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LES CARNETS METAPHYSIQUES & SPIRITUELS

A PROPOS

La quête de sens
Le passage vers l’impersonnel
L’exploration de l’être

L’intégration à la présence


 

CARNETS PUBLIES

L'expérience du monde 
Récit (1997-1999)

Solitudes 
Récit (2001)

Le petit chercheur Livre 1  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 2  
Conte (2004)

Le petit chercheur Livre 3  
Conte (2004)

Quêteur de sens  
Essai anthologique (2005)

Traversée commune  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 1  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 2  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 3  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 4  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 5  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 6  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 7  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 8  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 9  
Livre expérimental (2007)

Traversée commune Livre 10  
Livre expérimental (2007)

Tourbillon(s) 
Journal & récit (2008-2013)

Le goût d'autre chose 
Journal (2013-2016)

Un homme simple et sage 
Récit (2014)

Une âme sensible Vol 1  
Journal (2016-2019)

Une âme sensible Vol 2 
Journal (2016-2019)

Entre le rêve, le monde... Vol 1  
Journal (2019-2020)

Entre le rêve, le monde... Vol 2  
Journal (2019-2020)

Quelque chose du sang...  
Journal (2020-2021)

En plein cœur Vol 1 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 2 
Journal (2021-2022)

En plein cœur Vol 3 
Journal (2021-2022)

Si près de nos lèvres... Vol 1 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 2 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 3 
Journal (2022-2023)

Si près de nos lèvres... Vol 4 
Journal (2022-2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 1 
Récit (2023)

Vie d'un ermite itinérant Vol 2  
Récit (2023)

Une destinée sans certitude Vol 1 
Journal (2023-2024)

Une destinée sans certitude Vol 2 
Journal (2023-2024)

Entre Dieu et la pierre Vol 1
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 2
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 3
Journal (2024-2025)

Entre Dieu et la pierre Vol 4
Journal (2024-2025)

Quelques jours... Vol 1  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 2  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 3  
Journal (2025)

Quelques jours... Vol 4  
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 1
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 1 partie 2
Journal (2025)

En son for intérieur Vol 2 partie 1
Journal (2025-2026)

En son for intérieur Vol 2 partie 2
Journal (2025-2026)

 

CARNETS BRUTS

Carnet n°1
L’innocence bafouée

Récit / 1997 / La quête de sens

Carnet n°2
Le naïf

Fiction / 1998 / La quête de sens

Carnet n°3
Une traversée du monde

Journal / 1999 / La quête de sens

Carnet n°4
Le marionnettiste

Fiction / 2000 / La quête de sens

Carnet n°5
Un Robinson moderne

Récit / 2001 / La quête de sens

Carnet n°6
Une chienne de vie

Fiction jeunesse / 2002/ Hors catégorie

Carnet n°7
Pensées vagabondes

Recueil / 2003 / La quête de sens

Carnet n°8
Le voyage clandestin

Récit jeunesse / 2004 / Hors catégorie

Carnet n°9
Le petit chercheur Livre 1

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°10
Le petit chercheur Livre 2

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°11 
Le petit chercheur Livre 3

Conte / 2004 / La quête de sens

Carnet n°12
Autoportrait aux visages

Récit / 2005 / La quête de sens

Carnet n°13
Quêteur de sens

Recueil / 2005 / La quête de sens

Carnet n°14
Enchaînements

Récit / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°15
Regards croisés

Pensées et photographies / 2006 / Hors catégorie

Carnet n°16
Traversée commune Intro

Livre expérimental / 2007 / La quête de sens

Carnet n°17
Traversée commune Livre 1

Récit / 2007 / La quête de sens

Carnet n°18
Traversée commune Livre 2

Fiction / 2007/ La quête de sens

Carnet n°19
Traversée commune Livre 3

Récit & fiction / 2007 / La quête de sens

Carnet n°20
Traversée commune Livre 4

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°21
Traversée commune Livre 5

Récit & pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°22
Traversée commune Livre 6

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°23
Traversée commune Livre 7

Poésie / 2007 / La quête de sens

Carnet n°24
Traversée commune Livre 8

Pensées / 2007 / La quête de sens

Carnet n°25
Traversée commune Livre 9

Journal / 2007 / La quête de sens

Carnet n°26
Traversée commune Livre 10

Guides & synthèse / 2007 / La quête de sens

Carnet n°27
Au seuil de la mi-saison

Journal / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°28
L'Homme-pagaille

Récit / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°29
Saisons souterraines

Journal poétique / 2008 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°30
Au terme de l'exil provisoire

Journal / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°31
Fouille hagarde

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°32
A la croisée des nuits

Journal poétique / 2009 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°33
Les ailes du monde si lourdes

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°34
Pilori

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°35
Ecorce blanche

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°36
Ascèse du vide

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°37
Journal de rupture

Journal / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°38
Elle et moi – poésies pour elle

Poésie / 2009 / Hors catégorie

Carnet n°39
Préliminaires et prémices

Journal / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°40
Sous la cognée du vent

Journal poétique / 2010 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°41
Empreintes – corps écrits

Poésie et peintures / 2010 / Hors catégorie

Carnet n°42
Entre la lumière

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°43
Au seuil de l'azur

Journal poétique / 2011 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°44
Une parole brute

Journal poétique / 2012 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°45
Chemin(s)

Recueil / 2013 / Le passage vers l’impersonnel

Carnet n°46
L'être et le rien

Journal / 2013 / L’exploration de l’être

Carnet n°47
Simplement

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°48
Notes du haut et du bas

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°49
Un homme simple et sage

Récit / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°50
Quelques mots

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°51
Journal fragmenté

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°52
Réflexions et confidences

Journal / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°53
Le grand saladier

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°54
Ô mon âme

Journal poétique / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°55
Le ciel nu

Recueil / 2014 / L’exploration de l’être

Carnet n°56
L'infini en soi 

Recueil / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°57
L'office naturel

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°58
Le nuage, l’arbre et le silence

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°59
Entre nous

Journal / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°60
La conscience et l'Existant

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°61
La conscience et l'Existant Intro

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°62
La conscience et l'Existant 1 à 5

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°63
La conscience et l'Existant 6

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°64
La conscience et l'Existant 6 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°65
La conscience et l'Existant 6 (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°66
La conscience et l'Existant 7

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°67
La conscience et l'Existant 7 (suite)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°68
La conscience et l'Existant 8 et 9

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°69
La conscience et l'Existant (fin)

Essai / 2015 / L’exploration de l’être

Carnet n°70
Notes sensibles

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°71
Notes du ciel et de la terre

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°72
Fulminations et anecdotes...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°73
L'azur et l'horizon

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°74
Paroles pour soi

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°75
Pensées sur soi, le regard...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°76
Hommes, anges et démons

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°77
La sente étroite...

Journal / 2016 / L’exploration de l'être

Carnet n°78
Le fou des collines...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°79
Intimités et réflexions...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°80
Le gris de l'âme derrière la joie

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°81
Pensées et réflexions pour soi

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°82
La peur du silence

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°83
Des bruits aux oreilles sages

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°84
Un timide retour au monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°85
Passagers du monde...

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°86
Au plus proche du silence

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°87
Être en ce monde

Journal / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°88
L'homme-regard

Récit / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°89
Passant éphémère

Journal poétique / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°90
Sur le chemin des jours

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°91
Dans le sillon des feuilles mortes

Recueil / 2016 / L’intégration à la présence

Carnet n°92
La joie et la lumière

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°93
Inclinaisons et épanchements...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°94
Bribes de portrait(s)...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°95
Petites choses

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°96
La lumière, l’infini, le silence...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°97
Penchants et résidus naturels...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°98
La poésie, la joie, la tristesse...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°99
Le soleil se moque bien...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°100
Si proche du paradis

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°101
Il n’y a de hasardeux chemin

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°102
La fragilité des fleurs

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°103
Visage(s)

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°104
Le monde, le poète et l’animal

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°105
Petit état des lieux de l’être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°106
Lumière, visages et tressaillements

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°107
La lumière encore...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°108
Sur la terre, le soleil déjà

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°109
Et la parole, aussi, est douce...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°110
Une parole, un silence...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°111
Le silence, la parole...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°112
Une vérité, un songe peut-être

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°113
Silence et causeries

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°114
Un peu de vie, un peu de monde...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°115
Encore un peu de désespérance

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°116
La tâche du monde, du sage...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°117
Dire ce que nous sommes...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°118
Ce que nous sommes – encore...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°119
Entre les étoiles et la lumière

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°120
Joies et tristesses verticales

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°121
Du bruit, des âmes et du silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°122
Encore un peu de tout...

Journal poétique / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°123
L’amour et les ténèbres

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°124
Le feu, la cendre et l’infortune

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°125
Le tragique des jours et le silence

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°126
Mille fois déjà peut-être...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°127
L’âme, les pierres, la chair...

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°128
De l’or dans la boue

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°129
Quelques jours et l’éternité

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°130
Vivant comme si...

Journal / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°131
La tristesse et la mort

Récit / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°132
Ce feu au fond de l’âme

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°133
Visage(s) commun(s)

Recueil / 2017 / L’intégration à la présence

Carnet n°134
Au bord de l'impersonnel

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°135
Aux portes de la nuit et du silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°136
Entre le rêve et l'absence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°137
Nous autres, hier et aujourd'hui

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°138
Parenthèse, le temps d'un retour...

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°139 
Au loin, je vois les hommes...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°140
L'étrange labeur de l'âme

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°141
Aux fenêtres de l'âme

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°142
L'âme du monde

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°143
Le temps, le monde, le silence...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°144
Obstination(s)

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°145
L'âme, la prière et le silence

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°146
Envolées

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°147
Au fond

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°148
Le réel et l'éphémère

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°149
Destin et illusion

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°150
L'époque, les siècles et l'atemporel

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°151
En somme...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°152
Passage(s)

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°153
Ici, ailleurs, partout

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°154
A quoi bon...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°155
Ce qui demeure dans le pas

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°156
L'autre vie, en nous, si fragile

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°157
La beauté, le silence, le plus simple...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°158
Et, aujourd'hui, tout revient encore...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°159
Tout - de l'autre côté

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°160
Au milieu du monde...

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°161
Sourire en silence

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°162
Nous et les autres - encore

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°163
L'illusion, l'invisible et l'infranchissable

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°164
Le monde et le poète - peut-être...

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°165
Rejoindre

Recueil / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°166
A regarder le monde

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°167
Alternance et continuité

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°168
Fragments ordinaires

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°169
Reliquats et éclaboussures

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°170
Sur le plus lointain versant...

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°171
Au-dehors comme au-dedans

Paroles confluentes / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°172
Matière d'éveil - matière du monde

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°173
Lignes de démarcation

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°174
Jeux d'incomplétude

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°175
Exprimer l'impossible

Regard / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°176
De larmes, d'enfance et de fleurs

Récit / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°177
Coeur blessé, coeur ouvert, coeur vivant

Journal / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°178
Cercles superposés

Journal poétique / 2018 / L'intégration à la présence

Carnet n°179
Tournants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°180
Le jeu des Dieux et des vivants

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°181
Routes, élans et pénétrations

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°182
Elans et miracle

Journal poétique / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°183
D'un temps à l'autre

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°184
Quelque part au-dessus du néant...

