni lieu – ni nom – ni chair ; la joie et le feu dans le regard ouvert ; et le cœur désobstrué...

La nuit pourrait bien tout envahir ; l'esprit (de toute évidence) s'en moquerait...

 

 

Sur la route squelettique ; qui se perd sur l'étendue ; avalée peut-être ; avalée sans doute...

Et avec elle – tous les espoirs ; nous abandonnant à ce qui subsiste ; à ce qui demeure lorsque l'invisible remplace le monde...

Le cœur dans son rythme singulier ; la chair dans sa forme particulière ; très pacifiquement (très involontairement) identitaires ; le souffle et les yeux – intacts et déployés ; et le reste dans la confusion ; la chair rouge mêlée à la terre noire et aux pierres blanches...

A travers l'infinité des combinaisons – le règne du possible...

 

*

 

Ce qui se savoure ; sans pourquoi – sans comment...

Des bribes de rien ; un ruissellement de joie...

Ce qui nous appartient ; pas même l'empreinte de nos pas...

De la reconnaissance ; au fond des yeux...

Comme un visage trop longtemps oublié...

Des larmes ; et le plus sauvage...

Ce qui bruisse dans l'être ; à la place du monde ; à la place des cris...

Cet indescriptible frémissement de l'infini entre nos murs de chair...

 

 

Et ce vent qui nous empale ; qui nous enfile ; comme si l'on était des perles – comme si l'on était des proies...

Dans la longue suite de morts ; en rangs (très) serrés...

Parfaitement incapable(s) de comprendre – et de suivre – les rouages du mécanisme ; cette machine qui semble briser les élans et qui, en vérité, les prolonge – les déploie – leur offre un regain d'ardeur ; sans compter (bien sûr) la félicité...

 

 

Le geste juste et audacieux contre la tyrannie du monde ; de l'Autre...

Cette solitude enchantée qui côtoie le ciel – les cimes ; et les songes ancestraux...

Ce qui pactise avec l'écho ; la moindre résonance...

Le cœur affranchi de tous les sédiments...

L'esprit sans cesse renaissant ; échappant au doute et au ressassement ; libéré de cette terre dévastée par les malheurs...

Et l'âme ; alliée du plus vaste ; devenue intouchable en quelque sorte...

 

 

La voix hantée par l'invisible ; le mystère jusque dans ses récréations ; comme la chair (et toutes ses substances)...

Au milieu des sables que le vent soulève ; et emporte...

Plus qu'un décor ; l'âme immergée dans le supplice – dans la douleur et l'abandon...

Au lieu exact où naissent les cris ; l'envie de fuir ; toutes les nécessités...

Dans cet espace nu ; tremblant ; vacillant – sous le regard ; comme un vertige face à ce que l'on ne voit pas...

 

*

 

La couleur du ciel ; et la vie pleine d'autre chose ; sous cette épaisseur un peu sombre...

Par-dessous le refus et la mélancolie...

Le temps arrêté ; la faim suspendue...

Et la bouche qui ne sait que dire ; et qui, parfois, se calque sur le cœur ; et l'expression des yeux ; plus étincelle que lueur ; bien plus que les mots...

Et, en creux, l'invisible ; le jeu et la joie qui se célèbrent...

En ligne directe avec le plus sensible ; le plus lumineux...

 

 

S'accompagnant ; plus qu'idéalement...

Dans la vibration et le clignement...

Jusque dans cet antre où tout résonne ; où tout rejoint l'imperceptible...

Sur le grand registre du monde ; la lumière qui sélectionne le meilleur ; en laissant (toujours) la place au pire...

Le merveilleux ; sur la partie de l'âme – et du visage – qui s'ignore(nt) ; sans autre langage que la tendresse...

 

 

Sans hâte ; la boucle infinie à réaliser (involontairement)...

Plus nu(s) et plus intense(s) ; à mesure du périple...

Moins aride(s) et moins assoiffé(s) ; aussi...

Sous le même soleil ; exactement ; le reste, peu à peu, délesté de son statut de décor et d'instrument...

Partout ; la possibilité du merveilleux et de la transition...

Avec le vent ; toutes les douleurs ; et toutes les questions – emportées...

Et la blessure qui s'ouvre et se referme ; à mesure de la compréhension...

Sans appel ; le regard et le jour – pourvoyeurs du plus précieux ; au cœur même du secret ; l'âme – la chair – le trésor – la tendresse et l'esprit...

 

 

Autant néant qu'absence...

Ici comme ailleurs ; le même nulle part ; et le même désir (stérile) de conquête et de domination ; comme si l'on ne possédait pas tout déjà ; comme si le manque gouvernait encore la tête ; comme si l'ignorance était maître de l'âme...

Au corps à corps ; et inscrit(s) au cœur de la distance ; la même séparation ; la même fragmentation de la matière et de l'espace ; les yeux et le cœur soumis au même sortilège...

 

*

 

Le surgissement de la joie ; ce qui disperse les malheurs ; et ce qui se cherche encore...

Pas de mots ; contre les ombres ; avec tendresse...

Les siens – partout ; sous ce grand ciel...

Et ce bleu au fond des âmes...

Dans la poussière et le sang ; et le rire qui, peu à peu, creuse sa place ; dans ce détachement des choses et des visages...

L'espace libre ; le ciel et la possibilité d'accueillir ; qu'importe les nécessités de vivre...

 

 

Comme un bruit de feuilles et d'écorce ; au fond de la voix...

Au milieu des grands hêtres ; inspiré par leur beauté et leur lumière...

Dans la même chambre ; au-dehors – avec le reste...

Dans la surprenante intimité de l'invisible et du merveilleux ; à cette place que l'on nous a offerte...