Recueil / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°185
Toujours - quelque chose du monde

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°186
Aube et horizon

Journal / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°187
L'épaisseur de la trame

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°188
Dans le même creuset

Regard / 2019 / L'intégration à la présence

Carnet n°189
Notes journalières

Carnet n°190
Notes de la vacuité

Carnet n°191
Notes journalières

Carnet n°192
Notes de la vacuité

Carnet n°193
Notes journalières

Carnet n°194
Notes de la vacuité

Carnet n°195
Notes journalières

Carnet n°196
Notes de la vacuité

Carnet n°197
Notes journalières

Carnet n°198
Notes de la vacuité

Carnet n°199
Notes journalières

Carnet n°200
Notes de la vacuité

Carnet n°201
Notes journalières

Carnet n°202
Notes de la route

Carnet n°203
Notes journalières

Carnet n°204
Notes de voyage

Carnet n°205
Notes journalières

Carnet n°206
Notes du monde

Carnet n°207
Notes journalières

Carnet n°208
Notes sans titre

Carnet n°209
Notes journalières

Carnet n°210
Notes sans titre

Carnet n°211
Notes journalières

Carnet n°212
Notes sans titre

Carnet n°213
Notes journalières

Carnet n°214
Notes sans titre

Carnet n°215
Notes journalières

Carnet n°216
Notes sans titre

Carnet n°217
Notes journalières

Carnet n°218
Notes sans titre

Carnet n°219
Notes journalières

Carnet n°220
Notes sans titre

Carnet n°221
Notes journalières

Carnet n°222
Notes sans titre

Carnet n°223
Notes journalières

Carnet n°224
Notes sans titre

Carnet n°225

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A l'orée du plus intime

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Au bord du monde – la lumière

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Derrière les mots

Août 2024

 

Carnet n°311
Allant sans savoir

Septembre 2024

 

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Un œil au cœur de la fable

Octobre 2024

 

Carnet n°313
Un manteau d'étoiles et de sang

Novembre 2024

 

Carnet n°314
Là où l'on s'incline

Décembre 2024

 

Carnet n°315
Devant un Dieu invisible

Janvier 2025

 

Carnet n°316
Ecoutant ce qui demeure

Février 2025

 

Carnet n°317
Et si le monde était l'exil

Mars 2025

 

Carnet n°318
La danse secrète

Avril 2025

 

Carnet n°319
Le cœur engagé dans l'aventure

Mai 2025

 

Carnet n°320
Ce qui veille au fond de l'âme

Juin 2025

 

Carnet n°321
Dans l'écume du mystère

Août 2025

 

Carnet n°322
Vers l'indéchiffrable

Septembre 2025

 

Carnet n°323
Dans l'épaisseur du réel

Octobre 2025

 

Carnet n°324
Entre l'étoile et la boue

Novembre 2025

 

Carnet n°325
Tant qu'il y aura des jours

Décembre 2025

 

Carnet n°326
Des choses et d'autres

Janvier 2026

Epigraphes associées aux carnets

© Les carnets métaphysiques & spirituels

7 juillet 2020

Carnet n°240 Notes journalières

Un tunnel – sous la page – creusé à force de mots – de tentatives – de volonté – et qui mène, presque sans détour, à l’espace le plus inattendu – au silence le plus inespéré…

 

 

En nous – une réserve de forces nées du moins apparent – du plus profond – du feu le plus interne engendré – et alimenté – par les plus lointaines contrées de l’infini…

L’invisible qui donne naissance au souffle…

 

 

Des trous dans la matière – du vide, en quelque sorte, pour y installer des yeux – une perspective – le matériau nécessaire au déploiement du regard…

 

 

Tout s’avance vers nous – sans pudeur – sans ferveur – sans restriction – mû par une mécanique sous-jacente vouée à l’obéissance – à la soumission (absolue) aux impératifs intérieurs…

 

 

Des mouvements – des instincts – des nécessités qui cherchent à être satisfaites – le magma mobile de l’impersonnel à travers le balai apparent des visages et des individualités…

L’inachèvement – sans erreur – sans impasse – sans issue – notre monde voué au temps – à l’attente – aux promesses – au devenir – à l’impossibilité de se révéler et de se reconnaître – à l’alternance (pas si tragique) du réel et du rêve – de la vie et de la mort – mille fois recommencés…

Entre la prescription et le phénomène accidentel – entre le jeu, la déroute et la peur – nous-mêmes concentrés dans la folie de tous nos gestes…

L’infini et l’éternité qui, sans cesse, changent d’envergure et d’apparence – de contextes et de lois – se jouant des regards et transformant, à l’envi, les perspectives…

 

 

Nous – devant le temps – impuissants – ignorants – adeptes d’un rythme imposé que l’on saisit mal – et que l’on ne peut ni éliminer – ni dominer…

A attendre et à espérer (en vain) – des troubles plein la tête – sur un terrain implacable – avec des gestes maladroits – sans la moindre erreur possible – vivant parmi d’Autres dans cette longue file qui patiente devant des portes imaginaires qui pourraient ouvrir sur des pays qui n’existent pas…

 

 

Nous – comme chantier – espace de tous les passages et de tous les mouvements – lieu de tous les phénomènes…

Inertes malgré la mobilité des membres – des idées – des émotions…

Immobiles – comme le regard – ce que nous sommes (profondément) – au milieu du chaos…

 

 

L’esprit – le monde – ce qui, en nous, est le moins inachevé – et ce qu’il reste lorsque tout s’est dérobé – lorsque tout s’est effondré…

Des murs et des trajectoires obliques – quelque chose d’impénétrable et trop de tentatives approximatives…

De la fatigue – de la lassitude – de l’obstination – notre destin irréfutable – la seule chose que nous ayons et la force, parfois, de nous accompagner lorsque les Autres nous font défaut…

 

 

A cet instant même – ce que nous longeons – ce autour de quoi nous nous éreintons à tourner – sans même nous en rendre compte – le centre dont nous faisons partie – le centre que nous sommes tous – au fond…

 

 

Ça court – ça circule – ça se rejoint – ça se sépare – de proche en proche – sans jamais en voir le bout – dans l’ignorance et l’oubli de l’origine – comme une longue (et vaine) tentative de libération…

Des murs lancés contre des murs – de la matière jetée sur de la matière – des yeux et des corps apparemment séparés – dans tous les sens. Prisonniers éternels du magma inerte et chaotique – comme une pierre qui se débattrait dans un éboulis perpétuel…

 

 

On ne se libère de rien ; on apprend à vivre en détention – et à faire naître, en soi, le regard affranchi – en surplomb ; en devenant la texture et la couleur de ce qui nous entoure – jusqu’à basculer dans le monde des choses – cet autre versant de l’esprit – la dimension palpable – éminemment matérielle de l’invisible…

 

 

L’équilibre érigé par les forces qui luttent – qui s’opposent – qui résistent ou se fédèrent – qui ne cessent de se transformer – de nous – de tout – transformer – avec puissance et lenteur – avec la patience nécessaire aux œuvres de longue haleine – aux besognes inachevables – et nous autres – éléments et main-d’œuvre de ce labeur sans fin – traversant crises et tempêtes – déserts et parenthèses – toujours vaillants – toujours à la manœuvre – à notre place – à notre poste – jour après jour – pendant des millénaires – et (presque) sans jamais fléchir…

 

 

A vivre – avec rien dans la tête – le vide – défait des restes de la volonté – de tous les reliquats de désir – au-delà du plus commun – au-delà de l’ordinaire porteur de projets et d’embarras…

 

 

Nous – face à tout – bloqué(s) – de l’hypothétique début à l’improbable fin – partiel(s) et parfait(s) – tel(s) quel(s) – au cœur de ce qui nous constitue – au cœur de ce qui passe – de ce qui dure (un peu) – de ce qui demeure – éternellement…

Entier(s) et inachevable(s) – engagé(s) et hors de toutes les histoires – quels que soient les visages et les circonstances…

 

 

Ce qui se construit – malgré nous – jusqu’à l’effondrement…

Le poids de tout – sur les bras – dans l’âme – partout…

Ecrasé(s) – et presque rien dans la balance – pourtant…

Un peu d’air et de vent face à l’envergure et à la densité du vide…

 

 

Devenir, malgré soi, le tertre du jour – le socle sans lequel le monde n’existerait pas – le mur contre lequel viennent mourir tous les épuisements – la pente sur laquelle chacun aimerait vivre – le sol sur lequel les pieds se laisseraient glisser – le souffle qui porte tous les désirs et toutes les âmes vers leur mausolée…

Le vide, en somme, sur lequel nous pouvons (tous) compter…

Pas cette terre où l’on s’enlise – pas ce sable où l’on s’enfonce – pas ces visages qui n’ont d’autre choix que celui de nous pervertir ou de nous menacer…

Le monde tel qu’il est – sans la moindre alternative…

 

 

D’un pas pesant – avec, derrière soi, toutes nos forces concentrées pour essayer d’échapper au pire – à notre destin – aux circonstances (toujours plus ou moins) implacables…

L’erreur de l’effort à l’œuvre – en actes – devenant, peu à peu, l’obstacle majeur – rédhibitoire – la seule pierre d’achoppement du voyage – l’impasse et l’impossibilité que nous avons nous-mêmes édifiées…

Les choses devenues, peu à peu, trop épaisses – trop denses – trop obscurcies – aussi délétères que la mort – et qui finissent par contaminer tous les élans – toutes les ardeurs – jusqu’à bloquer toutes les tentatives de la terre et du ciel…

A vivre ainsi – l’âme – l’esprit et le corps – cadenassés – claquemurés au cœur de l’étroite geôle que nous avons construite – à notre insu…

 

 

Les choses – ici comme ailleurs – inertes et entrecroisées…

Mille histoires dérisoires – interminables – sans ciel – sans issue – sans réelle possibilité de transformation ; de la matière agglomérée et recombinée – inlassablement – et, parfois, saupoudrée d’un peu de conscience…

 

 

Ce qui nous porte – les eaux vives du monde – l’énergie repliée pour la vie extérieure – le souffle et le ciel, en partie, absorbés – et l’incertitude qui dure – comme la seule loi possible…

Et nous – recroquevillés sur nous-mêmes – sous la lumière diffuse qui joue avec les ombres…

 

 

Notre épuisement face au monde – face au silence. Et notre regard impassible – comme s’il fallait surplomber la fatigue…

 

 

La langue – en nous – qui creuse le sol – qui s’ancre au milieu des racines – qui s’expose au regard du monde – qui cherche le rire et la joie – à éradiquer la peur – à percer le mystère qu’abritent les vivants…

Comme le pli d’un autre espoir – d’un autre monde – comme une évidence impossible à légitimer…

 

 

Ce qui nous manque – à l’intérieur – cette zone sensible – cet espace au fond du cœur qui ne s’oppose à rien – qui accueille ce qui vient – ce qui passe – tous les élans – jusqu’aux faims les plus grossières…

 

 

De la vie au-dedans de ce qui semble mort – comme un courant qui circule – et nous tous comme des éléments de la tuyauterie – étrangement emboîtés – pour former un immense circuit – l’espace lui-même qui a, peu à peu, érigé des murs – des parois – des couloirs et des tunnels – des spirales et des impasses – comme un gigantesque Meccano empli – et entouré – de vide et de silence…

Et nous tous – jouant à être – à devenir – à vivre et à mourir – à naître et à renaître – encore et encore – comme la condition première de toutes les choses – de tous les possibles – de tous les jeux inventés depuis la naissance du monde…

 

 

Le monde d’avant le jour – plongé dans la terreur et les bas-fonds – ce qui naît – ce qui passe – sans discontinuer – dans l’air (presque) toujours crépusculaire – comme des âmes amputées – invalides – privées de leur essence et de leur feu – errant parmi les ombres – essayant de se frayer un chemin dans l’obscurité…

 

 

A l’intérieur – rien qu’une peur – irréductible – inentamable – une respiration involontaire – et une crispation tragique sur l’espoir d’un franchissement – la croyance en une échappatoire possible – la conviction mal inspirée (et pathétique) de pouvoir échapper au tragique de cette existence…

 

 

Des crises et des nausées – l’impression d’une épreuve continue – ce qui nous maintient la tête éloignée des hauteurs – le centre abandonné au profit de la périphérie. Et l’âme plongée dans ce que nous attendons du monde et de l’existence – parmi ces Autres que nous avons vainement construits pour prolonger la croyance en un possible vivre-ensemble…

 

 

La tête étourdie – fatiguée – par le lent pourrissement de ce que nous pensions pouvoir conserver – l’excès de combinaisons et de transformations – et le courage qui nous manque pour affronter le réel – le temps – le changement – le vide en nous – à l’intérieur de la vie – de part et d’autre du front – ce que nous considérons à tort comme une frontière…

 

 

Ecrire pour rien – pour presque rien – pour offrir, peut-être, un supplément de vide et de poésie – un court instant qui pourrait pudiquement – secrètement – prolonger le vrai – suffisamment pour clarifier et aiguiser le cœur et le regard de l’Autre – passablement curieux et attentif – à la manière d’un modeste révélateur d’espace et de lumière enfouis dans l’âme (qui n’aspire, bien sûr, qu’à les voir naître au jour)…

 

 

Tout s’évertue à se déployer – à revenir – à combler la moindre distance – à se substituer à la moindre absence…

Seul(s) – au milieu de la nuit – sans que la lumière jamais n’intervienne dans le rêve et le sommeil…

A demeurer là – sans rien faire – sans même compter les heures – les jours – les années – les siècles qui passent…

Satisfaire seulement à la respiration…

 

 

Rien ne nous force à vivre – à résister aux courants qui nous saisissent et nous jettent ailleurs – plus loin – plus haut parfois (trop rarement)…

Rien ne nous force à nous laisser aller aux rêves et au sommeil…

Tout – pour être – a dû recevoir notre (plein) consentement antérieur…

 

 

Ce qui nous épuise – sans cesse – notre inclination à intervenir – cette étrange (et harassante) manière d’être au monde – notre (réelle) incapacité à nous soumettre au rythme des choses – aux itinéraires hasardeux – aux vents du désordre – notre volonté (obstinée) de vivre comme des hommes…

Ainsi – sommes-nous seul(s) – seul(s) et désorienté(s) – éloigné(s) de toute forme de vérité…

Les pieds dans l’illusion – avec tous les monstres du monde à nos côtés ou qui nous poursuivent – les nôtres comme ceux des Autres…

Et nous tous – dans la même nuit – séparés au lieu d’être réunis – au lieu d’être ensemble…

Debout et bancal(s) – sans doute pour l’éternité – avec, dans l’âme et les mains, mille choses pesantes…

Au bord du malaise – à chaque instant – trop lent(s) ou trop prompt(s) à décider au lieu de se laisser mener par ce qui nous porte – par ce qui nous tient – si provisoirement…

Demeurer partiel(s) – partial (partiaux) – à notre place au lieu de glisser ailleurs – plus haut – vers la plénitude et l’envergure première…

Être – à la fois – au-dessus et dans les choses du monde qui passent…

Tout – en vérité – souligne notre inaptitude à vivre dans une totale (et parfaite) réconciliation…

 

 

Rien face à l’incertitude – notre consentement – la tristesse et la peur remisées en d’autres sphères – antérieures au plein acquiescement…

On n’abolit rien – on ne refuse rien – la lumière – les rêves – le sommeil – les limitations de l’homme – la possibilité des étoiles – l’illusion du temps – le désordre et le mensonge – la souffrance et la barbarie – les yeux grands ouverts – prêt à accueillir ce qui s’impose comme ce qui a dû se résoudre à fuir devant la domination…

 

 

Être – sans la moindre certitude – sans la moindre pensée – sans la moindre tâche ni le moindre geste à réaliser…

Le temps et le devenir abolis – ce qui sonne, peut-être, la fin du sommeil – la fin de la nuit…

 

 

Le jour différent – l’âme au bord du ciel – la volonté convertie en accueil supplémentaire – l’angoisse effacée par notre accord au rythme naturel des choses…

Le feu et le vide – à leur place…

 

 

La parole – presque aussi discrète que le silence…

 

 

On se défait de nos vieilles habitudes – des contours trop particuliers de notre existence et de notre visage…

La noyade – bientôt…

La fusion peut-être – la fusion sans doute…

Le grand bain dans lequel nous serons, tôt ou tard, jetés…

La fin de l’ordre et des chemins balisés – des itinéraires aménagés – de l’espace sans surprise…

Le goût de l’Autre – des Autres – et celui de la liberté dans l’âme et les yeux sans volonté…

Et ce qu’il nous reste – quelques résidus et singularités naturels…

 

 

Toute la beauté et toute la poésie du monde – honorées – célébrées – et transformées en or pour ceux dont les yeux et l’âme hésitent encore…

 

 

Nous – capable(s) (enfin) d’être n’importe qui – d’être n’importe quoi – suffisamment humble(s) – suffisamment rien pour devenir ce qu’il nous faut être – tout – l’ensemble du réel et des possibles combinables – simultanément – successivement – dans l’ordre qui s’impose…

 

 

Nous nous obstinons à devancer le temps – à anticiper les jours – sans parvenir à être présent à cet instant – là où nous sommes…

 

 

Des gestes – des meurtres (trop souvent) – une manière d’affronter la nuit – et, paradoxalement, de la renforcer…

Le soleil – prisonnier au-dedans – comme pris en otage par notre excès de volonté – notre ignorance en actes…

 

 

Nos mains – comme le prolongement du corps – de la terre – du cœur – et celui du ciel, bien sûr, qui tente de se retrouver…

 

 

L’invisible et ce qui n’est – et n’existe – qu’en apparence…

Comme ces nuages dans le ciel – toutes les choses – en vérité…

 

 

Rien qu’une tristesse – comme un rideau sombre et humide que l’on jette entre nos yeux – notre âme et le monde…

Des larmes – comme une vérité initiale – préalable à la véritable épiphanie – elle-même propédeutique d’une autre – plus profonde – et ainsi de suite – indéfiniment – jusqu’à ce que tout devienne égal et immobile – jusqu’à ce que l’attraction du monde et de ce que nous imaginons autre s’éteigne – jusqu’à ce que la curiosité et le désir s’effilochent – jusqu’à ce que nous vivions au cœur de ce que certains hommes appellent la vérité absolue

Comme un oiseau dans l’air – comme un poisson dans l’eau…

Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à dire – jusqu’à ce que le temps disparaisse – jusqu’à ce que tout devienne ciel et silence – grâce impersonnelle et rire tonitruant sur nos (apparentes) erreurs et notre passé – regard et tendresse infinie et involontaire…

 

 

Le monde d’avant – au seuil de l’ultime étape – peut-être – dans un passage – au-delà de la soif – dans ce qui suit la soif – la main non tendue – la main non saisissante – vers ce qui existe après l’extinction des désirs…

Pas même une marche – pas même une attente – attentif seulement – les yeux dégagés de tous les horizons…

 

 

Dans la main – le bruit du vent et quelques traces de la nuit ancienne…

Et la lumière – déjà – du jour à venir…

 

 

La vie sans excès – sans autre excès que ce qu’elle est – sans autre excès que ce qu’elle offre…

Au terme d’une existence faite de paroles et d’aventures – le glas du rêve et du temps – ce qui est et ce qui s’enflamme – à l’instant – sous nos yeux…

 

 

Nous autres – comme une charnière entre le monde et le silence – entre la fidélité et la trahison – comme si, en nous, quelque chose demeurait – comme si, en nous, quelque chose résistait à l’ordre établi ; quelque part – toujours – l’âme à la frontière mouvante et incertaine des choses…

 

 

Aux confins des saisons d’un autre temps – moins régulier – plus chaotique – sans durée – sans certitude – dans les tréfonds obscurs et inconnus – infréquentés – de celui qui a l’air de régir le monde humain – la terre des vivants…

 

 

Sur le sol des Autres – la méfiance – le rire et la grossièreté…

Et ici – peu de chose(s) – tout – mélangé – sans que nous puissions rien démêler – sans que nous puissions rien séparer ; l’absence de savoir et le regard parfaitement dégagé…

 

 

Le front ouvert – comme une béance – un gouffre sans fond – un terrain immense et infertile peuplé d’herbes folles – naturelles et provisoires – sur lequel rien ne peut véritablement prendre racine – sur lequel rien ne peut véritablement croître et pousser – sur lequel tout est amené, tôt ou tard, à s’éteindre et à disparaître…

Les jours et les malheurs – comme toutes les choses – insaisissables – et qui se reproduisent, pourtant, comme la mort qui franchit tous les murs…

 

 

De jour en jour – de page en page – le même chemin – le même silence – et cette joie d’aller sans but – d’aller sans fin…

La même immobilité quels que soient les pas et les paysages traversés…

Ce que l’Amour nous offre et ce à quoi la vie nous invite…

 

 

Les murs et l’opacité pulvérisés – le socle préalable à l’autre voyage…

Toutes les horloges démontées – une à une – la condition pour danser sur les routes – puis, avec elles – la tête caressée par l’air – dans l’intimité du vide et du vent…

 

 

En roue libre – comme un miracle – une aubaine pour l’homme (et le vivant)…

La lame et l’oubli – à leur place – au second rang – juste derrière la main ouverte et la tendresse…

 

 

Les pieds qui glissent sur toutes les frontières mouvantes – qui jouent à les défaire – à les déplacer – à inviter les peurs et le sable – à inverser les rythmes – à transformer les yeux en miroir parfait – à maintenir le désir de l’homme au-dessus de l’horizon – à se tourner vers toutes les hauteurs promises – à se répartir (équitablement) les rôles – les tâches – les identités – à tout mélanger jusqu’à ne plus rien pouvoir séparer (ni extraire) afin d’être capable de vivre – de regarder ailleurs – de s’éveiller et de célébrer le monde et l’infini – le silence et la matière dansante et virevoltante…

Le partage enfin consenti…

 

 

Soleil d’une autre terre où la nuit et les épines sont aussi honorées que le jour et les traces des plus grands aventuriers…

Une autre tournure de l’esprit – peut-être – simplement…

 

 

Le monde accueilli – arraché – qui se dénude – peu à peu…

Entre les pierres – nos incroyables aventures…

Et ce qui résiste (encore) à la faim…

 

 

Nous – à l’heure du recommencement – tantôt comme un détour – tantôt comme une indulgence – dans tous les cas comme une (irrépressible) nécessité…

Les deux pieds – au cœur du lieu qui donna naissance à toutes les frontières – regroupées – innombrables – rassemblées – puis déconstruites – une à une – comme la seule manière de vivre affranchi des règles terrestres – sans être apeuré au moindre frémissement du noir – au moindre surgissement de la matière…

Au-dedans du cercle où se tiennent – superposés – le temps et l’éternité – l’incomplétude et l’infini – le monde et le silence…

Notre conscience à tous – bien sûr…

 

 

Vivant – réel – jusque dans les replis secrets où se sont réfugiés les plus discrets – et les plus lointains – soleils…

 

 

Sur la route-frontière qui nous éloigne de notre vrai visage…

La fleur – au-dedans – comme l’aventure – à peine éclose…

Et cette sueur – au goutte à goutte – sur la pierre…

Et ce monde – et ces hommes – presque impossibles à comprendre et à aimer…

Et ces circonstances tantôt tragiques – tantôt fabuleuses…

Et nous – qui que nous soyons – qui n’avons ni le choix – ni la moindre souveraineté…

Le mystère de tout destin – de tout voyage…

Notre Amour commun (et sans malice) – en partage…

 

 

Ce que nous mimons pour avoir l’air…

Ce que nous déguisons pour maintenir visible l’illusion…

Ce que nous imaginons hors des cercles magiques…

L’homme masqué – l’habitant des sous-sols…

Pas encore né – pas encore (véritablement) vivant…

 

 

Devant les yeux – quelques fleurs et ce ruban d’eau vive entouré de vent – horizontal et vertical…

Le ciel en surplomb et, au loin, le chant et la liberté de l’océan…

La joie – au fond du cœur – sur la ligne d’horizon…

Assis dans le silence qui nous célèbre – sur cette terre où nous avons l’air vivant…

 

 

Nos sœurs – les bras levés – du vent dans les mains – un souffle que nul ne peut retenir – défaisant dans leurs cheveux toutes les choses prises au piège – effaçant toutes les histoires – essuyant toutes les larmes – anéantissant toutes les illusions du monde…

 

 

Que rien ne demeure – que tout passe dans un battement d’ailes – que nos gestes ne servent (trop souvent) que notre étroit intérêt (et notre fatuité) – que la nuit n’existe que pour les fantômes – que le chagrin soit l’égal de la joie et de la beauté ; nul – pour le comprendre – n’a besoin d’attestation ou de diplôme ; vivre suffit à dessiller tous les yeux (et le monde, bien sûr, fait sa part)…

 

 

Tout existe déjà sur la pierre où nous vivons – sur ce petit carré de terre – sur cette parcelle offerte par les Dieux ; ne reste que la nuit à apprivoiser et à découvrir le mystère caché au fond du cœur…

 

 

L’existence – comme une promesse – d’abord – puis, comme un poignard – et, ensuite, comme un naufrage – puis (enfin) comme une île inespérée entre le ciel et l’océan – incertaine – comme nos pieds – notre sang – notre espérance…

Des ombres qui passent – frémissantes – sans incidence – dans la lumière…

 

 

A peine sorti du sommeil – et voilà notre bouche déjà pleine de (fausses) vérités…

 

 

L’homme devant son existence – sa descendance – sa tombe ouverte – le ciel promis – et tous les au-delà centraux et périphériques – curieux – inquiet – impuissant – trop volontaire…

Si immature encore…

 

 

Ce que nous célébrons dans l’indifférence – le monde entravé – réduit au confinement – à cette détention imposée de l’intérieur…

Tous les visages – tous les yeux – derrière leur vitre – regardant, au loin, l’autre vie s’esquisser – devenir – de proche en proche – la nôtre – peut-être – bientôt…

 

 

Dégagé des larmes qui coulaient à cause du sommeil – sur les lèvres – un autre sel – une sève moins triste – la même que celle des arbres et des nuages – familière du monde et des hauteurs – porteuse d’une envergure incommensurable…

 

 

Nous – hors du périmètre habituel – entre la nuit et le bleu immense – en déséquilibre sur le temps passé – (inutilement) amassé – tous les souvenirs au bas de la pile – comme un socle fragile – massif – désastreux…

Des pas dans le vide – immobile – comme s’il nous fallait vivre là et attendre que le monde se déplace – que l’esprit nous libère – que nous devenions le reste – l’autre versant du mystère – le prolongement (naturel) du périmètre initial…

 

 

A chaque ligne – le même Amour et le même silence – malgré l’efflorescence et la profusion des mots…

Tout pourrait être dit en une seule parole – en un seul geste – ceux nés de l’acquiescement – comme un soleil qu’il serait impossible de confondre avec le déploiement (plus ou moins lumineux) de la nuit…

Quelque chose du regard – dégagé de la chair et du sang – affranchi des instincts…

Le Divin – en nous – vivant…

Le vide et le vent – à travers tous nos visages…

L’espace et les pierres…

Ce qui existait déjà – caché – au fond de notre vacarme – au fond de notre sommeil…

 

 

Comme un soleil qui fleurit dans notre jardin…

L’eau qui ruisselle à toutes les fontaines…

La source dégagée…

Le souffle et la lumière sur la terre…

L’oubli et la poussière…

Et ce qui martèle – et ce qui piétine – et ce qui s’essaye à l’entassement – aussitôt balayés – et toutes les tentatives de succession (ou de remplacement) fauchées par la lame implacable posée en arrière du regard…

L’esprit vide – l’esprit nettoyé – disponible – à ce qui vient – qui accueille sans exigence – et qui efface presque aussitôt ce qui s’attarde trop longuement – sans la moindre nostalgie…

 

 

Aucune trahison sur la pierre – l’Amour et le vent – fidèles au sang de la terre et à l’immensité bleue…

Nous – nu(s) – comme nos noms devenus inutiles ; notre douleur – suspendue à toutes les hampes successives – que nous tenons au-dessus de nos têtes – de plus en plus légères – presque envolée – évanouie – pas même à la recherche de notre nouveau visage – prêt(s) à accueillir la texture et la couleur des choses – des masques – des parures – provisoires – qui continueront de se présenter – que l’on continuera de nous offrir…

 

 

Prisonnier(s) d’une route involontairement inventée – comme si ce que nous cherchions devait se trouver devant nous – autour de nous peut-être – sous chacun de nos pas…

Mille ans – mille siècles – sans jamais avoir eu l’intuition de chercher ailleurs – autrement…

 

 

A notre chevet – la mémoire – ce que nous avons couché sous nos pieds – notre séant – cette étendue immense (et épaisse) de rêves et de désillusions – nos aspirations et nos malheurs – ce qui n’est bon qu’à jeter au fond des gouffres qu’ont creusés nos mains – dans les abysses terrestres gorgés déjà de malédictions…

L’âme et les mains vides – à fredonner en silence la même prière – inaudible – incompréhensible – comme une manière (un peu singulière) d’être au monde – indifférent (en apparence) aux rencontres et à la solitude…

Nous-même – bien davantage qu’autrefois…

 

7 juillet 2020

Carnet n°239 Notes journalières

Tout est (presque) mort – en nous – sauf cette séparation monstrueusement vivante ; la puissance destructrice de l’homme – libre – libérée – partout à l’œuvre…

 

 

Tout semble plus fort que l’oubli – sauf à la fin – où tout reprend sa place ; mille tas de cendre et de poussière dans le néant – et cette lumière, au fond, qui éclaire l’espace vide…

 

 

Des pierres – autour de nous – qui tournent autour du centre – le cœur vivant du monde qui déplace de la pierraille – mille choses – des êtres et des visages – à seule fin de les convertir à la beauté – à la poésie – au silence…

 

 

Sur le fil qui traverse les ombres – des pas qui, à mesure de la marche, dissolvent le désir – l’espoir – la tristesse ; de plus en plus libre – de plus en plus démuni – peu à peu affranchi des rêves des hommes – des plus viles ambitions – de ce qui emprisonne l’Amour et la poésie – le plus précieux du monde et du langage – ce qui permettra, peut-être, à la lumière de devenir réellement vivante…

 

 

Entre nous – le sable des rêves – trop d’images – de cartes – de lois – ; le tracé trop noir – trop épais – presque indélébile – des frontières que nous avons fabriquées pour nous séparer du reste – nous octroyer les meilleures parcelles du monde – et bâtir, en fin de compte, le pire des royaumes – ce carré de terre que notre ignorance et nos ambitions ont, peu à peu, transformé en tragique (et pitoyable) mausolée…

L’obscurité de l’esprit qui nous conduit à toutes les pertes…

 

 

De jour en jour – de proche en proche ; mille gestes – mille coups de grâce successifs – comme une lente déperdition – jusqu’à la noyade (solitaire) au milieu de l’océan…

 

 

A demi-mot – le temps du rêve – le temps que le monde disparaisse derrière le réel et la lumière. Puis – lorsque tout sera fini et pourra recommencer (ou continuer) – nous serons capables de vivre – silencieux…

 

 

Lentement – au fil des ombres – grossissantes – le dos au mur – avec trop de pierres dans les poches – trop d’images dans la tête – l’âme encore pleine de désirs inassouvis – les yeux rivés sur l’horizon des promesses – jusqu’au dernier jour – jusqu’au dernier souffle – jusqu’à ce que l’on nous ferme les paupières…

 

 

Que restera-t-il demain – plus tard – de cet espace – de ce sourire éternel – si nous n’avons su les découvrir – comme un temps perdu – inutile – une absence (la nôtre) au cœur de la réalité…

La même chose – quels que soient les siècles et les millénaires ; ce qui demeure – sous les ruines et la poussière – sous les tours et les tas d’immondices – ce qui demeure même au milieu du néant…

 

 

Rien sur nos pages – moins (bien moins) que dans un seul geste…

Le nécessaire vivant – sans âge – comme le souffle vital – les battements du cœur – la seule empreinte humaine indispensable…

 

 

Le sommeil a beau fleurir – il n’y pousse que des roses noires – des crânes sans chair – des corps sans âme – un amas d’idées trop (bien trop) humaines…

Pas l’ombre d’une pierre heureuse – pas l’ombre d’un cœur joyeux – de la mort vivante – sans étreinte – sans poésie…

Pas même un regard sur la faim – sur les ventres et le temps…

Nous-même(s) perdu(s) en nous-même(s) – sans dedans – sans dehors ; l’apparence du monde et l’illusion du devenir – seulement…

Tout – toutes nos chimères – comme un peu de sable amassé – remué – transporté ici et là ; et, dans nos oreilles – comme un murmure – une moquerie – le rire du vent…

 

 

Monde incendiaire – et, sur nos lèvres, la même lumière…

Le silence dans nos paroles – tremblant sur le seuil – l’air frémissant…

Et le territoire de l’ignorance traversé – pas à pas…

 

 

Du vent sur les pierres – et, au-dedans, le souffle des âmes…

Des gués et des crêtes à franchir – des hauteurs et des envergures à apprivoiser…

Le même monde de part et d’autre de la vitre. Et cette immense fenêtre à ouvrir…

 

 

Ce que nous quittons pour une solitude en jachère – un carré de terre stérile – une neige parfaite – vierge de traces et de tentatives…

Et notre âme – après avoir tant tâtonné – immobile à présent…

 

 

Des mots – comme un goutte-à-goutte – une perfusion d’énergie et de lumière – pour l’esprit – la chair – le monde – endormis – enténébrés…

Une issue possible (peut-être) comme un peu d’eau jetée sur un visage aux portes du sommeil – aux portes de la mort ; une manière de tendre la main vers ce qui pourrait être sauvé – de s’affranchir de la nuit – et d’accompagner quelques âmes en sursis – gesticulantes – prisonnières de leurs propres territoires – de leurs propres frontières – de leurs propres sables mouvants…

 

 

Le temps d’une vie – quelques jours de frémissement – de froid – de peur – de joie – avec, parfois, un peu d’émerveillement…

Un élan entre présence et absence – providence et volonté. Des courants et, à la fin, une vague submergeante – comme un naufrage pour rejoindre l’inconnu – les profondeurs…

La matrice mystérieuse qui crache les vies pour les jeter sur le rivage…

 

 

Un jour – mille saisons – et ce que nous découvrons peu à peu…

 

 

Un monde rouge – avare de sentiments – distribuant la joie et le mérite – laissant dériver le silence au-delà de toute raison – nous faisant croire que les plus obéissants pourront, un jour, marcher sur l’eau – réaliser quelques miracles – transformer la terre en paradis – que le vide pourrait être peuplé de visages heureux et souriants – que le temps gagnerait à s’arrêter – que nous n’en sommes qu’au début du sacrifice – et qu’il nous faudra bien du courage pour achever cet étrange voyage…

Comme si nous avions – et comme si ce périple avait – une fin…

 

 

Nous et le monde – dans cette intimité sans partage – seul(s) en quelque sorte – dans cette douleur originelle – avec ses prolongements et ses ramifications ; des voix qui se croisent – comme les corps et les visages – à peine entrevus – et qui s’éloignent déjà – sans même se souvenir – comme si, en définitive, rien ne comptait…

 

 

Toujours le même silence – derrière chaque cri – derrière chaque plainte – derrière chaque prière – celui qui existait avant les déchirures et les manques…

Le vide et l’étreinte – au fond des yeux…

Des soubresauts dans la voix – les mêmes que sur les pages et les chemins – des lignes et des pas au-dessus de leur support – par à-coups – comme une discontinuité d’envols et de chutes – des secousses – des vibrations – une succession désordonnée – presque chaotique – de regards et d’aveuglements…

 

 

Dans le même silence – le hasard – les naissances – les adieux – ce que la vie restreint et ce qu’offre la mort – tous nos rêves et toutes nos expériences. Et ce fil qui serpente entre tout comme un chemin…

 

 

Trop d’absence – entre les gestes et les mots – quelque chose qui ressemblerait à la vie – un voyage chargé de mort et d’oubli…

Du bleu – dans l’âme et sur les pages – peu à peu apprivoisé…

 

 

Entre le rêve et la nudité – sans autre souci que l’extinction (naturelle) de la nuit…

La croyance en un seul voyage…

Le poème apaisé – autant que demeure la noirceur de la fièvre et du vent…

Avec des fleurs en contrebas – sensibles à toutes nos folies – à notre indigence et à nos murmures – signes que l’invisible nous est promis…

Ici et ailleurs – cahin-caha – comme la trajectoire des nuages…

Et, un peu partout, les promesses du ciel chargé de couleurs et de magie…

 

 

Une main qui caresse l’eau de la rivière – qui laisse la peau se transformer en écailles ; une âme qui ne saisirait plus – qui se laisserait aller à la liberté des courants – au hasard des itinéraires…

Comme le jour offrant sa couleur à ce qui est vivant…

De moins en moins obstiné au fil des passages…

 

 

Ce qui apprend, peu à peu, à s’effacer – à devenir ce que l’on veut – qui obéit aux circonstances – sans souvenir – sans intention – sans confirmer le monde – sans l’infirmer – sans légitimer les postures de l’Autre ou ce qu’il imagine être son identité…

Nous – influençant ce que l’on touche – jusqu’à l’effacement (progressif) de tous les noms…

 

 

Parfois – l’espace – comme un monologue – une longue tirade qui aurait inventé le monde – les bruits – les chemins – la souffrance. Comme une étrange parenthèse dont la naissance aurait été oubliée (par les bêtes et les hommes)…

Le mythe – et le récit – d’une longue étreinte – et aujourd’hui, en nous, le contact devenu presque abstrait…

 

 

La terre comme un lieu de substitution – un écho lointain de l’invisible ; de la matière comme acte premier – le préalable à la compréhension qui couronnera le règne – et la fin – de l’énergie la plus grossière – inévitable en ces temps de tentatives et d’expérimentation…

 

 

Une seule voix – dans le tunnel – parvenue jusqu’à nos oreilles – la manière de rejoindre le silence…

L’horizontalité partout honorée comme l’incontournable prélude du vertical…

Le trop-plein – l’efflorescence – la multiplication – comme gestes d’incitation au vide…

Le mouvement – et ses excès – comme avant-goût de l’immobilité…

Nous – dans tout – cette antériorité nécessaire à l’actualisation de tous les potentiels – de tous les possibles…

Nous et la puissance – dansant et dessinant ensemble le reste de la carte – son incessant et indispensable prolongement…

Les débordements même de l’infini jouant avec ses (propres) créations…

 

 

Ce qui persiste – et nos résistances…

Ce qui demeure – ce qui s’effiloche et ce que nous saccageons…

Le sens mystérieux d’un monde particulier – d’une étape incontournable dans cette évolution sans fin…

 

 

Le feu et la langue – ce qui, en nous, s’accomplit – le fond et la forme – une sorte de mélange – de synthèse – d’apparition…

Ce qui se transforme et nous métamorphose – jusqu’au vide…

L’épiphanie – comme la seule évidence…

 

 

Ce qui nous inverse – comme le lieu du départ – l’origine – l’instant du premier pas – avant que l’envergure ne colore les choses…

 

 

Ce qui est dit – comme un pressentiment – l’un des rares endroits où le silence et la langue sont interchangeables…

L’état limite du précipice – ce qui persiste avec le feu – sans doute…

 

 

Nous tremblons tous devant le monde – l’utopie – l’inconnu – comme la feuille blanche sous la main de celui qui écrit – éveilleur de lumière ou noircisseur de lignes…

 

 

Que découvrirons-nous derrière la perspective – la folie d’un Dieu thaumaturge – le désespoir d’un pauvre Diable esseulé – la bouche béante d’un néant auquel on est livré sans boussole ; quelque chose de l’homme, peut-être – comme des battements de cœur – un frémissement de l’âme – une respiration – nous-mêmes – nous tous – privés de nos masques et de nos déguisements…

 

 

A quoi ressemblerons-nous lorsque nous nous serons affranchis des Autres et de notre visage…

Quelle perception aurons-nous du temps – du monde – de notre figure sans miroir…

Utiliserons-nous encore la langue pour nommer et souligner les différences…

Aurons-nous encore un front pour penser et des lèvres pour dire…

Ou ne serons-nous plus qu’un grand sourire silencieux – un regard à peine surpris de nous voir encore – agir et recommencer…

 

 

Nous vivons à la manière des lucarnes – dans la croyance un peu folle d’une clarté – d’une indépendance – comme de minuscules fenêtres qui ont oublié l’espace autour d’elles et les yeux postés dans leur dos – incapables de comprendre qu’on peut les ouvrir et les fermer à sa guise…

Et malgré les apparences – et toutes nos fallacieuses impressions – nul ne sait – nul ne peut savoir – que le monde demeurera – à jamais – un long mur orbe et blanc – une vitre immense et transparente – un hologramme habillé par les couleurs changeantes du vide – avec nous (avec nous tous sans exception) au-dehors et au-dedans – pris dans les mailles entremêlées de l’illusion et de la vérité…

 

 

De la lumière – comme une graine volée à l’ombre – le clin d’œil des Dieux face à notre inattention – ce qu’il suffirait d’être au lieu de se tenir à distance – au lieu de (tout) commenter…

Une manière de faire brûler de l’encens au milieu du sommeil…

 

 

Le soleil dans notre enclos – le réveil des fleurs sur la peau du monde qui nous sert de sentier…

Des mains crispées sur leur seau – remontant du puits – cette eau qui émerge des ténèbres – du fond de la terre qui nous a fait naître…

L’ombre tenant l’ombre – ignorant qu’elle abrite le ciel – la chaleur – la source de vie – le mystère qu’elle tente de résoudre depuis toutes les hauteurs…

 

 

Debout contre le paysage – les pieds dans les profondeurs – patient – obstiné – dans l’attente d’un silence alchimique…

Le sort du monde entre nos mains…

Le ciel tantôt clair – tantôt rougeoyant – parfait reflet de notre âme instable – changeante – avec toutes nos croyances (de moins en moins utiles) au fond des yeux…

 

 

Nous – devant le même gris journalier – la surface du monde et de la peau – d’un seul tenant – au teint pierreux…

Avec deux oiseaux – en nous – aux ailes ardentes – enflammées – si robustes qu’elles portent tous les habitants de la terre au-dessus des nuages – vers des contrées à l’air moins vicié – vers des rives où l’on respire sans menace – sans le décompte fatal du temps…

A notre aise – en somme – là où nous ne sommes pas (pas encore) – là où le corps n’est plus nécessaire…

En nous – à demeure – où que l’on soit…

 

 

Des Dieux – en nous – qui ont tout dévasté – comme le seul viatique possible – poussé jusqu’à l’excès – jusqu’au chaos – jusqu’à l’anéantissement ; seule manière de se libérer – seule manière de renaître – seule manière de vivre à la hauteur du Divin…

Ainsi seulement deviendrons-nous d’innocents messagers – adeptes non dogmatiques du vide – du silence – des circonstances ; véritables vivants du réel – peut-être…

 

 

Le jeu du monde – sans préférence – sans hésitation…

L’harmonie et le désordre dessinés par l’Amour et la violence…

La conscience en actes – en mouvements…

La courbe qui détermine la trajectoire des pierres – des visages – des étoiles…

L’espace dansant avec lui-même – sur lui-même – en lui-même – indifférent aux rondes internes et antérieures…

 

 

Des meurtres grandeur nature – à la dimension du monde – à la dimension de l’homme – esquissés à la craie et réalisés avec le sang des Autres – ceux qui ne comptent pas – ceux qui ne comptent plus – ceux qui n’ont, peut-être, jamais compté – et que l’on sacrifie au nom d’idées – pour défendre ce que l’on estime être son territoire – pour des sphères construites depuis des générations – depuis des millénaires – au détriment (presque) toujours du ciel – du vide – du soleil…

Et, à la fin, quelles que soient les batailles – la durée (et l’intensité) des massacres – la victoire irréfragable de l’invisible…

 

 

Nous – dans le noir et l’hiver – sous le ciel – à attendre désespérément quelque chose dont (en général) on ignore tout…

 

 

De plus loin que le jour – la même origine – le même sacrifice apparent – la même âme qui se désagrège – en même temps que le monde…

Dans la compagnie malicieuse de l’espace…

Dans la compagnie secrète du silence…

Nous autres – tête à terre – sur des chemins que nous aurions imaginés moins sauvages – moins buissonniers…

 

 

Logique subtile du jeu et du dessein des Dieux – en nous – dans le désordre apparent de l’univers ; le reflet du vide dans la matière – quelque chose de courbe – entre violence et grandeur – entre feu et hésitation…

Le ciel et l’esprit à l’œuvre – parfois inertes et emmitouflés – parfois ardents et lumineux…

 

 

Nous nous querellons – nous nous attendons – nous nous enseignons – les hommes et les étoiles – les vivants et les morts ; tous – enfants de la lumière – fruits du monde et du rêve ; l’invisible incarné…

Nous – sur des chemins déserts et populeux – avec dans l’âme – sur le visage – imprimées toutes nos vies passées – l’histoire des siècles et, en filigrane, le mystère – l’élégance et la malice – du vide…

 

 

Une ouverture au-dedans – qui mène vers le ciel mystérieux – vers le ciel sans âge – par un escalier invisible de pierres anguleuses – tranchantes comme des lames – douces comme des mains de femme – sur lesquelles on trébuche à chaque pas – la tête – le corps – le cœur – entaillés – attendris – prêts à tout subir – à tout devenir – à s’effacer (sans la moindre hésitation)…

 

 

Ce que l’on vit – ce dont on rêve – à peu près la même chose…

Des percées dans la nuit – des trouées de lumière – notre (long) retour au pays natal – vers le centre de nous-même(s) – resté inconnu – resté grand ouvert – à retrouver – à redécouvrir – à réhabiter (pleinement)…

 

 

Amoureux du silence – au-dedans de ce regard impossible à saisir – impossible à entraîner hors de lui-même – qui nous laisse tantôt rêveur – tantôt interdit – sur cette mystérieuse passerelle immobile – sans autre ardeur que celle de vouloir vivre au cœur de la vérité – dans la justesse de la tête absente (devenue inutile) – l’âme sur le sol – totalement présente – dans chacun de nos gestes…

 

 

A genoux – dans la nuit – la tête sur tous les billots imaginaires – à vitupérer contre le monde – l’espace – toutes les impasses au fond desquelles on s’est acharné…

Découragé par le voyage – cette étrange aventure – angoissé au moindre virage – au moindre changement de visages ou d’horizon – les pieds plongés au cœur de l’incertitude et de la douleur – les bras qui gesticulent dans l’air – et la poitrine qui, à chaque instant, cherche son souffle…

Et l’âme – comme toujours – presque absente…

 

 

Rien qu’un mot pour dire si peu de chose(s) ; rien qu’un silence pour tout écouter…

 

 

L’acquiescement et le geste qui, peu à peu, remplacent la parole…

Le nécessaire davantage que l’inutile…

Et l’essentiel, bien sûr, en toutes circonstances…

 

 

Le sang du monde en toute question – et la réponse – comme une flèche qui transperce la chair – le corps – le cœur – en laissant la tête dans sa douloureuse interrogation…

 

 

Que pourrions-nous emprunter à l’Autre que nous n’ayons déjà…

Sur quelles autres traces que les nôtres pourrions-nous marcher…

Où pourrions-nous aller où nous ne sommes déjà…

Nul chemin – nulle parole – nul enseignement. Partout – toujours – le silence qui acquiesce – qui accueille ce qui vient – le soleil et l’obscurité – sans la moindre distinction – comme un Dieu sans exigence à la rigueur (pourtant) intraitable…

 

 

Orphelin perdu et criard – et parent de tout – et l’esprit qui se cherche encore – comme si Dieu pouvait se trouver hors de nous…

 

 

En soi – toutes les figures de l’être – le monde aux mille identités – l’origine aux mille têtes – ce qui nous encombre – ce qui nous fascine – ce qui nous encourage à chercher l’unité – l’au-delà des apparences – l’essence derrière le mirage et l’illusion…

 

 

Nous errons sur tous les chemins – à la recherche d’un chant – de lèvres – d’une herbe rare – d’un carré de tranquillité sous le soleil – le lieu exact où nous pourrions être – nous satisfaire d’être sans le moindre qualificatif – sans le moindre enjeu…

 

 

Ce qui nous attend – les armes déposées – le monde comme une botte de paille – quelque chose à effacer à l’intérieur…

La différence autour de nous – comme un reflet – mille reflets…

L’espace et le feu – au plus proche comme au plus lointain…

La lourdeur du monde déposée – lancée par-dessus la psyché…

La légèreté stricte de l’esprit – vide – pourvoyeur d’aucun élan – réceptacle seulement…

 

 

Tout – découvert – comme une nouvelle assise – une assise très ancienne – originelle sans doute – retrouvée – réhabilitée – enfin à sa place – au cœur de notre âme – au cœur de notre vie – au cœur de tous nos gestes – comme le tout – la terre et le Divin – combinés (et incarnés) de la plus juste manière…

 

 

Derrière les murs – les hauteurs – l’hiver dans sa beauté primitive – calme et reposante – d’une blancheur sans éclat – sans artifice – parfaitement naturelle…

Au loin – le bleu infini du monde et de l’espace – les lumières de l’océan – et, par contraste, l’obscurité de notre voyage – la vanité de ceux qui imaginent cheminer – explorer – se défaire, peu à peu, de la sueur et du sang – balivernes, bien sûr…

Le rôle du silence – essentiel – prépondérant ; l’assise provisoire du sol – la terre non comme origine – non comme ultime mausolée – mais comme socle de toutes les circonstances – de toutes les recombinaisons…

Le ciel – dans nos bras – comme une fenêtre – le périmètre non délimité du vide – la périphérie de l’Amour. Et – partout – de manière invraisemblable – le centre (multiple) du cœur…

 

 

Des chants et des prières – inutiles pour accéder à la joie – et indispensables après – comme une nécessité – une célébration – une manière de saluer (et d’honorer) ce qui est – comme auxiliaires des gestes justes et jubilatoires – de cette présence joyeuse – sans ostentation – discrète – sans extravagance – presque secrète – comme le parfait reflet de l’alliance de l’être au-dedans avec toutes les choses du monde – cette matière pesante – insoutenable parfois – qui nous écrase, si souvent – avant le passage mystérieux au cœur du sacré – partout répandu – partout éparpillé – jusque dans les moindres recoins de cette terre aux allures sombres et labyrinthiques…

Nous tous – dans l’apparente solitude du voyage…

 

 

Des marches couvertes d’invisible…

Des hauteurs en tous lieux…

Ce que nous prenons pour des ailes – illusion…

Ce que l’on considère davantage que soi – très souvent, la juste direction…

Comme des enfants malhabiles et turbulents installés (selon leur degré de sensibilité et de compréhension) sur les mille versants de la même montagne…

 

 

Un parcours qui surplombe la direction – le trajet de l’enfance – haut en couleur – imprévisible – à la destination imprécise – incertaine – et, à la fois, comme la seule évidence possible…

Ce voyage vers nous-même(s) – et ce que nous devons abandonner pour accéder au seuil suivant…

A demeure – vers le grand Ouest – parallèle au monde – parallèle au temps – dans les replis secrets de l’espace – là où il n’est possible d’entrer que dévêtu – affranchi de toute certitude…

Dans la demeure des Dieux vivants – secrets – invisibles…

Au cœur même du mystère – peut-être…

 

 

En retard sur l’arc-en-ciel – sur cette terre où tout se frotte – où tout s’oppose – où tout finit, tôt ou tard, par être ingéré par un Autre – plus grand – plus fort – plus rusé…

Des silhouettes de chair au milieu du sang et de la poussière…

Des têtes chargées d’images et d’idées…

Des âmes aussi lourdes que des wagons…

Tous nos bagages sur nos frêles épaules…

A traverser des rivières et des déserts – à s’éloigner, peu à peu, de ce qui nous ressemble – pour se rapprocher du plus lointain et redevenir ce que nous étions avant le premier voyage…

 

 

A l’angle même du ciel et de la terre – sur cette étrange ligne régulière – en alerte – attentif comme si pouvaient surgir, à chaque instant, des inconnus prêts à nous arracher la tête…

Le monde traversé en une seule glissade…

L’Amour au fond de nos poches secrètes – mystérieuses – si longtemps introuvables…

 

 

Des paroles comme une cascade continue. Le jour et la joie du poème – comme des lignes jetées de plus haut – de cet espace courbe qui épouse tous les gestes – tous les pas – les désirs les plus tenaces ; notre manière de lever les yeux vers l’inconnu et de nous offrir sans retenue à ce qui nous réclame…

Avec, bien sûr, l’infini – au fond de l’âme – déjà…

 

 

Quelque chose de venteux – comme un passage – des profondeurs fascinantes – une phrase – une vie – interrompues…

Le déclin de toutes les surfaces et la persistance du mystère – au-dedans…

 

 

Nous – dans le bleu – les yeux fermés – comme un indice – le seuil de la zone d’inconfort…

Parfois – du côté du monde – parfois – de l’autre – une manière d’y voir clair – de s’abandonner aux forces insoupçonnées du vent – de rejoindre l’indéfinissable – puis, de se laisser dévorer…

 

 

L’œil et la couverture transparente…

En toute chose – le même élan – la même semence – le même itinéraire – la même destination – et le même sempiternel recommencement…

 

 

Derrière les grilles – des boîtes – quelques paroles – quelques chants – la tristesse des visages – des rires pour ne pas trop désespérer ; le monde entier avec tous ses mythes – toutes ses fables – et assez de rêves et d’espérance pour ne pas succomber (trop facilement) aux attraits de l’ailleurs – aux attraits de la mort…

 

 

L’univers sur nos genoux – à travers l’esprit – devant nos yeux – variable comme ses reflets – comme ses couleurs – sans appartenance – qui s’offre à celui qui le désire – qui se lègue à tous ceux qui gravitent à l’intérieur…

Une manière – pour tous – d’exister (un peu)…

 

 

Chacun – sous quelques tuiles – à défricher avec peine sa partition – à s’interroger sur la place à occuper – sur le territoire à défendre – sur les contenus d’existence les plus judicieux…

 

 

La tendresse du jour attendu – dans un claquement de doigts – après les forces printanières – les yeux qui se fixent – les âmes qui s’entrouvrent – les peaux qui se touchent – lentement – dans un ravissement soudain – brusque – un peu sauvage…

Comme un long regard derrière la vitre qui, brusquement, l’explose et la traverse (littéralement)…

 

 

Nous vivons – ensemble – dans le prolongement des fleurs – seul(s) – en désordre – comme si rien ne pouvait être éprouvé – dit – sans aussitôt rendre tout caduque – nous contredire…

Simplement être – sans avoir l’impression d’expérimenter et de devoir témoigner…

Dans la spontanéité (naturelle) de la rencontre…

Comme si rien n’existait (vraiment) – comme si rien n’avait d’importance…

 

 

Nous autres – comme deux ailes fatiguées – dans la neige – qui cherchent celui à qui elles appartiennent – celui qui pourrait en faire (bon) usage – et devenir (ainsi) le maître des envols ultérieurs – successifs…

 

 

Le ciel – comme un rideau mal tiré – et qui laisse deviner la profondeur de l’immensité derrière le bleu apparent…

La terre – comme un sol gelé sur lequel meurent tous les pas – toutes les vies…

Rien qui ne soit infaillible sur tout ce blanc – dans cette transparence vers un ailleurs, si souvent, imperceptible – si souvent inaccessible…

Le monde et l’inespéré…

En définitive, pas grand-chose dans la lumière…

 

 

Un sourire – immense – existe derrière tous nos visages – qui cherche, bien sûr, à les remplacer – un par un – à révéler ce que l’on devine chez chacun – cet espace de joie que la plupart ignorent – ont quitté – ne soupçonnent pas même chez eux…

 

 

Un peu de gris – la bêtise qui s’obstine…

Et quelques lignes pour punaiser le vide sur les fronts…

Une besogne – un labeur – comme tous les autres – inutiles…

 

7 juillet 2020

Carnet n°238 Notes journalières

Quelques surprises – sous les pieds – un air étrange – au fond de la poitrine – quelque chose de joyeux – entre les lèvres…

Une terre enfin habitée…

 

 

Derrière le souffle, la durée – derrière la durée, la perception erronée du temps – derrière la perception erronée du temps, la croyance en notre réalité – derrière la croyance en notre réalité, les injonctions de la psyché – derrière les injonctions de la psyché, les nécessités de l’origine – derrière les nécessités de l’origine, le mouvement de l’esprit – derrière le mouvement de l’esprit, le vide infini et éternel – la matrice non née libre de tous ses enfantements…

 

 

A présent – des fractions de jour – des fragments de silence – mélangés aux bruits et à l’obscurité…

Des parcelles de joie – comme des incises dans la torpeur quotidienne…

Nous – comme le monde – socles – surfaces et périmètres – d’un incroyable mélange…

 

 

Tout passe – s’agrippe – demeure (un peu) – pendant quelques instants – s’éteint – s’efface – disparaît – renaît et recommence…

 

 

Tout – dans notre regard et notre disponibilité – ce qui émerge – ce qui se propose – ce qui s’offre – ce qui s’impose…

Le dehors pénétrant au-dedans et le dedans se déployant au-dehors…

Les choses se transformant – devenant autre – exactement ce qu’elles doivent devenir…

Nous pourrions tout imaginer – tout envisager – en vain ; ce qui se produit n’a cure des plans – des hypothèses – des explications…

Cela se passe – inexorablement – inéluctablement – avec ou sans intention – avec ou sans témoin – avec ou sans l’esprit-conscience…

Juste – le cours inarrêtable des choses – la matière en marche – toutes les énergies en mouvement…

 

 

La nuit archivée – l’homme selon son désir – le jour, peu à peu, devenu désert – pleine solitude – comme un espace aride au milieu de la douleur…

Et notre voix – entre la nouveauté et la rengaine – comme quelques restes – quelques éclats d’un soleil très ancien…

 

 

La tête posée contre la nuit – tantôt comme un appui – tantôt comme une résistance – les pieds dans le vide – l’âme dans son gouffre – à ruminer la même parole – sans parvenir à se libérer de nos entraves – à franchir ce qui se dresse entre nous et l’immensité…

Prêts, sans doute, à s’éteindre ou à se disperser après trop d’infructueuses tentatives…

 

 

Nous et les arbres – nous et le ciel – tantôt comme des miroirs – tantôt comme des fenêtres – tantôt comme des seuils trop lointains – infranchissables – mais toujours ensemble – toujours reliés – quelles que soient les perceptions et les circonstances…

 

 

Nos vieux démons – de toutes les époques – vieillissant avec nous – grossissant de nos peurs – de nos colères – de nos frustrations – accumulées…

Des amas de tristesse sur l’âme et les épaules – des milliers de choses inutiles – le manque d’air et l’odeur permanente de la putréfaction – comme un piège qui, peu à peu, nous avale ; un trou – son propre trou – que l’on creuse à mesure que l’on amasse (inutilement) les expériences – à mesure que l’on entasse les scories et les commentaires…

Nous croyons vivre – en réalité, nous ne persistons que dans nos croyances…

 

 

Bleu – gris – noir – comme une force brute – une envergure immense – ce qui existe au-dedans et ce qui nous entoure – ce que certains ne perçoivent qu’au-dessus de leur tête…

Mais qui donc se soucie de l’âge (vénérable) du ciel – de son véritable visage…

 

 

Le même horizon – partout où nous allons – l’ordinaire – le trivial – le plus quotidien – ce qui ne tient qu’à force de sommeil…

 

 

Devenir – comme si nous n’avions que cet élan-là – rien d’autre ou trop enfoui – endormi lui aussi…

 

 

Des zébrures – parfois – blanches – bleues – lumineuses – incroyablement – comme des trouées d’air pur dans l’étouffement – un sursis – quelques instants supplémentaires hors du monde avant de replonger dans notre agonie…

 

 

Tout est trop rangé – chez les hommes ; chaque chose à sa place – séparée…

Des boîtes – des rangées de boîtes – bien alignées ; des choses pour ceci – des choses pour cela – ce qui différencie les morts et les vivants – ce qui sert et l’inutile – ce qui nous fait envie et ce que l’on déteste…

Le contraire du monde naturel où tout se mêle – s’emmêle – se mélange – dans un joyeux (et émouvant) chaos ; une désorganisation apparente – savamment élaborée – où le provisoire et la recombinaison permanente règnent sans partage – où tout est dans tout – exactement là où il doit être à l’instant où il s’y trouve – sans jamais la moindre place attitrée…

Ici ou ailleurs – qui donc pourrait s’en soucier…

 

 

Des toits – trop de refuges et de mots élémentaires – comme toutes ces vies insignifiantes – sans distance – sans interrogation – sans mystère – rythmées par la routine quotidienne où la chance tient (trop souvent) lieu de supplément d’envergure ; la seule issue – la seule liberté possible, en quelque sorte – comme un pas de côté – pas même un peu de hauteur – un simple écart pour supporter cette (triste et morne) existence…

 

 

Des mouvements linéaires – acharnés ; bien trop d’absence…

Rien qui ne compte vraiment…

L’inertie du premier élan dont on ne peut changer ni la direction – ni la vitesse – comme un mode automatique rendu mécanique et permanent…

 

 

Désarmé par le jour et le temps qui passe – par les visages et l’indifférence – par le monde et l’absence..

Pas même certain d’exister ; un peu d’ombre vivante – peut-être…

 

 

Nous – devant les Autres – mille choses – mille émotions. Et des adieux presque permanents…

 

 

La vie recouverte – comme la mort – mais par des choses et pour des raisons – différentes…

Ce qui nous sépare et nous disloque ; trop de frontières – et trop peu de soleil – entre nous…

Il faudrait savoir vivre ensemble sur la pierre – silencieusement – dans le respect de la solitude des Autres…

 

 

Debout – sur la terre – le dos appuyé contre le temps – à perdre, peu à peu, nos illusions et notre confiance en l’Autre – non qu’il soit étranger – trop absent seulement – perdu – accaparé par ses propres mouvements – aveugle et sourd à ce qui l’entoure – indifférent à la trajectoire de ceux qui gravitent autour de lui autant qu’à ceux qui ont épuisé tous leurs élans et qui sont simplement là – présents – sans intention – sans volonté – à l’écoute de ce qui naît – de ce qui passe – de ce qui s’efface déjà…

 

 

A gravir je-ne-sais-quoi ; mille tentatives pour fuir – s’échapper – se réfugier quelque part – ailleurs – loin – très loin – là où nous pensons que nos rêves pourraient se réaliser – devenir (enfin) réels…

 

 

Du silence – que nul n’entend…

De l’invisible – que nul ne voit…

De l’indicible – dont nul ne parle…

Ce qui est – ce que nous sommes – au-delà des apparences…

Ce que chacun ignore et ce que nul ne reconnaît – pourtant…

 

 

Des drames – comme des points de repère – les seules certitudes du voyage – ce à quoi nous rêvons (tous) d’échapper – ce pour quoi nous sommes venus ici-bas ; la possibilité de grandir – de découvrir la joie au-delà de la peine – derrière toutes les formes de tristesse – comme une étincelle dans la nuit terrestre…

 

 

Des mouvements – mille – des milliers – des milliards – une infinité – trop – presque toujours – simultanément – comme le signe d’une incompréhension – d’une impossibilité de s’ouvrir au silence – à l’immobilité…

 

 

Deux mondes – séparés – entremêlés – qui s’ignorent et se mélangent…

Nous-mêmes – pris entre deux feux – entre l’essentiel et la nécessité…

Ce qui vit et le témoin épargné

La vie et la mort – presque toujours – insuffisantes…

Et la récurrence du domaine pour qu’un jour, tout s’éclaire – devienne limpide – transforme le jeu en évidence – en prolongement éclairé de la conscience…

 

 

Dans nos failles – l’éclat de l’incertain et la patine du temps. Quelque chose de l’exil et des profondeurs – sans distinction…

Et, de l’autre côté – l’horizon (presque) jaloux de notre absence de certitude…

 

 

Devenir – par la peur – ce que l’on exècre ; un jour trop précis – trop étroit – avec trop de certitudes – l’apparence d’une journée plutôt – un intervalle de temps – un espace exigu – un lieu où il nous est (réellement) impossible de vivre…

 

 

Des heures sans exigence – libres – sans préavis – et cette âme affranchie qui a refusé tous les contrats – tous les commerces avec la terre – les hommes – les étoiles – ce que nous haïssons – ce à quoi nous aspirons – et qui a, peu à peu, effacé la longue liste des désirs – des promesses – des espoirs…

Suspendu – provisoirement – au regard qui s’émerveille…

 

 

L’air par-dessus le monde – des fleurs éparpillées – un peu partout – dans l’âme et sur la terre – quelque chose d’imprévisible – de tendre (d’incroyablement tendre) – qui transforme tout ce qu’il touche – sans en avoir l’air – sans même que nous nous en apercevions…

De la grâce et du silence…

Tous les gestes de l’invisible – bien sûr…

 

 

Tout – au creux de la main – lorsque l’âme se baisse – sait se faire humble ; de l’eau – de l’air – du silence – des mondes oubliés – des chemins très anciens – des routes nouvelles – des terres inconnues à arpenter – ce que nous étions – ce que nous sommes et serons…

Le même mélange – toujours – qui, sans cesse, se transforme…

 

 

Du bout des doigts – ce qui se précise – ce qui nous importe – le regard apprivoisé – au bord du ciel – toutes les périphéries que nous transformons (malgré nous) en centre provisoire – là où nous sommes – là où nous passons (où nous ne faisons que passer)…

Ce que l’on appelle, peut-être, la vie humaine…

 

 

Ce qui se dresse – tel un poing – une flèche – un phare dans le ciel noir du monde – le souffle de l’invisible – puissant – innocent – sans intention – jamais né – et qui durera encore lorsque tout aura disparu…

 

 

Notre main dans celle des Autres – avant le pressentiment de la rencontre. Sans crainte – les visages côte à côte – des éclats de rire – quelques restes de désirs – sans personne à convaincre…

Des fronts fraternels sans arrière-pensée…

Des gestes tendres et silencieux…

Une attention active – une présence (intensément) vivante…

La marque de l’Amour et de ceux qui n’ont plus rien à prouver…

L’éternité sans la lune – sans l’incidence des saisons – sans la moindre restriction…

 

 

Ce à quoi nous assistons – le spectacle – la tragédie à l’œuvre – ce qui nous étouffe et participe à notre agonie – et la précipite sans doute ; le monde saisissant – la succession des tâches – notre manière d’être présent au monde – notre posture – le rôle que l’on nous confie – ce dont on pourrait (si bien) se passer…

 

 

Notre seule réponse – notre seul geste ; être présent – comme un pied de nez – comme une résistance – une indifférence à l’absence ambiante – (quasi) généralisée…

Le réel – le regain du réel – face à l’imaginaire et à l’abstraction…

 

 

Le monde – endormi – comme une rencontre manquée – impossible – une pente trop glissante pour l’âme chargée d’attentes – d’espoirs – de bagages – trop lourde…

Nous arpentons le monde à notre façon – de lieu en lieu – tantôt désert – tantôt peuplé – nous arrêtant à chaque étape du voyage à la place octroyée – le plus souvent aux marges délaissées par les tribus humaines…

 

 

Sans attente – assis sur quelques pierres – l’âme lasse – si lasse d’être soumise à la volonté du monde – à la volonté des hommes…

Défait – à présent – comme une feuille sous la pluie – un visage au milieu des Autres…

Un peu perdu – craintif et révolté – attentif à ce qui passe – à ce qui est – à ce qui s’offre – innocent…

 

 

La tête dans une spirale – le sort funeste de la pensée – les souvenirs et l’imaginaire – l’expansion des ténèbres – la raison qui se déploie – étalée jusqu’à l’épuisement…

 

 

Le chant – comme un éclat – le jaillissement de la beauté trop longtemps enfouie – sans le moindre signe de colère – d’impatience – le lien entre la vie intérieure et l’univers – comme une corde invisible sur laquelle serait assis le monde entier…

 

 

A genoux – dans la terre – trop de fois – la tête dressée – trop fière – refusant l’humilité – tous ces lieux de honte – sa réalité – sa seule réalité – la prégnance de la matière – son règne absolu – inflexible – incontournable – ce sol où elle est enfoncée en dessous du ciel – sous l’œil impassible d’un soleil qui semble tourner autour de nous…

 

 

Devenir – encore – comme une source affranchie – de plus en plus large – l’âme, peu à peu, obsolète – échappant (progressivement) à sa torpeur – au monde sommeillant…

 

 

De la vie souterraine – invisible – la même que celle des hauteurs – sans attente – sans souvenir – fragile et souveraine – libre et immobile – sage peut-être – aussi rude et longue que fut la nuit…

 

 

La terre – comme un socle – un décor – une couleur offerte à l’existence des vivants – dépourvus – limités – provisoires…

Le temps du rêve et de l’expectative…

Le lent (et surprenant) glissement vers l’hiver et la solitude – comme une ouverture (graduelle) de la perspective…

 

 

Le temps de l’imprépondérance du temps. Le rôle du vide et du sable dans notre absence – notre vie engloutie. La respiration saccadée – erratique – de la périphérie…

La fin des fantômes et la loi passagère de l’instant qui détrône ce que nous imaginions irremplaçable…

Le sens et la fenêtre – le monde au-delà de l’homme…

 

 

Ce que nous offrons comme une libération – trop souvent perçu(e) comme un outrage ou un malentendu…

 

 

Blessé(s) par ce que nous conservons au-dedans – comme une déchirure permanente – une douleur intermittente – comme l’héritage terrestre collé à l’envers de l’âme – au fond du cœur – sous la peau – vécu à chaque respiration (et dont nous ne saurons jamais nous défaire)…

 

 

Trace d’une existence inconnue – précaire – (hautement) improbable…

D’un chemin à l’autre – comme si les lieux – et les visages rencontrés – n’avaient aucune importance…

Ce qui s’écrit – en nous – sans laisser le moindre signe – la moindre empreinte ; le plus essentiel que nous vivons – et dont nul ne sera jamais témoin…

 

 

Des lignes – sans hasard – ouvreuses de voies – imprévues – qui tournent autour de nos têtes en dansant – semant sans moissonner – propageant la lumière sans rien inventer…

 

 

Parmi les loups de l’angoisse parqués aux périphéries de l’être – au cœur du monde…

Et nous autres – comme de la chair livrée à ces mâchoires affamées – monstrueuses – amassant le sommeil comme un trésor vain et miraculeux – à la manière des âmes prises au piège par leurs propres inventions…

 

 

Nous errons – partout – la tête pleine de jugements et de sortilèges – que seul le silence pourrait terrasser…

Une terre sans Dieu – sans miracle – vouée au labeur et aux jeux en attendant la disparition des malheurs – l’éradication des instincts…

 

 

Du monde à venir – sans attente – une simple possibilité – non envisagée – non anticipée – la prochaine étape – peut-être…

L’Autre sans témoin – sans même la nécessité d’exister (ou d’être reconnu)…

Une présence pourvue, à travers nous, de tous les instruments indispensables…

 

 

Ne rien convoquer – se réduire à l’accueil – devenir ce déploiement possible (et infini) – vivre à la manière du ciel et du vent – sans autre raison que celle d’être et d’exister – n’échapper à rien qui soit offert…

 

 

Qui règne sur soi – sur nous – pendant notre absence… Est-ce la même force – cette incroyable puissance – que chez les Autres – l’invisible et ces courants silencieux – énergétiques – qui nous portent – nous transportent – et qui constituent l’essentiel de notre nature – de notre destin – de notre voyage ; notre seule véritable aventure – sans doute…

 

 

Plongé(s) dans cette matière où est enfoui le secret…

Que savons-nous du monde, nous qui habitons de l’autre côté de la vérité…

Que savons-nous du silence, lorsque, en nous, les bruits grondent et que nos gestes – nos pas – nos paroles – ressemblent à une danse folle et incontrôlable…

Qu’avons-nous à dire – à révéler peut-être – si ce n’est le ridicule et l’absurdité de ce que nous croyons précieux et incontournable…

Rien qui n’existe déjà ou pourrait être envisagé…

L’instant et l’oubli – ce qui est et qui s’efface – seulement…

 

 

Devenir ce que nous ne pouvons qu’être – démuni(s) – humble(s) – sans identité-repère – le savoir-être porté jusqu’au bout des doigts – jusqu’à l’autre extrémité du monde…

 

 

Ce qui nous malmène – la confrontation – la saturation – le monde sans la distance – l’Autre dépourvu de respect – niant toute forme d’altérité (même minime – même élémentaire) et la possibilité de la moindre alternative humaine…

 

 

Le Divin silencieux – nous seul(s) face à nous-même(s) – puis, à nos côtés – puis confondus – parfaitement substituables – puis réunis (enfin) dans le geste – le pas – la parole…

L’être intact – parfait – sans la moindre séparation – sans le moindre décalage…

 

 

Ce qui s’impose – sans régner – le lieu du provisoire – des échanges – de la rengaine (et du ressassement parfois) – du merveilleux – du plus terrible et du tremblement…

L’espace libre et le territoire du vent – là où, un jour, tout finit par advenir et être, presque aussitôt, balayé…

 

 

Sans peur – sans arme – tranchant comme une lame – la matière comme de la chair – des fragments d’invisible sectionnés – et recombinés autrement…

 

 

Rien que des essais – un potentiel – des possibilités – et le plus nécessaire qui advient et se donne à vivre…

Les heures – les jours – ni heureux – ni malheureux – simplement indispensables au jeu et à l’émergence (progressive) de la vérité – peut-être…

 

 

Innocence – lorsque l’heure s’écarte du temps – l’esprit des idées – et l’âme de ses obligations…

Nous – presque toujours – dans l’ardeur incontrôlable des Autres…

Dès le matin – à courir vers sa première offense – son premier crime – l’aréopage des tyrans bien calés au fond de la tête…

Du feu et de la barbarie – et, au mieux, de l’indélicatesse – dirigés contre le moindre chant – le moindre élan de beauté – toutes les tentatives d’évasion…

Ce que nous nous acharnons tous à détruire – malgré nous…

 

 

Sans autre arme que le silence et l’absence d’intention – une présence au-delà de toutes les formes d’existence possibles…

Un cœur – deux mains – un sourire…

Et l’âme façonnée pour la joie – en plein ciel – malgré le monde…

 

 

Nous sommes – et veillons sur – tous les territoires – sans intrus – sans étranger – sans personne à reléguer à la périphérie…

Le centre – partout – sans frontière – sans compromis – comme une présence démultipliée et polymorphe…

Nous tous au cœur du cercle…

En commun – ce que nous partageons…

Et nos différences (apparentes) – simple prétexte aux luttes – aux guerres et aux conflits – à tous les enfantillages du monde…

Avec de la lumière et de la tendresse au milieu…

Et la source de tous les possibles à venir…

En réalité – rapprochement et éloignement dans les tréfonds de la même intimité – comme une respiration libre et naturelle – nécessaire à tous – à chacun – et au déploiement de tous les liens essentiels…

 

 

Le dehors – comme une invitation – le point de bascule vers l’intérieur…

Le jour divisé en deux – comme la nuit ; et chaque part cherchant l’autre – à se réunifier – à dissiper tous les malentendus…

 

 

On respire – comme un instinct naturel – le premier sans doute – celui sans lequel tous les autres ne pourraient s’exprimer – la condition même de toutes les existences terrestres – comme le souffle divin multiplié – incarné – inséré (provisoirement) au fond de la chair…

 

 

Identique au vide – ce qui nous annihile et nous accentue ; ce qui importe davantage que les mots – notre identité mensongère – ce qui existe au-delà des repères – au-delà des références – au-delà du temps – comme un intervalle inchangé – inchangeable – au milieu de ce qui passe – de ce qui naît – de ce qui meurt…

Insoumis à toutes les lois terrestres…

 

 

Nous sommes le fond des choses et ce qui semble exister – en apparence – l’obstacle et la disponibilité – les conditions déplorables de nos existences et la résolution (complète) de notre mystère. Insécable malgré la multitude visible et divisible…

 

 

La nuit – au milieu des âmes – au milieu des mots. Des procès – des masques – des jugements – des passages. Des instants qui s’enchaînent – la fausse continuité du temps – ce qui ne peut exister qu’en son absence – réelle – vécue – l’existence – le monde et les visages provisoires – ce que les Dieux nous ont confié(s) depuis le premier jour – le jeu inéluctable de la conscience et de l’énergie…

 

 

Des mots qui nous portent – nous emportent – nous transportent – comme l’un des (innombrables) courants du monde – ni le plus trivial – ni le plus précieux – celui qui convient aux amoureux – et aux adeptes – du langage – sans lequel leur existence serait immobile – invalide – étrangère aux choses de la terre et du ciel – indifférente à l’ordinaire – sourde à l’ineffable – aveugle à l’invisible – immodifiable et inutile en quelque sorte…

 

 

Une chose infime – momentanée – dans le vide existant et l’espace alentour. Des apparences qui semblent déloger l’essence de l’être – le plus précieux du monde. La surface de l’imperceptible – la part la plus tangible de l’infini – comme un fragment de temps dans l’éternité…

 

 

Infime segment de l’ensemble – détourné de son usage premier – de sa fonction originelle – miroir du tout avant d’être jouisseur (partiel) des choses – avant de se croire (modique et illusoire) possesseur d’une minuscule parcelle du périmètre…

 

 

Nous circulons sans trace – sans antériorité – dans la totale confusion du monde et du temps…

Le visage – au-dehors – dans l’intervalle – dans le suspens de toutes les formes de promesse. Egaré provisoirement – comme une parenthèse indéfinie dans l’immobilité…

Vivant (pour ainsi dire) sans les injonctions immatures de l’enfance…

 

 

Au seuil du jour – l’âme comme une coquille inhabitée – un mouvement fébrile – une manière de s’attarder (inutilement) dans le monde – cette nuit tragique – notre terre natale – sous le joug des choses et de l’ignorance…

 

 

Rien en notre faveur – tout se propose – tout se vit et s’expérimente – dans une forme permanente d’invitation – comme une initiation continuelle à l’au-delà de soi : mille – dix-mille rencontres – successives afin d’interrompre nos préludes excessifs – afin de commencer réellement le voyage – cette longue marche immobile – cet interminable périple…

 

 

Dessus – des jours – le monde dessiné à la craie – des routes que l’on arpente à pied – et des restes de nuit dans notre sillage…

Le ciel – quelques fois – et un long mur qu’on longe avec effroi – sans espoir – presque assuré de n’en jamais voir la fin…

 

 

Des lignes comme des graffitis…

Des feuilles comme des confettis…

Et notre esprit de part et d’autre de l’espace visible – une âme détachée du temps – de toutes les possibilités…

La main – le geste – comme les seules issues – la seule manière de vivre au cœur du réel…

 

 

Du silence sur la page – dans l’âme et la tête – et ce vide dans les mains – et tout autour – qui porte nos gestes – notre corps – la matière et l’esprit – (presque) sans mémoire – comme une rive infinie – infranchissable – munie de lames au service de l’oubli – autant qu’il y a de parcelles et d’édifices possibles – et pourvue de couches épaisses – confortables et réconfortantes – de tendresse – allouées à toutes les formes de perte et de détresse…

 

 

Des parois contre les mains – au-dessus – en dessous – devant et derrière – une vie comme dans une cage de verre – entourée d’espace – d’inconnu et d’incertitude…

Comme les bornes infranchissables de la matière…

Un condensé d’existence – l’incarcération de l’esprit – prisonnier apparent du monde – dans une forme de crispation involontaire et provisoire…

Et ce qui s’avance – en nous – dans la parfaite immobilité du cœur…